30.01.2009

Etude n°6 Eprouver les prophètes (07 02 09)

Etude n°6 : Tester les prophéties (Eprouver les prophètes ?) 07 02 09

                                                                                             

Texte : Jonas 3 et 4 Jonas sorti du poisson.jpg

 

Observons

Le contexte : Jonas, dont le prénom signifie “ colombe “, fut contemporain d’Amos et de Joël et appartenait à la tribu de Zabulon, il était originaire de Gath-Hépher, bourgade de la Galilée à une heure au nord-est de Nazareth.

Jonas prophétisa sous Jéroboam II, à une période de grande prospérité et de paix, tandis que la puissance Assyrienne vivait un déclin passager. Jonas, possédé par l’idée du particularisme juif, a du mal à comprendre que Dieu puisse se préoccuper du salut d’un peuple Assyrien très cruel, et  lui confier la mission d’avertir des gens si corrompus. A quoi bon perdre son temps et risquer sa vie ? Jonas fuit donc dans la direction opposée à bord d’un bateau, puis au cours d’une tempête il est jeté à la mer sur sa demande ; après trois jours passés dans le ventre d’un grand poisson, il crie à l’Eternel et est miraculeusement rejeté sur la terre pour accomplir la mission que Dieu lui avait confiée.

Le texte : Jonas 3 (Jonas sorti du poisson, renvoyé à Ninive)

1-4 : Second appel de Dieu à Jonas pour se rendre à Ninive où il délivre  son message.

5-9 : Fruit du message prophétique de Jonas : la repentance de Ninive

10 :   la grâce de Dieu épargne les Ninivites.

 

Jonas 4

      1-4 : Dialogue entre Jonas très irrité et déprimé et l’Eternel

      5-8b : Jonas sous son ricin

      8c-11 : second dialogue entre Dieu et son prophète

Ces deux chapitres mettent en valeur la portée du message prophétique, que le prophète lui-même a du mal à accepter.

 

Comprenons

 

Chapitre 3 : Jonas reçoit un deuxième appel de la part de Dieu et annonce à la grande ville : “encore 40 jours et Ninive sera détruite (ou bouleversée selon les traductions)”. Son mes­sage oral était inspiré par Dieu (3.2) sans qu’on sache exactement ce que Dieu lui avait demandé de dire, mais fut interprété par le prophète comme une condamnation plus que comme un appel à la repentance. Dieu avait ordonné à son prophète d’aller porter sa parole de jugement à Ninive (1.2). C’était  une parole très brève :"crier contre elle car sa méchanceté est montée vers Dieu". En hébreu, le verbe que nous traduisons par "crier" signifie assi "proclamer, appeler", et la préposition traduite par "contre" a une quinzaine de sens différents et parfois contradictoires, puisqu'elle peut signifier "contre" ou "en faveur de, sur, vers" ! Jonas, plein de ses préjugés, a compris la parole de Dieu comme une condamnation de Ninive. Mais cette parole pouvait signifier aussi : "Parle-leur, appelle-les à revenir de leur méchanceté", comme c'est la mission de tous les prophètes. Ainsi le prophète Jérémie est-il envoyé pour dire au peuple pécher (18.11) : "Parle aux habitants de Jérusalem et dis : ainsi parle l'Eternel, je prépare contre vous un malheur (=jugement)..., revenez chacun de votre mauvaise voie, réformez vos voies et vos agissements" (= appel à la repentance) Voir aussi Es 1.18 ; 40.2 ; 27.4-5. Jonas ne va retenir que le sens de condamnation imminente, comme le prouve sa colère en voyant Ninive épargnée !

 

 La parole de Jonas est aussi courte, parole d’avertissement avec un délai. Le mot traduit par « destruction » (v 4), comme Jonas espérait le voir depuis sa hutte à l’est de la ville (4.5), signifie aussi « bouleversement », comme les Ninivites semblent l’avoir aussi compris, en bouleversant leurs attitudes, leurs sentiments, et leurs pensées par un retour à Dieu (3.8). Le prophète a  la connaissance de la miséricorde de Dieu (4.2) mais n’en parle pas aux Ninivites, et ce sont eux qui curieusement comptent sur la bonté de Dieu (3.10).

La participation du bétail, tout à fait irréalisable, à ces rites de repentance n’est indiquée que pour montrer l’étendue de ce mouvement vers Dieu !

  

Jonas, comme prophète connaissait les paroles de jugement et de condamnation de Dieu contre ceux qui vivent sans lui. Dès les dix Paroles (Ex 20.5) Dieu avait affirmé qu’il ne laisserait pas impuni l’idolâtre, synonyme de méchant dans la Bible (Dt 7.9-10). Ninive à l’époque de Jonas représentait le summum de l’idolâtrie aux yeux des Israélites. Jusqu’à Jonas ces messages de jugement étaient donnés aux peuples d’Israël et de Juda, même s’ils concernaient des nations païennes, pour encourager le peuple de Dieu opprimé par ces nations. Pour la première fois, un prophète d’Israël est envoyé délivrer son message d’avertissement directement au peuple concerné ! L’intention de Dieu pour ces nations étrangères et son enseignement à son peuple seront révélés à Jonas par ses expériences personnelles rapportées dans les chapitres 1-2 et 4.

Si Jonas connaissait les paroles de jugement, il n’ignorait pas non plus les paroles de miséricorde (4.2). Mais cette possibilité du pardon de Dieu pour Ninive, était à ses yeux très humiliante pour son personnage : il passerait pour un « faux prophète » puisque sa prédiction ne se réaliserait pas au bout des 40 jours annoncés (Il n’imaginait pas que le repentir de Ninive serait très bref, ni que 40 ans plus tard Ninive serait effectivement détruite par les Babyloniens). 

Le choix du bref message oral qu’il délivre dans Ninive, est révélateur de son état d’esprit, reflet de celui d’Israël à son époque envers les nations païennes. Il ne retient que la condamnation et l’espère même profondément puisque le pardon lui donne envie de mourir (4.3). Il n’a pas compris la raison du délai de 40 jours (à mettre en parallèle avec les 40 ans dans le désert du peuple hébreu, ou les 40 jours de jeûne de Jésus dans le désert), délai destiné à donner le temps nécessaire pour prendre conscience de son état devant Dieu et lui revenir complètement. Jonas est rempli des préjugés de sa propre-justice, du privilège de faire partie du peuple élu. Refusant de reconnaître Dieu comme un Dieu d’amour, il regarde tous les autres peuples comme idolâtres, donc destinés à la destruction. Et le plus vite serait le mieux à ses yeux, pour débarrasser le monde de cette « racaille malfaisante » ! Les fruits d’un tel état d’esprit ne sont que haine, irritation, désir de mort. Est-ce ce qu’on attend d’un prophète de Dieu ?

