18.09.2009
Etud n°13 Lutte de pouvoir 3 Jean (26 09 09)
Etude n°13 : Lutte de pouvoir, 3 Jean (26 09 09)
« Bien-aimé, n’imite pas le mal mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n’a pas vu Dieu. » (v 11)
Observons
Voici une très courte lettre personnelle qui mentionne nommément trois personnes :
1- v 1-4 : Prologue avec adresse et souhaits
2- v 5-8 : Eloge de Gaïus
3- v 9-10 : Blâme de Diotrèphe
4- v 11-12 : Eloge de Démétrius
5- v 13-15 : Epilogue : salutations personnelles.
Comprenons
1- v 1-4 : Cette courte missive est adressée à un certain Gaïus, nom courant dans le Nouveau Testament où il est attesté trois fois : à Corinthe, Paul a baptisé un frère de ce nom (1 Co 1.14) qui l’a accueilli avec toute l’église dans sa maison, d’où il écrivit aux Romains (16.23). A Ephèse (Ac 19.29) Gaïus est fait prisonnier par la foule des émeutiers, à la place de Paul. C’était peut-être le Gaïus de Derbe qui faisait partie de son équipe d’évangélisation vers la Macédoine (Ac 20.3-4). Ici ce Gaïus semble être un frère apprécié de l’apôtre (= «l’ancien »), qui lui prodigue félicitations et témoignages d’affection (v 1-2). Il était suffisamment riche et hospitalier pour accueillir chez lui les prédicateurs itinérants venant d’autres contrées.Les vœux de Jean en sa faveur concernent aussi bien la santé physique que la croissance de son être intérieur (v 2).
L’insistance de Jean dans ce prologue sur la « vérité » (4x) interpelle. Que signifie « la vérité » dont parle Jean ? Il aime Gaïus « dans la vérité »(v 1), il reçoit le témoignage de la « vérité qui est en lui » ; Gaïus « marche dans la vérité » (v 3), ainsi que les enfants spirituels de Jean (v 4). Les exégètes anciens comprennent ce mot « vérité » comme synonyme de « l’Evangile », la vraie doctrine qui permet de marcher dans l’amour fraternel (v 6) et la fidélité à Christ pour propager la Bonne Nouvelle du salut (v 8). D’autres pensent que Jean loue ici la véritable vie chrétienne que mène Gaïus, la vérité de sa foi qui se révèle dans ses œuvres de soutien et d’amour pour les frères itinérants (v 6). Les deux lectures se complètent, pour s’opposer à la duplicité de Diotrèphe.
2- V 5-8 : La conduite de Gaïus se caractérise par la fidélité dans l’amour fraternel : il reçoit chez lui des frères étrangers et pourvoit à leur voyage, car ils sont partis pour annoncer la Bonne Nouvelle (= pour le Nom de Dieu). Ils ne demandent rien aux païens qu’ils évangélisent. Il est donc nécessaire que les frères dans la foi subviennent à leurs besoins et participent à leur œuvre (v 8), d’une « manière digne de Dieu » (v 6), c’est-à-dire conforme à l’amour fraternel que Dieu demande de ses enfants (Jn 13.35 ; 15.12).
Ce principe de soutien fraternel à l’œuvre missionnaire reste valable pour l’Eglise de tous les temps. Tous les fidèles sont solidaires et participent, dans la mesure de leurs dons spirituels et de leurs moyens, à la propagation de l’Evangile, pour « préparer un peuple consacré au Seigneur et bien disposé » (Luc 1.17).
3- V 9-10 : En contraste avec l’attitude d’amour et de dévouement de Gaïus, l’apôtre Jean blâme celle d’un frère de l’église de Gaïus. Dans une autre lettre, Jean avait recommandé les prédicateurs itinérants, mais Diotrèphe, sans doute en charge d’une responsabilité importante dans l’église, s’est élevé contre l’autorité de l’apôtre. Jean révèle ses mobiles secrets : il aime être le premier parmi les frères. Le conflit qui naît entre l’apôtre et Diotrèphe est un conflit de pouvoir. Pour s’imposer, Diotrèphe médit et critique, il ne pratique pas l’hospitalité, l’interdit aux autres et excommunie ceux qui lui désobéissent. Alors qu’il s’impose par la force, l’apôtre Jean se contente de révéler, avec calme et assurance, la vérité de la duplicité de cet homme (v 10), laissant à chacun la faculté de se déterminer pour le bien ou pour le mal (v 11).
Jean nous donne un exemple de résolution des conflits de pouvoir qui troublent nos communautés. Si chacun de ceux qui s’opposent est mû par l’orgueil et le désir d’imposer son point de vue, la division est inéluctable. Un cœur humble, soumis à l’Esprit, rempli d’amour pour Dieu et pour les autres, peut apaiser ce genre de situation. « C’est dans le calme et la confiance » en Dieu (Es 30.15) qu’est la force de l’apôtre. Il se souvient que Dieu considère comme grand dans son Royaume, celui qui se fait humble comme un enfant (Mat 18.4 ; Luc 22.26). C’est aussi la recommandation de Paul aux Romains (12.3) et aux Philippiens (2.5) : la grandeur et l’autorité dans l’église ne viennent pas de la fonction honorifique ni du pouvoir exercé, mais de l’humilité dans le service de Dieu et l’amour des frères.
4- v 11-12 : Démétrius, un autre membre de l’église sur lequel Gaïus semble s’être interrogé, est chaudement recommandé par Jean ; trois témoignages lui servent de caution : tous les membres de l’église qui le connaissent, Jean lui-même, qui parle vrai, et la vérité, elle-même ! Qu’est-ce à dire ? Il semblerait que la vérité de l’Evangile de Dieu habite le cœur de Démétrius, et qu’il agisse selon cette vérité. Sa conduite sainte (= consacrée à Dieu) est conforme à sa profession de foi, à l’opposé de Diotrèphe, qui est hypocrite et mensonger : ce dernier en effet se prétend disciple du Christ et n’agit pas comme tel, il est double (Mat 24.51 ; 7.21).
5- v 13-15 : Comme dans sa seconde lettre, Jean manifeste son désir de parler de vive voix à ses interlocuteurs. Rien de tel que le contact direct et personnel (chacun par son nom) pour resserrer les liens d’amitié !
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment se manifestent l’amour fraternel et l’hospitalité dans ma communauté ? Comment y contribuer personnellement ?
- Dans quel état d’esprit est-ce que j’assume mes responsabilités ? Comment éviter d’en faire des moyens de pression sur les autres et de prise de pouvoir ?
- Quelle est ma contribution à la résolution des conflits de pouvoir dans l’église et dans la famille ?
- Par quoi les autres peuvent-ils discerner la vérité de ma profession de foi ?
- Comment puis-je être aujourd’hui « ouvrier de Dieu » pour la propagation de la vérité de l’Evangile ?
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11.09.2009
Etude n°12 Ala Dame choisie 2 Jean (19 09 09)
Etude n°12 : A la Dame choisie, Seconde lettre de Jean (19 09 09)
2 Jn 9 : « Quiconque va plus loin et ne demeure pas dans la doctrine du Christ, n’a pas Dieu ; celui qui demeure dans la doctrine a le Père et le Fils ».
Observons
Cet écrit est très court et contient toutes les caractéristiques d’une vraie lettre, avec adresse, salutations et signature.
1-3 : adresse et bénédictions (le mot vérité est répété trois fois)
4-6 : l’amour fraternel consiste à marcher selon les commandements de Dieu (= 4 fois, vérité =1 fois)
7-11 : se garder des hérésies au sujet de la nature de Christ
12-13 : salutations
On retrouve les trois thèmes importants de la première épitre de Jean.
Comprenons
Cette courte lettre peut être considérée comme un résumé ou une ébauche de la première lettre. En effet outre la similitude de style et de vocabulaire, il contient les trois thèmes développés dans le premier écrit : l’amour fraternel, les hérésies, et la doctrine sur la nature du Christ (v 3,9).
V 1-3 : Adresse et bénédictions : par humilité, l’auteur se nomme lui-même « l’ancien », soit à cause de son âge, Jean étant le dernier apôtre vivant à la fin du premier siècle, soit à cause de sa responsabilité de « pasteur » des églises apostoliques d’Asie.
La destinataire de la lettre est nommée « Kuria », pseudonyme que nous traduisons par « Dame », féminin de « Kurios » le Seigneur. Elle est « élue » et a au moins une sœur (v 13), élue comme elle, et de nombreux enfants aimés de l’auteur et de « tous ceux qui ont connu la vérité ». Cette formule symbolique ne peut guère s’appliquer à une simple mère de famille nombreuse. On comprendrait mal les propos de la lettre adressés à une femme individuelle. Ce pseudonyme désigne sans doute l’Eglise en général « élue » de Dieu (1 Pi 1.2), ou une communauté précise à qui Jean s’adresse, dont les membres sont considérés comme les enfants. Elle est « l’épouse » (Kuria) du Seigneur (Jn 3.29 ; Ap 22.17). Ce titre insisterait donc sur le lien étroit qui unit à Dieu cette communauté.
La vérité (3x) est la source de l’amour éternel qui lie Jean aux autres croyants en Jésus-Christ. Le verset 3 explicite ce que Jean entend par la vérité : la grâce, la miséricorde et la paix demeurent et seront à jamais avec les croyants unis dans l’amour avec le Père et le Fils. Cette bénédiction reprend les formules grecques (grâce) et hébraïques (paix), que Paul avait adoptées. Jean y ajoute la « miséricorde », ou bonté, compassion, pardon, expressions de l’amour de Dieu.
Ainsi dans ce prologue, se trouvent tous les fondements de l’Eglise de Christ : la foi en Christ, Fils de Dieu le Père, la vérité, l’amour et la grâce qui donnent la paix du cœur et l’assurance de la vie éternelle.
