30.10.2009

Etude 6 Nb15 Préparer l'avenir (07 11 09)

Etude n°6 : Nombres 15 : Préparer l’avenir(07 11 09)

 

Ezéchiel 20.19-20 « Je suis l’Éternel, votre Dieu ! Suivez mes prescriptions, observez mes ordonnances et mettez-les en pratique. Sanctifiez mes sabbats, et ils seront entre vous et moi  un signe auquel on reconnaîtra que je suis l’Éternel, votre Dieu ?

 

Observons

Le texte est composé d’une suite de prescriptions sans liens apparents entre elles, mais il est construit en parallèles concentriques.

a)     1-16 : Prescriptions sur l’offrande et la libation

b)     17-21 : Cas spécial dans la loi des prémices : l’offrande d’un gâteau.

c)     22-31 Expiation d’un péché involontaire, communautaire et individuel

b’)  32-36 : exemple d’un péché impardonnable

a’)  37-40 : Prescriptions sur les signes vestimentaires

Au centre, on trouve une loi sur l’effacement, ou le pardon, d’un péché involontaire.

 

Comprenons

Ce passage concernant cinq prescriptions à appliquer après l’arrivée en Canaan, est placé entre les récits de deux révoltes du peuple dans le désert. Il semble avoir été situé ici, sans souci de chronologie, pour rappeler que l’alliance avec Dieu subsiste malgré les révoltes humaines. C’était un appel à l’espoir, qui pouvait soutenir la longue marche pendant les 37 ans  de désert, entre les deux séjours à Kadès : le peuple était invité à tourner les regards vers la fin de son voyage, en faisant confiance à Celui qui voyait son avenir et son installation en Terre Promise.

             a)   1-16 : L’offrande de farine et la libation de vin devaient accompagner les holocaustes de consécration à Dieu, les sacrifices d’actions de grâces et de fêtes. De caractère végétal, ces deux offrandes sont présentées à pains levés.jpgl’Éternel, sans valeur expiatoire, en signe de reconnaissance pour les bénédictions divines dans la subsistance quotidienne de la famille. Les mesures indiquées sont proportionnelles à l’importance de chaque victime animale.

La répétition de l’expression anthropomorphique « une agréable odeur à l’Éternel », indique au sens propre que ces offrandes étaient consumées et produisaient une fumée odorante. Dans une conception païenne, cette odeur « agréable au dieu » devait l’apaiser et le rendre favorable à l’offrant. C’est malheureusement cette interprétation qui l’emporta très vite dans le peuple !

En quoi Dieu peut-il prendre plaisir à ces offrandes ? Spirituellement, elles devaient enseigner au peuple quelque chose du plan du salut. Sous les symboles de fleur de farine et de vin répandu sous l’autel, était préfigurée l’œuvre du Christ pour le pécheur, au-dehors et sur la croix : nourriture spirituelle (pain), don de soi jusqu’à la mort (holocauste et libation), don de la vie (vin = sang). En manifestant sa reconnaissance pour les dons matériels, le fidèle était amené à manifester en même temps son acceptation du salut offert par le Seigneur. C’est cette acceptation qui « plaisait » à Dieu. Voir son enfant choisir la vie pleine avec Lui, le réjouit profondément, comme le Père de la parabole du Fils prodigue (Luc 15).

La recommandation d’appliquer cette loi aux autochtones (= les Hébreux) aussi bien qu’aux immigrés (= étrangers venant habiter dans le pays) indiquait que le salut était pour tous, Dieu ne faisant pas de « considération de personnes » (Dt 10.17-18 ; 2 Chr 19.7 ; Ac 10.34-35 ; Rm 2.11 ; Gal 2.6). Tous ont accès au salut et peuvent en rendre grâces à Dieu !

Les deux espèces, pain et vin, que l’on retrouve dans le repas de la Pâque, ont été reprises par Jésus dans son dernier repas, pour rappeler aux disciples le sens de la croix : il donnait son corps tout entier (pain) et sa vie (sang) pour sceller la nouvelle alliance de Dieu avec le croyant (Luc 22.20), dont il pardonnait le péché. La Cène constitue le mémorial de ce don jusqu’au retour en gloire du Seigneur (Luc 22.19c ; Mt 26.29).

Le fait que ces offrandes végétales ne soient pas les produits bruts de la plante (grain de blé ou de raisin, olive), mais le fruit d’un travail sur eux, peut en outre symboliser le travail de l’Esprit dans la personne du croyant. Celui-ci n’offre pas à Dieu seulement un cœur resté « naturel, charnel », mais un cœur que l’Esprit transforme et purifie. Compris ainsi, ce symbole donnerait un sens nouveau à la distinction que Dieu opère au jugement préliminaire parmi les fidèles : ceux qui ne sont croyants que de nom, et ceux qui se sont laissé transformer par l’Esprit (parabole des dix vierges Mt 25 1-13 ; parabole des talents Mt 25. 21-23 ; le troisième sceau d'Ap 6. 5-6 ).

 

        b)    17-21 : le gâteau  dans l’offrande des prémices n’était pas brûlé, et constituait pour les sacrificateurs un revenu important. On peut l’assimiler à la dîme des revenus, comme signe de reconnaissance pour ls bénédictions divines, signe de solidarité avec ceux qui ont la charge d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, et signe de consécration à Dieu (comme les premiers-nés) de sa personne dès le début de sa vie avec Lui.

 

        c)       22-31 : Loi sur l’expiation d’un péché involontaire. La place centrale dans le texte de cette loi lui confère une importance particulière. Ce n’est pas Moïse, mentionné à la troisième personne, qui parle, ni l’Éternel qui l’introduit comme au verset 37. Cette loi a déjà été édictée en Lév 4.13-14 avec une variante : le seul taureau de Lévitique, est remplacé ici par un bouc pour le péché et un taureau en holocauste avec libation et offrande. Les deux actes de libation diffèrent légèrement à cause de la différence des fautes envisagées. Dans le Lévitique, il s’agit d’une transgression involontaire de la loi, c’est une simple erreur. Dans le second cas, en Nombres, il s’agit de l’omission involontaire d’un acte exigé par la loi, on a  oublié d’agir. A l’infraction on ajoute l’omission, c’est pourquoi on a deux victimes animales, le bouc sacrifié pour le pardon du péché, le taureau brûlé en holocauste pour la réparation de l’oubli.bouc émissaire.jpg

L’expiation ou effacement du péché est la grande affaire du culte du sanctuaire, car c’est l’œuvre essentielle de Christ : elle a demandé son incarnation, sa mort et sa résurrection. C’est le point central du plan du salut de l’homme quel qu’il soit (v 29). Le pardon est acquis à tout croyant qui s’aperçoit et se repent de sa faute involontaire (v 26-28), mais il ne peut concerner celui qui sciemment et volontairement transgresse la volonté divine, sans regret ni retour à de meilleurs sentiments. Sa transgression manifeste marque son mépris de la volonté divine et sa rupture de l’alliance avec Dieu, qui aboutissent à la mort spirituelle symbolisée par l’exclusion du camp (30-31) et la lapidation (35-36).

 

            b’)  32-36 : l’exemple concret de la transgression volontaire du sabbat, pris à la lettre, est particulièrement horrible et ressemble aux applications meurtrières modernes de la « charia » dans certains pays. Il est difficile de l’accepter comme venant d’un Dieu d’amour ! On peut pourtant y voir un moyen pédagogique extrêmement parlant pour un peuple qui connaissait très mal son Dieu, et qui devait apprendre à respecter sa volonté, s’il voulait vivre. Le jour du Sabbat avait été fixé par Dieu comme « signe » entre Lui et son peuple, pour manifester qui était son Dieu, l’Éternel, le Créateur et le Sauveur (Gn 2.3 ; Ex 20.11 ; Dt 5.15). Mépriser cette loi de vie donnée par Dieu pour le bonheur de l’homme, a comme conséquence la mort de la dimension spirituelle de l’humain, qui retourne ainsi à l’état « animal », mû par ses besoins et ses passions. Or  ceux qui « vivent selon la chair ne peuvent plaire à Dieu et vont à la mort »(Rm 8.8,13).

Pour faire comprendre au peuple cette vérité spirituelle de la plus extrême importance, il fallut employer un exemple concret incontestable ! Pour nous faire comprendre la même vérité, il fallut l’exemple extrême de la mort de Christ, assumée pour nous délivrer de notre péché !

 

            a’)  37-40 : La loi sur les signes vestimentaires : cordons, franges ou glands aux quatre coins du manteau, devaient être des signes mnémotechniques pour se souvenir des commandements de Dieu, et fixer l’attention sur eux afin de ne pas tomber dans la tentation d’idolâtrie (= prostitution spirituelle dans la Bible) ou dans l’aliénation à ses passions. Dieu prend soin de son peuple dans les plus petits détails, et lui donne les moyens de ne pas s’écarter de Lui, pour rester libre et vivant ! Nos avons ici la clé pour résister à la tentation : il faut focaliser son attention sur Dieu, sur sa volonté et ses promesses, au lieu de s’efforcer d’écarter la tentation par ses propres « forces ».

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

A- Par quoi puis-je manifester à Dieu ma reconnaissance pour son salut ?

 

-          Comment laisser l’Esprit Saint transformer mon cœur pour être pour les autres une odeur de vie ( 2 Co 2.16) ?