Sa première expérience de la miséricorde de Dieu envers les marins idolâtres et repentis (1.14-16) ou envers lui-même, prophète rebelle sauvé des abîmes par un poisson (ch 2), ne lui a pas servi à comprendre la situation de Ninive. Il faudra une autre intervention de Dieu à propos d’un ricin,qui touche de près à son confort personnel (4.6-11), pour lui ouvrir les yeux et enfin lui permettre d’offrir à Dieu sa reconnaissance (2.10).

Etonnante réaction d’un peuple cruel et sanguinaire qui se repent si facilement à l’annonce faite par un prophète hébreu. L’expérience de Jonas était certainement connue du peuple, ce qui donnait à son message une redoutable autorité, le Christ lui-même dit “ que Jonas fut un signe pour les Ninivites » ( Luc 11.30). Jonas a un message oral à délivrer, mais à son insu, son histoire parle aussi du jugement de Dieu sur Jonas en fuite, réalisé par sa mise à la mer dans la tempête, et suivi du salut de Jonas rejeté vivant hors du poisson ainsi que du salut des marins repentis. Cette expérience parlait de la puissance et du pardon de son Dieu. Les païens pouvaient constater « de visu » que celui qui revient à Dieu et lui obéit reçoit le pardon et la vie. Préparés par les catastrophes récentes de leur histoire , par le monothéisme d’un de leurs précédents rois, par le récit du vécu de Jonas, les Ninivites vont entendre les paroles de jugement du prophète comme un appel à adorer son Dieu , donc à garder la vie comme Jonas. Ils vont mieux saisir que Jonas et son peuple (Mt 12.41), l’intention qu’a Dieu en leur envoyant un prophète et en leur accordant un délai : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive (Ez 33.11) et il ne fait pas de considération de personnes (Ac 10.34-35) pour tous ceux qui croient en lui (Ac 10.43).

 Le prophète rempli de lui-même devra apprendre (ch 4) à sonder son propre cœur pour y découvrir ses idoles : égoïsme, orgueil nationaliste, ressentiment contre Dieu et haine des autres. Il devra passer par la mort de ces sentiments négatifs et destructeurs de sa personne, puisqu’ils le conduisent à désirer mourir (4.3,8-9). Cette mort à lui-même lui permettra de comprendre tout l’amour de Dieu pour lui (poisson, ricin, suscités par Dieu pour sa vie et son confort) et pour tous ceux qui se repentent et l’adorent, même si ce n’est pas dans les formes de la piété dont il a l’habitude.

Il est facile aujourd’hui aussi de prononcer des jugements de condamnation sur les autres qui ne croient pas ou ne pratiquent pas comme nous.

Nous sentons-nous concernés par les appels au repentir que contiennent implicitement  les avertissements divins ? (Ap 8 à 9.21)

Nous pouvons comme Jonas nous retirer à l’écart pour attendre le retour de Jésus qui va balayer tous ceux qui commettent le mal et dont nous estimons ne pas faire partie. Heureusement, la miséricorde de Dieu à notre égard peut parler à notre insu, au-delà de notre attitude et de nos paroles de rejet. Combien le message serait mieux perçu si nos paroles et notre vie concouraient à annoncer la bonne nouvelle du salut, c’est-à-dire  l’absence de jugement pour ceux qui se repentent et reviennent à Dieu (Jean 3.18a) ! Nous remplirions ainsi notre rôle de prophètes des derniers temps, nos fruits de repentance, de justice et d’amour permettant de nous identifier comme messagers de Dieu (Mat 7.20).

 

Dieu entendit la voix du peuple de Ninive, Il vit leur repentance et leur pardonna (Jo 3.10 ; Jér 18.6-10).

Dieu veut montrer à Jonas que Ses desseins d’amour sont destinés aussi aux païens et que s’Il s’est choisi un peuple, c’est afin que celui-ci apporte au monde environnant le message de repentance et de salut.

Par ces multiples expériences de Jonas, qui lui font découvrir l’amour inconditionnel et le pardon illimité de Dieu, Dieu nous invite à distinguer la spécificité du prophète de Dieu, qui le différencie du faux prophète selon la recommandation de Paul (1 The 5.20-21) : « Ne méprisez pas les prophéties, examinez toutes choses et retenez ce qui est bon ». Le faux prophète flatte les hommes à qui il s’adresse, pour en tirer profit, ses messages par la parole et les actes détournent de Dieu, ou donnent une fausse image de sa personne. Le vrai messager de Dieu délivre une parole souvent peu agréable à entendre, mais qui permet aux destinataires de rentrer en eux-mêmes, de prendre conscience de leur état de péché devant Dieu et de se tourner vers Dieu pour leur salut. Le témoignage de la vie du prophète de Dieu est en lui-même porteur de ce message de l’amour inconditionnel de Dieu.

 

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

 

-         Quelles sont mes réactions face à l’amour inconditionnel de Dieu ? Suis-je un « fils aîné » de la parabole de Luc 15.11-32 ?

 

-         Quels sentiments envers les autres dominent en moi ? Quels préjugés sur moi et sur les autres me faut-il abandonner ?

 

 

-         Comme adventiste du 7ème jour, quels messages ma vie et mes paroles véhiculent-ils autour de moi ?

 

-         Que représente avant tout pour moi  la perspective du proche retour de Christ :

la destruction du mal et de ceux qui le commettent,

la délivrance de la souffrance pour les enfants de Dieu,

la fin de ce monde sans Dieu,

le début d’une nouvelle vie avec Dieu,

une occasion de craindre le jugement, ou l’assurance du salut ?

En quoi ces visions influencent-elles mes attitudes et mes paroles vis-à-vis des autres ?

 

 Jonas ch 4.Jonas furieux.jpg

 

Les Ninivites se repentent sincèrement et Dieu ne les détruit pas ce qui déplut beaucoup à Jonas qui en fut très irrité (4.1). Dieu se serait-Il moqué de lui ? Il l’envoie prêcher aux Ninivites qu’Il va les détruire et une fois que Jonas a fini de parcourir cette ville, Dieu n’accomplit pas Sa Parole et lui, Son messager, passe pour un menteur en annonçant des choses qui ne se réaliseront pas,  passant ainsi pour un faux prophète. En réalité Jonas ne pense qu’à sa petite personne et non au salut des milliers de gens que contient cette ville. Fâché, Jonas réclame la mort et sort de la ville, il se construit une cabane et, à l’ombre, regarde ce qui va arriver à la ville.

 

Plus tard, le prophète Jérémie dira que certaines prophéties sont conditionnelles ( Jr 18.7-10). Dieu se sert du prophète pour adres­ser aux hommes un message d’avertissement afin qu’ils changent de conduite et Il prouve Son amour en tenant compte des décisions que ceux-ci prennent. Les jugements de Dieu ne sont pas arbitraires. Dieu respecte les choix de ses créatures tout en les avertissant des conséquences de ceux-ci.

