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17/01/2020

Étude n°4 De la fournaise au palais Daniel 3 (25 01 20)

 Étude n°4 De la fournaise au palais Daniel 3 (25 01 20)

« Sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as dressée » Dan 3.18Daniel 3 fournaise mosaïque près Delphes.jpg

 (Mosaïque grecque)

Observons

Le contexte

Les trois jeunes compagnons de Daniel ont été déportés avec lui à Babylone en 606 av JC, lors de la première déportation. Élevés à cour de Nébucadnetsar pour servir le roi, ils sont restés fidèles à leur Dieu, qui leur donna la sagesse et l’intelligence. Distingués par le roi, ils devinrent conseillers parmi ses sages et ses mages (1.19-20). Daniel ayant donné au roi l’explication de son rêve de la statue aux quatre métaux et aux pieds d’argile et de fer, fut promu chef de la province de Babylone dont il confia l’administration à ses trois amis (2.48-49).

Le texte

Le récit se déroule chronologiquement en six parties qui, partant de l’adoration d’une idole,  aboutissent à l’adoration par tous du Dieu Sauveur.

1- 1-7     : L’adoration de la statue d’or

2- 8-13   : L’accusation contre les trois Hébreux

3- 14-18 : L’adoration de Dieu par les trois jeunes gens

4- 19-23 : Dans la fournaise

5- 24-27 : La délivrance

6- 28-30 : L’adoration de Dieu par le roi.

Questions d’observation :

  • V 1-8 : A quoi ressemblait la statue d’or ? Pourquoi le roi l’a-t-il fait dresser et adorer ? (Dan 2.31, 37-39) Qui étaient les adorateurs ?
  • De quoi s’accompagne l’adoration de la statue ? Remarquer la répétition (5x) jusqu’aux v 10 et 15. Avec quel effet ?
  • V 8-13 Contre qui les accusations s’élèvent-elles ? Pour quelles raisons, v 12?
  • V 14-18 Quel défi lance le roi ? Que manifeste la réponse des trois jeunes ?
  • V 19-23 : A quelles extrémités aboutit la fureur du roi ? Dans quel but sont donnés les multiples détails du récit ?
  • V 24-27 : Qu’aperçoit le roi dans la fournaise ? Avec quel effet ? Que peut constater l’entourage du roi ? Quelle est l’attitude des miraculés ?
  • V 28-30 : Que conclut le roi ? Son cœur est-il changé ? Quelles en sont les preuves ? Comment peut s’expliquer la faveur dont jouirent les trois jeunes gens ?

Comprenons

1- L’adoration de la statue d’or

Cette statue était la copie de celle du rêve du roi, mais magnifiée : l’or ne recouvrait pas seulement la tête, mais toute la statue. De forme humaine, elle représentait la puissance de l’empire babylonien que Nébucadnetsar désirait magnifique et éternelle, à l’égal d’un dieu. Les nombres 60 et 6 coudées de ses dimensions utilisent le chiffre 6, symbole de l’humain dans sa fragilité. Le roi a voulu proposer à l’adoration une image de l’Homme, dont il couvrait la fragilité par le métal précieux et la taille démesurée. On peut retrouver le même symbole dans le nombre 666 de l’image de la bête d’Ap 13.18, symbole de l’Homme qui cherche à devenir comme Dieu (6 est répété 3 fois, 3 étant le chiffre du Dieu trinitaire).

L’adoration de cette statue a plusieurs caractéristiques :

  1. a) elle est commandée par le pouvoir
  2. b) elle est totalitaire : tous doivent s’y soumettre
  3. c) elle est exclusive : la mort punit la désobéissance
  4. d) elle est le fruit d’un « envoûtement » musical : le niveau sonore des instruments anesthésie la pensée et empêche d’être conscient de ce qu’on fait.

Cette adoration est à l’opposé de celle des trois Hébreux envers le Seigneur.

2- L’accusation contre les trois jeunes gens

La place administrative et politique prise par les trois jeunes Juifs a provoqué la jalousie et la haine des fonctionnaires chaldéens, qui les accusent (v 12) d’être ingrats vis-à-vis du roi en désobéissant à ses ordres, et en n’adorant pas sa divinité.

Daniel n’est pas mentionné, il était soit absent, soit considéré comme intouchable vu son titre de surintendant des mages.

