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23/10/2026

Etude n°5 Révélation et inspiration, 2 Pierre 1.16-21 (31 10 26) 

Etude n°5 Révélation et inspiration, 2 Pierre 1.16-21 (31 10 26) 

Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur jusqu’à ce que le jour commence à poindre, et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs. (2 Pi 1.19)

« Révélation de Jésus-Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt, et qu’il a fait connaître par l’envoi de son ange à son serviteur Jean ; celui-ci a comme témoin, annoncé la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ : tout ce qu’il a vu. » Ap 1.1-2

ObservonsTransfiguration.jpg

Le contexte : A la veille de son martyre (1.14), Pierre écrit aux chrétiens des années 67-68, pour les appeler à résister aux fausses doctrines du gnosticisme, qui s’introduisaient dans l’Eglise. Il leur rappelle instamment (v 12-13, et 15), les promesses de Dieu données pour que chacun devienne participant de la nature divine (v 4) et croisse dans la grâce et la connaissance de Christ (3.18), de façon à entrer dans le royaume éternel (1.11), au moment du retour de Christ (ch 3). 

Le texte : Distinguez :

  • Les personnages : Nous (v 16,18-19), Dieu et Jésus-Christ (17),

Vous (20), Prophétie et prophètes de Dieu (20-21).

  • Les oppositions :
  • les « fables humaines » (16a) opposées à « nous avons vu et entendu (16b, 18) et à « paroles prophétiques » (19).
  • « prophétie de l’Ecriture » opposée à « interprétation particulière »(20),
  • « volonté humaine » opposée à « poussés par le Saint-Esprit » (21).
  • Les parallèles :
  • Nous avons vu la majesté // Nous avons entendu la voix.(De quel événement s’agit-il ?)
  • Objet d’interprétation particulière // volonté humaine.
  • Prophétie de l’Ecriture // Poussés par le Saint-Esprit, des hommes ont parlé de la part de Dieu. 

La construction du texte :

  • v 16-19: D’où vient la connaissance de Christ ?

a-(16a) : La connaissance de Christ ne vient pas des fables humaines.

b-(16b) : la connaissance de Christ vient de l’expérience vécue avec lui.

c- (17) : la connaissance de Christ vient du témoignage de la Parole de Dieu.

          b‘- (18) : la connaissance de Christ vient de l’expérience vécue avec lui.

          a‘-(19) : la connaissance de Christ vient de la parole prophétique certaine. 

  • v 20-21: Quelles sont les raisons de la certitude de la vérité biblique ?

a-(20a)         : La prophétie vient de l’Ecriture

b-(20b-21a)  : l’interprétation et la volonté humaines n’en sont pas l’origine,

a’-(21b)        : le Saint-Esprit inspire la parole prophétique.

Comprenons

Le texte est construit sur un jeu d’oppositions et de parallèles pour mettre en valeur, au centre, la révélation de la parole de Dieu : « Jésus-Christ est son fils bien-aimé » v 17b.

Pierre expose les arguments de sa foi en la vérité révélée dans les Ecritures :

Il croit à la puissance de Jésus-Christ et à son retour en gloire,

  • parce qu’il a été témoin oculaire et auditif de la majesté et de la gloire de Jésus à la Transfiguration.
  • Parce que Dieu lui-même a confirmé en paroles la filiation divine de Christ. (Pierre ici condense en une seule expérience le baptême, la transfiguration et la résurrection, où Christ a reçu de Dieu honneur et gloire).
  • Parce que la Parole prophétique n’est pas une fable habilement conçue par les hommes, mais elle émane du Saint-Esprit de Dieu, pour éclairer les hommes jusqu’à la venue du Jour, dans les cœurs (= la conversion) et dans l’histoire des hommes (= le retour de Christ, Etoile du matin).transfiguration polyptique  Monbéliard.jpg

L’expérience vécue avec Christ à la Transfiguration est pour Pierre (Polyptique de Monbéliard, 16ès)

  • la confirmation des prophéties de l’Ancien Testament sur la gloire du Messie, (Moïse et Elie entourant le Christ certifient sa divinité)
  • la démonstration de l’inspiration des Ecritures par le Saint-Esprit, personne ne pouvant concevoir un tel événement de sa propre initiative et ne pouvant l’interpréter sans être guidé par le St Esprit (Néh 9.20 : Tu leur as donné ton bon Esprit afin qu’ils aient du discernement; Job 32.8 : En réalité, dans un homme c’est l’Esprit, le souffle divin qui lui donne l’intelligence ; Jean 14.26 : Le St Esprit vous enseignera toutes choses ; 1 Cor 2.13 : le St Esprit enseigne en expliquant les réalités spirituelles à des hommes spirituels ; 1 Cor 12.3 : Nul ne peut dire : Jésus-Christ est le Seigneur ! si ce n’est par l’Esprit Saint.)
  • une préfiguration et un gage de l’apparition en gloire du Seigneur. 

