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24/05/2019

Étude n°9 Faire face à des pertes Marc 5.22-43 (01 06 19)

Étude n°9 Faire face à des pertes Marc 5.22-43 (01 06 19)

Phil 3.8 : « Je considère tout comme une perte à cause de l’excellence de la connaissance de Christ, mon Seigneur. A cause de lui j’ai accepté de tout perdre, et je considère tout comme des ordures afin de gagner Christ… » (Icône écrite par Joëlle, Atelier des Tourelles, St Matthieu de Tréviers)fille de Jaïrus par Joëlle.jpeg

Observons

  • V 21-24 : Quel est le contexte de ce récit ? : lieu, environnement de Jésus, personnages.
  • Quelle est la situation sociale de Jaïrus ? Son attitude vis-à-vis de Jésus correspond-elle à sa situation sociale ? Que demande-t-il à Jésus ? Quels sentiments sont sous-jacents à cette demande ?
  • V 25-34 : Qu’est-ce qui lie cette longue interruption du récit à l’histoire de Jaïrus ?
  • Quelles sont les manifestations de foi de la femme ? Quelles sont ses craintes ? Comment Jésus y répond-il ?
  • V 35-43 : Quel événement permet de reprendre l’histoire de Jaïrus ? Comment Jésus intervient-il auprès du père endeuillé v 36 ? Auprès de la foule et de la famille v 38-40 ? Comment s’adresse-t-il à la jeune fille ? Comparez avec Jaïrus au v 23 : Que peut suggérer cette différence ?
  • Qu’est-ce que chaque personnage avait à perdre, si on se réfère au verset de l’en-tête de cette étude ? Que leur a apporté Jésus en compensation ?

 

Comprenons[1]

Les trois évangiles qui rapportent l’événement extraordinaire de la résurrection de la fille de Jaïrus, y insèrent le récit de la guérison d’une femme perdant du sang depuis douze ans, et précisent que la jeune fille de Jaïrus avait elle aussi douze ans ! Pourquoi ces coïncidences et cette mise en parallèles? Elles ne sont pas fortuites et elles mettent l’accent sur deux moments importants de la vie d’une femme, la puberté et l’approche de la ménopause. Si des traumatismes ont affecté la femme à ces moments, son psychisme et sa sexualité ont pu être bouleversés et laisser des traces durables dans sa vie. A ces tournants de sa vie, la femme éprouve des peurs profondes à la perspective d’un changement d’état important : le passage de l’enfance à l’âge adulte, ou de la capacité de maternité à la stérilité et la vieillesse.

Quels chocs (violences conjugales, viol, mépris de sa féminité, peur de la ménopause qui lui ferait perdre toute possibilité de maternité…) avait subis la femme hémorragique pour provoquer en elle une perte sanguine qui tout en la maintenant apparemment dans l’état de femme fertile, la rendait impure, intouchable, aux yeux des hommes de cette société ? Quel paradoxe ! Sa peur de la vieillesse lui faisait inconsciemment prolonger sa maturité, mais la handicapait physiquement et socialement ! Incapable de résoudre par elle-même cette contradiction, elle pense à se tourner vers Jésus, avec une foi un peu superstitieuse (toucher son vêtement pouvait guérir), mais avec audace pour braver le tabou social, les regards de la foule et même la réaction de Jésus. La femme hémorragique a décidé d’elle-même de tenter sa dernière chance pour être guérie ; bravant les interdits, surmontant sa crainte d’être découverte, elle alla vers Jésus, incognito, avec foi en sa puissance de guérison. Jésus en ne la rejetant pas et même en l’approuvant, lui redonna confiance en elle et répondit à ses efforts pour sortir de sa situation humiliante. Contre toute attente, son aveu craintif lui ouvre la porte de la guérison : Jésus répond à son geste de foi par un geste d’amour qui va plus loin que la guérison physique, il lui donne la paix  de l’âme et le salut spirituel et physique : la perte de sa féminité ne lui provoque plus la peur de la vieillesse ou de la solitude : Jésus sera désormais présent dans sa vie et compensera toutes ses pertes !

 

En parallèle, quel amour paternel étouffant et possessif (ou même peut-être incestueux ?) empêchait la fille de Jaïrus de se développer et de passer le cap de sa puberté ? Son père ne la voyant que comme une «fillette», (Ce diminutif plein de tendresse, n’est employé que 2 fois dans le Nouveau Testament Marc 5,23 et 7,25), lui ôtait le désir de grandir, la condamnait à ne pas vivre sa vie de femme, la privait d’avenir, jusqu’à se laisser mourir.

