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25/09/2019

Introduction aux livres d'Esdras et Néhémie

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Les livres d'Esdras et de Néhémie, comme celui d'Esther, concernent le dernier siècle de l'histoire juive de l'Ancien Testament, de 538 à 433 avJC environ. Sans eux, nous ne saurions rien de la période post-exilique, car aucun autre texte de l'Ancien Testament hébreu ne parle de l'activité d'Esdras et de Néhémie. Ils sont donc les témoins précieux de la restauration du judaïsme après le retour de l'exil.

Les livres d'Esdras et Néhémie ne faisaient autrefois qu'un seul et même livre, et constituaient la suite du second livre des Chroniques : les deux premiers versets d'Esdras reprennent les deux derniers de 2 Chroniques.

Le sujet

Les deux livres décrivent le retour des exilés à Jérusalem en trois étapes :

 -Le groupe principal revient avec Zorobabel et Josué, en 538-537, pour reconstruire le Temple selon l'autorisation de Cyrus, roi des Perses à Babylone ( Esd1). C'est l'époque où le prophète Daniel termine sa vie, à la cour babylonienne. Les exilés rétablissent l'autel sur les ruines du Temple de Salomon, puis reconstruisent le Temple lui-même malgré les oppositions, sous le règne de Darius 1, vers 515, avec les encouragements des prophètes Aggée et Zacharie (Esd 4,24 et 5). 

 - Le second groupe, sans doute un peu après le ministère de Malachie, environ 80 ans après Zorobabel, revient à Jérusalem avec Esdras, en 458 selon la datation traditionnelle (Esd 4,7-23). Dans l'intervalle de ces 80 ans, se situe l'histoire d'Esther à la cour du roi Assuérus (ou Xerxès) dont parle Esd 4,6, et qui régna de 486 à 465. Esdras, chargé de mission officiellement par Artaxerxès, entreprend une réforme radicale pour revenir à une plus grande fidélité à la foi juive (Esd 9-10 ; Né 7-10).

- Le troisième groupe revient vers 445 avec Néhémie, lui aussi chargé de mission par Artaxerxès. Il entreprend la reconstruction de la muraille de Jérusalem, qui sera achevée en 52 jours ! Néhémie, une douzaine d'années plus tard, après un séjour à la cour d'Artaxercès dont il est un haut fonctionnaire, réalise à Jérusalem des réformes importantes, sur lesquelles le livre se termine.

Intérêt des deux livres

Comme ces deux livres sont surtout historiques, la majorité des lecteurs n'y voient pas d'autre intérêt que documentaire sur l'histoire biblique. Pourtant, ils ont une portée religieuse et une valeur permanente non négligeable, car à travers le récit d'événements concrets, on découvre les idées théologiques et religieuses qui ont animé les héros : le Temple, la Ville, la communauté du peuple de Dieu.

De plus, comme chrétiens, nous pouvons faire de ces textes une lecture doublement prophétique, l'une centrée sur l'œuvre du Christ pour son peuple, l'autre centrée sur l'attitude du disciple dans l'accomplissement de sa mission dans l'Eglise et dans le monde.

 

Idées théologiques et religieuses

1- Le Temple : sa reconstruction est le but du retour et la priorité des exilés, il est le signe réel et matériel de la présence de Dieu dans son peuple. C'est le lieu du culte, de l'exercice du sacerdoce. Sa reconstruction provoque l'allégresse du peuple qui y voit l'œuvre de Dieu.

Christ s'identifia lui-même au Temple (Je 2,18-22), et Paul, sous l'inspiration du Saint-Esprit, déclara que notre corps et l’Église étaient le Temple de Dieu (1Co 6,19 ; 3,16).

2- La Ville : elle est inséparable du Temple, qui la sanctifie. Considérée comme sainte éternellement, elle est l'objet des soins et des soucis de Néhémie, qui déploie un zèle incroyable pour la reconstruire, et oppose une résolution inébranlable à tous les obstacles externes et internes, s'appuyant sur la foi en sa mission divine.

