15/05/2026
Étude n°8 Luc 7.1-10 Avoir la foi (23 05 26)
Étude n°8 Luc 7.1-10 Avoir la foi (23 05 26)
« La foi, c’est l’assurance des choses qu’on espère, la démonstration de celles qu’on ne voit pas » Héb 11.1
Observons
Le contexte (v 1) : Jésus vient de prononcer les paroles du Sermon sur la Montagne où il présentait la charité (=amour) comme la disposition essentielle de ceux qui font partie du royaume de Dieu.
Le texte Luc 7.1-10 (Illustration : Polyptique de Montbéliard 16ès)
V 2-5 : Intercession des Anciens Juifs, pour le centenier romain bien méritant : Pourquoi ?
V 6-8 : Intervention des amis : que veulent-ils exprimer au sujet du centenier ? Que prouvent l’attitude et les paroles de ce dernier ?
v 9-10 : Admiration de Jésus pour la foi du centenier et guérison du serviteur.
Aux mérites (2-5) du centenier le texte oppose sa foi (9-10) qu’il a manifestée par son attitude et ses paroles (6-8).
Comprenons
La guérison d’un serviteur du centenier romain intervient après le sermon de Jésus sur le royaume comme une illustration à la fois de l’amour de Jésus pour tout un chacun même non-juif, et de la foi agissante qui est demandée au candidat au royaume, quels que soient son origine et ses mérites humains.
V 2-5 : Luc insiste sur
- l’affection et la compassion du soldat romain pour un de ses serviteurs,
- l’humilité de ce chef romain qui n’ose pas venir lui-même auprès du juif Jésus, et qui envoie des anciens des Juifs pour intercéder en sa faveur,
- l’amour de ce romain pour la nation juive et sa religion, puisqu’il a bâti une synagogue.
Cette insistance veut mettre en valeur à la fois les bonnes dispositions de cœur et d’esprit du centenier, qui se tourne vers Jésus dans son souci, simplement parce qu’il a reconnu en Jésus, par les propos rapportés à son sujet, quelqu’un capable de l’aider ; mais aussi elle met en valeur la conception du salut par les mérites qu’ont les Anciens des Juifs. Cette conception toute humaine va être bouleversée à la fin du récit.
V 6-8 : Jésus répond à la sollicitation d’aller chez le centenier, malgré son état de non-circoncis qui le rendait impur (= infréquentable parce que son « impureté »pouvait être contagieuse) aux yeux des Juifs, mais il est arrêté en chemin par l’ambassade des amis : le centenier scrupuleux et respectueux de l’autre ne veut pas imposer une souillure à Jésus en le forçant à entrer chez un non-Juif. Il exprime ainsi son sentiment profond d’indignité, pas seulement sociale ou rituelle mais spirituelle. Face à Jésus, il se sent pécheur. Fort de son expérience de chef militaire, il sait la puissance de la parole du chef sur ses subordonnés, et il attribue à la parole de Jésus une puissance sur la maladie de son serviteur pour le moins équivalente, voire supérieure à la sienne qui ne s’exerce que sur des hommes.
A l’humilité se joint la foi chez un homme qui n’est pas du peuple juif et qui n’a pas ses connaissances bibliques sur Dieu. Ce que le centenier a entendu dire de Jésus lui a suffi pour éveiller en lui ces deux sentiments indispensables au salut.
V 9-10 : l’admiration de Jésus pour la foi de cet homme non-juif est une vraie interpellation pour le peuple juif qui l’écoute et pour nous qui croyons connaître Dieu et en oublions de placer notre confiance en lui. Matthieu (8.11-12) ajoute à l’admiration pleine de tristesse de Jésus, un sérieux avertissement aux « fils du royaume » que croient être ceux qui ont la connaissance des promesses divines mais qui n’y ajoutent pas foi ; ils pensent en effet que leur appartenance au peuple de Dieu par la circoncision et leurs mérites personnels, leur donne automatiquement le salut.
En guérissant le serviteur malade de ce centenier romain par sa seule parole et à distance (Mat 8.13), Jésus contredit de façon éloquente les croyances de son peuple, et affermit la foi du centenier.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Que signifie l’humilité face à Jésus ? Quel lien y a-t-il entre l’humilité et l’obéissance ? (v 7-8) ?
- Face à la maladie, en qui est-ce que je place ma confiance en priorité :
- dans le traitement médical
- dans le médecin
- dans la puissance de guérison de Christ
- dans l’intercession de mes amis ou du pasteur
- dans mes mérites à l’attention de Jésus sur moi
- dans l’amour de Christ quelle que soit l’issue de la maladie ?
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08/05/2026
Étude n°7 Daniel 9.4-19 Prière de Daniel (16 05 26)
Étude n°7 Daniel 9.4-19 Prière de Daniel (16 05 26)
« Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire ; Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu » Ps 62.8 
Observons
Le contexte : Le ch 8 s’est terminé sur l’incompréhension par Daniel de la vision des 2300 soirs et matins (8.14,27). Treize ans plus tard, Daniel commence à comprendre, parce que la prophétie des ch 2 et 7, vient de s’accomplir : le royaume chaldéen est tombé, Babylone a été prise par Cyrus le Perse et a été confiée au gouvernement de Darius le Mède, son général associé. Daniel a bénéficié de la protection de Dieu dans la fosse aux lions (ch 6). Devant ces manifestations de la puissance de Dieu, Daniel cherche à comprendre encore plus et se plonge dans les prophéties de Jérémie (25.12 ; 29.10) sur la durée de l’exil. Il comprend qu’en cette année 538 av JC, soit 68 ans après la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar et son propre exil (en 606 av JC), la prophétie de Jérémie est très proche de son terme, mais il n’en voit encore aucun signe concret. C’est pourquoi il présente l’attitude du croyant rempli d’angoisse, d’impatience et d’espérance dans la réalisation de la promesse de Dieu (9.3).