A l’ombre de ce ricin Jonas éprouva une grande joie. Dieu lui signifiait que l’ombre du pardon de Dieu passait aussi sur cette ville qui avait compris que le Dieu de Jonas l’avait entendue. Le messager de Dieu se doit de transmettre fidèlement les avertissements que Dieu veut faire entendre aux hommes pour leur salut avant qu’il ne soit trop tard, mais le message trop souvent interprété comme un jugement condamnateur est en réalité un message d’amour de Dieu « qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et vive” ( Ez.18.32 et 33. 11). Dieu veut conduire le pécheur « dans les sentiers de la justice » (Ps.23.3 et 25.8,9). Celui qui n ‘accepte pas le pardon de Dieu pour autrui finit par avoir le cœur sec, comme le ricin brûlé par le vent du désert où rien ne peut pousser.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne ?

    

1)    Suis-je dépositaire d’un message d’amour, vital pour mes contemporains ? Suis-je heureux de le transmettre ?

 

2)    Est-ce que je conteste à Dieu le fait qu’Il puisse offrir le salut à tous et pardonner s’ils se repentent, par exemple

-     aux dictateurs de cette terre responsables de la mort de centaines de milliers d’innocents à travers les siècles.

-    à tous les bourreaux qui avilissent et cherchent à détruire des personnes

-     aux personnes responsables de la mort d’êtres chers.

-    aux personnes qui ont gâché ou détruit ma vie terrestre ?

 

    3)    Tous ces gens étrangers à mon éducation et à ma culture sont-ils fermés à entendre le dernier message que Dieu adresse à l‘humanité ? Ou est-ce moi qui ne suis pas prêt à le transmettre?

 

   4) Mon amour pour les humains est-il celui de Dieu qui veut que « tous parviennent à la repentance »? 2P.3. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23.01.2009

Etude n°5 l'inspiration des prophètes (31 01 09)

 

Etude n°5 : L’inspiration des prophètes (31 01 09)

(Miniature 15è : Inspiration divine des patriarches et des prophètes)

 

 2 Timothée 3.14 à 4.2 Proph don de prophétie 15è.jpg

Observons

Le contexte :

Une dernière fois, Paul exhorte personnellement son fils spirituel, Timothée, en l’avertissant que des persécutions attendent tout croyant, car les hommes avancent toujours plus dans le mal (3.12-13) et ne supportent plus la saine doctrine (4.3-4).

 

Le texte est situé entre ces deux prévisions de l’avenir, et recommande l’attachement à l’Ecriture, indispensable à la vie du croyant dans ces contextes sociaux et moraux. On distingue trois paragraphes :

A-    3.14-15a : Attachement aux Ecritures apprises depuis l’enfance

B-    3.15b-17 : Inspiration et Utilité des Ecritures pour l’homme de Dieu

C-    4.1-2 : Nécessité et urgence de la prédication de la Parole.

 

Comprendre

 

La seconde lettre à Timothée constitue un vrai testament spirituel que Paul envoie à son disciple et successeur bien-aimé, Timothée, et à travers lui à toute l’Eglise. Il l’exhorte à

-         garder ce qui lui a été confié par l’Esprit (1.14)

-         transmettre avec droiture la Parole de vérité (2.15)

-         faire face aux contradicteurs et imposteurs des derniers temps (2.14-4.5), grâce à la Parole inspirée de Dieu des Ecrits sacrés (3.16).

Conformément au mode de pensée hébraïque pour mettre en valeur une idée importante, notre passage se situe au centre des avertissements sur l’état spirituel et moral des hommes de la dernière génération (3.1-9, 13 et 4.3-4). Cet état se caractérise par l’apparence de la piété, les faux-semblants religieux (5) qui cachent la corruption du cœur (= l’être intérieur), et par les déviations de l’esprit (= l’intelligence, l’intellect) séduit par les fables humaines conformes aux désirs et aux convoitises insensées d’un cœur non régénéré (4.3-4).

A-    3.14-15a : Pour faire face à de telles tentations, Paul ne voit qu’un remède : demeurer ferme dans ce que Timothée a appris dès son enfance de sa mère et de sa grand-mère (v 14 et 1.5), dans ce que lui-même a enseigné à son disciple, et à quoi ce dernier a prêté foi (14). La suite montre que l’objet de cet enseignement se trouve dans les « écrits sacrés » (15a). On peut rapprocher ce rôle des Ecritures du texte de Romains 10.17 « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ ».

Paul oppose donc avec force, aux croyances qui viennent de l’imagination et des sentiments de l’homme, la foi qui naît de l’enseignement et de l’écoute de la Parole de Dieu.

Les Ecrits sacrés dont parle Paul, étaient à son époque ceux de l’Ancien Testament, qui préparaient les cœurs (Amos 4.12) à recevoir la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, que Paul prêchait. Paul appelle ces écrits « sacrés » non pour les sacraliser et en faire un objet de vénération ou d’adoration particulière, mais pour en montrer l’origine divine, qui doit inspirer un respect  total pour le message qu’ils contiennent.

 

B-    15b-17 : Quelles sont l’inspiration et l’utilité des Ecritures Saintes ?bible et flamme.jpg

-         Elles donnent la sagesse, c'est-à-dire le discernement du plan de Dieu conçu pour le salut de tout homme qui croit au Fils de Dieu. L’apôtre Jean, après Paul, explicitera en un seul verset ce plan divin : Jean 3.16 ! Ainsi se trouve résumé tout ce que les prophètes avaient pressenti et tenté de faire saisir au peuple d’Israël (Es 53, entre autres). Ajouter foi au sacrifice de Jésus-Christ sur la croix, pour délivrer du péché, permet d’être sauvé de la mort spirituelle, c’est-à-dire de commencer la vie éternelle dès maintenant et d’entrer dans le Royaume de Dieu au retour de Christ.

-         Toute Ecriture (ici, c’était l’Ancien Testament, plus tard on y ajoutera le Nouveau Testament), l’ensemble de la Bible, qu’on peut appeler d’une façon générale la Prophétie (2 Pi 1.19),  est pénétrée de l’Esprit Saint qui a poussé des hommes à parler de la part de Dieu (2 Pi 1.21). Paul ne discute pas sur le mode et l’étendue de l’inspiration divine (par exemple sur la question de savoir si elle concerne la lettre, comme les musulmans le croient du Coran, ou l’esprit, l’intention et le sens des paroles, comme beaucoup de croyants le croient de la Bible). Il ne distingue pas non plus la part de Dieu et la part des hommes qui ont transcrit les paroles divines. Mais il établit l’autorité et la vérité de ces Ecrits, parce qu’ils sont émanation et révélation de l’Esprit divin.

-         Parce qu’ils sont inspirés, ils ont une puissance extraordinaire de formation des esprits et de transformation des cœurs. Ils enseignent le lecteur, comme Jésus le fit durant son ministère terrestre, sur la personne de Dieu, sur son plan de salut pour l’homme et sa mise en œuvre en Jésus-Christ.

