03/07/2026
Étude n°2 Le message de la croix 1 Cor 1.17-31 (11 07 26)
Étude n°2 Le message de la croix 1 Cor 1.17-31 (11 07 26)
« La parole de la croix est folie pour ceux qui périssent ; mais pour nous qui sommes sauvés, elle est puissance de Dieu » 1 Cor 1.18 
Observons
Le contexte : Nous sommes au début de la lettre que Paul envoya à l’Église de Corinthe, sans doute depuis Éphèse vers 55 ap JC. L’église de Corinthe était déchirée par des divisions partisanes, et composée de gens simples de la ville portuaire (26) et d’une élite d’intellectuels, se piquant de philosophie grecque, admirant pour son éloquence Apollos, le missionnaire juif venu d’Alexandrie, ou se réclamant du message plus judaïsant de Pierre (1.12), ou de l’ouverture aux païens de Paul, ou même de Christ seul ! Christ étant la traduction du mot « Oint », ce groupe se focalisait-il sur l’onction de l’Esprit et les dons spirituels (Ch 12) ? Il pourrait alors être l’ancêtre des mouvements charismatiques d’aujourd’hui !
Le texte : L’argumentation se fonde sur des oppositions paradoxales entre sagesse et folie, faiblesse et puissance selon qu’on est croyant ou incroyant, recherche de sagesse philosophique des Juifs et des Grecs contre prédication de Christ crucifié. Ces paradoxes se trouvent au centre de deux professions de foi en Christ, parallèles aux versets 17 et 31-32 :
1- v 17 : Mission de Paul : annoncer la croix de Christ
2- v 18-29 : la croix est une folie pour l’incroyant, mais une puissance de Dieu pour le croyant.
3- v 30-31 : Jésus Christ, sagesse de Dieu pour le croyant.
Comprenons
On perçoit l’influence de la Corinthe non-chrétienne sur l’Église dans la recherche de la popularité personnelle des leaders, dans l’ambition de briller par ses connaissances, sa « sagesse » intellectuelle. C’est dans ce sens très général de « savoir intellectuel » qu’il faut comprendre le mot grec « sagesse ». Paul en prêchant Christ crucifié (v 17,23) bouleverse le système de valeurs en cours dans la ville et dans l’église.
1- v 17 : Si la prédication a pour but l’auto-valorisation du prédicateur qui emploie pour cela tous les artifices de l’éloquence et de la rhétorique, la croix de Christ est « vidée de son sens » (NBS). L’Evangile de la croix condamne « les importants », et élève ceux qui ne sont rien, comme la parabole du Pharisien et du Péager le conclut (Luc 18.14 ; Marc 9.35). Paul oppose la sagesse humaine faite de connaissances ou sciences humaines, philosophiques, techniques ou morales, à la sagesse divine, spirituelle que contient et exprime la croix de Christ, et qui est une puissance de vie et de salut pour le croyant (v 18 et 21).
2- v 18-29 : Pour le philosophe incroyant grec, esthète et sage selon le monde, mais courant à la mort spirituelle, la croix est une folie : il la considère comme l’échec méprisable d’un homme mis à mort par le plus horrible des supplices. Pour celui qui cherche à briller aux yeux des hommes, il est impensable de se réclamer d’un tel abaissement et de se glorifier d’une telle mort.
Pour le Juif croyant en un Dieu tout-puissant et glorieux, qui se manifeste dans des miracles spectaculaires (22), il est scandaleux que le Messie attendu puisse être cet homme livré, sans broncher, à la mort la plus ignominieuse. La sagesse des scribes (= savants) Juifs attendait des manifestations terrestres et glorieuses d’un Messie-Roi temporel. Ils étaient incapables de percevoir le sens spirituel de la croix, de saisir la valeur de sacrifice expiatoire (= qui enlève le péché) de Christ, de comprendre que dans cet abaissement suprême et ce renoncement total à lui-même, Jésus faisait mourir en son corps la nature pécheresse de l’homme (1 Pi 2.24 ; Es 53.5-6), qu’il avait endossée dans l’incarnation. Par cette mort il donne à l’homme la possibilité de vivre éternellement délivré du péché et en communion avec Dieu, comme lui-même le réalisa à sa résurrection. Le monde spirituel est incompréhensible même aux plus intelligents des humains, si l’Esprit de Dieu ne le lui révèle pas, et si l’homme (ou la femme) refuse d’y accéder par attachement à ses valeurs terrestres et « charnelles » (1 Co 2.13-14).
