24.04.2009
Etude n°5 Révélation (02 05 09)
Etude n°5 Révélation (02 05 09)
Hébreux 1,1-4
Observons
Ce texte constitue le préambule abrupt d’un écrit qui ressemble plus à un exposé doctrinal qu’à une lettre : l’auteur ne se nomme pas, ni n’adresse son épître à un destinataire précis ; pourtant au cours de l’écrit, on s’aperçoit qu’il connaît les problèmes de la communauté judéo-chrétienne à qui il l’envoie (5.11-12 ; 6.9-10 ; 10.25, 32-34).
Dès les premiers versets, l’auteur établit la grandeur de celui qui est la « révélation » de Dieu, du Christ, grand souverain sacrificateur, Fils de Dieu, dont il fait le sujet de son écrit. (Dessin de Zabou : La Parole créatrice du monde et de l’humain)
Le texte
V 1 : Dieu a parlé de façons variées par les prophètes autrefois
V 2a : par le Fils aujourd’hui
2b : ce Fils est le créateur et l’héritier de toutes choses
3a : il soutient le monde par sa Parole puissante
3b : il a accompli sur terre la purification des péchés
3c : il s’est assis à la droite de Dieu
4 : il est donc supérieur aux anges
Au centre de ce prologue se trouve la Parole, identifiée au Fils dont les actions historiques et spirituelles sont précisées de part et d’autre.
Comprenons
A- Dieu parle : Dès les premiers mots de cet écrit, l’auteur rappelle la qualité de Dieu essentielle pour l’homme qui veut avoir une relation avec lui : Dieu n’est pas une idole muette, dont les hommes peuvent disposer à leur gré et inventer les volontés, mais un Dieu qui est vivant et qui parle ! Il se révèle à l’homme incapable de le concevoir par lui-même. La seule façon de se faire connaître est de sortir de sa transcendance en s’adressant à l’homme, dans son langage, pour être entendu de lui au milieu de toutes les voix terrestres.
L’auteur distingue deux moyens de révélation divine selon les époques de l’histoire humaine : autrefois, Dieu a utilisé des porte-parole, des prophètes ; aujourd’hui il parle directement par le Fils.
Les prophètes ont reçu la parole de Dieu de plusieurs manières : de vive voix, dans des visions et des songes (Nb 12.6-8), par des messagers angéliques (Hé 2.2), par une représentation de l’Eternel (Nb12.8) appelée parfois l’Ange de l’Eternel. Cette parole s’est exprimée en différents genres : lois, prophéties, psaumes, promesses, menaces, appels, paraboles, récits d’événements historiques, etc.
Au cours des siècles les révélations de Dieu se sont répétées, apportant toujours plus de clarté sur les étapes du plan de salut et sur ses modalités d’exécution. Ainsi les Israélites ont pu, de Moïse à Daniel et Malachie, conforter leur espérance dans la venue d’un Messie Sauveur, et en pressentir l’époque et la mission.
Mais cette révélation progressive par intermédiaires humains faillibles, et par conséquent contestables pour beaucoup, est restée fragmentaire et n’a pas suffi pour faire comprendre les perfections et l’amour de Dieu. Dieu choisit alors de se révéler directement en s’incarnant en Jésus. Il est appelé Fils, parce qu’il présente les qualités de Dieu, énumérées dans les versets suivants.
« Les derniers jours » est l’expression biblique consacrée dans l’Ancien Testament au temps qui s’écoule entre les deux venues du Messie, de la venue dans l’humilité au retour en gloire : Paul (1 Cà 10.11), l’auteur de la lettre aux Hébreux, et a fortiori…nous-mêmes, faisons partie des derniers jours !
Depuis sa révélation parfaite et complète en Jésus-Christ, Parole de Dieu vivante, puis transcrite dans la Bible (Ap 22.18-19), Dieu n’a plus tant besoin d’intermédiaires. Si les prophètes existent encore, c’est toujours pour renvoyer à la Parole et en éclairer le sens. Ce n’est plus la révélation de Dieu qui est progressive, mais sa compréhension au fil des siècles, et au fil de la vie de chaque lecteur. Christ a tout accompli et révélé sur Dieu, mais les hommes ne sont pas toujours aptes à tout saisir (Jn 16.12). C’est pourquoi Dieu leur accorde son Esprit (Jn 14.26), et parfois un prophète pour leur faire redécouvrir telle ou telle vérité biblique demeurée encore obscure jusque-là.
B- Qu’est-ce qui qualifie le Christ pour être la Révélation incarnée ?
1- v 2 : il est établi par Dieu et non par les hommes, pour être héritier de toutes choses : il dépend entièrement de son Père (Jn 10.30,38 ; 17.7-8, 11b,21b) et reçoit de lui tout ce qu’il est, ce qu’il possède et doit acquérir encore à son retour (Dn 7.14 ; Ap 19.6-7).
2- Il est l’agent de la Création (Jn 1.3,10 ; Col 1.16) : c’est par la Parole que Dieu a mis au monde la création qu’il avait conçue en son Esprit. (Hé 11.3). Il dit et la chose fut, matérialisant la pensée.