Pour Paul, l’Ancien Testament (= la Loi et les Prophètes) était la base de cet enseignement ; les apôtres avec le Nouveau Testament n’ont fait qu’expliquer les promesses divines, en révéler l’ accomplissement, et en tirer les conclusions doctrinales pour la vie de chaque croyant et de l’Eglise. Par les Ecritures, le pécheur est convaincu de son état devant Dieu (Jn 16.8). Il trouve en elles le moyen et les directives pour changer d’état d’esprit et de comportement, « être redressé, corrigé ». La Parole de Dieu devient son maître, qui guide dans la justice, c’est-à-dire qu’elle forme et "sanctifie" (Jn 17.17), renouvelle et met à part celui qui se met à son écoute, elle l’instruit et l’éduque pour une croissance dans la foi et dans la capacité à servir et honorer Dieu en toutes circonstances.

L’homme de Dieu est un serviteur, un disciple pour qui Dieu est tout, et à qui Dieu accorde la puissance de son Esprit (2 Rois 1.9-10 ; 2 Pi 1.21) pour accomplir sa volonté de jugement révélateur des cœurs, et/ou de miséricorde auprès de son entourage.

Pour Paul, l’Ecriture suffit à rendre sage à salut (15), à conduire le croyant et l’Eglise jusqu’à la maturité spirituelle, la stature parfaite de Christ (Ep 4.12-13). Jean à la fin de l’Apocalypse le confirmera quelques décennies plus tard (Ap 22.18-19). On ne peut impunément ni ajouter, ni retrancher quoi que ce soit à l’enseignement des Ecritures, ce qui confère à l’enseignant une grande responsabilité spirituelle, et au disciple le devoir d’examiner chaque jour les Ecritures pour vérifier si ce qu’on lui enseigne est exact (Ac 17.11).

 

 C- 4.1-2 : Dans son dernier message à Timothée, Paul devient pressant dans ses exhortations et son adjuration solennelle à prêcher la Parole, car il sait qu’il va mourir bientôt (4.6). Il a conscience de l’importance de cette mission, car c’est au moment de la venue de Christ que seront révélés (= par et dans le jugement préliminaire) et rassemblés ceux qui auront choisi de vivre selon cette Parole. Or, comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Comment entendront-ils parler de lui sans prédicateurs, prophètes « porte-parole de Dieu ? (Rm 10.14)

V 2 : A travers Timothée et tous les pasteurs qui lui succèderont, Paul donne à l’Eglise tout entière la mission de prêcher sans tenir compte des impressions subjectives d’opportunité ou pas, de leurs dispositions personnelles ou même de celles de leur auditoire. La prédication n’est pas non plus liée à un lieu (Saint, consacré ?), à un jour (sabbat, dimanche ou autre jour), à un rite, une cérémonie, une forme. Elle n’est donc pas seulement orale, elle est aussi vécue ! La mission de prédication de la Parole divine sera d’autant plus fructueuse qu’elle sera accomplie non avec un zèle amer, mais avec persévérance, douceur et miséricorde pour le prochain, par l’exemple d’une vie consacrée à Dieu et fidèle à ses enseignements, une vie qui ne s’égare pas dans les convoitises et les mensonges humains (4.3).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-         Quelle place ont les Ecritures dans ma vie quotidienne et dans la vie de mon Eglise ? Combien de temps consacré-je à l’étude et à la méditation de la Bible ? Comment lui donner concrètement la première place dans mes pensées et mes choix de vie, individuellement, et dans le culte collectivement ?

-         Suis-je à l’écoute des enseignements bibliques pour les mettre en pratique (Ja 1.22-25) ? Comment tenir compte de leurs avertissements pour la fin des temps ?

-         Quelle est ma participation active au partage biblique hebdomadaire de mon Eglise ? Comment éviter de rester « consommateur » passif dans ce moment d’échanges ?

-         En quoi la lecture de la Bible m’a-t-elle permis de modifier mon comportement en cas de conflit ou d’échec ? Ai-je conscience d’avoir grandi  dans la foi et la sanctification ? De quelles expériences récentes puis-je témoigner sur ce point ?

-         En quoi ma vie et mes paroles peuvent-elles prêcher la Bonne Nouvelle à mon entourage ?  Sur quels points ai-je besoin d’être plus particulièrement inspiré par l’Esprit ?

-     Affirmer l’inspiration des Ecritures nous dispense-t-il de tout esprit critique à leur sujet, pour discerner les styles, les époques, les objectifs de chaque auteur, et adapter les enseignements bibliques pour qu’ils soient entendus et compris par nos contemporains, aux cultures si variées et différentes de celles de la Bible ? Comment rester fidèle à l’esprit des Ecritures dans cette adaptation indispensable à notre époque ?

    

16.01.2009

Etude n°4 Le don de prophétie et le "Reste"(24 01 09)

 

 

 

Etude n° 4 Le Don de Prophétie et le Reste

Apocalypse 12.17 et 14.1-5, 12

Observons

Ap 12.17

Le contexte

Les chapitres 12 à 14 de l’Apocalypse sont situés au centre du livre prophétique, et constituent l’axe autour duquel est construite la structure de la prophétie. Ils dévoilent sous forme d’images symboliques les dessous de l’Histoire du monde et en particulier du Grand Conflit qui oppose les puissances sataniques au Fils de Dieu et à son Eglise.

Après la victoire de Christ acquise sur la croix (12.10), Satan, sachant qu’il lui reste peu de temps (v 12) se tourne contre la « femme » qu’il persécute avec acharnement.

Le texte

Le verset 17 termine le tableau général du Grand Conflit spirituel et cosmique.

On y retrouve les personnages mentionnés auparavant : le dragon, la femme, Jésus (= Michaël) ; il s’y ajoute une nouvelle entité : le reste de la descendance de la femme.

D’un côté, le dragon est irrité et s’en va faire la guerre, de l’autre le Reste garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus.

Chapitre 14.1-5 : les 144 000 (Apocalypse de Saint-Sever 12è)Apoc 7 élus devant l'Agneau 12è.jpg

Le contexte : Le chapitre 13 a décrit la lutte du dragon contre la femme, lutte résumée au ch 12.13-16, avec l’avènement et l’action de trois puissances terrestres, la bête qui monte de la mer, la bête qui monte de la terre (qui renvoie à 12 .16) et l’image de la bête. Le ch 13 se termine sur un appel à la sagesse pour avoir l’intelligence de comprendre ces symboles.

Le texte

V 1 : ce que le prophète voit : l’Agneau et les 144000.

