26.06.2009

Etude n°1 Jésus et les épitres de Jean (04 07 09)

Etude n°1 : Jésus et les épîtres de Jean (4 Juillet 09)

 

Épîtres de Jean

Elles sont très voisines et à la fois très différentes en longueur. Leur ordre n'est pas chronologique : en effet, les lettres du Nouveau Testament sont classées suivant leur longueur et non selon la chronologie.

Les épîtres de Jean ont le même style, les mêmes sujets, la même pensée.

 

La première épître est très générale et n'a aucun caractère épistolaire : pas d'adresse, pas de mention de l'auteur, pas de salutations. C'est un autre écrit, peut-être un exposé répondant à une polémique de l'époque. Les deux autres écrits sont bien des lettres. La seconde épître traite des affaires d'Église, avec des sujets parallèles à la première. Elle en est sans doute un résumé ou une esquisse. La troisième épître traite d'affaires privées, de relations entre personnes.

 

Le plan du premier écrit de Jean est difficile à discerner, car nous sommes devant une pensée sémitique, influencée par la civilisation orale : « aucun juif ne peut dire qu'il avait des ancêtres illettrés », tous savaient lire, mais beaucoup de choses devaient s'apprendre et se transmettre oralement. Or l'oral a besoin de répétitions, de raisonnement en spirale, et non linéaire comme dans notre pensée cartésienne.

Les onze sections de cette lettre peuvent être considérées comme formant trois vagues, trois grands circuits marqués par trois affirmations :

 

A 1.5-2.28 : Dieu est Lumière : première grande boucle

B 2.29-4.6 : Dieu est Juste : seconde boucle, avec les mêmes idées et quelques différences.       

C 4.7-5.12: Dieu est Amour : troisième boucle

 

Chacun de ces trois circuits comprend un nombre d'étapes différent, en ordre décroissant : (les couleurs marquent comment elles s’entremêlent et se répètent) 

structure 1 Jean.jpg

 

                                                             

A Quatre étapes : deux négatives, deux positives. Lumière                                                            

   1. Renoncer au péché (1.5-10 ou 2.2) (-) (couleur vert)                         

   2. Obéir aux commandements (2.3-11) (+) (orange)                                

   3. Ne pas aimer le monde (2.12-17) (vert)                                                                                                           

   4. Demeurer fidèle à la doctrine reçue (2,18-28) (+) (orange)

 

B Trois étapes. Justice         

   1. Pratique de la justice (3.1-10) // à A1 (vert)

   2. Pratique de l'amour (3.11-24) (rose)                                                                                                                

   3. Invitation à discerner les esprits (3.25-4.6) (orange)

                                                                                                                                     

C Deux étapes. Amour

                                                                                                                                                                                                                       

    1. Aimer (4.7-21) // à B2 (rose)

    2. Croire, faire confiance (5.1-1)  (orange)                                                

 

Un épilogue renvoie au prologue du début.

 

 

  

Etude du thème de la semaine : Jésus dans la première épître

« Et nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils comme Sauveur du monde » 1 Jean 4.14

(Evangile et peinture : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé» Transfiguration)transfiguration evangile et peinture.jpg

Observons

Une lecture rapide de l’écrit fait apparaître la répétition 21 fois du mot-clé : Fils.       

En voici les références : 1.3,7 ; 2.22,23,24 ; 3.8,23 ; 4.9,10,14,15 ; 5.5,9,10a,10b, 11,12a,12b,13,20a,20b.

Autour de ce personnage central, on retrouve les mots-thèmes chers à Jean dans son évangile : la lumière (1.5-7, 2.8-11), la justice (1.9-2.1, 29 ; 3.7-10), l’amour (2.3,5 ; 3.1, 10-18, 23, ; 4.7-21 ; 5.1-3), la vérité (1.6 ; 2.4,21-27 ; 3.18-19 ; 4.1-6 ; 5.20), la vie éternelle (1.1-2 ; 2.25 ; 3.15 ; 4.9 ; 5.11-13,20).

 

Comprenons

La forme de cet écrit, sans destinataire, ni signature, ni conclusion, l’apparente plus à un extrait de méditations qu’à une lettre. Jean l’envoie aux églises de la fin du premier siècle, avec le souci de défendre la vérité de son témoignage évangélique, contre les doctrines erronées qui se développaient en Asie Mineure, au sujet de la nature du Christ.

En effet,  certains faux docteurs enseignaient que Jésus n’était pas le Christ, qu’il était un simple homme, et que le Christ divin était « venu avec l’eau seulement » dans l’acte du baptême où il s’est uni par l’Esprit à Jésus, et qu’il n’était plus présent en Jésus au moment de sa mort (suggérée par le mot « sang » 5.6) Cette hérésie ôtait toute crédibilité au personnage et à l’œuvre de Jésus-Christ. C’est pourquoi Jean répète aussi souvent que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. 21 fois, c’est 3x7 fois, les deux chiffres de la Trinité et de la Plénitude divine !

A son époque le titre de Fils était donné à celui qui portait le nom de sa famille, et qui représentait le père en l’absence de ce dernier. Il avait alors aux yeux de ses interlocuteurs le même pouvoir, les mêmes prérogatives, les mêmes honneurs, et les mêmes caractéristiques que son père.

En insistant si fortement sur le lien filial entre Dieu et Jésus-Christ, Jean cherche à accréditer la parole de Jésus à Philippe « Celui qui m’a vu, a vu le Père » (Jn 14.9). C’est pourquoi il commence son écrit par la communion intime du Père et du Fils, qui est à la base de la communion ecclésiale qu’il souhaite à ses lecteurs (1.3).

Tout au long de l’écrit Jean va préciser quelle est la personnalité du Fils, quelle est son œuvre, et quelles en sont les conséquences pour le croyant.

