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10/12/2006

Etude n°11 : Jacob devient Israël : Gn 30-36.43

- Genèse 29.31 à 36.43 : Jacob devient Israël

Observons 

Ces nombreux chapitres relatent la fin du séjour de Jacob en Mésopotamie et son retour en Canaan :

29.31 à 3O.24 : Accroissement de la descendance de Jacob à cause de la rivalité des deux épouses de Jacob pour enfanter

30.25 à 43 : Accroissement des richesses de Jacob aux dépens de Laban

31 à 32.1 : Départ de Jacob pour Canaan avec difficultés, puis alliance avec Laban.

32.2-24 : préparatifs de Jacob pour rencontrer son frère Esaü.

32.25-33 : Lutte de Jacob avec l’ange

33.1-20 : Réconciliation avec Esaü

34.1-31 : « Crime d’honneur » des fils de Jacob pour venger leur sœur Dina.

35.1-15 : Jacob à Béthel

35.16-29 : Mort de Rachel et d’Isaac.

36. 1-43 : Esaü et sa descendance

 

Comprenons

A- 20 ans chez Laban

Pendant son long séjour à Haran chez Laban, son beau-père, Jacob a été trompé plusieurs fois par ce dernier. Jacob ne s’est pas privé de lui rendre la pareille. A force d’observation des lois de la nature et de ruses, il a réussi à augmenter considérable­ment ses biens en 6 ans, après ses 14 ans de service de Laban. Sa famille s’est aussi agrandie de onze fils, nés de deux femmes et deux concubines ! Les deux sœurs pour s’attirer les bonnes grâces de leur époux, ont rivalisé continuellement à qui enfanterait le plus de fils. Rachel étant stérile utilisa la même coutume que Sara autrefois : elle se servit de sa servante comme « mère porteuse ». Léa l’imita pendant une brève période de stérilité, puis enfanta elle-même encore deux fils et une fille. Ce n’est qu’à ce sixième fils de Jacob, que Rachel fut exaucée et donna le jour à Joseph.

Dieu remplit sa promesse de nombreuse descendance, en utilisant les jalousies et les rivalités des deux sœurs, pour tenter de leur faire comprendre que la vie et la fertilité ne dépendent que de lui, et non de leurs stratagèmes ou de leurs croyances populaires dans la vertu des mandragores !

Au bout de 20 ans, Jacob reçoit une révéla­tion personnelle du Dieu qu’il a vu à Bethel (21.3, 10-13). Dieu lui donne l’ordre de rentrer en Canaan, sans doute pour le protéger de la jalousie de Laban et de ses fils. Et Dieu lui révèle (31.12) que c’est à lui seul qu’il doit le renouvellement de son troupeau selon ses voeux, car il lui a révélé les lois de reproduction que Mendel redécouvrira deux millénaires plus tard. La protection de Dieu sur lui va jusqu’à avertir Laban de ne pas toucher à Jacob (v 24)!

Mais une fois encore Jacob va tromper son beau-père en partant à son insu, pour ne pas être retenu ni volé par lui. Ses habitudes de ruse sont vraiment familiales, puisque Rachel aussi dérobe les idoles de son père, à l’insu de Jacob, et ment effrontément pour les cacher aux investigations de Laban (31.33-35). Ces idoles représen­taient sans doute les dieux dits protecteurs du foyer, sensés assurer le bien-être à la famille. En désirant les emporter avec elle, Rachel montre que la foi en l’Eternel n’était pas exclusive dans sa famille qui adorait en même temps d’autres divinités secondai­res. Jacob, dans son ignorance, prononce une malédiction sur le « voleur » des téraphim (31.32), qui se réalisera peu après, à la naissance de Benjamin, où Rachel perdra la vie (35.16-20).

Pour ne pas envenimer la situation, devant la colère de Jacob qui lui dit « ses quatre vérités », Laban, respectueux de l’avertissement de Dieu, propose d’en rester là, et de conclure une alliance entre eux. Le monument dressé par Laban et Jacob consacre leur accord de non-belligérance, mais aussi la séparation définitive entre les deux branches de la famille, la syriaque ou araméenne de Laban, et l’israélite de Ja­cob. L’entrée en Canaan exclut pour le peuple d’lsraél toute autre appartenance qu’à Dieu.

Il en est de même pour le croyant, son entrée dans le royaume de Dieu par la foi, exclut tout compromis avec les habitudes de son passé sans Dieu.

Il faut que Jacob le comprenne dans sa vie familiale et personnelle, d’où l’épisode du gué de Jabbok.

Jacob n’a pas cessé pendant ces 20 ans de réussir, en utilisant les combines humaines. Au moment d’entrer en Canaan, par cette séparation d’avec Laban, puis par l’épreuve de la rencontre avec Esaù et le combat avec l’ange, Dieu va lui faire comprendre qu’il doit changer de façon de faire, qu’il doit abandonner tout calcul, pour ne s’appuyer que sur la bien­veillance de Dieu, qui l’a soutenu et béni jusque-là.

Lorsque nous entrons dans le pays promis de la vie avec Dieu, il nous est demandé aussi d’abandonner notre confiance naturelle dans nos propres moyens, et de nous appuyer sur Dieu seul par la foi.