Cette expérience vécue de la vérité des Ecritures fait de la Parole de Dieu une lumière sûre pour éclairer le quotidien et l’avenir de l’homme et du monde. 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • La Parole de Dieu est-elle une lumière sur mon sentier quotidien ? Change-t-elle quelque chose dans ma façon de vivre le présent et d’envisager l’avenir ? (= Gestion Chrétienne de la Vie).
  • Quelles expériences personnelles de la vérité des promesses de Dieu ai-je pu faire dans ma vie et dans celle de mon Eglise ?
  • A quoi la certitude du retour de Christ annoncé par les Ecritures m’engage-t-elle aujourd’hui ? (voir 2 Pierre 3.11-18).
  • Comment m’assurer que c’est l’Esprit Saint qui m’éclaire dans l’interprétation d’un texte prophétique biblique ?

16/10/2026

Etude n°4,  Prophètes du NT, 1 Co 12.1-13 (24 10 26)

Etude n°4,  Prophètes du NT, 1 Co 12.1-13 (24 10 26)

(Reliquaire de St Austremoine, Effusion de l’Esprit)effusion de l'Esprit reliquaire St Austremoine.jpg

« Il y a diversité de dons, mais le même Esprit, diversité de services, mais le même Seigneur, diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous. » 1 Cor 12.4-6 

Observons

Le contexte : A une église divisée (1.11-12) sans discipline (6.12a) et livrée à l’idolâtrie et l’inconduite (ch 10-11), Paul va rappeler que tout dans l’église dépend de l’Esprit (12.11).

Le texte  (1-14) constitue la première partie de l’ensemble du chapitre traitant des dons de l’Esprit, et introduit la métaphore du corps de Christ que forme l’Église.

1-3 : Quel est le signe de l’absence, puis de la présence de l’Esprit ?

4-7 : Quel rôle remplit chaque personne de la Divinité ? Qu’accorde-t-elle à l’Eglise ? Précisez la différence entre les termes employés par Paul.  Dans quel but l’Esprit se manifeste-t-il dans l’Eglise ?

8-10 : exemples de neuf dons, classés en trois catégories déterminées par l’emploi de deux pronoms qui signifient « un autre » : « éteros » (v 9 et 10d) et « allos » partout ailleurs :

a- v 8: Que concernent ces deux dons ?

b- v 9-10a : (premier « eteros ») Quels sont les cinq dons groupés ici sous le titre de la foi ?  la foi et ses effets miraculeux : guérisons, miracles, prophétie, discernement des esprits

c- v 10d : (second « eteros ») Quels sont les deux dons qui terminent la liste ? Qu’implique le pluriel du mot « langues » ?

11-13 : Relever les répétitions dans ces 3 versets : Quelle est la liberté de l’Esprit ? Sur quoi insiste Paul dans sa comparaison avec le corps ? Qui est mis en valeur au v central (12) ? Quel est le rôle de l’Esprit dans le corps de Christ que constitue l’Eglise, v 27 ?  

Comprenons

Les effets de l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte sur l’Église apostolique se sont fait sentir aussi à Corinthe. Ces dons et en particulier celui des langues, avaient  aux yeux des Corinthiens peu sanctifiés, une valeur proportionnée à la gloire personnelle qu’ils pouvaient en retirer. Paul essaie de faire comprendre le but des dons et leur rapport entre eux : ils sont les moyens distribués par le baptême de l’Esprit à l’Église pour son unité et la puissance de son témoignage. Dans le ch 13, Paul établit que ce qui permet à ces dons d’être efficaces, c’est l’amour- agapê ; dans le ch 14, il développe l’usage du don des langues, si cher aux Corinthiens, mais placé en dernier dans la liste qu’il établit au chapitre 12.

Ce chapitre 12 commence par préciser ce qui fonde l’Eglise. Paul ne parle pas ici du baptême d’eau, qui est le signe extérieur et public de l’engagement individuel du croyant. L’image du  « baptême dans l’Esprit »(v 13) exprime l’action intérieure de l’Esprit dans le cœur du converti, pour faire mourir en lui sa nature païenne, idolâtre et dévoyée (v 2) et lui permettre de proclamer la seigneurie du Christ (v 3) dans une vie nouvelle et transformée. Sa profession de foi, impossible sans l’Esprit, le fait entrer alors comme membre dans le « corps » de Christ qu’est l’Église (v 12-13).

Les dons naturels sanctifiés par l’Esprit, et les dons particuliers que l’Esprit accorde librement (v 11), servent alors à faire vivre dans l’unité les diverses nationalités, races, et conditions sociales des croyants (v 13). Le « comme il veut » exclut toute manipulation ou toute prétention humaine à maîtriser le Saint-Esprit !