V 4-6 : « Marcher dans la vérité » équivaut pour Jean à marcher dans l’amour fraternel. Cette marche obéit au commandement donné par Dieu « dès le commencement » (v 4,5,6 ; 1 Jn 2.7-8) de s’aimer les uns les autres. Ce thème tient vraiment à cœur à Jean, qui ne désire pas apporter une nouveauté, comme les faux docteurs dénoncés. Il rappelle simplement les paroles de Jésus (Jn 3.34) que les fidèles ont entendues depuis leur conversion, mais qui sont aussi au centre du message de la révélation biblique depuis la Genèse !
L’amour fraternel caractérise l’Eglise de façon originale dans le monde qui en ignore tout. Il constitue l’obéissance à la volonté de Dieu que Jésus a résumée dans les deux commandements « Tu aimeras ton Dieu, et tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22.37-40). (Illustration : Strasbourg, l'Eglise)
Marcher selon les commandements sous-entend une progression de l’être et de la communauté dans la communion fraternelle et l’harmonie avec la volonté divine (1 Jn 5.3 ; Jn 14.21). On ne s’installe pas dans la vie chrétienne comme dans un fauteuil pour attendre l’arrivée d’un hôte divin ! On marche avec Lui et avec ses frères dans la foi, en se tenant mutuellement par la main, pour chaque jour mieux le contempler et le voir à l’œuvre en soi et en l’autre, pour être transformé à son image (2 Cor 3.18), et ainsi le glorifier en révélant son amour.
V 7-11 : Contre les hérésies
Ce passage est construit en parallélisme concentrique : la dénonciation des séducteurs hérétiques au verset 7 est reprise aux versets 10-11 par le conseil de les rejeter. Au centre (v 8-9) une mise en garde pour garder « la saine doctrine » de Jésus-Christ, Fils de Dieu, venu en chair.
Dans le premier écrit de Jean, ce thème a été longuement développé (1 Jn 2.18-24 ; 4.1-6) et apparaît comme une forte préoccupation de l’apôtre. Il voit le danger que court l’Eglise après la disparition du dernier témoin oculaire de Jésus. Il ne demande pas une fidélité à une tradition apostolique, une doctrine intellectuelle sur la nature du Christ. Tout son travail (v 8) a été de prêcher une personne, Jésus Fils de Dieu, venu en chair, devenu homme pour donner la victoire sur le monde et la vie éternelle à celui qui mettrait sa confiance en Lui (1 Jn 5.4-5, 11-12). Il ne voudrait pas avoir travaillé en vain et voir les disciples perdre la foi et la Vie éternelle (v 8).
C’est pourquoi, il recommande (v 10-11) avec fermeté de refuser toute relation avec les hérétiques, pour ne pas encourager la diffusion de leurs fausses doctrines, la propagation de leurs « mauvaises œuvres ». Il ne faut pas entendre cette expression au sens moral, mais spirituel : elles sont mauvaises parce qu’elles rompent la communication avec Dieu !
Il n’y a pas là conseil d’incivilité, mais de prudence spirituelle, pour ne pas entrer en matière avec des séductions pernicieuses, qui sèment la confusion. Paul avait donné la même recommandation (1 Co 5.11 ; Phi 3.2), dans des termes encore plus énergiques, tant il craignait les déviations dans la foi des fidèles.
V 12-13 : Salutations
La lettre se termine rapidement sur le désir de l’auteur de parler de vive voix avec ses destinataires. La joie de communiquer directement plutôt que par courrier est rendue parfaite par la chaleur de la présence mutuelle, véritable avant-goût de la joie que nous éprouverons lorsque nous communiquerons face-à-face avec notre Sauveur.
Enfin, Jean transmet les salutations de l’église-sœur où il se trouve, à celle à qui il adresse sa petite lettre. Toutes deux sont les élues, les bien-aimées du Seigneur.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- La vérité qui m’unit à mes frères dans la foi est-elle source de pardon mutuel, de miséricorde et d’amour envers eux ? Comment remédier à la sécheresse de la proclamation doctrinale de la Vérité ?
- Comment mon église marche-t-elle dans l’obéissance au commandement d’amour fraternel ? Comment l’accompagner personnellement dans cette marche ? Trouver des réponses concrètes, précises et personnelles !
- Comment affermir ma foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu ? Quels fruits porte-t-elle dans ma vie ? Comment résister aux conceptions actuelles sur Jésus, sur la Bible, sur les commandements de Dieu, conceptions qui « vont plus loin » que la Parole de Dieu ?
- Quelle est mon attitude envers ceux qui frappent à ma porte pour présenter « leur évangile » ? Comment refuser de les écouter sans être impoli et sectaire ?
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04.09.2009
Etude n°11 Thèmes essentiels de 1 Jean dans Eph 4.25-5.21 (12 09 09)
Etude n°11 : Thèmes importants de 1 Jean, Ephésiens 4.25 à 5.21 (12 09 09)
A la fin de l’étude de la première épître de Jean, il est bon de voir comment ses thèmes les plus importants ont été abordés par d’autres apôtres, et plus particulièrement par Paul. Celui-ci, en effet, a écrit aux églises d’Asie, dont Ephèse était la plus représentative, quelques trente ans avant Jean, qui selon la tradition en fut le dernier évêque apostolique.
Nous vous proposons d’étudier le passage d’Ephésiens (4.25-5.21) propoé dans notre Guide de lectures parce qu'il nous paraît le plus approprié à cette comparaison.
Observons
Le contexte : Dans le chapitre 4, Paul exhorte ses lecteurs à « marcher d’une manière digne de leur vocation » de chrétiens (v 1), dans l’unité de l’Esprit qui accorde ses dons pour l’édification du corps du Christ et le perfectionnement des saints (12). Revêtus d’une nature nouvelle, et renouvelés dans leur compréhension des choses de Dieu, ils rejettent leur conduite passée et marchent selon la justice, la sainteté et la vérité (24).

Le texte
La structure en chiasme (parallèles concentriques)
A- 4.25-5.2 : marcher dans l’amour fraternel à l’exemple de Christ mort pour nous
B- v 3-13 : Comportements comparés entre païens et chrétiens :
a) 3-7 : marcher dans les ténèbres païennes et idolâtres
b) 8-13 : marcher comme des enfants de lumière dans la justice, la bonté, la vérité.
C- v 14 : Appel au réveil- résurrection
B’- v 15-19 : Comportements des sages :
a) 15-16 : veiller et racheter le temps
b) 17-19 : être remplis de l’Esprit pour comprendre la volonté du Seigneur
A’- v 20-21 : la marche en Christ : Louanges à Dieu et soumission les uns aux
autres.
Au centre est mis en valeur l’appel à la résurrection.
Comprenons
En encadrement d’une évocation de textes d’Esaïe appelant au réveil, ou à la résurrection spirituelle, nous retrouvons quelques-uns des thèmes de l’épitre de Jean : l’opposition entre ténèbres et lumière, entre fils de la rébellion et enfants de Dieu, la marche dans l’amour fraternel, le pardon et la sainteté, l’imitation de Christ qui s’est offert en sacrifice pour nous (Ep 5.2 ;1 Jn 4.10)
A- Que signifie imiter Dieu ou marcher dans l’amour ?
- 4.32 : faire grâce réciproquement
- 5.2 : Christ s’est livré à Dieu en offrande = imiter (1Jn 2.6) son abandon de la volonté propre, vivre dans l’obéissance et la disponibilité à son service;
- Christ s’est livré en sacrifice comme un parfum de bonne odeur : la mort volontaire de Jésus pour nous s’interpose entre la sainteté de Dieu et notre péché, comme les parfums d’encens s’interposaient dans le temple entre le Lieu Très- Saint et le prêtre pécheur. Cette mort nous délivre de la condamnation et de l’emprise du péché ; elle nous permet de vivre une vie sanctifiée qui témoigne de la présence et de l’amour de Dieu, et qui répand la bonne odeur du salut (2 Co 2.14-16).
B- Comment est qualifié le comportement des fils de la rébellion ou fils des ténèbres ? Pourquoi ?
- malséant pour des saints (= « mis à part » pour Dieu)
- idolâtre : immoralité, impureté et cupidité sont les manifestations de l’idolâtrie de soi.
- insensés (5) = sans but, sans cohérence, et stériles (11) = inutiles, sans fruits pour le royaume de Dieu.
- Ces comportements de rébellion contre Dieu éloignent de Dieu, font tomber dans les ténèbres = sous la condamnation du péché, ils privent des bienfaits de la miséricorde divine.
Comment est qualifiée la conduite des enfants de lumière ? C'est une marche manifestant les fruits de la lumière de l’Esprit (18) : bonté, justice (1 Jn 3.10), vérité (9), louanges à Dieu (19), ce qui est agréable au Seigneur (10).
Que signifie « démasquer, ou dénoncer les œuvres des ténèbres » ? Est-ce juger l’autre et le pointer du doigt pour le condamner (= voir l’inquisition )?
Ga 6. 4 ;1 Jean 2.9-10 : invitation à s’examiner soi-même, à discerner en nous ce qui est ténèbres, à mettre sous la lumière de l’Esprit ce qui nous sépare de Dieu (= se repentir) pour en recevoir le pardon, et être purifié (1 Jn 1.7), transformé en enfants de lumière (1 Jn 3.3).
C- En quoi consiste le Réveil d’entre les morts ?(1 Jn 3.14) Il s’agit ici des morts ou des endormis spirituels ; la mise en lumière du péché caché est ce qu’on appelle le temps de jugement (= de libération !) qui précède une vie nouvelle, où Christ demeure et fait briller sa lumière (Es 9.1). Cette pseudo-citation de l’AT est un écho de Es 52.1 ; 60.1-2 ; 26.19 qui appellent tous au réveil, donc à une démarche volontaire de changement d’état spirituel et moral = de conduite, comme il est précisé au verset suivant.