B- Les préparatifs de la rencontre avec Esaû (32.2-23)

Ce chapitre est construit selon le schéma classique en hébreu, des parallèles con­centriques, qui permet de mettre en valeur, au centre, l’élément essentiel du récit. Ici la prière de Jacob (v 9-12) est entourée des précautions que Jacob prévoit pour con­server une partie de ses biens (v 3-8), et des précautions prises pour amadouer son frère (v 13-21).

Chronologiquement la prière peut se pla­cer soit lorsqu’il est rempli d’une grande frayeur (v 8a), soit plutôt, à cause du carac­tère calculateur de Jacob qui a dû penser d’abord à tous les moyens humains de sau­vegarde, lorsque toute la famille a passé le gué, et que Jacob reste seul pour la nuit.

Comme des anges lui étaient apparus en songe à sa sortie de Canaan 20 ans plus tôt, des anges lui apparaissent à son approche du pays (v 2). D’après le nom qu’il donne au lieu de cette rencontre les deux camps (celui des anges et le sien), il semble avoir vu un nombre impressionnant d’êtres des armées célestes, prêts à le protéger.

Fort de cet encouragement, il envoie un message à Esaù, pour lui signifier son retour, avec humilité puisqu’il l’appelle trois fois son seigneur (6,19,20) et se dit trois fois être lui-même le servi­teur d’Esaü (5,19,21). Il lui annonce sa richesse, non par orgueil, mais pour lui signifier qu’il ne revient pas réclamer l’héritage qu’Esaü lui avait vendu, ou pour revendiquer la réali­sation de la prophétie reçue d’lsaac au moment de la bénédiction volée : il ne revient pas pour dominer son frère aîné. Il a tout ce qu’il lui faut et ne demande que son pardon (v 6b). Les leçons de son séjour chez Laban ont porté, il n’est plus aussi or­gueilleux!

A l’annonce de l’arrivée d’Esaû avec 400 hommes armés, Jacob panique (en oubliant le camp des anges), parce qu’il n’a à lui opposer que ses troupeaux et ses enfants! Son sens de l’organisation lui fait prévoir le moyen de mettre à l’abri la moitié de ses biens, puis d’amadouer son frère par des cadeaux somptueux, dont il ménage l’effet en les échelonnant dans le temps. Humai­nement parlant, il a tout préparé, mais il se sent toujours aussi fragile.

Pour la première fois, le texte transmet sa prière personnelle au Dieu de ses ancêtres. Après avoir invoqué Dieu sur l’ordre duquel il est parti pour se retrouver dans cette situa­tion fâcheuse, il rappelle la promesse de protection divine (v 10). Avec humilité, il loue la bienveillance et la fidélité de ce Dieu qui lui a permis de s’enrichir (v 11). Dans sa supplique, il avoue sa peur (v 12), et termine sa prière par la reprise de la promesse divine de protection et de nombreuse descen­dance.

On a donc au centre de cette prière, une action de grâce et une suppli­que, qui toutes deux manifestent l’humilité de Jacob devant Dieu. Il reconnaît que tout lui vient de Dieu et qu’il reste faible et crain­tif devant son frère malgré ses préparatifs. Parce qu’il s’en remet entièrement à Dieu, celui-ci va pouvoir intervenir, mais dans l’im­médiat pas comme Jacob le pensait !

C- Le combat avec l’ange (à mettre en parallèle avec Romains 7.14-25)

medium_combat_de_Jacob_avec_ange.jpg

25-27 : la lutte (Illustration : Mosaïque de Monreale, Sicile)

28-30 : le changement de nom et la bénédiction

31-33 : Conséquences de cette rencontre

Ce passage, très sobre dans sa forme, est un des plus profonds de la Bible. au point de vue psychologique et spirituel. Il décrit sous la forme d’un combat réel (les séquelles à la hanche de Jacob en sont la preuve), le combat spirituel de Jacob au moment de franchir une étape importante de sa vie : son retour au pays promis et la confronta­tion avec son passé en la personne de son frère Esaù.

Jacob a tout fait pour se mettre à l’abri du danger qui le menace, et pourtant il reste angoissé parce qu’il ne sait pas si Dieu est pour lui, et sans doute aussi s’il ne lui reste pas un autre moyen humain auquel il n’aurait pas pensé, pour être sauvé. En réponse à sa prière, il trouve devant lui un adversaire, qu’il ne reconnaît qu’à la fin du combat, apparition semblable à celle que verra Josué devant Jéricho (Josué 5.13-6.5).

On voit dans ce combat, le symbole de la lutte qui existe en Jacob entre son vieil homme calculateur et l’homme de foi qui met sa confiance en Dieu. Le vieil homme, dans ce combat cherchait à se défendre, à justifier ses combines, tandis que Dieu reje­tait tous ses arguments et le poussait dans ses retranchements pour l’amener à s’aban­donner complètement à Lui.