 

-          Que représentent pour moi les espèces de la sainte-cène ? Que m’apporte ma participation à ce repas rituel ?

 

B-    Que représente la dîme dans ma relation avec Dieu ? Où en est ma fidélité à ce sujet ?  

 

C-    - Quelle place occupe la repentance dans ma vie de foi, et dans celle de mon église ? Comment la liturgie de nos cultes en tient-elle compte ?  Comment rappeler à chaque culte cette démarche, sans tomber dans la culpabilisation permanente ?

 

-          Quelle expérience de pardon ai-je vécue cette semaine ?

 

B’- Comment vivre le sabbat comme signe d’alliance avec Dieu créateur et sauveur ? Est-ce pour moi un jour d’interdits, ou un jour de vie pleine et de communion avec Dieu et avec les frères en la foi ?

 

A’- Comment mon mode de vie (vêtements, lectures, loisirs, travaux, paroles, relations) témoigne-t-il de mon appartenance à Dieu ?

 

-          Quels moyens me permettent de me souvenir de Dieu et de vaincre la tentation ?

 

-          Comment les Lois du Royaume (= Mt 5-7 : Les béatitudes, et tout le sermon sur la montagne) peuvent-elles nous aider à marcher avec confiance et espoir vers la Canaan céleste ?

23.10.2009

Etude 5 Nb 11-14 Du murmure à l'apostasie (31 10 09)

Etude n°5 : Des lamentations à l’apostasie. Nombres 11-14 (31 10 09)

 

Phi 2.14-15 : «Faites tout sans murmures ni discussions, pour être irréprochables et purs, des enfants de Dieu sans reproche au milieu d’une génération corrompue et perverse, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde, portant la parole de vie. »

 

Introduction

Le contexte

A partir du chapitre 10.11 et jusqu’au ch 22.1, le livre des Nombres relate le voyage depuis le Sinaï jusqu’au pays de Moab. Le début et la fin du voyage donnent lieu à de nombreux détails, tandis que pendant les 38 ans d’errance après la révolte de Kadès, peu de faits sont rapportés, car le peuple qui a conclu l’alliance avec Dieu au Sinaï disparaît peu à peu, et est remplacé par une seconde génération aussi peu réceptive aux appels de Dieu que la première.

Le départ a été donné et le peuple a marché trois jours sans établir de campement fixe. Déjà le mécontentement apparaît !

Le texte

Ces quatre chapitres sont construits en parallèles concentriques : les murmures du peuple (ch 11), puis sa révolte à Kadès (ch 13-14) encadrent les murmures de la famille de Moïse contre son autorité (ch 12).

 

Etude du chapitre 11

Observonscaravane-desert,01.jpg

Structure

A- 1-10 : Plaintes diverses du peuple sur l’inconfort et la nourriture

B- 11-15 : Murmures et déprime de Moïse

C- 16-35 : Réponses de Dieu : établissement d’un conseil d’Anciens et envoi de cailles.

 

Comprenons

A- Maintenant que l’alliance a été conclue, Dieu ne laisse pas passer les murmures qui s’élèvent contre lui ou contre son prophète Moïse, comme il l’avait accepté avant l’alliance (Ex 15.24 ; 16.2 ; 17.2). Les circonstances semblent se répéter à quelques mois de distance, mais le peuple n’a pas encore compris que son alliance avec Dieu le rendait responsable de l’état d’esprit avec lequel il les aborde. Au lieu de se souvenir de la sollicitude divine, le peuple ne regarde qu’à son inconfort (trois jours de marche sans campement sûr !), ou à sa lassitude d’une nourriture peu variée ; il se laisse dominer par ses peurs, au lieu de faire confiance à son Sauveur.

Ne soyons pas étonnés ou choqués de lire que « la colère de Dieu s’enflamme contre les révoltés et leur envoie une plaie mortelle »(v 33). Dieu étant Unique, tout événement, bon ou mauvais, lui est attribué. La révélation de Dieu reste encore imparfaite et sommaire, le peuple le considère de façon très anthropomorphique (= à la ressemblance de l’homme), avec des réactions et des sentiments très humains. Ces expressions, loin de troubler notre image de la personnalité de Dieu, peuvent nous faire mesurer combien le manque de confiance en Lui et la révolte contre Lui le touchent et blessent son amour pour les hommes. Les plaies qui tombent sur le peuple sont considérées dans le texte comme des « punitions » de Dieu, selon une conception de la justice divine qui rétribue les actes humains par des récompenses ou des châtiments : c’est ainsi que fonctionnait la vie des Hébreux anciens esclaves, tout juste libérés !  Pourtant, plus tard les prophètes et les apôtres saisiront que ces « punitions » ne sont en fait que les conséquences naturelles des actes humains . Pour Osée (8.7) « puisqu’ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête ! », pour Job (4.8) « ceux qui labourent l’injustice, et qui sèment ce qui est pénible en moissonnent les fruits » ; pour Paul (Gal 6.7-8) « ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair, moissonnera de la chair la corruption, celui qui sème pour l’Esprit, moissonnera de l’Esprit, la vie éternelle. »

Le peuple, encore constitué d’un  « ramassis » de gens hétéroclites (Hébreux, Egyptiens, esclaves et libres, ouvriers et intellectuels, croyants et incroyants, etc), a semé un esprit de mécontentement, de colère et de revendication, il moissonne un feu dévorant dont la foudre est le symbole visible. Il sème la convoitise et la gloutonnerie, il moissonne l’intoxication alimentaire mortelle, symbole de leur mort spirituelle, car ils se sont intérieurement révoltés contre Dieu.

Par ces expériences douloureuses que le Seigneur ne leur a pas épargnées par souci pédagogique, le peuple devait comprendre ce qu’entraîne la séparation d’avec Dieu pour ceux qui ont conclu alliance avec Lui. Toute pédagogie enseigne les limites à ne pas dépasser si on veut rester en vie et se développer !

 

B- Murmures et déprime de Moïse

Placé entre les murmures du peuple et la colère divine (v 10), Moïse est si affecté qu’il tombe lui-même dans le découragement  devant la lourde tâche qui lui incombe de nourrir le peuple et de le conduire. Il reproche à Dieu de lui avoir  confié un tel fardeau, et préfère la mort (v 14-15). Sa plainte est sincère et manifeste une entière confiance en l’écoute bienveillante de l’Éternel, à la différence des plaintes du peuple qui ne s’adressent pas à Dieu directement.

De plus, Moïse ne semble pas se souvenir que Dieu avait déjà pourvu auparavant à la même demande de viande  (Ex 16). Il ne voit que son incapacité personnelle à nourrir une telle foule. Les disciples de Jésus auront la même attitude de doute, lors de la seconde multiplication des pains (Mt 15.33). Combien de fois oublions-nous devant une difficulté qui nous paraît humainement insurmontable, les grâces divines et sa puissance à sauver  son enfant effrayé !

C’est pourquoi comme à Job,  Dieu va répondre sans reproches ni rigueur à son serviteur fatigué et déprimé. Dieu connaît le fond du cœur et la faiblesse de chacun de ses enfants, il écoute leur plainte et cherche à les réconforter par des mesures adéquates.

 

C- Réponses de la sollicitude divine

1- Dieu institue un collège d’anciens pour assister Moïse. Ces conseillers, différents de ceux qui s’occupent de la justice dans le camp (Ex 18), agiront dans le même sens que Moïse, car ils sont oints du même Esprit que lui. Pour que tous se rendent compte de leur inspiration divine, des manifestations spéciales, comme dans l’avenir  pour les disciples à la Pentecôte (Ac 2), ont lieu lors de leur onction, sans toutefois durer dans le temps (v 25). Dieu répond précisément au besoin exprimé par Moïse et ne le laisse pas seul dans la conduite du peuple. L’épisode de l’onction des deux anciens absents à la cérémonie, est révélateur de l’état d’esprit respectif de Josué et de Moïse. Pour Josué, cette onction était une injustice, puisque les deux anciens n’étaient pas devant le tabernacle avec les autres, c’était aussi une atteinte à l’autorité de Moïse et au respect de sa fonction de chef. Josué s’instituait  défenseur des droits de Moïse et gardien des rites religieux, ne se rendant pas compte que par cette réaction il prétendait limiter les dons de Dieu à certains privilégiés « rituellement corrects » ! (comme Jean en Marc 9.38-39). Nul dirigeant de communauté religieuse ne peut prétendre juger à la place de Dieu de la dignité ou non des membres à recevoir les grâces divines ! L’Esprit souffle où il veut et n’est pas maîtrisable par l’homme. Il n’est pas diminué non plus par sa dispersion sur plusieurs, comme la flamme n’est pas diminuée par les bougies qu’elle allume.

Pour Moïse, cette onction « sauvage » éveille en lui le désir de voir tout son peuple en bénéficier et devenir un peuple de prophètes. Dans l’AT, l’onction de l’Esprit reste occasionnelle, limitée à des individus (rois, ou prophètes) et même parfois occasionnelle (ex : Saül, 1 Samuel 10.6, 9-13). Il faut attendre la réalisation de la prophétie de Joël 2.28-29, une première fois à la Pentecôte (Ac 2), une seconde fois à la fin des temps (Ap 7 et 14) pour voir naître un peuple entier, oint de l’Esprit Saint, pour « prophétiser » et répandre la Bonne Nouvelle du salut en Jésus-Christ.