3- v 3a : Il est « rayonnement de sa gloire et empreinte de son être » : les deux images essaient de nous faire approcher le mystère de la nature divine de Christ.
Comme la lumière ne nous est perceptible que par son rayonnement sur les objets qu’elle éclaire, de même Dieu ne nous est perceptible que par son rayonnement sur et en Christ. Celui-ci nous fait percevoir la gloire de Dieu, c’est-à-dire, à la fois sa grandeur, sa majesté et son amour (Jn 1.14 ; Ex 33.18-19). (Apocalypse de Beatus, Christ en gloire, 10è s)
Comme l’empreinte d’un sceau permet de voir tous les détails du sceau, de même Christ permet de distinguer toutes les caractéristiques de l’Être divin. Il en est la « forme » visible, l’image parfaite (Ph 2.6 ; Col 1.15) de sorte que celui qui a vu le Christ, a vu le Père (Jn 14.9).
4- v 3b : Après avoir créé, la Parole porte, « soutient » l’existence de tout ce qu’elle a créé. Cette œuvre de Christ s’entend aussi bien matériellement que spirituellement. Par sa Parole, il soutient tous ceux qu’il a fait naître à une nouvelle vie, celle de l’Esprit.
5- Ce soutien spirituel s’exerce grâce à la « purification des péchés » que Christ a accompli sur la croix lors de son ministère terrestre, et qu’il accomplit toujours dans le cœur de ceux qui le reconnaissent comme leur seul Sauveur et se nourrissent de sa Parole. Cette vérité de la purification des péchés sera longuement développée dans la suite du texte.
6- Enfin, le Fils, Parole de Dieu, est « assis à la droite de Dieu» : il a été élevé dans le monde spirituel divin à son ascension, il y a retrouvé la gloire divine et toute sa puissance pour diriger et juger les affaires humaines, pour intercéder (= défendre contre les accusations et les embûches de Satan) en faveur de ses frères les hommes , et plus particulièrement en faveur de ses enfants spirituels. Ainsi, il les protège, leur envoie son Esprit, les délivre du mal intérieur et extérieur, et leur donne la puissance de témoigner de son amour en toute circonstance (Ac 1.8).
7- v 4 : pour clore ce tableau, l’auteur affirme que toute cette œuvre accomplie par la Parole-Fils de Dieu, la met au-dessus de tous les êtres célestes : ils sont des créatures, elle est Dieu (Jean 1.1), portant le nom de Yahve = Je Suis (Jn 8.24, 58). Dans les versets suivants, l’auteur établira par des citations tirées des Ecritures (Parole de Dieu !) la supériorité du Fils sur les anges qui l’adorent et le servent (v 6,14).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment Dieu me parle-t-il ? Comment reconnaître que c’est sa voix que j’entends, et pas celle de mes désirs ou de mon inconscient « charnel » ?
- Quelle façon divine de se révéler est-ce que je privilégie ? Pourquoi ? Comment élargir mon champ de vision et d’écoute de Dieu ?
- Ma relation avec Christ est-elle un monologue ou un dialogue ? Comment rendre ce dialogue vivant et fructueux en moi et autour de moi ?
- Comment faire de mes paroles et de mes actes un reflet de la « gloire », une révélation de Christ, Parole de Dieu.
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17.04.2009
Etude n°4 Vie (25 04 09)
Etude n°4 : Vie (25 04 09) : Jean 10.1-21
« Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance »(Jn 10.10).
Observons
Le contexte
A la suite de la guérison d’un aveugle-né, les Pharisiens s’opposent à Jésus sous les sarcasmes ironiques du miraculé (9.24-34) qui reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme venu le sauver (9.38). Jésus reproche alors aux Pharisiens leur aveuglement, qui les fait demeurer dans le péché, c’est-à-dire séparés de Dieu (9.41).
Par la métaphore du Berger, Jésus va tenter une fois de plus de leur révéler qui il est et quel est son rôle parmi les hommes.
Le texte : Jean 10.1-21 : deux métaphores, de la porte de bergerie et du berger, s’entrelacent et provoquent de vives réactions parmi les auditeurs :
- 1-5 : le vrai berger entre par la porte de la bergerie (porte = 2x ; voix = 3x ; 4 verbes de mouvement : mener dehors, sortir, marcher devant, suivre)
- 6-10 : Jésus est la porte (2x) pour accéder aux pâturages (= le salut) et à la vie abondante (= vie éternelle).
- 11-13 : Jésus est le Bon Berger (2x) qui donne sa vie, en opposition aux mercenaires qui s’enfuient devant le loup
- 14-16 : Relations entre le berger et ses brebis (il connaît, il donne, il appelle)
- 17-18 : Amour du Père qui se donne volontairement (3x) en Jésus pour la vie des brebis.
- 19-21 : Réactions parmi les auditeurs.
