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15/03/2019

Étude n°12 Le jugement de Babylone Ap 17 et 18 (23 03 19)

Étude n°12 Le jugement de Babylone Ap 17 et 18 (23 03 19)

« J’entendis du ciel une autre voix : Sortez du milieu d’elle (Babylone ) mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés et de ne pas recevoir votre part de ses plaies. Car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses injustices. » Ap 18.4-5

Comme pour les chapitres précédents, la longueur de l’interprétation des ch 17-18 ne permet pas une étude approfondie en groupe. Il faudra donc une fois encore choisir les passages à partager ! Nous analysons les deux chapitres mais nous vous conseillons de porter l'attention du groupe non sur les essais d'identifications hasardeuses du ch 17, mais sur le ch 18 et ses recommandations pour le peuple de Dieu.

(Chute de Babylone, Ap de Beatus , 12è)Chute de Babylone (Apocalypse de Beatus 12ès) (2).jpg

Observons  Apocalypse 17

  • Qui intervient au début de cette séquence des jugements et par deux fois dans le chapitre v 7 et 15 ?
  • Quelles sont les caractéristiques générales de la femme (v 1-7) et de la bête (8-14) ? Comparez avec 12.13-17 et 13.1-8 ? Que peut-on en conclure sur son identité ?
  • Qui s’étonne au v 6 et au v 8 ? A quels sujets ?
  • V 15-18 : Quelles explications donne l’ange ?

 

Comprenons

Les chapitres 17-18 sont annoncés dans la section précédente par le v 19, où est nommée « la grande ville divisée en trois parties : Babylone la grande ». Ces chapitres vont donner l’explication de ce verset, et de la fin de la vision centrale (ch12-14) où apparaissait déjà la même entité :

14.8 : « Elle est tombée Babylone la grande ! »

Au ch 14, la chute n’était que morale, discernée par les fidèles de Dieu, aux ch 17 et 18 cette chute se réalise enfin physiquement, aux yeux de tous.

 Le chapitre 17 commence avec les paroles d’un ange, sans doute celui de la 7ème coupe, puisque les explications qu’il va donner concernent ce que la 7ème coupe entraînait.

Il donne la signification de ce qui se passe lorsque Dieu prononce le « C’en est fait » (16.17) à la fin des plaies : une autre séquence s’ouvre, celle de l'exécution des sentences du jugement sur les impies.                                                                                                                                       Sructure                                                                                                                                       Trois parties : la femme prostituée jugée (v 1-7) ; la bête (8-14) ; l’explication de l’ange (15-18).

Ces trois parties s’articulent 

- sur les deux interventions de l’ange (v 7 et 15),

 - sur, d’une part l’étonnement du prophète (= les croyants) devant la femme devenue prostituée et persécutrice des saints (v 6),

- et sur, d’autre part, l’étonnement des impies devant la réapparition de la bête blessée à mort (v 8).

Les caractéristiques de la femme prostituée nous renvoient en contraste à la femme fuyant au désert du ch 12.13-17 : serait-ce la même femme devenue infidèle et blasphématrice, au point de provoquer l’étonnement de ceux qui sont restés fidèles ?

L’observation de ce qui est dit de la bête nous renvoie au ch 13.1-8, et à Daniel 7, pour essayer de déterminer l’identité de ses 7 têtes et 10 cornes. La bête qui reprend les caractéristiques animales de la vision de Daniel, représenterait le pouvoir politique universel qui s’exerce à travers les siècles par la succession des têtes et des cornes, soit des systèmes politiques qu’elles symbolisent.

Voici deux dessins du pasteur Maxime Bouvet pour expliquer ces symboles qui nous restent, avouons-le, bien compliqués à interpréter ! :

                  Apoc17b.jpgApoc17a.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Le prophète Jean décrit cette bête à deux moments différents de l’histoire :

- au ch 13.2, c’est la 5ème « tête » qui succède au dragon du ch 12 (= le 4ème animal de Daniel, ou empire romain païen) grâce à l’invasion des barbares (= 10 cornes, 17.3), et exerce son pouvoir jusqu’à sa blessure mortelle (= de 538 à 1798).

- au ch 17.10-11, le prophète se situe dans la période de la réapparition de la bête blessée (voir 11.7), qui fait d’elle un pouvoir à part, indiqué comme le 8ème roi (17.11), coexistant avec la 6ème tête portant 10 cornes, puis avec la 7ème (qui n’est pas encore venue), et allant jusqu’à sa perdition.