Aux versets 4-7, Paul différencie les opérations de la Trinité divine dans l’Église : les dons viennent de l’Esprit et seront développés aux v 8-11, les services ou ministères sont à l’image de celui du Seigneur Jésus, ils sont repris aux v 28-30, et les miracles manifestent la puissance de Dieu. Ainsi, l’unité et la diversité de la personne divine sont visibles dans l’unité et la diversité de ce qu’Elle apporte à l’Église, comme le corps est constitué de membres diversifiés mais unis pour son bon fonctionnement v 12-13.

La traduction des v 8-10 ne permet pas de saisir la classification en trois catégories que Paul fait des dons. En grec, il introduit la liste par « à l’un » auquel répondent  deux mots qui signifient « à l’autre » :  ετέρω (éterô) pour introduire les deux catégories suivantes (v 9 et 10b), et άλλω à l’intérieur de chaque division pour détailler les dons. Ainsi, dans la première division (v8), nous trouvons le don de la parole (= discours), différencié entre sagesse = capacité de vivre pratiquement la révélation divine,  et science = connaissance profonde de la vérité divine  et capacité pédagogique de l’enseigner. Ce sont les qualités qui distinguent les ministères des   «apôtres, des prophètes et des docteurs » (v 29). Les prophètes dans le sens de « porte-parole » de Dieu, possèdent ces dons spécifiques de la parole : la sagesse et la science, puisque « celui qui prophétise parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console » (1 Co 14.3), car il est poussé par l’Esprit à parler de la part de Dieu (2 Pi 1.21).

Dans la deuxième division (v9), Paul parle du don de la foi, non la confiance qui habite le cœur de tout croyant, mais celle qui  manifeste occasionnellement les fruits de la puissance divine : guérisons, miracles spectaculaires, prophéties (= dans le sens ici de prédictions), discernement des esprits (1 Jn 4.1). Ces dons de foi ont pour but de « soigner » le corps et l’âme des individus et de l’Eglise. On pourrait penser qu’ils s’adressent plus particulièrement aux ministères de services, diaconat, anciennat (v 5 et 28b).

 En dernier (v10d) viennent les dons qui concernent les langues, sur le modèle de ce qui s’est passé à la Pentecôte à Jérusalem. Paul en reparlera au ch 14, pour les placer à leur véritable rang dans l’utilité pour édifier l’Eglise. Ces deux dons visent plus à évangéliser à l’extérieur de l’Eglise.

v 11-13 : Ces trois versets encadrent le nom de Christ par le mot Esprit (répété trois fois) : Ce n’est pas n’importe quel esprit qui agit dans l’Eglise, c’est celui du Sauveur, du Christ =(Oint) de Dieu. Il y a unité de la Divinité dans la diversité des rôles et des manifestations, pour unir en un seul corps les membres si divers de la communauté de l’Eglise.Eglise corps du Christ.jpg

 Ce que Paul avait attribué à Dieu au v 6 est maintenant le fait de l’Esprit-Saint. Pour l’apôtre, la personne divine est bien Une, et agit différemment selon les temps, et les besoins. Le Père Créateur Tout-Puissant œuvre  dans le monde en manifestant sa puissance et son amour ; le Fils, Jésus-Christ, a accompli l’œuvre de salut par son incarnation, sa mort, sa résurrection et poursuit cette œuvre de salut par son intercession maintenant qu’il est  revenu dans la gloire divine ; il agit auprès des fidèles par son Esprit en eux, qui les qualifie pour leurs ministères dans l’Eglise et leur témoignage à l’extérieur.

Ce qui importe à l’apôtre, c’est de faire comprendre que le baptême de l’Esprit n’avantage pas l’un ou l’autre des membres de l’église, mais qu’il unit toutes leurs diversités, pour le bien commun, et pour la propagation de l’Evangile. La recherche de l’Esprit et de ses dons est vaine si c’est dans un autre but ! (1 Co 14.12) 

Questions pour une application dans la vie chrétienne 

- Quelle est l’action sensible de l’Esprit  dans mon église locale ? 

- Comment mon église respecte-t-elle la diversité des dons et des talents ? Sont-ils identifiés et reconnus par tous ? Comment contribuent-ils à l’édification spirituelle de chacun des membres ? 

- Que puis-je être ou faire personnellement pour que le corps de mon église croisse harmonieusement ? Comment mes dons spécifiques servent-ils ma communauté ? 

- Comment éviter que les dons de l’Esprit qui se manifestent dans  l’Eglise ne deviennent un sujet d’orgueil, de jalousie, de vanité, et finalement de discorde entre membres ?