Comprenons
Par son introduction solennelle (en vérité, en vérité, je vous le dis), et par ces deux paraboles, Jésus veut faire saisir aux Pharisiens qu’en tant que conducteurs religieux ils sont aussi coupables qu’en tant qu’individus, en refusant de voir en lui le Sauveur. Il développe les deux métaphores en passant d’une idée à l’autre grâce à la répétition du mot « berger » qui forme une sorte de refrain, ou de fil rouge, et en rebondissant sur des mots annexes tels que « porte », « voix », « don de la vie », qui permettent de préciser le rôle du Berger.
1-5 : La métaphore du Berger était très familière à ses auditeurs qui vivaient dans une culture rurale, et qui connaissaient aussi les paraboles d’Esaïe (40.11), de Jérémie (23.1-8), ou d’Ezéchiel (34).
Le début de la métaphore contient les deux thèmes repris ensuite : la porte, et le vrai berger. Ces deux thèmes sont opposés à celui du voleur, brigand, étranger, qui pénètre par un autre accès dans la bergerie, et dont la voix n’est pas reconnue par le troupeau. Ce troupeau de brebis désigne le peuple que Dieu appelle à entrer dans sa bergerie, à constituer son royaume.
Pour cela, il a établi un seul accès, Jésus, la porte. « Nul ne vient au Père que par moi » dira Jésus à Philippe (Jn 14.6). Toute tentative d’entrer dans l’intimité de Dieu par un autre chemin est vouée à l’échec. Elle émane de l’Adversaire, voleur et trompeur (1 Pi 5.8 ; Jn 8.44). Jésus condamne là l’attitude des Pharisiens qui prêchaient une obéissance stricte à la loi comme moyen de salut. (Evangile et peinture 21è)
Il introduit un autre personnage dans sa parabole, « le portier » qui ouvre la voie au berger. Les brebis étaient parquées pendant la nuit dans un enclos, bien gardé par un serviteur ; celui-ci empêchait toute intrusion de prédateur nocturne, et au matin, ouvrait l’enclos au berger pour mener les brebis paître aux alentours. On a vu dans ce portier que Jésus ne précise pas, soit Jean-Baptiste qui a « préparé la voie au Seigneur » pour sa venue sur terre (Jn 1.19-34), soit le Saint-Esprit qui prépare les cœurs à entendre sa voix et à le recevoir, jusqu’à son retour en gloire.
On peut s’interroger sur le sens spirituel de la sortie du bercail des brebis conduites par le berger (3-4). Jésus veut-il faire entendre que dans le peuple juif (= bercail d’origine) conduit par les faux bergers Pharisiens, des hommes et des femmes, qu’il connaît par leur nom, donc intimement, reconnaissent sa voix, comprennent ses paroles, l’acceptent comme leur Berger, leur Maître et Sauveur, et le suivent sur le chemin de la Vie qu’il leur propose (v 4), en rejetant les faux enseignements
« étrangers » (v 5) ? Son appel opère un tri dans le troupeau entre les brebis qui ont une vraie relation avec lui, qui lui appartiennent et l’écoutent, qui discernent le vrai du faux dans les enseignements spirituels qu’ils reçoivent, et les autres brebis qui n’ont que l’apparence de chrétiens, mais sont spirituellement aveugles et sans discernement de la vérité.
6-10 : Toujours est-il que ses auditeurs ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre le sens de la parabole (v 6). Cela pousse Jésus à la développer et l’étoffer en deux temps : il s’identifie à la porte (8-10) puis au berger (11-13).
Pour se désigner ainsi, Jésus emploie chaque fois l’expression « Moi, je suis », avec le verbe « être » exprimé, alors que le grec peut s’en passer d’ordinaire. Jésus avait déjà utilisé cette formule insistante, sans attribut, pour affirmer sa préexistence (Jn 8.58) par rapport à Abraham. Cette expression est la traduction grecque du nom de Dieu, le Tétragramme יהוה , Yahvé, « Je Suis », que notre version Segond traditionnelle traduit avec bonheur par «l’Éternel ». Cette fois, Jésus tout en s’identifiant à Dieu, précise une particularité de sa personne et de son rôle dans sa relation avec les hommes considérés comme ses brebis.
La porte est le seul moyen normal d’accès d’une maison, d’un enclos. Pour entrer dans la maison de Dieu, que signifie d’avoir à passer par Christ seul ? Les Pharisiens croyaient que pour avoir le salut, il fallait appartenir au peuple d’Israël, obéir scrupuleusement à la loi, multiplier les efforts de sainteté, suivre les rites, offrir le sacrifice de dons conséquents, dans l’espoir d’apaiser un Dieu considéré païennement comme « en colère » contre le pécheur. Paul dira que c’est faire « son salut par les œuvres ». Jésus est venu apporter le salut « gratuitement » à celui qui croit au don de sa vie pour ses brebis (v 11). Par son incarnation, sa vie d’amour jusqu’à la mort, Jésus a inauguré une nouvelle humanité, affranchie de la condamnation à mort que sa séparation d’avec Dieu entraîne. Jésus y conduit tous ceux qui placent en lui leur confiance et leur espérance. Entrer dans le Royaume par la porte qu’est Jésus, c’est aussi vivre à son exemple, dans le renoncement à son moi égoïste et orgueilleux, pour se donner aux autres par amour.