3- L’adoration des trois jeunes Juifs

Leurs noms hébreux sont déjà une déclaration de foi : Hanania = L’Éternel fait grâce, Michaël = Qui est comme Dieu?, Azaria = L’Éternel aide.

Ils résistent à la pression de l’autorité du roi irrité, de la menace de mort et de l’envoûtement musical. Avec calme, ils écartent le défi lancé à Dieu par le roi (15b), pour témoigner de leur foi : quelle que soit l’issue de leur attitude, ils s’en remettent entièrement en la puissance supérieure de leur Dieu qui peut les délivrer, mais dont ils ne connaissent pas le projet à leur égard. Les faits répondront d’eux-mêmes au défi royal, quant à eux ils savent ce qu’ils ont à faire : adorer Dieu seul, de façon inconditionnelle. Ils l’adorent

- non parce qu’on le leur ordonne, mais par choix personnel

- non pour faire comme tous les autres, mais par décision individuelle

- non pour obtenir le salut, mais par confiance en sa capacité de sauver

- non par peur de la mort ou d’une punition, mais par amour pour Dieu.

4- Dans la fournaise

Le roi se sentit bafoué dans son autorité par ce refus catégorique d’obéir. Il voulut une punition exemplaire : la fournaise est chauffée au maximum (7 fois plus que d’ordinaire), au point de tuer les gardes de service. Les trois Juifs sont jetés au feu dans les vêtements officiels de leur charge : la répétition du mot « liés » (23-24) prépare la surprise du roi de les voir « déliés » (v 25) et les vêtements intacts (27).

Dieu qui a la puissance de sauver n’épargne pas l’épreuve à ses serviteurs. Il leur faut faire l’expérience de l’abandon total à Dieu pour y rencontrer le « quatrième homme », leur Sauveur. De même pour nous, Dieu ne répond pas à notre confiance en lui par l’élimination de tous les obstacles, mais par sa présence qui nous affermit dans les épreuves et nous permet de les traverser sans dommages pour notre foi.

5- La délivrance

Le récit fait part de l’impression de Nébucadnetsar avant de dire ce qui l’a provoquée : la marche dans le feu des trois jeunes indemnes, accompagnés d’un quatrième personnage semblable pour le roi à un « fils des dieux ». Une fois sortis les trois jeunes ne disent rien, mais leur aspect témoigne pour eux de la puissance de salut de leur Dieu. Les faits parlent d’eux-mêmes, inutile d’en rajouter par des propos triomphants !

Le miracle de Dieu nous apprend un principe de vie inhérent à notre condition de pécheurs : c’est dans l’épreuve acceptée avec confiance que Dieu se manifeste avec puissance par sa présence libératrice et protectrice qui permet de ne pas être abattu, mais de marcher avec lui, de croître dans la foi et l’intimité avec Lui, au risque même de la mort physique.

Les trois jeunes sortent de la fournaise comme par une résurrection. Ils sortent de la mort, intègres dans leurs corps et leurs vêtements. Ceux qui les jalousaient et les haïssaient au point de vouloir les éliminer, ne peuvent que s’incliner devant une manifestation si spectaculaire de la puissance de leur Dieu.

Notre rencontre avec le Christ nous a-t-elle ressuscités, régénérés au point que tous peuvent reconnaître l’action de Dieu en nous, et l’adorer ?

6- L’adoration de Dieu par le roi

Nébucadnetsar ne reconnaît pas le Dieu des trois jeunes comme le seul Dieu, mais comme le plus puissant de ceux qu’il connaît. Il n’a pas compris le geste d’amour de Dieu, puisque à nouveau il ordonne de l’adorer et menace de mort les contrevenants!

Le miracle spectaculaire ne change pas son cœur en profondeur, ni ne modifie son système de fonctionnement autoritaire et intéressé : l’avancement politique des trois jeunes est peut-être plus une manœuvre de protection contre un Dieu si puissant qu’une manifestation de reconnaissance pour un si grand salut.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Ma foi en Dieu est-elle ébranlée par les épreuves de la vie ? Quelles promesses m’apporte ce texte ?

- « C’est dans le calme et la confiance que sera votre force » (Es 30.15). Ma vie témoigne-t-elle comme les trois jeunes gens, de la paix que j’ai trouvée dans l’intimité avec Christ ?

- Mon adoration de Dieu repose-t-elle sur les nombreux miracles qu’il me fait voir ou vivre, ou sur un abandon total, inconditionnel et conscient à son amour ?

