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21/07/2017

Étude n° 5 : Foi dans l’AT, Galates 3.1-14 (29 07 17)

Étude n° 5 : Foi dans l’AT, Galates 3.1-14 (29 07 17)

 

« Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois ! » (Gal 3.13) Abraham et Isaac mosaïque.jpg

 Abraham et Isaac mosaïque.jpg

Observons

Le contexte

A la fin du chapitre 2, Paul a dénoncé l’attitude équivoque de Pierre à Antioche et a exposé la doctrine de la justification par la foi en Christ crucifié. Il exprime ensuite dans notre passage,  son souci indigné de voir les Galates tourner le dos à cette doctrine fondamentale du christianisme.

 

Le texte

En trois paragraphes, Paul oppose la vanité de croire être justifié par l’obéissance à la loi, et la bénédiction de la foi en Christ, qui justifie le croyant.

1-5 : Indignation de Paul sous forme de questions véhémentes, devant la négation par les Galates de leur expérience de foi et d’Esprit.

6-9 : Preuves par l’Écriture que l’on est justifié par la foi

10-12 : La pratique de l’obéissance à la loi pour être sauvé conduit à la malédiction car il est impossible d’obéir parfaitement.

13-14 : Seul Christ a pris cette malédiction sur lui pour devenir bénédiction pour ceux qui croiraient en lui.

Les mots loi et foi sont chacun répétés 7 fois, en constante opposition

Le texte est encadré par la mention de Jésus-Christ crucifié (v 1) et le sens de sa mort (v 13-14).

Loi et chair sont en parallèles et opposés à foi et Esprit eux-mêmes en parallèles.

La malédiction de la loi s’oppose à la bénédiction d’Abraham, les œuvres de la loi s’opposent à la promesse de l’Esprit.

 

Comprenons

Les nombreuses questions des cinq premiers versets révèlent l’indignation et la peine de Paul devant la marche arrière spirituelle des Galates. Ils se sont laissé influencer et même fasciner comme Pierre (2.11-14), par de faux enseignements de judaïsants, au point de renier l’Évangile de Jésus-Christ et de croire trouver leur salut dans l’obéissance à la loi juive. Pour Paul, la fascination de cette recherche du salut dans une bonne conduite morale, dans l’obéissance à des règlements ou des rites prescrits par la loi, est une vraie folie (insensés est répété deux fois ). En effet, une telle attitude nie les effets de l’Esprit reçu grâce à l’écoute de la prédication de la foi :  les Galates ont expérimenté dans leur cœur la transformation de leur nature humaine (= chair) par la vie de Christ en eux (2.20). Ils ont vu aussi les miracles opérés par l’Esprit dans leur communauté, à la suite de leur écoute avec foi de l’Évangile. Comment peuvent-ils, se demande Paul, oublier ces expériences de vie et se détourner  du Christ crucifié dans lequel ils ont cru ?