 

2- Pour répondre au désir de nourriture carnée du peuple, Dieu envoie à nouveau des cailles, que les gens du désert font sécher au soleil et peuvent ainsi conserver plus longtemps. Seulement Dieu laisse chacun responsable de l’utilisation de ce « cadeau du ciel ». Le peuple devait se sanctifier pour le recevoir (v 18) avec reconnaissance et respect, pour en user avec discernement et modération. Ceux qui ne surent pas maîtriser leur convoitise et leur goinfrerie (= la chair encore entre leurs dents, sans être mâchée !), tombèrent mortellement malades d’intoxication alimentaire (v 33). Ne penser qu’à satisfaire le plaisir des sens fait oublier la grâce de Dieu. La maladie physique qui s’en suit révèle la maladie spirituelle intérieure, et la mort devient, pour les survivants, le signe avertisseur du sort éternel de ceux qui vivent « selon la chair », loin de Dieu (Rm 8.8, 13).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

 - Comment modifier notre regard sur les événements de notre vie, pour y discerner les grâces divines et en remercier Dieu ?

- Comment rendre nos « collèges d’anciens » de véritables soutiens spirituels et pratiques pour les responsables de nos églises ?

- Comment vivre selon l’Esprit et non selon la chair ? (Rom 8.9, 14)

 

 

Nombres 12.1-16

 

Observons (Evangile et peinture : Moïse devant Yahvé)Moïse devant YAhvé Ex 34.jpg

Le texte

12.1-3 : Jalousie de Myriam et Aaron envers Moïse

      4-8 : Intervention de Dieu en faveur de Moïse son prophète privilégié

      9-16 : Lèpre de Myriam, guérie après l’intercession de Moïse et Aaron.

Au centre du récit (v 6-8a), Dieu définit comment il s’adresse à ses prophètes et à Moïse en particulier.

 

Comprenons

Le peuple est conduit par Moïse et sa famille. Moïse a été choisi par Dieu pour être le libérateur du peuple et le prophète de Dieu qui transmettrait ses volontés (Exode 3-4). Devant les hésitations de Moïse à accepter ce rôle de porte-parole de Dieu face au peuple et à Pharaon, sous prétexte qu’il « n’a pas la parole facile » (Ex 4.10), Dieu lui adjoint son frère Aaron pour lui « servir de  bouche »(Ex 4.16). Quant à Myriam, elle est appelée « prophétesse » après le passage de la Mer Rouge, où elle dirige le chœur de louanges d’Israël (Ex 15.20).

Ce don de prophétie leur est-il « monté à la tête » ? Se laissent-ils contaminer par la contestation ambiante ? Toujours est-il que, en tant qu’aînés de Moïse, ils se mettent à contester son autorité d’envoyé de Dieu, et revendiquent une place au moins égale à la sienne devant le peuple. Ils se servent du don de prophétie qui leur a été accordé, pour essayer d’exercer la même autorité que Moïse sur le peuple et sur sa famille, puisqu’ils vont jusqu’à lui reprocher sa femme étrangère, s’instituant par là comme juges et gardiens des « bonnes mœurs » de leur frère (Un Israélite et à fortiori un prophète de Dieu ne pouvaient pas épouser de femme étrangère, Dt 7.3 !). Aaron et Myriam détournaient leur don à leur avantage, pour satisfaire leur goût du pouvoir, leur xénophobie ou leur animosité contre leur belle-sœur, en profitant de l’humilité profonde de Moïse qui lui ferait, croyaient-ils, accepter sans protestation leur revendication.

C’est pourquoi Dieu doit intervenir et révéler à ces chefs, qui est prophète, et quel est l’état de « péché », d’erreur, d’attitude fausse, de Myriam et Aaron.

La convocation et la rencontre sont solennelles. Dieu leur parle directement et leur apparaît dans la Shekina, la colonne de feu et de nuée devant le Tabernacle.

Dieu distingue ses prophètes ordinaires, à qui il s’adresse dans des visions et des songes (on les appellera ensuite les « voyants » 1 Samuel 9.9 ; 1 Chr 29.29), du prophète particulier qu’est MoÏse : la relation avec lui est directe, « sans énigmes, de vive voix », car Moïse peut contempler une « représentation de l’Eternel ».

Pour Moïse seul, Dieu se rend visible (Hé 11.24-26). Cette représentation de l’Eternel est appelée dans l’Ancien Testament l’Ange de l’Eternel », tel qu’Abraham, le premier à être appelé prophète (Gn 20.7), a pu le voir et l’entendre lui annoncer la naissance d’Isaac (Gn 18.1-15). Paul reconnaîtra en cet Ange de l’Eternel la première « image visible de Dieu » avant son incarnation en Christ (2 Co 4.4b ; Col 1.15), qui est « le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression de son être » (Hé 1.3). (Moïse de Michel Ange)Moïse Michel Ange.jpg

Moïse, prophète de Dieu, par la grâce qui lui est accordée de parler directement avec Dieu et de « voir l’Invisible » (Hé 11.27), préfigurait auprès du peuple « le Prophète » qui devait venir en Christ lui révéler la personne et les projets de salut de Dieu pour l’homme (Dt 18.15) et qui réaliserait les promesses de sa Parole (Dt 18.18).

Le passage de Deutéronome (18.19-22) ajoute à notre texte un second critère pour reconnaître un prophète de Dieu. Non seulement il est en contact avec Dieu par des visions et des songes, mais la parole qu’il prononce se réalise. Jésus reprendra ce critère de vérité à la fin du Sermon sur la montagne (Mt 7.15-20) : « C’est à leurs fruits que vous reconnaîtrez les faux prophètes ». Les prophéties venant de Dieu se réalisent et portent dans le peuple les fruits de l’Esprit (Ga 5.22) !

Dans l’épisode de la contestation d’Aaron et de Myriam, Dieu ne remet pas en question leur don de prophétie, mais le détournement de ce don, qu’ils ont tenté de faire à leur profit, par orgueil et goût du pouvoir. Le don de prophétie n’est pas un moyen de se faire valoir, ou de s’imposer aux autres, c’est un service dans l’humilité auprès des autres (Nb 12.3).

Pour qu’Aaron et Myriam comprennent exactement où les entraînaient leur convoitise et leur jalousie, Dieu utilise le signe prophétique, très parlant, de la lèpre. Cette maladie considérée alors comme incurable et contagieuse, condamnait le lépreux à une exclusion totale du peuple, et à une mort lente et inévitable. Elle devint le symbole en Israël, du péché qui ronge le cœur de l’homme séparé de Dieu, qui le coupe de relations saines avec les autres, et qui le conduit sans espoir à une mort spirituelle, à la séparation éternelle d’avec Dieu.

Pourquoi seule Myriam est-elle atteinte ? Peut-être parce qu’elle était à l’origine du conflit avec Moïse à propos de sa belle sœur (une querelle de femmes en quelque sorte ?), peut-être aussi que Dieu n’a pas voulu déconsidérer aux yeux du peuple la fonction de grand sacrificateur qu’exerçait sur son ordre Aaron, en le rendant impur.

En tous cas, Aaron se solidarise aussitôt avec sa sœur et confesse leur péché commun (Nb 12.11), suppliant Moïse, qui « tenait pour lui la place de Dieu » (Ex 4.16), d’intervenir en sa faveur. Par cette prière à Moïse, il reconnaissait sa supériorité de prophète privilégié, comme Dieu venait de le révéler.

Les deux frères manifestent leur amour pour Myriam devenue « comme un mort-né », dans une intercession fervente à laquelle Dieu répond par un nouvel enseignement moral, spirituel et prophétique. Il pardonne le péché commis contre Lui : en contestant Moïse, ils contestaient en effet le choix de Dieu. Myriam sera réintégrée après 7 jours de « quarantaine » hors du camp : le pardon et la guérison n’excluent pas la prudence et le retrait dans la solitude pour méditer dans l’humilité et la repentance, et se laisser purifier par l’Esprit. Celui qui s’est révolté contre Dieu a un espoir et une possibilité de retrouver une relation saine avec Dieu et avec les autres, s’il reconnaît son état de péché, et s’il désire renouer les liens rompus. L’intercession du Prophète Libérateur qu’est Jésus lui permet de retrouver la santé spirituelle, en attendant la réintégration définitive dans le Royaume éternel où, à son retour, Christ accueillera tous les « rachetés de l’Eternel ».

 

Essayons de résumer ce que ces textes de l’Ancien Testament nous enseignent sur le don de prophétie :

- C’est un choix et une grâce de Dieu, qui ne dépendent, ni d’un lieu sacré, ni d’un rang social ou familial, ni d’une volonté humaine.

- Ce don est accordé pour le service de Dieu auprès du peuple, et ne peut être utilisé ou manipulé, pour exercer à son propre profit un pouvoir sur les autres ou acquérir une gloire personnelle.

- Il est reçu dans l’humilité et s’accompagne d’un esprit de compassion et d’intercession pour le pécheur.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Comment éviter que mon rôle de « porte-parole » de Dieu, comme prédicateur, catéchète, ou simplement témoin de Christ auprès de mon entourage, ne me « monte à la tête », et ne m’incite à prendre autorité sur la vie des autres dans l’église ou dans la famille ?