 

A-    Personnalité du Fils du Père

C’est d’abord Jésus-Christ, soit « Dieu sauve » et « Messie » = Oint. Son nom le rattache aux prophéties de l’Ancien Testament concernant le « Libérateur » du peuple, le Messie attendu depuis les origines (3.15). Né de la chair, Jésus est pleinement homme, mais né aussi de l’Esprit, il devient Christ, pleinement Dieu (4.2 ; 5.1a).

Il est Parole incarnée de Dieu (1.1 ; Jn 1.14), lumière qui brille dans les ténèbres (1.7), avocat ou Consolateur devant le Père (2.1), fidèle pour tenir ses promesses, juste, c’est-à-dire à la fois saint et équitable (1.9 ; 2.1) ; Unique (4.9) ou seul représentant parfait du Père, il manifeste l’amour de Dieu en venant habiter parmi les hommes comme Sauveur du monde (4.9,14).

 

B-    Œuvre du Fils de Dieu

Cette œuvre consiste à apporter la vie aux hommes qui croient en lui (4.9 ; 5.12). Jean pense à la vie éternelle qui commence dès ici-bas (5.11-12).

En effet, Christ a donné sa vie et son amour pour purifier les hommes de leur péché (1.7 ; 4.10), il les garde ensuite du Malin (5.18), il leur fait connaître par l’Esprit la vérité de Dieu pour résister aux faux docteurs ; il les fait entrer dans l’amour et la communion du Père (1.3) et demeure en eux pour leur permettre de vivre selon sa volonté (2.5-6 ; 3.22). Enfin, il est leur avocat contre les accusations du Malin, rappelant sans cesse jusqu’à son avènement (2.28) et son jugement libérateur (4.17), à celui qui croit en lui qu’il est aimé et pardonné.

 

C-    Conséquences pour le croyant

L’intercession du Christ, Dieu incarné, mort et ressuscité, permet au croyant d’être libéré de la puissance de Satan sur lui (2.14c ; 5.18), de sa culpabilité devant Dieu (2.12) qui le purifie et le considère avec amour comme son enfant (1.7 ; 3.1). Le croyant peut alors marcher dans la lumière (1.7), c’est-à-dire dans l’amour pour ses frères les hommes (2.10), sans pécher volontairement (3.9), dans la justice (= justesse, adéquation de la vie aux situations). Il est rempli de l’assurance du salut et de l’amour pour Dieu et pour les autres (4.17). Il saisit avec intelligence la vérité de Dieu et peut ainsi vaincre les fausses doctrines (5.20). Il vit dans l’espérance de l’avènement du Seigneur qui le rendra pur et semblable à lui pour l’éternité (3.2-3 ; 5.11). 

Comme nous le voyons, Jean résume dans cet écrit toute l’œuvre de salut de Christ depuis son incarnation jusqu’à l’établissement de son royaume éternel, et propose au croyant et au reste du monde un programme de vie victorieuse avec le Fils dans l’amour et la communion de Dieu.

 

Question pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Qui est Jésus-Christ pour moi ? Pourquoi est-ce si important aujourd’hui encore de croire qu’il est « Fils de Dieu, venu en chair parmi nous ?

 

-          Comment anime-t-il de sa présence ma vie et celle de mon église ? A quoi discerne-t-on les effets de son intercession en notre faveur ?

 

-          Comment témoignons-nous individuellement et collectivement de la victoire sur le mal (2.16 : les convoitises de la chair et des yeux, l’orgueil de la vie) qu’il nous a acquise par sa mort et sa résurrection ?

 

 

 

19.06.2009

Etude n°13 Mission (27 06 09)

Etude n°13 : Mission

Apocalypse 14.6-12 //1Pi 3.15 :  « Sanctifiez dans votre cœur Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demandera raison de l’espérance qui est en vous »

 

Information préliminaire

Pour ce texte fondateur de l’Eglise adventiste (Ap 14.6-12), nous vous proposons une observation systématique, afin d’entraîner les animateurs de groupe et les membres de groupe biblique à l’examen respectueux de ce que dit le texte, avant tout commentaire subjectif ! Les réponses aux questions de base sont écrites en italiques.

A la suite de cette démarche, vous trouverez  1- un plan de la structure découverte par l’observation, 2- une copie du texte lui-même présenté selon les données de l’observation. Les animateurs pourront l’imprimer pour leur travail en groupe.

 

 Observons

Le contexte :

-          Où se situe le chapitre 14 dans l’ensemble du livre de l’Apocalypse ? C’est le troisième volet de la vision centrale (ch 12-14) qui constitue l’apogée du livre, l’axe central révélateur du grand conflit cosmique dont dépend l’histoire humaine.

-          Où se situe notre passage au sein du ch 14 ? Entre une description des rachetés « qui suivent l’Agneau partout où il va » (1-5), et le tableau de la moisson et de la vendange qui terminent l’histoire du monde (13-20)

-          Quels liens peut-on discerner entre ces trois passages ? Par quels mots, quels versets passe-t-on d’un passage à l’autre ?

              v 5 : mots : bouche, mensonge, irrépréhensibles, // v 6 : annoncer, Bonne Nouvelle, v 7 : il disait (= champ sémantique de la parole)

              V 13 : mots : Heureux les morts dans le Seigneur, // v14-15 : Fils de l’homme avec couronne d’or et faucille tranchante pour moissonner (= champ sémantique du rassemblement des élus)

Le texte

-          Comment est désigné le message des trois anges ? v 6 : l’Evangile éternelAnge annonciateur du retour.jpg

-          Où les messagers apparaissent-ils ? Au milieu du ciel

-          A qui diffusent-ils leur message ? Aux  habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple.