Pour leur prouver la vérité de la doctrine de la justification par la foi dont ils ont fait l’expérience dans leur vie personnelle et collective, Paul s’appuie ensuite sur les Écritures, c’est-à-dire l’Ancien Testament et plus particulièrement l’exemple d’Abraham. Sa foi en Dieu alors que la loi n’existait pas encore, a fait de lui un « juste » devant Dieu. En lui promettant de devenir le « père des croyants » de toutes origines (= les nations païennes et les Juifs), et d’être une bénédiction pour tous, Dieu confirmait que le salut ne s’obtient pas par sa propre justice ou par ses efforts d’obéissance à la loi ; ils sont en effet voués à l’échec et à la condamnation à mort, véritable malédiction ou malheur pour l’homme. Cette « malédiction » qui pèse sur l’homme pécheur ne vient pas d’un  Dieu qui destinerait le pécheur à la mort (Ez 33.11), mais c’est le résultat inéluctable de la séparation de l’homme avec Dieu (= péché), que manifeste son incapacité à obéir à la loi divine (v 10). À ce malheur que l’homme ne peut éviter  (Rom 8.13a), Dieu oppose la bénédiction de la justification par la foi en Christ, qu’a expérimentée Abraham, avant même l’incarnation et la crucifixion que symbolisait prophétiquement le sacrifice de son fils Isaac sacrifice_of_abraham.jpg(Illustration : œuvre de He Qi, 20ès). Jésus est le seul à avoir accompli la loi sans faillir, et à pouvoir réaliser la promesse de vie que proposait la loi (v 12). Pour cela, il a pris volontairement sur lui notre nature humaine charnelle, « maudite », sans se laisser dominer par elle,  et l’a fait mourir en son corps sur la croix (v 13 ; Rom 6.6 ; 7.4 ; 8.3), pour que nous puissions revivre avec lui dans une nature régénérée soumise à l’Esprit. Par la foi, nous nous approprions dans le baptême cette œuvre de Christ en notre faveur, et recevons la promesse de l’Esprit et la Bonne Nouvelle (= Évangile) de l’assurance du salut. Celui-ci ne nous est pas donné à cause de nos mérites, comme notre propre justice voudrait bien le croire, mais il nous est accordé à cause de l’amour de Christ pour nous, que nous acceptons avec foi.

Paul résume ici ce qu’il développera longuement dans sa lettre aux Romains. C’est le fondement même de la foi chrétienne. Toute autre doctrine qui prêche un salut mérité est du ressort du paganisme !

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-       Par quelles pratiques ai-je encore le désir de gagner la faveur de Dieu et mon salut ?

-       Comment concilier la prédication de l’obéissance à la loi, chère à l’Adventisme (sabbat, lois alimentaires, gestion chrétienne de la vie, dîme, etc.) avec la doctrine de la justification par la foi seule ?

-       Comment dans ma vie quotidienne, en dehors ou en plus du baptême, m’identifier à Christ crucifié et ressuscité ?

-       Comment ai-je expérimenté en moi et dans ma communauté les effets de l’action de l’Esprit ?

-       Quels passages de l’Écriture me montrent que Dieu m’aime malgré mon indignité et mes désobéissances ?

14/07/2017

Etude n°4, la justification par la foi seule, Galates 2.15-21 (22 07 17)

Etude n°4, la justification par la foi seule, Galates 2.15-21 (22 07 17)

 

« Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi. Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et s’est livré lui-même pour moi. » Gal 2.20

 

Le contexte

Paul a justifié son apostolat dans le premier chapitre, par la révélation de Christ ressuscité sur le chemin de Damas (1.15-16), et par l’approbation de son ministère par les plus grands apôtres (2.9).

Il rappelle alors qu’il a dû reprendre publiquement Pierre lui-même, à Antioche, alors que, par crainte des judaïsants, Pierre revenait à l’observation des prescriptions juives, semant le doute et la confusion chez les païens convertis (2.11-14).

Ce rappel d’une situation déjà vécue  ailleurs est l’occasion pour Paul de réaffirmer avec force et concision le grand principe de l’Évangile, la justification par la foi, et ses implications dans la vie du croyant, en s’appuyant sur l’exemple d’Abraham (3.6-14).

 Observons

 Les sujets : Nous (15-17), je, moi (18-21), Christ (20-21)

Les répétitions : Christ Jésus (2x), Christ (6x), Dieu (3x) ; la foi (3x) ; justifié (5x) ; œuvres de la loi (3x) ; idée de mort (4x) : mort, crucifié, s’est livré ; idée de vie (5x)

Les oppositions : justifié par la foi # par les œuvres de la loi ; mort # vie ; vivre pour Dieu # crucifié avec Christ ; dans la chair # dans la foi ; la grâce de Dieu # la justice par la loi ; moi # Christ (20b).

Les parallèles : justifié par Christ (16) // Christ vit en moi (20) ; justifiés par Christ (17) // vivre pour Dieu (19).

