31.07.2009

Etude n°6 Rejeter les antichrists 1Jn 2.18-29 ; 4.1-6 (08 08 09)

Etude n°6 : Marcher dans la lumière : Rejeter les antichrists, 1 Jn 2.18-29 ; 4.1-6caravane au couchant.jpg (08 08 09)

2.23 : « Quiconque nie le Fils, n’a pas non plus le Père ; celui qui confesse le Fils a aussi le Père ».

4.2-3 : « Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu, et tout esprit qui ne confesse pas Jésus, n’est pas de Dieu, c’est celui de l’Antichrist ».

 

Observons

2.18-19 : les antichrists parmi les croyants prouvent la venue des derniers temps.

   20-21 : Ceux qui connaissent la vérité sont préservés par l’Esprit du mensonge de

     l’antichrist.

   22-25 : Exhortation à demeurer dans la vérité en communion avec le Fils, Jésus-

               Christ.

   26-29 : L’onction de l’Esprit préserve le croyant du mensonge et de l’injustice, et lui

    donne de l’assurance devant Dieu pour le jour de son avènement.

4.1-6 : a) 1-3 : Exhortation à éprouver les esprits, agents de l’Antichrist qui ne

     reconnaît pas Jésus comme incarnation de Dieu.

b) 4-6 : Les enfants de Dieu, animés de l’Esprit de vérité sont vainqueurs des

    enfants du monde, animés de l’esprit de l’erreur.

 

 

Comprenons

Les deux passages sont parallèles et encadrent, en violent contraste, un développement sur les enfants de Dieu (que nous étudierons la semaine prochaine). On retrouve dans les deux passages les thèmes de l’Antichrist, de la vérité et du mensonge, de la nature de Christ, de l’Esprit de Dieu protégeant le croyant de l’erreur.

Nous sommes dans la quatrième partie de la première grande boucle de la lettre (voir l’étude n°1), consacrée à la marche dans la lumière de Dieu. Après un développement sur le renoncement au monde, Jean aborde le second aspect positif de la marche dans la lumière : l’Esprit de Dieu permet de résister aux mensonges de l’Antichrist.

V 18 : ce verset s’enchaîne tout naturellement au v 17, sur l’idée du monde qui passe et va à sa fin. Jean se remémore les paroles de Jésus annonçant pour les derniers temps la prolifération de faux prophètes (Mt 24.11,23-24), ou les paroles de Paul au sujet de  « l’homme d’iniquité, le fils de perdition, l’impie (2 Th 2.3-4), dont la venue se produira « par la puissance de Satan, avec des prodiges mensongers pour ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés » ( 2 Th 2.9-10).

La "dernière heure" pour les deux apôtres, assurés de voir revenir le Christ de leur vivant, est marquée par ces attaques de l’Adversaire du Christ, l’Antichrist (anti = contre, différent de ante = avant). Cet adversaire qui dans les derniers temps, sera la personnification, symbolisée par la Babylone de l’Apocalypse (Ap 17), de toutes les puissances ennemies de Christ et prétendra même être le Christ (2 Th 2.4), se manifeste déjà  tout au long de l’histoire de l’Eglise, dans l’esprit de mensonge et les appétits de pouvoir de faux docteurs, issus de l’Eglise (v 19).

Une sorte de tri s’opère parmi ceux qui se disent chrétiens afin de manifester qui est de Dieu et qui ne l’est pas. Ce tri s’effectue sur la question de la nature de Christ (2.22-23 ; 4.2) qui est au centre de ces deux passages de l’épître.

On pense au jugement de Salomon (1 Rois 4) qui dévoile la vraie mère sur la manifestation de son amour pour le Fils. Ce récit historique est le « type » du jugement préliminaire que Jésus a évoqué dans la parabole des dix vierges (Mt 25.1-13), dans ses exhortations à la vigilance, car « l’un sera pris et l’autre laissé (Mt 24.40-42), et dans ses avertissements à ceux qui disent « Seigneur, Seigneur », mais qui ne font pas la volonté de Dieu (Mt 7.21).

Dans l’Apocalypse (ch 6-7), Jean relatera la vision de ce tri préliminaire au retour de Christ, où les uns « se cacheront de terreur devant la colère de  Dieu et de l’Agneau », tandis que les autres seront scellés du sceau de l’Esprit pour subsister dans la grande épreuve de leur foi. Là encore c’est la reconnaissance ou le refus de Jésus comme Agneau de Dieu, ayant donné volontairement sa vie pour le salut du monde, qui fera la différence pour entrer dans le royaume ou non.