V 2 : ce que le prophète entend 

V 3 : le cantique nouveau

V 4-5  et 12 : caractéristiques des 144000

 

 

 

Comprenons

12. 17 : le dragon irrité contre la femme (c’est ce qui a été développé au chapitre 13), alla faire la guerre aux restes de sa postérité :

Malgré la protection divine et le refuge à l’étranger, dans les terres d’accueil des persécutés pour leur foi qu’ont été les pays protestants d’Europe et les Etats-Unis d’Amérique du 16è au 18ème siècles, le peuple fidèle de Dieu, symbolisé par la femme, semble se réduire à la fin de l’Histoire :  la descendance du peuple persécuté ne sera constituée  que de restes (Le mot en grec est un pluriel neutre qui indique une entité générale, qu’on peut traduire par un singulier indéterminé : le Reste).

La femme (= l’Eglise en général, au-delà de toute dénomination) serait-elle devenue prostituée, comme on le voit dans Ap 17 ? En se développant et en cherchant à s’imposer parmi les pouvoirs terrestres, l’Eglise court le danger de ne plus s’appuyer sur ses caractéristiques spirituelles « les commandements de Dieu et le témoignage de Jésus », mais sur sa structure. L’Eglise est un corps social de solidarité, nécessaire pour véhiculer la Parole, mais elle ne peut s’en prévaloir pour prétendre définir celui qui est sauvé et celui qui ne l’est pas, ou pour s’autoproclamer « reste ». Seul Dieu connaît ceux qui constituent son « Reste » fidèle, éparpillé parmi tous les humains de ce monde (1 Rois 19.10, 18) et parmi toutes les dénominations chrétiennes (l’expression « Eglise du Reste » ne figurant nulle part dans la Bible, nous ne l’emploierons pas pour désigner quelque dénomination que ce soit).

 Ce Reste a des caractéristiques précises qui seront reprises en 13.10 et 14. 12 puis développées en 14.1-5 :

Ils gardent les commandements de Dieu et retiennent le témoignage ou la foi de Jésus : deux verbes assez proches pour indiquer la conservation dans la mémoire, le respect, la foi et l’obéissance à la volonté divine exprimée dans les Dix Paroles et dans l’enseignement de Jésus. 

Que représente le témoignage de Jésus ? C’est à la fois ce qui nous vient de la Parole de Dieu, l’œuvre de salut que Jésus a accomplie et révélée dans les Ecritures, mais aussi ce qui nous vient de notre vécu personnel, de notre relation avec Jésus  par les dons spirituels et en particulier, celui de la prophétie (Ap 19.10c), qui n’ont cessé d’être accordés au cours des siècles pour l’édification de l’Eglise (2 Pi 1.19 ; Ep 4.12).

 

Ch 14.1-5,12 :

Troisième volet du triptyque central, ce chapitre va développer la seconde partie du verset 17 du chapitre 12 et décrire ceux qui ont la sagesse et l’intelligence pour comprendre ce qui se passe :

Nous sommes toujours dans la description de l’histoire terrestre et du combat qui y oppose Satan et Dieu par l’intermédiaire des hommes.

14. 1-5 : Les 144 000 : « Voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion et avec lui 144 000 personnes ». Présentées sur la montagne de Sion, symbole de Jérusalem, cité de l’Agneau, ces personnes sont sur la terre. Leur mention vient juste après la description du trio infernal, les deux bêtes et l’image de la bête, et le message de se prosterner devant elles. En opposition sont montrés ceux qui ont la sagesse et l’intelligence (13.18) de rester fidèles à Dieu et de proclamer à la dernière génération les trois messages divins (v 6-11).

Le texte parallèle de Ap 7 nous montre les 144000 debout devant le trône et devant l’Agneau (v 9,15), c’est-à-dire en activité, à leur poste de service, subsistant malgré les signes avertisseurs du jugement de Dieu qui angoissent le monde (6.12-17). Le chapitre 14 nous apparaît alors comme un développement grossissant des indications du chapitre 7.

Sur la montagne de Sion, se trouvent l’Agneau (14.1) et le temple dans lequel ils servent jour et nuit (7.15). Cela symbolise la communion spirituelle que ces serviteurs ont avec Dieu, dans leur service terrestre où « ils suivent l’Agneau partout où il va » (14.4), c’est-à-dire dans les souffrances, le renoncement à soi, et les joies du pardon et de l’amour des autres.

S’il est dit dans ce passage, qu’ils sont irrépréhensibles (v 5), cela n’a pas de sens s’ils sont déjà au ciel où il n'y aura  plus lieu de rien reprocher aux élus. C’est dans leur service sur terre, qu’ils restent fidèles et sans tache, au milieu des oppositions et des angoisses.

Ils sont des rachetés, car comme pécheurs, ils ont eu besoin du rachat par Christ, de la libération du péché, de la justification, symbolisées par leur robe blanche (7.14)(Voir les études du précédent trimestre sur les notions de rachat, d’expiation, de justification).

Ils sont prémices pour Dieu et pour l’Agneau (v 4), parce qu’ils ont reçu un « sceau » de leur vivant (ch 7.3), qui les garde fidèles et leur permet de vivre déjà sur cette terre la plénitude spirituelle de la communion avec Dieu, que tous les ressuscités vivront au retour du Christ. Gardés par le sceau de l’Esprit (Eph 4.30 ; 2 Co 1.22), ils sont sans mensonge (v 5), car ils ne s’écartent plus de Dieu. 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              LeurvirginitéLa Leur virginité (v 4) doit être interprétée spirituellement et non comme un célibat volontaire. Selon la symbolique biblique de la relation avec Dieu, elle représente la fidélité à toute épreuve d’êtres consacrés spirituellement à Dieu seul. La relation spirituelle à d’autres références, est synonyme d’adultère vis-à-vis de Dieu, c’est-à-dire d’infidélité et d’idolâtrie (Jérémie 3.8-10 ; Ezéchiel 16.32, 35-36 ; Jacques 4.4 : Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.

 

v 2 : une voix comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand tonnerre...

Le bruit de grosses eaux se retrouve chez Ezéchiel 1.24 pour désigner les chérubins : « J’entendis le bruit de leurs ailes quand ils avançaient, pareil au bruit de grosses eaux ou à la voix du Tout-Puissant. C’était un bruit tumultueux comme celui d’une armée... »

En Apocalypse 19.6, c’est « la voix d’une foule nombreuse, comme la voix des grandes eaux, comme la voix de forts tonnerres... »  qui se réjouit de l’arrivée des noces de l’Agneau. Celui-ci apparaît au verset 11 de ce chapitre 19.

La comparaison avec les grandes eaux porte sur le volume sonore que produit une grande foule, et non sur l’identité de la source qui en Ap 17.15 est expliquée comme l’ensemble des peuples de la terre. Le Reste serait donc composé de l'ensemble des croyants fidèles sur toute la terre. L’harmonie musicale règne dans ce groupe des 144 000 du ch14, puisque se font entendre à la fois le chant puissant des grandes eaux, et le chant doux de la harpe.

