05/06/2026
Étude n°11 Dans l’épreuve Marc 5.21-43 (13 06 26)
Étude n°11 Dans l’épreuve Marc 5.21-43 (13 06 26)
« Sois sans crainte, crois seulement ! » Marc 5.36
"Nous nous glorifions même dans les tribulations, sachant que la tribulation produit la persévérance, la persévérance une fidélité éprouvée et la fidélité éprouvée l'espérance." Romains 5.3-4
(Icône écrite par Joëlle, Atelier des Tourelles, St Matthieu de Tréviers)
Observons
- V 21-24 : Quel est le contexte de ce récit ? : lieu, environnement de Jésus, personnages.
- Quelle est la situation sociale de Jaïrus ? Son attitude vis-à-vis de Jésus correspond-elle à sa situation sociale ? Que demande-t-il à Jésus ? Quels sentiments sont sous-jacents à cette demande ?
- V 25-34 : Qu’est-ce qui lie cette longue interruption du récit à l’histoire de Jaïrus ?
- Quelles sont les manifestations de foi de la femme ? Quelles sont ses craintes ? Comment Jésus y répond-il ?
- V 35-43 : Quel événement permet de reprendre l’histoire de Jaïrus ? Comment Jésus intervient-il auprès du père endeuillé v 36 ? Auprès de la foule et de la famille v 38-40 ? Comment s’adresse-t-il à la jeune fille ? Comparez avec Jaïrus au v 23 : Que peut suggérer cette différence ?
- Qu’est-ce que chaque personnage avait à perdre, si on se réfère au verset de l’en-tête de cette étude ? Que leur a apporté Jésus en compensation ?
Comprenons
Les trois évangiles qui rapportent l’événement extraordinaire de la résurrection de la fille de Jaïrus, y insèrent le récit de la guérison d’une femme perdant du sang depuis douze ans, et précisent que la jeune fille de Jaïrus avait elle aussi douze ans ! Pourquoi ces coïncidences et cette mise en parallèles? Elles ne sont pas fortuites et elles mettent l’accent sur deux moments importants de la vie d’une femme, la puberté et l’approche de la ménopause. Si des traumatismes ont affecté la femme à ces moments, son psychisme et sa sexualité ont pu être bouleversés et laisser des traces durables dans sa vie. A ces tournants de sa vie, la femme éprouve des peurs profondes à la perspective d’un changement d’état important : le passage de l’enfance à l’âge adulte, ou le passage de la capacité de maternité à la stérilité et la vieillesse.
Quels chocs (violences conjugales, viol, mépris de sa féminité, peur de la ménopause qui lui ferait perdre toute possibilité de maternité…) avait subis la femme hémorragique pour provoquer en elle une perte sanguine qui tout en la maintenant apparemment dans l’état de femme fertile, la rendait impure, intouchable, aux yeux des hommes de cette société ? Quel paradoxe ! Sa peur de la vieillesse lui faisait inconsciemment prolonger sa maturité, mais la handicapait physiquement et socialement ! Incapable de résoudre par elle-même cette contradiction, elle pense à se tourner vers Jésus, avec une foi un peu superstitieuse (toucher son vêtement pouvait guérir), mais avec audace pour braver le tabou social, les regards de la foule et même la réaction de Jésus. La femme hémorragique a décidé d’elle-même de tenter sa dernière chance pour être guérie; bravant les interdits, surmontant sa crainte d’être découverte, elle alla vers Jésus, incognito, avec foi en sa puissance de guérison. Jésus en ne la rejetant pas et même en l’approuvant, lui redonna confiance en elle et répondit à ses efforts pour sortir de sa situation humiliante. Contre toute attente, son aveu craintif lui ouvre la porte de la guérison : Jésus répond à son geste de foi par un geste d’amour qui va plus loin que la guérison physique, il lui donne la paix de l’âme et le salut spirituel et physique : la perte de sa féminité ne lui provoque plus de peur de la vieillesse ou de la solitude : Jésus sera désormais présent dans sa vie et compensera toutes ses pertes !
En parallèle, quel amour paternel étouffant et possessif (ou même peut-être incestueux ?) empêchait la fille de Jaïrus de se développer et de passer le cap de sa puberté ? Son père ne la voyant que comme une «fillette», (Ce diminutif plein de tendresse, n’est employé que 2 fois dans le Nouveau Testament, Marc 5.23 et 7.25), lui ôtait le désir de grandir, la condamnait à ne pas vivre sa vie de femme, la privait d’avenir, jusqu’à se laisser mourir.