Qui a fait tomber l’empire romain païen ? Les barbares qui ont favorisé l’apparition de la papauté. Qui a fait tomber le pouvoir politique de la papauté ? La révolution française qui a donné naissance à la démocratie, pouvoir représenté par la 6ème tête. Le pouvoir démocratique éparpillé dans le monde (= 10 cornes qui sont dix rois) chercherait désespérément à faire l’unité pour diriger le monde. Pour cela, les gouvernements feraient appel au 8ème roi, entité neutre et indépendante d’eux, mais reconnue universellement. Leur alliance constituerait la 7ème tête, appelée « image de la bête » (13.15). Or si c’est l’image, elle porte aussi les 10 cornes qu’avaient la bête (5ème tête, 13.1).

Comme « image de la bête », elle exercerait un pouvoir universel politico-économico-religieux, très éphémère (1h prophétique = 15 jours réels), et persécuterait les fidèles de l’Agneau, qui seront finalement vainqueurs avec Lui (17.14).

Que représente cette Babylone de la fin des temps ?

Pour le savoir, il nous faut tenir compte de ce qui nous en est dit précédemment au ch 16 :

16.19 : « La grande ville fut divisée en trois parties, les villes des nations tombèrent, et Dieu se souvint de Babylone la Grande, pour lui donner la coupe du vin de son ardente colère »

La liaison « et » n’a pas une valeur chronologique, mais explicative ; elle équivaut à nos deux points : la division interne de Babylone en trois parties, et la défection des villes constituent la ruine et la chute de Babylone.

16.12 : « le 6ème ange versa sa coupe sur le grand fleuve, l’Euphrate. » Cette 6ème plaie concerne Babylone, puisque l’Euphrate était le fleuve qui traversait et alimentait la Babylone historique antique.

Au versement de cette 6è coupe apparaissent trois esprits impurs qui

16.13 : « sortent de la bouche du dragon, de la bouche de la bête, et de la bouche du faux-prophète ».

Nous avons vu ce que désignent ces trois personnages  dans la séquence des plaies: les puissances athées (=le dragon romain de Ap 12.3 ?), le système papal et un pouvoir politico-économico-religieux semblable, l’ensemble étant mêlé de spiritisme séducteur. En effet les trois entités qui par leur alliance constituent Babylone, ont la particularité de faire des prodiges qui étonnent et séduisent les habitants de la terre :

16.14 : ce sont des esprits de démons qui font des prodiges

13.13 : Elle opérait de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre.

On retrouve ici le portrait de l’Anti-Christ, l’impie, que Paul dressait pour les Thessaloniciens.

2 Th 2.9-10 : « L’apparition de cet impie se fera par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes, de prodiges mensongers et avec toutes les séductions de l’iniquité »

Ces trois formes de la puissance de Satan insufflent aux rois de la terre l’idée de se rassembler pour lutter contre Dieu, dans le combat d’Harmaguédon (16.14,16).

Le temps de la 6ème plaie est celui de l’action finale de cette coalition de Babylone, alors que la 7ème plaie en annonce la désagrégation, dont les détails sont donnés aux chapitres 17 et 18.

L’ange qui porte la 7ème coupe (16.17-21), donne à Jean (et à ses lecteurs) les explications nécessaires pour comprendre la vision. Il appelle Babylone « la grande prostituée, avec qui les rois de la terre se sont livrés à l’impudicité, et de l’impudicité de laquelle les habitants de la terre se sont enivrés »

Le symbolisme de la femme est bien connu dans la Bible : il désigne le peuple de Dieu. S’il est fidèle à l’alliance avec Dieu, c’est l’Epouse : « Ton créateur est ton époux » (Es 54.5) et « les noces de l’Agneau sont venues, et son épouse s’est préparée » (Ap 19.7). Mais s’il est infidèle à Dieu par idolâtrie, la Bible en parle en termes de prostitution, d’adultère, d’impudicité :  

« Tu t’es confiée dans ta beauté et tu t’es prostituée »(Ez 16.15),

« Tu as le front d’une prostituée...Reviens, infidèle Israël ! » (Jé 3.3,12).

« Ces choses arriveront parce que tu t’es prostituée (Jérusalem) après les nations, parce que tu t’es souillée par leurs idoles » (Ez 23.30)

Babylone « mère des impudiques et des abominations de la terre » (v 5), comprendrait donc  une puissance mondiale religieuse, qui se prétendrait peuple de Dieu, ou croirait servir Dieu, mais serait en réalité idolâtre, opposée à Dieu et persécutrice de ses serviteurs, comme le prouve le v 6 « Cette femme était ivre du sang des saints et du sang des témoins de Jésus ».