- Quels parallèles pouvons-nous faire aujourd’hui entre cet épisode du passé et la situation actuelle des chrétiens dans le monde ? Quelles leçons en tirer pour vivre notre foi en Christ face au déchaînement des violences politico-religieuses ?

 - Ma foi est-elle influencée par l’ambiance musicale des services communautaires, ou par l’effet de foule dans les cultes ou les assemblées ? Pourquoi ? Si oui, faut-il y résister ou s’en réjouir ?

 

 

08:00 Publié dans Daniel | Lien permanent | Commentaires (3)

10/01/2020

Étude n°3 Du mystère à la révélation Daniel 2.25-49 (18 01 20)

Étude n°3 Du mystère à la révélation Daniel 2.25-49 (18 01 20)

« Daniel prit la parole et dit : Béni soit le nom de Dieu d’éternité en éternité !...C’est Lui qui révèle ce qui est profond et caché, qui connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec Lui. » Dan 2.20, 22

 Observonsstatue tête d'or.jpg

Le contexte

Daniel et ses trois compagnons exilés à Babylone lors de la première déportation en 605 av JC, avec les jeunes nobles de Jérusalem, sont intégrés à la cour du roi Nébukadnetsar, parmi les sages et les savants. Dès la seconde année du règne de Nébukadnetsar et de leur exil, Daniel va être sollicité pour sa sagesse, et il révèlera ses qualités de prophète de Dieu face aux sages et devins babyloniens, à propos d’un rêve incompréhensible du roi (2.1-23).

Le texte

- 24-30 : Témoignage de Daniel devant le roi : De quelles qualités fait preuve Daniel dans sa réponse au roi ? Quels buts donne-t-il aux révélations qu’il va transmettre, v 30) ?

- 31-35 : Songe du roi : Quelle est la description de la statue ? Comment finit-elle ? Quels contrastes y a-t-il entre elle et la pierre ?

- 36-45 : Explication du songe : De qui le roi tient-il son autorité sur le pays ? Pourquoi Daniel le lui rappelle-t-il ? Quels détails caractérisent les royaumes suivants ? Qu’est-ce qui fait leur fragilité, v 43 ?

- 46-49 : Reconnaissance du Dieu des dieux par le roi. Pourquoi le roi reconnaît-il l’existence de l’Eternel ?  Comment le nomme-t-il ? Qu’en advient-il pour Daniel et ses compagnons ?

Le texte met en valeur le témoignage rendu par Daniel au Dieu révélateur des secrets de l’avenir (v 28). L’expression « ce qui arrivera dans la suite des temps », répétée trois fois (v 28 et 29), donne l’orientation prophétique du récit.

Le récit est rapporté en araméen, langue internationale de l’époque, à partir du v 4 jusqu’en 7.28, pour être lu par tous, Juifs et non Juifs.

Comprenons

La louange prononcée par Daniel lorsqu’il reçut la révélation du songe du roi (v 19-23) annonce l’orientation historique et prophétique du rêve royal, en présentant Dieu comme le Maître de l’Histoire et des rois et comme le révélateur à ses serviteurs des mystères cachés aux autres hommes.

Le témoignage de Daniel devant le roi (24-30) : Aryok, le chef des gardes

 introduit rapidement  (v 25) Daniel auprès du roi, heureux sans doute de la gloire qui pourra lui en revenir (Ne dit-il pas « J’ai trouvé…un homme…alors que c’est Daniel qui s’est présenté spontanément à lui !). Daniel avait reçu à la cour le  nom babylonien« Belschatsar » (= Bel protège ma vie),  pour effacer son origine et sa foi hébraïque. Pourtant Daniel n’hésite pas à témoigner devant le roi babylonien de sa foi au Dieu révélateur de l’avenir, avec une humilité profonde (v 30) : l’explication du rêve lui a été révélée non parce qu’il le méritait, mais parce que Dieu veut faire connaître au roi deux choses cachées, l’avenir historique du monde (v 29) et la connaissance personnelle de ses pensées profondes (v 30). Cette seconde partie de la révélation n’a pas reçu d’écho ni chez Nébukadnetsar, ni chez les commentateurs des siècles suivants, même si le chapitre 3 concrétise ces pensées dans la statue d’or imposée à l’adoration des sujets du roi. Désormais, grâce aux développements modernes de la psychologie, nous pouvons mieux saisir le sens de cette révélation. (Voir plus bas).