A l’époque de Jean, l’hérésie gnostique appelée le docétisme, prétendait que le Christ n’aurait eu qu’une apparence immatérielle humaine, comme un fantôme. Christ n’aurait pas souffert réellement, ni ne serait mort physiquement. Le docétisme en arrivait à la conclusion que la foi était séparée de la vie pratique, que le salut consistait à se délivrer du corps charnel, considéré comme mauvais, par l’ascétisme, puis par la mort pour libérer l’esprit, seul digne de la vie éternelle. Cette hérésie, influencée par la conception dualiste platonicienne de l’homme, s’est conservée sous des formes diverses dans bien des dénominations chrétiennes ou non. En refusant la double nature, humaine et divine, de Jésus, on est conduit à refuser le projet de salut de Dieu, qui s’incarne en Jésus-Christ, Sauveur, Médiateur et seul chemin vers la vie éternelle (Jn 14.6,9).feu de l'Esprit.jpg

V 20 et 27 : Pour Jean comme pour Paul, l’onction de l’Esprit reçue au baptême, permet au croyant de rester ferme dans sa foi en l’Evangile annoncé dès le début par les apôtres, et de demeurer dans la communion du Dieu incarné en son Fils, Jésus-Christ (v 24), communion qui s’épanouira dans la vie éternelle (v 25 ; Jn 3.15 ; 6.40 ; 10.28 ; 17.2). Le Saint-Esprit promis par Jésus (Jn 16.7-13) conduit véritablement le croyant dans « toute la vérité », et exclut tout autre maître spirituel, qui ne peut être que mensonger s’il ne s’appuie pas sur toutes les Ecritures entendues dès le commencement.

V 24 : Jean ne prêche pas la fidélité à une « tradition », aux doctrines formulées et enseignées par les hommes, car ceux-ci, étant du monde » (4.5), tordent le sens de la Parole pour leur propre perdition (2 Pi 3.16). Jean ne demande pas non plus la fidélité à la lettre des Ecritures, car comme Paul l’a proclamé « le lettre tue, mais l’Esprit vivifie » (2 Co 3.6). Lire la Bible sans l’aide de l’Esprit, c’est se condamner à l’incompréhension des choses de Dieu (1 Co 2.12-14), à la séduction des mensonges des faux prophètes humains (v 26) et finalement à la confusion lors du retour de Christ (v 28).

Demeurer dans l’onction de l’Esprit, c’est donc rester attentif à ses enseignements dans l’ensemble de la Parole de Dieu, car « toute Ecriture est inspirée de Dieu » qui  ne peut se contredire. L’Esprit permet de l’interpréter « selon l’analogie de la foi » (Rm 12b), soit en accord avec la foi des autres prophètes, car « l’esprit des prophètes est soumis aux prophètes » (1 Co 14.32) Cela implique de la part du croyant recherche de la connaissance des Ecritures, persévérance dans leur étude, et désir de leur obéir. En effet, demeurer en Dieu et en son Fils, c’est incarner les enseignements de la Parole, les vivre au quotidien, expérimenter  la vérité des promesses divines. Marcher ainsi dans la lumière de Dieu est le seul moyen de discerner et de rejeter les faux enseignements du monde (4.1).

 

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Quelle importance a pour moi et pour l’Eglise la foi en Jésus-Christ, Fils incarné de Dieu ? Qu’est-ce que cela change dans ma vie concrète ? Essayons de répondre avec précision, pour pouvoir rester fermes dans la foi, face aux nombreuses opinions contraires sur Jésus : à notre époque on le considère soit comme un homme sage et bon, victime de la méchanceté humaine, mais exemple à suivre pour gagner la possibilité d’une autre vie meilleure, soit comme un Dieu lointain qu’on ne peut atteindre qu’en passant par des intermédiaires humains (Vierge, saints, prêtres, directeurs de conscience…)

 

-          Comment entretenir notre relation à l’Esprit de Dieu et saisir toutes les bénédictions de son onction ?

 

-          Comment discerner les faux enseignements que l’Esprit doit encore évacuer de mon esprit et de ma pratique ? par exemple  au sujet de la fidélité aux Ecrits, ou aux pionniers, au sujet de l’observation des commandements, de l’identité adventiste (voir G. Knight : A la recherche d’une identité), au sujet du salut par Christ seul, des coutumes religieuses ou superstitieuses de ma culture, au sujet de la mort et de la résurrection ?

 

-          Comment incarner le Fils dans ma vie pour être une « lettre pour les autres de la part de Dieu » (2 Co 3.3) ?

 

 

24.07.2009

Etude n°5 Renoncer au monde 1 Jn 2.12-17 (01 08 09)

Étude n°5 : Renoncer au monde 1 Jean 2.12-17 (01/08/09)caravane au couchant.jpg

(Caravane dans la lumière de Yann Arthus-Bertrand)

 

OBSERVONS

Le contexte

Nous sommes toujours dans la première grande boucle : Dieu est lumière, développée en quatre étapes. Ce passage constitue la troisième étape de cette boucle (voir l’étude n°1).