B’ Quelle est la conduite sage ?
- Veiller = être attentif, discerner où on en est et comment on agit par rapport à la volonté de Dieu car le commencement de la sagesse, c’est la crainte respectueuse de Dieu (Ps 11.10) (1 Co 14.20)
- racheter le temps, c’est donner de la valeur au moment vécu, saisir toute occasion d’agir comme des enfants de lumière dans les jours de ténèbres.
- Etre intelligent : c’est chercher Dieu (Rm 3.11), c’est se laisser éclairer et conduire dans la vérité par la parole de Dieu (Ps 119.104), c’est comprendre la volonté de Dieu (Ep 5.17 ; 1 Jn 5.20) et observer la loi (Pro 28.7 ;1 Jn 5.3) ; c’est être rempli de l’Esprit non d’une ivresse superficielle, individuelle et éloignée de Dieu, car l’Esprit donne une joie vraie et profonde que l’on peut partager tous ensemble.
A’ : Qu’implique la marche dans l’amour ? Les deux derniers versets rappellent les deux premiers (5.1-2) par la répétition des mots Dieu et Jésus-Christ, par l’idée de rendre grâces (= offrande de parfum) et celle de soumission (= sacrifice à Dieu). La reconnaissance envers Dieu et la soumission volontaire de sa propre volonté au profit les uns des autres (= fraternité dans l’égalité devant Dieu) sont des signes de la soumission à Christ, le seul médiateur entre nous et Dieu. La soumission mutuelle implique de ne pas se considérer supérieur à l’autre et de chercher l’intérêt de l’autre comme Christ a cherché notre intérêt avant le sien (Ph 2.3-5).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comme disciples de Jésus, sommes-nous en marche dans la lumière ? Par quoi cela se manifeste-t-il personnellement et communautairement ?
- Où nous sommes-nous arrêtés et endormis dans cette marche ? Nos paroles, nos actes, notre intelligence spirituelle témoignent-ils toujours de l’œuvre de l’Esprit en nous ?
- De quoi avons-nous à nous repentir individuellement et collectivement ?
- Notre vie et celle de notre Eglise répandent-elles la bonne odeur de Christ,
chez nous, à l’intérieur et à l’extérieur de la communauté ? Communiquent-
elles une grâce à ceux qui nous côtoient ? (Ep 4.29)
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28.08.2009
Etude n°10 Confiance 1 Jn 5.13-21 (05 09 09)
Etude n°10 : Confiance 1 Jn 5.13-21 (05 09 09) 
(Rodin : la cathédrale)
« Voici l’assurance que nous avons auprès de lui : si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ». 1 Jn 5.14
Observons
V 13 : transition avec le passage précédent, à partir du verbe « savoir » repris 5 autres fois, et évoqué dans l’expression « avoir de l’assurance » (v 14)
V 14-15 : Confiance dans l’exaucement de la prière (savoir = 2 fois)
V 16-17 : Efficacité de la prière d’intercession pour le pécheur repentant
V 18-20 : Confiance en la protection du Dieu de vie et de vérité (savoir = 3 fois).
V 21 : Conclusion : se garder des idoles.
Comprenons
Ce passage constitue l’épilogue de l’écrit de Jean, parallèle au prologue (1.1-4). Jean poursuit sa réflexion sur la foi en Jésus-Christ, Fils de Dieu, en rappelant ses conséquences pratiques, l’exaucement de l’intercession et la confiance en Dieu.
Au centre du passage (v 16-17), l’apôtre précise l’objet de la prière d’intercession, et par là éclaire les versets précédents sur la prière selon la volonté de Dieu (14-15).
V 14-15 : Confiance dans l’exaucement :
La foi dans la possession de la vie éternelle n’est pas une aspiration ni une simple impression fugitive. C’est une « ferme assurance » (Hé 11.1) d’une réalité, spirituelle certes, mais bien présente et actuelle. Cette assurance de participer dès maintenant à la vie de Dieu permet de nous adresser à Lui avec confiance en son écoute et en son exaucement. Le verset 15 peut être lu de deux façons différentes :
1- La première lecture du v 15 insiste sur la confiance dans la prière : « si nous savons qu’il nous écoute, nous savons (aussi) que nous possédons (présent à valeur de futur) ce que nous avons demandé ». Cela fait écho aux paroles de Jésus en Marc 11.24 : « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez (déjà !) reçu et cela vous sera accordé ». Cette prière fait totalement confiance à Dieu, sans autre restriction que d’être « selon la volonté de Dieu ». Là se pose la question de savoir ce qu’est cette volonté ! Les versets 16-17 peuvent nous donner une piste. Sachant que Dieu désire que « tous soient sauvés » (1 Tim 2.4), « qu’aucun périsse » (2 Pi 3.9), que « tous voient le Fils et aient la vie éternelle (Jn 6.39-40), que nous soyons « sanctifiés (1 The 4.3), il est évident que la prière pour la repentance et le pardon du pécheur est « selon la volonté de Dieu » et sera exaucée, pour autant que le pécheur y soit disposé. (Voir un peu plus loin le sens du « péché qui ne mène pas à la mort).
2- La seconde lecture du v 15 insiste sur la raison de notre assurance d’être écouté : « si nous savons qu’il nous écoute, nous le savons parce que nous possédons ce que nous avons demandé ». Notre assurance s’appuie sur l’expérience d’exaucements antérieurs qui fortifient notre confiance pour le présent et l’avenir.
V 16-17 : Efficacité de l’intercession
Ces versets contiennent quelques difficultés :
1- Tout d’abord, on ne sait pas quel est le sujet du verbe « donnera la vie ». Ce peut être Dieu qui par son pardon donne accès à la vie éternelle ; mais il n’est pas mentionné dans le texte. Ce peut être aussi l’intercesseur qui par sa prière permet à son frère de s’ouvrir à la repentance et au pardon de Dieu, et ainsi de recevoir la Vie de Dieu.
2- L’intercession n’est possible que pour le « péché qui ne mène pas à la mort ». De cette expression est née la doctrine, erronée bibliquement parlant, des péchés mortels opposés aux péchés véniels, comme s’il y avait une hiérarchie dans les péchés. Pour Jean « toute injustice est un péché »(v 17), c’est-à-dire une séparation d’avec Dieu. Toutefois, si elle est reconnue comme telle par le pécheur, et s’il s’en repent, Dieu par son pardon, le réintègre dans sa communion et dans la communion fraternelle. (A.Dürer : la prière)
« Le péché qui mène à la mort » serait l’équivalent de ce que Matthieu appelle « le péché contre le Saint-Esprit » (Mt 12.31-32). Ne pas vouloir recevoir les appels de l’Esprit à la repentance, refuser de reconnaître son état de pécheur devant Dieu, ignorer volontairement ou mépriser l’intercession fraternelle en sa faveur, c’est se rendre hermétique à la grâce de Dieu et au don de la Vie, c’est choisir la mort spirituelle (Dt 30.19). La prière du frère dans ce cas n’aura aucune efficacité, sans qu’il en soit lui-même responsable.
Seulement, comme nous ne connaissons pas le profond du cœur de celui pour lequel nous intercédons, nous ne pouvons pas arguer de ce constat de Jean, pour ne pas prier pour lui, ou pour le juger comme n’étant pas né de Dieu, puisqu’il pèche (v 18) !
V 18-20 : Confiance en Dieu
Trois « nous savons » scandent les motifs de confiance en Dieu.
1- « Celui qui est né de Dieu ne pèche pas » reprend le v 9 du ch 3. Il faudrait sous-entendre « ne pèche pas volontairement » : il ne désire pas s’écarter de Dieu car « la semence de Dieu demeure en lui ». De plus il jouit de la protection de « l’Engendré de Dieu» c’est-à-dire de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Les deux expressions « né de Dieu » et « engendré de Dieu » viennent de deux formes différentes d’une même racine verbale grecque. Nous ne pouvons pas faire autrement que de les traduire différemment, pour désigner d’une part le croyant devenu par la nouvelle naissance fils de Dieu, et d’autre part Jésus-Christ, Fils de Dieu (v 20 // au v 18)), seul objet de l’opposition du Malin.
2- L’enfant de Dieu sait qu’il est engagé dans un conflit spirituel, car il est dans ce monde soumis au Malin, sans être « du monde » (Jn 17.14-16). Il doit vivre selon des principes et des valeurs qui ne sont pas ceux de la majorité de son environnement, et qui provoquent à son encontre haine et violence, comme ce fut le cas pour Christ.
3- Dans ce combat, l’enfant de Dieu sait qu’il peut compter sur son Père, le seul Dieu Véritable (Jn 17.3), parce qu’Il est venu en son Fils parmi les hommes. Le verbe « venir » est à un temps (parfait grec) qui indique le résultat présent d’une action passée : le Fils est venu, et il est là ! Le croyant peut aussi compter sur Dieu parce qu’il lui a donné l’intelligence spirituelle, c’est-à-dire la perception des choses de Dieu (1 Co 2.13-14), la connaissance de la Vérité du Dieu révélé en Jésus-Christ, et la possession de la Vie éternelle par Celui qui est « chemin, vérité et Vie » (Jn 14.6).
Le troisième « Véritable » de ce verset peut s’appliquer à Dieu comme les deux premiers, ou à Jésus-Christ, dernier nommé. Jean affirmerait alors sa divinité et son union au Père (Jn 1.1).
Le verset 21 termine curieusement et abruptement l’écrit de Jean sur le mot « idoles », ignoré jusqu’alors. Ce serait comme un dernier sursaut de l’apôtre pour revenir à son sujet principal : Si l’on croit que Jésus est le Fils du Dieu Véritable, point n’est besoin de se tourner vers des idoles, de fausses images ou de fausses idées de Dieu, comme les hérétiques les propagent. Cette dernière pique de Jean contre les faux docteurs est tout-à-fait polémique ! On y reconnaît le tempérament ardent du « fils du tonnerre » ! (Marc 3.17)
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle est ma vie de prière ? Quelle place y tient l’intercession pour mes frères dans la foi ? Que signifie pour moi « prier selon la volonté de Dieu » ?