-          Comment le prophète Jean détaille-t-il le message proclamé ? Trois parties organisées en parallèles concentriques (= procédé littéraire hébraïque du chiasme) :   

a) = v 7 : Soulignez les verbes  qui donnent un ordre : Craignez, donnez-lui gloire, adorez. Relevez les objets de ces verbes : Dieu, Celui qui a fait…Quelle expression trouve-t-on au centre de ce verset et de ces verbes ? L’heure de son jugement est venue.

a’) = v 9-11 : Quel verbe du v 7 retrouve-t-on ici deux fois ? Adorer (9,11). Quels objets s’opposent à ceux du v 7 ? La bête et son image. Qui sont les sujets de cette adoration ? Ceux qui reçoivent la marque du nom de la bête sur le front ou sur la main. Quels autres parallèles entre le v 10 et le v 7 peut-on trouver ? l’heure du jugement // fureur de Dieu, coupe de sa colère ; Dieu créateur // les saints anges et l’Agneau.

b) au centre, quel élément nouveau apparaît ? Babylone la grande, l’impudique et l’enivrante. Examinez les temps des verbes et comparez-les avec ceux des deux parties a) et a’) qui encadrent ce verset central : Est tombée, a abreuvé // est venue = passé

adore, reçoit = présent en opposition au futur : boira, sera tourmenté

monte, ils n’ont pas de repos = présent à valeur de durée.

Le chiasme de ce passage permet de mettre en valeur au centre, le point important du message proclamé.

Se pose alors la question : En quoi l’annonce de la chute de Babylone est-elle une « bonne nouvelle », un « Evangile éternel » ?

 

Plan de la structure

V 6 : Introduction : Evangile éternel à annoncer

            V 7 : Appel à l’adoration du Créateur

                        V 8 : Annonce de la chute de Babylone

            V 9-11 : Avertissement aux adorateurs idolâtres

V 12 : Conclusion : Persévérance des saints

 

 

 

Présentation du texte structuré Ap 14.6-12

 

 

V 6 Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Evangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple.

 

V 7 Il disait d’une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, la terre et la mer et les sources d’eaux.

 

V 8 Et un autre, un second ange suivit, en disant : Elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité.

 

V 9  Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, v 10  il boira lui aussi du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’Agneau. V 11 Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.

 

V 12 C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus

 

 

 

  

Comprenons en suivant l’ordre des observations

(Chute de Babylone, 13è)chute de Babylone 13è (Ap 18).jpg

Le contexte

Les chapitres 12-14 constituent le centre de la vision unique qui occupe le livre de l’Apocalypse selon les règles d’écriture hébraïque qu’emploie le prophète Jean. Ils servent à présenter en condensé les vérités révélées en détails dans les parties du livre qui les encadrent. Nous y trouvons donc un résumé de l’histoire humaine vue sous l’angle de la lutte spirituelle qui a animé les puissances célestes et terrestres, aussi bien que les individus.

Le chapitre12 est révélateur de ce conflit entre Satan et Dieu désigné par Michel (ce nom signifie Qui est comme Dieu ?), nom du Christ parmi les puissances angéliques du monde spirituel (voir Daniel 10.13, 21 ; Jude 9).

Le chapitre 13 révèle les effets de ce conflit parmi les puissances terrestres et l’Eglise : les pouvoirs politiques animés par Satan (le dragon) corrompent la femme-Eglise et la transforment en « bête », alliant toutes les caractéristiques des bêtes de Daniel (Ap 13.2). Cette bête symbolique (Ap 13.1-8) de l’alliance du politique et du religieux, se retourne contre ceux qui veulent rester fidèles à Dieu (12.17 ; 13.7) ; elle impose sa domination sur toute la terre, se faisant adorer à l’égale de Dieu.

Face à cette puissance religieuse et politique mondiale apparaît un autre pouvoir mondial, athée, purement politique, la bête qui monte de la terre. Elle s’allie à la première bête représentant l’Eglise corrompue, et en favorise l’adoration universelle (12).

Enfin ces puissances politico-religieuses « animent », « donnent vie », favorisent la naissance d’une troisième puissance mondiale, ressemblant à la première bête, c’est-à-dire alliant le politique et le religieux, et exerçant en plus un pouvoir économique draconien sur le monde entier (13.16-17). Cette « image de la bête » agit en présence de son modèle, soutenue par les moyens prodigieux de la seconde bête. Sa capacité à « parler » signifie selon la Bible qu’elle « parle pour Dieu », qu’elle prétend prophétiser (v 15), pour exiger l’adoration de tous, d’où son nom de « faux prophète » un peu plus loin (16.13). Elle s’impose à tous, soit de leur plein gré (marque sur le front), soit de force, sans adhésion du cœur ni de la pensée (marque sur la main, symbole de l’activité seule) (13.16).

Au milieu de ces puissances, les "saints" persévèrent dans la foi (13.10b), et remplis de sagesse grâce à l’Esprit de Dieu, ils savent comprendre ce qui se cache derrière les événements et les puissances terrestres blasphématoires puisqu’elles se prennent pour Dieu : un désir incommensurable pour l’homme d’être Dieu, désir que symbolise le « nombre d’homme » 666 (6 est le chiffre de l’imperfection humaine face au 7 chiffre de la plénitude divine ; il est répété trois fois pour copier la trinité divine que représente le chiffre 3).

Le chapitre 14 s’enchaîne logiquement par la description de ceux qui possèdent la sagesse et l’intelligence des choses de Dieu (1 Co 2.12), dans les temps troublés de l’histoire du monde et de l’Eglise. Leur caractéristique principale est de « suivre l’Agneau partout où il va » (14.4), c’est-à-dire de rester fidèles à la foi dans le sacrifice du Christ qui les a réconciliés avec Dieu en effaçant leur péché, sans être séduits par d’autres moyens humains de salut ou idoles, que symbolisent les « femmes qui souillent » et qui leur font perdre leur virginité spirituelle (=leur consécration exclusive à Dieu). Ces saints appelés symboliquement les 144 000 (carré parfait de 12, nombre symbolique du peuple de Dieu, multiplié par 1000, nombre de l’infini), déjà mentionnés au ch 7, sont des disciples « irrépréhensibles », dont on ne peut donc pas contester l’authenticité  ni la pureté de la foi ; ils parlent (= prophétisent) avec vérité, partout où l’Agneau les guide, réalisant ainsi la prophétie de Jésus concernant la fin de notre histoire (Mat 24.14) : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin ».