Si Dieu est Lumière, il nous demande de :                                                                                                                           

renoncer au péché (1.5-2.2)

obéir aux commandements (2.3-11)

ne pas aimer le monde (2.12-17)

demeurer fidèles à la doctrine reçue (2.18-28)

 

Le texte

Deux parties bien délimitées par le vocabulaire et les répétitions

A) 1- la connaissance de Dieu (v 12-14) :

              être pardonné à cause de son nom

               connaître (3 x) Celui qui est dès le commencement (2 x)

                                    Son nom, le Père, la Parole de Dieu

             vaincre le malin (2 x), être forts

             être la demeure de la Parole de Dieu.

     2- l'adresse : petits enfants (2x) pères (2x), jeunes gens (2x)

     3- l'auteur de la lettre : Je vous écris, je vous ai écrit.

 

B) l'amour du monde opposé à l'amour du Père (v 15-17)

Au centre de cette partie consacrée au monde, une définition du monde qui n’est que convoitise (3x) et orgueil

À la fin (v 17), un parallélisme en opposition : Le monde qui  passe est opposé à l'éternité de celui qui fait la volonté de Dieu.

  

Comprenons

 

Première partie (12-14)

 

En interpellant les « petits enfants », les « pères », et les « jeunes gens », Jean s'adresse à l'Église tout entière, en tenant compte de l'âge spirituel plus que de l'âge naturel de ses membres. Les petits enfants seraient donc ceux qui viennent d'entrer dans la communauté, les pères seraient ceux qui ont une longue expérience de la foi, et les jeunes gens ceux qui dans la maturité de la foi, expérimentent le combat spirituel quotidien.

 

La répétition insistante du verbe « connaître », sa place au centre de la première (v 12-13b) et de la seconde strophe (13c-14), en font le mot clé de cette première partie ; autour de ce verbe gravitent les deux notions de pardon et de victoire.

 

Quel est l'objet de la connaissance ? « Celui qui est au commencement », à l'origine de la Création et de la foi, le « Père », dont le « nom »(12) et la « Parole »(14) révèlent le pardon et la victoire sur le Malin.

 

La première étape dans la connaissance du Père est de croire au pardon qu'il offre en Jésus, le porteur de son nom (Arcabas : Le Fils prodigue accueilli par le Père).fils prodigue.jpg

Par ce verset 12, Jean reprend le développement du verset 2. Accepter le pardon de ses péchés fait accéder à la connaissance du Père « Nul ne vient au Père que par moi » dit Jésus (Jean 14.6) et  « celui qui m'a vu, a vu le Père » (Jn 14.9).

Cette connaissance n'est pas intellectuelle, mais c'est une expérience intime mutuelle, à l'exemple de l'union physique des époux. C'est pourquoi Jean s'adresse aux « pères » pour en parler, car  comme ils expérimentent humainement l’union conjugale, ils ont spirituellement l'expérience profonde de la communion avec Dieu au fil des jours.

Cette connaissance du Père se fonde sur l'oeuvre de pardon du Christ (« à cause de son nom ») sur laquelle la              « Parole de Dieu », pour nous la Bible, nous informe. Lorsque la Parole de Dieu (citée au centre d'un parallélisme :     « vous êtes forts, vous avez vaincu) pénètre en nous, pas seulement au niveau intellectuel, mais dans tout notre être, lorsqu’elle « demeure en nous », elle nous donne l’assurance du pardon, et par conséquent la force et la victoire dans les combats de la vie spirituelle.

Cette première partie peut se schématiser ainsi :

Acceptation du pardon en Jésus - Connaissance du Père - Parole de Dieu en nous - force et victoire sur le malin.

 

Seconde partie (15-17)

 

On comprend mieux pourquoi Jean a tenu ces propos précédents : sans la connaissance intime de Dieu, comment résister aux influences négatives du monde, royaume du malin ? Le « monde » répété 6 fois (chiffre 6, symbole de la faiblesse humaine en comparaison au chiffre 7, symbole de la plénitude divine) n'est évidemment pas compris comme l'univers ou la nature, ou même l'humanité, qui ont été créés par Dieu et sont l'objet de son attention et  de son amour (Jn 3.16). Il désigne ici tout ce qui est contraire à l'amour du Père (v 15). Jean le précise tout de suite au v 16 : convoitise de la chair, des yeux, orgueil de la vie. Ce sont des notions psychologiques, morales, spirituelles. Ce sont des « puissances » internes et externes à notre coeur, qui cherchent à satisfaire notre nature charnelle sans Dieu, et à nous séparer de Dieu.