- Sur quelles expériences d’exaucements à mes intercessions en faveur des autres puis-je m’appuyer pour prier avec confiance ?
- Comment faire abstraction de tout esprit de jugement envers l’autre dans nos prières pour lui ?
- Comment éviter que de fausses images de Dieu m’induisent en erreur et m’éloignent de la connaissance du Dieu Véritable ? Comment effacer ces fausses images-idoles, et placer une pleine confiance en Celui qui est Vérité et Vie ?
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14.08.2009
Etude n°8 Vivre dans l'amour fraternel 1 Jn 3.11-24 ; 4.7-21 (22 08 09)
Etude n° 8 Vivre dans l’amour fraternel 1 Jean 3.11-24 ; 4.7-21 (22 08 09)
« Nous avons reçu de lui ce commandement : Que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1 Jn 4.21)
Observons
Les deux passages à l’étude de cette semaine se situent de part et d’autre de l’avertissement contre les antichrists, adressé par Jean aux « enfants de Dieu ». Ils vont donc préciser la caractéristique essentielle qui les différencie des « enfants du diable »(3.10) : la pratique de la justice divine s’exerce dans et par l’amour fraternel.
A. 3.11-24 : l’amour des frères
a) 11-13 : l’amour fraternel est le signe des enfants de Dieu et contraste avec la haine du monde envers eux
b) 14-15 : l’amour fraternel est le signe de la vie nouvelle en nous
c) 16-18 : Jésus-Christ est le modèle de l’amour qui se donne en action et en vérité
b’) 19-21 : l’amour fraternel est le signe de notre assurance du pardon de Dieu
a’) 22-24 : Demeurer en Dieu, c’est garder ses commandements de foi en Jésus-Christ et d’amour fraternel.

B. 4.7-21 : l’amour de Dieu
a) 7-12 : l’amour fraternel vient de Dieu qui est Amour et qui se manifeste en Jésus-Christ (v 10)
b) 13-16 : communion dans l’amour avec Dieu par l’Esprit qui habite celui qui confesse Jésus comme Fils de Dieu
a’) 17-21 : l’amour parfait en nous bannit la crainte du jugement et nous pousse à aimer les frères.
Comprenons
Le thème principal de ces deux passages est révélé par ses nombreuses répétitions : l’amour de Dieu révélé en Jésus-Christ est manifesté parmi les croyants par leur amour fraternel en action.
A. a) Jean reprend le commandement donné par Jésus à la veille de sa mort et mis en action toute sa vie (Jn 13.34 ; 15.12). Comme il a insisté sur la « justice » ou « sainteté » de la vie chrétienne (3.3-10), Jean va préciser l’expression essentielle de la sainteté : l’amour fraternel distingue les croyants dans un monde où règne la haine (v 13).
Caïn est le premier exemple de haine fraternelle meurtrière. Jean donne deux explications à cette haine :
1 : Caïn était du Malin (Jn 8.44) : mû par la jalousie, la colère et la méconnaissance de Dieu et de sa volonté, il s’est laissé dominer, malgré les encouragements de Dieu, par les impulsions criminelles de son cœur et a choisi le chemin de mort de l’Adversaire.
2 : son appartenance au Malin s’est révélée dans « ses œuvres mauvaises », alors que celles d’Abel était justes. Il s’agit ici de ce qui a précédé l’envie meurtrière de Caïn. Jean nous met sur la piste de la compréhension de la faveur de Dieu envers le sacrifice d’Abel, plutôt qu’envers Caïn (Gn 4.4-5). Abel en sacrifiant un animal vivant, sélectionné avec soin dans son troupeau, s’identifiait à cet animal et s’offrait lui-même symboliquement à Dieu ; il lui consacrait sa vie, en reconnaissance du salut que Dieu avait accompli en Eden pour ses parents et leur descendance. En les revêtant d’un habit de peau, donc d’un animal innocent sacrifié pour qu’ils puissent continuer à vivre, Dieu leur avait fait comprendre que la vie venait de Lui seul par pure grâce, et non des efforts humains, symbolisés par leur ceinture fragile et dérisoire de feuilles de figuier. Il leur donnait un signe prophétique de l’œuvre de salut qu’il accomplirait en Jésus-Christ.
Caïn, en offrant les fruits de la terre, ne s’impliquait pas lui-même, il apportait à Dieu les fruits de ses efforts de cultivateur, mais des éléments « morts », issus de la terre qui est « poussière » de mort (Gn 3.19). Caïn marquait par là sa méconnaissance du geste de Dieu, du plan de vie qu’il symbolisait. Il révélait son incrédulité, et sans doute la propre justice de son cœur, d’où sa colère devant le refus de Dieu d’agréer son offrande.
b) Dans l’histoire de ces deux frères, Jean stigmatise les deux tendances humaines face à Dieu : l’incrédulité ou la foi, la haine ou l’amour, le choix spirituel de mort ou de vie (Dt 30.15). Jésus en avait déjà averti ses disciples : les enfants de Dieu sont la cible de l’opposition des enfants du diable (Mt 5.11 ; 10.22 ; Jn 15.19 ; 17.14 ; Hé 11.36-37). L’amour fraternel devient le signe de la présence de Dieu dans le cœur du croyant, le signe de la vie nouvelle qui l’habite (v 14).
c) C’est un amour exigeant car il doit refléter l’amour inconditionnel de Jésus-Christ, qui s’est tout entier donné pour nous ses frères. Si nous prétendons être enfants de Dieu, nous ne pouvons faire moins que de le manifester concrètement par notre compassion, notre entraide, notre soutien mutuels. L’amour pour l’autre prouve la vérité de notre appartenance à ce Dieu plein d’amour, et la réalité de la transformation de vie que Dieu opère en nous.
b’ Quand l’amour de Dieu habite en nous et s’exprime concrètement envers les autres, il peut seul persuader (= apaiser) notre conscience troublée par la culpabilité, que Dieu est plus grand que l’Accusateur, et qu’Il pardonne au cœur repentant. Cet amour lui donne de l’assurance devant son jugement (4.17). Il est vrai que lorsque nous avons compris et intégré à notre vie quotidienne que Dieu est Amour (4.8,16), nous ne voyons plus le jugement avec les mêmes yeux. Il n’est plus un sujet de crainte d’une condamnation (4.18), mais un sujet de louange (Ap 11.17-18 ; 14.7), pour la libération, la réhabilitation que Dieu opère pour l’enfant de Dieu (Voir l’histoire symbolique de la vraie mère dans le jugement de Salomon, que l’on peut considérer comme le « type » du jugement de Dieu, 1 Rois 3.16-28).
Quand Jean ajoute que « Dieu est plus grand que notre cœur et connaît toutes choses », il veut exprimer que si nous sommes bourrelés de remords et de doutes sur son pardon, si nous oublions les délivrances et les grâces reçues, Dieu, Lui, voit notre vie entière, passé, présent, futur, les victoires qu’il nous a permises et qu'il nous permettra de remporter sur les tentations et les échecs ( Rm 8.37). Il connaît le plan de vie qu’Il a pour nous et la puissance qu’il mettra en œuvre pour le réaliser malgré et dans notre faiblesse (2 Co 12.9). Nous pouvons avoir confiance en lui et en appeler à sa connaissance parfaite de notre cœur et de notre amour pour Lui, exprimé dans notre amour pour les frères (3.17-18).
a’) A la fin de ce passage du chapitre 3, Jean revient sur l’observation des commandements et sur la sainteté des enfants de Dieu. L’enchaînement entre l’amour et les commandements se fait naturellement avec l’arrière-plan de la parole de Jésus (Mt 22..37-39) qui résume la Loi dans l’amour de Dieu et du prochain. L’Esprit qui habite le cœur du croyant le pousse à croire et aimer Jésus comme Fils de Dieu, et à manifester sa foi par l’amour des frères.
B. 4 .7-21
On croirait le sujet terminé, mais non ! Jean l’a tellement à cœur qu’il le reprend après une brève parenthèse sur les faux enseignements dans l’Eglise, qui dénaturent la personne de Christ. Celui qui est né de Dieu, Le connaît comme un Dieu d’amour qui s’est manifesté en Jésus-Christ et a donné sa vie (v 8-9) pour effacer ses péchés et rétablir la communion avec le pécheur pardonné, dans l’amour (v 15-16).
L’amour pour Dieu n’est pas un mérite dont nous pouvons nous prévaloir devant Lui, en disant par exemple selon un air bien connu (Luc 18-11-12) : « Seigneur, vois combien je t’aime, je donne ma dîme, j’observe tes commandements et surtout celui du sabbat, je parle de toi autour de moi…Je ne suis pas comme ceux du monde ! » L’amour pour Dieu qui se révèle dans l’amour pour les autres (v 20-21) est une réponse à l’amour que Dieu nous a manifesté le premier, avant même notre conversion (v 19 ; Rm 5.8).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelles sont mes réactions lorsque je prends conscience d’une erreur, d’une rancune, d’une jalousie, ou de la propre-justice qui habitent mon cœur, me culpabilisent et troublent ma foi ? Sur quelles promesses de la Parole puis-je m’appuyer pour retrouver l’assurance de l’amour inconditionnel de Dieu pour moi ?
- Comment manifester concrètement ma foi en un Dieu d’amour ? (Dîme, offrandes, compassion, solidarité dans et hors de l’Eglise avec ceux qui souffrent, intercessions, louanges…)
- Quel frère ou sœur de mon église aurait besoin d’une manifestation d’amour fraternel gratuit de ma part ? Comment lui ferai-je percevoir que je l’aime comme Dieu l’aime ?
