Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/12/2015

Étude n°13, Leçons de Jérémie, Jér 23.1-8 (26 12 15)

Étude n°13, Leçons de Jérémie, Jér 23.1-8 (26 12 15)

« Voici les jours viennent, dit l’Éternel, où je susciterai à David un germe juste. Il règnera en roi et prospèrera, il pratiquera la justice et l’équité dans le pays. » Jér 23.5

Observons

-       A qui s’adresse Jérémie sous l’image des bergers du troupeau (22.24 et suivants) ? Comment ont-ils traité le peuple ? Comment est présenté le sort qui les attend (v 2) ?berger.jpg

-       Quelle promesse fait l’Éternel à son peuple (v 3) ?

-       En contraste avec le verset 2, que deviendra le peuple, (v 4) ?

-       Quelle notion de temps introduit la prophétie suivante, répétée 5 fois aux v 5 et 7, complétée par une autre au v 6 ? Qu’indiquent ces expressions de temps ?

-       Quel sens donner au mot « germe » ? Quelles sont ses caractéristiques (relever les répétitions v 5-6) ?

-       Quelle différence y a-t-il entre justice et équité, entre salut et sécurité ?

-       Quels parallèles fait Jérémie entre la sortie d’Égypte et la sortie de Babylone ?

-       Au-delà du retour à Jérusalem, quelle promesse eschatologique peut-on discerner dans ces versets ?

 

Comprenons

Jérémie vient de prophétiser contre les rois de Juda, Jojakim et son fils Jojakin (= Jekonia) car ils ont dirigé Jérusalem en « faisant ce qui est mal aux yeux de l’Éternel », c’est-à-dire en se livrant à l’idolâtrie dans laquelle ils ont entraîné le peuple. Cette idolâtrie porte un nom : la cupidité personnelle, qui leur a fait commettre injustices et violences (22.13-17). Jérémie annonce le malheur qui va les frapper à cause de leur mauvaise gestion du gouvernement. La comparaison du peuple avec un troupeau de brebis entraine celle des dirigeants politiques et religieux comme bergers.

En opposition à la dispersion et à l’exil que ces mauvais bergers ont provoqués par leur « méchanceté » (= dans la bible : « indépendance vis-à-vis de Dieu, ignorance de Dieu »), l’Éternel s’annonce comme le Berger rassembleur et pourvoyeur de vie de son troupeau. Ses caractéristiques seront exactement à l’opposé de celles des rois terrestres de Juda : justice et équité (v 3). Sous la direction de chefs envoyés par Dieu, le peuple aura paix et sécurité.blé germé.gif

Par la répétition (v 5-6) de l’expression « Voici les jours viennent », la prophétie dépasse le cadre contemporain pour annoncer le temps messianique : de la lignée royale de David (roi considéré comme le type parfait  du souverain aimé de Dieu), naîtra un « germe », c’est-à-dire un « porteur de vie », petit à l’origine, mais appelé à développer une plante complète. Ce germe sera « juste » = sans péché devant Dieu, il pratiquera la justice, rendant à chacun ce qui lui revient, sans acception de personnes, sans inégalité ni préjugés ni préférences,= avec équité.  Comme au verset 6b de notre texte, en Jérémie 33.16, ce germe de justice (v 15) est appelé « l’Éternel notre justice » = celui qui nous voit justes et nous rend justes.

L’expression « en son temps », au centre des deux autres expressions temporelles « voici les jours viennent » (23.5-7), suggère que le projet de Dieu est bien daté, bien précisé. Dieu en a prévu la réalisation dans l’histoire humaine, au moment le plus opportun fixé par lui. Ce que Dieu annonce n’est pas aléatoire, ni circonstanciel au gré des événements historiques. C’est le fruit d’une volonté divine indépendante de la volonté humaine. Mais Dieu sait « faire tout concourir au bien de ceux qui l’aiment » (Rom 8.28), et l’a réalisé dans son incarnation en son Fils Jésus.

Le salut promis est avant tout la délivrance de Babylone ; mais au-delà du fait historique qui aura lieu une cinquantaine d’années plus tard, le salut sera spirituel et consistera dans la délivrance du péché, que Christ accomplira « en son temps » par sa mort et sa résurrection. Seule cette délivrance spirituelle permettra de demeurer en sécurité, à l’abri des attaques du mal, dans le royaume de Dieu. Car sur terre, même après son retour à Jérusalem, Israël ne vécut jamais en sécurité, comme on peut le constater encore de nos jours !