 Il devient le type du Christ  construisant et organisant son Eglise, la protégeant des attaques de l'Adversaire. Néhémie est aussi l'exemple du disciple accomplissant sa mission avec fidélité et courage, en s'appuyant sur son Dieu.

3- La communauté : elle constitue le peuple de Dieu, élu, donc mis à part, pour être témoin de Dieu. Elle doit donc être restaurée sur ses anciens fondements, la Loi de Dieu, trop souvent oubliée par le contact et l'influence des idéologies étrangères. Le peuple qui n'a plus d'indépendance nationale doit retrouver son identité, sa raison d'être, par sa fidélité à la Parole de Dieu.

La restauration se fait

a) sur le plan du culte : lecture et explication de la loi de Moïse, sur laquelle vont se fonder la vie du judaïsme et plus tard le service de la synagogue.

b) sur le plan des pratiques religieuses : fêtes, sabbat, dîmes.

c) sur le plan moral et spirituel : mariage avec une étrangère. La rupture d'un tel mariage ne se fait pas par racisme, mais par respect du Dieu d'Israël ; l'AT n'interdit pas les mariages interraciaux, pourvu que les deux époux adorent l'Eternel (cf. Ruth, Tamar, Dina). Tout mélange avec le paganisme, ses normes faciles et son avilissement de la nature humaine, est une offense à Dieu et risque d'amener la foi en ce Dieu à disparaître.

d) sur le plan social : la disparité des ressources et l'inégalité scandaleuse des situations poussent Néhémie à réagir, pour donner au peuple de Dieu une vie distincte de celle des autres peuples.

Les héros : On retiendra la résistance de ces deux hommes à tout compromis avec le paganisme, tant sur le plan social et religieux des mariages, que sur celui des travaux, pour lesquels ils refusèrent catégoriquement la collaboration des gens du pays, ennemis d'Israël. C'est le début du schisme entre Juifs et Samaritains, qui aura lieu vers 328.

Les deux hommes, bien différents dans leur personnalité et leur activité, ont en commun le même désir de restauration du peuple et de sa vie religieuse.

Esdras est un prêtre, scribe, érudit dans le domaine de la Loi, il met ses dons et son énergie au service de sa mission de restauration spirituelle et cultuelle.

Néhémie, laïc énergique, courageux, désintéressé, homme de prière et de foi, accomplit d'une façon exemplaire sa mission de restauration civile, sociale et religieuse.

Conclusion

Sur tous ces plans, il sera bon de faire le parallèle avec l'enseignement de Jésus, et la pratique de notre Église. Pourtant, il faut faire attention de ne pas justifier, par l'étude superficielle de ces deux livres, toute tendance à l'intégrisme et au légalisme étriqué. Si Esdras et Néhémie prêchent un retour à la Loi (= Parole de Dieu), ce n'est pas dans un esprit de fidélité à la lettre ou à la tradition, mais à un Dieu vivant, qui parle et agit dans l'histoire, comme dans le quotidien, avec qui ils entretiennent une relation personnelle, lui demandant dans toutes les situations, conseil, aide, protection, et faisant monter vers lui leur reconnaissance et leurs louanges.

            

CHRONOLOGIE de l'époque du RETOUR

Dates          Rois de Perse         Événements historiques              Prophètes             Textes

606            Nebucadnetsar       1ère déportation                         Jérémie, Daniel      Jér 25.11 ; 29.10 ; Dan1.21

596                                           2ème déportation                        Ezéchiel

586                                          Chute de Jérusalem                                                  2 Rois 24.10-15

                                               destruction du temple 3ème déportation                  2 Rois 25.8-9

536            Cyrus le grand     Prise de Babylone Edit de Cyrus,     fin de Daniel        Esdras 1 ;

                                              retour de Zorobabel Début travaux du temple           

530            Cambyse              Interruption des travaux                                              Esd 4.5,24

520           Darius 1                 Reprise des travaux  du temple          Aggée               Esd 5-6.16

516                                         Achèvement du temple                    Zacharie

479          Xerxès (Assuérus)  Esther reine, Mardochée 1er vizir                               livre d'Esther Esd 4.6

457          Artaxerxès              Décret de restauration du culte                                Esd 6.14 ; Dan 9.25

456                                        Retour d'Esdras Réformes cultuelles                           Esd 7

454 ?                                      tentative de reconstruction de la muraille?