- Comment puis-je contribuer à créer et entretenir un esprit d’amour fraternel et de pardon dans ma communauté ?
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07.08.2009
Etude n°7 Vivre en enfants de Dieu
Etude n°7 : Vivre en enfants de Dieu, dans la justice. 1 Jean 3.1-10 
« Quiconque a cette espérance en lui se purifie comme lui (le Seigneur) est pur. »(3)
Observons
a) 2.29-3.2 : Transition : Naître du Dieu Juste, c’est devenir enfants de Dieu
b) 3.3-6 : l’enfant de Dieu qui demeure en Lui ne pèche pas
a’) 3.7-10 : Celui qui est né de Dieu pratique la justice.
Les répétitions et les oppositions, spécifiques à chaque paragraphe, permettent d’en déterminer le thème et les enchaînements du raisonnement.
a) enfants de Dieu (2x), manifester (2x) savoir, (re)connaître (4x)
b) péché (6x) = violation de la loi (2x) # pur, purifier
a’) justice, juste (3x au v 7, 1x au v 10), pratiquer la justice # commettre le péché, enfants nés de Dieu # enfants nés du diable, semence de Dieu # œuvres du diable.
Comprenons
Jean aborde ici la deuxième boucle en trois étapes de son épître (voir Etude n°1). Cette boucle a pour thème le Dieu Juste. Notre texte en constitue la première étape : les enfants de Dieu pratiquent la « justice ». Il permet de définir le sens du mot « justice » en l’opposant au péché des enfants du diable.
a) Les versets 28-29 qui terminent le chapitre 2 servent de transition entre les deux boucles. A partir de l’assurance que les croyants en Jésus-Christ peuvent avoir devant Dieu à son avènement, qui évoque en arrière-plan l’idée du jugement, Jean procède par association d’idées sans se préoccuper de donner tous les enchaînements logiques, et passe à l’idée de la justice de Dieu pratiquée par le croyant. On aurait tendance à comprendre le terme de « justice » dans un sens juridique de rendre la justice en condamnant le coupable. Or le verbe grec « dikaiô » employé ici a d’abord le sens de « rendre juste, regarder comme juste ».
C’est ce que Dieu fait par Jésus-Christ : il regarde le pécheur repentant à travers l’œuvre de Jésus-Christ le Juste, accomplie sur la croix pour son salut. Dieu le considère comme un fils pardonné, libéré et purifié de son péché. Lorsque le pécheur reconnaît la nature sans péché de Jésus mort pour lui et son action justificatrice en lui, il devient un autre homme, il renaît à une nouvelle vie, celle d’un enfant de Dieu qui pratique la « justice » de Dieu, la sainteté de Dieu, selon la promesse divine : « vous serez saints car je suis saint » (Lév 11.45 ; 1 Pi 1.15-16).
Dans le premier paragraphe du chapitre 3, Jean s’attarde sur la notion "d’enfants de Dieu" , qui est pour lui plus qu’une idée ; c’est une réalité qu’on perçoit pour le moment partiellement et à travers l’opposition qu’elle suscite de la part de ceux qui ne connaissent pas Dieu. On retrouve ici la pensée de Paul (1 Co 2.12-14). La réalité de la filiation avec Dieu apparaîtra dans sa plénitude et sa vérité, au moment où Dieu nous aura transformés et purifiés à son image, pour nous permettre d’être éternellement avec Lui (v 2 ; Rm 8.29 ; 1Co 15.49 ; Phi 3.21).
b) Dans la seconde étape de notre texte (v 3-6), l’espérance d’être semblable au Seigneur Juste = Pur, sans péché, soutient la vie du croyant, qui cherche à lui ressembler dès maintenant dans son comportement (2 Co 7.1 ; 2 Pi 3.13-14). Car être enfants de Dieu est incompatible avec l’œuvre du diable, avec le péché qui est transgression de la loi divine. La pratique de la justice est à entendre au sens spirituel de sanctification après la purification (= l’effacement du péché, la mort du vieil homme) au moment de la nouvelle naissance. L’œuvre de l’Esprit qui dure toute la vie terrestre du croyant consiste à le transformer « de gloire en gloire » à l’image du Seigneur, le Juste (v 3 ; 2 Co 3.18), et à le faire marcher dans « la justesse », c’est-à-dire dans une pratique adéquate à la volonté de Dieu.
En utilisant l’expression « se purifier », Jean ne veut pas dire que c’est l’œuvre du pécheur par lui-même, mais il fait allusion aux rites juifs de la Pâque, où les fidèles montaient à Jérusalem afin de « se purifier » (Jn 11.55). Comme le fidèle juif s’approchait physiquement du sanctuaire terrestre, et participait aux sacrifices de la Pâque pour commémorer la libération de l’esclavage en Egypte, le croyant chrétien s’approche du vrai sanctuaire spirituel que la Parole de Dieu révèle être Jésus-Christ, et participe dans la Cène, ou par son renoncement à lui-même, à son sacrifice sur la croix (Jn 17.17, 19 ; 1 Jn 1.7c).
Se purifier implique une démarche volontaire d’abandon de son vieil homme, « des pensées funestes »(Jér 4.14), « des souillures de la chair et de l’esprit (2 Co 7.1), de tous les obstacles, physiques, psychiques ou spirituels, à la communion intime avec Dieu (Jc 4.8). Cet abandon dans la repentance permet au Seigneur d’agir par l’Esprit dans le cœur, par son pardon il le rend juste et pur, c’est-à-dire entiers, sans mélange dans la foi et le service de Dieu (Ez 26.25 ; Mal 3.3 ; Hé 9.14).
Les versets 4-6 concernant le péché qui est violation de la loi, aveuglement et ignorance de Jésus-Christ, encadrent la référence au Seigneur sans péché qui est apparu comme l’Agneau de Dieu pour « ôter le péché du monde » (Jn 1.29). Nous trouvons encore là une allusion à la Pâque ! Seul Jésus-Christ qui a porté les péchés du monde sur la croix, peut accomplir cette œuvre de libération, de purification du péché, et de justification du pécheur (1 Jn 1.9).
Il y a incompatibilité absolue entre la communion avec Dieu en Jésus-Christ et le péché (Mt 7.23), puisque Dieu a clairement défini sa volonté pour l’homme en lui donnant sa Loi, ou sa Parole. En enfreignant volontairement la Parole divine, on se positionne contre Dieu, on ne le « connaît » plus, on est du « diable » (v 8).
a’) La troisième étape nous paraît absolue et en contradiction avec les paroles de Paul (Rm 3.23) : « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », ou mieux avec les propos de Jean lui-même au chapitre 1.8 ! En fait, Jean veut prévenir l’enfant de Dieu de l’illusion ou de la séduction de croire que la vie pratique est indépendante de la foi, comme l’enseignaient les faux docteurs de son époque. Si on professe la foi en Jésus-Christ, on ne peut pas choisir de vivre n’importe quoi. Si Dieu demeure réellement dans le cœur du croyant né de Dieu, animé de son Esprit (v 9), Dieu agit en lui, détruit en lui les œuvres du diable (Rm 6.6-11) et lui permet de grandir dans sa justice (= sa sainteté),
de pratiquer sa volonté comme Christ a marché lui-même (1 Jn 2.6), d’être libéré de l’empire du péché par la puissance de vie (= la semence) de Dieu en lui.
Jean ajoute à la fin de ce paragraphe un élément nouveau : pratiquer la justice, marcher comme enfants de Dieu dans la sainteté de Dieu, s’exprime par l’amour fraternel ! Ce sera le développement suivant.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelles conséquences ont dans ma vie l’assurance d’être enfant de Dieu et l’espérance de lui ressembler ?
- Dans quelles circonstances ai-je pu expérimenter la puissance de vie et de régénération de la présence de Dieu en moi ?
- Comment cette puissance agit-elle dans mon église ?
- Comment se manifestent notre désir de ressembler à Christ, notre pratique de la « justice », et notre « sanctification », en dehors d’une observance littérale à la Loi, trop souvent encore résumée dans l’obéissance au sabbat ou dans les pratiques alimentaires ?
- Comment faire grandir « la semence » que Dieu a déposée en mon cœur par sa Parole ?
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31.07.2009
Etude n°6 Rejeter les antichrists 1Jn 2.18-29 ; 4.1-6 (08 08 09)
Etude n°6 : Marcher dans la lumière : Rejeter les antichrists, 1 Jn 2.18-29 ; 4.1-6
(08 08 09)
2.23 : « Quiconque nie le Fils, n’a pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils a aussi le Père ».
4.2-3 : « Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas Jésus, n’est pas de Dieu, c’est celui de l’Antichrist ».
Observons
2.18-19 : les antichrists parmi les croyants prouvent la venue des derniers temps.
20-21 : Ceux qui connaissent la vérité sont préservés par l’Esprit du mensonge de
l’antichrist.
22-25 : Exhortation à demeurer dans la vérité en communion avec le Fils, Jésus-
Christ.
26-29 : L’onction de l’Esprit préserve le croyant du mensonge et de l’injustice, et lui
donne de l’assurance devant Dieu pour le jour de son avènement.
4.1-6 : a) 1-3 : Exhortation à éprouver les esprits, agents de l’Antichrist qui ne
reconnaît pas Jésus comme incarnation de Dieu.
b) 4-6 : Les enfants de Dieu, animés de l’Esprit de vérité sont vainqueurs des
enfants du monde, animés de l’esprit de l’erreur.
Comprenons
Les deux passages sont parallèles et encadrent, en violent contraste, un développement sur les enfants de Dieu (que nous étudierons la semaine prochaine). On retrouve dans les deux passages les thèmes de l’Antichrist, de la vérité et du mensonge, de la nature de Christ, de l’Esprit de Dieu protégeant le croyant de l’erreur.