Au contraire de la femme hémorragique qui a pris sa vie en main, la jeune fille de Jaïrus, étant allée jusqu’au bout de son renoncement à la vie d’adulte, ne pouvait que rester passive. Heureusement son entourage intervint : son père dans le désespoir de perdre sa  « fillette », sans se rendre vraiment compte, comme père trop possessif, de sa propre responsabilité dans cet événement, se tourna vers Jésus, oubliant tout orgueil de chef de synagogue, et le supplia de lui imposer les mains pour qu’elle revive. Il lui fallait beaucoup d’amour pour sa fille, et beaucoup de foi en la puissance de ce Maître compatissant. Même après l’annonce par ses serviteurs de la mort de son enfant, Jaïrus, sur l’invitation de Jésus, chassa la crainte qui l’envahissait et ajouta foi à ses paroles énigmatiques: Ne crains pas, crois seulement ! Jésus mit hors de sa maison tous ceux qui par leurs cris et lamentations funèbres ou leur incrédulité railleuse, faisaient obstacle à son projet de vie. Il ne garda avec lui auprès de la jeune fille, que ceux qui l’aimaient, son père et sa mère, et ses disciples intimes qui par leur prière pouvaient Le soutenir dans cette confrontation directe avec la puissance de la mort. En la touchant, comme pour le jeune homme de Naïm, en l’appelant «Tabitha» (Jeune fille), Jésus lui redonna une vraie individualité, une indépendance existentielle, qui la séparaient de son père trop captateur, un espoir nouveau dans un avenir d’adulte; il lui redonna le souffle vital qui lui permit de se lever et de marcher vers une nouvelle vie. Pour prouver qu’elle était bien vivante et surtout l’encourager à grandir, Jésus se préoccupa de lui faire apporter à manger : elle n’était pas un pur esprit ! Ses parents au lieu de la maintenir dans l’infantilisme, devaient maintenant l’aider à grandir et à s’épanouir en adulte. Le mouvement de retour à la vie ne s’arrêtait pas là, il devait se poursuivre avec l’aide bienveillante des proches, pour que la «ressuscitée» reprenne goût à la vie, fasse le deuil de son enfance, et assume son entrée dans l’âge adulte !

Ces deux femmes, à un âge crucial de leur vie, avaient à perdre leurs craintes du changement, et leur dépendance affective ou sociale. L’intervention de Jésus dans leur vie leur a permis de dénouer les liens malsains qu’elles entretenaient avec leur entourage, et sa présence a transformé leur regard sur elles-mêmes et sur leur avenir.

Jaïrus, aussi, par son appel à Jésus, a été amené à considérer son rang social de chef de la synagogue, et son amour pour sa fille comme moins importants que ce que Jésus pouvait lui apporter, paix même devant la perte de la vie, confiance dans l’impossible de Dieu, amour paternel transformé par la vie de Jésus présent parmi les siens, espérance dans l’avenir.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • Comment ce texte m’interpelle-t-il sur mes priorités ?
  • Qu’est-ce que je crains de perdre, individuellement, familialement, socialement, amicalement, psychologiquement, et spirituellement ?
  • Face à ces pertes, de quel poids pèsent ma foi, la Parole de Dieu et la prière ?
  • Quelles compensations à ces pertes ai-je trouvé dans la présence de Jésus ?
  • Comment être des disciples de Jésus accompagnants et réconfortants pour ceux qui perdent un être cher, ou tout espoir d’avenir ?

 

[1] Voir le livre « Lève-toi et va vers la vie » (Ed Empreinte) d’E. Zuber, p 145

08:01 Publié dans Familles | Lien permanent | Commentaires (0)

17/05/2019

Étude n°8 : Être parent 1 Samuel 2,12-36 et 3.13-14 (25 05 19)

Étude n°8 : Être parent 1 Samuel 2,12-36 et 3.13-14 (25 05 19)

« Voici que des fils sont un héritage de l’Eternel, le fruit des entrailles est une récompense ! » Ps 127.3père et fils 2.jpg

Observons

Le contexte

Eli est à la fois juge en Israël depuis une quarantaine d’années, et sacrificateur à Silo où se trouvait l’arche de l’alliance et le tabernacle depuis l’entrée en Canaan. Comme c’était la coutume, ses deux fils avaient pris sa succession car il était très âgé et aveugle (4.15).

