05.02.2010

Etude 7 les œuvres bonnes, Tite 2. 11-14(13 02 10)

Etude 7 le Fruit de l’Esprit, les œuvres bonnes, Tite 2. 11-14 (13 02 10)abeille en vol.jpg

 

« Nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » (Eph 2.10)

 

Texte proposé : Tite 2.11-14

 

Observons

Le contexte

Paul a confié à Tite les Eglises de Crête dont la population a très mauvaise réputation (1.12-16). Ces Eglises sont exposées aux séductions de faux docteurs juifs « qui font profession de connaître Dieu mais qui le renient par leurs œuvres » (1.16).

Deux exhortations (2.1-10 et 2.15-3.11) à une conduite digne de la vocation chrétienne encadrent la motivation des exhortations de l’apôtre : la grâce de Dieu nous est accordée pour notre sanctification et notre vie éternelle (2.11-14).

 

Le texte

Nous constatons plusieurs parallèles :

v 11 : la grâce de Dieu manifestée en parallèle avec  v  14a : il s’est donné...

v 12a : renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde en parallèle au v 14b : nous racheter de toute iniquité.

v 12b : vivre dans le siècle présent d’une manière sensée, juste, pieuse, en parallèle avec v 14c : se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui, zélé pour des œuvres bonnes. (remarquer ici la correspondance entre : peuple qui lui appartient et mode de vie pieuse, entre juste et purifié par lui, entre manière de vivre sensée et zélée pour des œuvres bonnes !)

 

Au verset 13, verset central des parallèles, est mise en valeur « la bienheureuse espérance de la manifestation glorieuse de notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ ».

 

Comprendre

Le contexte

Les faux docteurs judaïsants de Crète (1.14), contaminés par les idées gnostiques de l’époque enseignaient que le salut venait de la connaissance acquise par l'esprit et en totale indépendance de la conduite de la vie. Pour lutter contre ces fausses doctrines qui faisaient de Jésus un être seulement spirituel en niant son incarnation, ou un simple homme initié à la sainteté et parvenant à la vie éternelle par son obéissance à Dieu, Paul expose en quelques mots tout l’Evangile de Christ et les fruits qu’il porte.

 

Le texte

L’Evangile se présente en trois actes :

1- Dans le passé, la grâce de Dieu s’est manifestée par le don volontaire de Jésus pour le salut de tous les hommes. (Jean 3.16 ; Rm 5.8 ; Ti 3.4-5). Cette grâce a consisté à délivrer les hommes des conséquences mortelles de leur séparation d’avec Dieu par goût de l’indépendance  et par orgueil (Rm 5.12 ; 3.23). Pour cela, Christ qui est Dieu (v 13) a endossé notre nature humaine et ainsi a accepté de porter en notre nom le poids et le salaire du péché, sans pécher lui-même ; après avoir vaincu toute tentation (Mt 4.1-11) par sa communion avec Dieu, il a, par sa mort sur la croix, fait mourir dans sa chair le principe du péché qui nous sépare de Dieu (Rm 7.23-24). Ainsi il nous a délivrés de ses conséquences, et a rétabli pour nous la relation avec Dieu (Rm 5.10).

Dieu, dans sa grâce, regarde le pécheur qui croit à cette œuvre de la mort et de la vie de Christ en sa faveur, comme juste et pardonné. Il lui donne alors la force de vivre à l’image de son Sauveur (Ti 2.12).

 

2- Dans le présent, la grâce acceptée a pour conséquences la purification (v 14), la régénération de l'être et de la vie, par l’Esprit répandu en abondance (Ti 3.3-6). La présence de l’Esprit Saint transforme la vie du croyant, lui faisant porter ses fruits (Ga 5.22) et commencer la vie éternelle.