On est frappé des similitudes qui existent entre cette Babylone et ce qui nous est dit de l’image de la bête au ch 13.14-17 : « Il fut donné à la bête montant de la terre...d’opérer en présence de la bête montant de la mer,...et d’animer l’image de la bête afin que l’image de la bête parle et qu’elle tue tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête. Elle fit que tous reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse acheter ni vendre sans avoir cette marque». L’image de la bête, appelée aussi faux-prophète (16.13), et Babylone ne formeraient-elles qu’une même entité ? Ou bien Babylone personnifierait-elle le pouvoir issu de l’alliance entre dragon, bête papale et faux prophète ?

Au départ (17.1-3), la femme prostituée est assise sur les grandes eaux (v 1). Ces grandes eaux sont le symbole des peuples, foules, nations et langues (v 15) qui lui sont soumis. La puissance de Babylone repose sur la soumission qu’elle exige de tous les habitants de la terre. On comprend alors que la défection des villes des nations puisse entraîner sa chute (16.19).

Ensuite (v 3), il est dit que la femme est « assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, ayant 7 têtes et dix cornes ». L’existence et la puissance de Babylone s’appuient sur une autre puissance, la bête à 7 têtes et dix cornes (ch 13.1), qu’il ne faut pas confondre avec Babylone même.

Pour résumer, Babylone nous apparaît comme la personnification du pouvoir mondial, né de l’alliance des pouvoirs politiques athées du monde (dragon), de l’autorité politico-religieuse de la papauté (bête), et du pouvoir politico-économico-religieux (faux-prophète) imitant les comportements du système papal. Cette puissance mondiale s’exercerait, avec l’aide du spiritisme (feu descendu du ciel), dans les domaines religieux (impudicité = idolâtrie, persécutions des saints), politique (elle domine le monde et édicte des lois), économique (personne ne peut acheter ou vendre sans elle). Son nom symbolise la confusion générale de la terre à tous les niveaux, en opposition au peuple de Dieu, scellé et revêtu de vêtements blancs, c’est-à-dire de la justice, de la droiture, et de la vérité de Dieu.

Ce système mondial ne s’installera que tout à la fin de l’histoire humaine, comme le suggèrent la fin du ch 13.15-18 et 16.14. La durée de sa domination sera d’une heure (17.12), durée incroyablement réduite par rapport à la domination de la bête du ch 13 qui dura 42 mois !

La dislocation de Babylone, annoncée en 16.19 est expliquée en deux temps par l’ange :

1- Les grandes lignes au ch 17

17.16 : Une dissension interne apparaît dans le trio qui compose et soutient Babylone.

« Les 10 cornes que tu as vues et la bête haïront la prostituée, la dépouilleront et la mettront à nu, mangeront ses chairs et la consumeront par le feu ».

Nous retrouvons le même tableau dressé par Ezéchiel contre Jérusalem (23.22-30) : « Voici j’excite contre toi tes amants, et je les amène contre toi de toutes parts...Ils te dépouilleront de tes vêtements, ils enlèveront tes ornements...Ils enlèveront toutes tes richesses et te laisseront nue, entièrement nue, la honte de tes impudicités sera découverte, de tes crimes et de tes prostitutions. Ces choses arriveront parce que tu t’es prostituée après les nations, parce que tu t’es souillée avec leurs idoles. »

Les pouvoirs politiques et le système papal, alliés pendant une heure (v 12), pour donner la royauté sur les rois de la terre (v 18) à la femme prostituée qu’est Babylone, c’est-à-dire un système politico-économico-religieux universel, se retourneront contre cet ordre mondial, pour prendre sa place ! En effet, « ils ont un même dessein, et ils donnent leur puissance et leur autorité à la bête » (v 13). Ils ont dans leur cœur « le même dessein de donner leur royauté à la bête, jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies » (v 17).

Les rois et la bête papale dépouilleront Babylone de toutes les richesses accumulées dont le v 4 donne un tableau. Ils la mettront à nu (v 16), c’est-à-dire qu’ils révèleront qui elle est véritablement, une puissance religieuse idolâtre et mensongère, et ce qu’elle a fait : ses crimes et ses persécutions contre les saints (v 6 et 18.24).

2- Les détails  au ch 18 (Chute de Babylone , 13ème s)chute de Babylone 13è (Ap 18).jpg

Observons

Le chapitre 18 éclaire ce que le ch 17 annonçait dans les généralités.

