13/02/2026
Etude n°8 La prééminence de Christ Colossiens 1.12-23 (21 Fev)
Étude n°8 La prééminence de Christ Colossiens 1.12-20 (21 Fev)
"Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de la Création...Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui." Col 1:15–17
Observons
Le contexte (1.1-11)
Paul rend grâces à Dieu pour la foi et la charité des chrétiens de Colosses, église de Phrygie en Asie Mineure, fondée et dirigée par Epaphras (v 7). Il prie pour qu’ils soient remplis de la connaissance de la volonté de Dieu, « en toute sagesse et intelligence spirituelle» (v 9), et qu’ils marchent d’une manière digne du Seigneur (v 10-11)
Le texte (v 13-23)
V 12-14 : Sujets d’action de grâces des croyants : la rédemption, le pardon des péchés en Christ.
V 15-20 : Qualités du Rédempteur et Réconciliateur
Vocabulaire pour l’œuvre de salut :
V 13 : "délivrer du pouvoir des ténèbres", en opposition au v 12 à "avoir part à l’héritage des saints dans la lumière".
V 14 : la rédemption = le rachat de l’esclave grâce à une rançon, = la libération (1 Pi 1.18-19)
V 14 : le pardon des péchés = l’élimination, l'effacement, "l’expiation" (Dan 9.24 ; Héb 2.12 ; 9.12)
V 20 : Tout réconcilier avec lui par le sang de la croix (Rom 5.10-11 ; Eph 2.13-18)
Comprenons
Les notions de rédemption et d’expiation sont si intimement liées que les auteurs bibliques et Paul en particulier les emploient souvent indifféremment l’une pour l’autre.
Pour saisir le sens de ce mot "expiation", voici des extraits de l’article « Expiation » du Vocabulaire de théologie biblique (sous la direction de Léon Dufour, Le Cerf 1991 :
« Les traductions françaises de la Bible utilisent souvent le terme « expiation » ou parfois « propitiation » (hb. kipper, gr. hilaskesthai) dans l’AT soit à propos des sacrifices « pour le péché » où le prêtre est dit « accomplir le rite de l'expiation « (Lv 4), soit plus spécialement encore à propos de la fête annuelle du 10 tishri, généralement nommée « le jour des expiations » ou « le grand jour de l'expiation » et dont Lév 16 décrit en détail le rituel.
Dans le NT, si le terme est rare (Rm 3,25 ; He 2,17; 1 Jn 2,2; 4,10), l'idée se retrouve fréquemment, non seulement dans toute l'épître aux Hébreux qui assimile le rôle rédempteur du Christ à la fonction du Grand Prêtre au « jour des expiations », mais, plus ou moins certainement, chaque fois que le Christ est déclaré « mourir pour nos péchés » (1Co 15,3) ou « répandre son sang pour la rémission des péchés » (Mt 26,28).
1- Expiation et Péché. En français comme dans nombre de langues modernes, la notion d'expiation tend à se confondre avec celle de châtiment. Au contraire, pour tous les anciens - tel est le sens du verbe expiare dans la Vulgate comme dans la liturgie -, qui dit « expier » dit essentiellement «purifier », plus exactement rendre un objet, un lieu, une personne désormais agréables aux dieux, alors qu'auparavant ils ne leur agréaient pas. Toute expiation suppose donc l'existence d'un péché et a pour effet de le détruire.
Comme ce péché n'est pas conçu à la façon d'une souillure matérielle qu'il serait au pouvoir de l'homme de faire disparaître, mais qu'il s'identifie à la rébellion même de l'homme contre Dieu, l'expiation efface le péché en réunissant de nouveau l'homme à Dieu, en le lui « consacrant » selon le sens de l'aspersion du sang… Une expiation authentique ne saurait avoir de valeur indépendamment des dispositions intérieures de celui qui l'offre; elle est d'abord un acte spirituel, que le geste extérieur exprime mais qu'il ne peut suppléer. Elle exclut également toute prétention de l'homme à forcer Dieu à lui devenir favorable. Une telle prière se ramène à un acte de foi en la fidélité de Dieu. Ainsi conçue, l'expiation ne tend point, sinon aux yeux de l'homme, à changer les dispositions de Dieu, mais à disposer l'homme à accueillir le don de Dieu.