Le texte
La prière se distingue des autres prières du livre de Daniel, par l’emploi de la première personne du pluriel « nous » et par l’alternance des sujets « Nous » et « Toi », dans une structure en parallèles concentriques (= chiasme):
A- v 4 : Invocation à Dieu
B- v 5-11a : Confession collective du péché:
a) (5-6) : Nous nous sommes détournés
b) (7-9) : A toi la justice et la compassion, à nous la honte
a’)(10-11a) : Nous avons désobéi
B’- v 11b-14 : Conséquences du péché : le malheur de la ruine du sanctuaire.
A’- v 15-19 : Supplication ardente à Dieu :
a) (15-16) : la renommée du Dieu libérateur en Égypte, s’oppose au déshonneur de Jérusalem, et appelle son pardon sur la ville.
b) (17-19) : Pour l’amour du Seigneur, par tes grandes compassions, par amour pour toi, fais briller ta face sur le sanctuaire dévasté, sur la ville où ton nom est invoqué. Au centre de la prière (Bb), d’un côté on a la reconnaissance de la justice, de la compassion et du pardon de Dieu, de l’autre l’aveu du péché contre l’Éternel.
Le nom de Dieu, Yahvé, l’Éternel, est prononcé 7 fois (4,8,10,13,14,20), celui du Seigneur (Adonaï) 10 fois (3,4,7,9,15,16,17,19), celui de Dieu (El) 14 fois (3,4,9,10,11,13,14,15,17, 18, 19, 20). L’abondance de cette invocation à Dieu fait alternance avec les nombreuses mentions de la culpabilité du peuple (18 fois).
Comprenons
L’emploi du « nous » par Daniel qui est resté fidèle en toutes circonstances, pour cette prière de repentance, révèle son sentiment de solidarité et de responsabilité envers son peuple, dont il reconnaît les fautes passées et présentes, sans adopter une attitude distante et critique : il fait corps avec son peuple, puisqu’il subit lui aussi la conséquence de son péché collectif.
La culpabilité découle de l’infidélité aux lois de Dieu (5, 7, 8, 11a), de la surdité à sa voix et à celle des prophètes (6, 10, 11a, 14), de la rébellion contre Dieu (5, 8, 9, 11b), de l’absence de repentir et de discernement de la vérité (13).
Le Seigneur est présenté comme un Dieu juste (7,12,14,16) qui ne laisse pas « impuni » le pécheur qui ne se repent pas ; Ce n’est pas exactement Dieu qui punit, mais comme le pécheur impénitent s’est coupé de Lui, Dieu ne peut plus le protéger et le laisse subir les conséquences de sa rébellion, que le pécheur prend pour une punition ; le Seigneur est aussi présenté comme un Dieu fidèle à son alliance (4,17-18,19), bienveillant et compatissant (4, 9, 18), libérateur et sauveur (15,19).
Après avoir reconnu la justice de leur sort, puisqu’ils n’ont pas su revenir à Dieu, Daniel se montre habile en demandant l’intervention de Dieu pour le sanctuaire et sa ville, non parce qu’ils en ont besoin, mais parce que la gloire même de Dieu le demande : Dieu ne peut voir sa renommée ternie devant les nations par son peuple infidèle ; la manifestation de sa grâce totalement imméritée lui rendra sa gloire aux yeux des autres peuples. Cette supplication fait l’originalité de la prière de Daniel, par rapport à celles d’Esdras (9) ou de Néhémie (9).
Daniel, comme Moïse, a le souci de la gloire de Dieu que son peuple doit faire paraître aux autres peuples. Cette gloire n’est pas manifestée par la force et la puissance politiques et humaines, mais par l’adoration et l’honneur qui lui sont rendus dans le sanctuaire, pour sa justice et sa compassion !
Évidemment pour Daniel, à ce moment-là, seul comptait le sanctuaire terrestre de Jérusalem. C’est pourquoi l’angoisse l’avait étreint à la pensée du temps extrêmement reculé que lui laissaient supposer les 2300 soirs et matins pour le relèvement (purification) ou la consécration du nouveau sanctuaire (8.14).
L’ange qui apparaît (v 21) va révéler à Daniel la venue du sanctuaire véritable qu’est le Messie, Emmanuel, Dieu parmi nous, sanctuaire spirituel où les hommes pourront rencontrer et voir Dieu (v 26-27).
Ce n’est pas une réponse à une si belle et si puissante prière, mais un don de l’amour de Dieu pour son serviteur désireux de comprendre, puisque l’ange fut envoyé « au commencement de ses supplications » (v 23)
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle est mon attitude face aux infidélités et aux faiblesses de mon Église ? Tristesse, indignation, critiques acerbes, abandon, ou solidarité, sens de ma responsabilité personnelle et repentir, intercession pour elle, ses responsables et ses membres ?
- Comment considérer les épreuves de ma vie et de la vie de mon Eglise : comme des punitions de Dieu, des conséquences inéluctables de l’absence de repentir pour son péché, des appels de Dieu à revenir à Lui, des occasions pour Dieu de manifester son soutien et la puissance libératrice de sa grâce en faveur de ses enfants repentants, des occasions pour les croyants d’apprendre et de comprendre mieux le plan de Dieu ?
- N’ai-je pas tendance comme Daniel à m’attacher à la gloire terrestre de mon Église dans le monde, au lieu de rechercher sa gloire spirituelle ? En quoi consiste cette gloire spirituelle ? Comment puis-je y contribuer personnellement ?
08:00 Publié dans Grandir avec Dieu 2/26 | Lien permanent | Commentaires (0)