 

 La « convoitise de la chair » désigne toutes les pulsions internes qui nous font désirer insatiablement la jouissance de nos sens et l'épanouissement d'abord de notre  « moi ». C'est un état d'esprit qui conduit à toutes les insatisfactions, les jalousies et les critiques, car le coeur est vide de « l'amour de Dieu ».

La « convoitise des yeux » est à l'origine de la convoitise de la chair, par le moyen de la vue. Elle est excitée par ce qui règne à l'extérieur de nous. Le dixième commandement (Ex 20.17) donne une liste des biens qui peuvent susciter cette convoitise. On s'aperçoit que ces biens, personnes, animaux ou objets extérieurs à nous, ne sont pas en eux-mêmes mauvais, mais c'est la façon dont on les regarde qui devient mauvaise, lorsque le regard n'est pas contrôlé par une volonté responsable et par l'amour de Dieu.

 

« L'orgueil de la vie » est la conséquence de la satisfaction de ces deux convoitises. Le coeur en tire vanité, assurance, vantardise, orgueil. L'homme met sur un piédestal ses capacités, sa réussite, et en s'adorant lui-même sert le malin.

 

On s'aperçoit alors que ce que Jean désigne par le « monde » n'a rien de matériel, qu'il est essentiellement spirituel : c'est l'état d'esprit qui préside à tout ce qui se passe de Dieu. Dans la tentation en Éden, et dans celle de Jésus au début de son ministère, on retrouve ces trois convoitises mondaines.

 

Le verset 17 insiste sur deux points en les opposant : Le monde est éphémère, Dieu est éternel.

Entre les deux, l'homme doit choisir son avenir : faire la volonté de Dieu, c'est participer à son éternité, puisque     « la parole de Dieu demeure » dans le coeur de celui qui se laisse remplir par l'amour et la lumière de Dieu.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

- Sur quoi repose ma « connaissance de Dieu »? Sur mes émotions, ma participation aux assemblées de I'Eglise, mon action auprès des autres, mon étude de la Bible, ma ferveur dans la prière, l’exaucement de mes prières ?

 

- La remise de mes péchés dépend-elle de ce que je fais ou de ce que Jésus a fait pour moi?

 

- Comment est-ce que je lutte contre le mauvais ? Où vais-je chercher la force d'être victorieux : dans le souvenir de mes précédentes victoires, dans l'exemple d'autres chrétiens, dans l'obéissance scrupuleuse aux lois divines, dans l'affirmation des principes de ma foi, dans le retrait à l'écart du danger que représente la confrontation avec les autres, dans la prière et la méditation de la Parole, dans la confiance dans les promesses de Dieu ?

 

- Comment mieux maîtriser mes pulsions et envies intérieures qui m’écartent de Dieu?

Comment devenir plus résistant aux influences et suggestions mauvaises qui me viennent de l'extérieur ?

 

- Quelle est la limite entre la nécessaire confiance en soi et la prétention qui s'oppose à Dieu ?

 - Quelle place tiennent les valeurs éternelles dans ma vie quotidienne ?

17.07.2009

Etude n°4 Garder ses commandements (25 07 09)

Etude n°4 : Marcher dans la lumière : garder ses commandements  1 Jn 2.3-11 (25 07 09)

(Caravane dans la lumière de Yann Arthus-Bertrand)caravane au couchant.jpg

 

« A ceci nous reconnaissons que nous l’avons connu : si nous gardons ses commandements » 1Jn 2.3

 

Observons

Après avoir annoncé le but de sa lettre, à savoir la communion avec le Père, Dieu de Lumière et le Fils, purificateur et avocat, Jean précise comment marcher dans la lumière.

3-6 : l’observation des commandements prouve la présence de l’amour de Christ en nous

7-8 : le commandement d’amour fraternel est à la fois ancien et nouveau

9-11 : marcher dans l’amour fraternel, c’est marcher dans la lumière.

 

Répétitions

3-6 : connaître (2x) reconnaître (2x) garder (3x), être ou demeurer en Christ (2x) commandements ou parole (3x)

7-11 : commandements (4x) lumière associée à amour # ténèbres, associées à haine et aveuglement (3x).

La répétition sept fois en tout du mot commandement, permet d’y voir le thème essentiel de ce passage.

 

Comprenons

Notre passage constitue la seconde étape de la première boucle de l’épître ; il aborde l’aspect positif de la marche dans la lumière : l’obéissance aux commandements (voir l’étude n°1).