 

-          Comment distinguer aujourd’hui entre inspiration divine et inspiration de mon inconscient ou de ma sensibilité ?

 

-          Quelle est l’intercession de mon église, peuple de prophètes de Dieu, pour ses membres pécheurs ? Comment leur marque-t-elle son pardon et les réintègre-t-elle en son sein, après qu’ils aient pris pleinement conscience de leur manquement envers Dieu et envers la communauté, et après en avoir manifesté repentance et changement d’attitude ?

 

 

 

Nombres 13.1 à 14.25

 

Observons

Le texte :

13.1-20 Désignation des explorateurs et instructions de Moïsefruits et légumes du jardin.jpg

     21-25 Exploration de Canaan

     26-33 Rapport des explorateurs et réactions diverses dans le peuple.

14.1-4 : Révolte du peuple effrayé

      5-10 : Intervention de Moïse, Aaron, Josué et Caleb.

     11-19 : Intercession de Moïse

      20-35 : Réponse de Dieu

      36-45 : conséquences immédiates de la révolte.

 

 Comprenons

1- L’exploration

Après deux ans au Sinaï, le peuple approche enfin de Canaan. L’objectif du pays promis proposé par Dieu ne semble pas très présent dans leurs pensées : murmures, convoitises, révoltes se sont succédés, mêlés aux regrets des « biens » de l’Egypte. Aussi Dieu désire-t-il leur donner une conception plus concrète de ce qu’il a promis, tout en leur offrant une occasion de manifester leur confiance en lui. Il ordonne d’envoyer 12 hommes en exploration dans le pays de Canaan (13.2)

Leur exploration de 40 jours se fait sans encombre jusqu’à Hébron, pourtant habitée par les enfants d’Anak le géant (13.22, 33). Ils peuvent en rapporter des fruits énormes (raisin, grenades, figues).

Si l’on transpose ce récit historique au plan symbolique et spirituel, on s’aperçoit que Dieu avant d’inviter son enfant à entrer dans son royaume, lui en montre les bénédictions, lui en donne des arrhes, afin d’éveiller en lui le désir sincère d’y entrer. C’est aussi valable pour l’incroyant qui découvre l’amour de Dieu et qui cherche à le connaître plus, que pour le croyant qui expérimente les prémices de la communion avec Dieu sur cette terre, avant d’en connaître la plénitude dans l’éternité.

 

2- le rapport des explorateurs (13.26-33)Grappe de raisin.jpg

Autant le rapport positif est bref (v 27), autant le rapport négatif s’étend sur 5 versets (28-29 ; 31-33). La richesse de la nature les a enchantés, mais leurs yeux se sont fixés sur les obstacles humains : villes fortifiées et géants. Du coup, « le pays où coulent le lait et le miel », signes de douceur et de paix (v 27), devient « le pays qui dévore ses habitants » (v 32).

L’appel de Caleb à conquérir victorieusement ce pays, placé au centre de ce rapport, ne reçoit comme écho, que le sentiment d’impuissance et de petitesse des explorateurs (v 33): « Nous nous sentions comme des fourmis ! »

Ne nous arrive-t-il pas aussi d’être découragés devant l’importance réelle ou imaginaire des obstacles que la raison oppose à l’élan de notre foi ?

 

3- la réaction du peuple (14.1-4, 10)

Le concert des lamentations est unanime : pleurs, murmures, regrets, désir de mort. L’imagination galope et fait envisager les scénarios les plus catastrophiques : morts violentes, enlèvement des femmes et des enfants (v3). Ils envisagent même de retourner en Egypte sous la conduite d’un chef de leur choix, après avoir éliminé les contradicteurs.

Souvent sous l’effet de la peur, nous amplifions la réalité et nous aveuglons nous-mêmes, au point de faire des choix contraires à notre intérêt et de rejeter la seule solution viable, faire confiance à Dieu.

 

4- La réaction des inconditionnels de Dieu (14.5-9)

Moïse et Aaron tombent sur leurs visages, Josué et Caleb déchirent leurs vêtements : signes de douleur extrême et de désespoir intense.

Alors que Caleb avait fait appel au courage des explorateurs, Josué et lui font maintenant appel à leur confiance dans les promesses de Dieu : Ce pays très bon, excellent leur sera donné par Dieu (v 7-8)! L’Eternel qui leur est favorable, livrera les ennemis qui n’ont pas de protection divine, puisque leurs dieux sont impuissants (v 9).

Gardons-nous confiance en Dieu, même si tout va mal autour de nous ?

 

5- Le dialogue entre Dieu et Moïse (14.11-25)

            a) 11-12 : Dieu décide de détruire le peuple rebelle au profit de Moïse

            b) 13-19 : Moïse intercède en argumentant :

- L’Egypte saura que la puissance libératrice manifestée en Israël, n’est pas si grande (13-14). Sous entendu : elle se moquera de Dieu.

- les nations croiront à l’impuissance de Dieu (v 15-16)

- Que la puissance miséricordieuse de Dieu se manifeste dans son pardon et sa justice (v 17-19).

            a’) 20-25 : Dieu pardonne, mais annonce les conséquences du choix de chacun : ceux qui ont refusé d’entrer mourront dans le désert, ceux qui ont cru à la promesse de Dieu vivront et entreront dans le pays au bout de 40 ans (v 34). Tous sont renvoyés dans le désert, car les croyants restent solidaires de leurs frères, et devront enseigner la seconde génération.

Dieu fait part de ses intentions à Moïse, car « il ne fait rien sans en avertir ses serviteurs les prophètes » (Amos 3.7). De plus, cette révélation va permettre à Moïse de se situer lui-même : se réjouira-t-il d’être choisi par Dieu au détriment de son peuple, sera-t-il attristé de la destruction du peuple, dans quel camp se mettra-t-il ? Moïse n’hésite pas une seconde, il ne relève même pas la proposition alléchante de Dieu, il ne voit que le sort du peuple et surtout la gloire de Dieu qui risque d’en être atteinte. En cela, il se pose en médiateur, et en fidèle serviteur qui cherche l’intérêt de son Maître et de ses compagnons, avant le sien.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-         A quelle occasion, ai-je refusé de croire aux promesses divines, parce que leur réalisation me semblait impossible ?

 

-         Quels obstacles réels ou imaginaires m’empêchent de m’engager sur le chemin de la vie avec Dieu ? Comment les franchir ?

 

 -    La confiance refusée ou accordée à Dieu, a donné un regard radicalement opposé sur le pays promis, et a conditionné la vie de chacun. Quel est notre regard sur les promesses de Dieu, sur la vie qu’il nous propose sur cette terre et dans son royaume ? Pour faire nos choix, que regardons-nous, les côtés positifs ou négatifs des situations ?

Rappelons-nous que « le pessimisme est une question d’humeur, mais l’optimisme est une question de volonté ! »(le philosophe Alain)

 

-    Comme Moïse recherchons-nous la gloire de Dieu, c’est-à-dire la manifestation de son amour avant toute autre chose, en toutes circonstances, favorables ou non, ou bien recherchons-nous notre intérêt immédiat et la satisfaction de nos désirs personnels ?

 

 

Exercice pour le regard : Dans cette image, vous pouvez discerner un visage de vieille sorcière et/ou de jeune fille élégante ! Que privilégiez-vous ?

 

Qu’en est-il de notre vision de Dieu ? De notre regard sur la vie terrestre ? Comment ce regard influence-t-il notre comportement ?

 

  

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16.10.2009

Etude 4 Nb 9-10 Trompettes, sang, nuée, feu (24 10 09)

Etude n°4 : Nb 9-10 : Trompettes, sang, nuée, feu. (24 10 09)

 

 

1 Co 5.7 : « Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé ».pain azyme2.jpg

 

Observons

Le chapitre 9, jusqu’au verset 14 développe dans un premier temps le récit de la célébration de la première Pâque après la sortie d’Egypte (1-5), et dans un second temps expose les prescriptions pour des cas d’empêchements exceptionnels (6-14).

On observe ensuite une structure en parallèles concentriques autour du départ des tribus :

A : 9.15-23 :   Voyage sous la direction de la nuée

B : 10.1-10 :   Appels des trompettes

C : 10.11-28 :  Départ du Sinaï

B’ : 10.29-32 :  Appel au beau-frère de Moïse

A’ : 10.33-36 :  Voyage sous la direction de la nuée.

Une fête importante précède et prépare le départ du peuple dans le désert du Sinaï.

Le départ proprement dit est entouré symétriquement par des appels au rassemblement du peuple et à l’association au voyage du beau-frère de Moïse. Le tout est encadré par la mention de la présence et la direction de Dieu dans la nuée.