Trois interventions angéliques caractérisent ce chapitre (v 1, 4, 21):

1- v 1-3 : le premier ange rappelle la chute morale de Babylone, qui était déjà effective avant que les fléaux tombent et que les élus sortent.

2- v 4-20 : le second annonce les conséquences de la chute qui atteignent tous les hommes sauf les élus

3- v 21-24 : le troisième proclame la disparition physique de Babylone.

On peut observer une construction du chapitre en plusieurs temps :

a - Le jugement de Babylone (v 2-8)

b - La séparation du peuple de Dieu (v 1, 4)

c - Les conséquences de la chute ponctuées de la triple lamentation : Malheur !

                        conséquences politiques (v 9-10)

                        conséquences économiques (v 11-16)

                        conséquences relationnelles (v 17-19)

b’- Réjouissance des élus (v 20)

a’- La fin de Babylone (v 21-24)

La construction en parallèles concentriques (ou chiasme), propre à l’écriture et la pensée hébraïques veut mettre l’accent sur la partie centrale, où l’on voit la désorganisation générale du monde sous l’effet de la chute de Babylone, tandis que le peuple de Dieu est révélé à tous.

Notre pensée occidentale étant linéaire, nous étudierons ce texte, en commençant par le thème abordé au premier verset du chapitre, l’ange venu du ciel, que nous avons joint aux versets 4 et 20, qui parlent du peuple de Dieu (points b + b’). Ensuite nous verrons tout ce qui concerne Babylone (points a, c, a’).

Comprenons

a) La révélation du peuple de Dieu (v 1,4,20)

Le jugement de Babylone s’accompagne d’un évènement extraordinaire : une apparition puissante et glorieuse éclaire la terre (v 1).

A ce stade de l’histoire du monde, où les jeux sont faits », c’est-à-dire où les justes ont déjà été identifiés par les êtres célestes, cette apparition venue du ciel sur la terre ne servirait-elle pas à faire connaître, de façon indubitable,  à tous les habitants de la terre, impies et justes eux-mêmes, qui sont ceux qui forment le peuple des élus : en les invitant à « sortir du milieu de Babylone » (v 4), Dieu les révèle à tous et leur fait justice (v 20).

L’ordre de sortir de Babylone implique que le peuple de Dieu est encore jusque-là mêlé au monde, dispersé et caché dans la confusion politico-religieuse générale. Nul sur terre ne l’a identifié exactement : seuls les êtres célestes, témoins de l’instruction du jugement le connaissent. Le moment est venu, non pas de choisir Dieu car dans les cœurs c’est déjà fait, mais d’être reconnu publiquement.

L’ordre de séparation est une mesure de protection du peuple par Dieu contre la contagion du monde ambiant et contre ses fléaux.

On pense à l’histoire de la sortie d’Egypte. Tandis que les plaies tombaient sur les Egyptiens, le pays de Gosen où habitaient les Hébreux était épargné. Ce miracle divin révélait à tous et à Pharaon, la puissance et la miséricorde de Dieu pour son peuple. Il opérait une « séparation libératrice » entre les Hébreux et les impies (Ex 8.19).

Au moment de la chute de Babylone, il en sera sans doute de même. Le peuple de Dieu sera manifesté concrètement aux yeux de toute la terre, et pourra se réjouir avec le ciel de la justice éclatante de Dieu qui les délivre enfin de l’oppression de la puissance maléfique de Babylone (v 20). On remarque comme dans la sortie d’Égypte que la séparation révélatrice qui remplit de lumière la terre, vient de Dieu : un ange descend du ciel pour l’accomplir (v 1). Nous avons là une leçon à méditer sur nos prétentions à identifier le peuple de Dieu, et sur nos tentations de séparation physique du monde par nos propres efforts, avant l’heure !

 b) Le jugement de Babylone (v 2-8) Voir en parallèle Esaïe 47.

L’annonce de ce jugement indique les motifs de la condamnation :

- v 2 et 23c : Babylone est « une habitation de démons et d’esprits impurs » : les prodiges séducteurs dont elle s’est servi pour établir son pouvoir sont d’origine satanique et non divins, comme elle pensait le faire croire en tant que puissance religieuse.

- v 3 : « l’impudicité » dont elle a abreuvé les rois et les nations est l’idolâtrie dans laquelle elle les a tous entrainés, et qui les a conduits à la violence et au meurtre contre les saints (v 24).

