22/05/2026
Étude n° 9 Péché, Évangile et Loi, Romains 3.19-26 (30 05 26)
Étude n° 9 Péché, Évangile et Loi, Romains 3.19-26 (30 05 26)
« Je n’oublierai jamais tes statuts (=lois), car par eux tu me fais vivre. Je suis à toi : sauve-moi ! car je recherche tes statuts » Ps 119.93-94
Observons
Le contexte : Après avoir démontré dans les ch 1 et 2 de sa lettre aux Romains, l’universalité du péché (non-Juifs et Juifs sont à égalité, même si les Juifs ont l’avantage primordial d’être les dépositaires de la Parole de Dieu (3.1-9), Paul appuie sa démonstration sur les textes des Écritures qui affirment que tous les hommes sont coupables parce que « la crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux » (v 10-18).
Le texte
Structure
V 19-20 : La loi fait connaître le péché
V 21-22 : La justice de Dieu s’obtient par la foi en JC
V 23-26 : La mort de JC, moyen de rédemption et d’expiation pour tous. (Le Tintoret Crucifixion, détail)
Répétitions :
Justifié = v 19, 20, 24
Justice de Dieu = v 21, 22, 25, 26
Dieu reconnu juste : v 26
Dieu justifiant : v 26
6 fois Dieu justifie ou accorde sa justice, 2 fois l’homme est l’objet de la justice de Dieu. Le vocabulaire est essentiellement juridique.
3 fois les destinataires de l’œuvre de salut de JC sont désignés comme « ceux qui croient » (22), « ceux qui ont la foi en son sang » (25), celui qui a la foi en Jésus » (26)
Opposition entre l’œuvre de justification de Dieu et l’état de péché de l’homme (v 19, 20, 23, 25)
Au centre du texte (v 24-25) on trouve les notions de « rédemption » en Christ, et « d’expiation » opérée par Christ pour « ceux qui ont la foi en son sang ». Ces deux termes sortent du vocabulaire juridique : ils sont du domaine social (rédemption = relation entre les hommes) et religieux (expiation = relation avec Dieu).
Comprenons
Le contexte : Paul vient de citer quelques passages des Écritures qui justifient son affirmation de l’universalité du péché : Ps 14.1-3 pour les versets 10-12 ; Ps 5.10 ; 140.4 ; 10.7 pour les v 13-14 ; Es 59.7-8 pour les v 15-17. Paul cite ces textes selon la version des Septante en grec qu’il connaissait. Ces passages dénoncent l’injustice générale et l’égarement de l’humanité qui « ne cherche pas Dieu ». Cet égarement se manifeste dans la parole mortelle, dans l’activité meurtrière et destructrice, et dans l’absence de paix et de crainte (ou respect de Dieu), qui règnent parmi les hommes.
Le texte V 19-20 : Paul conclut que ces révélations de l’Ancienne Alliance s’adressent aux Juifs « qui sont sous la loi », c’est-à-dire qui en sont les dépositaires tenus d’y obéir, pour les avertir que eux aussi sont concernés puisque « tous sont coupables devant Dieu» (ch 1-2), car la source du péché se trouve dans le cœur humain. L’observation de la loi morale ou rituelle ne peut donc constituer un mérite pour obtenir la justice de Dieu, ou en d’autres termes pour être considéré comme juste par Dieu. Les efforts faits pour observer la loi sont vains et imparfaits, s’ils ont pour but de gagner le salut, émanant ainsi d’un cœur orgueilleux et suffisant, et non d’un amour véritable pour Dieu. L’Éternel n’a pas donné la loi à l’homme comme moyen d’acquérir la vraie justice ou la sainteté, mais comme révélateur de son état profond de péché, pour le conduire à Dieu dans la repentance (Ga 3.24).