L’aurore se levant, symbole de la lumière qui se fait jour dans l’esprit de Jacob sur l’identité de son adversaire, le vieil homme est blessé irrémédiablement et ploie les genoux devant Dieu ! Dieu a vaincu toutes ses résistances, Jacob ne peut que tomber dans ses bras (le déboîtement de sa han­che et l’enlacement avec l’ange l’expri­ment concrètement). Ayant reconnu sa dépendance totale de Dieu pour se tenir debout et marcher, Jacob dans un cri de foi réclame la bénédiction de celui qu’il ne veut plus quitter. Il sait maintenant que sa vie ne dépend que de cette bénédiction (v 30). Son cœur a été complètement changé, comme sa rencontre avec Esaü le révèlera.

Sa blessure à la hanche lui rappellera concrètement qu’il n’a pas à brûler les étapes, mais à marcher, pas à pas, en comptant sur Dieu, en s’appuyant sur le bâton, symbole de la force de la Parole divine.

D- Le changement de nom

En demandant son nom à Jacob, l’ange satisfait trois exigences

1- On ne peut pas bénir quelqu’un sans prononcer son nom (voir l’exemple de l’im­position des mains à un baptisé),

2- En donnant son nom à quelqu’un on lui manifestait qu’on se soumettait à lui.

3- Jacob devait reconnaître publique­ment qui il était vraiment : le trompeur.

En avouant son péché, il se soumettait au jugement de celui dont il réclamait la béné­diction, c’était un véritable abandon de soi, et une demande de pardon.

Dieu en changeant son nom en lsraël, celui qui lutte avec Dieu et avec des hommes, et qui est vainqueur (v 29), accorde à Jacob son pardon et une nouvelle dignité : il portera le nom de Dieu face aux nations, et une pro­messe : il sera vainqueur ! lsraël peut aussi signifier Dieu combat donc rend vainqueur celui qui s’en remet à lui (voir Psaume 118.6 et Romains 8.31 : si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?)

Pourquoi Jacob demande-t-il le nom de son vis-à-vis (v 30)? Il sait bien à qui il a affaire (v 31)! Sans doute veut-il remercier, en le nom­mant, celui qui l’a assuré de la victoire. Peut-être aussi a-t-il le désir de mieux con­naître son Sauveur ? Cette révélation ne lui sera pas accordée (Hébreux 11.13,39), elle le sera pleinement en Jésus-Christ qui fera connaître le Dieu Sauveur.

Jacob manifeste sa reconnaissance d’avoir été pardonné, béni et transformé, par ces mots émerveillés : J’ai vu Dieu face à face, et je suis encore en vie!

Ce privilège est accordé à celui qui n’offre plus de résistance à l’action de Dieu dans son coeur, qui s’en remet avec confiance à sa direction et marche en s’appuyant sur ses instructions. Au baptême qui marque notre engagement avec Dieu, nous recevons aussi un nouveau nom, celui de Jésus-Christ, en devenant « Chrétien ».

Le soleil s’est levé lorsque Jacob franchit le gué, comme la lumière et la paix de Dieu sont entrées dans son cœur : il peut s’avan­cer vers son frère, il ne le craint plus!

                                          (Delacroix, Eglise St Sulpice à Paris)

                                              medium_combat_de_Jacob_avec_l_ange_Delacroix.jpg

E- La rencontre des deux frères (chapitre 33)

Elle ne se passe pas du tout comme Jacob l’avait préparée. Il ne se place pas derrière tous ses biens et gens, mais devant sa fa­mille, car il n’a plus peur. Il se prosterne 7 fois en signe de soumission totale et de profond respect, il reconnaît ainsi la domination de son frère aîné.

Esaü déjà intrigué favorablement par les troupeaux rencontrés sur le chemin (v 8), manifeste l’émotion de ces retrouvailles, en courant à la rencontre de Jacob, en l’em­brassant et en fondant en larmes! Lui le dur, le violent, il est soudain désarmé et doux comme un agneau devant l’absence de revendications de son frère!

On peut voir là un exemple de la puissance de la non-violence pour faire tomber chez l’adversaire la peur d’être lésé ou agres­sé.
Dans le dialogue entre les deux frères, Ja­cob manifeste son changement de cœur :

   il ne se glorifie pas de sa nombreuse famille : c’est Dieu qui la lui a accordée (v5)

   il avoue son premier désir d’acheter la bienveillance de son frère (v 8);

   il transforme son stratagème en geste de générosité et de reconnaissance, en offrant ces cadeaux à Esaü, parce qu’il a manifesté à l’égard de Jacob une bien­veillance semblable, à ses yeux, à celle de Dieu !(v 10-1 1).

Pourtant Esaü ne manifeste pas de foi par­ticulière en Dieu : il n’a parlé que de son abondance de biens, sans en attribuer l’ori­gine à Dieu. Son coeur n’est-il touché que par l’émotion des retrouvailles et l’affection fraternelle? Dieu, à l’insu d’Esaü, a travaillé son cœur. L’absence de rancune et de vengeance d’Esaü apparaît à Jacob comme le signe et l’effet de la bienveillance, de la bénédiction de Dieu sur lui.

Il nous est possible aussi de voir dans tout acte de bonté envers nous, même de la part de non-croyants, un reflet de la bonté de Dieu.