3-6 : Preuve de l’amour de Dieu en nous

En employant le verbe « connaître », Jean ne veut pas parler d’une connaissance intellectuelle et théorique, mais comme dans toute la Bible, ce verbe est synonyme de « communier intimement, à l’image de l’union du couple : le mari « connaît » sa femme et engendre un enfant (Gn 4.1). La connaissance de Christ est donc une expérience du cœur qui se laisse pénétrer par son amour et se manifeste  dans des actes d’amour pour le prochain. Etre en lui (4-5), demeurer en Lui et marcher comme Lui (6) dans l’obéissance à la Parole, ou aux commandements de Dieu, rend visible notre communion avec Dieu. La vie chrétienne pour Jean est une démonstration de l’amour de Dieu qui habite le cœur du croyant et le pousse à marcher selon sa volonté. On ne peut pas se dire chrétien, prétendre être en communion avec  Dieu, si sa Parole n’a pas transformé notre façon de vivre, si nos actes et notre attitude  ne prouvent pas concrètement la vérité de notre profession de foi, et la bonté de la volonté de Dieu qui nous inspire.

 

7-8 : Commandement ancien et nouveau

Dans la deuxième partie de ce passage, Jean développe ce qu’est le commandement dont il veut parler. En le désignant comme nouveau, Jean se rappelle les paroles de Jésus : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés (Jn 13.34 ; 15.12). Mais Jésus ne faisait que reprendre un commandement ancien donné à Moïse (Lév 19.18) : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Le commandement ancien de l’amour du prochain est renouvelé par Jésus, comme Jean réactualise dans la mémoire de ses destinataires le commandement de Jésus, qu’ils avaient connu dès le commencement de leur vie chrétienne (v 7). Ce commandement redevient nouveau pour eux, au fur et à mesure que les ténèbres de leur vie, leur haine et leur aveuglement spirituel diminuent et disparaissent, au fur et à mesure que la lumière de Christ éclaire leur être intérieur et les conduit dans l’amour de Dieu (9-11).

Certains pensent que le commandement nouveau est celui qui est exprimé au v 6 : « marcher comme il a vécu ». Pourtant au v 8, Jean semble pencher pour la première interprétation : « ceci est vrai pour (ou en) Lui et pour (ou en) vous ». Le commandement d’amour du prochain énoncé dans l’Ancien Testament a été renouvelé par Christ qui l’a mis en pratique ; ce commandement ancien pour le croyant converti se renouvelle chaque jour dans son vécu grâce à la lumière de Christ. La communion avec Lui change son cœur et le fait passer peu à peu des ténèbres de la haine aveugle, à la lumière de l’amour vrai pour les autres.

 

9-11 : Aimer, c’est marcher dans la lumière

En trois versets, Jean définit à la fois ce qu’est la marche dans la lumière et l’observation des commandements. Deux versets précisent ce que représentent les ténèbres, haine (9) et aveuglement (11) qui provoquent la chute et l’égarement. Au centre et en opposition à ces deux versets, amour, marche dans la lumière et la fermeté de la foi, caractérisent celui qui est en communion avec Dieu. Celui-ci est préservé de tomber lui-même, de s’égarer, ou d’être une occasion de chute pour les autres.

Ainsi nous voyons que Jean, après un détour sur le renoncement au péché, puis sur la marche dans l’obéissance à la parole, revient au thème de la lumière opposée aux ténèbres, par lequel il avait débuté sa lettre (v 5-6) et même son Evangile ! La boucle semble bouclée, pourtant une autre étape, à nouveau négative, va apparaître : marcher dans la lumière, c’est ne pas aimer le monde ! (voir l’étude n°1). Ce sera le sujet de l’étude de la semaine prochaine.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Que signifie dans ce texte « la garde des commandements » ? Dans quel état d’esprit se fait-elle : pour gagner son salut, pour devenir saint, pour plaire à Dieu ou s’attirer sa faveur, pour vivre en vrai témoin de Christ ?

 

-          Quel aveuglement sur mon cœur, quelle haine cachée, quelle rancune tenace, obscurcissent ma marche avec Christ, et font obstacle à la communion d’amour avec lui et avec les frères dans la foi ?Jésus guérit sourd muet.jpg

-          Comment faire concrètement  du commandement d’amour un commandement nouveau pour moi et pour mon église ? A qui (croyant ou incroyant) puis-je aujourd’hui manifester un geste d’amour de la part de Dieu ? (Illustration : guérison d’un sourd-muet)

10.07.2009

Etude n°3 Se détourner du péché 1 Jn 1.5-2.2 (18 07 09)

Etude n°3 : Marcher dans la lumière : se détourner du péché 1 Jn 1.5 à 2.2 (18 07 09)

(Yann Arthus-Bertrand : Caravane dans la lumière) caravane au couchant.jpg

« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice » (I Jean 1.9)

 

Observons

Le vocabulaire employé fait apparaître deux thèmes opposés :

Marcher dans la lumière (3x) opposé à marcher dans les ténèbres (2x)

Vérité (2x)                                         ‘’          mensonge, séduction, (3x)

Purification (2x)                                ‘’          injustice

Pardon                                             ‘’          péché (7x)

 

Jésus est présenté comme lumière, fidèle et juste (2x), purificateur du péché par son sang, victime expiatoire ou plutôt propitiation, avocat auprès du Père.