Anne dont l’Eternel avait exaucé la prière d’avoir un enfant, a confié, en reconnaissance, son fils Samuel à la garde d’Eli pour qu’il le consacre à l’Eternel (1.28), et pour qu’il lui apprenne le service du temple. Elle a ainsi offert à Dieu les prémices de sa maternité, obéissant à la loi donnée à la première Pâque (Ex 13.1) de consacrer à Dieu tout premier-né, en signe d’adoration. En contraste le texte suivant décrit l’attitude d’Eli et de ses fils vis-à-vis de Dieu.

 

Le texte

  • Introduction (v 12) Perversité des fils d’Eli
    1. v 13-17 : Mépris des fils d’Eli pour les fidèles et leurs offrandes
    2. v 18-21 : soins d’Anne pour son fils Samuel et bénédiction de Dieu sur elle.

a’) v 22-25 : vains reproches d’Eli à ses fils.

  • Bénédiction de Dieu sur Samuel

A’- Prophétie contre la famille d’Eli

  1. v 27-28 : rappel du sacerdoce confié par Dieu aux sacrificateurs
  2. v 29 : Dénonciation de la faute d’Eli et de ses fils

a’) v 30-36 : rejet du sacerdoce de la famille d’Eli et annonce de la mort de ses fils.

Au centre de chacune des deux parties A et A’ se trouvent les attitudes opposées de parents vis-à-vis de leurs enfants, encadrées, au début par la révélation des actes des fils du sacrificateur Eli (12-17), et des actes de Dieu vis-à-vis de la famille d’Eli (27-28), et à la fin par la révélation des conséquences de ces actes dans la famille d’Eli (22-25 et 30-36).

 

Comprenons

Au premier abord, ce texte peut être lu comme un simple enseignement moral sur l’éducation des parents. Pourtant la Parole de Dieu n’a pas ce seul objectif, et la composition du passage nous invite à chercher l’enseignement spirituel qu’il véhicule. Quelle est la faute d’Eli et de ses fils ? Elle est exprimée au v 29 :

  1. ils foulent aux pieds sacrifices et offrandes réservées à Dieu
  2. Eli honore ses fils plus que Dieu
  3. Ils s’engraissent sur le dos du peuple et du service de Dieu (Voir Dt 32.15).

Les sacrificateurs vivaient des dîmes et des offrandes apportées au tabernacle par les fidèles (Dt 18.1). Dans les sacrifices d’actions de grâces, un repas de famille permettait de consommer la partie de la victime qui n’était pas brûlée sur l’autel, ni allouée au sacrificateur (Lv 7.11-21). Le sacrificateur n’avait droit qu’à la poitrine et à la cuisse droite (Lv 7.31-35). Les fils d’Eli réclamaient et au besoin prenaient en outre ce qui leur plaisait, soit dans la viande cuite, soit avant même que la part de Dieu soit brûlée (v 13-16). Ils montraient par là combien ils « méprisaient » (v 17, 29) ou accordaient peu de sens aux sacrifices, et combien ils profitaient de leur fonction pour « s’engraisser » (v 29) personnellement. Ils ne servaient pas Dieu, mais se servaient eux-mêmes ; ne voyant dans les sacrifices qu’une source de profit matériel, ils ne comprenaient plus le sens symbolique de ces sacrifices institués par Dieu dès la création (Gn 3.21) pour annoncer le salut et le pardon de Dieu, que Jésus réalisera plus tard par son sacrifice sur la croix (Dt 32.15). Lorsque le rite perd sa signification spirituelle, il devient une occasion de péché, d’abandon et de mépris de Dieu (voir ce que dit Paul à ce sujet pour la sainte cène  en 1 Co 11.27-29.

Eli, en reprenant mollement ses fils, sans approfondir avec eux les enjeux de leur attitude, ne manifeste pas un souci de la gloire de Dieu, mais le souci de l’opinion du peuple sur ses fils (v 23-24). Il semble lui aussi méconnaître le jugement et le pardon de Dieu que symbolisaient les sacrifices, puisqu’il ne voit pas comment l’offenseur de Dieu pourrait échapper à son courroux (v 25a). Face à la gravité de l’attitude des fils il aurait dû montrer plus de fermeté dans ses reproches pour les amener à la repentance. En cela, Dieu peut lui dire qu’il a honoré ses fils plus que lui, qu’il a méprisé sa gloire, en ne cherchant pas plus intensément à faire revenir ses fils à Dieu (v 29, 30b). L’éducation dans cette  famille ne manifestait que faiblesse, confusion, absence de respect de Dieu et intérêt personnel.