Cela se voit par l’abandon de ce qui caractérise ce monde : l’impiété, la convoitise (1 Jn 2.16) et l’iniquité (= œuvres « mauvaises » au sens biblique =  l’idolâtrie) ; cela se voit aussi par l’adoption d’une manière de vivre différente :

sensée = qui prend du sens, parce qu’elle connaît sa raison d’être et son objectif (v 13). Cela implique la tempérance, la maîtrise de soi, c’est à dire le « renoncement à la vaine manière de vivre, héritée de nos pères » (1 Pi 1.18), à l’exemple de Christ. Le zèle pour les œuvres bonnes, préparées par Dieu, dont on ne peut donc pas s’enorgueillir, remplit cette nouvelle vie animée de l’Esprit et l’enrichit (Ti 3.8 ; 1Tim 6.18).

juste = selon la justice donnée par Dieu = l’équité, l’honnêteté, la droiture dans les relations avec les autres, l’adéquation aux situations et aux personnes.

pieuse = selon la communion avec Dieu, dans l’adoration, le respect de sa volonté et la relation d’amour avec lui, pour être un peuple qui lui appartienne, et ainsi témoigne de sa présence et de son amour.

Comme on le voit par ces textes, les œuvres bonnes font véritablement partie des fruits de l’Esprit en nous. Celui-ci nous en donne le discernement et les moyens de les accomplir. Elles ne sont pas appelées « bonnes », parce qu’elles seraient moralement correctes, mais parce qu’elles rendent gloire à Dieu, elles manifestent son amour inconditionnel pour tous (1 Pi 2.12). En aucun cas elles ne procurent le salut à celui qui les accomplit (Rm 3.20 ; Gal 2.16 ; Ti 3.5), elles prouvent seulement sa foi dans le salut reçu de Christ. 

 

3- Dans la perpective de l’avenir, le Saint-Esprit accomplit son œuvre de sanctification pour préparer le peuple à la réalisation de son espérance qui est la manifestation de la gloire de son Sauveur et Dieu, Jésus-Christ, homme et Dieu.

Autant sa première venue fut marquée par la souffrance et l’humilité, autant sa seconde venue sera marquée par la gloire et la plénitude de la Vie éternelle.

Autant notre attente aura suivi le chemin de Jésus dans l’humilité et le renoncement à l’égoïsme et à l’orgueil, et à tout ce qui nous sépare de Dieu, et dans la manifestation concrète de l’action de l’Esprit par des œuvres bonnes, autant son retour glorieux marquera notre réhabilitation, la plénitude de notre être, et la communion éternelle avec le Seigneur.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-         Dieu a manifesté en Jésus sa volonté de sauver tous les hommes. Mais tous ne l’ont pas reconnu et accepté. Ai-je moi-même accepté que Jésus soit mort en ma faveur, sans que je le mérite, pour m’ouvrir la vie éternelle ? Ou bien suis-je encore attaché(e) à l’idée de mériter cette vie par une conduite impeccable ?

 

-         Comment puis-je discerner que l’Esprit me purifie de mon ancienne « vaine manière de vivre » et me guide vers des « œuvres bonnes » ?

 

-         Quelles sont les raisons de ma discipline de vie et de ma pratique « d’œuvres bonnes » ?

 

-         Quelle place tient le retour de Jésus dans ma vie ? Est-ce une perpective bienheureuse ou redoutée ? En quoi influence-t-elle ma vie ?

29.01.2010

Etude 6 la Bonté Mt 5.43-48 (06 02 10)

Etude 6 : le Fruit de l’Esprit, la bonté, Mt 5.43-48 (06 02 10)

                                              

« Ainsi donc comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’ardente compassion, de bonté, d’humilité, de douceur , de patience. Supportez-vous les uns les autres et faites-vous grâce réciproquement» (Col 3 ;12-13a)

(Tableau de la cathédrale de Tours : Partage du manteau de St Martin)Bonté ToursCathPeintureStMartin1.jpg

Observons le texte de Matthieu (5.43-48)

Le contexte

Au centre de son discours sur la montagne, Jésus reprend six préceptes de la loi de Moïse pour les faire passer du domaine extérieur du « faire » au domaine intérieur  de « l’être ». Jésus n’est pas venu abolir mais accomplir la loi, c’est-à-dire la vivre à la perfection, en exemple pour ceux qui désirent être « fils de Dieu ».

