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22/03/2019

Étude n°13 Je fais toutes choses nouvelles, Ap 20.11-21.8 (30 03 19)

Étude n°13 Je fais toutes choses nouvelles, Ap 20.11-21.8 (30 03 19)

« Celui qui était assis sur le trône dit : Voici je fais toutes choses nouvelles. Et il dit : Écris, car ces paroles sont certaines et vraies » Ap 21.5 (miniature du 15ès les deux Jérusalem)Jérusalem, évolution Miniature 15è.jpg

Observons

  • Que nous a décrit Jean aux chapitres 19 et 20.1-10 ? Distinguer les différentes parties de ces chapitres ? Sont-elles chronologiquement enchaînées ?
  • Quel est le sort temporaire de Satan ? Quel rite du temple de l’Ancienne alliance l’annonçait ?
  • Que font les élus pendant ce temps ? 20.4-6 et 11-15
  • Comment se termine la séquence du jugement des impies ? 20.7-10. Qu’est la seconde mort ? Quelles expressions la suggèrent ?
  • Qu’est-il promis aux élus (21.1-8) ? Qu’est-ce qui permet d’inclure cette promesse dans la séquence des derniers jugements ?
  • Que représente la nouvelle Jérusalem, v 3,7 ?

Comprenons (Pour ce commentaire, nous reprenons de très larges extraits du livre « Le message d’espérance de l’Apocalypse » d’E.Zuber, Ed. BoD 2015)

Le retour de Jésus (ch 19) est évoqué à la fin des jugements sur la terre.

Chronologiquement les chapitres 17, 18, 19 s’enchaînent : l’ange de la 7ème coupe parle (17.1) et désire montrer au prophète le jugement de la grande prostituée. Cette chute de Babylone provoque les cris de lamentations des uns (18.10,16,19) et les Alléluia des autres (19.1,3,6). Si nous considérons la construction de ce chapitre 19 en lui-même, nous constatons qu’il comprend trois parties :

v 1-10 : le festin des noces de l’Agneau

v 11-16 : la Parousie

v 17-21 : le festin des oiseaux de proie qui met fin aux jugements sur terre avec l’élimination des responsables politiques et spirituels du mal.

Encadré par ces deux festins totalement opposés se détache le spectacle du retour glorieux de Christ[1]. Les trois événements sont peut-être simultanés, ou bien ils se succèdent étroitement, la Parousie étant l’essentiel.

La première partie de l’exécution des jugements se situe sur terre. Après l’élimination des  impies, hommes de toutes catégories, et de leurs puissants, rois, bête et faux prophète, l’ange « qui avait la clé de l’abîme »[2] s’en prend au grand responsable du mal, Satan lui-même, identifié comme « le dragon, le serpent ancien, le diable » (12.9). Les jugements de la terre prennent fin avec l’emprisonnement de Satan[3].

Enchaîner Satan, le jeter dans l’abîme, et l’y sceller, c’est donc lui ôter toute faculté de nuire, tout pouvoir sur la terre. C’est d’autant plus compréhensible, que toute vie a été détruite sur terre, de sorte qu’il ne peut plus agir sur les nations et les personnes.

Christ limite toutefois son emprisonnement et son isolement à la durée de mille ans, période qu’on a coutume d’appeler à tort le millenium.

Ainsi s’achève la partie terrestre des jugements. Ce qui suit sera situé au ciel, c’est-à-dire dans le monde spirituel de Dieu, pendant la purification de la terre par le feu, dont parlait Pierre «  La terre avec les œuvres qu’elle contient sera consumée »[4].

L’espérance du chrétien pour la terre qu’il habite, repose sur cette promesse de purification du mal de l’écosystème, pour offrir à l’homme régénéré un nouveau lieu de vie pour l’éternité (Rom 8. 19-21).

Les derniers jugements dans le ciel, c’est-à-dire au niveau du monde spirituel divin sont décrits à partir du verset 4 de ce chapitre 20 jusqu’à 21.8.

Ce passage de conclusion des jugements se compose de trois parties :

20.4-6   : les mille ans ou le jury des élus

20.7-15  : le jugement dernier : le dernier combat et l’anéantissement du mal

21.1-8   : la nouvelle Jérusalem ou la consommation de l’union de Christ et de son épouse.

