11.05.2012

Etude N°7 : Evangélisation et témoignage collectif, 2 Tim 2.1-7 (19 05 12)

Etude N°7 : Evangélisation et témoignage collectif, 2 Tim 2.1-7 (19 05 12)

 

« Ce que tu as entendu de moi en présence de beaucoup de témoins, confie-le à des hommes fidèles qui soient capables de l’enseigner aussi à d’autres. » 2 Tim 2.2

 

ObservonsPaul et Timothée, peinture 13è Norvège.jpg

Le contexte : Paul écrit à son fils spirituel, Timothée, pour l’encourager à poursuivre son témoignage au sujet du Seigneur Jésus-Christ (1.6,8), sans honte et dans la fidélité à l’enseignement de Paul (1.13). (Paul et Timothée 13è, Norvège)

Le texte

V 1 : Encouragement à se fortifier dans la grâce

V 2 : Exhortation à transmettre l’enseignement de l’Evangile

V 3-4 : première image : le soldat

V 5 : deuxième image : le sportif

V 6 : troisième image : le laboureur

V 7 : appel à la compréhension de ses propos grâce au Seigneur

 

Comprenons

Le contexte : Prisonnier à Rome et prévoyant sa fin prochaine (4.6-8, 18), Paul écrit sa dernière lettre, comme une sorte de testament spirituel. Il y manifeste son souci pour la propagation de l’Evangile exposé aux attaques des faux docteurs (2.16-18), et aux corruptions profanes (3.1-9). En contrepartie, il affirme sa confiance en la puissance de Dieu pour fortifier et éclairer ses serviteurs fidèles dans les souffrances et les combats qu’entraîne le ministère de la transmission de l’Evangile. Beaucoup des compagnons de Paul l’ont consolé dans sa peine de l’abandon de certains.

Le texte

Devant les exemples cités par Paul, Timothée est appelé à trouver la force de persévérer dans son ministère, en se laissant pénétrer de la grâce du salut en Jésus- Christ. Moins il comptera sur ses propres forces, plus il sera préparé à résister aux déviations que risque l’évangélisation à cause de faux docteurs judaïsants ou athées immoraux (2.14-26 ; 3.1-9).

Timothée a été instruit par Paul qui lui a imposé les mains pour son ministère, en présence des anciens de l’Eglise (1 Tim 4.14 ; 6.12 ; 2 Tim 1.6). Il est invité à son tour à transmettre ce qu’il a reçu en dépôt, à d’autres ministres dans la foi, capables eux aussi de l’enseigner. L’évangélisation constitue ainsi une chaîne ininterrompue de génération en génération de propagation du message du salut en Jésus-Christ.(1.10 ; 2.8,11-13).

 Cette propagation ne se fait pas sans peines, comme trois images l’illustrent :soldat romain.jpg

Première image : le soldat. Sa souffrance vient non seulement de l’effort à fournir pour supporter le combat et remporter la victoire, mais aussi du renoncement aux plaisirs de la vie courante. En effet on demande au soldat un engagement total de son être à la cause à défendre. Ainsi dans l’Ancien Testament la nécessité de l’engagement exclusif imposait aux combattants abstinence sexuelle trois jours avant le combat et consécration à l’action à mener (1 Sam 21.5-6). Les trois cents hommes de Gédéon ont été choisis parce qu’ils n’avaient pas pris le temps de s’agenouiller pour boire au ruisseau, tant était grande leur ardeur à partir contre l’ennemi (Jug 7.5-7). Avec le même objectif, Paul recommande aux évangélistes de ne pas « s’embarrasser des affaires de la vie », des soucis et des charges matériels, des occupations étrangères à leur ministère. Ils n’auront pas ainsi un cœur partagé, et s’attacheront au Seigneur sans tiraillements (1 Cor 7.29-35). C’est dans cet état d’esprit qu’il a choisi de ne pas se marier (1 Cor 7.8) et de s’astreindre à une discipline de vie stricte, pour poursuivre son ministère jusqu’au bout (1 Co 9.25-27).

