06/03/2026
Étude n°11 Col 3.1-17 Vivre avec Christ (14 03 26)
Étude n°11 Col 3.1-17 Vivre avec Christ (14 03 26)
« Par-dessus tout revêtez-vous de l’amour qui est le lien de la perfection »Col 3.14
(Mosaïque 4è s : Christ en majesté = les « choses d’en-haut ») 
Observons Col 3.1-17
Contexte : Paul dans les deux premiers chapitres de son épitre aux chrétiens de Colosses en Asie Mineure, met l’accent sur Christ comme tête de l’Église et rédempteur, qui a délivré les païens du pouvoir des ténèbres et les a fait entrer dans son royaume (1.13), saints et pardonnés (1.22). Morts et ressuscités avec Lui par le baptême, les croyants ont à se garder des fausses doctrines légalistes ou mystiques (ch 2), qui restent de nature charnelle, c’est-à-dire humaine, sans Dieu (2.22-23).
Texte : Ce sont des exhortations de Paul à vivre en ressuscités avec Christ : 15 impératifs dont un à la forme négative (v9).
On peut distinguer 5 grands thèmes :
1-4 : chercher, penser, s’attacher aux choses célestes (Christ x 4)
5-7 : dominer la nature terrestre et ses convoitises
8-9 : se dépouiller de la vieille nature
10-14 : se revêtir de la nature nouvelle en Christ
15-17 : Vivre unis en un seul corps, et tout faire au nom de Christ.
Comprenons
1-4 : Pour appuyer la pensée développée dans les deux premiers chapitres, à savoir que Christ en pardonnant le péché de l’homme lui donne accès à la vie sainte de son royaume, Paul utilise un procédé courant de la rhétorique grecque et juive de son époque : l’opposition systématique entre l’ancien et le nouvel état spirituel et moral de l’homme régénéré. Aux pensées humaines, terrestres, naturelles dites charnelles contre lesquelles il vient de s’élever, il oppose « les choses d’en haut »(3.1-2) que le croyant est appelé à chercher et à cultiver dans sa pensée. Ces choses spirituelles (= « d’en haut ») (v 2) concernent l’œuvre de Christ ressuscité, exerçant le pouvoir de Dieu dans sa plénitude (= « assis à la droite de Dieu ») c’est-à-dire donnant la vie éternelle à ceux qui sont morts et ressuscités avec lui (v 1 et 3), et leur assurant d’entrer dans sa gloire à son retour (v 4). Toute la pensée du croyant est dirigée sur Christ, sur son œuvre passée, présente et future, et sur ses promesses.
V 5-11 : La vie intérieure étant focalisée sur les réalités « d’en haut », célestes, spirituelles, sur la relation intime avec Dieu, la vie extérieure, morale, relationnelle et psychique sera transformée, car elle s’appuiera sur des valeurs différentes de celles du monde. Pourtant l’emploi fréquent du mode verbal de l’impératif dans ce passage montre que la démarche demandée par Paul n’est pas automatique et réclame un effort de la volonté, car la « vieille nature » non régénérée par l’Esprit a tendance à « revenir au galop », selon le proverbe, quand on relâche son attention. Si virtuellement elle est noyée dans les eaux du baptême, elle sait parfaitement nager
et refaire surface à la moindre occasion. (Dessin de Zabou, dans « Dis, Maman, explique-moi le baptême », Ed Vie et Santé)
La liste des péchés donnée par Paul aborde aussi bien les désirs intérieurs qui servent l’idole de l’Ego, du Moi mis au centre et comme but de la vie (v 5), que les comportements relationnels (v 8-9a), contraires à la vérité de l’Évangile, qui divisent et blessent les autres. Ces pensées et ces attitudes sont l’apanage d’une vie rebelle à Dieu, volontairement ou inconsciemment, et tombent sous la condamnation du jugement divin (= « colère de Dieu sur les rebelles »). Le rejet ou la mort de la vieille nature sans Dieu s’accompagne, comme le baptême le symbolise, d’une résurrection, d’un changement total de nature.
Au lieu d’être soumise à ses passions et ses pensées humaines, la nature nouvelle du croyant de toutes origines (v 11), est soumise à l’Esprit de Dieu qui l’habite (v 11b). Elle se renouvelle sans cesse pour retrouver « l’image de Dieu » prévue par Dieu pour sa créature humaine dès l’origine (Ge 1.26-27), et réalisée dans le Christ incarné (Col 1.15). Paul n’a-t-il pas déjà écrit aux Corinthiens que animés par l’Esprit, nous reflétons de façon visible dans notre vie (= « à visage découvert ») l’amour (= « la gloire ») du Seigneur, et nous sommes « transformés en la même image, de gloire en gloire » (2 Cor 3.18) ?