Pendant ces mille ans qu’il faut considérer symboliquement comme une longue durée indéfinie, les élus vont pouvoir constater la justice de la sentence divine prononcée sur les impies. Ils ont accès aux livres des œuvres de chacun (21.12), c’est-à-dire qu’ils ont la révélation des raisons de leur rejet. Ils y découvrent non pas tant leurs turpitudes, mais toutes les occasions de revenir à Dieu, toutes les « perches » tendues par Dieu, qui n’ont pas été saisies. Les élus-juges (= jurés) peuvent ainsi comprendre combien les impies sont eux-mêmes responsables de leur rejet final. Le jugement dernier sera un constat des pensées qui auront guidé les actes et les paroles des impies impénitents, spirituellement morts.

Ainsi, les élus peuvent reconnaître que Dieu, qui n’a cessé de les appeler, est innocent de toutes les accusations de Satan. C’est pourquoi, le trône de Dieu est qualifié de « blanc » (v 11), à l’issue du jugement des impies.

 En effet, l’objectif du dernier jugement est  la reconnaissance de la justice, de la sagesse et de l’amour de Dieu. Toutes les créatures doivent être libérées du doute semé par l’Adversaire dès l’origine sur la personne de Dieu[5]. Elles doivent pouvoir adorer le Seigneur avec reconnaissance comme Sauveur, sans aucune arrière-pensée. Les impies eux-mêmes doivent pouvoir le reconnaître comme un Dieu juste et aimant puisqu’Il leur a laissé la liberté de le refuser. L’image du trône blanc, qui chronologiquement pourrait se situer au début du chapitre 21,  introduit dans le jugement cette idée de la justification de Dieu aux yeux de tous. C’est la seule fois dans toute la Bible, que l’adjectif « blanc » qualifie le trône. Il exprime la pureté de la majesté divine, retrouvée grâce au jugement des hommes et des puissances démoniaques. Cette couleur signifie que Dieu est « blanchi », justifié aux yeux de tous.

Cette image du trône blanc est une réponse aux questions que les élus peuvent se poser sur la nécessité d’un jugement dernier, alors que Dieu connaît tout d’avance. Ce n’est pas tant Dieu qui a besoin de ce jugement pour connaître ses enfants, mais ce sont ses créatures qui ont besoin de connaître la vérité sur Dieu !

Les élus peuvent admettre alors la justesse de la décision divine de refuser aux impies l’entrée du royaume. Ils se rendent compte que ce n’est pas une décision arbitraire d’un Roi totalitaire et cruel, mais que cette décision est juste, à la suite du constat des choix faits de leur vivant par les impies.          

Une fois les élus rassurés sur la justice des sentences divines, il est nécessaire que tous soient au clair sur le choix irrémédiable qu’ont fait les impies. Si un doute pouvait encore subsister sur la faculté de repentance des impies à la dernière minute, ce doute est dissipé par le mouvement de révolte contre Dieu et son peuple, qui rassemble tous les impies ressuscités à ce moment pour comprendre  leur sort[6].

À la fin des mille ans, tout est clair : les impies continuent à refuser Dieu, (Ap 20.7-10), et à refuser de reconnaître leur faute, c’est-à-dire leur désaccord en eux-mêmes avec la loi de leur conscience[7], et par là avec Dieu, leur Créateur ; ils continuent à refuser la lumière, à jalouser ceux qui ont sans doute fait les mêmes erreurs qu’eux, mais qui ont  saisi les « perches » de Dieu, et sont entrés dans la cité céleste. Grâce à la manifestation des caractères de chacun des protagonistes, les deux camps sont parfaitement définis pour toutes les créatures célestes et terrestres (Ap 20.9). Face à l’assaut final des impies, les élus peuvent mettre toute leur confiance en Dieu, vainqueur par Jésus-Christ. Ils reconnaissent aussi qu’Il ne peut admettre dans un royaume d’amour et de justice ceux qui n’ont cessé de haïr, de commettre l’injustice et de rejeter les appels de Dieu.  Pour l’harmonie du Royaume, il est nécessaire qu’ils disparaissent définitivement, avec Satan, le responsable de la mort et de la souffrance. La destruction des impies peut être considérée alors comme le dernier acte d’amour de Dieu envers eux : en effet, Dieu ne veut contraindre à vivre pour l’éternité avec Lui aucun de ceux qui l’ont refusé toute leur vie terrestre. Il ne veut pas non plus les plonger dans des « peines éternelles », malgré l’ambiguïté des expressions.