Jouer de la harpe était le moyen pour David de chasser le mauvais esprit qui était en Saül (1 S 16.23). De même les 144 000 ont pour rôle de calmer le mauvais esprit qui est dans le monde, d’être une lumière dans les ténèbres grandissantes. La harpe est associée dans de nombreux textes à la joie spirituelle profonde de la communion avec Dieu (Ps 33.1-2 ; 1 Chr 13.8). C’est pourquoi nos cantiques et louanges apparaissent si tristes à des oreilles habituées aux agressions sonores et aux rythmes stressants contemporains, qui leur font confondre sérénité et tristesse, dans leur incapacité de comprendre cette joie paisible de la rencontre avec Dieu.

De même qu’ Elisée, sous l’influence du joueur de harpe, s’est mis à prophétiser (2 R 3.15), les 144 000 sont un milieu favorable au prophétisme, c’est-à-dire à la proclamation des paroles de Dieu (Joël 2.28) que la seconde partie du chapitre va révéler.

 

v 3 : Ils chantent un cantique nouveau, car ce qu’ils vivent est quelque chose de neuf : ils sont en présence du trône, des chérubins et des 24 anciens, qui au ch 5.9 chantaient aussi un cantique nouveau en  reconnaissant à l’Agneau la dignité d’ouvrir le livre scellé. Les 144 000 sont en train de faire en peuple la même expérience que les 24 anciens avaient faite individuellement : ils reconnaissent la justice des voies de Dieu. Il n’y a pas de coupure entre ce qui se passe au ciel dans le tribunal céleste et ce qui se passe sur terre dans le peuple de Dieu de la dernière génération.

Personne ne pouvait apprendre le cantique, sinon les 144 000 : Ce nombre n’est pas à prendre à la lettre, dans un écrit prophétique où toutes les images sont symboliques. Composé du carré de 12, multiplié par 1000, il représente le nombre complet du peuple de Dieu (= 12 tribus et 12 Apôtres) dans sa multitude infinie (1000). Aucun mouvement religieux ne peut se l’attribuer ; Le problème n’est pas de désigner la dénomination que représente ce groupe, mais de se demander chacun pour soi, si et comment on peut en faire partie, en considérant ses caractéristiques. Ce nombre de 144 000 est-il fermé, ou ouvert ? Le scellement des élus a-t-il une durée qui permette un processus continu durant tout le temps de grâce ? Il a commencé (ch 7) mais il n’est pas fini, puisque les 144 000 prêchent encore les derniers messages de Dieu (14.6-13). Ils peuvent encore amener à la repentance, convertir et s’adjoindre tous ceux qui croient à leurs messages.

Les trompettes (ch 6 à 11) lancent, par des événements importants, des avertissements que le peuple des 144 000 (ch 7 et 14) décrypte et explique : la terre est en train de se détruire, ou d’être détruite, la solution est en Christ, en Dieu Créateur. Grâce à l’Esprit qui les habite, les 144 000 donnent une interprétation spirituelle à ce qui se passe concrètement sur terre, et font œuvre de prophètes de Dieu auprès des hommes que Dieu appelle au salut.

L’Apocalypse révèle ensuite (18.22-23) qu’il viendra un moment où dans la Babylone que sera devenu ce monde voué à sa perte, « On n’entendra plus les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte et de trompette. On n’y trouvera plus aucun artisan d’un métier quelconque, la lumière de la lampe ne brillera plus, la voix de l’époux et  de l’épouse n’y sera plus entendue » : ce verset peut être pris littéralement pour annoncer la mort de toute activité humaine dans ce système totalitaire et impie. Il peut aussi être interprété symboliquement : le peuple de Dieu caractérisé par ses activités prophétiques (joueurs de harpe, lumière de la lampe), ou ses activités spirituellement nourricières (le bruit de la meule symbolise l’activité de propagation de la Parole de Dieu, pain de vie du ciel) ou ses relations d’amour (époux-épouse) est sorti, spirituellement plus que physiquement, de Babylone. Il l’a abandonnée à son sort, et n’a plus aucune part à sa prostitution spirituelle (18.4).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-    En quoi puis-je personnellement m’identifier aux 144000 ? Comment combler le fossé que je peux constater entre ce portrait idéal et ma réalité ? (Rm 7.24-25a)

 

      -   Comment mon église locale (donc moi-même) est-elle « prophète, porte-parole » de Dieu dans son environnement ? Quelle lumière porte-t-elle, quel son de harpe fait-elle entendre ? Quelle nourriture spirituelle distribue-t-elle ? Quels gestes d’amour prodigue-t-elle ? Quelle est ma contribution à cette œuvre ?

 

     -  Ai-je la persévérance et la sagesse d’étudier les prophéties de la Bible, pour comprendre en quels temps nous vivons et garder sérénité, foi et amour au milieu des bouleversements de la terre ?

 

 

 

09.01.2009

Etude n°3 Dons spirituels et prophétie (17 01 09)

Etude n°3 : Dons spirituels et prophétie (17 01 09) (Reliquaire de St Austremoine, Effusion de l’Esprit)

Texte : 1 Co 12.1-11feu de l'Esprit.jpg

 

Observons

Le contexte : A une église divisée (1.11-12) sans discipline (6.12a) et livrée à l’idolâtrie et l’inconduite (ch 10-11), Paul va rappeler que tout dans l’église dépend de l’Esprit (12.11).

Le texte  (1-14) constitue la première partie du chapitre traitant dans son ensemble  des dons de l’Esprit, et il introduit la métaphore du corps de Christ que forme l’Église.

1-3 : le signe de la présence de l’Esprit : la confession de foi en Jésus le Seigneur

4-7 : Diversité des dons, des services (= ministères) et des pouvoirs miraculeux pour l’utilité commune.

8-10 : exemples de neuf dons, classés en trois catégories déterminées par l’emploi de deux pronoms « éteros » (v 9 et 10b) et « allos » :

       a- v 8: deux dons concernant la parole,  sagesse et science,

       b- v 9-10a : cinq dons : la foi et ses effets miraculeux : guérisons, miracles, prophétie, discernement des esprits

       c- v 10b : deux dons : le don des langues et le don d’interprétation des langues, par lesquels l’Esprit agit dans   l’église.

      d- v 11 : L‘Esprit est à l’origine de ces dons

 

Comprenons

Les effets de l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte sur l’Église apostolique se sont fait sentir aussi à Corinthe. Ces dons et en particulier celui des langues, avaient  aux yeux des Corinthiens peu sanctifiés, une valeur proportionnée à la gloire personnelle qu’ils pouvaient en retirer. Paul essaie de faire comprendre le but des dons et leur rapport entre eux : ils sont les moyens distribués par le baptême de l’Esprit à l’Église pour son unité et la puissance de son témoignage. Dans le ch 13, Paul établit que ce qui permet à ces dons d’être efficaces, c’est l’amour- agapê ; dans le ch 14, il développe l’usage du don des langues, si cher aux Corinthiens, mais placé en dernier dans la liste qu’il établit au chapitre 12.