Cette démarche de renoncement à une vie dominée par son Moi est marquée par le baptême, symbole de la mort de sa nature charnelle, pour déboucher sur une nouvelle vie guidée par l’Esprit, la vie éternelle, qui commence dès aujourd’hui pour celui qui croit à Jésus. Cette vie de liberté par rapport à l’emprise du péché est symbolisée par Jésus dans l’expression hébraïque « il entrera et il sortira » qui insiste sur la liberté de mouvement et d’activité sans entrave. Dans cette vie, la faim de justice et de paix (Mt 5.6) est rassasiée, car Dieu la nourrit de sa Parole (Mt 4.4 ; Jn 6.50-51). La vie que Jésus propose n’est pas étriquée, réduite à une « survie ». Elle est « abondante » à la mesure de sa générosité infinie, elle déborde d’énergie, de paix et de joie, jusque dans le royaume éternel (Jn 4.14).
Le but du vrai berger n’est pas de satisfaire ses désirs personnels de possession, ni ses ambitions de pouvoir, comme le voleur, mais de chercher le bien de ses brebis, de préserver et d’entretenir leur vie, à ses risques et périls, sans compter. Le portrait du vrai berger est si parfait et si exigeant qu’il ne peut désigner que le Bon Berger, modèle exemplaire de tous les bergers, pasteurs du troupeau de l’Eglise.
11-13 : Au centre du passage, Jésus s’identifie au Bon Berger dont il vient de révéler les intentions.
C’était audacieux de reprendre à son compte cette parabole de l’Ancien Testament représentant l’Éternel (Ps 23 ; 80.1 ; Es 40.11 ; Ez 34.11-23). Il anticipe les paroles qu’il prononcera devant Philippe qui lui demandait de voir le Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi (Jn 14.9-10), ou encore dans sa prière pour l’unité de ses disciples : « Que tous soient un comme toi, Père tu es en moi et moi en toi » (Jn 17.21).
La bonté de ce berger consiste à « donner sa vie » pour ses brebis. Cette expression est à comprendre d’abord au sens littéral : Jésus, comme le berger d’un troupeau, consacre sa vie aux soins de ses disciples : nourriture et protection, pansement des plaies, direction et accompagnement dans la marche de la vie.
Pendant ces trois ans et demi de ministère terrestre, il n’a cessé d’accomplir cette mission physiquement et spirituellement, d’appeler, de nourrir, de guérir, de consoler, d’avertir et de protéger contre les mensonges et les erreurs des conducteurs spirituels officiels.
Dans un second temps, cette expression annonce le don suprême de Jésus jusqu’à la mort, pour sauver les brebis de son peuple de la mort éternelle à laquelle les conduisent leurs propres péchés, les « bergers mercenaires » et le « loup », Satan (Jn 10.12 // 1 Pi 5.8). Dans ce don de vie, il n’y a aucune idée de transaction, comme le suggère au contraire le mot « mercenaire ». Ce dernier remplit son office de berger parce qu’il en tire profit personnellement, et il abandonne sa mission dès qu’elle présente un danger pour lui.
-14-15 : Cette opposition met en valeur la fidélité pleine d’attention et d’amour de Jésus pour ses disciples. On peut compter sur lui en toutes circonstances, d’autant plus qu’une relation étroite le lie à ses brebis : une communion intime et profonde existe entre elles et le berger. « Connaître », dans la Bible, n’est pas une démarche intellectuelle, du domaine du cognitif ; ce verbe désigne le lien profond qui unit deux êtres qui s’aiment et partagent leur vie, leurs goûts, leurs actions, leurs pensées, leurs désirs. C’est le verbe utilisé pour l’acte d’amour d’un couple pour donner la vie (Ge 4.1). Ici il signifie l’intimité de la relation qui unit le Père au Fils, et le Fils-Berger à ses brebis (v 15).
- 17-18 : Pour que les hommes retrouvent la relation avec Dieu que l’indépendance d’esprit et la prétention leur ont fait perdre, Jésus donne sa vie et sa mort, volontairement et librement. Jésus écarte toute idée de « destin » imposé par Dieu, toute fatalité subie par lui pour satisfaire la justice d’une divinité vengeresse outragée par sa créature rebelle, dont il lui faudrait prendre la place. Jésus, étant Emmanuel, Dieu venu parmi nous par amour, se donne entièrement pour effacer l’offense de ses créatures révoltées, et s’offre volontairement pour subir la conséquence inévitable de cette séparation d’avec Dieu, la mort éternelle. (Es 53.12 ; 1 Pi 2.24 ; Hé 9.28 ; Ga 3.13). Mais le Dieu de la vie a la puissance de redonner la vie, de « reprendre » sa vie (17). Cette parole de Jésus marque mieux que toute autre son identité divine. Le Bon Berger qui se sacrifie pour que ses brebis vivent (Jn 10.28) c’est l’Éternel lui-même !(Ez 34.11,31).
