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20/12/2009

Conclusion du 4ème trimestre 09 sur le livre des Nombres

A la suite des nombreuses questions et de  l'indignation soulevées par des textes du livre des Nombres (ex : ch 31) absolument inadmissibles pour ceux qui connaissent le Dieu d'amour révélé par Jésus-Christ, nous tenons par cette note supplémentaire à apporter une tentative de réponse, au problème de l'interprétation des ordres divins de massacre ou d'interdit, alors que sa loi précise de ne pas tuer !

 On peut en effet rejeter ces textes en bloc  au premier abord. Une observation minutieuse du texte fait pourtant apparaître que ces ordres de tuer ne viennent pas directement de Dieu. Pour les Madianites, c'est Moïse seul qui ordonne aux soldats leur massacre (31.14-18), sous le coup d'une indignation pieuse : il fallait éviter la contamination de l'idolâtrie ! 

On peut aussi chercher à expliquer ces textes par des arguments culturels : le peuple connaissait très mal son Dieu et comprenait ses ordres transmis par Moïse selon la mentalité environnante : un ennemi est toujours à "abattre" (sens du mot hébreu traduit par "tuer" en 25.16). L'ordre de "venger les fils d'Israël" en 31.2 a donc été compris dans le sens très humain de rendre le mal pour le mal : les fils d'Israël sont morts à cause de la ruse des Madianites poussés par Balaam, ils seront "vengés" par la mort de leurs ennemis. Le verset 3 parle de la "vengeance de l'Eternel" qui doit être exécutée par Israël, car Dieu avait été déshonoré par l'infidélité spirituelle et l'immoralité d'Israël. Les hommes dans leur mentalité obscurcie par le péché et la violence, ont interprété cet ordre comme une condamnation à mort des Madianites. Jésus nous a appris que "venger l'Eternel" ce n'est pas tuer l'autre, mais c'est se conduire envers l'autre comme on aimerait qu'il se conduise envers nous, c'est lui manifester l'amour de Dieu pour lui. Mais étaient-ils prêts à recevoir ce message, et le sommes-nous aussi, après 20 siècles de "christianisme", quand on voit où en est notre monde ?

On peut aussi lire ce texte prophétiquement, comme une leçon que Dieu veut donner à Israël, pour lui enseigner pratiquement, expérimentalement (c'était la seule façon efficace avec un peuple qui ignorait les notions abstraites), que la séduction, la révolte, l'infidélité à Dieu, conduisent à la mort spirituelle, définitive, celle qui attend le monde impie à la fin des temps. Les images de géhenne, d'étang de feu des textes d'Apocalypse 16-19 ne sont pas plus tendres sur ce plan, ainsi que les paraboles de Mat 25 !

Quant aux jeunes filles vierges préservées par Israël, nous pensons qu'il y avait peut-être sociologiquement un besoin de femmes dans le peuple d'Israël, auquel Dieu répond par cette exception. Ces jeunes filles n'ayant pas connu la prostitution sacrée qui était pratiquée chez les Madianites pour honorer leur dieu,  étaient pures spirituellement, et ne risquaient pas d'entraîner leurs maris juifs dans leur coutume païenne. Zimri et Cosbi ont dû pratiquer cette prostitution sacrée en croyant honorer Dieu, puisqu'ils sont venus afficher leur liaison jusque devant le Tabernacle : ce n'était pas de la provocation, mais une forme de culte qu'ils pensaient normale. Un peu comme Abraham qui pensait que Dieu lui demandait de l'honorer en sacrifiant son fils (l'hébreu dit seulement de "faire monter" Gen 22.2), comme cela se pratiquait couramment dans les peuples environnants ! Dieu est intervenu directement pour Abraham, mais pour tout un peuple, il fallait un geste très fort, qui leur fasse saisir la gravité de l'offense faite à Dieu, et les conséquences irrémédiables et définitives de l'infidélité spirituelle. Quand on se sépare du Dieu de la vie, on court à la mort ! C'était le sens de "l'interdit" pratiqué dans l'AT. On remarquera qu'on n'en parle que pour la conquête de Canaan, et qu'avec Jésus il n'en est plus question : Jésus est mort pour sauver tous ces hommes voués à la mort par leur péché ! Il n'y a plus d'interdit sur personne d'autre que Lui pour le subir ! Et il est ressuscité pour leur donner sa vie !