 

Essai de structure

V 5-7 : marcher dans la lumière apporte un double bienfait : la communion fraternelle et la purification des péchés par le sacrifice de Jésus (v 7)

V 8-10 : Importance de la confession des péchés (3x)

2.1-2 : Jésus avocat et propitiation pour les péchés du monde.

 

Comprenons

Nous sommes ici dans la première étape de la première boucle de l’épître qui concerne la marche dans la lumière (voir l’étude n°1 où le plan de la lettre est détaillé). La recommandation de Jean est négative : marcher dans la lumière c’est d’abord renoncer au péché.

V 5-7 :    Bienfaits de la marche dans la lumière : Le message que veut transmettre l’apôtre Jean lui a été confié par Christ lui-même, révélateur du Père. Ce message a pour but comme il vient de le dire (v 3) d’amener ses lecteurs à la communion avec Dieu Père et Fils. Pour être dans cette communion, il est nécessaire de saisir quelle est la nature de Dieu : Il est lumière. Jésus a été la manifestation visible de cette lumière dans le monde plongé dans les ténèbres de l’ignorance, de la méconnaissance et de la séparation d’avec Dieu, donc de la mort. (Jn 1.4-5, 9-13).

Qui dit lumière, dit vie, mouvement et croissance, révélation et discernement de la vérité et de la réalité. Celui qui marche dans la lumière de Dieu avec le Christ est pénétré peu à peu de cette lumière qui l’éclaire (Jn 1.9) ; il se trouve en communion avec les autres enfants de Dieu. Il devient lui-même reflet de cette lumière de Christ, pour éclairer ceux qui sont encore dans les ténèbres (Mt 5.14 ; Jn 3.21 ; 12.36 ; Eph 5.8 ; Phi 2.15).

Marcher dans les ténèbres, c’est se mentir à soi-même (v 6), sur son état et sur sa relation à Dieu. Ce n’est pas tomber involontairement dans le péché, car nul ne pourrait alors être en communion avec Dieu puisque « tous pèchent »(Rm 3.23). Marcher dans les ténèbres, c’est se soustraire volontairement à la lumière de Dieu (Jn 3.19-20), en préférant cacher ce qu’il y a de mauvais en son être ou en ses actes, pour paraître ce qu’on n’est pas, ou conserver l’admiration des autres et l’emprise sur eux.

En contraste, marcher dans la lumière consiste à amener sous le regard de Jésus notre être tout entier et nos actes, c’est reconnaître la vérité de notre séparation d’avec Dieu, de notre manque d’attention et d’amour pour l’autre, qui brisent notre communion avec lui. Cette marche dans la lumière est possible à celui qui croit en la valeur et l’action puissante et permanente du sacrifice de Christ qui a donné sa vie (son sang) sur la croix pour effacer ses fautes (v 7 et 2.2). Cet acte unique, le croyant se l’est approprié à sa conversion, où ses fautes passées ont été effacées, mais il continue chaque jour à se l’approprier pour recevoir le pardon des fautes qu’il continue à commettre dans sa faiblesse naturelle.

V 8-10 : Importance de la confession des péchés :

Reconnaître avec humilité son état devant Dieu, permet à Christ de rendre efficace le don de sa vie et son pardon, et de purifier et sanctifier l’être tout entier. Christ est toujours prêt à effacer nos fautes, à les pardonner, et à nous rendre purs, c’est-à-dire tout entiers habités de son Esprit pour le servir. Sa fidélité et sa justice (Ce mot, en hébreu  « tsedaka », appliqué à Dieu est de signification très vaste et recouvre toutes les notions suivantes : état de sainteté, respect des droits humains instaurés par lui-même, adéquation de ses actes aux situations, respect de ses engagements et de ses promesses vis-à-vis de son peuple) procèdent de la disposition d’amour inconditionnel de Dieu envers ses créatures. Pour que l’homme en bénéficie pleinement, il est nécessaire qu’il en reconnaisse son besoin et son incapacité à vivre par lui-même dans la sainteté, la vérité et la lumière. Le chrétien ne peut pas se prétendre parvenu à la sainteté, ce serait estimer n’avoir plus besoin de Christ, et faire mentir Dieu quand il affirme que « sans lui, nous ne pouvons rien faire » (Jn 15.4-5).