V 21-22 : En opposition, (« Mais maintenant » = sous la Nouvelle Alliance) à cette prétention d’obtenir le salut par l’obéissance à la loi, Paul va développer avec joie (ce « mais maintenant » manifeste un soulagement, une libération !), la vraie source de justice que révèle tout l’Ancien Testament (= Loi ou Thora, et Prophètes) : Dieu accorde sa justice à tous ceux qui croient en Jésus (v 22 // 1.16-17), sans que l’obéissance à la loi joue un rôle pour l’obtenir.
V 23-24 : Pour comprendre en quoi consiste cette justice ou sainteté accordée par Dieu « gratuitement et par grâce » (la redondance insiste sur l’idée du don inconditionnel de Dieu), à celui sans distinction d’origine, et sans mérite, qui croit dans le « sang » de Christ, Paul use de deux métaphores, la rédemption et l’expiation, qui même si elles sont fort employées dans le Nouveau Testament, demandent à chaque fois d’être expliquées. (Nous nous attacherons dans cette étude uniquement à la notion de la rédemption.
La rédemption
Privé de la gloire de Dieu, c’est à dire coupé de l’image de Dieu qu’il était destiné à être (Ge 1.27 // 1 Co 11.7), parce qu’il s’est soumis à Satan, l’Homme est devenu esclave du péché dont il ne peut s’affranchir lui-même (Rm 6.16 ; 7.23-24 ; 2 Ti 2.26 ; 2 Pi 2.19).
Le mot « rédemption » est de la même racine (ou gā’al en hébreu, lutroô ou agorazô en grec) que le mot « rachat » et signifie dans la Bible « racheter, libérer » d’un asservissement un humain ou un bien, au moyen d’une aide extérieure ou « rançon ». Il a pris dans le langage actuel une extension de sens pour désigner « le plan du salut de Dieu en Jésus-Christ ». Dans l’Ancien Testament (Lév 25.25 ; Ruth 3 et 4 ; Jér 32.6-9), le rachat d’une personne, d’un bien, d’une propriété aliénée ou hypothéquée, est opéré par le «go’ēl » le « racheteur » qui est le plus proche parent, pour préserver l’intégrité familiale. Une autre racine « pādā » est utilisée pour la libération des Israélites esclaves en Égypte (Ex 6.6 ; 15.3) et pour le rachat des premiers-nés normalement consacrés à l’Éternel (Ex 13.13). L’idée de rançon et de rachat de liberté nous est bien connu aujourd’hui lors de la libération des otages retenus prisonniers par leur ravisseur.
Ici Paul fait « du sang du Christ » ou en d’autres mots de la mort de Christ sur la croix, la rançon, le prix payé par Dieu pour libérer sa créature du péché qui l’éloigne de Lui.
Cette idée de prix ou de rançon payée est en contradiction avec celle de la gratuité de la justice de Dieu, de la grâce offerte à tous ! Il ne faut donc pas pousser la métaphore trop loin, sinon on introduit une notion mercantile dans le processus du salut. A qui en outre Dieu (ou Jésus) payerait-il de sa vie ce salut ?
Retenons ici simplement l’idée de libération de l’esclavage du péché et de la
mort. Comment le sang de Jésus (= la vie de Jésus donnée sur la croix) permet-il à celui qui croit, d’être libéré de la mort, de la culpabilité et du péché, et d’être considéré comme « juste » devant Dieu ?