Tous ces textes bibliques de l'AT, où se mêlent des considérations sociales, culturelles et spirituelles sont à lire avec une grande prudence et du discernement pour ne pas attribuer à Dieu ce qui vient du cœur et de l'intelligence des hommes pécheurs ! C'est ainsi depuis le début de la séparation d'Adam d'avec Dieu. Sa première réaction a été la peur et l'incompréhension de Dieu, qui lui ont fait comprendre les pré-visions de Dieu comme des châtiments (Gen 3) ! A la lumière de la révélation de Jésus-Christ, nous sommes invités à relire tous ces textes en tenant compte de la déformation de notre regard sur Dieu à cause de notre nature pécheresse ! Si nous sommes choqués par les expressions employées, essayons de rétablir la vérité en  partant du principe que Dieu est Amour de toute éternité, et qu'il tente de nous le faire comprendre malgré nos esprits obtus et nos déformations de ses paroles ! Acceptons aussi sans nous révolter contre Dieu, que nous ne comprenons pas tout , car nos pensées ne sont pas les siennes, et prions qu'il nous éclaire pour changer notre regard et notre vie !

Nous avons essayé modestement d'apporter dans nos études hebdomadaires un petit rayon de lumière sur ce livre des Nombres, bien déroutant, sans avoir lu aucun commentaire au moment de la rédaction des notes. Nous tentons de nous en tenir aux textes bibliques, pour ne pas être influencés par des commentaires humains, toujours faillibles, comme nous le sommes nous-mêmes !

18/12/2009

Etude 13 Nb 33-36 Cités-refuges (26 12 09)

 

Etude n°12 : Nb 33-36 Cités-refuges (26 12 09)

 

Héb 6.18-19 : « Dieu est intervenu  par deux actes immuables (le serment et la promesse) dans lesquels il est impossible que Dieu mente, pour que nous ayons un puissant encouragement, nous dont le seul refuge a été de saisir l’espérance qui nous était proposée. Cette espérance, nous l’avons comme une ancre solide et ferme pour notre âme. »

 

Observons

33.1-49 : Catalogue des étapes du voyage dans le désertcaravane-desert,01.jpg

33.50 à 34.29 : Ordonnances sur le partage de Canaan et ses frontières

35.1-8 : Les villes lévitiques

35.9-34 : Les villes de refuge pour le meurtrier involontaire :

    9-15 : nombre de ces villes

    16-29 : définitions des meurtres volontaires et involontaires

    30-34 : prescriptions diverses sur la justice en cas de meurtre

36.1-12 : Héritage des filles de Tsélophhad en cas de mariage

         13 : Conclusion du livre

L’essentiel de ces quatre chapitres est consacré aux villes lévitiques et aux cités-refuges.

Observons la réponse donnée par le texte aux questions suivantes :

-     Que reçoivent les Lévites ?

-          Quel est le but des villes de refuge ?

-          A quelles conditions le meurtrier pouvait-il être protégé du vengeur du sang?

-          Quel processus de protection était appliqué ?

-          Où devaient se situer les six villes-refuges ?

-           

Comprenons

1- Les étapes de l’errance dans le désert : Avant de pénétrer en Canaan, entre le moment où Moïse a reçu l’ordre de monter sur le mont Nébo (Nb 27.12 ; 31.2) et son exécution réelle (Dt.32.48-49 ; 34), plusieurs prescriptions concernant la vie du peuple en Canaan sont retransmises au peuple par Moïse.

Dans les plaines de Moab, un catalogue des étapes du voyage est dressé. Sur les 40 étapes mentionnées, la moitié seulement nous est connue, et certaines pourtant importantes sont omises comme l’étape du Sinaï, et celle de Kadès d’où sont partis les douze espions. De cette liste nous pouvons essayer de retracer un trajet possible des 40 ans d’errance dans le désert :carte Exode et entrée Canaan.jpg

Depuis le Sinaï, le peuple se dirigea vers le nord et arriva à Ritma aux environs de Kadès (v 16-18). A la suite de son refus d’entrer en Canaan, et de sa condamnation à l’errance, il fut nomade pendant 39 ans dans le désert à l’ouest de l’Araba, dépression qui va  de la Mer Morte à la Mer Rouge (v 19-39). A la fin de cette période  pendant laquelle mourut la première génération sortie d’Egypte, le peuple retourna de nouveau à Kadès d’où il essaya en vain de traverser Edom en allant d’ouest en est, puis d’entrer en Canaan par le nord d’Edom, au sud de la mer Morte (36-40) Contraint de contourner Edom par l’ouest et le sud, il redescendit vers la Mer Rouge, traversa l’extrémité sud de l’Araba, et arriva dans les plaines de Moab en étant remonté au nord, par l’est d’Edom (41-49).