V 12-14 : Suit le tableau des vertus et comportements inspirés par l’Esprit, qui s’opposent du tout au tout à la vieille nature (v 5 et 8). Ils imitent l’exemple du Christ donné dans sa vie terrestre, et sont tournés vers l’intérêt de l’autre avant son propre intérêt (Phi 2.5-8), conduisant au soutien et au pardon mutuels, issus de l’amour « agapê » que Dieu met au cœur de ses bien-aimés (v 14).
V 15-17 : Les dernières exhortations de Paul abordent plus précisément la vie communautaire des croyants régénérés. Ceux-ci sont appelés :
* à rester unis dans la paix et la reconnaissance que fait naître la présence de Christ en eux tous (v 15) sans distinction (v 11),
* à s’édifier mutuellement par l’enseignement de la Parole et des cantiques inspirés par l’Esprit de grâce (v 16),
* à parler et agir en toutes choses pour faire honneur au nom de Christ qu’ils portent comme « chrétiens ». Transformés par l’Esprit, les « vivants ne vivent plus pour eux-mêmes mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux »(2 Cor 5.15 ; Rom 14.7).
Questions pour une application dans la vie chrétienne :
- Que représentent pour moi les « choses d’en haut » que je suis invité-e à rechercher ? Comment transforment-elles ma vision de la vie et des relations humaines ? Comment éviter de faire de ces pensées spirituelles des moyens de fuir le monde, et de m’extraire de la réalité ?
- Comment empêcher ma vieille nature tournée vers moi-même de surnager et d’influer sur mes pensées et mes actes ?
- Le vêtement nouveau reçu de Dieu tient-il compte de ma propre personnalité ? La cache-t-il ou transforme-t-il mon caractère ?
- Quelle est la perfection selon ce texte ? Faut-il en faire le but de sa vie, une condition de salut, une récompense promise à nos efforts de sainteté, ou une promesse renouvelée d’étape en étape de notre croissance en Christ ?
- Dans quelle mesure et avec quels moyens ma communauté vit-elle les exhortations de Paul (v 15-17). Comment contribuer moi-même à les suivre ?
08:00 Publié dans Christ dans Philippiens et Colossiens 1/2026 | Lien permanent | Commentaires (0)
27/02/2026
Étude n° 10 Plénitude en Christ Col 2.6-15 (07 03 26)
Étude n° 10 Plénitude en Christ Col 2.6-15 (07 03 26)
« En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité. Et vous avez tout pleinement en lui qui est le chef de toute principauté et de tout pouvoir. »Col 2.9-10
Observons
Le Contexte v4-5
- Quel est le souci de Paul vis-à-vis de l’église de Colosses ?
- De quoi peut-il toutefois se réjouir ?
Le texte : v 6-15
- V 6-7 : Quelle est sa première exhortation ? Qu’ont reçu les Colossiens ? Qu’implique le fait de marcher ? Est-ce en contradiction avec les métaphores de l’arbre (enracinés) ou du bâtiment (fondés) de la deuxième exhortation ? Sur quoi se fonde la foi des Colossiens ? Quelle est la troisième exhortation de Paul ?
- - v 8 : Que dénonce Paul dans sa mise en garde ?
- V 9-10 : Pour quelle raison se garder des tromperies du monde au sujet du salut ?
- V 11-13 : Quelle est l’œuvre de Christ suffisante au salut de l’homme ? Comment comprendre l’expression : « l’incirconcision de la chair » ?
- V 14-15 : De quel acte rédigé contre les chrétiens s’agit-il ici, (voir Eph2.15 et Héb 7.16-19a) ? Quel sens Paul donne-t-il à la croix ? Qui sont «les principautés et les pouvoirs » dont Christ s’est rendu vainqueur ?
Comprenons
Le contexte
L’hérésie menace l’Église de Colosses et il s’agit pour Paul de sauvegarder l’Evangile face à toutes les spéculations ascétiques des faux-docteurs, enseignées pour atteindre par ses propres efforts la perfection et une sagesse supérieure (Col.2.4 et 8). Certains veulent associer l’Évangile à ces pratiques, ce qui ne peut créer que la confusion (Col 2.16-23).
Le texte
Il s’agit donc pour Paul de rappeler que nous avons tout pleinement en Christ (Col 2.10) et que, morts et ressuscités en Lui (car il nous a pardonné toutes nos offenses Col 2.13-14), nous sommes des êtres nouveaux témoignant dans tous les aspects de notre vie quotidienne de Celui à qui nous appartenons (Col 3.1-17)
V 6-7 : Ce qu’ont reçu les Colossiens, ce n’est pas une doctrine, ni une philosophie fondées sur des traditions ou des principes humains, que Paul détaille aux versets 20-23, mais c’est une personne, le Christ Jésus, le Seigneur ! Avec un tel compagnon de route on ne peut que «marcher », avancer vers la « perfection » que recherchent les Colossiens à tort dans l’observation stricte de traditions ou de prescriptions humaines. Cette marche avec Christ qui nous fait progresser dans la sanctification, n’est possible que si elle s’accomplit sur un terrain solide, c’est-à-dire si elle s’appuie sur les instructions que Paul a données, ses enseignements de la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ, et non sur les traditions ou spéculations philosophiques humaines (V 8). Déjà, même avant l’époque de Paul, la philosophie grecque platonicienne (= de Platon) avait déformé la conception biblique de la nature de l’homme, en acceptant l’idée d’une âme immortelle prisonnière d’un corps mortel. Cette idée a été acceptée par la chrétienté encore aujourd’hui, se détournant de l’enseignement biblique de l’unité fondamentale de l’être humain, corps, âme, esprit (physique, psychique et spirituel), à l’image de l’unité de la Trinité, Dieu Père, Fils et Esprit.