L’image de l’étang de feu pour signifier la seconde mort (v 14 et 21.8) est caractéristique de la pensée hébraïque : le feu servait à éliminer les déchets de la terre, et brûlait tant qu’il était alimenté. Une fois éteint, il ne laissait d’autres traces que sa fumée, puis des cendres. Utiliser cette image permet de faire comprendre que la disparition du mal sera totale et irrémédiable, comme le précise la troisième partie du passage : « la mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses auront disparu » (21.4).

Un problème se pose à propos de l’expression du verset 20.10 : « Ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles ». Si les impies disparaissent définitivement dans une seconde mort (v 14b), comment peuvent-ils continuer à être tourmentés éternellement ? Ce verset justifierait-il l’idée d’un enfer éternel ?

Les notions de perpétuité, d’éternité ne sont pas humaines et sont transcrites en hébreu et en grec par des termes qui n’indiquent pas l’infini, dont on ne peut avoir une conception précise. En général, les expressions employées signifient seulement un long temps, une durée limitée à l’existence de la terre, ou des hommes. Ainsi « aux siècles des siècles » ne signifie pas « éternellement » comme nous le pensons aujourd’hui, mais seulement « un long moment ». Il faut prendre dans ce sens aussi l’expression « jour et nuit », qui ne correspondrait à rien dans une nouvelle création « où il n’y aura plus de nuit » (22.5).

Cela signifierait-il que l’élimination des impénitents et de leurs chefs durerait un temps assez long pour leur faire comprendre la gravité de leurs torts et de leurs responsabilités, jusqu’à ce qu’ils disparaissent définitivement, emportés par les tourments de leur conscience ?

Ce serait indigne d’un Dieu d’amour ! Au contraire, le fait que leur tourment durera jour et nuit, aux siècles des siècles (20.10) est une métaphore hébraïque qui signifie que leur disparition rappellera éternellement aux élus un aspect de la justice d’amour de Dieu[8]. De même Jude 7 mentionne la peine du feu éternel : « Sodome et Gomorrhe ...sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel.» Tous savaient bien à l’époque de l’apôtre, que ces deux villes ne continuaient pas à brûler et avaient disparu depuis fort longtemps. Cette expression a pour signification, non pas que le feu dure éternellement, mais que les conséquences de sa combustion sont éternelles, irrémédiables. On perdra dans l’éternité de la vie avec Dieu jusqu’au souvenir des impies tourmentés, puisque selon Esaïe « on ne se rappellera plus les événements du début, ils ne remonteront plus à la pensée » (65.17).

Le passage de la description de la nouvelle Jérusalem (21.1-8) s’inclut  dans la section des jugements, car il précise le sort éternel des élus et des impénitents. Cette section, en effet, se termine par l’identification de ces impénitents (v 8) et par la précision de leur sort : la seconde mort. Cette répétition certifie la vérité énoncée à la fin du chapitre 20.14.

Tandis qu’est fixé le sort éternel des impies, on pourrait se demander ce que sera celui des élus. Le début du chapitre 21 répond à cette question[9].

Au v 6, enfin retentit le « C’est fait ! » qui marque la fin des jugements. Dieu signe sa révélation en reprenant les termes de Ap 1.8 : «  Je suis l’Alpha et l’Omega », expliqués par le Commencement et la Fin. Il renouvelle son appel au lecteur, en insistant sur la gratuité de son offre de l’eau de la vie.  Cet appel sera repris une dernière fois dans la conclusion du livre (22.17). Il exprime tout le message d’amour qui se fait entendre de la première à la dernière page de la Bible. Dieu met tout son amour dans la promesse d’appeler « son fils » celui qui l’entendra et « qui vaincra »[10]

Ainsi pour les élus, il n’y a plus aucune ombre sur l’amour de Dieu. Ils voient que même la décision d’élimination des impies est une décision d’amour pour eux tous : les élus d’un côté ne pourraient pas côtoyer éternellement des gens qui ne partagent pas leur amour et leur adoration de Dieu, et de l’autre côté les impies eux-mêmes ne pourraient pas supporter de vivre l’éternité avec un Dieu qu’ils n’ont jamais aimé.