Le songe du roi (31-35) lui permit de contempler une statue d’homme splendide et terrible (31), par le mélange de ses 5 matériaux, par sa taille immense en contraste avec sa fin subite et définitive sous le coup d’une petite pierre détachée sans l’aide d’une main humaine. On comprend qu’à cette apparition fantastique et menaçante, le roi ait été troublé sans savoir véritablement les motifs de son émotion. Dieu lui a parlé mais de façon voilée pour l’inviter à rechercher le sens caché et symbolique de l’apparence visible. Jésus n’a-t-il pas essayé de parler de même avec ses paraboles et ses images tirées de la vie quotidienne de ses auditeurs ? Ici, Dieu s’adresse à un roi préoccupé du gouvernement de son royaume et sûrement de sa succession future. Il va donc utiliser une image d’homme puissant où le roi pourra en partie se reconnaître. Telle est en effet une des exigences de la communication : pour être compris de l’autre, il faut avoir quelque chose en commun avec lui, ne serait-ce que la langue ! Entre Dieu et le roi c’est une image de statue métallique, ressemblant à un humain, qui permet à Dieu d’éveiller la curiosité du roi païen et idolâtre, et à travers lui, de toutes les nations humaines. En effet, le récit (de 2.4 à 7.28) est transmis dans la langue internationale de l’époque, l’araméen, pour être compris de tous, alors que les prophéties plus spécifiquement spirituelles, répondant aux préoccupations de Daniel et des Juifs exilés, seront transmises en hébreu (ch 8-12).

L’explication du rêve (36-45)

Explication historique: Nous avons ici un exemple unique de révélation divine concernant l’histoire du monde depuis l’époque du royaume de Babylone où vivait Daniel (v 37-38), jusqu’à la fin des temps, au royaume éternel (44). Cette explication symbolique historique donnée par Dieu, sert de base à l’interprétation des autres visions de Daniel, et des prophètes, apocalyptiques ou non. Elle a pour but de montrer aux lecteurs la réalité de l’existence et du gouvernement de Dieu sur l’Histoire, selon le principe énoncé par Jésus (Jean 13.19) : « Dès à présent je vous le dis, avant que la chose arrive, afin que lorsqu’elle arrivera vous croyiez que Moi, JE SUIS (= YHVH, Yahvé) ». Et Jésus le répète (Jn 14.29) : « Je vous ai dit ces choses maintenant avant qu’elles n’arrivent, afin que lorsqu’elles arriveront, vous croyiez ». L’explication divine nous invite donc à considérer la réalisation de ce rêve dans les faits historiques qui l’ont confirmé.

Nous résumerons ici l’interprétation historique et  symbolique que les parallèles bibliques nous suggèrent, selon le principe de « La Bible s’explique par la Bible » (1 Co 14.32 ; Rm 12.6). Voir aussi le commentaire de Jacques Doukhan dans son ouvrage : « Le soupir de la terre » ch 2 :

La tête d’or, métal le plus précieux, représente l’empire Babylonien (v 37), qui subsista de 605 à 539 av JC. L’or veut signifier la puissance, la force et la gloire de ce premier empire universel (38), dont Nébukadnetsar est le roi.

Le second empire, moindre que le premier, est représenté par la poitrine et les bras d’argent de la statue (32, 39a). C’est l’empire Médo-Perse (= les deux bras), dont Daniel vit l’avènement (5.30) en 539. Sa domination dura jusqu’en 331 av JC, caractérisée par un développement de l’activité monétaire en argent, et de la richesse sur tout le territoire.

Le troisième empire symbolisé par le ventre et les cuisses de bronze (32) est celui des Grecs (Dn 10.20), marqué par les conquêtes d’Alexandre le Grand en Orient (39c). L’airain ou le bronze, moins précieux que l’or et l’argent, était utilisé pour armer les soldats grecs, et pour faire du troc commercial (Ez 27.13). Il signifie à la fois la décadence de cet empire par rapport aux deux précédents, et sa puissance militaire et conquérante.

Enfin, les jambes de fer symbolisent un empire caractérisé par une force implacable et destructrice, qui se prolonge dans les pieds de la statue, mêlés d’une argile qui les fragilise. A l’inverse des précédents, cet empire de fer ne sera jamais nommé dans le livre de Daniel. C’est la connaissance de l’histoire qui nous permet de l’identifier à l’empire Romain, quatrième puissance à étendre sa domination sur le monde, à lui imposer une discipline de fer et à assimiler toutes les cultures à la sienne. 