Esaü propose d’accompagner son frère, soit par désir de lui être utile à son retour dans un pays habité par les Cananéens, soit par un reste de méfiance à son égard : il veut s’assurer du lieu où il va s’installer.

Jacob, blessé à la hanche et accompagné de jeunes enfants, et de troupeaux, sait qu’il ne pourra pas marcher au pas des hommes d’Esaü. Il sait aussi que l’Eternel le garde et qu’il n’a pas besoin d’une escorte armée.

F- Arrivée et installation en Canaan (33.17 à 34.31)

Contrairement à ce qu’il annonce, il n’ira pas vers le pays de Séir, trop au Sud et en dehors du pays promis, où il n’a rien à faire. Mais aussi, contrairement à son voeu de Bethel, il s’installe à Succoth, puis à Sichem, suffisamment longtemps (environ 10 ans) pour acheter maison et terre, et permettre à sa fille dernière-née d’être en âge de se marier. En effet, à son retour en Canaan, l’aîné de ses fils a 12 ans, le dernier, Joseph, a 6 ans. Dina a à peine 5 ou 6 ans.

Cette longue installation avant de remplir son voeu, s’explique peut-être par l’idolâ­trie qui règne encore dans la famille. Elle empêche Jacob, le seul converti, d’adorer le Seigneur d’un cœur totalement consa­cré à lui.

Ce manque de consécration totale à Dieu est peut-être la cause profonde de la réaction des fils de Jacob au mariage de leur sœur Dina avec le prince de Sichem. Ils n’ont pas compris que leur attitude était révélatrice de leur manque de relation avec Dieu, et portait un contre-témoignage à ce Dieu nouveau pour les Sichémites, qu’ils prétendaient honorer. N’ayant pas appris à mettre Dieu à la première place, et à considérer les autres avec respect et franchise, ils reproduisent le défaut majeur de leur père, la duplicité, pour venger une blessure d’amour-propre personnel.

« Les crimes d’honneur » qui affligent les familles d’Orient actuellement, n’ont pas d’autres causes que cette mentalité, qui aboutit plus à la mort qu’à la vie. Ce n’est pas l’honneur de Dieu qu’ils avaient à cœur, même pas l’honneur de leur sœur qui restait sauf, puisqu’elle épousait celui qui l’aimait et l’avait séduite ; invoquer qu’on la considérerait comme une prostituée, était donc un faux prétexte à leur vengeance personnelle, et à leur désir d’emprise sur les membres de leur famille. Ils s’arrogent le droit de décider eux-mêmes ce qu’est l’honneur de la famille, sans consulter ni Jacob, ni Dieu.

La virginité physique de la jeune fille est dans la Bible un des symboles de l’exclusivité de l’amour que le peuple de Dieu doit à son époux le Seigneur. En faire une question d’honneur familial ou personnel s’apparente à une idolâtrie tout humaine ! A la suite de cet horrible massacre perpétré à Sichem par Siméon et Lévi, au mépris des lois de l’hospi­talité, Dieu rappelle à Jacob son voeu fait à Béthel. Jacob comprend sa négligence et ordonne à sa famille de se séparer de toutes les idoles conservées jusque-là (35.2,4). Il fait donc bien le rapprochement entre l’idolâtrie qui règne chez lui et le malheur que ses fils ont attiré sur sa famille et leurs hôtes voisins (34.30). Mais Jacob reste faible dans les reproches qu’il adresse à ses fils tant est grande son angoisse sur les conséquences funestes de ce massacre. Il a oublié la bénédiction de Dieu reçue au gué de Jabbok !

Dieu vient au devant de son désarroi et de sa peur, en lui renouvelant la promesse faite à Abraham (35.10-12). L’enterrement de la nourrice de Rébecca, à Béthel, à ce moment, semble marquer un terme à cette portion de la vie de Jacob, le trompeur. Le passé est révolu, maintenant Jacob ne sera plus nommé qu’Israël (v 10).

A ce décès d’un témoin de son passé, succède la naissance de son dernier enfant, Benjamin, qui l’invite à se tourner désormais vers l’avenir. Cette naissance vient atténuer l’immense douleur de perdre la femme qu’il a aimée par-dessus tout, Rachel, mais  qu’il avait condamnée à mort sans le vouloir, à cause de son mensonge au sujet des téraphim de Laban (31.32). Le chemin de la foi après la conversion est parfois douloureux et lent pour mettre sa vie en ordre et gagner son entourage à sa foi ! Jacob fit cette expérience jusqu’à la fin de sa vie.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-         Sur quoi est-ce que je compte dans les difficultés de ma vie : Dieu ou mes propres facultés (intelligence, combines, argent) ou mes « relations » sociales ?

-         Quel est le poids de mon passé dans mes entreprises ou mes attitudes ? Comment Dieu me permet-il de dépasser cette influence, et de trouver d’autres façons d’agir à sa gloire ?

-         Contre quoi mon cœur lutte-t-il encore pour s’abandonner entièrement à Dieu ? Par quoi se marque dans ma vie l’abandon de mon sort entre les mains de mon Sauveur ?