La nouvelle Jérusalem Jérusalem céleste moderne.jpg(Tapisserie moderne :En Chemin vers la Nouvelle Jérusalem)

C’est alors qu’intervient la première mention dans ce passage de cette nouvelle Jérusalem, qui « descend » du ciel au verset 2 pour prendre place sur la nouvelle terre. Qu’en est-il des sauvés qui doivent l’habiter ? Au chapitre 20, on comprend qu’ils ont été enlevés « au ciel » pour être aux côtés de Dieu durant mille ans. Ici, ils descendent, logiquement pour vivre dans un monde renouvelé. Cette ascension et cette descente évoquent le changement d’état des croyants, libérés des contraintes et des limitations entraînées par le péché de notre terre actuelle, puis établis dans un mode de vie tout à fait différent. À ce moment-là, leur union avec le Christ sera complète, comme le signifie le verset 3 : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux »[11]. Le tabernacle, aussi appelé dans l’Ancien Testament « tente de la rencontre », est le lieu privilégié où Dieu se révèle à l’homme. Désormais, dans la nouvelle Jérusalem, la communion sera sans obstacle. Le verset 4 confirme qu’il n’est pas simplement question d’un monde matériel,  mais aussi d’un monde sans souffrance et sans mort car « les premières choses ont disparu ». Jean ne donne pas plus de détails sur ce nouveau monde, excepté l’absence de mer, symbole des peuples agités ! Ce nouveau monde est d’ailleurs constitué d’une ville et non d’un jardin, comme le paradis de la Genèse. On peut considérer la description qui suit comme celle de la situation spirituelle des rachetés.

Jean est appelé par un ange à considérer plus en détails la femme de l’Agneau (21.9). Le peuple de Dieu ainsi désigné constitue aussi « la ville sainte », la Jérusalem descendue « du ciel », d’auprès de Dieu (v 10). L’adjectif « céleste » qu’on lui attribue couramment ne signifie pas qu’elle est localisée dans notre ciel physique, mais qu’elle se distingue de la Jérusalem terrestre, historique et humaine, parce qu’elle appartient au monde spirituel du royaume de Dieu.

La ville terrestre  avait été choisie comme habitation bien-aimée de Dieu[12] ; il avait voulu en faire son trône et le lieu de son sanctuaire, pour porter son Nom devant les nations[13]. Jusqu’à Jésus, elle demeure, dans la Bible, le symbole du peuple d’Israël[14]. De même, la nouvelle Jérusalem représente le peuple des croyants. Il constitue le royaume éternel où Dieu habitera et règnera dans une relation d’amour, sans obstacle, avec ses enfants (Ap 22.3). Après les mille ans pendant lesquels la terre est livrée à la solitude, puis disparaît avec les rebelles et les responsables du mal[15],  Dieu recrée un autre univers, ciel et terre, où ses enfants vivront dans une communion intime avec Lui symbolisée par la transparence du cristal (21. 11), et  dans la sécurité qu’offre la « grande et haute muraille» du salut[16] et de la présence de Dieu[17].

Nos cœurs s’unissent-ils à la prière de l’Esprit et de l’Épouse : Viens, Seigneur Jésus ? (Ap 22.17, 20)

Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • Comment ne pas faire de l’espérance d’une terre nouvelle une raison de se détacher de notre terre ?
  • Quel est notre devoir d’enfants de Dieu vis-à-vis de notre environnement naturel et humain ? voir Jér 29.7
  • Ce passage des Écritures a-t-il apporté des réponses aux questions que le jugement dernier peut nous poser ? Quelle espérance nous apporte-t-il ?
  • Comment mon église et moi-même témoignons-nous concrètement de cette espérance du retour de Jésus et du rétablissement de toutes choses ?

[1] Selon la construction hébraïque des parallèles concentriques

[2] Symbole du Christ vainqueur de la mort et du séjour des morts, Ap 1.18

[3] Ap 20.1-3

[4] 2 Pi 3.10

[5] Gen 3.1, 4-5

[6] Ap 20.10,12-15 ; 21.8

[7] Rm 2.14-16

[8] voir les quatre êtres vivants de Ap 4 p 63-66

[9] Voir au prochain paragraphe G

[10] Ap 21.7

[11] Ce verset éclaire 1 Corinthiens 15.28, où Jésus se soumet à Dieu en reconnaissant que sa médiation n’est plus nécessaire. Tout est accompli, Dieu peut habiter parmi les hommes de la nouvelle Jérusalem.

[12] Ps 135.21 ; Rom 9.25

[13] Jér 3.17 ; 2 R 23.27b ; Ez 5.5

[14] Cf. Luc 13.34

[15] Ap 20.10, 14-15 ; 21.8

[16] Ap  21.12 ; Es 60.18 : Tu donneras à tes murailles le nom de Salut 

[17] Zac 2.9 « Je serai moi-même une muraille de feu tout autour».

08:00 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (0)

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