La seconde image, chère au cœur de Paul et des Grecs, est celle de l’athlète. Athlète.jpgOutre l’engagement total à sa discipline pour gagner, le sportif doit observer avec fidélité « les règles du jeu » de son sport. Nous en avons une idée aujourd’hui, avec les histoires de drogue qui disqualifient les vainqueurs qui on triché. Le chrétien dont le témoignage est entaché d’orgueil ou d’hypocrisie risque fort de discréditer son message. L’évangélisation exige vérité, charité, humilité et recherche de la seule gloire de Dieu. Comme pour l’athlète, l’observation fidèle de ces règles demande au chrétien vigilance et discernement de ses mobiles et de ses fonctionnements.

La troisième image du laboureur met l’accent sur une autre qualité du témoignage chrétien. Dans une formule un peu compliquée, Paul développe l’idée que « l’ouvrier est digne de son salaire ».laboureur-aquarelle.jpg Le laboureur, s’il a pris de la peine avec patience et persévérance pour travailler sa terre, sera le premier à en récolter les fruits. Le chrétien par son témoignage fidèle, patient, rempli d’amour et d’espoir, verra les fruits de son évangélisation, ici-bas ou dans le royaume éternel. Dieu a fait de réelles promesses à ses serviteurs, comme Daniel (12 ;3), ou les disciples (Mat 19.28) appelés à « s’asseoir sur douze trônes pour juger les tribus d’Israël », ou encore les bons serviteurs de la parabole des talents qui entrent dans la joie du Maître et reçoivent des responsabilités encore plus grandes (Mat 25.21). Paul ajoute à l’intention de celui qui prend garde à ses recommandations la promesse que le Seigneur donnera les moyens de les comprendre et de les suivre.

 

L’apôtre conclut ce paragraphe sur l’exercice du ministère chrétien d’évangélisation par l’appel à contempler l’exemple suprême de Christ : il est né comme un homme, il a souffert toute sa vie à cause de son témoignage sur l’amour de Dieu, et il est ressuscité d’entre les morts pour le salut des hommes. Lui, Paul, comme apôtre suit le même chemin, et souffre la perte de la liberté (Phi 1.13), pour que beaucoup obtiennent le salut (2 Tim 2.8-10). Nouvelle naissance, fidélité et persévérance dans la pratique de la foi ouvrent au chrétien les portes du royaume céleste. Christ fidèle à ses promesses y accueillera le pécheur confiant en son amour (11-13).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Notre enseignement et notre témoignage d’Eglise sont-ils fidèles au message du salut par grâce transmis par les Ecritures ?

 -          Comment est-ce que nous nous inscrivons dans la chaîne d’évangélisation de l’Eglise chrétienne : en opposition, en concurrence, en relations fraternelles avec les autres dénominations, ou même en unité d’esprit pour faire connaître Jésus-Christ, sans renier nos spécificités adventistes ?

-          A qui voulons-nous plaire lorsque nous témoignons de notre foi ?

-          De quelles affaires de la vie notre évangélisation devrait-elle s’abstenir pour porter du fruit ? Par quels moyens ?

 

04.05.2012

Etude n° 6 Evangélisation et témoignage personnel, Jean 1.35-51 (12 05 12)

Etude n° 6 Evangélisation et témoignage personnel, Jean 1.35-51 (12 05 12)

« C’est vous qui êtes mes témoins, Oracle de l’Éternel, , vous et mon serviteur que j’ai choisi afin que vous le reconnaissiez, que vous me croyiez et compreniez que c’est moi : avant moi il n’a pas été formé de Dieu, et après moi il n’y en aura pas. C’est moi, moi, qui suis l’Éternel, et hors de moi il n’y a pas de sauveur. » Esaïe 43.10-11

 appel de Pierre et André.jpg

Observons

Le contexte (Mosaïque : Appel de Simon et André)

Jean commence son évangile par un prologue (1.1-18) annonçant la divinité et l’incarnation en Jésus de la Parole de Dieu. Puis deux témoignages(v 29,34) de Jean-Baptiste présentent Jésus comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde et le Fils de Dieu.

Le texte

1-     Premier groupe de disciples (35-43) :

a)     Deux disciples de Jean-Baptiste suivent Jésus (35-40)

b)     André, l’un des deux disciples amène son frère à Jésus (41-43)

2-     Vocation de deux autres disciples (44-51) :

a)     Philippe est invité par Jésus à le suivre (44-45)

b)     Nathanaël, rencontré par Philippe, salue Jésus comme le Christ (46-51).