V 2.1-2 : Jésus avocat et propitiation

Jean considère avec tendresse ses destinataires comme « ses petits enfants » : l’apôtre âgé, dernier survivant du groupe qui a partagé le ministère terrestre de Jésus, s’adresse aux seconde et troisième générations de disciples pour leur transmettre le message qui lui semble le plus important. C’est un peu son testament à ses descendants !

Jean rappelle, sous une autre forme qu’au verset 3, le but de son écrit : inviter les croyants à être en communion avec Christ, c’est les inviter à ne pas pécher (2.1a), puisque le péché consiste en un état de séparation d’avec Dieu ! Les péchés ne sont que les conséquences concrètes et visibles de cet état intérieur.

Il revient sur le moyen de marcher dans la lumière sans pécher, de saisir et de vivre le pardon offert : croire à l’œuvre de Christ pour le pécheur.  En effet, comme le texte de Zacharie (3. 1-5) le révèle prophétiquement, le pécheur est accusé devant Dieu par Satan, à cause de ses fautes qui le séparent de Lui, (c’est ce qu’on appelle la culpabilisation, à tort ou à raison !). Mais Christ, apparaissant sous la forme de l’Ange de l’Éternel dans la vision de Zacharie, est son défenseur, son avocat, son « Paraclet » (Jn 14.16), son Consolateur, étymologiquement celui qui « appelle auprès de soi », qui encourage, qui intercède (Rm 8.34c).Selon la symbolique du couvercle de l’arche de l’alliance, appelé « propitiatoire », Il se place, Lui le Juste qui a donné sa vie pour effacer les péchés du monde (2.2 ; Hé 2.18), entre la sainteté de Dieu et l’impureté du pécheur repentant ; il le réclame par pure grâce comme son enfant pardonné, purifié et réconcilié avec Dieu.

Deux fois dans sa lettre (2.2 et 4.10) Jean dit de Jésus qu’il est « propitiation », traduit à tort par « victime expiatoire », en allusion aux rites de purification du sanctuaire par le sang du sacrifice du bélier pour l’Éternel, au jour des Expiations (Lév 16). Par la mort de l’animal, dont le sang était pur car il n’avait pas reçu l’imposition des mains transférant sur lui les péchés des fidèles, on annonçait prophétiquement la mort de Christ le Juste, le Pur. Par l’aspersion du sang de l’animal sur le propitiatoire, on effaçait symboliquement tous les péchés du peuple pendant un an. On annonçait ainsi l’efficacité de la mort de Jésus pour effacer (=expier) le péché de son peuple et même du monde entier. Pourtant, l’apôtre Jean, dans notre texte, identifie Jésus non à l’objet (le couvercle de l’arche) ou l’animal (le bélier) mais à l’acte lui-même : Christ est la propitiation ! C’est une formule de style que l’on retrouve en 1 Co 1.30, qui permet d’exprimer que le salut, la réconciliation ne viennent d’aucun moyen extérieur à la personne même du Sauveur.  Tous peuvent avoir accès à ce salut, parce que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tim 2.4) et parce que Jésus est mort sur la croix comme second Adam, représentant de l’humanité entière (1 Co 15.22, 45 ; Rm 5.14b-15, 18-19). Ceci ne veut pas dire que toute l’humanité sera sauvée, mais que le salut lui est offert, à chacun de le saisir, de l’ignorer ou de le rejeter.

Les apôtres Jean et Paul, inspirés par Dieu, éclairent pour les croyants de leur époque et ceux qui les suivraient, le sens spirituel des paroles et des actes de Jésus, afin que leur vie en soit transformée par une foi affermie, et porte des fruits de justice et d’amour (2.5).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Où en est notre communion fraternelle ? S’il y a un problème à ce niveau, ne faut-il pas nous interroger sur notre communion personnelle avec Dieu ? Comment marcher dans la lumière à ce sujet ?

 

-          Comment pratiquons-nous la vérité «(v 6) ? jean ne se place pas au niveau de la connaissance de la vérité, mais au niveau de la vie concrète. En quoi consistent la vérité et sa pratique d’après ce texte ?

 

-          Comment se perçoit le pardon reçu de Jésus dans ma vie personnelle et dans celle de mon église ?

 

-          Que représente concrètement dans ma vie quotidienne l’intercession de Christ en ma faveur ?

 

 

 

 

03.07.2009

Etude N°2 Expérimenter la Vie 1 Jn 1.1-5 (11 07 09)

Etude n°2 : Expérimenter la « Vie » (11 07 09) 1 Jean 1.1-5arbre de vie 3.jpg

(Arbre de vie)

 

« v 3 : Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons à vous aussi, afin que vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or notre communion est avec le Père et avec son Fils ».