 

Le texte

Premier message : v 6-7

V 6 : La séquence précédente vient de se terminer avec une insistance sur le vocabulaire (Champ sémantique) de la Parole proférée par les 144 000 : bouche, pas de mensonge (5). La séquence de notre texte débute avec le même vocabulaire : Evangile = Bonne Nouvelle, annoncer, il disait d’une voix forte. On est en droit de penser que ce qui va être dit constitue la vérité proclamée par les 144 000, désignés ici par les trois anges ou messagers (Le texte parle d’un autre ange, pour le différencier de ceux des trompettes), selon un procédé littéraire qui personnifie les trois parties de l’ensemble du message qu’ils annoncent. Ils sont au nombre de trois parce qu’ils s’opposent à l’action du trio satanique du ch 13. Ils le font entendre « d’une voix forte », avec conviction, clarté et insistance, par « le milieu du ciel », c’est-à-dire au sein du monde des spiritualités humaines. Leur message peut être perçu par tous ceux qui se préoccupent de spiritualité, de recherche de Dieu. La Bonne Nouvelle de la réconciliation avec Dieu, du pardon acquis par la mort et la résurrection de Christ, est éternelle, dans la mesure où elle est la même pour tous, depuis la Création jusqu'à la fin du monde.

V 7 : La Création illustre l’amour de Dieu (v 7) qui le pousse à s’extérioriser concrètement en donnant vie à des créatures, dont chacune sera, à sa mesure, un reflet de sa gloire et de son amour. (Michel Ange, Création de l’homme)Création d'Adam Michel Ange.jpg

Aux créatures humaines à l’image de Dieu, il est demandé le respect (= la crainte, différente de la peur !), et l’adoration, dans des temps où les hommes « marchent selon leurs propres convoitises » (2 Pi 3.3) et suivent « des fables habilement conçues » (2 Pi 1.16), pour éliminer Dieu de leur vie.

La fin de l’histoire humaine est annoncée dans la Bible comme un « jugement » (au centre du v 7), Bonne Nouvelle dont on peut rendre gloire à Dieu ! Comment comprendre cette expression paradoxale ?

Tout d’abord, il nous faut nous défaire du sens juridique négatif qu’a pour nous ce mot à cause de notre héritage du droit romain. Aujourd’hui, le mot évoque un tribunal où l’accusé dont on a démontré la  culpabilité reçoit une condamnation. Or la Bible, si elle n’ignore pas ce sens (nous le verrons dans la suite du texte), emploie ce mot de « jugement » pour désigner avant tout la « libération » de l’accusé de sa culpabilité, sa « réhabilitation » comme enfant considéré comme « juste » par la grâce de Dieu.

Les Juges de l’histoire du peuple hébreu étaient essentiellement des « libérateurs » (c’est le même mot en hébreu) qui délivraient le peuple de l’oppression de leurs ennemis voisins. C’est pourquoi les144000, peuple de Dieu de la fin des temps, peuvent annoncer avec joie que « l’heure de son jugement est venue » : Dieu va les délivrer définitivement de l’oppression encore vive de Satan ; comme les chapitres 4 à 11 l’ont suggéré, Il va les reconnaître comme siens, les réhabiliter devant la cour céleste, les rassembler en peuple scellé de son Esprit (7. 3, 9, 14-15) et les préparer pour la moisson (14.15).

Le temps passé des verbes qui concernent le jugement (v 7-8 : est venu, est tombée) n’a pas tant de valeur chronologique qu’une valeur morale : les messagers de la Bonne Nouvelle, en tant que « prophètes » messagers de Dieu, « voient » les choses à venir et en parlent comme déjà accomplies, pour affirmer la certitude qu’ils ont de leur réalisation. Ils peuvent avec assurance, respect, joie et sérénité (1 Pi 3.15) rendre compte de l’espérance qui est en eux. Ils savent que ce qu’ils annoncent est tout proche, ou en train de s’accomplir et peuvent en rendre gloire à Dieu, par une vie conforme à sa volonté et à leur foi en Christ (voir plus loin au v 12).

V 8 : Il est évident que s’il y a « libération » et rassemblement du peuple fidèle à Dieu, cela implique une face négative du jugement en ce qui concerne les infidèles et les rebelles à Dieu, ceux « qui adorent le bête et son image ».

Second message : v 8

 L’axe central du passage (v 8) permet de passer des adorateurs de Dieu aux adorateurs idolâtres, soumis à une puissance symbolisée sous le nom de « Babylone ». Ce nom apparaît ici pour la première fois et sera explicité aux chapitres 17-18, qui en détaillent la chute. Ce nom évoque la puissance antique de l’époque du prophète Daniel, et symbolise la confusion des pouvoirs politiques, religieux et économiques dont il a été question à la fin du chapitre 13 (v 11-18). Le messager de Dieu annonce comme certaine la chute de cet agglomérat de pouvoirs hostiles à Dieu et à ses saints. Cette chute constitue l’envers de la libération du peuple de Dieu !

Babylone, se caractérise ici par sa grandeur (= son universalité et son orgueil), par sa violence (« fureur »), par l’ivresse qu’elle provoque parmi les peuples (= la confusion spirituelle par laquelle elle les drogue, elle leur fait perdre la raison et le discernement), et  par l’impudicité de sa conduite spirituelle : elle pratique et enseigne une idolâtrie qui conduit à adorer l’Homme comme un dieu, à l’exemple de Nébucadnetsar et sa statue d’or (13.18 et Dan 3).

Mais Babylone est-elle tombée physiquement ou moralement seulement, lorsque retentit le second message (14.8) ?