Ce chapitre commence par préciser ce qui fonde l’Eglise. Paul ne parle pas ici du baptême d’eau, qui est le signe extérieur et public de l’engagement individuel du croyant. L’image du  « baptême dans l’Esprit »(v 13) exprime l’action intérieure de l’Esprit dans le cœur du converti, pour faire mourir en lui sa nature païenne, idolâtre et dévoyée (v 2) et lui permettre de proclamer la seigneurie du Christ ( v3) dans une vie nouvelle et transformée. Sa profession de foi, impossible sans l’Esprit, le fait entrer alors dans le « corps » de Christ qu’est l’Église (v 12-13).

Les dons naturels sanctifiés par l’Esprit, et les dons particuliers que l’Esprit accorde librement (v 11), servent alors à faire vivre dans l’unité les diverses nationalités, races, et conditions sociales des croyants (v 13). Le « comme il veut » exclut toute manipulation ou toute maîtrise de l’homme sur le Saint-Esprit !

Dans notre texte (v 4-7), Paul différencie les opérations de la trinité divine dans l’Église : les dons viennent de l’Esprit et seront développés aux v 8-11, les services ou ministères sont à l’image de celui du Seigneur Jésus, ils sont repris aux v 28-30, et les miracles manifestent la puissance de Dieu. Ainsi, l’unité et la diversité de la personne divine sont visibles dans l’unité et la diversité de l’Église, comme le corps est constitué de membres diversifiés mais unis pour son bon fonctionnement.

La traduction des v 8-10 ne permet pas de saisir la classification que Paul fait des dons en trois catégories. En grec, il introduit la liste par « à l’un » auquel répondent  deux mots qui signifient « à l’autre » :  ετέρω pour introduire les deux catégories suivantes (v 9 et 10b), et άλλω à l’intérieur de chaque division pour détailler les dons.

Ainsi, dans la première division, nous trouvons le don de la parole (= discours), différencié entre sagesse = capacité de vivre pratiquement la révélation divine,  et science = connaissance profonde de la vérité divine  et capacité pédagogique de l’enseigner. Ce sont les qualités qui distinguent les ministères des « apôtres, des prophètes et des docteurs » (v 29). Les prophètes dans le sens de « porte-parole » de Dieu, possèdent ces dons spécifiques de la parole : la sagesse et la science, puisque « celui qui prophétise parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console » (1 Co 14.3), car il est poussé par l’Esprit à parler de la part de Dieu (2 Pi 1.21)

Dans la deuxième division, Paul parle du don de la foi, non la confiance qui habite le cœur de tout croyant , mais celle qui  manifeste occasionnellement les fruits de la puissance divine : guérisons, miracles spectaculaires, prophéties (= dans le sens ici de prédictions), discernement des esprits (1 Jn 4.1).

 En dernier viennent les dons qui concernent les langues, dont Paul reparlera au ch 14, pour les placer à leur véritable rang dans l’utilité pour édifier l’Eglise.

Ce qui importe à l’apôtre, c’est de faire comprendre que le baptême de l’Esprit n’avantage pas l’un ou l’autre des membres de l’église, mais qu’il unit toutes leurs diversités, pour le bien commun, et pour la propagation de l’Evangile. La recherche de l’Esprit et de ses dons est vaine si c’est dans un autre but ! (1 Co 14.12)

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

- Quelle est l’action sensible de l’Esprit au sujet des dons dans mon église locale ?

Sont-ils identifiés et reconnus par tous ? Comment contribuent-ils à l’édification spirituelle de chacun des membres ?

 

- Comment mon église respecte-t-elle la diversité des dons et des talents ? Quel(s) dons l'Esprit m'a-t-il accordés ?

Que puis-je être ou faire personnellement pour que le corps de mon église croisse harmonieusement ? Comment mes dons spécifiques servent-ils ma communauté ?

 

- Comment éviter que les dons de l’Esprit qui se manifestent dans  l’Eglise ne deviennent un sujet d’orgueil, de jalousie, de vanité, et finalement de discorde ?

02.01.2009

Etude n°2 le don de prophétie (10 01 09)

Etude n°2 : Le don de prophétie (10 01 09)

Nombres 12.1-16Moïse devant YAhvé Ex 34.jpg

 

Observons (Evangile et peinture : Moïse devant Yahvé)

Le contexte

Le peuple des Hébreux est sorti d’Egypte et a campé au mont Sinaï où il a reçu les tables de la Loi écrites de la main de Dieu. Lassé de la nourriture de la manne, il a réclamé de la viande. Dieu dans sa miséricorde lui a envoyé un vol de cailles. Ceux qui se sont jetés goulûment sur cette viande en ont subi des conséquences mortelles (11.31-35).

Moïse fatigué de conduire ce peuple rebelle et ingrat, a demandé à mourir (11.14). Dieu lui répond en lui accordant l’assistance de soixante dix anciens, inspirés de son Esprit au point de prophétiser (11.25). Deux des anciens qui n’étaient pas présents devant la Tente de la Rencontre au moment de cette effusion de l’Esprit, reçoivent aussi le don de prophétiser, au grand scandale de Josué qui voudrait les en empêcher (11.28). Moïse au contraire s’en réjouit et souhaite que « tout le peuple de l’Eternel soit composé de prophètes en qui repose l’Esprit de l’Eternel » (11.29).

Le texte

12.1-3 : Jalousie de Myriam et Aaron envers Moïse

      4-8 : Intervention de Dieu en faveur de Moïse son prophète privilégié

      9-16 : Lèpre de Myriam, guérie après l’intercession de Moïse et Aaron.

Au centre du récit (v 6-8a), Dieu définit comment il s’adresse à ses prophètes et à Moïse en particulier.

 

Comprenons

Le peuple est conduit par Moïse et sa famille. Moïse a été choisi par Dieu pour être le libérateur du peuple et le prophète de Dieu qui transmettrait ses volontés (Exode 3-4). Devant les hésitations de Moïse à accepter ce rôle de porte-parole de Dieu face au peuple et à Pharaon, sous prétexte qu’il « n’a » pas la parole facile » (Ex 4.10), Dieu lui adjoint son frère Aaron pour lui « servir de  bouche »(Ex 4.16). Quant à Myriam, elle est appelée « prophétesse » après le passage de la Mer Rouge, où elle dirige le chœur de louanges d’Israël (Ex 15.20).