En quoi la prédication de la croix est-elle une puissance de Dieu pour le croyant (v 18) ?
-Elle invite tout homme à se reconnaître dans ce crucifié, à avouer son erreur de jugement (erreur de cible = péché), qui a conduit au supplice un innocent et qui encore aujourd’hui rend l’homme responsable des dévastations et des maux terribles de la terre. Elle pousse chacun à abandonner ses prétentions de gloire personnelle et ses ambitions orgueilleuses de pouvoir, pour accepter de voir la vérité de son cœur, et éprouver le besoin d’un changement profond de son être.
-Lorsque l’homme face à la croix a parcouru cette première partie du chemin de la sagesse divine, la puissance de Dieu peut intervenir en son cœur et le transformer, le relever d’entre les « morts spirituels », comme elle a relevé Christ du tombeau, après l’abandon total de sa vie à la grâce de Dieu, par amour pour les hommes. Le croyant comprend alors, en l’expérimentant, la puissance spirituelle de régénération que contient la prédication de la croix. Il connaît Dieu dans la sagesse de Dieu (v 21-25). Cette sagesse ne s’acquiert ni par le rang social, ni par le pouvoir, ni par la richesse, ni par le « savoir » intellectuel (26), mais par l’humilité du cœur qui s’ouvre à l’Esprit de Dieu.
3- v 30-31 : Jésus-Christ non seulement nous révèle cette sagesse divine, mais devient pour le croyant la seule sagesse salvatrice (Pr 2.10-12 ; 8.10-11). Les trois attributs : justice, sanctification, rédemption, sont l’explication, le développement de la sagesse. Cette sagesse guérit notre être intérieur en lui accordant la justification devant Dieu : Celui qui croit au sacrifice de Christ pour lui est pardonné, considéré par Dieu comme juste. Christ alors sanctifie, purifie, met à part pour son service, le cœur du croyant au fur et à mesure de sa marche avec Lui, rétablit l’image de Dieu abîmée par le péché, et lui permet de croître jusqu’à Sa stature parfaite (Ep 4.13).
Enfin la sagesse divine, incarnée en Christ promet la rédemption au croyant, c’est-à-dire le « rachat », la délivrance définitive de l’esclavage du péché et de la mort, pour le jour de la résurrection à son retour en gloire (Rom 8.23 ; 1 Cor 15.52 ; 1 The 4.16-17).
V 31 : La citation de Jérémie (9.23-24) conclut ce passage en rappelant que le salut de Dieu étant entièrement gratuit, l’orgueil humain ne peut en tirer à son profit aucune gloire. Il doit être déraciné et son ego doit, en acceptant la vie éternelle comme un don miséricordieux et immérité du Sauveur Jésus.
Questions pour une application dans le vie chrétienne
- Que représente la croix dans ma vie personnelle et dans la piété de mon église ?
- En quoi la pratique de notre foi en Christ crucifié peut elle confondre la sagesse du monde ?
- Comment situer les efforts d’évangélisation de notre Eglise ? Qu’y prêchons-nous : la « folie de la croix », « la sagesse » de notre mouvement adventiste, la gloire de nos connaissances bibliques et prophétiques ?
- Voulons-nous laisser la puissance de Dieu nous transformer et nous faire grandir à son image, ou cherchons-nous à la capter au profit de notre gloire personnelle ou institutionnelle ? Par quelles peurs ou quels attachements terrestres freinons-nous cette œuvre de croissance et de sanctification ?