 

2- Les ordonnances sur le partage des terres en Canaan (33.50-34.29)

Au moment où le peuple va franchir le Jourdain, Dieu lui recommande l'attitude à avoir vis-à-vis des Cananéens. Il n’est pas tant question ici de les massacrer, Dieu ayant promis de les chasser devant Israël par les frelons (Ex 23.27-30 et 34.11), mais d’éliminer tous les objets sacrés et de détruire tous les lieux de culte idolâtre, pour éviter au peuple de Dieu de tomber dans l’idolâtrie (Dt 7.5). Les Cananéens après quatre générations écoulées depuis le passage d’Abraham sur leurs terres, sont arrivés à la fin du délai qui leur était accordé par Dieu pour le reconnaître. Ils ont mis le comble à leur déchéance morale et spirituelle, comme Dieu l’avait annoncé à Abraham (Gen 15.16), et le temps de leur jugement est arrivé. L’objectif de Dieu est de préserver sa relation spirituelle avec son peuple, en lui prescrivant de ne pas imiter les peuples qu’il va vaincre. Leur puissance nationale va être vaincue, même si Israël devra subir encore longtemps, sous les Juges et jusqu’à David, les assauts de l’un ou l’autre de leurs peuples. Car, l’ordre de Dieu ne fut pas suivi totalement, dans la conquête du pays : Israël préféra souvent s’installer avant d’avoir chassé tous les Cananéens, qui devinrent des « échardes dans leurs yeux et des aiguillons dans leurs côtes » (v 55).

Les instructions pour le partage par le sort et selon le nombre de membres de chaque tribu, est une répétition abrégée de ce qui avait été dit en 26.52-56. Les frontières indiquées sont restées idéales. Les Israélites n’ont jamais occupé par exemple la "bande de Gaza" au sud ouest, comme notre texte le prévoit (34.5-6). Ils ne se sont pas étendus non plus au nord jusqu’à Tyr. L’inachèvement de la conquête territoriale fut à l’image de l’infidélité spirituelle d’Israël qui se détourna bien trop souvent de son Dieu.

 

3- Les villes lévitiques : L'absence de territoire pour Lévi, consacré au sacerdoce est un enseignement pour les ministres du culte de l'Eglise. Leur mission est de servir l'Eternel et non de s'attacher à faire fructifier les biens matériels. Les tâches administratives sont nécessaires mais pas du ressort des consacrés à la propagation de la Parole de Dieu. Les Lévites résidaient au milieu du peuple, dans 48 villes et jouissaient de pâturages pour leurs troupeaux dans leur périphérie. Ces pâturages rectangulaires (1000 sur 2000 coudées) se situaient aux quatre points cardinaux de la ville (35.5). Ainsi était symbolisée la présence de Dieu (représenté par les Lévites) au sein de son peuple ; la récolte des dîmes était aussi facilitée par la dispersion des villes sur tout le territoire. Plus tard, les Lévites, comme les sacrificateurs, exerceront leurs fonctions dans le temple de Jérusalem à tour de rôle, de façon temporaire et régulière.

 

4- Les villes de refuge : le Seigneur n'a pas supprimé la vengeance ! On peut s'en étonner. Mais il ne faut pas oublier que Dieu agit progressivement, avec pédagogie. Le peuple n'était pas prêt à recevoir la totalité du message de l'Evangile. Il fallait l'y préparer peu à peu. Si l'idée de vengeance est maintenue, elle est sérieusement limitée : Œil  pour œil, et non tête pour œil ! La vie d'un homme est précieuse, mais ne peut être vengée que par la mort du seul meurtrier, et non de toute sa famille, comme on avait tendance à le pratiquer alors. La vengeance exprime l'idée de réparation de l'injustice faite, et ne doit pas aggraver cette injustice par une vendetta !

Dieu limite les droits du vengeur par plusieurs mesures :

- la création de villes-refuges pour le meurtrier involontaire                                 

- la répartition des emplacements de ces villes dans chacune des trois régions de Palestine, Sud, Centre, et Nord, et de part et d'autre du Jourdain.

    - le jugement de l'assemblée, dans la ville du meurtrier (parce ce qu'elle le connaît le mieux) pour déterminer sa culpabilité ou son innocence.

    - la protection dans ces villes pour ceux, Israélites, immigrants, ou résidents temporaires (35. 15), qui sont innocentés de préméditation et de haine.

    - l'amnistie accordée à la mort du souverain sacrificateur en fonction dans l’année du meurtre. Cela pouvait durer 40 ans !