Nous sommes dans la quatrième partie de la première grande boucle de la lettre (voir l’étude n°1), consacrée à la marche dans la lumière de Dieu. Après un développement sur le renoncement au monde, Jean aborde le second aspect positif de la marche dans la lumière : l’Esprit de Dieu permet de résister aux mensonges de l’Antichrist.
V 18 : ce verset s’enchaîne tout naturellement au v 17, sur l’idée du monde qui passe et va à sa fin. Jean se remémore les paroles de Jésus annonçant pour les derniers temps la prolifération de faux prophètes (Mt 24.11,23-24), ou les paroles de Paul au sujet de « l’homme d’iniquité, le fils de perdition, l’impie (2 Th 2.3-4), dont la venue se produira « par la puissance de Satan, avec des prodiges mensongers pour ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » ( 2 Th 2.9-10).
La "dernière heure" pour les deux apôtres, assurés de voir revenir le Christ de leur vivant, est marquée par ces attaques de l’Adversaire du Christ, l’Antichrist (anti = contre, différent de ante = avant). Cet adversaire qui dans les derniers temps, sera la personnification, symbolisée par la Babylone de l’Apocalypse (Ap 17), de toutes les puissances ennemies de Christ et prétendra même être le Christ (2 Th 2.4), se manifeste déjà tout au long de l’histoire de l’Eglise, dans l’esprit de mensonge et les appétits de pouvoir de faux docteurs, issus de l’Eglise (v 19).
Une sorte de tri s’opère parmi ceux qui se disent chrétiens afin de manifester qui est de Dieu et qui ne l’est pas. Ce tri s’effectue sur la question de la nature de Christ (2.22-23 ; 4.2) qui est au centre de ces deux passages de l’épître.
On pense au jugement de Salomon (1 Rois 4) qui dévoile la vraie mère sur la manifestation de son amour pour le Fils. Ce récit historique est le « type » du jugement préliminaire que Jésus a évoqué dans la parabole des dix vierges (Mt 25.1-13), dans ses exhortations à la vigilance, car « l’un sera pris et l’autre laissé (Mt 24.40-42), et dans ses avertissements à ceux qui disent « Seigneur, Seigneur », mais qui ne font pas la volonté de Dieu (Mt 7.21).
Dans l’Apocalypse (ch 6-7), Jean relatera la vision de ce tri préliminaire au retour de Christ, où les uns « se cacheront de terreur devant la colère de Dieu et de l’Agneau », tandis que les autres seront scellés du sceau de l’Esprit pour subsister dans la grande épreuve de leur foi. Là encore c’est la reconnaissance ou le refus de Jésus comme Agneau de Dieu, ayant donné volontairement sa vie pour le salut du monde, qui fera la différence pour entrer dans le royaume ou non.
A l’époque de Jean, l’hérésie gnostique appelée le docétisme, prétendait que le Christ n’aurait eu qu’une apparence immatérielle humaine, comme un fantôme. Christ n’aurait pas souffert réellement, ni ne serait mort physiquement. Le docétisme en arrivait à la conclusion que la foi était séparée de la vie pratique, que le salut consistait à se délivrer du corps charnel, considéré comme mauvais, par l’ascétisme, puis par la mort pour libérer l’esprit, seul digne de la vie éternelle. Cette hérésie, influencée par la conception dualiste platonicienne de l’homme, s’est conservée sous des formes diverses dans bien des dénominations chrétiennes ou non. En refusant la double nature, humaine et divine, de Jésus, on est conduit à refuser le projet de salut de Dieu, qui s’incarne en Jésus-Christ, Sauveur, Médiateur et seul chemin vers la vie éternelle (Jn 14.6,9).
V 20 et 27 : Pour Jean comme pour Paul, l’onction de l’Esprit reçue au baptême, permet au croyant de rester ferme dans sa foi en l’Evangile annoncé dès le début par les apôtres, et de demeurer dans la communion du Dieu incarné en son Fils, Jésus-Christ (v 24), communion qui s’épanouira dans la vie éternelle (v 25 ; Jn 3.15 ; 6.40 ; 10.28 ; 17.2). Le Saint-Esprit promis par Jésus (Jn 16.7-13) conduit véritablement le croyant dans « toute la vérité », et exclut tout autre maître spirituel, qui ne peut être que mensonger s’il ne s’appuie pas sur toutes les Ecritures entendues dès le commencement.
V 24 : Jean ne prêche pas la fidélité à une « tradition », aux doctrines formulées et enseignées par les hommes, car ceux-ci, étant du monde » (4.5), tordent le sens de la Parole pour leur propre perdition (2 Pi 3.16). Jean ne demande pas non plus la fidélité à la lettre des Ecritures, car comme Paul l’a proclamé « le lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Co 3.6). Lire la Bible sans l’aide de l’Esprit, c’est se condamner à l’incompréhension des choses de Dieu (1 Co 2.12-14), à la séduction des mensonges des faux prophètes humains (v 26) et finalement à la confusion lors du retour de Christ (v 28).
Demeurer dans l’onction de l’Esprit, c’est donc rester attentif à ses enseignements dans l’ensemble de la Parole de Dieu, car « toute Ecriture est inspirée de Dieu » qui ne peut se contredire. L’Esprit permet de l’interpréter « selon l’analogie de la foi » (Rm 12b), soit en accord avec la foi des autres prophètes, car « l’esprit des prophètes est soumis aux prophètes » (1 Co 14.32) Cela implique de la part du croyant recherche de la connaissance des Ecritures, persévérance dans leur étude, et désir de leur obéir. En effet, demeurer en Dieu et en son Fils, c’est incarner les enseignements de la Parole, les vivre au quotidien, expérimenter la vérité des promesses divines. Marcher ainsi dans la lumière de Dieu est le seul moyen de discerner et de rejeter les faux enseignements du monde (4.1).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle importance a pour moi et pour l’Eglise la foi en Jésus-Christ, Fils incarné de Dieu ? Qu’est-ce que cela change dans ma vie concrète ? Essayons de répondre avec précision, pour pouvoir rester fermes dans la foi, face aux nombreuses opinions contraires sur Jésus : à notre époque on le considère soit comme un homme sage et bon, victime de la méchanceté humaine, mais exemple à suivre pour gagner la possibilité d’une autre vie meilleure, soit comme un Dieu lointain qu’on ne peut atteindre qu’en passant par des intermédiaires humains (Vierge, saints, prêtres, directeurs de conscience…)
- Comment entretenir notre relation à l’Esprit de Dieu et saisir toutes les bénédictions de son onction ?
- Comment discerner les faux enseignements que l’Esprit doit encore évacuer de mon esprit et de ma pratique ? par exemple au sujet de la fidélité aux Ecrits, ou aux pionniers, au sujet de l’observation des commandements, de l’identité adventiste (voir G. Knight : A la recherche d’une identité), au sujet du salut par Christ seul, des coutumes religieuses ou superstitieuses de ma culture, au sujet de la mort et de la résurrection ?
- Comment incarner le Fils dans ma vie pour être une « lettre pour les autres de la part de Dieu » (2 Co 3.3) ?
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24.07.2009
Etude n°5 Renoncer au monde 1 Jn 2.12-17 (01 08 09)
Étude n°5 : Renoncer au monde 1 Jean 2.12-17 (01/08/09)
(Caravane dans la lumière de Yann Arthus-Bertrand)
OBSERVONS
Le contexte
Nous sommes toujours dans la première grande boucle : Dieu est lumière, développée en quatre étapes. Ce passage constitue la troisième étape de cette boucle (voir l’étude n°1).
Si Dieu est Lumière, il nous demande de :
renoncer au péché (1.5-2.2)
obéir aux commandements (2.3-11)
ne pas aimer le monde (2.12-17)
demeurer fidèles à la doctrine reçue (2.18-28)
Le texte
Deux parties bien délimitées par le vocabulaire et les répétitions
A) 1- la connaissance de Dieu (v 12-14) :
être pardonné à cause de son nom
connaître (3 x) Celui qui est dès le commencement (2 x)
Son nom, le Père, la Parole de Dieu
vaincre le malin (2 x), être forts
être la demeure de la Parole de Dieu.
2- l'adresse : petits enfants (2x) pères (2x), jeunes gens (2x)
3- l'auteur de la lettre : Je vous écris, je vous ai écrit.
B) l'amour du monde opposé à l'amour du Père (v 15-17)
Au centre de cette partie consacrée au monde, une définition du monde qui n’est que convoitise (3x) et orgueil
À la fin (v 17), un parallélisme en opposition : Le monde qui passe est opposé à l'éternité de celui qui fait la volonté de Dieu.
Comprenons
Première partie (12-14)
En interpellant les « petits enfants », les « pères », et les « jeunes gens », Jean s'adresse à l'Église tout entière, en tenant compte de l'âge spirituel plus que de l'âge naturel de ses membres. Les petits enfants seraient donc ceux qui viennent d'entrer dans la communauté, les pères seraient ceux qui ont une longue expérience de la foi, et les jeunes gens ceux qui dans la maturité de la foi, expérimentent le combat spirituel quotidien.
La répétition insistante du verbe « connaître », sa place au centre de la première (v 12-13b) et de la seconde strophe (13c-14), en font le mot clé de cette première partie ; autour de ce verbe gravitent les deux notions de pardon et de victoire.
Quel est l'objet de la connaissance ? « Celui qui est au commencement », à l'origine de la Création et de la foi, le « Père », dont le « nom »(12) et la « Parole »(14) révèlent le pardon et la victoire sur le Malin.
La première étape dans la connaissance du Père est de croire au pardon qu'il offre en Jésus, le porteur de son nom (Arcabas : Le Fils prodigue accueilli par le Père).
Par ce verset 12, Jean reprend le développement du verset 2. Accepter le pardon de ses péchés fait accéder à la connaissance du Père « Nul ne vient au Père que par moi » dit Jésus (Jean 14.6) et « celui qui m'a vu, a vu le Père » (Jn 14.9).