Relever l’abondance et la répétition des mots concernant la vue (voir, regarder), la découverte (chercher, trouver), l’ouïe (entendre et suivre).

 

Comprenons

Le texte est remarquable par l’abondance des mouvements des personnages autour de Jésus, et par l’interaction de ces personnages. Le témoin oculaire de ce récit si vivant, est  Jean, le disciple du Baptiste qui accompagnait André, et qui n’est pas nommé par discrétion de la part de l’auteur(v 35,37).

Jean-Baptiste répète devant ses deux disciples la révélation qu’il a faite la veille sur Jésus, pour leur en signifier toute l’importance. Ainsi, il s’efface humblement devant celui qu’il a reconnu comme le Maître dont il ne mérite pas de dénouer les chaussures (1.27). L’Agneau de Dieu faisait allusion aux rites de la Pâque célébrant la délivrance de l’Égypte, symbole du péché. La rapidité avec laquelle André et Jean vont quitter le Baptiste pour s’attacher à Jésus (à peine l’ont-ils entendu qu’ils suivent Jésus), révèle leur soif de le connaître plus profondément. Le témoignage du Baptiste vient à point nommé et répond à leur attente.

Jésus par sa question : « Que cherchez-vous ? » leur permet de préciser leur désir et leur facilite la rencontre qui bouleversera leur vie. Ainsi en est-il dans nos vies : Jésus répond à notre désir conscient ou inconscient de le connaître, en ouvrant l’intimité de sa demeure (= pour nous sa Parole), donc de sa vie (v 39). C’est dans ce contact personnel que se nouent les liens d’amitié et de foi entre lui et ses disciples.

Cette première visite à Jésus a tellement marqué Jean, qu’un demi-siècle plus tard quand il l’écrit, il se souvient de l’heure de la rencontre : 4h de l’après-midi !

Aussitôt après cet entretien, les deux disciples s’empressent de chercher leurs frères respectifs, Simon pour André, Jacques pour Jean. André fut le premier à trouver Simon, tandis que Jean passe discrètement sous silence ce qui le concerne. (Marc 1.16-20). André désigne Jésus à Simon comme le  Messie (= l’Oint), celui qui était attendu par Israël comme la « consolation » de son peuple. Jean écrivant pour des Grecs prend soin de donner la traduction grecque « Christ » du mot « Messie ».

"Un simple regard suffit à Jésus pour déceler en Simon la force et l'énergie de celui qui confessera le premier son nom (Mt 16.18). En lui donnant ce nouveau nom, Jésus peut soit consacrer à son service ses qualités naturelles , soit au contraire, l'inviter à dépasser sa versatilité, (comme le suggère le sens de son surnom "Pierre qui roule", Jn 13.36-38), due à sa crainte des hommes (18.17 ; Ga 2.11). Il l’appelle à devenir, par la grâce de Dieu, un rocher solide dans la foi et dans l'amour. Il sera alors un guide dans l'Eglise naissante.

Pierre recevra quatre appels de Jésus, l’un pour devenir son disciple, un autre pour l’accompagner constamment (Mt 4.19 ; Marc 1.17 ; Luc 5.10), le troisième pour être un des douze apôtres (Mt 10.2 ; Marc 3.14,16 ; Luc 6.13-14), puis après son reniement et la résurrection de Jésus, un dernier appel pour le réintégrer dans le groupe des apôtres (Jn 21.15-19). Jésus ne cesse d’appeler à une croissance intérieure celui qui le suit d’un cœur sincère.

Jésus le lendemain invite Philippe, ami d’André et de Simon, à le suivre en Galilée, avec la pensée d’en faire un disciple. Ainsi l’appel de Jésus peut-il nous sembler ponctuel et limité. Mais la réponse positive que nous lui donnons lui confère une plus longue portée. Suivre Jésus, c’est avancer pas à pas avec lui, en lui faisant confiance sur l’avenir encore nébuleux à nos yeux, qu’il a préparé pour nous.