- v 16 : A ces paroles audacieuses considérées par les Juifs comme blasphématoires (10.33) et justifiant la lapidation, Jésus a ajouté une prophétie choquante pour les Pharisiens qui croyaient qu’Israël était le seul peuple à pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus annonce que bien « d’autres brebis » viendront rejoindre le bercail du Royaume. Il ne donne pas sa vie pour les Juifs seulement, mais pour tous ceux, païens ou athées, qui entendront sa voix et voudront le suivre. Jésus sent ce rassemblement de tous ses disciples comme une nécessité (« il faut que je les amène »), due à l’infini de son amour. Celui-ci ne souffre aucune limite de race, de culture, de religion, de temps.
Gardons-nous de vouloir limiter le troupeau de Dieu à une seule dénomination, ou même à l’ensemble des dénominations chrétiennes ! Il n’y a aucun obstacle à l’amour de Dieu pour chercher et trouver ceux qui ont soif de sa présence et qui entendent sa voix, dans la nature (Rm 1.20), dans leur conscience (Rm 2.14-16), ou dans la Parole écrite, et qui acceptent de suivre fidèlement les révélations et les directives de cette voix (Jn 8.51).
- 19-21 : Les réactions parmi les Juifs (rappelons que chez Jean ce terme désigne les Pharisiens opposés à Jésus, et non le peuple tout entier), ne se font pas attendre et ne sont pas tendres : il est accusé de folie, ou de possession démoniaque, car il ose se prendre pour Dieu ! Cela justifie à leurs yeux leur refus de l’écouter. On sent dans cette estimation de folie, la peur de perdre leur propre audience auprès du peuple, la haine contre celui qui peut les supplanter dans leur rôle d’enseignants et de dirigeants.
Heureusement, d’autres auditeurs émettent des doutes sur le jugement des Pharisiens, et sont impressionnés par les paroles de Jésus, après l’avoir été par son miracle de guérison d’un aveugle-né (9.16b). Ils sont en train d’être guéris eux-mêmes de leur aveuglement spirituel ! Leur interrogation montre la puissance de conviction de la Parole de Dieu (Rm 10.17). Ce n’est pas le miracle qui provoque la foi, mais l’autorité de la vérité et l’amour de Dieu, qui émanent de cette Parole de Vie incarnée et illustrée par Jésus dans cette parabole du Bon Berger.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Par quelles « portes » trompeuses essayons-nous encore d’entrer dans le royaume de Dieu (bonnes œuvres, rites, conduite impeccable, dons d’argent ou de biens, mérites de toute nature…) ?
- Que signifie pour moi concrètement que Jésus soit la seule et unique porte d’entrée dans le royaume ?
- Quels moyens Jésus utilise-t-il pour me faire entendre sa voix ? Comment montrer que je « reconnais » sa voix , parmi toutes les voix qui se font entendre aujourd’hui ?
- Que signifie pour l’Eglise et pour moi, de suivre le Bon Berger, dans ma relation avec lui, dans nos relations mutuelles entre brebis, dans les relations avec l’extérieur ? (voir Ap 14.4)
- Quels sont les effets de la Vie Abondante que j’ai trouvée en Jésus ?
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10.04.2009
Etude n°3 Espérance (18 04 09)
Etude n°3 : Espérance (18 04 09)
Texte : 1 Co 15.50-58
Observons
Le contexte
le ch 15 développe les questions que posent la résurrection du Christ (1-11) et ses 7 conséquences (12-19), puis la résurrection des morts dont celle de Christ représente les prémices (20-28) et justifie le baptême et le martyre (29-34). Enfin la résurrection des corps est abordée en opposant le corps naturel, corruptible et terrestre, au corps spirituel, incorruptible et céleste (35-49).(Retable d’Issenheim, 15è)
Le texte
20-28 : La résurrection des morts dont Christ représente les prémices
20-22 : Tous revivront en Christ
23-26 : Chronologie de la résurrection
27-28 : Soumission de Christ à Dieu qui sera tout en tous.
50-58 : Le sort des vivants au moment de la résurrection des morts conclut en 5 parties le développement du chapitre :
a) v 50 : Déclaration : le royaume de Dieu exige l’incorruptibilité
b) v 51-52 : Révélation (= mystère) : si les morts ressuscitent incorruptibles, les vivants seront changés.
c) v 53-54 : l’incorruptibilité et l’immortalité seront victorieuses de la mort.
b’) v 55-57 : Louanges : Grâces à Dieu qui donne la victoire sur la mort, le péché et la condamnation de la loi.
a’) v 58 : Exhortation : Progresser avec fermeté dans l’œuvre de Dieu ne sera pas vain.