Dans chacun des cas de rachat ou de libération mentionnés précédemment, il y a une notion de substitution : Au premier-né consacré à l’Éternel, est substitué un agneau offert à Dieu (Ex 13.13). Plus tard la consécration de toute la tribu de Lévi remplaça la consécration des premiers-nés des autres tribus (Nb 3.41). A la sortie d’Égypte, à la dixième plaie, le sang d’un agneau prend la place des premiers-nés de la maison où il a été aspergé, pour les libérer de la mort. Dans le récit de Ruth, Booz est le « go’el » de la famille de Naomi, et en rachetant la propriété de Naomi, il se substitue au mari défunt de Ruth pour lui donner une descendance et lui conserver son héritage. La libération est liée à la substitution par le « rédempteur » au moyen d’une rançon (sang ou argent) au profit du racheté. Dans le rachat par Jésus « qui donne sa vie en rançon pour beaucoup » (Mc 10.45 ; Mt 20.28), la même idée de substitution apparaît : la mort de Jésus se substitue à la mort de tous les pécheurs, pour que ceux qui croient en lui bénéficient de sa vie. Un épisode très symbolique de la passion de Jésus peut nous
aider à comprendre cette substitution (Jn 18.39-40): Condamné à mort pour ses crimes, le brigand Barabbas (= fils du père !) est délivré parce que Jésus (Fils du Père !) prend sa place : il paye de sa vie la libération de Barabas.
De même Caïphe prononce une parole prophétique inconsciente en disant (Jean 11.50) : « il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas ! » Son choix politique pour sauver le peuple Juif de la colère des Romains s’est révélé donner le sens spirituel de la mort de Jésus. Dieu a choisi de se substituer lui-même en Jésus à l’ensemble de l’humanité ; il a choisi de subir, à la place de l'humain, la mort qui l’attend à la suite de sa séparation d’avec Lui. Ce faisant il réintègre dans sa famille, dans sa maisonnée, celui qui accepte ce don d’amour ; Il le réconcilie avec Lui, selon l’autre image qu’emploie Paul en 2 Cor 5. 19 pour parler du sens de la croix : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même sans tenir compte aux hommes de leurs fautes et il a mis en nous la parole de la réconciliation »
Les histoires d’otages libérés contre rançon, ou de Juifs sauvés des camps de concentration par la substitution d’hommes ou de femmes qui ont accepté de prendre leur place peuvent nous faire comprendre le rachat de notre vie et de notre liberté par Jésus (Rm 5.7-8).
Pour bénéficier de ce rachat, de cette réconciliation, Paul affirme qu’il suffit au pécheur repentant de croire que Jésus l’a accompli en sa faveur, de s’approprier personnellement ce don et d’intégrer à sa vie la libération du péché. Il est considéré comme juste devant Dieu et peut alors commencer une vie nouvelle, affranchie de l’esclavage du péché, marchant dans la sainteté et la justice que lui communique sa communion avec son Rédempteur (Jean 17.17 ; 1Jn 3.3,5-6).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Ai-je pris conscience de mon impossibilité à acheter moi-même la vie éternelle, à me libérer du péché par mes efforts de sainteté ? Quelles sont encore mes illusions à ce sujet : obéissance à la loi, observation du sabbat, appartenance à « l’Église du Reste », hygiène alimentaire, ou toute autre pratique, bonne en elle-même, mais considérée comme « méritoire » ?
- Comment changer d’état d’esprit à l’exemple de Paul (Phi 3.8-9) et acquérir la « justice de Dieu » ?
-Si je reconnais que Dieu en me rachetant, me réconcilie avec Lui, me fait entrer dans sa famille, comment puis-je vivre concrètement cette réconciliation dans ma relation avec Lui et avec les autres ? Comment manifester ma reconnaissance et témoigner de ma libération du péché par la grâce de Christ ?
08:00 Publié dans Grandir avec Dieu 2/26 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/05/2026
Étude n°8 Luc 7.1-10 Avoir la foi (23 05 26)
Étude n°8 Luc 7.1-10 Avoir la foi (23 05 26)
« La foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » Héb 11.1
Observons
Le contexte (v 1) : Jésus vient de prononcer les paroles du Sermon sur la Montagne où il présentait la charité (=amour) comme la disposition essentielle de ceux qui font partie du royaume de Dieu.
Le texte Luc 7.1-10 (Illustration : Polyptique de Montbéliard 16ès)
V 2-5 : Intercession des Anciens Juifs, pour le centenier romain bien méritant : Pourquoi ?