Il nous faut examiner le temps des verbes utilisés dans le chapitre 18 au sujet de la chute de Babylone. Au verset 2, on en parle au passé, pour désigner une action très proche, pour ainsi dire présente. Puis au verset 4, l’ange appelle à sortir de Babylone : elle est donc encore physiquement debout. Aux versets 8-10, les verbes sont au futur : la chute physique est encore à venir, alors que la chute morale est déjà là ! Cette chute physique n’est accomplie qu’avec le troisième ange, au verset 21 : Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et on ne la trouvera plus.

Ap 18.22-23 : « On n’entend plus les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte et de trompette. On n’y trouvera plus aucun artisan d’un métier quelconque, la lumière de la lampe ne brillera plus, la voix de l’époux et  de l’épouse n’y sera plus entendue » : ce verset peut -être pris littéralement pour annoncer la mort de toute activité dans ce système. Il peut aussi être interprété symboliquement : le peuple de Dieu caractérisé par ses activités prophétiques (joueurs de harpe, lumière de la lampe), ou ses activités spirituellement nourricières (le bruit de la meule), ou ses relations d’amour (époux-épouse) est sorti de Babylone, et l’a abandonnée à son sort.

 

 

Troisième message V 9-11 :

L’avertissement de la troisième partie du message que les 144 000 ont mission de propager, concerne ceux qui peuvent encore « sortir de Babylone » (18.4), avant que toute vie l’ait désertée (18.21-24). Cet avertissement a été développé dans la séquence des trompettes aux chapitres 8 à 11. Pendant le temps où il est encore possible de se repentir (9.20-21), chacune des trompettes a symbolisé un événement ou un ensemble d’événements destinés à alerter l’humanité sur la proximité de la fin du monde et du retour en gloire de Christ. Au chapitre 14, le message d’avertissement est repris de façon plus claire et insistante.

Pour désigner les adorateurs idolâtres, Jean reprend les termes utilisés au ch 13.16-17. Les conséquences de leur choix sont exprimées par des images volontairement excessives, qu’il est déplacé de prendre à la lettre, comme ce fut le cas jusqu’à nos jours par la diffusion des doctrines de l’enfer et des peines éternelles, contraires à l’amour de Dieu et à ce que la Bible révèle de l’état des morts. Comme Jésus lorsqu’il parlait du sort des réprouvés en employant l’image du feu de la géhenne (Mat 5.22, 29 ; 10.28 ; 23.33), lieu où étaient brûlés tous les déchets de Jérusalem, Jean reprend la même image pour signifier la ruine, la disparition totale et irrémédiable des idolâtres(2 The 1.9). Le feu, le soufre, les tourments, l’absence de repos peuvent évoquer l’état d’esprit des réprouvés, de ceux que Dieu n’habite pas et n’apaise pas (Mat 11. 28). « La fumée de leurs tourments qui monte au siècle des siècles », est une expression hébraÏque pour suggérer que tant que dure notre monde terrestre, les idolâtres séparés de Dieu ne trouvent aucune paix intérieure, aucun espoir de vie éternelle.

Puisqu’ils se sont détournés du Dieu de la Vie, leur choix de mort les fait tomber sous le coup de ce qu’on appelle dans la Bible « la colère de Dieu ». Là aussi cette expression anthropomorphique peut prêter à une conception erronée du caractère de Dieu. « Il est nécessaire de garder plusieurs choses à l’esprit quand on évoque la colère de Dieu. Premièrement, il ne faut pas prendre comme référence la colère humaine pour comprendre celle de Dieu. Nos colères sont souvent irrationnelles et destructrices. La colère divine n’est pas souillée par le péché » (Guide d’études de la Bible, 4ème trimestre 2008, p 23). Son objectif est de rétablir avec justice et amour les termes de son projet pour l’homme. « Deuxièmement, la colère divine à l’encontre du péché humain prouve qu’il nous prend au sérieux, que nous avons de l’importance à ses yeux », qu’il nous aime et désire nous affranchir de tout ce qui nous sépare de lui. Le fait de respecter le choix de mort des idolâtres et des réprouvés, en les laissant disparaître définitivement, est considéré par eux comme une punition d’un Dieu en colère contre eux. Mais comme dans la parabole des talents (Mat 25.14-30) Dieu se comporte envers chaque serviteur selon le regard que celui-ci a porté sur Lui. Ceux qui ont vu un maître bon et valorisant, pour qui ils ont travaillé avec joie, entrent dans le royaume, celui qui n’a vu dans son maître qu’injustice et autorité arbitraire, prendra son rejet comme un effet de la colère de Dieu, alors qu’il n’est que la conséquence de son choix et de son regard sur Dieu.

Dieu ne se venge ni ne s’irrite contre l’homme qui reste une créature aimée de lui. Il s’indigne avec tristesse de le voir se détourner de la voie de Vie qu’il lui propose. Il ne cesse de le rappeler à lui comme les trois derniers messages au monde le prouvent. Mais comme il laisse à l’homme la liberté de le refuser, lorsque l’homme ne veut pas et ne peut plus entendre ses appels, il respecte son choix et le livre à ses conséquences  mortelles. Vue du côté de l’homme rebelle, cette attitude est totalement incomprise, et apparaît au mieux comme de l’indifférence, au pire comme une colère vengeresse et punitive, qu’évoque la métaphore de la vendange (14.19-20).

 

Conclusion : v 12

Pour terminer cette séquence des trois messages de la dernière heure, Jean montre en contraste l’attitude des saints qui les propagent : ils accomplissent leur mission avec persévérance, sans se décourager dans leur foi et leur espérance (2 Pi 3.15). Ils manifestent ouvertement leur différence avec les autres adorateurs, par leur obéissance à la volonté divine exprimée dans les dix commandements de l’Ancien Testament, et résumée par Jésus dans la loi d’amour (Mat 7.12). Leur foi repose sur l’œuvre de salut accomplie en leur faveur par Jésus sur la croix, et sur l’exemple de totale confiance en son Père, que Jésus leur a laissé (foi en et de Jésus).