Ce don de prophétie leur est-il « monté à la tête » ? Toujours est-il que en tant qu’aînés de Moïse, ils se mettent à contester son autorité d’envoyé de Dieu, et revendiquent une place au moins égale à la sienne devant le peuple. Ils se servent du don de prophétie qui leur a été accordé, pour essayer d’exercer la même autorité que Moïse sur le peuple et sur sa famille, puisqu’ils vont jusqu’à lui reprocher sa femme étrangère, s’instituant par là comme juges et gardiens des « bonnes mœurs » de leur frère (Un Israélite et à fortiori un prophète de Dieu ne pouvaient pas épouser de femme étrangère, Dt 7.3 !). Aaron et Myriam détournaient leur don à leur avantage, pour satisfaire leur goût du pouvoir, leur xénophobie ou leur animosité contre leur belle-sœur, en profitant de l’humilité profonde de Moïse qui lui ferait, croyaient-ils, accepter sans protestation leur revendication.

C’est pourquoi Dieu doit intervenir et révéler à ces chefs, qui est prophète, et quel est l’état de « péché », d’erreur, d’attitude fausse, de Myriam et Aaron.

La convocation et la rencontre sont solennelles. Dieu leur parle directement et leur apparaît dans la Shekina, la colonne de feu et de nuée devant le Tabernacle.

Dieu distingue ses prophètes ordinaires, à qui il s’adresse dans des visions et des songes (on les appellera ensuite les « voyants » 1 Samuel 9.9 ; 1 Chr 29.29), du prophète particulier qu’est MoÏse : la relation avec lui est directe, « sans énigmes, de vive voix », car Moïse peut contempler une « représentation de l’Eternel ».

Pour Moïse seul, Dieu se rend visible (Hé 11.24-26). Cette représentation de l’Eternel est appelée dans l’Ancien Testament l’Ange de l’Eternel », tel qu’Abraham, le premier à être appelé prophète (Gn 20.7), a pu le voir et l’entendre lui annoncer la naissance d’Isaac (Gn 18.1-15). Paul reconnaîtra en cet Ange de l’Eternel la première « image visible de Dieu » avant son incarnation en Christ (2 Co 4.4b ; Col 1.15), qui est « le rayonnement de la gloire de Dieu et l’expression de son être » (Hé 1.3). (Moïse de Michel Ange)Moïse Michel Ange.jpg

Moïse, prophète de Dieu, par la grâce qui lui est accordée de parler directement avec Dieu et de « voir l’Invisible » (Hé 11.27), préfigurait auprès du peuple « le Prophète » qui devait venir en Christ lui révéler la personne et les projets de salut de Dieu pour l’homme (Dt 18.15) et qui réaliserait les promesses de sa Parole (Dt 18.18).

Le passage de Deutéronome (18.19-22) ajoute à notre texte un second critère pour reconnaître un prophète de Dieu. Non seulement il est en contact avec Dieu par des visions et des songes, mais la parole qu’il prononce se réalise. Jésus reprendra ce critère de vérité à la fin du Sermon sur la montagne (Mt 7.15-20) : « C’est à leurs fruits que vous reconnaîtrez les faux prophètes ». Les prophéties venant de Dieu se réalisent et portent dans le peuple les fruits de l’Esprit (Ga 5.22) !

Dans l’épisode de la contestation d’Aaron et de Myriam, Dieu ne remet pas en question leur don de prophétie, mais le détournement de ce don qu’ils ont tenté de faire à leur profit, par orgueil et goût du pouvoir. Le don de prophétie n’est pas un moyen de se faire valoir, ou de s’imposer aux autres, c’est un service dans l’humilité auprès des autres (Nb 12.3).

Pour qu’Aaron et Myriam comprennent exactement où les entraînaient leur convoitise et leur jalousie, Dieu utilise le signe prophétique, très parlant, de la lèpre. Cette maladie considérée alors comme incurable et contagieuse, condamnait le lépreux à une exclusion totale du peuple, et à une mort lente et inévitable. Elle devint le symbole en Israël, du péché qui ronge le cœur de l’homme séparé de Dieu, qui le coupe de relations saines avec les autres, et qui le conduit sans espoir à une mort spirituelle, à la séparation éternelle d’avec Dieu.

Pourquoi seule Myriam est-elle atteinte ? Peut-être parce qu’elle était à l’origine du conflit avec Moïse à propos de sa belle sœur (une querelle de femmes en sorte ?), peut-être aussi que Dieu n’a pas voulu déconsidérer aux yeux du peuple la fonction de grand sacrificateur qu’exerçait sur son ordre Aaron, en le rendant impur.

En tous cas, Aaron se solidarise aussitôt avec sa sœur et confesse leur péché commun (Nb 12.11), suppliant Moïse, qui « tenait pour lui la place de Dieu » (Ex 4.16), d’intervenir en sa faveur. Par cette prière à Moïse, il reconnaissait sa supériorité de prophète privilégié, comme Dieu venait de le révéler.

Les deux frères manifestent leur amour pour Myriam devenue « comme un mort-né », dans une intercession fervente à laquelle Dieu répond par un nouvel enseignement moral, spirituel et prophétique. Il pardonne le péché commis contre Lui : en contestant Moïse, ils contestaient en effet le choix de Dieu. Myriam sera réintégrée après 7 jours de « quarantaine » hors du camp : le pardon et la guérison n’excluent pas la prudence et le retrait dans la solitude pour méditer dans l’humilité et la repentance, et se laisser purifier par l’Esprit. Celui qui s’est révolté contre Dieu a un espoir et une possibilité de retrouver une relation saine avec Dieu et avec les autres, s’il reconnaît son état de péché, et s’il désire renouer les liens rompus. L’intercession du Prophète Libérateur qu’est Jésus lui permet de retrouver la santé spirituelle, en attendant la réintégration définitive dans le Royaume éternel où, à son retour, Christ accueillera tous les « rachetés de l’Eternel ».

Essayons de résumer ce que ces textes de l’Ancien Testament nous enseignent sur le don de prophétie :

- C’est un choix et une grâce de Dieu, qui ne dépendent, ni d’un lieu sacré, ni d’un rang social ou familial, ni d’une volonté humaine.

- Ce don est accordé pour le service de Dieu auprès du peuple, et ne peut être utilisé ou manipulé, pour exercer à son propre profit un pouvoir sur les autres ou acquérir une gloire personnelle.

- Il est reçu dans l’humilité et s’accompagne d’un esprit de compassion et d’intercession pour le pécheur.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Comment éviter que mon rôle de « porte-parole » de Dieu, comme prédicateur, catéchète, ou simplement témoin de Christ auprès de mon entourage, ne me « monte à la tête », et ne m’incite à prendre autorité sur la vie des autres dans l’église ou dans la famille ?

 

-          Comment distinguer aujourd’hui entre inspiration divine et inspiration de mon inconscient ou de ma sensibilité ?

 

-          Quelle est l’intercession de mon église, peuple de prophètes de Dieu, pour ses membres pécheurs ? Comment leur marque-t-elle son pardon et les réintègre-t-elle en son sein, après qu’ils aient pris pleinement conscience de leur manquement envers Dieu et en avoir manifesté repentance et changement d’attitude ?

Toutes les notes