Cette connaissance n'est pas intellectuelle, mais c'est une expérience intime mutuelle, à l'exemple de l'union physique des époux. C'est pourquoi Jean s'adresse aux « pères » pour en parler, car comme ils expérimentent humainement l’union conjugale, ils ont spirituellement l'expérience profonde de la communion avec Dieu au fil des jours.
Cette connaissance du Père se fonde sur l'oeuvre de pardon du Christ (« à cause de son nom ») sur laquelle la « Parole de Dieu », pour nous la Bible, nous informe. Lorsque la Parole de Dieu (citée au centre d'un parallélisme : « vous êtes forts, vous avez vaincu) pénètre en nous, pas seulement au niveau intellectuel, mais dans tout notre être, lorsqu’elle « demeure en nous », elle nous donne l’assurance du pardon, et par conséquent la force et la victoire dans les combats de la vie spirituelle.
Cette première partie peut se schématiser ainsi :
Acceptation du pardon en Jésus - Connaissance du Père - Parole de Dieu en nous - force et victoire sur le malin.
Seconde partie (15-17)
On comprend mieux pourquoi Jean a tenu ces propos précédents : sans la connaissance intime de Dieu, comment résister aux influences négatives du monde, royaume du malin ? Le « monde » répété 6 fois (chiffre 6, symbole de la faiblesse humaine en comparaison au chiffre 7, symbole de la plénitude divine) n'est évidemment pas compris comme l'univers ou la nature, ou même l'humanité, qui ont été créés par Dieu et sont l'objet de son attention et de son amour (Jn 3.16). Il désigne ici tout ce qui est contraire à l'amour du Père (v 15). Jean le précise tout de suite au v 16 : convoitise de la chair, des yeux, orgueil de la vie. Ce sont des notions psychologiques, morales, spirituelles. Ce sont des « puissances » internes et externes à notre coeur, qui cherchent à satisfaire notre nature charnelle sans Dieu, et à nous séparer de Dieu.
La « convoitise de la chair » désigne toutes les pulsions internes qui nous font désirer insatiablement la jouissance de nos sens et l'épanouissement d'abord de notre « moi ». C'est un état d'esprit qui conduit à toutes les insatisfactions, les jalousies et les critiques, car le coeur est vide de « l'amour de Dieu ».
La « convoitise des yeux » est à l'origine de la convoitise de la chair, par le moyen de la vue. Elle est excitée par ce qui règne à l'extérieur de nous. Le dixième commandement (Ex 20.17) donne une liste des biens qui peuvent susciter cette convoitise. On s'aperçoit que ces biens, personnes, animaux ou objets extérieurs à nous, ne sont pas en eux-mêmes mauvais, mais c'est la façon dont on les regarde qui devient mauvaise, lorsque le regard n'est pas contrôlé par une volonté responsable et par l'amour de Dieu.
« L'orgueil de la vie » est la conséquence de la satisfaction de ces deux convoitises. Le coeur en tire vanité, assurance, vantardise, orgueil. L'homme met sur un piédestal ses capacités, sa réussite, et en s'adorant lui-même sert le malin.
On s'aperçoit alors que ce que Jean désigne par le « monde » n'a rien de matériel, qu'il est essentiellement spirituel : c'est l'état d'esprit qui préside à tout ce qui se passe de Dieu. Dans la tentation en Éden, et dans celle de Jésus au début de son ministère, on retrouve ces trois convoitises mondaines.
Le verset 17 insiste sur deux points en les opposant : Le monde est éphémère, Dieu est éternel.
Entre les deux, l'homme doit choisir son avenir : faire la volonté de Dieu, c'est participer à son éternité, puisque « la parole de Dieu demeure » dans le coeur de celui qui se laisse remplir par l'amour et la lumière de Dieu.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Sur quoi repose ma « connaissance de Dieu »? Sur mes émotions, ma participation aux assemblées de I'Eglise, mon action auprès des autres, mon étude de la Bible, ma ferveur dans la prière, l’exaucement de mes prières ?
- La remise de mes péchés dépend-elle de ce que je fais ou de ce que Jésus a fait pour moi?
- Comment est-ce que je lutte contre le mauvais ? Où vais-je chercher la force d'être victorieux : dans le souvenir de mes précédentes victoires, dans l'exemple d'autres chrétiens, dans l'obéissance scrupuleuse aux lois divines, dans l'affirmation des principes de ma foi, dans le retrait à l'écart du danger que représente la confrontation avec les autres, dans la prière et la méditation de la Parole, dans la confiance dans les promesses de Dieu ?
- Comment mieux maîtriser mes pulsions et envies intérieures qui m’écartent de Dieu?
Comment devenir plus résistant aux influences et suggestions mauvaises qui me viennent de l'extérieur ?
- Quelle est la limite entre la nécessaire confiance en soi et la prétention qui s'oppose à Dieu ?
- Quelle place tiennent les valeurs éternelles dans ma vie quotidienne ?
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17.07.2009
Etude n°4 Garder ses commandements (25 07 09)
Etude n°4 : Marcher dans la lumière : garder ses commandements 1 Jn 2.3-11 (25 07 09)
(Caravane dans la lumière de Yann Arthus-Bertrand)
« A ceci nous reconnaissons que nous l’avons connu : si nous gardons ses commandements » 1Jn 2.3
Observons
Après avoir annoncé le but de sa lettre, à savoir la communion avec le Père, Dieu de Lumière et le Fils, purificateur et avocat, Jean précise comment marcher dans la lumière.
3-6 : l’observation des commandements prouve la présence de l’amour de Christ en nous
7-8 : le commandement d’amour fraternel est à la fois ancien et nouveau
9-11 : marcher dans l’amour fraternel, c’est marcher dans la lumière.
Répétitions
3-6 : connaître (2x) reconnaître (2x) garder (3x), être ou demeurer en Christ (2x) commandements ou parole (3x)
7-11 : commandements (4x) lumière associée à amour # ténèbres, associées à haine et aveuglement (3x).
La répétition sept fois en tout du mot commandement, permet d’y voir le thème essentiel de ce passage.
Comprenons
Notre passage constitue la seconde étape de la première boucle de l’épître ; il aborde l’aspect positif de la marche dans la lumière : l’obéissance aux commandements (voir l’étude n°1).
3-6 : Preuve de l’amour de Dieu en nous
En employant le verbe « connaître », Jean ne veut pas parler d’une connaissance intellectuelle et théorique, mais comme dans toute la Bible, ce verbe est synonyme de « communier intimement, à l’image de l’union du couple : le mari « connaît » sa femme et engendre un enfant (Gn 4.1). La connaissance de Christ est donc une expérience du cœur qui se laisse pénétrer par son amour et se manifeste dans des actes d’amour pour le prochain. Etre en lui (4-5), demeurer en Lui et marcher comme Lui (6) dans l’obéissance à la Parole, ou aux commandements de Dieu, rend visible notre communion avec Dieu. La vie chrétienne pour Jean est une démonstration de l’amour de Dieu qui habite le cœur du croyant et le pousse à marcher selon sa volonté. On ne peut pas se dire chrétien, prétendre être en communion avec Dieu, si sa Parole n’a pas transformé notre façon de vivre, si nos actes et notre attitude ne prouvent pas concrètement la vérité de notre profession de foi, et la bonté de la volonté de Dieu qui nous inspire.
7-8 : Commandement ancien et nouveau
Dans la deuxième partie de ce passage, Jean développe ce qu’est le commandement dont il veut parler. En le désignant comme nouveau, Jean se rappelle les paroles de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jn 13.34 ; 15.12). Mais Jésus ne faisait que reprendre un commandement ancien donné à Moïse (Lév 19.18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».
Le commandement ancien de l’amour du prochain est renouvelé par Jésus, comme Jean réactualise dans la mémoire de ses destinataires le commandement de Jésus, qu’ils avaient connu dès le commencement de leur vie chrétienne (v 7). Ce commandement redevient nouveau pour eux, au fur et à mesure que les ténèbres de leur vie, leur haine et leur aveuglement spirituel diminuent et disparaissent, au fur et à mesure que la lumière de Christ éclaire leur être intérieur et les conduit dans l’amour de Dieu (9-11).
Certains pensent que le commandement nouveau est celui qui est exprimé au v 6 : « marcher comme il a vécu ». Pourtant au v 8, Jean semble pencher pour la première interprétation : « ceci est vrai pour (ou en) Lui et pour (ou en) vous ». Le commandement d’amour du prochain énoncé dans l’Ancien Testament a été renouvelé par Christ qui l’a mis en pratique ; ce commandement ancien pour le croyant converti se renouvelle chaque jour dans son vécu grâce à la lumière de Christ. La communion avec Lui change son cœur et le fait passer peu à peu des ténèbres de la haine aveugle, à la lumière de l’amour vrai pour les autres.
9-11 : Aimer, c’est marcher dans la lumière
En trois versets, Jean définit à la fois ce qu’est la marche dans la lumière et l’observation des commandements. Deux versets précisent ce que représentent les ténèbres, haine (9) et aveuglement (11) qui provoquent la chute et l’égarement. Au centre et en opposition à ces deux versets, amour, marche dans la lumière et la fermeté de la foi, caractérisent celui qui est en communion avec Dieu. Celui-ci est préservé de tomber lui-même, de s’égarer, ou d’être une occasion de chute pour les autres.
Ainsi nous voyons que Jean, après un détour sur le renoncement au péché, puis sur la marche dans l’obéissance à la parole, revient au thème de la lumière opposée aux ténèbres, par lequel il avait débuté sa lettre (v 5-6) et même son Evangile ! La boucle semble bouclée, pourtant une autre étape, à nouveau négative, va apparaître : marcher dans la lumière, c’est ne pas aimer le monde ! (voir l’étude n°1). Ce sera le sujet de l’étude de la semaine prochaine.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Que signifie dans ce texte « la garde des commandements » ? Dans quel état d’esprit se fait-elle : pour gagner son salut, pour devenir saint, pour plaire à Dieu ou s’attirer sa faveur, pour vivre en vrai témoin de Christ ?