- v3, 7 : « la puissance du luxe » a fait d’elle une puissance économique et commerciale qui n’enrichissait qu’une partie de la population, « les grands de la terre » (v 23). L’autre partie n’était considérée que comme des objets ou des animaux, corvéables à merci, et monnaie d’échange des exploiteurs (v 13).

v 7 : « Elle s’est glorifiée, elle a dit en son cœur : Je suis assise en reine, je ne suis point veuve, je ne verrai pas de deuil ». Par son orgueil, sa vanité égoïste, son manque de cœur, et sa confiance en soi pour son avenir, elle récoltera au double ce qu’elle aura semé autour d’elle* (v 6,8).

 c) Les conséquences de la chute (v 9-19)

Tous ceux qui auront profité de cette puissance mondiale assisteront dans les lamentations à sa disparition. « Malheur ! Malheur ! En une seule heure est venu ton jugement ! » Telle est la lamentation des rois, des marchands et des marins. La triple répétition de ce cri nous fait y voir la réalisation du 3ème malheur annoncé au chapitre 11.14. On voit combien la fin de la section des trompettes est intimement liée aux sections des plaies et des jugements qui la suivent.

Le temps d’une heure peut être pris littéralement comme un indice de la brièveté de l’évènement, ou prophétiquement avec la valeur de 15 jours réels. La rapidité de la chute du mur de Berlin, au grand étonnement de tous, est un exemple de ce qui pourrait se passer.

Les rois représentant les pouvoirs politiques des nations, les marchands représentant les puissances économiques du monde, que peuvent représenter « les pilotes et les marins, tous ceux qui exploitent la mer et qui se sont enrichis du luxe de Babylone » ? (v 17-19)

La mer est dans la Bible le symbole des nations agitées et instables, en opposition à la terre, refuge et sécurité du peuple de Dieu :

Es 57.20 : « les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. »

Jé 51.42 « la mer est montée sur Babylone : Babylone a été couverte par la multitude de ses flots » : Le prophète annonçait la chute de Babylone, non par un raz-de-marée (la ville était bien loin de la mer !), mais par l’invasion des Mèdes et des Perses sous la direction de Cyrus !

La mer ayant cette connotation négative, il ne faut pas s’étonner de la promesse de Dieu de son absence sur la nouvelle terre !(21.1)

Ceux qui exploitent la mer peuvent donc représenter les puissants de ce monde qui utilisent à leur profit tout ce que l’agitation des nations leur permet d’encaisser, comme les marchands de canons!

Les pilotes sont sur la mer ceux qui savent guider, se repérer et atteindre leur objectif. Ils pourraient symboliser les moyens médiatiques de la communication moderne, qui dirigent l’opinion des masses selon leurs propres conceptions, ou celles des puissances en place.

Les marins, de même, seraient les symboles de tous ceux qui de près ou de loin participent à la communication entre les peuples, aux relations internationales, ambassadeurs, diplomates ou autres.

La chute de Babylone, ordre mondial, entraine la désorganisation totale dans les domaines de la politique, de l’économie, et de la communication.

V 20-24

V 20-21 : La chute de Babylone est pour le peuple de Dieu le signe de sa réhabilitation par Dieu et de sa délivrance car le retour du Christ lui est concomitant (ch 19).

- v 22-24 : Ces versets peuvent être interprétés de deux façons :

1- Tous les signes de paix et de bonheur qu’elle affichait en façade disparaîtront à la révélation de ce qu’elle était en profondeur : une puissance démoniaque, orgueilleuse et persécutrice.

2- Les instruments de musique (1 Cor 14.6-8) pour accompagner les chants d’allégresse, la meule pour moudre le grain , la lumière de la lampe, la voix de l’Epoux et de l’Epouse (Jér 25.10), peuvent symboliser les activités des enfants de Dieu, louant leur Sauveur, distribuant le pain de sa Parole, répandant la Lumière du Christ et manifestant leur union d’amour avec le Sauveur, au sein d’un monde où règne la confusion. Lorsque ce monde s’écroule, toutes ces activités disparaissent, car elles n’ont plus lieu d’être. Le peuple de Dieu ne participe plus au sort de Babylone, et accueille son Sauveur (ch 19).

Inutile de chercher à anticiper l’identification des détails de cette prophétie, mais restons attentifs aux événements contemporains qui nous permettraient de nous situer dans le temps prophétique!

Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • Comment interpréter l’ordre du Christ de « sortir de Babylone » ? Physiquement et géographiquement ? Spirituellement ? Qu’implique chacune de ces lectures pour le croyant ?
  • Quel est le rôle de l’Église et de ses membres, au sein de cette confusion mondiale ?
  • Comment éviter la confusion spirituelle et développer la fermeté de la foi en la grâce de Dieu ?

 

08:00 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (0)

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