Philippe comme André va chercher son ami Nathanaël ou Barthélémy pour les autres évangélistes (= fils de Thomaï). Philippe aussi proclame avec joie avoir « trouvé » celui que les Écritures annonçaient, dans cet homme Jésus (= Sauveur) dont il donne l’identité humaine. L’emploi de ce mot révèle la recherche et l’attente spirituelles de ces hommes pieux qui sondaient les prophéties messianiques (v 45).

Nathanaël exprime d’abord un préjugé dû sans doute au dépit et à l’étonnement de voir le petit village galiléen, voisin du sien (Cana, 21.2), honoré d’une gloire si éclatante. Il connaissait bien ses habitants et pouvait douter qu’un Messie puisse en faire partie ! La suite confirmera sa mauvaise opinion de Nazareth (Mc 6.6 ; Lc 4.16 et suivants). Contre les idées préconçues, il n’y a qu’un remède, l’expérimentation personnelle : « Viens et vois », dit Philippe. Seule la relation personnelle avec Jésus dissipe les doutes et les préventions à son sujet.

L’éloge de Jésus sur Nathanaël dévoile sa clairvoyance au jeune homme : il sonde les cœurs et connaît la droiture et la sincérité de cet Israélite, non seulement de nationalité, mais surtout de cœur (Rm 2.29).Jonas sous ricin.jpg

« Assis sous un figuier » est une expression biblique symbole de prospérité et de sécurité (1 R 4.25 ou 5.5 ; Mi 4.4 ; Za 3.10) ; Nathanaël apparaît comme un homme aisé et serein, mais aussi peut-être aimant la méditation sur Israël, dont le figuier est l’emblème. Sa confession laisse à croire qu’il pensait à ce moment aux prophéties annonçant le berger-roi d’Israël, qui rétablirait la gloire de son peuple (Ps 2 et  80.2 ; Ez 34.23 et 37.24-28). Son cœur, comme tout bon Israélite, devait être rempli d’espoir de voir ce Messie Sauveur. Se sentant découvert par Jésus, Nathanaël est touché au plus profond de lui-même et laisse échapper la première confession de la divinité royale de Jésus, Fils de Dieu et Roi d’Israël.

À ce début de foi, Jésus promet de voir de plus grandes choses. L’acceptation de Jésus comme Sauveur et Seigneur, est l’engagement dans une aventure de foi toujours plus merveilleuse et inattendue, car le projet de Dieu pour chacun va jusqu’à faire croître le croyant jusqu’à la stature parfaite de Christ (Ep 4.13). Pour cela, il lui ouvre le ciel (= la présence de Dieu) et lui révèle la réalisation en la personne du Fils de l’homme de la vision de Jacob (Gn 28.12) : Jésus est cette échelle par laquelle descendent les bénédictions de Dieu et montent les prières de l’homme, échelle qui permet au pécheur de retrouver la relation avec Dieu rompue en Eden. En rappelant les Écritures, Jésus annonce à ses disciples de la première heure le sens de sa venue.

Par son appel et ses révélations, il conquiert le cœur de ses amis, dont il fera des apôtres, après avoir vécu avec eux pendant trois ans et demi, et leur avoir montré en actes et en paroles tout l’amour de Dieu pour les hommes.

La transmission de la Bonne Nouvelle est intéressante à observer dans ce passage : l’Église s’est agrandie par le témoignage individuel d’hommes et de femmes qui avaient rencontré leur Sauveur et en faisaient part avec joie et enthousiasme à leurs voisins et amis. Les liens d’amitié que nous avons peuvent être les voies par lesquelles Dieu appelle au salut ceux qui nous entourent. Ils peuvent « voir » et « entendre » le message de la Bonne Nouvelle, à travers le témoignage de nos paroles et de notre vécu, sur la personne de Jésus qui vit en nous.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-         Quels préjugés ou quelles réticences m’empêchent d’être attentif à la voix de Jésus (= sa Parole dans la Bible) qui m’appelle à devenir son ami, dès aujourd’hui ?

 

-         Savoir que Jésus lit dans mon cœur est-il facteur d’anxiété et de gène, ou de joie et de confiance ? Pourquoi ?

 

-         Jésus veut m’avoir comme ami pour vivre avec moi une aventure exaltante, et me faire grandir à son image. Que lui répondrai-je ?

 

-         Comment ma vie personnelle rend-elle témoignage de l’amour de Jésus ?