-         Avons-nous encore le sens de l’honneur ? En quoi mettons-nous notre « honneur » individuel, familial ou ecclésial ? 

-         Mes actions soulèvent-elles jalousie, frustration et animosité autour de moi, ou révèlent-elles l’amour de Dieu pour moi et pour les autres, qui habite mon cœur ? 

 

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03/12/2006

Etude n°10 : Le prix de la duplicité, Gn 25-29

Genèse 25 à ­26.35 : Histoire d’Isaac Observons

A- 25.19-28 : Naissance d’Esaü et Jacob

B- 25.29 à 34 : Esaü vend son droit d’aînesse pour un plat de lentilles

C- 26.1 à 35 : Isaac et Abimelek :

a) 2-6 : Renouvellement de la promesse divine

b) 7-11 : Abimelek et Rebecca

c) 12-23 : Querelles autour des puits

d) 24-35 : Alliance d’Isaac et Abimelek

D- 27.1-40 : Isaac, trompé par Jacob, le bénit à la place d’Esaü

E- 27.41 à 28.9 : Fuite de Jacob devant la haine de son frère

F- 28.10 à 22 : Vision de l’échelle

H- 29.1-30 : Jacob chez Laban

 

Comprenons

A-    Histoire d’Isaac : 25.19 à 26.35

Curieusement ce patriarche n’occupe qu’un chapitre et demi, entre son père Abraham (13 ch) et son fils Jacob (9 ch). De plus dans ces deux chapitres, il n’y a rien de très original par rapport à Abraham : même stérilité de Rébecca, même mensonge d’Isaac pour sauver sa vie à propos de l’identité de sa femme-« sœur », mêmes querelles au sujet de points d’eau en Philistie, même alliance avec le même roi Abimélek. Isaac ne serait-il que la pâle copie de son père ? Par deux fois l’Éternel lui renouvelle la promesse de bénédictions (26.2-3, 24) et Isaac l’adore personnellement. Son témoignage fut puissant auprès d’Abimélek, (26.26-31) qui voulut une fois encore ne pas passer à côté des avantages d’une alliance avec un immigré béni de son Dieu. Cela fait penser à la femme Cananéenne, réclamant à Jésus sa part des miettes qui peuvent tomber de la table des maîtres (Mt 15).

Cette répétition des expériences de son père pourrait-elle signifier qu’Isaac a du mal à s’affranchir de l’emprise paternelle sur le plan de ses relations avec Dieu et avec les autres ? Il lui faut faire ses expériences et trouver son chemin personnel vers Dieu. Dieu le guide comme il l’a fait pour son père, l’encourageant de sa présence (26.24), et de ses bénédictions, car il voit en lui un cœur droit et docile depuis sa marche au mont Morija, pour y être « sacrifié » par son père.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Où en est ma relation avec Dieu ? Est-ce que je me contente de copier mes parents, ma famille, mon groupe d’église ? Ou ai-je rencontré personnellement mon Sauveur ?

-  A quand remonte ma dernière expérience avec Dieu ? Comment en faire un témoignage de vie pour ceux parmi lesquels je vis ?

- A quels puits je m’abreuve dans la parole de Dieu ? Les puits  creusés, puis oubliés de nos parents et de nos pionniers ? Ceux que l’Esprit me permet de découvrir moi-même, pour aller plus loin ?

B-  Histoire de Jacob : Genèse 27 à 29.30medium_benediction_d_Isaac_sur_Jacob.jpg

      (Mosaïque de Monreale : Jacob reçoit la bénédiction de son père à la place d’Esaü)

1-     Jacob le trompeur : 27.1 à 28.9

La bénédiction d’Isaac sur Jacob (27.1à 29)

Les relations familiales semblent avoir favorisé la duplicité de Jacob. Esaü partageait avec son père le goût pour la bonne chère (25.28), dont Isaac fait dépendre sa bénédiction. C’est mépriser la portée spirituelle de cette bénédiction, qui devait transmettre au fils les promesses de Dieu faites à Abraham et renouvelées à Isaac. Ce mépris de Dieu avait poussé Esaü à abandonner son droit d’aînesse pour un plat de lentilles (25.30-34). La préférence d’Isaac pour son aîné Esaü est aveugle sur les sentiments de ses fils envers Dieu, comme l’aveuglement physique d’Isaac le symbolise. Aveugle physiquement et spirituellement, Isaac devient une proie facile de la rouerie de sa femme et de son cadet, plus sensibles à l’enjeu  spirituel de la bénédiction arrachée par Jacob à la faiblesse d’Esaü (25.31 et 33).

Rébecca et Jacob voit dans la demande d’Isaac à Esaü l’occasion de rendre valide cet achat du droit d’aînesse à Esaü, car seule a de valeur, à leurs yeux, la bénédiction effective du père. La mère et le fils cadet comptent plus sur leurs stratagèmes pour réaliser la promesse de Dieu faite à Rébecca avant la naissance de ses jumeaux (25.23), que sur l’amour de Dieu « qui fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Rm 8.28). Rébecca va, bien imprudemment, jusqu’à prendre sur elle la malédiction que pourrait encourir son fils (27.13), elle mourra en effet sans revoir son fils chéri !