                                               Arrêt des travaux à Jérusalem                                   Esd 7-10

444                                         Retour de Néhémie, muraille reconstruite                Néh 2.6-15 ; 12.27-43

432                                          stagnation religieuse et spirituelle

430                                          2ème retour de Néhémie, réformes   Malachie         Né 8-10 ; 13

430-425                                   Esdras en retraite rédige livres historiques et fixe le canon de la Thora

 

 

 

18:20 Publié dans Néhémie | Lien permanent | Commentaires (1)

20/09/2019

Étude n°13 Une communauté de serviteurs, Hébreux 10.14-25 (28 09 19)

Étude n°13 Une communauté de serviteurs, Hébreux 10.14-25 (28 09 19)

« Confessons notre espérance sans fléchir, car celui qui a fait la promesse est fidèle. Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à l’amour  et aux œuvres bonnes. » Héb 10.23-24         (Évangile et Peinture, Jésus serviteur)Jésus serviteur.jpg

Observons

Le contexte

L’auteur arrive à la fin de son exposé doctrinal sur Jésus, le souverain sacrificateur de la nouvelle alliance (ch 8-10), pour confondre l’erreur de ses lecteurs chrétiens hébreux, qui regrettaient les institutions de Moïse, et par là contestaient la valeur "expiatoire" (= "qui efface le péché") de la mort de Jésus.

Le texte

Il s’articule en deux parties composées de trois paragraphes chacune :

  • v 14-18 : Conclusion doctrinale de l’exposé :
    1. v 14 : le sacrifice unique de Christ affranchit du péché et sanctifie le croyant.
    2. v 15-17 : dans la nouvelle alliance, le Saint-Esprit témoigne de la rémission des péchés.
    3. V 18 : l’expiation accomplie par Jésus supprime les sacrifices pour le péché.
  • v 19-25 : cinq exhortations en conclusion pratique de l’exposé :
    1. v 19-21 : Christ a ouvert un libre accès à Dieu
    2. v 22-23 : Approchons-nous sans crainte de Dieu
    3. v 24-25 : Exhortons-nous mutuellement à l’amour fraternel.

Dans la première partie (A), on observe une opposition entre (v 14) « rendus parfaits et sanctifiés », et (v 17-18) « péché (3 fois) et iniquités ». Cette opposition s’accompagne d’un parallélisme entre (v 14) « rendus parfaits et sanctifiés » et (v 17-18) « je ne me souviendrai plus…le pardon ». Au centre se trouve la nouvelle alliance avec la loi dans le cœur et l’intelligence.

Dans la seconde partie (B), l’œuvre spirituelle de Christ (19-21) est mise en parallèle avec l’œuvre pratique des croyants dans l’Église (24-25). Au centre l’accent est mis sur les effets de l’œuvre de Christ sur la foi, la sanctification et l’espérance des croyants.

 Comprenons

Pour saisir la valeur expiatoire du sacrifice de Jésus, il faut se rappeler le sens symbolique du rite du Jour des Expiations (Lév 16). Le grand sacrificateur répandait ce jour-là le sang pur du bouc expiatoire sacrifié à l’Éternel sans imposition des mains, sur le propitiatoire qui couvrait l’arche (Lv 16.15). Ainsi il « faisait l’expiation pour le sanctuaire à cause de l’impureté des Israélites ». Faire l’expiation a deux sens simultanés : protéger le pécheur de la condamnation qu’il encourt à cause de son péché, et éliminer le mal. Christ a offert sa vie (= son sang) pour protéger le pécheur de la mort qu’il mérite, et pour éliminer son péché (Lv 16.30 ; Hb 10.14), afin de le « rendre parfait » c’est-à-dire le rendre achevé, le faire parvenir au but qui est la communion avec Dieu sans obstacle, dans la sainteté, l’amour et la joie.