 

Ce triple message représente depuis les origines du Mouvement Adventiste la mission qu’il  reconnaît lui avoir été confiée par Dieu. En effet, l’Eglise Adventiste comme les autres églises chrétiennes, fonde sa foi sur la mort et la résurrection de Christ pour le salut de l’homme. Mais son message contient quatre piliers qui font sa spécificité : (voir G. Knight, En quête d’identité, Ed Vie et Santé)

-          la foi dans le retour proche de Jésus  nécessite un appel "urgent", historiquement mais aussi par rapport à la brièveté de la vie de chacun de nous, à respecter et adorer Dieu (v 7).

-          Le retour à l’adoration de Dieu comme Créateur, dans l’observation du 4ème commandement sur le sabbat (v 7b et 12).

-          La conception d’un « jugement » libérateur qui rassemble le peuple de Dieu avant le retour en gloire du Christ (v 7a).

-          La mort ou disparition totale de l’homme qui ne choisit pas la vie avec Dieu (v 9-11).

Ces derniers versets qui annoncent la destruction définitive des impies idolâtres, contredisent implicitement la croyance païenne d’origine grecque, de l’immortalité naturelle d’une hypothétique âme humaine, ou encore les croyances multiples en réincarnations possibles pour avoir d’autres chances de gagner la vie éternelle.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Comment puis-je être un messager fidèle à la mission confiée par Dieu à son peuple pour préparer sa venue en gloire ? Que représente pour moi la garde des commandements divins et l’adoration du Créateur ?

-          Comment concilier le message des trois anges avec la proclamation de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle de l’amour de Christ, dans la vie de l’église et dans ma propre vie ?

-          Selon les dates prophétiques du livre de Daniel, nous croyons que « l’heure du jugement est venue » depuis 1844. Quels sentiments cette conception de l’histoire du monde et de l’œuvre de Jésus aujourd’hui soulève-t-elle en nous ? (Indifférence, effroi, culpabilité, confiance, espérance, joie) ? Pourquoi ?

-          Comment puis-je personnellement rendre grâces à Dieu et lui donner gloire pour cette œuvre de « jugement » libérateur ?

-          Comment ce trimestre d’études nous a-t-il permis de remettre en marche notre vie avec Christ ?

12.06.2009

Sommaire du 3ème trimestre 09

Sommaire du troisième trimestre 2009

 

Être aimé et Aimer : Les épîtres de Jean

 

 

1-     Jésus et les lettres de Jean, (04 07 09)                                                     1Jean

2-     Expérimenter la Parole de vie (11 07 09)                                                 1 Jn 1.1-5

3-     Marcher dans la lumière : se détourner du péché  (18 07 09)             1 Jn 1.5-2.2

4-     Marcher dans la lumière : garder ses commandements (25 07 09)     1 Jn 2.3-11

5-     Marcher dans la lumière : renoncer aux attraits du monde (01 08 09)    1 Jn 2.12-17

6-  Marcher dans la lumière : rejeter les antichrists (08 08 09)        1 Jn 2.18-29

7-  Vivre en enfants de Dieu (15 08 09)                                                    1 Jn 3.1-10

8-  Amour fraternel (22 08 09)                                                        1 Jn 3.11-24 ; 4.7-21

9-  Croire au Fils de Dieu (29 08 09)                                                        1 Jn 5.1-13

10- Confiance (05 09 09)                                                                           1 Jn 5.14-21

11- Thèmes essentiels de 1 Jean (12 09 09)                                  Ephésiens  4.25-5.21

12- A la Dame élue (19 09 09)                                                                             2 Jean

13- Lutte de pouvoir (26 09 09)                                                                            3 Jean

 

 

L’apôtre Jean

Jean tête.jpg

 

Etude n°12 Communauté de foi (20 06 09)

Etude n°12 Communauté de foi  (20 06 09)

1 Corinthiens 12.12-27

 

Observons

L e contexte

A une église divisée sur la question des dons spirituels, Paul rappelle que tout dans l’église  dépend de l’Esprit qui « distribue ses dons à chacun en particulier comme il veut » (v 11). Après la métaphore du corps pour préciser ce qu’est la communauté de l’Eglise (ch 12.12-27), Paul en donne le fondement, l’amour-agapê (ch 13)

(L’Eglise, corps du Christ. Photo Romainmôtier, Suisse) Christ présent au monde Romainmôtier.jpg

Le texte

3 parties :

v 12-14 : l’Eglise, corps du Christ dont l’Esprit unit les membres

v 15-20 : Nécessité de la diversité des membres du corps

v 21-27 : Interdépendance et Solidarité entre les membres du corps.

 

1ère partie : V 12-14 : L’Eglise, corps du Christ

Les caractéristiques d’un corps relevées par Paul dans cette 1ère partie sont la multiplicité des membres et l’unité du corps (v 12a). Curieusement, Paul compare le corps à Christ, et non à l’Église (12b)! Cela montre l’identification totale de l’Église à Christ qui en est la tête.

Comme Paul vient d’insister (v 11) sur l’action unificatrice de l’Esprit dans la communauté, il reprend dans la métaphore du corps le rôle de l’Esprit sous l’image de l’eau qui lave dans le baptême puis abreuve tous les membres du corps, quelles que soient leurs conditions ethniques ou sociales. La recherche d’unité de l’Eglise ne se fait pas autour de dogmes, de doctrines, de rites ou de coutumes ecclésiales, mais grâce à la présence de l’Esprit Saint qui anime chaque membre de la communauté et le lie à Christ par la foi. C’est Dieu qui agit pour constituer et unir son corps.

 

2ème partie : V 15-20 : Nécessité de la diversité

La diversité des dons et des fonctions est une nécessité vitale pour le corps humain.

Si elle n’existait pas, on aboutirait à une monstruosité invivable, car l’uniformité empêche le fonctionnement et le développement harmonieux du corps.

De même, Dieu a voulu la diversité des membres  dans l’unité, pour le bon fonctionnement du corps. Là encore, c’est une décision de Dieu pour son Église.