2- Expiation et pardon. Aussi le «jour des expiations » était-il plus encore dans la conscience religieuse des juifs le « jour des pardons ». Et quand, à deux reprises saint Jean, évoquant soit l'intercession céleste du Christ auprès du Père (1 Jn 2,2), soit l'oeuvre accomplie ici-bas par sa mort et sa résurrection (1 Jn 4,10), déclare qu'il est, ou que le Père l'a fait, « hilasmos pour nos péchés », le terme offre sans doute le même sens qu'il a toujours dans l’AT grec (Ps 130,4) et que le mot latin propitiatio offre aussi toujours dans la liturgie : par le Christ et dans le Christ le Père réalise le dessein de son amour éternel (1 Jn 4,8) en « se montrant propice », c'est-à-dire en « pardonnant » aux hommes, d'un pardon efficace, qui détruise vraiment le péché, qui « purifie » l'homme, lui communique sa propre vie (1 Jn 4,9). (Stanilas LYONNET)"
Notre texte de Colossiens place les deux mots de « rédemption » (apolutrõsis) et de « rémission » (aphesis) des péchés (v 14) au cœur de l’action de grâces du croyant en Jésus-Christ, et prend soin de décliner les qualités du Christ qui font de lui le seul Sauveur de l’Univers et de l’Église, pour ensuite énoncer les fruits de la rédemption.
Avant d’expliquer le sens que Paul donne à l’œuvre d’expiation par le sang de Christ, examinons les qualifications de Christ pour l’accomplir (v 15-20).
V 15 : Jésus est l’image du Dieu invisible : il est le seul qui rende perceptible à l’homme la divinité invisible, spirituelle (Jn 1.18). Il est la vraie manifestation de l’amour de Dieu (Jean 8.19 ; 14.9), car lui seul est descendu du ciel pour le révéler (Jn 3.13).
V 16-17 : Le premier-né de la création : contrairement à certains interprètes, il ne faut pas prendre cette expression littéralement dans son sens biologique. Le premier-né était un titre qui marquait la fonction éminente, la dignité suprême, ou l’origine d’un événement. Les versets 16-17 expliquent l’expression : « Tout, (visible et invisible) a été créé en lui, par lui, et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui». Sa préexistence de Concepteur (en lui), de Créateur (par lui) et de destinataire (pour lui) le rend supérieur et d’une autre essence que toutes les créatures angéliques (Hé 1), humaines, animales, ou végétales, que l’homme aurait tendance à adorer comme intermédiaires entre la Divinité et l'humain (2.18). Cette puissance créatrice qui n’appartient qu’à lui, le rend à même de conserver l’univers, de soutenir son existence (v 17), car sans lui, livré à lui-même, l’univers irait à sa destruction. L’exemple de Pharaon, livré à son endurcissement de cœur qui le conduit à la mort (Exode 11 et 14.7-18, 28) est là pour nous faire comprendre que lorsque l’Esprit qui soutient toute chose est obstinément refusé, Il se retire et laisse le monde livré aux forces destructrices. C’est peut-être ce que nous commençons à voir se réaliser dans le monde aujourd’hui. Mais heureusement, Dieu par amour « use de patience, car il ne veut pas qu’aucun périsse, mais il veut que tous arrivent à la repentance » (2 Pi 3.9).
V 18 : Après l’exposé du rapport de Christ à Dieu le Père, et de son rapport à l’Univers, Paul aborde son rapport à l’Église : Il en est la tête, le chef, ce que les faux docteurs de Colosses semblent avoir contesté (2.18). L’Église, corps du Christ est une image chère à Paul (1 Co 10.17 ; 12.12 ; Eph 1.22-23,…) pour exprimer l’union de Christ avec les croyants qu’il dirige et anime, et leur solidarité dans la diversité des membres qui la composent. L’Église est ici considérée comme une seconde création, spirituelle, dont Jésus est l’origine, le commencement, comme il l’a été de la création physique. Grâce à la résurrection de Christ, l’humanité peut commencer une nouvelle vie dont Christ est la source. Comme « premier-né d’entre les morts » (v 18), « prémices de ceux qui sont décédés » (1 Co 15.20), il ouvre le chemin de la vie éternelle à tous ceux qui croient en lui.