Observons

Les quatre premiers versets constituent le prologue de la première lettre de Jean, sans adresse ni salutations. Ils annoncent le témoignage vécu de Jean.

De nombreuses répétitions permettent de structurer ces versets.

v1 // v2 et 3 : ce que nous avons entendu et vu

v2a // v2c : vie manifestée

v2 //v3, 4 : nous en rendons témoignage, nous vous l’annonçons //nous écrivons

v1 // v2 : la parole de vie // vie éternelle

v1 // v3 Parole de vie // Fils, Jésus-Christ

v2 // v3 auprès du Père, avec le Père

Structure du passage :

A v1 : témoignage vécu de la Parole de vie

B v2 : annonce de la manifestation de la vie éternelle

A’ v3 : but du témoignage : la communion avec le Père et le Fils

C v4 : effet du témoignage : la joie

A’’v5 : Annonce du premier message : Dieu est lumière

 

Comprenons

Le prologue de cet écrit est à rapprocher du prologue de l’évangile de Jean, par son vocabulaire et ses thèmes. Tous deux remontent « au commencement » comme dans la Genèse, pour renvoyer au Dieu Créateur par la Parole qui s’est manifestée en Jésus-Christ. Jean ne nomme pas tout de suite Jésus, mais le désigne par le pronom neutre « ce que ». Ce pronom inclut toute la manifestation de la personne, des enseignements et de l’action du Fils dont il veut témoigner. Jean a fait l’expérience lui-même (vu, entendu, touché, contemplé) de la réalité et de la vérité de la Vie de Dieu manifestée en Jésus-Christ.

Jean parle en son nom mais aussi au nom de tous ceux qui comme lui ont fait la même expérience personnelle et intime du vivant de Jésus sur terre. C’est pourquoi il ne se nomme pas et parle à la première personne du pluriel « nous » avons vu, entendu.

Cette vie dont il veut témoigner, il la caractérise aussitôt de vie éternelle qui était auprès du Père (Jn 1.1-2). Jésus-Christ n’est pas un simple homme vivant dans les limites du temps humain. Il est le Dieu Éternel qui s’est manifesté concrètement dans l’histoire des hommes. Par cette manifestation du Père, le Fils a communiqué la vie éternelle à ceux qui croient en lui. Il les a ainsi fait entrer dans sa communion avec le Père (v 3b). Jean est tellement empli d’enthousiasme pour cette vie et cette communion, qu’il ne cesse de se répéter, et qu’il déborde de joie (v 4). Il a un tel désir de la communiquer à ses auditeurs et lecteurs, pour que leur communion d’esprit avec lui les amène à la communion avec le Père et le Fils !

Le but de son écrit est ainsi précisé : rendre parfaite pour les croyants la joie de la communion avec le Dieu Créateur et Sauveur.

En quelques mots Jean nous donne l’objectif de tout croyant : témoigner de la vie de Dieu que donne Jésus-Christ à tous ceux qui désirent entrer dans la communion avec Lui, et avec les autres croyants.

V 4 : La joie du témoin augmente en proportion du partage de sa foi avec un plus grand nombre d’hommes. Jésus l’avait promis (Jn 15.11 et 16.24). Plus la communion avec Dieu est profonde, plus le désir de témoigner est puissant, et plus la joie est complète.

V5 : Après avoir répété une troisième fois « nous annonçons » (v 2,3,5), Jean donne le premier thème de son message : « Dieu est lumière ». Comme dans l’évangile (Jn 1.4) lumière et vie sont inséparables physiquement et spirituellement. Toute la révélation de Dieu en Christ a été la manifestation de sa lumière, complètement à l’opposé des ténèbres du monde (Jn 3.19-21 ; 1.5, 9-13). Tandis que la lumière porte la Vie et permet son développement, les ténèbres conduisent à la mort (Jn 8.12 ; 12.36). (Tapisserie : Arbre de vie Haïtien)Arbre de vie haïtien3.jpg

Nous verrons dans les semaines qui viennent, les conséquences dans la vie du croyant de cette connaissance de Dieu comme Lumière et Vie

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Comment se manifeste en moi la vie éternelle que Jésus me permet de commencer aujourd’hui ? De quelle expérience personnelle de la vie nouvelle puis-je témoigner autour de moi ?

 

-          Quelles ténèbres ont été chassées en moi, et dans mon église par la présence de la lumière et de la vie de Dieu ?

 

-          Quels effets sur mon état d’esprit et sur la vie fraternelle dans l’église a notre communion avec Jésus-Christ ? Si j’ai du mal à répondre concrètement, quels obstacles à cette communion m’apparaissent à la lumière de la Parole ? Comment puis-je les surmonter ?

 

-          Comment éprouver la joie complète dont parlent Jésus et Jean, dans notre vie avec Dieu ?

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