 

Comprenons

La PâquePâque juive.gif

Un an après la sortie d’Egypte, le peuple n’est pas encore en Canaan où il aurait dû fêter la première Pâque. L’organisation en peuple du « ramassis de gens»(Nb 11.4) sortis d’Egypte (anciens esclaves hébreux, Egyptiens opportunistes ou devenus croyants, hommes et femmes de toutes conditions sociales et ethniques) a pris du temps. La rencontre avec l’Éternel au Sinaï a réclamé du peuple attention et mobilisation.  Un temps d’apprentissage à la confiance en Dieu et en Moïse, et d’assimilation des instructions divines, a été nécessaire avant d’entamer la marche dans le désert vers la Terre promise. Au premier anniversaire de la sortie d’Egypte, Dieu ordonne au peuple de commémorer cet événement solennellement selon le rituel indiqué en Ex 12, sans attendre d’être arrivé. Une nouvelle étape commence dans la vie du peuple. Il a besoin de se souvenir qu’il a été protégé de la mort et délivré de l’esclavage par le sang de l’agneau immolé (Ex 12-13).

Paul révèle aux Corinthiens (1 Co 5.7) le sens prophétique et messianique de cette célébration, que les chrétiens ont repris dans la Sainte Cène et la fête de Pâques. Chaque fois que nous commémorons le sacrifice de Christ, notre agneau pascal, nous célébrons notre libération de la mort et du péché, et partons dans une nouvelle étape de notre vie, purifiés, pardonnés, donc fortifiés pour poursuivre notre marche spirituelle jusqu’à l’entrée dans notre Terre Promise, la vie éternelle avec Dieu.

Cette fête est si importante qu’elle concerne l’immigrant comme l’autochtone. Ceux qui ont été empêchés de la célébrer à la date indiquée, pour impureté rituelle ou voyage, considèrent la fête comme un privilège dont ils ne veulent pas être privés. L’Éternel leur accorde de la célébrer un mois plus tard, avec le même rituel, s’ils veulent continuer à faire partie du peuple d’Israël (v 13).

Dans le prolongement de la Pâque juive, la fête chrétienne de Pâques célébrant la mort et la résurrection de notre Sauveur Jésus-Christ, reste la seule fête annuelle qui réunisse et distingue tous ceux qui se réclament du salut acquis par Christ, l’Agneau immolé (Ap 5.6, 9,12).

Il semblerait que les Hébreux, très vite portés à la révolte contre Moïse et le Dieu qu’il représentait, n’aient pas célébré de nouveau la Pâque, ni pratiqué la circoncision, durant leur long périple (Jos 5.5,10 ; Amos 5.25). Ils n’en reprirent l’habitude qu’à leur arrivée en Canaan.

 

A-    et A’ : Le voyage sous la nuée (9.15-23 ; 10.33-36)

Le voyage à travers le désert va pouvoir débuter. En préambule, le texte détaille ce qui a été indiqué en Ex 40 : les signes merveilleux de la présence de Celui qui allait conduire et protéger la marche du peuple pendant 40 ans. La nuée lumineuse représente le Seigneur qu’on ne peut voir face à face à cause de sa sainteté. La nuée est un écran protecteur pour le peuple pécheur, mais le feu qui se voit la nuit est un guide sur la route et une lumière rassurante dans l’obscurité. De même le Saint-Esprit est pour nous à la fois invisible aux yeux humains, mais vraie lumière pour notre foi, et vrai guide dans un monde plongé dans la confusion et l’aveuglement spirituels. Le rôle d’écran de la nuée était le « type » de la médiation de Jésus en notre faveur. Par Lui nous pouvons nous approcher de Dieu avec assurance (Hé 4.16 ; 10.19, 22).

Tous les mouvements du peuple, départs et campements, dépendaient de la volonté de Dieu exprimée par les mouvements de la nuée. La Parole de Dieu écrite remplit-elle aujourd’hui ce rôle dans les prises de décisions de notre vie ?(Illustration : Yann Arthus-Bertrand, Terre vue du ciel)caravane au couchant.jpg

Les versets 33-36 du ch 10 présentent quelques difficultés d’interprétation, car ils semblent en contradiction avec l’ordre de marche des tribus indiqué juste avant (v 14-28). En effet, l’arche normalement portée sur les épaules des Qéhatites au centre du cortège (v 21), est ici associée à la nuée (v 33), en tête du cortège le jour. Elle ne rejoint le centre du peuple qu’au campement pour la nuit. Les deux emblèmes de l’Eternel sont indissociables : la loi contenue dans l’arche guide le peuple moralement et socialement, lui indiquant les limites et les conditions de sa liberté ; la nuée, symbole de la présence et de la grâce de Dieu, et de la lumière de son Esprit, est au-dessus de l’arche et du peuple, comme protectrice et accompagnatrice de sa marche.

Les bénédictions de Moïse (v 35) à chaque départ et chaque arrivée le rappelaient sans cesse. Elles manifestaient au peuple que le salut et la victoire ne venaient pas du coffre de l’arche, ni de la loi qu’elle contenait, mais de la seule présence de l’Éternel.

 

B-    Les appels

a) les trompettes : Pour communiquer dans un campement si vaste et si peuplé, et transmettre les ordres de départ, de rassemblement autour du Tabernacle, et de guerre, Dieu ordonne aux deux sacrificateurs d’utiliser deux trompettes d’argent battu, plus sonores que les cornes. L’éclat et le nombre des sonneries différenciaient les appels. Cette ordonnance dura au-delà de la marche au désert, pour toutes les fêtes religieuses (v 10) ou dans les guerres (Jos 6 ; 2 Chr 13.12-14).trompettes de l'Apocalypse.jpg

En se référant à l’usage des trompettes dans le désert ou devant Jéricho, on comprend mieux le sens symbolique des trompettes de l’Apocalypse (8-11) : elles annoncent à la fois la mobilisation et le rassemblement du peuple des croyants pour l’avènement du Christ, et les appels au repentir lancés par Dieu à travers les événements écologiques (4 premières trompettes), les séductions idéologiques(= nuées de sauterelles venimeuses) et les violences meurtrières (= chevaux belliqueux), qui frappent le monde à la fin des temps.

b) l’appel au beau-frère de Moïse est situé en parallèle à l’appel au départ donné par les trompettes.  C’est Moïse cette fois qui invite son beau-frère le Madianite à se joindre au peuple pour aller dans la Terre promise et jouir aussi des bénédictions promises par l’Éternel (Ex 34.10 ; Gen 12.2-3). Après un premier refus, Hobab suivit les Hébreux à qui son expérience du désert et sa connaissance des mœurs nomades pouvaient être très utiles (v 31). Sa famille s’établit ensuite au sud du territoire de Juda (Juges 1.16), avant de se séparer en divers clans plus ou moins alliés ou ennemis d’Israël (Jug 4.11).

Comme Moïse, le peuple chrétien a pour mission d’inviter quiconque de son entourage proche à marcher avec lui vers le Royaume, à partager les bénédictions de Dieu et à échanger les connaissances et l’expérience de chacun, utiles à la vie et la progression de tous.

 

C-    Le départ

Il est enfin ordonné ! Chaque tribu se met en marche à son tour, selon les indications de Dieu (v 12-13), de façon que Juda soit à l’avant-garde avec la nuée sur l’arche (v 33) ; les Lévites ayant chargé sur les chariots la tente et ses cordages, pour des raisons pratiques compréhensibles, partirent juste derrière la première division, pour préparer le sanctuaire  à accueillir, à l’étape, les objets sacrés portés sur les épaules des Qéhatites (v 21) au centre du cortège, après la deuxième division des tribus. Ainsi le peuple tout entier pouvait-il voir qu’il était guidé par son Dieu, qui restait en même temps présent au milieu d’eux.

On retrouve la même idée dans le Nouveau Testament : le peuple des croyants marche dans son pèlerinage sur terre, derrière le « Lion de Juda » qu’est Jésus (Ap 5.5),  Il les mène vers son Royaume et les conduit à la victoire de la foi, mais en même temps il vit au milieu d’eux par son Esprit-Saint. La marche spirituelle des croyants pourrait s’inspirer de la mise en route des Hébreux dans le désert : chacun y a sa place et un rôle précis, pour permettre la préparation des cœurs à accueillir le Seigneur, et la progression de tous dans la foi en Christ.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

1-     Quel sens accordons-nous à la fête de Pâques ? Pourquoi nous tourner de plus en plus souvent vers une célébration de la Pâque juive, au lieu de commémorer avec tous nos frères chrétiens, la mort et la résurrection du Sauveur Jésus, agneau immolé pour nous ? Quelles sont nos raisons profondes pour rejeter le souvenir annuel de cet événement central de la foi (1 Co 15) ? Quelle tolérance ou quelle réforme à ce sujet peut nous inspirer l’exigence divine, à propos du report de la Pâque pour ceux qui avaient été empêchés de la célébrer ?

 

2-     Sommes-nous sensibles en tant que peuple prophétique de la fin des temps, aux appels des trompettes de l’Apocalypse (ch 8-9) à nous tenir prêts au retour imminent de Christ ?

 

3-     Comment inviter nos proches, avec un amour pressant mais respectueux, à nous accompagner dans notre marche avec Jésus ?

 

4-     Comment Jésus est-il notre « nuée lumineuse » dans notre relation avec Dieu ? Comment sa présence dans notre vie nous est-elle perceptible, et comment la rendre sensible autour de nous ?

 

5-     Prions pour que chacun de nous sache et remplisse avec cœur le rôle que Dieu lui assigne dans la progression spirituelle de sa communauté et de son entourage !