- Quel aveuglement sur mon cœur, quelle haine cachée, quelle rancune tenace, obscurcissent ma marche avec Christ, et font obstacle à la communion d’amour avec lui et avec les frères dans la foi ?
- Comment faire concrètement du commandement d’amour un commandement nouveau pour moi et pour mon église ? A qui (croyant ou incroyant) puis-je aujourd’hui manifester un geste d’amour de la part de Dieu ? (Illustration : guérison d’un sourd-muet)
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10.07.2009
Etude n°3 Se détourner du péché 1 Jn 1.5-2.2 (18 07 09)
Etude n°3 : Marcher dans la lumière : se détourner du péché 1 Jn 1.5 à 2.2 (18 07 09)
(Yann Arthus-Bertrand : Caravane dans la lumière) 
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice » (I Jean 1.9)
Observons
Le vocabulaire employé fait apparaître deux thèmes opposés :
Marcher dans la lumière (3x) opposé à marcher dans les ténèbres (2x)
Vérité (2x) ‘’ mensonge, séduction, (3x)
Purification (2x) ‘’ injustice
Pardon ‘’ péché (7x)
Jésus est présenté comme lumière, fidèle et juste (2x), purificateur du péché par son sang, victime expiatoire ou plutôt propitiation, avocat auprès du Père.
Essai de structure
V 5-7 : marcher dans la lumière apporte un double bienfait : la communion fraternelle et la purification des péchés par le sacrifice de Jésus (v 7)
V 8-10 : Importance de la confession des péchés (3x)
2.1-2 : Jésus avocat et propitiation pour les péchés du monde.
Comprenons
Nous sommes ici dans la première étape de la première boucle de l’épître qui concerne la marche dans la lumière (voir l’étude n°1 où le plan de la lettre est détaillé). La recommandation de Jean est négative : marcher dans la lumière c’est d’abord renoncer au péché.
V 5-7 : Bienfaits de la marche dans la lumière : Le message que veut transmettre l’apôtre Jean lui a été confié par Christ lui-même, révélateur du Père. Ce message a pour but comme il vient de le dire (v 3) d’amener ses lecteurs à la communion avec Dieu Père et Fils. Pour être dans cette communion, il est nécessaire de saisir quelle est la nature de Dieu : Il est lumière. Jésus a été la manifestation visible de cette lumière dans le monde plongé dans les ténèbres de l’ignorance, de la méconnaissance et de la séparation d’avec Dieu, donc de la mort. (Jn 1.4-5, 9-13).
Qui dit lumière, dit vie, mouvement et croissance, révélation et discernement de la vérité et de la réalité. Celui qui marche dans la lumière de Dieu avec le Christ est pénétré peu à peu de cette lumière qui l’éclaire (Jn 1.9) ; il se trouve en communion avec les autres enfants de Dieu. Il devient lui-même reflet de cette lumière de Christ, pour éclairer ceux qui sont encore dans les ténèbres (Mt 5.14 ; Jn 3.21 ; 12.36 ; Eph 5.8 ; Phi 2.15).
Marcher dans les ténèbres, c’est se mentir à soi-même (v 6), sur son état et sur sa relation à Dieu. Ce n’est pas tomber involontairement dans le péché, car nul ne pourrait alors être en communion avec Dieu puisque « tous pèchent »(Rm 3.23). Marcher dans les ténèbres, c’est se soustraire volontairement à la lumière de Dieu (Jn 3.19-20), en préférant cacher ce qu’il y a de mauvais en son être ou en ses actes, pour paraître ce qu’on n’est pas, ou conserver l’admiration des autres et l’emprise sur eux.
En contraste, marcher dans la lumière consiste à amener sous le regard de Jésus notre être tout entier et nos actes, c’est reconnaître la vérité de notre séparation d’avec Dieu, de notre manque d’attention et d’amour pour l’autre, qui brisent notre communion avec lui. Cette marche dans la lumière est possible à celui qui croit en la valeur et l’action puissante et permanente du sacrifice de Christ qui a donné sa vie (son sang) sur la croix pour effacer ses fautes (v 7 et 2.2). Cet acte unique, le croyant se l’est approprié à sa conversion, où ses fautes passées ont été effacées, mais il continue chaque jour à se l’approprier pour recevoir le pardon des fautes qu’il continue à commettre dans sa faiblesse naturelle.
V 8-10 : Importance de la confession des péchés :
Reconnaître avec humilité son état devant Dieu, permet à Christ de rendre efficace le don de sa vie et son pardon, et de purifier et sanctifier l’être tout entier. Christ est toujours prêt à effacer nos fautes, à les pardonner, et à nous rendre purs, c’est-à-dire tout entiers habités de son Esprit pour le servir. Sa fidélité et sa justice (Ce mot, en hébreu « tsedaka », appliqué à Dieu est de signification très vaste et recouvre toutes les notions suivantes : état de sainteté, respect des droits humains instaurés par lui-même, adéquation de ses actes aux situations, respect de ses engagements et de ses promesses vis-à-vis de son peuple) procèdent de la disposition d’amour inconditionnel de Dieu envers ses créatures. Pour que l’homme en bénéficie pleinement, il est nécessaire qu’il en reconnaisse son besoin et son incapacité à vivre par lui-même dans la sainteté, la vérité et la lumière. Le chrétien ne peut pas se prétendre parvenu à la sainteté, ce serait estimer n’avoir plus besoin de Christ, et faire mentir Dieu quand il affirme que « sans lui, nous ne pouvons rien faire » (Jn 15.4-5).
V 2.1-2 : Jésus avocat et propitiation
Jean considère avec tendresse ses destinataires comme « ses petits enfants » : l’apôtre âgé, dernier survivant du groupe qui a partagé le ministère terrestre de Jésus, s’adresse aux seconde et troisième générations de disciples pour leur transmettre le message qui lui semble le plus important. C’est un peu son testament à ses descendants !
Jean rappelle, sous une autre forme qu’au verset 3, le but de son écrit : inviter les croyants à être en communion avec Christ, c’est les inviter à ne pas pécher (2.1a), puisque le péché consiste en un état de séparation d’avec Dieu ! Les péchés ne sont que les conséquences concrètes et visibles de cet état intérieur.
Il revient sur le moyen de marcher dans la lumière sans pécher, de saisir et de vivre le pardon offert : croire à l’œuvre de Christ pour le pécheur. En effet, comme le texte de Zacharie (3. 1-5) le révèle prophétiquement, le pécheur est accusé devant Dieu par Satan, à cause de ses fautes qui le séparent de Lui, (c’est ce qu’on appelle la culpabilisation, à tort ou à raison !). Mais Christ, apparaissant sous la forme de l’Ange de l’Éternel dans la vision de Zacharie, est son défenseur, son avocat, son « Paraclet » (Jn 14.16), son Consolateur, étymologiquement celui qui « appelle auprès de soi », qui encourage, qui intercède (Rm 8.34c).Selon la symbolique du couvercle de l’arche de l’alliance, appelé « propitiatoire », Il se place, Lui le Juste qui a donné sa vie pour effacer les péchés du monde (2.2 ; Hé 2.18), entre la sainteté de Dieu et l’impureté du pécheur repentant ; il le réclame par pure grâce comme son enfant pardonné, purifié et réconcilié avec Dieu.
Deux fois dans sa lettre (2.2 et 4.10) Jean dit de Jésus qu’il est « propitiation », traduit à tort par « victime expiatoire », en allusion aux rites de purification du sanctuaire par le sang du sacrifice du bélier pour l’Éternel, au jour des Expiations (Lév 16). Par la mort de l’animal, dont le sang était pur car il n’avait pas reçu l’imposition des mains transférant sur lui les péchés des fidèles, on annonçait prophétiquement la mort de Christ le Juste, le Pur. Par l’aspersion du sang de l’animal sur le propitiatoire, on effaçait symboliquement tous les péchés du peuple pendant un an. On annonçait ainsi l’efficacité de la mort de Jésus pour effacer (=expier) le péché de son peuple et même du monde entier. Pourtant, l’apôtre Jean, dans notre texte, identifie Jésus non à l’objet (le couvercle de l’arche) ou l’animal (le bélier) mais à l’acte lui-même : Christ est la propitiation ! C’est une formule de style que l’on retrouve en 1 Co 1.30, qui permet d’exprimer que le salut, la réconciliation ne viennent d’aucun moyen extérieur à la personne même du Sauveur. Tous peuvent avoir accès à ce salut, parce que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim 2.4) et parce que Jésus est mort sur la croix comme second Adam, représentant de l’humanité entière (1 Co 15.22, 45 ; Rm 5.14b-15, 18-19). Ceci ne veut pas dire que toute l’humanité sera sauvée, mais que le salut lui est offert, à chacun de le saisir, de l’ignorer ou de le rejeter.
Les apôtres Jean et Paul, inspirés par Dieu, éclairent pour les croyants de leur époque et ceux qui les suivraient, le sens spirituel des paroles et des actes de Jésus, afin que leur vie en soit transformée par une foi affermie, et porte des fruits de justice et d’amour (2.5).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Où en est notre communion fraternelle ? S’il y a un problème à ce niveau, ne faut-il pas nous interroger sur notre communion personnelle avec Dieu ? Comment marcher dans la lumière à ce sujet ?
- Comment pratiquons-nous la vérité «(v 6) ? jean ne se place pas au niveau de la connaissance de la vérité, mais au niveau de la vie concrète. En quoi consistent la vérité et sa pratique d’après ce texte ?
- Comment se perçoit le pardon reçu de Jésus dans ma vie personnelle et dans celle de mon église ?
- Que représente concrètement dans ma vie quotidienne l’intercession de Christ en ma faveur ?
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