Le texte

Il comprend trois parties selon la logique littéraire hébraïque qui place au centre l’idée importante du passage :

a)     v 43-44 : le commandement de l’amour des ennemis

b)     v 45 : la raison d’être du commandement : l’amour inconditionnel de Dieu

a’) v 46-48 : le but du commandement : ressembler à Dieu et non aux hommes.

 

Comprenons

a)     La première partie du précepte rappelé par Jésus au v 43, était bien dans la loi (Lv 19.18), mais la seconde était un ajout des Pharisiens, qui considéraient comme ennemis tous ceux qui n’étaient pas Juifs, et s’arrogeaient le droit de les haïr impunément. Jésus vient bouleverser cet état de fait en demandant de l’amour pour tous, même pour les ennemis. Cet amour n’est pas un sentiment, il s’apparente à une attitude et se manifeste par des bénédictions, des actes de bienveillance, et des prières, envers ceux dont on a à se plaindre, qui maudissent, haïssent et persécutent. Le mal ne peut être vaincu que par le bien (Rm 12.21), c’est-à-dire par l’amour, bonté et respect envers l’autre. De part et d’autre, dans la haine comme dans l’amour, on passe des sentiments aux actes, mais l’amour des ennemis est placé par la prière dans une dimension spirituelle, dans une relation à Dieu qui seul permet son développement.

b)     L’origine de cette bonté, fruit de l’Esprit, c’est  l’amour inconditionnel de Dieu, le Père qui vit dans le monde spirituel (= les cieux), et donne sa grâce (pluie et soleil) à tous, sans tenir compte de leurs mérites moraux ou spirituels (bons et méchants sont appelés ainsi dans la Bible selon leur communion ou leur refus de Dieu, plus que selon leurs actes). Cet amour inconditionnel implique pardon gratuit et actes de bienveillance, sans recherche de son intérêt personnel (1 Co 10.24).

c)      Pratiquer cet amour nous distinguera comme « fils de Dieu » (Jn 13.35), animés de son Esprit, lui ressemblant comme un fils ressemble à son père, l’imitant dans les sentiments et les actes (Ep 5.1), au milieu des « péagers et des païens», des hommes sans Dieu, qui n’éprouvent par nature qu’un amour intéressé. Au fils de Dieu, il est demandé de dépasser le mouvement naturel et d’entrer dans la dimension spirituelle de Dieu. Sa perfection, nous dit Luc (6.36), c’est sa miséricorde, son pardon qu’il offre à tous indistinctement, les bourreaux, les brigands, les prostitués, les péagers, aussi bien que les Pharisiens, les Romains, les pauvres et les riches, car tous ont péché et sont privés de sa gloire (Rm 3.23). Il désire tous nous rendre justes, à son image, pour que son amour et sa bonté soient partagés par tous.

Si nous avons bénéficié personnellement de cet amour et accepté son pardon, Dieu mettra en nous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ (Ph 2.5) et rendra parfaite l’œuvre qu’il a commencée en nous (Ph 1.6), afin que nous soyons reconnus comme fils de Dieu, grâce au témoignage d’une vie pleine de bonté et miséricordieuse envers tous.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

1-     Ce texte montre bien que la perfection ne consiste pas dans l’impeccabilité d’actes moraux conformes à la loi, mais d’abord dans les sentiments et les attitudes vis-à-vis du prochain, inspirés par le Saint-Esprit. Où en suis-je à ce sujet ? Mon cœur est-il inspiré et dirigé par l’Esprit vers la bonté dans mes relations avec les autres ?

 

2-     Ai-je encore en moi une rancune envers quelqu’un ? Comment m’en débarrasser ? Quel geste de bonté puis-je avoir cette semaine envers cette personne pour lui manifester mon pardon et mon amour ?

 

3-     Obéir à l’exigence de surpassement de son égoïsme et de son orgueil pour pardonner et aimer inconditionnellement, n’est possible qu’à celui qui est né de Dieu, qui laisse son Esprit agir dans son cœur, et en balayer les mouvements naturels d’animosité et de vengeance. Laisserai-je le Saint-Esprit m’emplir de cet amour des autres pour transformer mes relations tendues en relations de pardon et de paix ?