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08/05/2026

Étude n°7 Daniel 9.4-19  Prière de Daniel (16 05 26)

Étude n°7 Daniel 9.4-19  Prière de Daniel (16 05 26)

« Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire ; Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu » Ps 62.8 Prière intérieure.jpg

Observons

Le contexte : Le ch 8 s’est terminé sur l’incompréhension par Daniel de la vision des 2300 soirs et matins (8.14,27). Treize ans plus tard, Daniel commence à comprendre, parce que la prophétie des ch 2 et 7, vient de s’accomplir : le royaume chaldéen est tombé, Babylone a été  prise par Cyrus le Perse et a été confiée au gouvernement de Darius le Mède, son général associé. Daniel a bénéficié de la protection de Dieu dans la fosse aux lions (ch 6). Devant ces manifestations de la puissance de Dieu, Daniel cherche à comprendre encore plus et se plonge dans les prophéties de Jérémie (25.12 ; 29.10) sur la durée de l’exil. Il comprend qu’en cette année 538 av JC, soit 68 ans après la première prise de Jérusalem par Nébucadnetsar  et son propre exil (en 606 av JC), la prophétie de Jérémie est très proche de son terme, mais il n’en voit encore aucun signe concret. C’est pourquoi il présente l’attitude du croyant rempli d’angoisse, d’impatience et d’espérance dans la réalisation de la promesse de Dieu (9.3). 

Le texte

La prière se distingue des autres prières du livre de Daniel, par l’emploi de la première personne du pluriel « nous » et par l’alternance des sujets « Nous » et « Toi », dans une structure en parallèles concentriques (= chiasme):

A- v 4 : Invocation à Dieu

B- v 5-11a : Confession collective du péché:

a) (5-6) : Nous nous sommes détournés

b) (7-9) : A toi la justice et la compassion, à nous la honte

a’)(10-11a) : Nous avons désobéi

B’- v 11b-14 : Conséquences du péché : le malheur de la ruine du sanctuaire.

A’- v 15-19 : Supplication ardente à Dieu :

a) (15-16) : la renommée du Dieu libérateur en Égypte, s’oppose au déshonneur de Jérusalem, et appelle son pardon sur la ville.

b) (17-19) : Pour l’amour du Seigneur, par tes grandes compassions, par amour pour toi, fais briller ta face sur le sanctuaire dévasté, sur la ville où ton nom est invoqué.                            Au centre de la prière (Bb), d’un côté on a la reconnaissance de la justice, de la compassion et du pardon de Dieu, de l’autre l’aveu du péché contre l’Éternel. 

Le nom de Dieu,  Yahvé, l’Éternel, est prononcé 7 fois (4,8,10,13,14,20), celui du Seigneur (Adonaï) 10 fois (3,4,7,9,15,16,17,19), celui de Dieu (El) 14 fois (3,4,9,10,11,13,14,15,17, 18, 19, 20). L’abondance de cette invocation à Dieu fait alternance avec les nombreuses mentions de la culpabilité du peuple (18 fois).

Comprenons

L’emploi du « nous » par Daniel qui est resté fidèle en toutes circonstances, pour cette prière de repentance, révèle son sentiment de solidarité et de responsabilité envers son peuple, dont il reconnaît les fautes passées et présentes, sans adopter une attitude distante et critique : il fait corps avec son peuple, puisqu’il subit lui aussi la conséquence de son péché collectif.

La culpabilité découle de l’infidélité aux lois de Dieu (5, 7, 8, 11a), de la surdité à sa voix et à celle des prophètes (6, 10, 11a, 14), de la rébellion contre Dieu (5, 8, 9, 11b), de l’absence de repentir et de discernement de la vérité (13).

Le Seigneur est présenté comme un Dieu juste (7,12,14,16) qui ne laisse pas « impuni » le pécheur qui ne se repent pas ; Ce n’est pas exactement Dieu qui punit, mais comme le pécheur impénitent s’est coupé de Lui,  Dieu ne peut plus le protéger et le laisse subir les conséquences de sa rébellion, que le pécheur prend pour une punition ; le Seigneur est aussi présenté comme un Dieu fidèle à son alliance (4,17-18,19), bienveillant et compatissant (4, 9, 18), libérateur et sauveur (15,19).

Après avoir reconnu la justice de leur sort, puisqu’ils n’ont pas su revenir à Dieu, Daniel se montre habile en demandant l’intervention de Dieu pour le sanctuaire et sa ville, non parce qu’ils en ont besoin, mais parce que la gloire même de Dieu le demande : Dieu ne peut voir sa renommée ternie devant les nations par son peuple infidèle ; la manifestation de sa grâce totalement imméritée lui rendra sa gloire aux yeux des autres peuples. Cette supplication fait l’originalité de la prière de Daniel, par rapport à celles d’Esdras (9) ou de Néhémie (9).

Daniel, comme Moïse, a le souci de la gloire de Dieu que son peuple doit faire paraître aux autres peuples. Cette gloire n’est pas manifestée par la force et la puissance politiques et humaines, mais par l’adoration et l’honneur qui lui sont rendus dans le sanctuaire, pour sa justice et sa compassion !

Évidemment pour Daniel, à ce moment-là, seul comptait le sanctuaire terrestre de Jérusalem. C’est pourquoi l’angoisse l’avait étreint à la pensée  du temps extrêmement reculé que lui laissaient supposer les 2300 soirs et matins pour le relèvement (purification) ou la consécration du nouveau sanctuaire (8.14).

L’ange qui apparaît (v 21) va révéler à Daniel la venue du sanctuaire véritable qu’est le Messie, Emmanuel, Dieu parmi nous,  sanctuaire spirituel où les hommes pourront rencontrer et voir Dieu (v 26-27).

Ce n’est pas une réponse à une si belle et si puissante prière, mais un don de l’amour de Dieu pour son serviteur désireux de comprendre, puisque l’ange fut envoyé « au commencement de ses supplications » (v 23) 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Quelle est mon attitude face aux infidélités et aux faiblesses de mon Église ? Tristesse, indignation, critiques acerbes, abandon, ou solidarité, sens de ma responsabilité personnelle et repentir, intercession pour elle, ses responsables et ses membres ?

- Comment considérer les épreuves de ma vie et de la vie de mon Eglise : comme des punitions de Dieu, des conséquences inéluctables de l’absence de repentir pour son péché, des appels de Dieu à revenir à Lui, des occasions pour Dieu de manifester son soutien et la puissance libératrice de sa grâce en faveur de ses enfants repentants, des occasions pour les croyants d’apprendre et de comprendre mieux le plan de Dieu ?

- N’ai-je pas tendance comme Daniel à m’attacher à la gloire terrestre de mon Église dans le monde, au lieu de rechercher sa gloire spirituelle ? En quoi consiste cette gloire spirituelle ? Comment puis-je y contribuer personnellement ?