Le prolongement de cette sorte de pouvoir dans le temps jusqu’à la fin du monde est suggéré par la présence du fer dans les pieds et les orteils de la statue, frappés par la petite pierre.

L’argile est qualifiée « d’argile du potier ». En nous référant au texte de Jérémie 18.1-6, où Dieu symbolise son peuple par l’argile dans la main du potier, nous pouvons penser que dans la succession des empires politiques, apparaîtra un empire qui mêlera à son pouvoir politique et économique un pouvoir religieux. Cet alliage incompatible, comme celui du fer et de l’argile (43), causera  sa faiblesse (42) et entraînera sa disparition définitive sous le coup de la petite pierre. Ce type de gouvernement se situera dans les derniers temps, où les royaumes représentés par les orteils seront divisés mais unis par des alliances humaines, c’est-à-dire mortelles, donc fragiles, éphémères.

La petite pierre contraste par sa taille, son origine et son mouvement avec la statue immense dressée sur la terre. La petite pierre se détache de la montagne sans le secours d’une main (45 et 34) : ces deux détails lui confèrent une origine divine, la montagne évoquant dans la Bible la montagne de Sion, où demeure Dieu (Ps 2.6 ; 48.2 ; Jo 3.17 ; Ap 14.1), et le secours de la main symbolisant l’intervention humaine. La pierre elle-même est un matériau brut, non taillé, dur, solide comme le Roc, qui désigne le Messie, pierre d’angle rejetée par ceux qui bâtissaient (Ps 118.22 ; Es 14.13 ; 28.16 ; 1 Pi 2.4-7). Le royaume ainsi symbolisé apparaît donc d’une autre sphère que les empires humains, il ne succède pas naturellement aux autres ; sa venue est indépendante de l’homme (44) et anéantit les royaumes terrestres, même mêlés de religion. Ce royaume spirituel, éternel et infini dans l’espace et le temps (44c), apparaît d’abord dans la discrétion et l’humilité, mais finit par prendre toute la place (35). On peut y voir le raccourci de l’intervention de Christ dans l’histoire avec ses deux venues, dans l’humilité puis dans la gloire.

Le songe indique pour la première fois une notion de temps (44) avec l’expression « dans le temps de ces rois » représentés par les dix orteils mêlés de fer et d’argile, unis en apparence, mais divisés intérieurement (43). Ainsi la fin des temps est-elle marquée par des tentatives d’unification mondiale qui seront stoppées par la venue du Messie (Ap 16.13-19). On peut faire un parallèle entre cette intervention destructrice des pouvoirs humains et celle de Dieu à Babel, descendant détruire la tour érigée par les hommes unis pour se faire un nom et atteindre le ciel (Gn 11).

Par ce texte de Daniel, la Bible annonce ce que nous voyons se réaliser sous nos yeux, dans les efforts politiques, économiques et religieux de mondialisation, et même dans le souci au sein de notre Église d’une unité qui gommerait les particularismes culturels dans l’expression de la foi. Le songe du roi nous rappelle que ces efforts demeurent vains, car seule la foi en Christ est le trait d’union entre les hommes et les femmes de tous pays et toutes cultures (Ap 14.6).

Daniel conclut l’explication historique du songe en affirmant que puisqu’elle vient de Dieu qui se révèle personnellement au roi pour lui dévoiler l’avenir, le roi peut avoir confiance en sa vérité, elle se réalisera ! Nous qui vivons à l’époque de « ces rois » de la fin des temps, nous pouvons constater la réalisation historique parfaite de cette prophétie au cours des siècles, et cela ne peut qu’affermir notre foi et notre espérance pour ce qui reste encore à venir.

Explication psychologique :

Daniel avait annoncé au roi que ce rêve lui était donné pour connaître ce « qui arrivera dans la suite des temps » (28), mais aussi pour connaître « les pensées de son cœur » (30). Grâce aux connaissances de la science psychologique, nous pouvons aujourd’hui tenter de donner à la statue du rêve un sens symbolique à ce niveau psychologique.