En contraste, l’auteur du livre met en valeur l’attitude respectueuse envers Dieu d’Anne et de sa famille. Bien que la perversité des sacrificateurs lui soit connue, Anne n’hésite pas à confier son fils Samuel à Eli, pour le service du temple. Elle aurait pu racheter son premier-né, comme la loi le lui permettait (Nb 18.15). Elle aurait pu désirer le garder auprès d’elle loin des mauvaises Anne mère de Samuel.jpginfluences des fils d’Eli, elle aurait pu aussi s’éloigner du tabernacle si corrompu, et ne plus y venir adorer le Seigneur. Tout cela, elle n’a pas voulu en tenir compte, par reconnaissance envers le Seigneur pour la grâce reçue d’être devenue mère. La femme stérile était en effet considérée et se considérait comme maudite de Dieu. Samuel était ce qu’elle avait de plus cher, de plus précieux et elle le consacra entièrement au service de Dieu, oubliant tout désir de possession maternelle. Son amour s’est exprimé par les soins dont elle a entouré Samuel (v 19) durant les nombreuses années de sa croissance. Anne a ainsi manifesté fidélité et persévérance dans son attention à Dieu, et dans sa reconnaissance.

Peut-être son amour pour Dieu lui a-t-il fait pressentir que Samuel pourrait être ce « sacrificateur fidèle » (v 35) qui remplacerait les fils d’Eli et accompagnerait la vieillesse d’Eli, aveuglé physiquement et spirituellement (v 33). La qualité de sacrificateur se marquait par le vêtement que portait le jeune Samuel, un éphod de lin (Ex 28.6), il était un descendant de la branche cadette de Lévi (1 Chr 6.1-28 ; Ex 6.16-20), qui normalement n’avait pas reçu la sacrificature.

Anne fut la première bénéficiaire de la promesse exprimée par l’homme de Dieu au v 30 : « j’honorerai celui qui m’honore », puisqu’elle fut comblée par cinq autres maternités (v 21).

Une seconde réalisation de la prophétie du v 35 s’accomplit sous le règne de Salomon (1 Rois 2.26-27) lorsqu’Abiathar, dernier descendant d’Eli, fut dépouillé de la sacrificature et remplacé par Tsadok (= le juste, en hébreu) à qui il dut mendier de quoi survivre, les sacrificateurs n’ayant pas d’autres sources de revenus que les sacrifices et offrandes des fidèles.

Enfin on peut voir aussi dans cette promesse une annonce messianique du grand sacrificateur Jésus qui « agira selon le cœur de Dieu ».

Le contraste entre les deux familles fait ressortir toute l’importance de l’attitude des parents envers Dieu et envers leurs enfants. Même si Samuel n’a pas bénéficié très longtemps de la présence de ses parents, ce qu’ils lui ont inculqué – amour, respect de Dieu, soins attentifs à l’autre, abnégation, esprit de service – lui a suffi pour ne pas se laisser influencer par le laisser-faire d’Eli et la cupidité de ses fils. Une éducation dans l’adoration de l’Eternel et l’obéissance à sa parole porte les fruits de l’Esprit (Ps 127) et fournit aux enfants des points de repère pour orienter leur vie, et des outils pour grandir harmonieusement, même si tous ne deviennent pas des prophètes comme Samuel, ou même des croyants ! C’est de la responsabilité des parents d’enseigner et non d’imposer à leurs enfants un chemin de vie possible qui leur permette de saisir toutes les bénédictions que Dieu leur réserve. Mais c’est leur liberté de le suivre ou non !

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

  • Quels exemples sommes-nous auprès de nos enfants, en famille et en église ?

 

  • Qu’avons-nous à revoir dans notre façon d’agir vis-à-vis des autres et de Dieu, pour être des témoins authentiques de Jésus-Christ dans notre famille et dans notre église ?

 

  • Quel but fixons-nous à notre éducation familiale et ecclésiale : faire des hommes et des femmes : soumis à notre volonté ou indépendants, des adultes décidés et débrouillards, des disciples de Jésus-Christ, des enfants qui nous feront honneur ou qui réaliseront ce que nous n’avons pas pu faire ou posséder, des chrétiens engagés, … ?

 

  • Quelle différence faisons-nous entre la réprimande et la punition ? entre le laxisme et la liberté ? entre la soumission et l’obéissance ?

 

  • Comment inculquer le respect et l’amour de Dieu et des autres ?

08:00 Publié dans Familles | Lien permanent | Commentaires (0)