Les versets 7 et 8 qui suivent mettent en parallèles les deux sorties d’esclavage, d’Égypte et de Babylone. Cela n’exprime rien d’autre que le désir de Dieu de rassembler sous sa direction tous ses enfants dispersés dans un monde soumis au mal, pour les faire vivre dans son royaume éternel. Babylone est désigné comme le pays du septentrion (= Nord), parce que pour y aller ou en revenir les caravanes devaient passer par le nord d’Israël, pour éviter le désert de l’est de la Syrie. De là, le septentrion est devenu le symbole du royaume du Mal, de l’absence de Dieu.

Cette espérance historique et messianique a soutenu Jérémie dans ses épreuves, jusqu’à sa fin en Égypte, oublié de tous, même du peuple qui l’avait forcé à le suivre.

Forts de constater les réalisations passées de ses prophéties, nous pouvons avoir l’assurance que cette prophétie du « germe de justice » réalisée en partie avec la venue de Jésus sur terre dans l’humilité, est aussi eschatologique et trouvera son accomplissement parfait « en son temps », au jour où Christ reviendra dans sa gloire établir son royaume éternel. Que cette certitude et cette espérance nous soutiennent dans les moments d’épreuve que nous traversons, et éclairent les jours sombres de la nouvelle année !

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-       Quels « pasteurs » religieux suivons-nous ? Pourquoi leur obéissons-nous volontiers ?

-       Quels « pasteurs » Dieu nous envoie-t-il pour nous ramener à Lui ?

-       Comment le « germe de vie » que Dieu a planté en nous à notre baptême s’est-il développé ? Comment favoriser sa croissance ?

-       Comment se traduisent dans notre vie et celle de l’église les fruits de justice et d’équité qu’il produit ?

-       Ai-je la conviction inébranlable que seul Dieu peut me rendre « juste » ? A quoi cela se voit-il ?

-       Comment cette promesse de délivrance du péché s’est-elle réalisée dans ma vie ?

-       Quelle crainte habite encore dans mon cœur et m’empêche d’attendre et de hâter (2 Pie3.12),  en paix, la réalisation de cette prophétie ?


 

08:00 Publié dans Jérémie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/12/2015

Etude n°12, Départ vers l’Égypte, Jér 42.3-22 (19 12 15)

Etude n°12, Départ vers l’Égypte, Jér 42.3-22 (19 12 15)

« Ils dirent à Jérémie : Que l’Éternel soit contre nous un témoin véritable et fidèle, si nous ne faisons pas tout ce que l’Éternel, ton Dieu, te chargera de nous dire ! » 42.5

Observonsegypte-pyramides.jpg

Le contexte :

A quel moment de l’histoire de Jérusalem se situe ce récit ? (Ch 39.2 ; 40-41) Quelle démarche entreprennent ceux qui sont restés à Jérusalem ? (42.1-2)

Le texte

-       Quelle demande adressent-ils à Jérémie  (v 3) ? A quoi s’engagent-ils pour être heureux (v 4-6) ?

-       Que promet l’Éternel à son peuple apeuré par Babylone (v 7-12) ?

-       Quelle illusion nourrit le peuple (v 13-14) ?

-       Quelle menace pèse sur lui s’il part en Égypte (v 15-18) ?

-       Que s’apprête à faire le peuple ? En quoi est-ce une tromperie ? Qu’est-ce qui s’en suivra pour lui (v 19-22) ?

Comprenons

La situation à Jérusalem va de mal en pis : Nebucadnetsar a pris et détruit la ville et son temple, assassiné les fils du roi, aveuglé le roi Sédécias qu’il a emmené en captivité, ainsi que tous les gens de quelque importance. Pour que le pays ne devienne pas la proie de pillard ou de bêtes sauvages, il a laissé des agriculteurs et nommé Guedalia comme gouverneur. Mais peu après, ce dernier est assassiné par une faction rebelle de nobles royaux, qui tuent aussi tout son entourage et ses alliés. Pour finir, Ismaël, le chef du coup d’état est lui-même mis en fuite par le chef militaire Jochanan, qui délivre le peuple de sa dictature. Ce Jochanan avec ses associés, et tout le peuple resté pour cultiver les champs, viennent consulter l’Éternel auprès du prophète Jérémie resté volontairement à Jérusalem. Ils sont en effet remplis de la crainte (v 11a) que Nebucadnetsar n’exerce des représailles sur eux, pour la disparition de son gouverneur Guedalia. Cette crainte les pousse non seulement à consulter l’Éternel, mais encore à promettre bien imprudemment de lui obéir (v6), quelle que soit sa volonté pour eux, dans l’espoir de gagner ainsi leur bonheur ! C’est dans les moments d’angoisse que l’homme est prêt inconsidérément à tout promettre, pour sauver sa vie et obtenir ce que son cœur désire. Mais quand l’Éternel ne répond pas dans son sens, il oublie vite sa promesse !