Qu’apprenons-nous sur Christ ?
v 20 : Il est ressuscité ; Il est les prémices de ceux qui sont morts.
v 21 : Par lui qui était homme, est venue la résurrection des morts
v 25 : Il règne jusqu’à ce qu’il ait mis ses ennemis sous ses pieds
v 27 : Dieu lui a soumis toutes choses
v 57 : Dieu donne par lui la victoire aux croyants.
Qu’apprenons-nous sur l’homme?
v 22 : Tous meurent en Adam
v 33-34: Corrompu et pécheur parce qu’il n’a pas la connaissance de Dieu.
v 36-38 : Il est semblable à un grain semé qui meurt et renaît différent selon sa semence.
v 42-49 : Corruptible, méprisable, faible, corps naturel ou psychique ou animal, être vivant, terrestre, porteur de l’image du terrestre,
v 50-54 : Chair et sang, corruptible, ne peut hériter du Royaume, corps mortel sous la puissance du péché révélé par la loi.
v 57-58 : Rendu vainqueur par JC, peut rester ferme, inébranlable dans la foi, débordant de zèle pour le Seigneur, assuré que son travail pour Dieu n’est pas vain.
Qu’apprenons-nous sur l’avenir ?
v 22-23 : Tous revivront en Christ, chacun en son rang, d’abord Christ, puis les siens, à son avènement.
v 24-28 : Viendra alors la fln : soumission des ennemis à Christ, disparition de toutes les puissances, destruction de la mort, remise à Dieu du Royaume par le Fils, soumission du Fils au Père, Dieu tout en tous.
v 50-56 :Transformation immédiate des vivants à la résurrection des morts, au son de la dernière trompette avec un corps incorruptible et immortel. Victoire sur la mort et le péché qui la provoque et que révèle la loi,
Comprenons
v 20-28 : Paul n’a pas voulu rester sur le verset tragique (19) du malheur du chrétien si la résurrection n’existe pas, et il a aussitôt affirmé la résurrection du Christ comme modèle et prémices de celles des morts, comme espérance pour tous d’une vie éternelle.
Les versets 20-28 constituent le résumé de la vision eschatologique de Paul qui détaille cette vision dans les deux
dernières parties du chapitre. On peut mettre cette vision en parallèle, entre autres, avec 1 Th 4.13-17 ; Phi 3.20-21 ;
Rm 5.12, 17 ; Ap 11.17 ; 19.6 ; 21.3.
Christ prémices des ressuscités
Paul a établi la réalité de la résurrection de Christ, en la fondant sur les Ecritures et sur le témoignage de ceux qui l’ont
vu. Il a aussi démontré l’absurdité pour les chrétiens de la négation de la résurrection des morts. Il pose alors comme
admise la résurrection de Christ et démontre que Christ, étant homme, a donné Sa vie pour délivrer les hommes du
péché, pour qu’ils soient pardonnés. Dieu, en le ressuscitant, l’établit comme Seigneur et principe de résurrection pour
ceux qui lui appartiennent. Tout ce que Christ est devenu par Sa résurrection sert de modèle à ce que deviendront les
siens ressuscités ou transformés.
Si l’homme actuel, comme Adam, est un être vivant, de nature terrestre, soumis à son psychisme (chair et sang = sens,
émotions, sentiments et passions), voué à la corruption et à la mort, l’homme ressuscité, à l’image de Jésus Christ,
sera un être de nature spirituelle, c’est-à-dire soumis entièrement à l’Esprit, avec un corps vivifié par l’Esprit,
incorruptible, immortel. Le contraste entre Adam, être vivant ou âme vivante, et Jésus, second Adam, esprit vivifiant,
met en valeur la différence de nature entre les deux. L’un reçoit la vie, reste dominé par son psychisme, et soumis à la
mort tant qu’il est sur terre, l’autre est dominé par l’Esprit, a la vie en lui-même et peut la transmettre à tous ceu
x qui la
désirent.
La chronologie des événements de la fin n’est apparemment pas respectée, lorsqu’on compare les v 22-28 aux textes parallèles de Paul et de Jean. Paul insiste ici sur le pouvoir du Christ : il règne actuellement (25,27) dans le but de mettre ses ennemis sous ses pieds, c’est-à-dire de les amener à le reconnaître comme Roi, soit par la conversion de leur coeur et leur obéissance volontaire tant que dure le temps de grâce, soit par l’évidence de ses jugements et leur soumission forcée au moment de son retour (v 24b-26 ; Ap15-22). (Résurrection des morts, Psautier Hildesheim, 13è)
A son retour, les morts en Christ ressuscités et les élus vivants transformés constituent le royaume de Dieu que Christ peut remettre à Dieu (v 24). Le ministère de Christ se termine alors, puisque Dieu est tout en tous, il n’y a plus de raison de différencier les trois personnes de la divinité, leurs rôles respectifs n’ayant plus lieu d’être.
Paul conclut sa réfutation de l’objection du v 35 (Entrerons-nous dans le royaume avec ce corps grossier ?) par l’affirmation que le royaume ne nous est ouvert qu’autant que Christ nous a renouvelés à son image, par son Esprit, de notre vivant, et par la résurrection au dernier jour. L’incorruptibilité en harmonie avec la vie en Dieu, est d’abord morale et psychique sur terre, avant d’être matérielle et corporelle au retour de Christ.