08:02 Publié dans Epitres aux Corinthiens été 26 | Lien permanent | Commentaires (0)
26/06/2026
Étude n° 1 Ministère de Paul à Corinthe Actes 18.1-11 (04 07 26)
Étude n° 1 Ministère de Paul à Corinthe Actes 18.1-11 (04 07 26)
« Sois sans crainte, mais parle et ne te tais pas, car moi je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal, parce que j’ai un peuple nombreux dans cette ville »Actes 18.9-10 (carte du 2ème voyage de Paul)
Observons
Contexte
Paul au cours de son second voyage missionnaire, porte l’Évangile en Grèce. Après Philippes, Thessalonique, Bérée, et Athènes, il atteint Corinthe.
Texte
Plan
v 1 : Introduction : arrivée à Corinthe
v 2-3 : Liens amicaux et professionnels entre Paul, Aquilas et Priscille.
v 4-5 : travail alimentaire, puis consécration totale de Paul au témoignage, parmi les Juifs, de la messianité de Jésus.
v 6-8 : Opposition des Juifs qui provoque le départ de Paul, fondation d’une école indépendante de la synagogue, et conversions de Juifs et de Grecs.
v 9-10 : Vision d’encouragement du Seigneur
v 11 : Conclusion : Paul reste un an et demi à Corinthe.
A remarquer :
- une opposition (mais) entre les v 4 et 5 : le témoignage se limite au sabbat, à cause du travail alimentaire de Paul ; puis le témoignage se fait à temps plein, à l’arrivée des compagnons de Paul.
- une opposition (mais) entre la fin du v 5 et le début du v 6 dans une construction en parallèles concentriques qui mettent en valeur le message destiné aux Juifs :
a : il attestait aux Juifs
b : Jésus était le Messie
a’ : les Juifs s’opposaient
- une opposition (pourtant) entre les v 6 et 8, entre l’attitude des Juifs et celle de Crispus le chef de la synagogue, et entre le rejet des Juifs par Paul et l’acceptation du message par les Corinthiens. Au centre (v 7) de ce parallélisme, on trouve la création de l’école chrétienne indépendante des Juifs, mais toute proche.
- les paroles du Seigneur qui ordonne, rassure et encourage à persévérer dans le témoignage. (v 9-10)
- l’apparition autour de Paul de plusieurs personnages Juifs ou Grecs, qui vont l’aider à bâtir l’Eglise de Corinthe : Aquilas et Priscille, Silas et Timothée, Justus, Crispus et sa famille.
Comprenons
Contexte
Corinthe était une ville commerçante florissante à l’époque de Paul, à cause de ses deux ports : à 2km, Léchée recevait le trafic maritime de l’Occident, à 13km Cenchrées, de l’autre côté de l’isthme sur la mer Egée, recevait les bateaux de l’Orient. Cette ville cosmopolite et ouverte à tous les cultes vivait dans la licence des mœurs et le matérialisme. La déesse Vénus y avait mille prêtresses, prostituées sacrées. Paul n’hésite pas à y annoncer l’Évangile, se fiant à la promesse de Christ qui, malgré les apparences, y prévoit de nombreux disciples.
Texte
On ne sait pas si Aquilas et Priscille étaient déjà chrétiens à l’arrivée de Paul. Ils avaient été chassés de Rome par un édit de l’empereur Claude contre les Juifs à la suite de troubles provoqués par un certain « Chrestus », selon Suétone, un historien romain. Y avait-il déjà aussi à Rome des disputes entre chrétiens et Juifs auxquels les chrétiens étaient assimilés ? On ne sait. Aquilas et Priscille se sont peut-être convertis après avoir rencontré Paul. Ils l’accompagnèrent à Ephèse où ils enseignèrent Apollos, et retournèrent à Rome, lorsque l’édit impérial tomba en désuétude (Rom 16.3). Paul à son arrivée à Rome trouvera des Juifs et une église chrétienne dont on ignore le fondateur (Ac 28).