Un texte en trois parties :

15-16 : la justification par la foi en Christ est reconnue par Pierre et Paul, pourtant juifs d’origine.

17-19 : le retour à la justification par la loi est péché

20-21 : les implications de la justification par la foi en Christ dans la vie du croyant.

Comprenons

Pour comprendre un texte aussi concis et dense, il est nécessaire de faire appel aux textes parallèles où Paul développe ses idées, surtout l’épître aux Romains.

v 15-16 : Après avoir marqué son opposition à Pierre pour son retour à l’observation de la loi comme moyen de salut, Paul s’associe à lui par ce « nous, nous sommes Juifs de naissance » qui rappelle leur origine. Ils connaissaient et observaient la loi à la différence des Goïm, des païens qui étaient considérés comme impurs et pécheurs, à cause de leur ignorance de la loi.

C’est au nom de cette différence que les Juifs refusaient de partager les repas avec les Goïm ou Grecs, de peur de se rendre impurs eux-mêmes. Les croyants judaïsants n’avaient pas abandonné cette conception.  Ils se croyaient encore justifiés par l’observation de la loi, plus que par la foi.

Mais Pierre et Paul, en comprenant que l’obéissance à la loi ne rendait personne juste devant Dieu (16a et c,d, œuvres de la loi répété 3 fois)), ont cru en Christ Jésus, qui considère comme juste celui qui a foi en lui (16b,Christ répété 3 fois).

Pierre en a fait l’expérience avec  la vision de la nappe et la conversion de Corneille, Actes 10, et Paul à sa conversion (lire Philippiens 3.4-9).

La foi en Christ-Jésus consiste à croire que celui qui a été « oint » de l’Esprit par Dieu lui-même à son baptême, est le Sauveur (Jésus = Dieu sauve), le Fils de Dieu. Il  sauve parce qu’il « m’aime et s’est livré pour moi (20c-d), pour que je vive pour Dieu et non plus pour moi » (19-20).

v 17-19 : Le retour à la justification par les œuvres de la loi est un péché.

 Pour les judaïsants, chercher à être considéré comme juste par la foi en Christ, amène à transgresser la loi juive ; le péché est selon eux, la violation des lois juives, se mêler aux non-circoncis, c’est devenir pécheurs, impurs comme eux.

Or, pour les croyants en Christ, Christ ne peut en aucune façon encourager le péché ; donc le péché doit être autre chose que l’incirconcision, la fréquentation des non-juifs « impurs », ou l’absence de toutes les autres pratiques rituelles.

Pour le croyant qui accepte que Christ le considère comme juste à cause de sa foi en lui, revenir à l’observation de la loi, par exemple en refusant de fréquenter les incirconcis, et faire de l’observation de la loi la condition pour être considéré juste par Dieu, c’est renier la grâce de Dieu, et c’est devenir pécheur.

 L’idée que l’on se fait du péché fait toute la différence entre les judaïsants et les autres croyants. Pour les judaïsants, la loi est la norme de la pureté à atteindre pour être accepté de Dieu. Pour les chrétiens, la loi révèle à celui qui veut la suivre son incapacité à l’accomplir, donc son péché, et elle condamne à mort le pécheur. Ainsi, elle le pousse à se tourner vers le Christ pour trouver grâce et vie (Galates 3.24), pour être délivré de cette condamnation de la loi, et vivre pour Dieu.

En conséquence, le croyant ne peut plus considérer l’obéissance à la loi comme un moyen de justification : il est mort à la loi !c'est-à-dire qu'il est délivré de la condamnation que sa transgression de la loi fait peser sur lui.

v 20-21 : Conséquences de la foi en la grâce de Christ

Pourquoi la foi en Christ-Jésus me permet-elle d’être considéré comme juste par Dieu ? (16) (Illustration : Dis, Maman explique-moi le baptême, dessin de Zabou, ed Vie et Santé)Zabou Baptême.jpg