Au contraire de la femme hémorragique qui a pris sa vie en main, la jeune fille de Jaïrus, étant allée jusqu’au bout de son renoncement à la vie d’adulte, ne pouvait que rester passive. Heureusement son entourage intervint : son père dans le désespoir de perdre sa « fillette », sans se rendre vraiment compte, comme père trop possessif, de sa propre responsabilité dans cet événement, se tourna vers Jésus, oubliant tout orgueil de chef de synagogue, et le supplia de lui imposer les mains pour qu’elle revive. Il lui fallait beaucoup d’amour pour sa fille, et beaucoup de foi en la puissance de ce Maître compatissant. Même après l’annonce par ses serviteurs de la mort de son enfant, Jaïrus, sur l’invitation de Jésus, chassa la crainte qui l’envahissait et ajouta foi à ses paroles énigmatiques: Ne crains pas, crois seulement! Jésus mit hors de sa maison tous ceux qui par leurs cris et lamentations funèbres ou leur incrédulité railleuse, faisaient obstacle à son projet de vie. Il ne garda avec lui auprès de la jeune fille que ceux qui l’aimaient, son père et sa mère, et ses disciples intimes qui par leur prière pouvaient Le soutenir dans cette confrontation directe avec la puissance de la mort. En la touchant, comme pour le jeune homme de Naïm, en l’appelant «Tabitha» ("Jeune fille" et non plus "fillette"), Jésus lui redonna une vraie individualité, une indépendance existentielle, qui la séparaient de son père trop captateur, un espoir nouveau dans un avenir d’adulte; il lui redonna le souffle vital qui lui permit de se lever et de marcher vers une nouvelle vie. Pour prouver qu’elle était bien vivante et surtout l’encourager à grandir, Jésus se préoccupa de lui faire apporter à manger: elle n’était pas un pur esprit! Ses parents au lieu de la maintenir dans l’infantilisme, devaient maintenant l’aider à grandir et à s’épanouir en adulte. Le mouvement de retour à la vie ne s’arrêtait pas là, il devait se poursuivre avec l’aide bienveillante des proches, pour que la «ressuscitée» reprenne goût à la vie, fasse le deuil de son enfance, et assume son entrée dans l’âge adulte !
Ces deux femmes, à un âge crucial de leur vie, avaient à perdre leurs craintes du changement, et leur dépendance affective ou sociale. L’intervention de Jésus dans leur vie leur a permis de dénouer les liens malsains qu’elles entretenaient avec leur entourage, et sa présence a transformé leur regard sur elles-mêmes et sur leur avenir.
Jaïrus, aussi, par son appel à Jésus, a été amené à considérer son rang social de chef de la synagogue, et son amour pour sa fille comme moins importants que ce que Jésus pouvait lui apporter, paix même devant la perte de la vie, confiance dans l’impossible de Dieu, amour paternel transformé par la vie de Jésus présent parmi les siens, espérance dans l’avenir.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment ce texte m’interpelle-t-il sur mes priorités et sur mes craintes ?
- Qu’est-ce que je crains de perdre, individuellement, familialement, socialement, amicalement, psychologiquement, et spirituellement ?
- Face à ces pertes, quel poids représentent ma foi, la Parole de Dieu et la prière ?
- Quelles compensations à ces pertes ai-je trouvé dans la présence de Jésus ?
- Comment être des disciples de Jésus accompagnants et réconfortants pour ceux qui perdent un être cher, ou tout espoir d’avenir ?
08:00 Publié dans Grandir avec Dieu 2/26 | Lien permanent | Commentaires (0)
29/05/2026
Étude n°10 Repentance et pardon Mat 22.1-14 (06 06 26)
Étude n°10 Repentance et pardon Mat 22.1-14 (06 06 26)
« Il n’y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » Rom 8.1
« Celui qui prétend être dans la lumière, tout en haïssant son frère, est encore dans les ténèbres » 1Jean 1.9
"Invitez aux noces tous ceux que vous trouverez" (illustration : De Brunswick 1525)
Observons
Contexte : Après être entré à Jérusalem (21.1-9), avoir chassé les vendeurs du temple et séché le figuier stérile en signe de son jugement sur ce que les Juifs avaient fait de la Maison du Père (21.13), et en signe du sort réservé à son peuple incrédule (21.18-22), Jésus enseignait dans le temple avec l’autorité divine. Sous forme de paraboles il cherchait à interpeller le peuple sur son attitude face à la volonté divine (paraboles des deux fils et des vignerons, 21.23-39). Très habilement, Jésus fait prononcer par ses auditeurs leur propre condamnation (v 41). Il en donne aussitôt le sens prophétique (v 42-43) : la mission de son peuple, parce qu’il a rejeté la pierre angulaire de la foi, c'est à dire ce qu'il est lui-même, sera confiée à une autre nation plus fructueuse ! Les Pharisiens et les sacrificateurs comprennent enfin qu’ils sont concernés et, furieux, ils cherchent à le faire mourir.