V 6-8 : Intervention des amis : que veulent-ils exprimer au sujet du centenier ? Que prouvent l’attitude et les paroles de ce dernier ?
v 9-10 : Admiration de Jésus pour la foi du centenier et guérison du serviteur.
Aux mérites (2-5) du centenier le texte oppose sa foi (9-10) qu’il a manifestée par son attitude et ses paroles (6-8).
Comprenons
La guérison d’un serviteur du centenier romain intervient après le sermon de Jésus sur le royaume comme une illustration à la fois de l’amour de Jésus pour tout un chacun même non-juif, et de la foi agissante qui est demandée au candidat au royaume, quels que soient son origine et ses mérites humains.
V 2-5 : Luc insiste sur
- l’affection et la compassion du soldat romain pour un de ses serviteurs,
- l’humilité de ce chef romain qui n’ose pas venir lui-même auprès du juif Jésus, et qui envoie des anciens des Juifs pour intercéder en sa faveur,
- l’amour de ce romain pour la nation juive et sa religion, puisqu’il a bâti une synagogue.
Cette insistance veut mettre en valeur à la fois les bonnes dispositions de cœur et d’esprit du centenier, qui se tourne vers Jésus dans son souci, simplement parce qu’il a reconnu en Jésus, par les propos rapportés à son sujet, quelqu’un capable de l’aider ; mais aussi elle met en valeur la conception du salut par les mérites qu’ont les Anciens des Juifs. Cette conception toute humaine va être bouleversée à la fin du récit.
V 6-8 : Jésus répond à la sollicitation d’aller chez le centenier, malgré son état de non-circoncis qui le rendait impur (= infréquentable parce que son « impureté »pouvait être contagieuse) aux yeux des Juifs, mais il est arrêté en chemin par l’ambassade des amis : le centenier scrupuleux et respectueux de l’autre ne veut pas imposer une souillure à Jésus en le forçant à entrer chez un non-Juif. Il exprime ainsi son sentiment profond d’indignité, pas seulement sociale ou rituelle mais spirituelle. Face à Jésus, il se sent pécheur. Fort de son expérience de chef militaire, il sait la puissance de la parole du chef sur ses subordonnés, et il attribue à la parole de Jésus une puissance sur la maladie de son serviteur pour le moins équivalente, voire supérieure à la sienne qui ne s’exerce que sur des hommes.
A l’humilité se joint la foi chez un homme qui n’est pas du peuple juif et qui n’a pas ses connaissances bibliques sur Dieu. Ce que le centenier a entendu dire de Jésus lui a suffi pour éveiller en lui ces deux sentiments indispensables au salut.
V 9-10 : l’admiration de Jésus pour la foi de cet homme non-juif est une vraie interpellation pour le peuple juif qui l’écoute et pour nous qui croyons connaître Dieu et en oublions de placer notre confiance en lui. Matthieu (8.11-12) ajoute à l’admiration pleine de tristesse de Jésus, un sérieux avertissement aux « fils du royaume » que croient être ceux qui ont la connaissance des promesses divines mais qui n’y ajoutent pas foi ; ils pensent en effet que leur appartenance au peuple de Dieu par la circoncision et leurs mérites personnels, leur donne automatiquement le salut.
En guérissant le serviteur malade de ce centenier romain par sa seule parole et à distance (Mat 8.13), Jésus contredit de façon éloquente les croyances de son peuple, et affermit la foi du centenier.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Que signifie l’humilité face à Jésus ? Quel lien y a-t-il entre l’humilité et l’obéissance ? (v 7-8) ?
- Face à la maladie, en qui est-ce que je place ma confiance en priorité :
- dans le traitement médical
- dans le médecin
- dans la puissance de guérison de Christ
- dans l’intercession de mes amis ou du pasteur
- dans mes mérites à l’attention de Jésus sur moi
- dans l’amour de Christ quelle que soit l’issue de la maladie ?
08:00 Publié dans Grandir avec Dieu 2/26 | Lien permanent | Commentaires (0)