 

Les villes de refuge  ont été reprises concrètement dans l’histoire biblique puis de l’Eglise, par le droit de refuge dans un lieu sacré accordé aux meurtriers (voir le cas de Joab : 1 Rois 2.28). Spirituellement, elles sont des images de l'Eglise, qui accueille tous les pécheurs et leur offre le salut en Jésus-Christ, les libère de la condamnation à mort. La mort du sacrificateur libérait le meurtrier, comme la mort de Jésus souverain sacrificateur, mort en faveur des pécheurs, libère le pécheur de sa condamnation à la mort éternelle.

L'homme qui, conscient de sa nature pécheresse malgré tous ses efforts de sainteté, se réfugie en Jésus, obtient par le baptême la reconnaissance de son innocence, qui lui permet de vivre éternellement.

Mais celui qui cherche à profiter indûment du salut offert, c’est-à-dire sans repentir ni changement d’état d’esprit, ne bénéficie du refuge que très temporairement, jusqu'au jugement qui dévoilera sa culpabilité réelle. L'Eglise, comme la ville-refuge accueille donc des pécheurs,  repentants ou non, que départagera le Jugement, devant ceux qui les connaissent bien, le Seigneur et ses anges.

Le jugement devant Dieu et les anges permettra de séparer les innocentés qui se sont réfugiés en Jésus, des coupables qui ont cru profiter d'un abri sans remplir les conditions requises : pureté des intentions et amour d'autrui (voir la parabole de l'intrus des noces, Mt 22.11-13).

 

5- L’héritage des filles de Tsélophhadfilles de Célofehad seules.jpg

La question est débattue pour la seconde fois, car il était important dans cette culture patriarcale de préserver le nom et la possession territoriale de chaque tribu. Les filles en se mariant entraient dans la famille et la tribu de leur époux. Si elles avaient droit à un héritage foncier par absence de frère pour transmettre les biens, leur héritage passait à leur belle-famille, et leur tribu perdait ses biens et son nom ! On voit que Dieu reconnaît le bien-fondé de ce souci et y répond favorablement : aucun héritage ne pourra passer à une autre tribu. Cela crée l’obligation aux héritières de se marier au sein de leur tribu.

On a peut-être voulu dans l’Eglise appliquer cette règle sociale pour encourager les mariages parmi les croyants au sein de l’Eglise, en oubliant que l’héritage de la vie éternelle n’est pas transmissible matériellement ou affectivement, et reste individuel, à cause du choix personnel de chacun de croire ou non au salut offert par Jésus.

 

6- Conclusion du livre des Nombres

La conclusion par une formule semblable à celle du Lévitique (26.46 ; 27.34) distingue les lois données au Sinaï des lois données dans les plaines de Moab. Les lois du Sinaï étaient surtout cultuelles et morales, celles des plaines de Moab concernent plus le mode d’installation et de partage dans Canaan. Elles sont plus sociales, mais nous l’avons vu, on peut y distinguer des intentions spirituelles.

Le livre des Nombres, dont le récit central est la rébellion du peuple à Kadès, puis ses errances et ses erreurs dans le désert, ne glorifie pas le peuple ni ses chefs, dont le péché est stigmatisé. Pourtant on peut y voir avec quelle sollicitude et quelle patience Dieu prépare son peuple à entrer en Terre Promise, muni des lois et des promesses qui l’aideront à s’y établir dans la fidélité à son Sauveur.

Ainsi la lecture de ce livre se révèle-t-elle importante pour l’Eglise des derniers temps, qui est préparée par l’Esprit à entrer dans la Canaan céleste (1 Co 10.11). Puissions-nous en tirer les leçons spirituelles qui nous aideront à marcher dans la fidélité à notre Seigneur jusqu’à son retour !

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

- Par quelles étapes suis-je passé dans ma démarche de foi ? Où me suis-je arrêté ? Quelle prochaine étape dois-je atteindre ? (voir le livre "Psychologie et foi" de J. Poujol et Cosette Frébrésy, éd. Empreinte)

 

 - Comment éliminer définitivement les dernières idoles de ma vie ?

 

- Comment permettre à nos ministres de la Parole de s’y consacrer entièrement ? Que puis-je faire dans ce domaine en tant que laïc ?

 

- Mon Eglise et moi-même sommes-nous des refuges, des havres de paix pour tous ceux qui sont poursuivis par leur sentiment de culpabilité, et la peur de Dieu ? Comment être vraiment pour eux une voie vers le salut ?

 

- Qu'est-ce qui me retient de demander à Dieu l'Esprit, gage et arrhes de l’héritage promis dans sa Parole (Eph 1.14 ; 2 Co 1.22) ?