Le peuple se souvient de l’existence de Jérémie le prophète, et le supplie d’intercéder en sa faveur. Il a oublié la réalisation exacte de ses prophéties et s’engage à obéir, alors que jusqu’à présent, il s’est toujours détourné de la parole de Dieu. On peut admirer la patience de Jérémie qui ne leur reproche rien et attend dix jours avant de recevoir la réponse de Dieu. Celle-ci commence par une magnifique promesse : Dieu ne leur veut que du bien, il les protège et les délivre du roi de Babylone à qui il peut inspirer de la compassion pour Jérusalem. L’Éternel s’engage à établir son peuple dans le pays de Juda s’il lui fait confiance et y demeure malgré les apparences et les circonstances défavorables. Dieu fait appel à la foi totale de son peuple désemparé et craintif sur son avenir.

Suit une menace sérieuse de mort (v 16-17, 22), si à l’inverse de leur promesse d’obéissance, ils se tournent vers l’Égypte où ils croient trouver la sécurité. L’Égypte a toujours attiré Israël Jérusalem portique de Salomon.jpgcar elle était le grenier à blé de l’Antiquité, et fut longtemps considérée comme la seule puissance capable de s’opposer aux Assyriens, puis aux Babyloniens. Mais Juda y trouvera exactement ce qu’il croit éviter, guerre, famine ou maladie, et surtout impossibilité définitive de revenir à Jérusalem (v 18b). La Parole de Dieu se fait pressante, et interdit à son peuple de se réfugier en Égypte (v 19). L’ordre est clair et sans appel, mais est compensé par la promesse précédente de secours et de délivrance s’il reste à Jérusalem, même soumise à Babylone (v 11). L’Éternel a bien entendu la promesse d’obéissance mais il sait qu’elle n’est qu’une tromperie de plus de son peuple qui s’illusionne sur la sincérité de son Babylone Lions.jpgengagement envers Dieu. En fait sa consultation de Dieu par l’intermédiaire du prophète n’est qu’un paravent superstitieux pour se rendre Dieu favorable. Jérémie n’est pas dupe et rappelle au peuple qu’il reste endurci dans sa surdité spirituelle et sa désobéissance, qui conduisent à une mort certaine.

Ce que Jérémie prophétisait se réalise : le peuple qui n’a pas confiance en lui, le traite de menteur sous l’influence de Baruk son secrétaire ! Les chefs juifs n’osent pas toucher directement au prophète, ce pourrait être dangereux ! Mais ils s’en prennent à son serviteur fidèle ! Bizarrement, dans leur fuite vers l’Égypte ils entraînent le prophète et son secrétaire, comme fétiches protecteurs ( ?), qu’ils croient peut-être rendre ainsi inoffensifs. Peur, aveuglement, superstition, conduisent le peuple exactement à l’opposé de ce qu’il croit obtenir. Une fois de plus, emporté par ses propres sentiments, il manque de confiance en Dieu, se détourne de ses promesses de vie et tombe dans le malheur et la mort.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-       Dans quelles circonstances malheureuses me suis-je tourné(e) vers Dieu, en prétendant vouloir lui obéir, tout en désirant qu’il se plie à ma volonté ? Comment ai-je ensuite réagi à sa réponse…ou à son silence ?

-       Vers quel soutien autre que celui de Dieu, avons-nous tendance à nous tourner lorsque la situation nous semble intenable ?

-       Pourquoi Dieu interdit-il à son peuple d’aller en Égypte, et lui recommande-t-il de rester à Jérusalem, soumise à Babylone ?

-       Que peuvent symboliser pour nous, à la fin des temps, l’Égypte, Jérusalem et Babylone ? Quelle différence y a-t-il pour l’Église entre « Égypte » et « Babylone » ? Comment rester dans « Jérusalem » en étant soumis à la « Babylone » moderne ?

08:00 Publié dans Jérémie | Lien permanent | Commentaires (1)