Jésus en a donné l’exemple dans le choix de ses apôtres, issus de milieux sociaux, politiques, religieux différents, dotés de caractères et de dons très divers. Tous l’ont suivi dans leur diversité, unis par l’amour qu’ils recevaient de leur Maître et qu’ils lui portaient. Cette union dans l’amour de Jésus leur a permis d’être ensemble pour recevoir son Esprit (Actes2) et pour témoigner de l’Evangile autour d’eux, chacun dans sa langue (Ac 2.8-11). L’objectif de la diversité dans l’unité est de donner à l’Eglise la possibilité de porter l’Evangile à tous, et de toucher tous les cœurs par un témoignage d’amour inconditionnel, qui tranche dans les habitudes du monde.

Vouloir une Eglise uniforme, par souci d’unité, c’est méconnaître la volonté divine (v 18) qui respecte les personnalités, ne s’impose jamais et a choisi de s’adresser différemment à chacun (Hé 1.1).

 

Quel est le sens biblique symbolique des organes du corps cités dans le texte ?

Pied = Es 52.7 ; Rm 10.15 ; Ep 6.15 : le don d’évangélisation.

Main = Hb 12-12-13 : l’action au service de Dieu, le don de gouvernement, d’organisation.

Oreille = Es 50.4 : le don d’écoute de la Parole ou des autres.

Œil = Gn 3.5, 7 : le don de discernement des esprits, du monde spirituel, des choses de Dieu (1 Co 2.10-16)

A partir de ces sens symboliques, appliquons la métaphore à la vie de l’église :

Que serait une église ne possédant qu’un de ces dons, ou pas du tout, ou tous ?

 

3ème partie : V 21-27 : Interdépendance et solidarité

Pour conserver l’unité du corps,  la diversité exige solidarité et complémentarité entre les membres. Chacun a sa place, indispensable à l’harmonie et au bon fonctionnement du corps tout entier. Nul ne peut se prévaloir de son rôle indispensable de « responsable » pour  se mettre en vue, pour s’imposer à l’autre ou le mépriser, ou de même nul ne peut,  par une fausse humilité, se dissimuler, s’effacer, se dispenser d’agir,  ou se croire lésé par l’autre et le jalouser (22-24). Dans le corps de Christ qu’est l’Eglise il n’y a pas de place pour la rivalité ou la prétention au pouvoir et à l’honneur, ou le mépris des humbles tâches. Si à cause de ces déviances de comportement et de sentiments, quelqu’un souffre dans l’Eglise, c’est tout le corps, toute la communauté qui se trouve en état de souffrance.

Pour le bien de toute la communauté, chacun a reçu de Dieu un rôle à tenir, une fonction à exercer, à sa mesure et selon sa capacité (voir la parabole des talents, Mat 25.15), dans le souci des autres. Lire Ph 2.2-4.

Qu’est-ce qui compte le plus pour chaque chrétien : être un membre attaché à Christ individuellement pour vivre sa foi comme il le désire, ou participer collectivement à la vie et à la croissance du corps de Christ ?

 

Questions pour une actualisation dans la vie chrétienne

 

Première partie :

- Faire partie du corps de Christ, être chrétien, est-ce appartenir à une dénomination, à l’Église universelle, à Christ ? Comment ma réponse à cette question  influence-t-elle mon regard sur les autres chrétiens ?

 

- Comment sont accueillies et vécues les différences sociales, ethniques, culturelles dans mon église ? Quelle est l’action sensible de l’Esprit, à ce niveau ? Comment puis-je y contribuer personnellement ?

 

Seconde partie :

- Mon église reconnaît-elle et respecte-t-elle la diversité des dons spirituels et des talents ?

 

- Que puis-je faire ou être personnellement pour que le corps de mon église croisse harmonieusement ?

 

- Comment mes dons spécifiques servent-ils ma communauté ?

 

Troisième partie

- Quand et Comment ai-je cherché à me faire-valoir, à revendiquer une responsabilité honorifique, à exercer un pouvoir sur mes frères et sœurs, à critiquer les dirigeants ou les autres membres ? Comment éviter de faire souffrir toute ma communauté, par de telles attitudes ?

 

- Comment vais-je chercher à me mettre au service de la communauté dans l’amour fraternel, l’humilité, la solidarité et la complémentarité des dons ?

 

- Ai-je le souci du bien-être du corps tout entier de l’Eglise, ou de moi-même comme membre de ma communauté ? Comment vais-je manifester ma solidarité dans la joie et la peine de mes frères et sœurs ?

05.06.2009

Etude n°11 Gestion de la vie (13 06 09)

Etude n°11 Gestion de la vie  Matthieu 25.14-30 (13 06 09)

 

Observons

Le contexte

La parabole des talents de Matthieu est placée dans le dernier discours de Jésus concernant l’attente par l’Eglise du Royaume de gloire à la fin des temps. Quatre paraboles servent à Jésus pour enseigner la vigilance et la fidélité dans le service d’amour que doivent remplir les disciples :

-          le serviteur fidèle et infidèle (Mt 24.45-50),

-          les 10 vierges,

-          les talents (25.1-30) concernent les disciples de Jésus ;

-          la parabole des brebis et des boucs (ou chèvres) (25.31-46) décrit plus précisément le critère du jugement des nations, au  retour de Christ : leur fidélité à la loi d’amour et de service du prochain prouvera leur ouverture à l’inspiration de l’Esprit divin.