Isaac par sa méfiance tend une perche à Jacob, qui pourtant par 4 fois confirme son mensonge, osant même y inclure la bénédiction de l’Éternel sur son entreprise (v 20), si grand était son désir de la présence favorable de Dieu dans sa vie et de la réalisation de ses promesses dans sa lignée !

La bénédiction d’Isaac (v 27b-29) lui promet la prospérité matérielle et le pouvoir sur les autres, pouvoir royal humain, et juste à la fin pouvoir spirituel ; Jacob pourra être une bénédiction pour ses amis.

La colère d’Esaü et sa bénédiction (27.30-45)

La détresse d’Esaü est touchante (v 34,38), mais semble due surtout à l’orgueil blessé d’avoir été trompé par son cadet, et par la frustration des biens matériels qui devaient revenir à son frère. Isaac se montre extrêmement troublé d’avoir été joué et bien faible devant la demande de son aîné. Sa bénédiction n’est que l’envers négatif de celle donnée à Jacob, avec un seul espoir : le nomadisme d’Esaü lui permettra d’échapper à la domination de son frère. Pas de mention de l’Éternel dans cette bénédiction, Dieu n’étant pas la préoccupation d’Esaü, qui ne saisit pas cette occasion pour se repentir (Hé 12.17). Au contraire il nourrit une colère froide et un ressentiment tel qu’il désire la mort de son frère. Une fois encore, Jacob obéit à sa mère pour sauver sa vie, sans s’appuyer sur Dieu, et s’enfuit sous prétexte d’aller chercher une femme croyante dans sa famille (27.46), pour ne pas prendre une étrangère comme Esaü (26.34-35).

Le départ de Jacob à Charan (27.46-28.9)

Une fois de plus, Rébecca cache à son mari la véritable nécessité pour Jacob de quitter le toit familial. Elle prend prétexte des querelles avec ses belles-filles étrangères pour faire demander par Isaac à Jacob d’aller se chercher une femme chez ses parents de Mésopotamie, dans l’espoir que les relations familiales et religieuses seront ainsi meilleures. Isaac manipulé par Rébecca obtempère, et envoie son fils en lui renouvelant sa bénédiction, assortie de la transmission des promesses faites à Abraham : possession du pays promis et fécondité (v 3 et 4). Isaac semble avoir pris son parti de cette inversion des rangs de naissance, et il confie à Dieu la réalisation de ses promesses contraire à ses vœux antérieurs sur Esaü.

Ce fils aîné ne voit pas dans cette nouvelle bénédiction  un appel à revenir à Dieu, ou tout au  moins à de meilleurs sentiments. Sa jalousie ne lui fait retenir que le désaveu implicite de ses mariages. Au lieu d’y remédier, il part encore plus loin, pour rejoindre la branche familiale d’Ismaël, déjà séparée du clan qui continue à « invoquer l’Éternel », et il prend une nouvelle épouse dans sa parenté comme Jacob, mais païenne.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Quels sont mes centres d’intérêts dans mon quotidien ? Quelle place y tiennent le « manger et le boire », les soucis matériels, la recherche du Royaume de Dieu, les relations familiales ou sociales ? (Mat 7.24-34).

- Quelles promesses de Dieu ai-je déjà voulu réaliser par mes propres efforts, au prix de quels compromis avec la droiture ?

- Comment se manifeste mon désir de la présence et des bénédictions de Dieu dans ma vie et dans celle de mon église ?

- Comment éviter d’être aveuglé sur mes sentiments et sur ceux de mon entourage à l’égard de Dieu , pour ne pas tomber dans une faiblesse coupable qui me rend vulnérable ?

- Comment est-ce que j’accepte que les événements se déroulent différemment de ce que je désire ? Est-ce que comme Isaac, je sais faire « contre mauvaise fortune bon cœur » ? en quoi ma foi en Dieu m’est-elle une aide pour cela ?

2-    Le trompeur trompé : Genèse 28.10 à 29.30

La fuite de Jacob et sa vision de l’échelle : 28.1-22

A- Départ de Jacob

Le voyage qu’entreprend Jacob est long et pénible, 800km environ, à pied, seul, en fuite devant son frère. Pourra-t-il un jour revenir ? Reverra-t-il ses parents ? Jusqu’à présent sa relation avec Dieu s’est limitée à connaître les promesses d’une descendance nombreuse et de la possession du pays faites par le Dieu de son père. Il a tout fait par lui-même pour que cette promesse lui soit accordée à lui, le plus jeune. Mais il n’a jamais rencontré ce Dieu dont il a entendu parler et dont il a désiré la bénédiction sans le voir. En plus des soucis matériels pour sa route, Jacob doit s’interroger sur sa situation vis-à-vis de Dieu : Cette ruse l’a-t-elle éloigné ou rapproché de Dieu ? Comment savoir si Dieu existe vraiment, s’il n’est pas seulement auprès d’Isaac, s’il est une aide ou un obstacle à la réalisation de sa vie ?