Le pardon purificateur (Hb 10.17-18), Christ l’a obtenu par sa mort pour ceux  qui sont sanctifiés (= mis à part pour son service), consacrés et entrés dans l’alliance avec lui. L’œuvre de l’Esprit est ensuite d’harmoniser leur volonté avec celle de Dieu (v 16). Les sacrifices d’animaux n’ont plus lieu d’être puisque Christ a parfaitement accompli ce qu’ils préfiguraient.

Jésus, comme grand sacrificateur du sanctuaire céleste (21), c’est-à-dire de la maison de Dieu, du temple spirituel qu’est l’Église (Ep 2.22 ; 1 Pi 2.5), a éliminé, par son sang répandu, le péché qui faisait obstacle à la communion avec Dieu, et il a donné à tous un libre accès au Père (19).

Devenu par son incarnation semblable à nous, de même nature humaine (= chair) que nous, sans pécher lui-même, il a endossé notre péché (Es 53.4-6, 11-12), et par sa mort il a fait mourir notre nature déchue. Il a montré ainsi le chemin de la communion avec Dieu, « nouveau » parce que nul avant lui n’avait pu le suivre. Ce chemin commence par la mort du « vieil homme » comme l’a symbolisé aussi le déchirement du voile du temple (Marc 15.38), mettant fin, au plan de l’histoire, à l’économie de l’ancienne alliance. Ce chemin est « vivant » (20) car il ne consiste pas en symboles extérieurs et en cérémonies rituelles, mais en une communion intime et croissante avec Celui qui a été « rendu vivant selon l’Esprit » (1 Pi 3.18) et est devenu un « esprit vivifiant » (1 Co 15.45), capable de nous donner la vie, en nous réconciliant avec Dieu (Rm 5.10).

Comme nous sommes « morts au péché et vivants pour Dieu en Jésus-Christ (Rm 6.11), notre cœur, siège de notre psychisme, est sincère (= véritable : le Dieu de vérité y habite vraiment), notre confiance personnelle en l’efficacité de l’œuvre de salut de Christ est affermie, et notre conscience est libérée par son pardon du sentiment de culpabilité qui l’opprimait ; comme le baptême le symbolise, nous sommes purifiés de notre ancienne vie pour vivre une vie nouvelle en communion avec Dieu par l’Esprit. Cette vie nouvelle se manifeste par la confession de notre espérance dans la réalisation, au retour de Christ, des promesses du Dieu fidèle (v 23, 25 ;1 Pi 3.15 ; Hb 6.19). Les serviteurs de Jésus-Christ se caractérisent ainsi par des actes pleins d’attention aux autres et par des encouragements mutuels dans l’attente du Jour de son retour (v25).

 Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • Pourquoi vais-je à l’église : pour être en règle avec Dieu ? pour remplir mon devoir de chrétien aux yeux de tous ? pour rechercher la présence amicale et agréable de frères et sœurs dans la foi ? pour rencontrer mon Sauveur à travers l’écoute et le partage de sa Parole ? pour être encouragé et encourager les autres à progresser dans la foi et la charité ? pour comprendre l’œuvre et la volonté de Dieu à mon égard ? pour louer et glorifier Dieu par le chant et la prière ? pour trouver ou donner le pardon des offenses ?
  • Ai-je fait l’expérience de la libération de ma culpabilité devant Dieu et de la séduction du péché (lire Ja 3.5-6) ? Comment cela se manifeste-t-il concrètement dans mes relations avec Dieu et avec les autres ?
  • Ai-je de l’assurance en me présentant devant Dieu ? Si oui, pourquoi ? Si non, quelle est ma crainte ? Comment cette étude est-elle un encouragement pour moi ?
  • Quel genre de service puis-je rendre dans mon église ?
  • Prions pour nous engager à apporter cette semaine un encouragement en paroles ou en actes aux frères et sœurs de notre communauté, quels qu’ils soient, pasteur, anciens, responsables, membres discrets, jeunes et moins jeunes, visiteurs et sympathisants.