Dans sa concision, le v 20 aborde le sens de la croix de Christ auquel le croyant est appelé à s’identifier : Je suis crucifié avec Christ en étant passé par le baptême, qui est une sorte de mime de la crucifixion de Jésus. En effet, Jésus sur la croix, a fait mourir la nature pécheresse de l’humain, puisqu’il a porté sur lui le péché de l’homme, sa séparation d’avec Dieu, «  il est devenu péché » (2Co 5.21). Il est mort pour moi, c’est-à-dire à ma place et en ma faveur, pour que je puisse bénéficier de sa résurrection et de sa vie nouvelle. Comme pour Christ, la nature pécheresse, (= « le vieil homme »), du croyant est morte, au moment où il a reconnu que seul Christ le sauvait de la mort  spirituelle. Son baptême,  symbolise qu’il abandonne tout égoïsme, tout orgueil, toute prétention à trouver des solutions par lui-même, toute tentation d'auto-justification, tout effort pour atteindre la pureté morale ou rituelle, il meurt à lui-même, et s’ouvre au Christ vivant. Celui-ci peut alors entrer dans la vie du croyant (Gal 2.20a), lui donner une nouvelle nature purifiée et créer en lui le vouloir et le faire (Phi 2.1).

Nous avons ici le grand principe de vie que la Parole de Dieu nous révèle : Si le grain ne meurt, il ne peut porter du fruit (Jean 12.24). Si mon Moi pécheur ne meurt pas avec Christ, je ne peux recevoir l’Esprit de Christ qui me rendra vivant de sa vie. Je pourrai ainsi rendre gloire à Dieu en portant le fruit de l’Esprit, l’amour, la joie, la paix...(Ga 5.22)

Le temps de vie qui est donné au croyant est alors vécu dans la foi au Fils de Dieu, c’est-à-dire dans la reconnaissance de son amour, du don volontaire de sa vie pour le sauver (20c-d) et le transformer à son image, et non dans la recherche de la pureté par l’observation des lois. La loi de Dieu s’accomplit en lui simplement s’il laisse l’Esprit de Christ agir en lui et lui permettre d’être considéré par Dieu comme juste et pur.

 v 21 : Rejeter la grâce de Dieu, c’est rendre vaine la mort de Christ. Revenir à l’observation de la loi comme condition de justification, c’est rejeter la grâce de Dieu. Si des Juifs comme Paul et Pierre ont pu accepter cette grâce, pourquoi vouloir imposer aux croyants d’origine païenne, des ordonnances qui ne sauvent pas et annulent l’œuvre de Christ ?

C’est pourtant ce qui arrive aux Galates, envoûtés par les judaïsants, et devenus pour Paul des insensés, des stupides ! (3.1-5)

Notre respect de la loi, nous fait considérer par les autres chrétiens, nous Adventistes, comme des judaïsants. Cela reste toujours une tentation de croire que l’observation de la loi nous rend meilleurs et plus dignes de la transmutation ou de la résurrection futures, ou simplement de la faveur de Dieu dans le présent.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

- Dans quel état d’esprit, ou dans quel but est-ce que j’observe le Sabbat, la réforme alimentaire ou la remise de la dîme ?

- Est-ce que mon souci de respecter la loi de Dieu m’empêche de fréquenter les autres chrétiens, ou ceux qui n’ont pas la foi ?

- Que signifie concrètement pour moi avoir la foi en Christ-Jésus ? (Galates 5.6).

- Ai-je fait l’expérience personnelle et quotidienne de la mort de mon moi égoïste, orgueilleux, prétentieux, de mes propres idées sur la justice et la pureté ?

- Ma vie est-elle axée sur la recherche de la pureté pour être approuvé par Dieu et par les hommes, ou sur la recherche de la relation d’amour avec Christ pour le laisser me transformer peu à peu à son image ?

- Comment se manifeste la vie de Christ en moi ? Le fruit de l’Esprit est-il visible dans ma vie ? (Ga 5.22). Sinon, comment y remédier ?