La parabole des talents met l’accent sur le critère du jugement des croyants : la mise en œuvre de leurs talents révèlera comment ils ont été serviteurs de Jésusavare.jpg

 

Le texte

V 14-15 : Le Maître confie ses biens à trois serviteurs avant de partir en voyage

V 16-18 : Actions des trois serviteurs

V 19-23 : Au retour du Maître, félicitations pour deux serviteurs

V 24-30 : Jugement du troisième serviteur

 

Comprenons

 

Lecture littérale

Examinons comment apparaît  le maître des serviteurs :

- dès le début il fait confiance à ses serviteurs au point de leur distribuer ses biens ;

- il connaît les capacités individuelles de ses serviteurs à qui il confie une responsabilité appropriée et proportionnée à leurs forces ;

- il annonce que son retour n’est pas tout proche, donc que les serviteurs auront le temps d’accomplir leur tâche ;

- il sait reconnaître le travail de chacun avec justice : il ne demande pas plus que ce qu’il pouvait espérer de chacun. Il tient compte non de la quantité du bien, mais de la fidélité des serviteurs ;

- il valorise ses serviteurs en leur confiant la gestion de biens plus précieux ;

- il associe ses serviteurs à sa joie ;

- il agit envers ses serviteurs selon leurs propres sentiments envers lui : avec ceux qui l’ont bien servi par amour, il noue une relation d’affection, mais, aux yeux du serviteur peureux, qui dépeint un maître dur, il apparaît tel que le serviteur le craignait.

Son jugement n’est qu’une mise en lumière des mobiles et sentiments profonds des serviteurs, grâce aux fruits produits. Son attitude n’a rien d’arbitraire, elle est fondée sur les sentiments dont chacun a fait preuve à son égard.

 

Examinons à présent l’attitude des serviteurs :

Les deux premiers serviteurs l’ont servi avec ardeur (aussitôt), répondant ainsi à la confiance de leur maître. Ils ont été reconnaissants des dons reçus (leurs premiers mots à la remise des comptes le mettent en avant : « Tu m’avais remis », et ils ont pris plaisir à les faire fructifier et à les présenter au maître.

 

Le dernier serviteur se permet de juger son maître négativement, car son cœur est rempli de crainte du châtiment (v 24-25). Du coup, il stérilise le don reçu, son ensevelissement dans la terre équivalant à une mort.

Ce serviteur se place vis-à-vis de son maître sur le terrain de la propre-justice : « ce qui est à toi ne me concerne pas. Je te le rends intact, je ne l’ai pas perdu ni abîmé, c’est l’essentiel, le reste ne me regarde pas ». Le reproche d’injustice qu’il lui adresse à propos de ses exigences de récolte des fruits du travail d’autrui, ne contient pas le reproche de lui avoir trop peu confié. Le serviteur a regardé d’abord à lui-même (ses premiers mots sont : Je savais que... J’ai eu peur), il ne s’est pas comparé aux autres, mais a nourri des sentiments de peur, de rancune vis-à-vis de son maître. Il s’est révélé incapable de participer au projet du maître, donc d’entrer dans la joie à son retour. Il s’est écarté de la communion avec son maître, et s’est dépouillé lui-même des dons reçus ou promis en ne s’en servant pas  ni à son profit, ni au profit des autres.

 

Lecture symbolique et spirituelle

Le Maître est une image de Dieu dans son œuvre auprès des hommes. Dieu fait confiance à ceux qui désirent le servir et leur confie des dons ou des talents selon les capacités de chacun à les gérer. Ces dons sont doubles, à la fois talents naturels, aptitudes innées ou acquises, mais aussi dons spirituels accordés.

La mission des serviteurs est ainsi double : développer leurs aptitudes personnelles pour glorifier Dieu, et mettre en œuvre les dons spirituels reçus pour le bien de la "maison du Maître" qu'est l’Eglise.(Mt 24.45)

Un regard positif de confiance et d’amour sur leur Maître permet à ces serviteurs de remplir leur mission avec zèle et joie. Les fruits de leur travail ne sont pas présentés comme des mérites, mais comme des actes de reconnaissance, envers un Dieu qui a été le moteur et le seigneur de leur cœur et de leurs activités.

Le mauvais serviteur, habité par la peur, et portant un  regard négatif sur Dieu, ne peut pas remplir sa mission avec joie. Elle est pour lui un fardeau dont il a hâte de se débarrasser. Il ne comprend rien au projet du Maître car il ne s’intéresse qu’à sa propre personne. Son attitude de repli sur soi et de condamnation du Maître l’empêche de participer à sa joie et à sa communion.

 

La parabole nous est précieuse pour comprendre ce qu’est le jugement des croyants : une mise en pleine lumière de leurs sentiments envers Dieu, qui ont permis le développement ou la stérilisation de leurs dons. Les fruits de leur foi sont des révélateurs de leur confiance en Dieu qu’ils ont accueilli comme le Seigneur de leur vie, et non des mérites accumulés pour entrer dans le Royaume. S’ils n’ont pas su vivre le Royaume spirituel durant l’attente du retour de Jésus, ils ne sont pas capables d’apprécier le Royaume de gloire et s’en excluent d’eux-mêmes.

 

 

 

 Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Réfléchissons au regard que nous portons sur Dieu, afin de prendre conscience de nos sentiments vis-à-vis de Lui, et de notre ressemblance à l’un ou l’autre des serviteurs de la parabole.

- Comme on ne peut partager que ce que l’on possède, l’amour ou la crainte, qu’avez-vous à partager avec les autres au sujet de Dieu ?

 

-  Comment accueillir avec respect ceux qui éprouvent de la crainte envers Dieu ? Comment les aider à découvrir dans leur vie la présence pleine de bonté de Dieu ?

 

- Comment dire ce que nous apprécions en nos voisins, nos frères dans la foi, les membres de notre famille, et comment mettre en valeur leurs talents.

 

- Mettre en valeur les talents reçus s’applique à tous les domaines de notre vie : personnalité, activités, pensées, affections, biens matériels. Dans quel(s) domaine(s) ai-je des progrès à faire pour que Jésus soit pleinement le Maître que je sers ?

 

- Par quel(s) geste(s) concret(s) puis-je manifester ma joie de le servir ?

 

 

 

                       Mise en œuvre des talents reçus par chacun pour créer un chef-d’œuvre à la gloire de Dieu

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