09.10.2009

Etude 3 : Nb 7-8 : Culte et consécration (17 10 09)

Etude n° 3 : Adoration et consécration, Nombres 7-8, (1710 09)

 

2 Cor 9.7 : « Que chacun donne comme il l’a résolu dans son cœur, sans tristesse ni contrainte, car Dieu aime celui qui donne avec joie. »

 

Observons

Ces deux chapitres font partie de la première section (ch 1-10.10) concernant les préparatifs du départ du Sinaï. En effet, ils relatent la cérémonie de dédicace du Tabernacle et les dispositifs au sujet des Lévites, serviteurs du sanctuaire. Ils font suite au récit de l’inauguration du Tabernacle raconté en Exode 40. (Voir le parallèle entre Ex 40.1-33 et Nb 7.1, 88b).

Le chapitre 7 est consacré à l’offrande apportée par les chefs de tribus à cette occasion, et le chapitre 8 à la consécration des Lévites.

Entre les deux chapitres (7.89-8.4) un passage reprend la description du dialogue de Moïse avec Dieu de Ex 33.11, et 25.22, ainsi que la prescription concernant le chandelier, transmise cette fois à Aaron (Ex 25.37 et 40.25 // Nb 8.2-3).

 

Comprenons

1-     L’offrande des chefs de tribus (7.1-88)

L’installation du tabernacle a pris un bon mois : Ex 40.17-33 : Le premier jour du premier mois de la seconde année et Nombres 1.1 : le premier jour du deuxième mois de la deuxième année après la sortie d’Egypte.  Elle se termine par l’onction de consécration de la tente et de tout ce qui s’y trouve (Ex 40.9 = Nb 7.1). Une cérémonie de consécration des sacrificateurs a précédé notre texte, mais elle est relatée en Lévitique 8.

Pendant ce mois, les chefs de tribus se sont concertés pour glorifier par des offrandes spontanées, l’Éternel qui les avait délivrés de l’Egypte. L’essentiel de leurs offrandes constituant le moyen de transport du Tabernacle, il est naturel de placer ici ce passage, juste avant le départ du camp.

1-5 : Surpris par ce geste inattendu, Moïse a consulté l’Éternel (v 4), qui lui indique comment utiliser ces offrandes : les Lévites s’en serviront pour remplir leur office pendant le voyage. Seuls les fils de Guerson et de Merari utiliseront les chars et les bœufs pour le transport des lourdes tentures (Nb 4.24-28) et des planches, piliers, socles et ustensiles (Nb 4.31-33). Les fils de Kérath devaient porter les objets sacrés (arche, chandelier, table des pains, autel des parfums) sur leurs épaules, sans les toucher ni les voir (Nb 4.15, 17-20).sacrifice du taureau.jpg

Les princes des tribus, après avoir choisi leurs offrandes et exprimé leur désir de les apporter, se virent imposer un ordre de dépôt de leurs dons : ils devaient apporter leurs offrandes à tour de rôle, pendant douze jours, sans compter le sabbat. L’ordre des tribus n’était pas celui de la naissance des fils de Jacob, mais le rang qui leur était assigné dans le camp et dans le cortège : on commençait par les trois tribus situées à l’est, en suivant la course du soleil, avec Juda en tête et Dan en arrière-garde au nord (Nb 2). Le grand nombre des sacrifices à accomplir (252) explique cet étalement dans le temps. Chaque tribu offrait exceptionnellement trois bêtes d’un an pour un holocauste d’adoration, un bouc pour le péché, et 17 bêtes pour un sacrifice d’action de grâces.

Ces trois sortes de sacrifices, en plus des dons d’argent, de parfums et d’objets précieux, instituaient une sorte de liturgie, dont nos cultes peuvent s’inspirer. On y trouve trois temps forts : l’adoration de Dieu qui réclame le don de son être tout entier (= holocauste, Rm 12.1) ; la repentance et le pardon accordé par Dieu grâce au sacrifice du Fils sur la croix, symbolisé par le sacrifice spécial du bouc, comme dans la cérémonie du Yom Kippour (Lév 16 ; Hé 9.26 ; 10.12, 14). Enfin, les derniers sacrifices, les plus nombreux et les plus variés, permettaient au peuple de manifester son allégresse et sa reconnaissance d’être libéré par le Sauveur, protégé et accompagné par Lui dans la marche au désert.

Les offrandes de biens précieux étaient la contribution du peuple à l’entretien du Tabernacle et des Lévites, et les dons de parfums brûlés sur l’autel d’or pouvaient symboliser les prières d’intercession qui s’élevaient vers Dieu (Ap 8.4).

 

2-     Intermède : 7.89 et 8.1-4 : Entre la consécration des offrandes princières et celle des Lévites un passage rend sensible, par deux images symboliques, la présence de Dieu au milieu de son peuple.

a)    Moïse parlait face à face, ou de vive voix, avec Dieu. Comme Dieu le lui avait promis (Ex 25.22), Il s’adressait à son prophète et législateur, du haut du couvercle (= propitiatoire) de l’arche, entre les chérubins. arche de l'alliance.jpgDieu matérialisait  ainsi la vérité spirituelle du salut par grâce que Jésus révèlera autrement et plus parfaitement.

En voici une tentative d’interprétation : L’arche contenait la loi (Ex 40.20), expression de la volonté sainte de Dieu pour les hommes. Cette loi révèle et condamne le péché de l’homme qui a besoin pour rester en vie, d’être couvert par la grâce divine, symbolisée par le couvercle de l’arche. Celui-ci préfigurait l’intercession et la médiation de Christ. Les deux chérubins de l’arche, étant sculptés d’une seule pièce avec le couvercle d’or (Ex 25.18-19 ; 37.9) peuvent symboliser deux autres aspects de Dieu dans l’exercice de sa fonction de juge de l’homme. Les chérubins, ou animaux chez Ezéchiel 1 et 10, (séraphins chez Esaïe 6.2, ou êtres vivants dans l’Apocalypse 4.6), sont toujours situés autour, au-dessus ou au-dessous, et même au milieu du trône de Dieu, toujours dans un contexte de jugement et de purification de l’homme. Les psaumes 99.1 et 80.2-4 révèlent Dieu siégeant entre les chérubins pour juger et sauver son peuple. Les Psaumes 89.15 et 97.2 en disant que « la justice et le droit sont la base de son trône, la bienveillance et la vérité se tiennent devant sa face » donnent le sens de la personnification des quatre chérubins : ils représentent les qualités que Dieu met en œuvre pour sauver son peuple et le purifier. Osée évoque les mêmes qualités divines dans  l’alliance de l’Éternel  avec sa « fiancée » (2.21) : « Je te fiancerai à moi avec justice et droit, loyauté et compassion ».

Les quatre faces des chérubins d’Ezéchiel sont aussi des personnifications symboliques de ces qualités. Le lion représenterait la majesté royale de celui qui siège sur le trône et qui est digne de juger (Ap 5.2,6-9). Le veau, animal du sacrifice pour le péché (Lév 9.2) évoque la bienveillance, la compassion de Celui qui donne sa vie pour sauver et pardonner. On rejoint ici le symbole du couvercle de l’arche. L’homme, est la seule créature à avoir la capacité de distinguer le bien et le mal et d’agir en conséquence. La face humaine  des chérubins symboliserait le discernement des cœurs que seul Dieu possède pour juger avec droiture et loyauté. L’aigle, ou vautour, était l’animal éliminateur des déchets, et serait l’image de l’exécution définitive des sentences de la justice divine, et de l'oeuvre de purification du mal que Diu accomplit dans le coeur.

Les deux chérubins de l’arche, faisant corps avec le propitiatoire d’or, parlaient à Moïse de ces qualités d’amour, de justice et de droiture que Dieu met en œuvre pour sauver son peuple. D’ailleurs Ezéchiel dans sa vision du trône de Dieu, entend « le bruit des ailes des chérubins, pareil à la voix de Dieu Tout-Puissant, lorsqu’il parle » (Ez 10.5 ; 1.24).

On peut penser que l’ensemble de l’arche de l’alliance, avec son contenu, son couvercle, ses chérubins, parlait symboliquement à Moïse de l’œuvre du salut que Christ allait accomplir en son temps. Seul Moïse en avait vu « le modèle » céleste ou spirituel à reproduire concrètement par le Tabernacle et ses objets saints. Seul, il pouvait pénétrer au-delà du voile dans le Lieu Très-Saint, devant l’arche, dans la présence de Dieu. Seul il était à même d’entendre clairement ce que Dieu voulait faire comprendre à son peuple par tous ces symboles. En cela , il était le « type » du Christ, seul à avoir vu le Père et à transmettre sa Parole (Jn 1.18 ; 6.46 ; 12.49).

 

b)    8.1-4 : Son frère Aaron, le grand sacrificateur, n’avait pas le même privilège de « voir  Dieu face à face». Dieu lui parlait de façon indirecte, dans le soin du chandelier à 7 branches qu’il lui avait confié, dans le Lieu chandelier à 7 branches.jpgSaint. La description du chandelier avait été donnée à Moïse (Ex 25.31-40) d’après un « modèle » céleste, c’est-à-dire spirituel, qui lui avait été montré, pour qu’il en fasse une transcription terrestre, concrète et visible. Tout dans ce chandelier voulait faire comprendre un autre aspect de la présence et de l’action de Dieu pour son peuple.