Le mystère, selon Paul, est une vérité cachée jusque-là, et révélée par l’Esprit. Elle concerne ici le sort des vivants au retour de Christ. L’enseignement de la transformation de l’être mortel en être incorruptible et immortel se retrouve en 1 Th 4.15-17 et 2 Co 5.2-4. Cette transformation sera instantanée (v 52) et simultanée de la résurrection des morts. Elle n’est pas le fruit des efforts humains de perfection, mais un don de Dieu, pour rendre ses serviteurs victorieux de la mort pour l’éternité. L'immortalité implique l'incorruptibilité. La Bible ne connaît pas d’autre immortalité que celle de Dieu (1 Ti 6.16) : l’homme n’a pas naturellement d’âme immortelle. Tout son être est mortel et Dieu lui accorde par grâce la capacité de vivre avec lui éternellement, s’il le désire.
La dernière trompette (Apocalypse de Beatus, 10è s) symbolise l’appel divin au rassemblement autour du Christ Roi, et le cri victorieux des rachetés (Es 57.13 ; Ap 11.15-17)
.
L’apôtre et le lecteur (nous v 52) se considèrent comme vivants au retour de Christ, car la date n’en étant pas connue, ils sont dans un état d’attente vigilante et remplie d’espérance de le voir de leurs yeux (Mat 24.45).
La louange de Paul s’inspire librement de Es 25.8 et Os 13.14. L’ennemi de l’homme c’est le péché, la séparation d’avec Dieu; Le péché fait mourir comme l’aiguillon du scorpion. L'homme en prend conscience par la loi qui le condamne comme pécheur (Rm 7.7,13). En contraste, la victoire totale sur cet ennemi puissant est donnée par Christ dès à présent (v 57-58).
Résurrection et vie chrétienne sont intimement liées, car la victoire sur le péché est remportée chaque jour en Christ. L’œuvre du Seigneur consiste dans la propagation et l’accroissement du règne de Christ, en nous et hors de nous. Il nous faut mourir quotidiennement à tout ce qui nous sépare de Dieu et revivre d’une vie nouvelle en Christ, pour témoigner de la réalité du royaume de Dieu, dès à présent victorieux de la mort. Cela exige fermeté dans la foi, persévérance et désir de croissance dans la relation avec le Christ vivant.
L’assurance que donne l’espérance de la résurrection permet à Paul de rendre grâces à Dieu pour la victoire que Christ donne au croyant, dès aujourd’hui, sur toutes les forces de destruction et de mal. La vie éternelle commence dans le coeur du croyant et lui permet de rester ferme dans la foi, et d’oeuvrer avec zèle pour le Seigneur (v 58, mot à mot : d’être débordant dans l’oeuvre du Seigneur).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle place tient la résurrection de Jésus dans ma foi et ma vie : m’aide-t-elle à remporter la victoire sur les tentations, et sur le découragement ? Me console-t-elle dans les souffrances et le deuil en m’anesthésiant par une projection dans un avenir céleste meilleur, ou bien en me permettant de vivre sur terre comme témoin de la puissance de vie de mon Sauveur?
- Ce texte balaye tous nos vains espoirs d’atteindre la « perfection » ici-bas, avant le retour de Jésus. Sur quoi nous invite-t-il à porter nos efforts durant notre vie ?
- La résurrection des morts et la transformation des vivants restent-elles un espoir futuriste, ou sont-elles une expérience de vie pour moi aujourd’hui ? Comment ?
- Qu’est-ce que l’espérance de l’immortalité, don de Dieu à celui qui croit (et croît) en lui, change à ma façon de gérer ma vie et d’envisager ma mort ?
- L’Eglise vit-elle comme le peuple des ressuscités en esprit, remplis d’espérance de vie, joyeux et confiants en Dieu, ou comme une assemblée d’êtres terrestres, craintifs devant la mort et les difficultés de la vie ? Quelle est ma part dans cette identité?
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03.04.2009
Etude n°2 Foi (11 04 09)
Etude n°2 : Foi (11 04 09)
Hébreux 11. 6-16
Observons
Le contexte
Les chapitres 11 à 13 sont consacrés à la définition de la foi qui fait vivre le juste (10.38). Après avoir précisé la nature et les effets de la foi (11.1-3), l’auteur énumère les exemples de foi des anciens (11.4-40) jusqu’à Jésus lui-même (12.1-2).
Le texte
Le relevé des répétitions et oppositions de mots et de thèmes permet de déterminer la structure du texte.
Deux thèmes se dégagent :
1- les choses invisibles, vues et saluées de loin, parallèles à la promesse, l’héritage, la patrie céleste,
2- les tentes, étrangers et voyageurs, en opposition avec la cité aux solides fondements, la patrie céleste.