Puisque Christ est prééminent en tout, origine de tout, et qu’il est ressuscité, il a la puissance de vie et les qualifications pour accomplir parfaitement l’œuvre de rédemption et d’expiation de l’homme. Si au départ le mot « rédemption » signifiait « le rachat » d’un esclave, il est devenu dans le langage biblique synonyme de « salut ». L’expiation, au sens de « libération des péchés » est la première étape de cette œuvre de salut. Le « Jour des Expiations » (Kippourim) symbolisait dans ses rites le processus d’effacement, d’absolution des péchés, qui libère de l’esclavage du mal, l’homme voué à la mort par suite de son péché (= état de séparation d’avec Dieu). Le sang pur du bouc pour l’Éternel, sacrifié sans imposition des mains, aspergé sur l’arche de la Loi, et sur tous les objets du Lieu Saint et sur l’autel des sacrifices, les purifiait des souillures provoquées par le sang des sacrifices quotidiens, qui avaient porté devant Dieu les fautes confessées par les fidèles repentants. Ce que préfigurait ce Jour des Expiations, Christ l’a accompli parfaitement (v19) à la croix : Il a pris sur lui le péché de l’homme, bien qu’il soit innocent (2 Cor 5.21), et il l’a fait mourir sur la croix dans sa mort (Rom 8.3). Il a ainsi « ôté le péché du monde», l’a « expié » (Dan 9.24 ; Héb 2.17 ; 9.12), extirpé du cœur de celui qui accepte ce chemin de salut et s’identifie à Christ sur la croix : « la vieille nature (pécheresse) a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché » (Rom 6.6).
v 20 : Le but de l'action de rédemption de Christ est de tout réconcilier avec Dieu. A la Création, le choix de l'homme de se séparer de Dieu en écoutant non la Parole divine, mais son désir orgueilleux et égocentrique d'immortalité sans Dieu, a entraîné l'Univers entier sous la coupe de l'Adversaire et l'esclavage du péché. La mort de Christ sur la croix effaçant le péché, permet de renouer le lien d'amour avec Dieu, de réconcilier Dieu et sa Création, et d'établir la Paix spirituelle entre Dieu et l'humain, comme la colombe de Noé le promettait, en attendant la Paix éternelle en présence du Sauveur.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Qu’est-ce que la qualité de Créateur ajoute à ma foi en Jésus ? Qu’est-ce que cela change à ma relation avec lui ?
- Si Christ est le « premier-né d’entre les morts », comment montrer que je l’ai suivi en « ressuscitant » moi-même spirituellement ?
- Comment ma rencontre avec le Christ crucifié et ressuscité m’a-t-elle délivré du « pouvoir des ténèbres » ? Ai-je encore un sentiment de culpabilité, une angoisse de la mort et du jugement, une rancune tenace, une habitude nocive, qui troublent ma vie ? Si oui, comment obtenir la paix ? Sinon, comment ma libération se remarque-t-elle, dans mes relations à Dieu et aux autres ?
- En quoi les textes de l’étude de cette semaine peuvent-ils m’aider à avancer sur le chemin de la réconciliation avec Dieu, avec moi-même et avec les autres ?
- Comment l’Église me permet-elle d’expérimenter le pardon de Dieu ? Quelle est ma participation dans cette œuvre ? Comment concilier discipline ecclésiastique et pardon ?
- La paix règne-t-elle dans mon cœur ? Sinon pourquoi ? Que me manque-t-il pour la posséder ?
08:00 Publié dans Christ dans Philippiens et Colossiens 1/2026 | Lien permanent | Commentaires (0)















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