En forme d’homme, la statue peut représenter l’Humain qui s’érige orgueilleusement en objet d’adoration, comme le fera le roi Nébukadnetsar au ch 3. Comme ses différentes parties représentaient des pouvoirs historiques, dans cette lecture psychologique, elles peuvent symboliser les différents pouvoirs intérieurs qui dominent l’homme. Il peut être sous l’emprise de son intelligence, sa raison, sa pensée, ses connaissances et son désir de gloire (= tête d’or) ; sous l’emprise de sa volonté d’intervention, de son activité matérialiste et  de sa recherche du profit (poitrine et bras d’argent) ; sous l’emprise de ses passions et de ses émotions (dont le siège est localisé dans la bible au niveau du ventre et des cuisses d’airain) ; sous l’emprise de son désir de pouvoir sur les autres (jambes de fer) qui lui fait se servir de tous les moyens, même la religion, pour dominer sur eux (pieds de fer et d’argile). Soumis à ces diverses forces intérieures, l’homme perd sa stabilité et sa force, il devient fragile malgré ses apparences et ses prétentions de puissance. Toutes ces emprises néfastes au développement de sa personnalité et de ses relations avec autrui, sont balayées lorsque le Christ vient habiter le cœur de celui qui lui ouvre la porte et le laisse développer en lui son royaume de vie (petite pierre).

Une fois encore, mais cette fois sur le plan individuel et psychologique, la vérité de la Parole de Dieu est confirmée par l’expérience et par l’augmentation accélérée des connaissances à la fin des temps (Dn 12.4b).

La reconnaissance de Dieu par le roi (46-49) : Devant la révélation de l’avenir (47b), le roi prend Daniel pour un envoyé divin et se prosterne pour adorer à travers lui, sans que Daniel s’y oppose, le « Dieu des dieux et le Seigneur des rois » (47). Il le reconnaît non comme le Dieu unique créateur, mais comme le Dieu supérieur à tous ceux qu’il connaît, dieux ou rois. En conséquence pour s’attirer les faveurs de ce Dieu souverain, il accorde à son prophète les plus hautes dignités politiques et scientifiques à Babylone.

Daniel ne s’en enorgueillit pas pour autant, et généreusement partage ces avantages royaux avec ses trois compagnons d’exil. Ainsi dans ce pays profondément idolâtre, quatre hébreux courageux peuvent témoigner au vu et au su de tous, de l’existence et de la bonté du Dieu des cieux qu’ils honorent fidèlement.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- De quelle révélation ou bénédiction puis-je louer le Seigneur cette semaine à l’exemple de Daniel (23) ?

 - Comment ne pas m’enorgueillir de la compréhension de la Parole de Dieu et des prophéties bibliques donnée à notre Eglise par l’intermédiaire de Mme White ? Dans quelles occasions m’a-t-il été possible de témoigner de cette compréhension, et comment l’ai-je fait ? Quels sentiments ce témoignage a-t-il provoqués en moi ?

- À l’exemple du roi, faut-il être attentif aux rêves qui nous troublent ? Que peuvent-ils nous apprendre sur « les pensées de notre cœur », nos angoisses, nos désirs profonds, nos traits de caractère ? Comment distinguer ce qui est envoyé par Dieu, et ce qui n’est que l’effet de nos émotions ou de …notre digestion ? Faut-il en tirer des enseignements spirituels, psychiques et/ou physiologiques ?

 - Quels effets a sur ma foi la réalisation historique des prophéties bibliques ? Comment cela change-t-il ma vision des événements et mon attitude face à eux et à Dieu ?

- La connaissance des réalisations de ces prophéties historiques m’aide-t-elle à avoir confiance dans les promesses de Dieu concernant l’avenir du monde ?

- Comment présenter ces révélations à ceux qui sont dans l’angoisse de « ce qui arrivera dans la suite des temps », sans provoquer en eux la peur des lendemains, ou l’insouciance railleuse, mais en les amenant à adorer le Seigneur qui les aime ?

- A quelle emprise intérieure suis-je soumis ? Qu’est-ce qui dirige mes choix, mes  désirs, mes actions ?

- Comment être libéré concrètement de ces passions néfastes pour grandir à la stature parfaite du Christ (Ep 4.13) ?

- Comment mon église contribue-t-elle à cette œuvre de libération et de croissance spirituelle et psychique, individuelle et collective ?

- Quel Dieu me fait connaître l’étude de ce passage de la Bible ? Comment puis-je manifester mon adoration de ce Dieu à mon entourage ? Que peut m’inspirer à ce sujet l’attitude de Daniel (49) ?

08:00 Publié dans Daniel | Lien permanent | Commentaires (0)