On retrouve les sept lampes dans la vision de Zacharie (4.2) : Dieu lui signifiait par là que la reconstruction du temple de Jérusalem ne se ferait ni par « la puissance ni par la force, mais par son Esprit » (v 6), que reçoivent les deux Oints « qui se tiennent debout devant le Seigneur » v (14). A l’époque de Zacharie, ces deux oints représentaient très concrètement le gouverneur de lignée royale, Zorobabel, et le sacrificateur Josué. Pour les Juifs de l’AT plus tard, ces deux oints devinrent la représentation de Moïse et Elie, symboles de  la Loi et des Prophètes ; les chrétiens après Jésus y virent le symbole de l’Ancien et du Nouveau Testaments, qui éclairent leur compréhension de l’œuvre du salut accomplie par Christ. Les lampes du chandelier remplies de l’huile sainte brûlaient jour et nuit dans le lieu saint ; elles symbolisent la présence de l’Esprit Saint (Ap 4.5 : les 7 lampes sont les 7 esprits de Dieu) au milieu du peuple élu (= Lieu-Saint), et la lumière qu’il diffuse pour que le croyant comprenne la volonté de salut de l’Éternel.

Ainsi, Moïse et Aaron révélaient de deux manières différentes le même message d’amour de Dieu pour ses créatures, et plus particulièrement pour ceux qui le reconnaissent comme leur Dieu et leur Père.

 

3-     8.5-26 : Cérémonie d’installation des Lévites

5-22 : installation des Lévites

23-26 : âges d’entrée et de sortie de fonction

Après avoir consacré avec une onction d’huile les sacrificateurs, qui seront tous issus d’Aaron et ses fils (Lév 8), Moïse est chargé de l’installation des Lévites par simple purification, car leur dignité est moindre que celle des prêtres.

Cette purification se fait en trois actes :

-          une aspersion de « l’eau de purification du péché » (ch 19), un rasage du corps, un lavage des vêtements. Ces actes superficiels puisqu’ils concernent l’apparence extérieure du corps, devaient inciter les Lévites à rechercher une purification du cœur par l’abandon (= rasage des poils), la mort (=symbolisée par le baptême d’eau) de tous sentiments ou pensées profanes, susceptibles de les distraire de leur service et de rompre leur communion avec Dieu.

-          Un sacrifice pour le péché et un holocauste d’adoration offerts par les Lévites marquaient leur réconciliation avec Dieu et leur consécration à son service.

De plus ayant reçu l’imposition des mains du peuple, et l’ayant transmise sur les taureaux sacrifiés, ils sont considérés eux-mêmes comme offrande présentée à Dieu par le peuple, pour le représenter dans le service du sanctuaire.imposition des mains2.jpg

Le principe de substitution des Lévites aux premiers-nés d’Israël est rappelé avec insistance (v 16-19). Les Lévites sont consacrés à Dieu « pour qu’ils fassent l’expiation pour les Israélites » (v 19). Ordinairement, seuls les sacrificateurs pouvaient « faire l’expiation », « ôter le péché ». Prise dans son sens originel de « couvrir » (voir le « couvercle » de l’arche), cette expression signifie ici que les Lévites qui sont purifiés « couvrent le peuple », le protègent comme un bouclier, de la plaie que son péché provoquerait en présence de la sainteté de Dieu. Ce rôle d’intermédiaires, de médiateurs, préfigurait la médiation que Christ, pur et glorieux, opère devant Dieu pour son peuple encore pécheur, mais repentant (Rm 5.10-11 ; 1 Tim 2.5 ; Hé 8.6 ; 9.24 ; 1 Jn 2.1-2).

La durée de service des Lévites fut fixée à 25 ans, après avoir atteint l’âge de 25 ans. Leur retraite ensuite n’était pas inactive, puisqu’ils continuaient à assister les actifs dans le soin des objets confiés à leur garde (v 26). Lorsque l’on consacre sa vie au Seigneur, il n’y a pas d’inactivité totale ! On reste à son service en toutes circonstances, même dans les périodes légitimes de repos ou de loisirs, on demeure des témoins du Sauveur, solidaires des autres.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

1- Offrandes et liturgie

a) Quelle place tiennent dans ma vie de foi les offrandes spontanées ? Ma générosité est-elle issue d’un élan du cœur occasionnel, ou/et d’une réflexion organisée ? Quels progrès dans ce domaine suis-je appelé à faire par l’exemple de ces chefs de tribus ?

 

b) Comment exprimer dans nos liturgies notre adoration, notre repentance, et notre action de grâce pour le pardon reçu ? Pensez-vous que nos cultes ont besoin de suivre cette liturgie ? Pourquoi ?

 

2- Dialogue avec Dieu

a) Comment Dieu me parle-t-il ? Par quoi le lieu de l’assemblée des fidèles favorise-t-il l’écoute de Dieu et la compréhension du plan du salut ?

 

b) Comment percevons-nous la lumière de l’Esprit dans notre vie ? Comment l’entretenons-nous personnellement ? Comment l’Eglise nous permet-elle d’être éclairés dans notre marche spirituelle ?

 

3- Purification et consécration à Dieu

Consacrés à Christ par notre baptême nous sommes tous devenus des Lévites :

(1 Pi 2.5 ; Ap 1.6)

a) Comment aujourd’hui être « purifié » pour servir Dieu  et apporter une bonne nouvelle de pardon et d’amour, qui place notre entourage sous la protection de Christ ?

b) Comment rester témoins actifs de Christ dans nos loisirs et à notre retraite ?

 

 

02.10.2009

Etude 2 Nb 5-6 Préparer un peuple (10 10 09)

Etude n°2 : Nb 5-6 : Préparer un peuple (10 10 09)

 

« Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et que tu sois en  bonne santé, comme prospère ton âme » 3 Jean 2.

 

Observons

Avant d’entamer le récit des marches dans le désert, voici une nouvelle section jusqu’au chapitre 8.4, avec une série de renseignements législatifs et historiques.

Les chapitres 5-6 concernent les lois sur :

-         la pureté du camp (5.1-4)

-         la restitution des biens mal acquis (5.5-10)

-         la jalousie et l’ordalie (5.11-31)

-         le naziréat (6.1-21)

-         une bénédiction (6.22-27).

 

 

Comprenons campement nomade maroc.jpg

Les lois de ces deux chapitres se rapportent à la vie du camp sous tentes et dans le désert ; elles rappellent la consécration à laquelle le peuple entier est invité, et la bénédiction que l’on peut attendre de l’Éternel.

 

1-     5.1-4 : La première prescription sur la lèpre ou l’impureté physique soit par

maladie, soit par contact avec un mort, a déjà été développée dans Lévitique 13 et 15 ; elle sera reprise en Nombres 19.1. Pourquoi une telle insistance ?

Dieu a choisi son peuple, l’a fait sortir de l’esclavage d’Egypte, pour qu’il soit une nation sainte qui démontre ce que signifie « vivre sous l’autorité du Dieu Saint », et dans sa présence au milieu d’eux. « Soyez saints car je suis Saint » dit l’Éternel (Lév 11.44 ; 19.2). Cette sainteté commence par la santé physique, la pureté extérieure qu’on peut considérer comme une loi d’hygiène élémentaire, trop souvent oubliée au cours des siècles et encore aujourd’hui. Dans la Bible elle prend un sens symbolique : la lèpre devient symbole de l’état de péché qui conduit l’homme à la séparation d’avec Dieu (d’où l’exclusion du camp), et à la mort spirituelle.

La séparation d’avec les nations et la consécration à Dieu étaient les deux facettes de la relation exclusive d’Israël avec son Dieu. C’est pourquoi les lois sur l’impureté touchaient à tous les domaines de la vie.

 

2-     5.5-10 : Après le domaine de la santé physique, notre texte aborde celui de la

relation d’honnêteté entre les hommes. Le vol fait l’objet du 8ème commandement (Ex 20.15). Il est considéré non seulement comme une atteinte à son prochain, mais aussi comme une infidélité à l’Éternel. La loi de restitution émise en Lév 5.14-26 s’applique ici au cas où le voleur n’a personne à qui rendre le bien mal acquis, c’est à dire en cas de mort de la personne lésée, sans héritier, ou parent « répondant ». Dans ce cas, le voleur doit restituer son larcin aux sacrificateurs, représentants de l’Éternel à qui le voleur a été infidèle. Un sacrifice pour le pardon sera aussi exigé de lui.

Par cette loi, Dieu voulait faire comprendre à son peuple que tout acte nuisible à son prochain a des retentissements sur la relation avec Dieu. On ne peut pas le représenter, être le témoin d’un Dieu d’amour en se comportant comme un prédateur de son prochain !

 

3-     5.11-31 : La loi sur la jalousie du mari soupçonneux à tort ou à raison sur la conduite infidèle de son épouse est

unique dans la Bible. Ce jugement de Dieu ou « ordalie » a été très utilisé au Moyen-Age de façon faussée : il

devait mettre en lumière pour les juges l’innocence ou la culpabilité de l’accusé(e) par absorption d’une boisson

généralement empoisonnée, ou par soumission à une épreuve très difficile. S’il n’y avait pas de conséquences

funestes, les juges l’attribuaient à une intervention divine qui préservait l’innocent.  Combien d’innocents

succombèrent à ce jugement piégé !