En tous cas pour le moment, s’il a arraché la bénédiction d’Isaac, sa ruse lui cause bien des difficultés ! C’est dans un état de doute et de déprime, qu’il entreprend la longue route vers ses parents de Charan. La mention (v 7) que c’est par obéissance à ses parents qu’il est parti, semble suggérer que son départ n’est pas voulu par lui, que la raison invoquée d’un mariage dans la famille mésopotamienne n’est qu’un prétexte pour dissimuler la fuite du « trompeur » devant son frère lésé.

B- Vision de l’échelle
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Dieu pour la première fois intervient dans sa vie au moyen d’un rêve pour calmer son anxiété.

- L’échelle que voit Jacob est dressée sur (littéralement “ vers ”) la terre : c’est Dieu qui la fait descendre du ciel et la fait reposer sur le sol, comme voie de communication.

- Les anges montaient et descendaient : le fait qu’ils montent d’abord indique qu’ils étaient déjà  auprès de Jacob pour le protéger, tandis que ceux qui descendaient lui apportaient les bénédictions de Dieu, avant même qu’il s’en aperçoive.

- Enfin au sommet Dieu se révèle par la vision et les paroles, non pour le punir ou lui faire des reproches, mais pour rappeler son identité et ses promesses : possession du pays qu’il va quitter, descendance nombreuse, bénédiction universelle à travers Jacob ! Puis Dieu fait des promesses tout à fait personnelles et circonstanciées : il l’assure de sa présence, de sa protection, de sa direction et de sa fidélité.

Jacob n’a rien fait pour mériter cette révélation, tout au contraire ! Mais Dieu se penche avec amour et compassion sur sa détresse, sachant le profond désir de relation avec Lui qu’a eu Jacob, pour user de tels stratagèmes afin de devenir héritier de la promesse. Dieu lit les désirs et les sentiments de nos coeurs et se révèle à celui qui le cherche de tout son coeur, malgré ses fautes.

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C- Sens de la vision                       (Jean-Guillaume Baur 17ème siècle)

a) Jacob ne se trompe pas sur le sens premier de la vision :                                                          Dieu s’est montré à lui pour le réconforter par la pensée

- qu’il est avec lui, là où il se trouve et pas seulement là où se trouve Isaac, à Béer-Chéba

- qu’il communique avec lui, bien qu’il soit pécheur, et il s’adresse à lui personnellement parce qu’Il l’aime.

- que ses anges accomplissent leur ministère de protection en sa faveur (Hébreux 1.14).

b) Jésus donne un sens messianique et prophétique à cette vision dans Jean 1.51 : “ Vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus (ou “ sur ”)du fils de l’homme ”. Dans ce rappel de la vision de Jacob, Jésus se met à la place de Jacob : à terre. Il indique que la communication entre lui “fils de l’homme ” et Dieu ne cesse pas, les anges étant à son service. Il affirme ainsi sa messianité et sa nature à la fois humaine et divine : né d’une femme et né de l’Esprit, il est le seul à communiquer réellement avec son Père.

Lorsque le texte dit que les anges montaient et descendaient “ sur ” lui, on peut comprendre que Jésus représente aussi cette échelle, seul moyen d’accès à Dieu, par lequel l’homme peut faire monter ses prières et recevoir les bénédictions de Dieu portées par les anges. Ce sens de l’échelle est une justification de la formule finale de nos prières “ au nom de Jésus ”.

Comme Jacob nous sommes appelés à voir Dieu et à recevoir de lui ses dons, en passant par “ l’échelle ” que Dieu nous a donnée en Jésus-Christ, qui nous ouvre le ciel !

c) Enfin sur le plan psychologique et moral, l’échelle voulait montrer à Jacob que dans sa vie l’on doit tenir compte des réalités matérielles et terrestres (= le sol, au pied de l’échelle): une échelle qui ne s’appuie pas solidement sur le sol tombe ! Mais si elle ne s’appuie pas aussi en haut sur un support, elle tombe et ne sert à rien : ainsi, chacun est-il appelé à recevoir d’en haut inspiration et soutien. Même s’il ne le voit pas physiquement, Dieu est présent, l’accompagne et communique avec lui par l’Esprit. L’homme est un animal terrestre à qui l’Esprit révèle Dieu (1 Corinthiens 2.12 et 14).

Dieu ne veut ni d’un homme uniquement matérialiste, ni d’un homme uniquement mystique ou spiritualiste. Il désire un homme ou une femme qui a les pieds sur terre et qui reçoit d’en-haut les directives de l’Esprit ! Cet homme, il nous en a montré la perfection dans Jésus !

Comment lui ressembler ?

- en ayant conscience des réalités et en les assumant (bénédictions autant que difficultés, et faiblesses de notre personne et de notre vie)

- en cherchant la volonté de Dieu dans la prière et l’étude de la parole de Dieu, et en l’écoutant dans l’obéissance,

- en allant auprès des autres comme messagers (= anges) de son amour et de sa bonté pour tous.