Paul pratiqua assidument son métier de faiseur de tentes, pour ne pas être à charge de quiconque. Il prêchait le sabbat parmi les Juifs. L’arrivée depuis la Macédoine, de ses compagnons Silas et Timothée, lui permit de se consacrer à plein temps à la propagation de la Parole. Ses compagnons devaient lui avoir apporté des dons des Eglises grecques, ou bien avoir une activité professionnelle pour subvenir à ses besoins.
On voit s’organiser la vie matérielle du missionnaire :
- il commence par assurer sa vie par un travail et l’aide d’amis hospitaliers, pour ne pas être accusé ensuite de vues intéressées (voir à ce sujet Actes 20.34 ; 1 Co 9.11-18 ; 2 Co 11.8-9).
- Puis, il se consacre entièrement à l’enseignement de la Parole, dès qu’une communauté peut en assumer la charge financière, selon le principe de 1 Co 9.13-14.
- Il s’entoure de collaborateurs fermes dans la foi, qui peuvent poursuivre son œuvre dans les Églises, tandis qu’il va plus loin.
L’apôtre dans une ville nouvelle se tourne d’abord vers son peuple, à qui il annonce toujours la messianité de Christ, puisque l’espérance des Juifs était la venue du Messie. Une fois encore (Ac 13.45-48) le refus des Juifs provoque le départ de Paul vers les païens.
Secouer ses vêtements symbolisait la rupture absolue de toutes relations. Les paroles de Paul (v 6) le dégageaient de toute responsabilité dans leur perte spirituelle : il leur avait annoncé le salut, c’étaient eux qui le refusaient.
Si Paul se tourne vers les païens, il ne s’éloigne pas beaucoup de ses frères Juifs : il va enseigner chez un voisin de la synagogue, un Grec « craignant Dieu », prosélyte du judaïsme. Il reste si près de la synagogue que les Juifs bien disposés ont l’occasion d’entendre encore l’Evangile !
Cette proximité fut source de conversions de Juifs et de Grecs, qui pouvaient librement se retrouver chez Justus. Cette école chrétienne unissait les deux peuples autour du Christ (Ep 2.11-16). L’Eglise adventiste ne peut-elle pas être aussi la charnière entre le judaïsme et le pagano-christianisme de notre siècle, par son enseignement basé sur toutes les Ecritures et son observation du sabbat ?
Le Seigneur intervient personnellement dans une vision, afin de donner à Paul deux raisons de reprendre courage : sa présence fidèle, et l’espérance d’une grande moisson à Corinthe.
Le témoignage de Paul s’appuie sur la révélation personnelle de Christ, sur la foi en sa présence et sa protection constantes, sur la promesse de l’efficacité de sa Parole.
Pendant ce séjour de 18 mois à Corinthe, Paul écrivit les deux plus anciens livres du Nouveau Testament, les deux lettres aux Thessaloniciens.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Ai-je conscience que le Seigneur attend ma participation active à la propagation de la Parole ? Sur le plan matériel par la dîme et les offrandes pour subvenir aux besoins de ceux qui consacrent leur vie à ce ministère de la Parole, et sur le plan affectif, par ma collaboration personnelle et amicale avec les pasteurs, à la mesure de mes capacités.
- Comment puis-je aider cette semaine mon pasteur dans cette œuvre de témoignage, aussi bien parmi mes frères de l’Église qu’à l’extérieur ?
- Quel est le sujet de mon témoignage : ma personne, mon Église, ou Jésus-Christ, le Sauveur?
- De quelles promesses de ce texte puis-je m’emparer pour témoigner autour de moi ?
- Vers qui ce texte m’invite-t-il à me tourner pour lui annoncer le salut en Jésus-Christ ?
08:00 Publié dans Epitres aux Corinthiens été 26 | Lien permanent | Commentaires (0)