V 9-10 : Paul affirme avec force qu’il est inutile de chercher la vie éternelle ailleurs qu’en Christ pleinement homme et pleinement Dieu. C’est un mystère insondable pour l’esprit humain. Si Dieu a accordé à Christ la plénitude de sa divinité (v 9), celui qui s’unit au Christ par le baptême (v 12), trouve en Lui la plénitude d’une vie nouvelle, « ressuscitée », dépouillée des aspirations humaines de son Moi, et de la culpabilité qu’entretient en lui l’emprise du mal (v 11-13). Paul rapproche la circoncision humaine dans la chair de la circoncision spirituelle demandée au croyant : comme le Juif portant la marque dans sa chair de son appartenance à Dieu (ou plutôt au peuple élu), le chrétien doit être circoncis spirituellement dans sa nature humaine, mourir à son Ego, pour pouvoir ressusciter à une nouvelle vie en Christ, guidée par l'Esprit, comme le symbolise son baptême (v 12).
V 14-15 : Paul donne une définition essentielle du sens de l’œuvre de Christ à la croix : en faisant mourir en son corps la nature humaine pècheresse et coupable qu’il avait accepté d’endosser, il effaçait ainsi toute sa culpabilité et rendait inutile la condamnation que provoque la violation de la loi divine (= « l’acte rédigé contre nous). A la croix ce n’est pas la loi de Dieu qui est supprimée mais la condamnation qui pèse sur le transgresseur de la loi. On ne peut accepter l’idée que certains prêchent encore, que, à la croix, Jésus supprime la Loi, et que dans la vie nouvelle du croyant elle n’a plus sa place ! Ce serait aller à l’encontre des paroles mêmes de Jésus (Mat 5.17) « Je ne suis pas venu pour abolir la loi, mais pour l’accomplir". Celui qui s’unit à Christ manifeste, en plongeant dans les eaux du baptême, sa mort au péché, sa volonté de ne plus s’écarter de la loi divine, son acceptation du pardon de Christ qui efface son péché (=sa séparation d'avec Dieu) et anéantit sa culpabilité, et en sortant de ces eaux il affirme sa foi en la résurrection et en la puissance de Dieu pour lui faire vivre une vie régénérée par l’Esprit qui habite en lui.
Par ce développement sur le sens spirituel de la mort de Jésus-Christ, Paul se démarque profondément de tous les enseignements « hérétiques » qui maintiennent la vie chrétienne dans le « faire » pour gagner ou mériter orgueilleusement la perfection de la vie éternelle, au lieu d’accepter humblement que Christ a déjà tout offert gratuitement à la croix. Grâce à Christ, Dieu considère comme « juste » celui qui reconnaît Christ comme l’auteur de son salut, qui accepte son pardon, et s’engage à « marcher avec lui », qui a triomphé de toutes les puissances contraires (v 6 et15). Toute sa vie, Paul n’a eu de cesse de prêcher ce salut gratuit offert à tous. Il ne condamne pas les recommandations alimentaires d’hygiène de vie (v 23), pour autant qu’on n’en fasse pas des moyens de salut, des mérites devant Dieu, des occasions d’orgueil et de gloire humaine.
Questions pour une application dans la vie Chrétienne
- Qu’est-ce que je recherche dans ma vie ? Être "parfait" pour me distinguer des autres si «imparfaits » à mes yeux, par mon abstinence ou mon rejet des plaisirs de la vie terrestre ? Avoir l’admiration, l’honneur et la gloire dans la société où je vis ? Communier avec Christ en me nourrissant de sa Parole, en suivant son exemple de don de soi aux autres, en répandant sa bonne nouvelle de pardon et de vie transformée par son Esprit ?
- A quoi me pousse l’assurance d’être pardonné par Christ et de tout recevoir de Lui dès à présent ?
- Que représente réellement pour moi la croix de Christ ? Un scandale, une folie, un mystère, un enseignement d’humilité et de don total de soi, la preuve de l’amour de Dieu pour les hommes, le pardon offert pour mon péché, le moyen de Dieu pour effacer ma culpabilité… ?
08:00 Publié dans Christ dans Philippiens et Colossiens 1/2026 | Lien permanent | Commentaires (0)