Dans notre texte, c’est Dieu seul qui prononce le jugement de culpabilité, en rendant « amères » pour la coupable, les eaux naturellement inoffensives. On peut l’expliquer psychologiquement : la peur d’être découverte, et le sentiment profond de culpabilité, provoquent chez la coupable un choc si puissant qu’elle attire sur elle ce qu’elle redoute, en l’occurrence la stérilité !

Cette loi nous paraît vraiment antique et dépassée, par son injustice et sa misogynie : l’homme jaloux semble avantagé et excusé même s’il a tort, tandis que la femme humiliée jusqu’à boire de la poussière (5.17), est livrée sans défense aux caprices de son mari soupçonneux !

Il nous faut toutefois considérer cette loi en  tenant compte de son contexte social et culturel : la femme dans la société patriarcale n’a aucun droit et est soumise aux hommes de sa famille, père, frères ou époux. Elle n’a pas non plus à se montrer jalouse alors que la polygamie est courante. Dans un cas de soupçon injustifié de son mari, elle est livrée à sa violence, comme on le voit  encore aujourd’hui là où sévissent les « crimes d’honneur ».

Illustration : Jésus et la femme adultère Polyptique de Montbéliard 16è)Jésus et la femme adultère.jpg

Dans la Bible, l’ordalie était une protection car elle pouvait l’innocenter légalement, ou tout au moins lui conserver la vie. On ne doit pas non plus prendre le mot « malédiction » prononcé à propos des eaux amères (v 18), dans le sens d’un vœu de malheur, d’un mauvais sort jeté sur la femme infidèle ; c’est plutôt un avertissement du malheur que vivra la femme si elle est coupable.

En prononçant deux fois le mot « Amen ! » (première mention dans la Bible) = « Qu’il en soit ainsi », la femme s’en remettait totalement au jugement divin et reconnaissait la gravité de la situation. Sa culpabilité, sans preuves formelles (v 13), serait sanctionnée par la stérilité et l’opprobre, mais pas par la lapidation avec son amant, comme dans un cas d’adultère avéré (Lév 20.10).  L’Ancien Testament vient modérer les coutumes païennes, comme pour la loi de vengeance « œil pour œil, dent pour dent » qui remplaçait la coutume de renchérissement de la vengeance sur le tort subi (pour un œil crevé, on crevait les deux yeux, pour une dent cassée, on décapitait !). Il faut attendre le sermon sur la montagne  de Jésus (Mat 6.31-32 et 38-39) et son pardon accordé à la femme adultère (Jn 8.3-11), pour saisir toute la bienveillance de Dieu envers les femmes, considérées par lui comme ses enfants à l’égal des hommes, et appelées comme eux à la repentance et au salut. (Gal 3.28).

Cette loi de l’ordalie ne semble pas avoir été souvent appliquée. Elle paraît déjà abandonnée au moment de la chute de Jérusalem en 586 avant JC. Peut-être, au retour de l’exil, fut-elle remise en vigueur dans le souci de pureté et de fidélité des Juifs redécouvrant la Loi avec Esdras et Néhémie. Mais à l’époque de Jésus on n’en reparle pas.

Au-delà de la loi sociale, on peut se demander ce que ces prescriptions signifient au plan spirituel. Dans la Bible le thème de l’adultère et des relations conjugales est extrêmement présent. L’union de l’homme et de la femme, voulue par Dieu dès l’origine (Gn 2.18,24), devient peu à peu dans la conscience des croyants, le symbole de l’union de Dieu avec son peuple (Os 3.1 ; Ep 5.22-27 ; Ap 19.7). C’est pourquoi, pour l’homme et pour la femme qui sont « images de Dieu », l’union ne peut être rompue sans altérer l’image de l’amour fidèle de Dieu pour sa créature et pour son peuple, qu’ils sont appelés à transmettre. D’où la sévérité de la Parole de Dieu sur l’adultère humain, puni de mort dans l’AT, car spirituellement, se séparer de Dieu qui est amour et vie, c’est courir à la mort éternelle. La loi d’ordalie que nous propose ce texte des Nombres pourrait alors inviter chacun, homme ou femme, à s’interroger sur l’état de sa relation avec Dieu, sur son alliance avec lui. La jalousie du mari, en dehors du soupçon injustifié, peut être vue comme une image de l’amour de Dieu : il réclame l’exclusivité de l’affection de sa créature (Jac 4.5) qui a fait alliance avec lui. Que nous soyons homme ou femme, nous sommes unis au Seigneur dans une relation d’amour qui réclame notre fidélité. En cas de chute, le texte invite à accepter de reconnaître notre infidélité dans la repentance et l’humilité, et à nous tourner vers celui qui nous aime d’un amour indéfectible, pour y trouver le pardon (1 Jn 1.9 ; 2.1), et la purification (symbolisée par les eaux amères). Sinon, notre vie de croyant risque de rester stérile !

 

4-     6.1-21 : Le naziréat était un sacerdoce spécial, volontaire et temporaire, qui consacrait à Dieu celui qui

prononçait ce vœu. Les trois prescriptions indiquées, abstinence de tout produit de la vigne, chevelure libre, et

interdit du contact avec la mort, avaient pour but de permettre le développement de la vie dans toute sa richesse,

pour la consacrer entièrement au service de Dieu.

L’abstinence des produits de la vigne n’était pas une ascèse qui restreindrait la vie du naziréen. La vigne était devenue depuis la Genèse avec l’histoire de Noé (Gn 9.20-21), le symbole de la vie sédentaire, avec ses tentations d’ivresse et de plaisir(2 Ti 3.4), qui font perdre la lucidité, le discernement du bien et du mal, et éloignent de Dieu. Le naziréen devait revenir à une vie complètement dépendante de Dieu, comme les Hébreux nomades en faisaient l’expérience dans le désert. A la différence du sacrificateur qui s’abstenait de boire du vin durant son service au temple, le naziréen devait éviter tout contact avec tout produit de la vigne. Le parallélisme fait dans la structure du texte avec le contact d’un mort semble accréditer l’idée d’impureté que la vigne provoquerait : l’homme ou la femme (voir la mère de Samson) consacré(e) à Dieu est « saint », « séparé » du monde (c’est le sens du mot nazir). Il doit éviter tout ce qui peut le couper de Dieu et de Sa sainteté. Est-ce de ce parallélisme et de la similitude d’aspect (liquide rouge), que vient l’assimilation du vin au sang impur, qui souille celui qui le touche ?

La chevelure dont la pousse est laissée libre, devient le symbole de la puissance de vie que la consécration à Dieu procure au naziréen : l’Esprit de Dieu peut agir en lui librement et le rendre pleinement disponible au service de Dieu. L’importance de cette prescription est suggérée par sa place au centre du parallélisme de ces lois.

Le contact avec un mort annulait le vœu du naziréen, qui devait le renouveler en repartant à zéro : se raser la tête, accomplir les rites de purification, et trois sacrifices : l’holocauste d’un  agneau pour l’adoration, une brebis pour le pardon de son état de pécheur, un bélier pour l’action de grâce. On comprend que les naziréens pauvres aient eu besoin d’aide financière de la part des Juifs plus fortunés, comme Paul y consentit à la demande de Jacques à Jérusalem (Ac 21.24-26).

Nous ne connaissons que deux hommes consacrés à vie au naziréat, dès leur conception, Samson et Samuel, pour des sacerdoces de juge (= libérateurs) et de prophète. Amos (2.11) associe le naziréat au prophétisme, comme Jean-Baptiste semble l’avoir vécu.

Pour le peuple des croyants de la fin des temps, qui désire être consacré au service de Dieu et être prêt à accueillir son Sauveur, les lois du naziréat sont à prendre au sérieux, non pas littéralement, mais dans leur esprit. La consécration au Seigneur réclame l’attachement de l’être tout entier à la volonté de Dieu, donc la séparation de tout ce qui peut éloigner de Dieu et provoquer la mort spirituelle : idolâtries de toute nature, passions aliénantes, relations corruptrices, conceptions matérialistes ou coutumes superstitieuses. En contrepartie, la consécration du cœur au Dieu de la Vie permet le plein épanouissement du croyant, le remplit de la force de l’Esprit et de l’amour du prochain, pour annoncer la Bonne Nouvelle (= prophétiser ), et pour  témoigner de la « libération du péché » qu’on trouve en Jésus-Christ.

 

5 - v 22-27 : Bénédiction

Le passage concernant les lois relationnelles se termine par la formule de bénédictions, indiquée par l’Éternel lui-même, et toujours utilisée au fil des siècles. Cette formule comprend trois prières : la protection (24), la grâce (25), la paix (26), que procurent la révélation et la présence de Dieu au milieu de son peuple.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-         Dans quel état d’esprit et dans quel but observons-nous (les adventistes) les prescriptions d’hygiène alimentaire de Lév 11 ?

 

-         Comment abordons-nous les cas d’infidélité conjugale dans l’Eglise ? Comment les traiter avec justice et amour ? Comment aidons-nous les couples à se pardonner mutuellement ?

 

-         En quoi notre foi et notre consécration personnelles nous séparent-elles du monde ? En quoi favorisent-elles notre épanouissement et celui de l’Eglise ? Comment notre entourage en bénéficie-t-il ?

 

-         Lorsque nous invoquons la bénédiction de Dieu, que cherchons-nous profondément ?

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