Construction
A- v 6 : introduction : essence même de la foi :
a) s’approcher de Dieu
b) croire à l’existence de Dieu
b’) croire à une réponse de Dieu
a’) chercher Dieu
B- v 7-12 : exemples des patriarches :
v 7 : Noé : sa foi repose sur une révélation et a comme effet une action de salut et de condamnation, qui le fait hériter de la justice.
V 8-10 : Abraham : sa foi a été une réponse à l’appel 
- par un départ vers l’inconnu (v 8)
- par un établissement temporaire en terre promise (v 9)
- par une attente d’une cité solide (v 10)
v 11-12 : Sarah (Mosaïque de Monreale, Sicile,13è)
a) malgré son âge
b) elle a eu foi dans la fidélité de Dieu à ses promesses,
a’) malgré aussi l’âge de son mari.
Sa foi a permis la réalisation future de la promesse de descendance innombrable.
B’- v 13-16a : La foi des patriarches
V 13 : a) tous sont morts sans voir la réalisation des promesses
b) ils ont pourtant vu et salué de loin les choses promises
a’) en reconnaissant leur situation passagère sur terre.
V 14-16a : leur foi a été
a) la recherche d’une patrie (v 14)
b) pas une patrie terrestre (v 15)
a’) la recherche d’une patrie céleste (v 16a).
A’- Réponse de Dieu à leur foi (v 16b) :
- il n’a pas honte d’eux, ni d’être appelé leur Dieu
- il leur a préparé une cité meilleure.
Comprenons
Le texte
Il fait ressortir ce qu’est la foi dont la définition a été donnée au v 1 : une assurance des choses qu’on espère, une démonstration des choses qu’on ne voit pas.
C’est une prise au sérieux d’une révélation (v 7), d’un appel (v 8), d’une promesse (v 11) ; c’est une réponse active dans la confiance et l’obéissance (v 7, 8) à la parole de Dieu ; c’est une acceptation de la précarité et de l’insatisfaction de la vie terrestre (v 9, 13) ; c’est une espérance de l’accomplissement à venir des promesses (v 13).
L’auteur insiste sur le contraste entre la fragilité de la vie terrestre et la solidité de l’objet de la foi : Dieu (v 10,16). Celui qui a la foi ne considère pas les choses terrestres comme immuables, éternelles ; il ne s’installe nulle part ; malgré les obstacles de la vieillesse, la mort, la solitude, la non-réalisation de son vivant des promesses de Dieu, il porte ses regards sur les choses invisibles (v 13) qu’il juge supérieures et meilleures parce que c’est Dieu qui les a conçues et construites (v 10, 16).
La cité de Dieu, espérée et attendue par le croyant, a comme caractéristiques :
- d’être conçue et construite par Dieu (Jn 14.3),
- d’avoir de solides fondations : Jésus-Christ (1 Co 3.11), les apôtres et les prophètes avec Jésus comme pierre angulaire (Ep 2.20),
- d’offrir le salut à l’image de l’arche, l’héritage de la justice, (= justification, reconnaissance par Dieu comme ses enfants héritiers) (v 7, 16),
- d’être éternellement en présence de Dieu

Qu’est cette cité céleste ? Pour les patriarches, c’était concrètement la ville de Jérusalem, conquise plus tard par David, devenue grâce à Salomon lieu du temple et de la rencontre avec Dieu. A travers elle, l’auteur de l’épître pense à la Jérusalem céleste ou spirituelle, symbole du peuple de Dieu, de l'épouse unie pour l’éternité à Christ, dont parle Jean (Ap 19). .(Jérusalem céleste, tapisserie de Gilioli, 20è)
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quels sont les fondements de ma foi aujourd’hui ? : Qui est Dieu pour moi personnellement ? Comment cette foi en Dieu influence-t-elle mes pensées, mon comportement et mes relations aux autres ?
- Nous considérons-nous individuellement et collectivement (en tant qu’Eglise adventiste) comme étrangers et voyageurs sur la terre, parce que déjà citoyens de la cité céleste ? Comment cela se manifeste-t-il dans la gestion de nos personnes et de nos biens ?
- La réalisation passée et présente des promesses de Dieu (sa présence, son soutien, sa direction) influence-t-elle notre regard sur l’avenir et notre action auprès des autres ? Comment ne pas laisser entamer ma confiance en Dieu par la non- réalisation des promesses de Dieu dans ma vie?
- Sommes-nous attentistes, passifs, considérant d’un œil critique ce qui se passe, soupirant après la délivrance en nous repliant sur nous mêmes pour ne pas être contaminés par le mal ? ou sommes-nous "adventistes", "allant au devant", actifs comme Noé construisant l’arche du salut pour tous ? Par quelles œuvres prouvons-nous la réalité de notre foi (Ja 2.18-19) ?
- Désirons-nous construire la cité céleste ou la recevoir comme cadeau de Dieu ?
- Comment concilier l’idée de préparation et de construction de la cité par Dieu, et celle de la construction de l’arche par Noé et de la préparation de l’épouse pour son époux le Seigneur (Ap 21.2) ? Voir aussi Jacques 2.
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