Texte : Mat 22.1-14
Une dernière parabole de Jésus va être encore plus explicite sur le « jugement » de Dieu.
2-7 : Vaine invitation du roi pour son festin de noces, et condamnation des récalcitrants à disparaître.
8-10 : Invitation aux noces lancée à tous les « méchants et bons » qui veulent bien répondre
11-14 : renvoi de l’invité qui n’a pas revêtu son habit de noces.
Comprenons
C’est dans un contexte de jugement que Jésus raconte cette histoire, qui réunit deux paraboles, l’invitation au festin de noces et l’habit de noces.
L’invitation aux noces refusée avec dédain et désinvolture par les premiers convives représentant le peuple d’Israël, est lancée à toutes les nations, « méchants et bons » (= incroyants et prosélytes croyants) qui s’empressent d’y répondre. Le refus par Israël de la Bonne Nouvelle du salut permet aux autres peuples de l’entendre et d’y répondre (Rom 9.25 ; 10.20-21 ; surtout 11.11).
A partir du verset 11, Jésus ajoute un détail que la parabole parallèle de Luc 14.15-24 ne contient pas : l’habit de noces.
Apparemment il était de coutume pour un roi d’offrir à ses invités la tenue adéquate au festin de noces, pour que la fête n’exclue personne à cause de sa pauvreté, qu’il n’y ait pas de jalousie entre les convives et que les noces soient célébrées par tous au grand honneur des mariés.
Le convive entré sans se revêtir de son habit de fête est rudement renvoyé, ligoté et jeté dehors, dans les ténèbres de la solitude sans Dieu. Sa fin tragique donne toute son importance au symbole de l’habit de noces.
Pour avoir part au festin de noces, pour entrer dans l’alliance avec Dieu, le simple désir humain ne suffit pas. Il faut accepter la seule condition que Dieu y a mise : l’acceptation du salut par grâce, en reconnaissant que ses propres efforts de pureté et de sainteté ne servent à rien, car aucun mérite, aucune «ceinture de feuilles de figuier » (Gen 3.7et 21), ne peut couvrir notre


(Zabou, Dis Papa, explique-moi le vêtement)
nature pécheresse ; Dieu seul peut transformer les haillons de cette nature en habits de lumière, de justice et d’amour ; seule la grâce du sacrifice de son Fils en notre faveur, peut nous rendre dignes de la communion éternelle avec Lui. « Il faut en effet que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, que ce corps mortel revête l’immortalité » (1 Cor 15.53), qui n’appartiennent qu’à Dieu (1 Tim 6.16). Ainsi cette parabole de l’habit de noces est-elle le revers de la vision de Zacharie 3.1-5 : A l’inverse du sacrificateur Josué, le convive de la parabole a refusé par orgueil, présomption et absence de repentir, que Christ lui ôte ses « vêtements sales et le revête d’habits précieux et d’un turban pur » ! Nous sommes de même jugés sur notre refus ou notre acception de l’œuvre de Jésus-Christ pour nous (Jn 3.17-18). C’est Lui, notre habit de noces, qui nous permet de nous asseoir à sa table pour l’éternité.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
-Que signifie se revêtir de Jésus-Christ? Est-ce prendre l’apparence hypocrite de la piété et de la sainteté ? Est-ce cacher aux yeux des hommes nos faiblesses, nos doutes, nos erreurs, nos révoltes, sous une apparence de paix, de joie et d’amour ? Est-ce obéir scrupuleusement aux exigences de la loi ? Est-ce perdre notre vraie personnalité profonde ? Est-ce devenir des chrétiens tous identiques ? Essayons de donner une définition simple et concrète de cette expression d'après ce que nous révèle cette parabole !
-De quel autre «habit » ai-je tendance à me revêtir pour assurer mon salut ?
-Le jugement de Dieu m’apparaît-il comme un festin de noces ou un tribunal ? Quelle influence ces visions ont-elles sur notre comportement ?
08:00 Publié dans Grandir avec Dieu 2/26 | Lien permanent | Commentaires (0)