D- La réaction de Jacob

Son exclamation de surprise et de crainte révèle combien sa connaissance de Dieu était limitée. Sa vision l’a tellement saisi qu’il décide de la rappeler par une pierre commémorative, à défaut d’un autel, comme avait fait Abraham à cet endroit. Il promet de bâtir plus tard un autel ou “ sanctuaire ” (= maison de Dieu), comme point de rencontre avec Dieu pour l’invoquer. Jacob reste attaché au lieu physique pour adorer Dieu, ne comprenant pas que la « porte de Dieu » (= Bethel) n’est pas un lieu géographique, mais un « lieu spirituel » comme Jésus le désignera en se comparant à l’échelle de la vision de Jacob, ou à la « porte » (Jn 10.9)

Verser de l’huile sur la pierre était la coutume de consécration, de mise à part pour le service de Dieu. Ce geste sera utilisé plus tard pour les rois, les prophètes et pour les ministres de l’Eglise. L’onction de consécration d’une pierre pour signifier la présence de Dieu se retrouve plus tard dans la sacralisation de l’autel et du bâtiment du temple, puis de l’église, considérés comme les habitations de Dieu. C’est une démarche humaine pour tenter de s’accaparer Dieu.

Le vœu de Jacob est empreint de son caractère défiant et calculateur. C’est un vrai marché passé avec Dieu, dans lequel il ne s’engage qu’à condition que Dieu l’exauce physiquement (protection et direction), matériellement (pain et habits), moralement (vie heureuse). Sa promesse de dîme vient conclure ce marché par un signe de reconnaissance : sa dîme manifestera sa reconnaissance d’avoir été exaucé. 

 Jacob a besoin d’apprendre que Dieu ne marchande pas ses bénédictions, et que l’adoration et le paiement de la dîme ne sont pas conditionnés aux exaucements des prières.

“ Avoir la foi, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité de ce que l’on ne voit pas ”(Hébreux 11.1). Jacob, comme Thomas et souvent comme nous, voulait voir pour croire ! Jésus dira : “ Heureux sont ceux qui croient sans m’avoir vu ! ”.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Dans les difficultés de ma vie, ai-je conscience de la présence de Dieu pour me soutenir et m’éclairer, plutôt que pour me juger et me punir ?

-  Où en suis-je dans la restitution à Dieu de la dîme de tous mes revenus ? Est-elle pour moi un moyen de pression sur Dieu pour obtenir sa faveur, ou un moyen privilégié de lui manifester reconnaissance et confiance en Lui ?

-  Suis-je attaché à un lieu physique pour adorer Dieu ? Quelle place tient Jésus-Christ dans mon adoration et mes prières ?

 

 

 

E- Chez Laban : Genèse 29-30

 

a) L’arrivée

Jacob comprend qu’il est arrivé, grâce à son dialogue avec les bergers, et grâce à la venue de Rachel. Jacob s’étonne de la coutume d’ouverture du puits et se conduit doublement curieusement ! Il déplace à lui tout seul, et avant le rassemblement de tous les troupeaux, la pierre qui ferme le puits; et il embrasse en pleurant, sa cousine Rachel ! Sans doute était-il déjà victime d’un coup de foudre pour elle !

L’attitude de Jacob dut frapper Rachel car elle courut en parler à son père. Encore tout ému de sa rencontre, Jacob raconte en confiance tout ce qui lui est arrivé, et ne saisit pas l’humour de Laban qui le reconnaît du même sang que lui : Jacob, le trompeur, sera trompé 10 fois plus par Laban ! (32.41)

b) Le mariage

Jacob commence à comprendre, à ses dépens, ce que signifie tromper ! Ne pouvant pas payer une dot pour Rachel, il loue à Laban ses services pour 7 ans. Sa joie d’épouser enfin Rachel, l’aveugle au point de ne pas voir que c’était Léa, l’aînée, qui lui avait été donnée ! Laban ose lui demander encore 7 ans de plus pour “ payer ” son mariage avec Rachel ! Quel exploiteur ! Il avait réussi à marier ses deux filles, et à s’assurer le travail de Jacob pour son compte ! Il ne se contentera pas de cela. Jacob travaillera pour son beau-père encore 6 ans. En tout 20 ans ! Heureusement sa connaissance des troupeaux, et sans doute des lois de génétique révélées par Dieu dans des rêves (31.11-12), lui a permis d’acquérir pour lui des richesses importantes, malgré la méfiance et la versatilité de Laban.

Ces 20 ans auront appris à Jacob la patience, la persévérance pour obtenir ce que l’on veut, la confiance en Dieu seul pour réaliser son plan. Il a pu voir les bénédictions s’accomplir malgré les difficultés que sa conduite précédente avait créées dans sa vie.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-         Comme pour Jacob, par amour pour nous, Dieu n’efface pas les conséquences de nos actes. Il les utilise pour changer nos coeurs et faire avancer son projet pour nous. Sais-je profiter de ces circonstances difficiles pour grandir dans la foi en Dieu, l’humilité et l’obéissance à sa volonté ?

-         Comment ne pas m’aigrir contre les autres ou contre moi-même, lorsque je découvre avoir été trompé par quelqu’un que je croyais fiable ?

 

08:00 Publié dans Genèse | Lien permanent | Commentaires (3)