31.12.2008
voeux 2008-2009

Bonne année 2009 !
Nous souhaitons à tous nos lecteurs que le vent de l'Esprit gonfle les voiles de leur navire pour leur faire traverser les orages et les marées de la vie, sans dévier du Cap que la Parole de Dieu nous indique, et qu'Il nous conduise tous au Port de son Royaume !
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26.12.2008
Etude n°1 Moyens célestes de communication (03 01 09)
Au début de ce trimestre consacré au don de prophétie, nous tenons à rappeler à nos fidèles lecteurs que notre objectif est l’étude d'un des textes bibliques proposés par le Guide d’étude hebdomadaire de la Bible de l’Eglise Adventiste. Pour ce qui concerne l’histoire du don de prophétie dans cette Eglise, nous vous invitons à vous reporter à ce Guide et au livre nouvellement paru aux Editions Vie et Santé : George R. Knight : "En quête d'identité, les grandes étapes de l'histoire des croyances adventistes".
Etude n° 1 : Les moyens célestes de communication (03 01 09)
Hébreux 1,1-4
Observons
Ce texte constitue le préambule abrupt d’un écrit qui ressemble plus à un exposé doctrinal qu’à une lettre : l’auteur ne se nomme pas, ni n’adresse sa lettre à un destinataire précis ; pourtant au cours de l’écrit, on s’aperçoit qu’il connaît les problèmes de la communauté judéo-chrétienne à qui il l’envoie (5.11-12 ; 6.9-10 ; 10.25, 32-34).
Dès les premiers versets, l’auteur établit la grandeur de celui qui est la « révélation » de Dieu, Christ, grand souverain sacrificateur (v 3), Fils de Dieu, dont il fait le sujet de son écrit.
Le texte
V 1 : Dieu a parlé de façons variées par les prophètes autrefois
V 2a : par le Fils aujourd’hui
2b : ce Fils est le créateur et l’héritier de toutes choses
3a : il soutient le monde par sa Parole puissante
3b : il a accompli sur terre la purification des péchés
3c : il s’est assis à la droite de Dieu
4 : héritier de Dieu, il est donc supérieur aux anges
Au centre de ce prologue se trouve la Parole, identifiée au Fils dont les actions historiques et spirituelles sont précisées de part et d’autre.
Comprenons
A- Dieu parle (Parole créatrice, Zabou, Dis, Maman explique-moi…Dieu) : Dès les premiers mots de cet
écrit, l’auteur rappelle la qualité de Dieu essentielle pour l’homme avec qui Dieu veut avoir une relation : Dieu n’est pas une idole muette, dont les hommes peuvent disposer à leur gré et inventer les volontés, mais un Dieu qui est vivant et qui parle ! Il se révèle à l’homme incapable de le concevoir par lui-même. La seule façon de se faire connaître est de sortir de sa transcendance en s’adressant à l’homme, dans son langage, pour être entendu de lui au milieu de toutes les voix terrestres.
L’auteur distingue deux moyens de révélation divine selon les époques de l’histoire humaine : autrefois, Dieu a utilisé des porte-parole, des prophètes ; aujourd’hui il parle directement par le Fils.
Les prophètes ont reçu la parole de Dieu de plusieurs manières : de vive voix, comme Abraham recevant de la bouche de l’Ange de l’Eternel, la promesse de la naissance d’Isaac (Gen 18.10-15), ou Jacob béni par son adversaire anonyme du gué de Jabbok (Gen 32.3O), ou encore Moïse qui contemplait une représentation de l’Eternel (Nb 12.8) ; dans des visions comme Moïse au buisson ardent (Ex 3.2), ou Daniel à la cour du roi de Babylone (Dan 2.19), ou Ezéchiel en exil (Ez 1.1), et des songes (Nb 12.6) comme le vécut Joseph en Canaan puis en Egypte (Gen 37.5, 9 ; 40 et 41) ; par des messagers angéliques (Hé 2.2) comme Gabriel auprès de Daniel ou de Marie (Dan 9.21 ; Luc 1.26).
Cette parole s’est exprimée en différents genres : lois, prophéties, psaumes, promesses, menaces, appels, paraboles, récits d’événements historiques, mais aussi par la nature (Ps 19.1-6) qui dans un autre langage « raconte la gloire de son Créateur ».
Au cours des siècles les révélations de Dieu se sont répétées, apportant toujours plus de clarté sur les étapes du plan de salut et sur ses modalités d’exécution. Ainsi les Israélites ont pu, de Moïse à Daniel et Malachie, conforter leur espérance dans la venue d’un Messie Sauveur, et en pressentir l’époque et la mission.(Miniature du 15è : Don de l'Esprit aux prophètes)
Mais cette révélation progressive par intermédiaires d’humains faillibles, et par conséquent contestables pour beaucoup, est restée fragmentaire et n’a pas suffi pour faire comprendre les perfections et l’amour de Dieu. Dieu choisit alors de se révéler directement en s’incarnant en Jésus. Il est appelé Fils, parce qu’il possède les qualités de Dieu énumérées dans les versets suivants, et qu’il est le seul vrai représentant visible du Père invisible (Jn 1.14,18 ; 14.6-9 ; Col 2.9).
« Les derniers jours » est l’expression biblique consacrée dans l’Ancien Testament (Mi 4.1 ; Dan12.9 ) au temps qui s’écoule entre les deux venues du Messie, de la venue dans l’humilité au retour en gloire : Paul (1Co 10.11), l’auteur présumé de la lettre aux Hébreux, et à fortiori…nous-mêmes, faisons partie des derniers jours !
Depuis sa révélation parfaite et complète en Jésus-Christ, Parole de Dieu, vivante puis transcrite dans la Bible (Ap 22.18-19), Dieu n’a plus tant besoin d’intermédiaires. Si les prophètes existent encore, c’est toujours pour renvoyer à la Parole et en éclairer le sens, comme le fit toute sa vie Madame E. G. White, à la fin du 19è et au début du 20è siècle.
Ce n’est plus la révélation de Dieu qui est progressive, mais sa compréhension au fil des siècles, et au fil de la vie de chaque lecteur. Christ a tout accompli et révélé sur Dieu, mais les hommes ne sont pas toujours aptes à tout saisir (Jn 16.12). C’est pourquoi Dieu leur accorde son Esprit (Jn 14.26), et parfois un prophète pour leur faire redécouvrir telle ou telle vérité biblique demeurée encore obscure ou oubliée jusque-là, comme la promesse du retour de Jésus et la vérité du Sabbat, redécouvertes par les pionniers adventistes.
B- Qu’est-ce qui qualifie le Christ pour être la Parole incarnée ?
1- v 2 : il est établi par Dieu et non par les hommes, pour être héritier de toutes choses : il dépend entièrement de son Père (Jn 10.30,38 ; 17.7-8, 11b,21b) et reçoit de lui tout ce qu’il est, ce qu’il possède et doit acquérir encore à son retour (Dn 7.14 ; Ap 19.6-7).
2- Il est l’agent de la Création (Jn 1.3,10 ; Col 1.16) : c’est par la Parole que Dieu a mis au monde la création qu’il avait conçue en son Esprit. (Hé 11.3). Il dit et la chose fut, matérialisant la pensée.
3- v 3a : Il est « rayonnement de sa gloire et empreinte de son être » : les deux images essaient de nous faire approcher le mystère de la nature divine de Christ.
Comme la lumière ne nous est perceptible que par son rayonnement sur les objets qu’elle éclaire, de même Dieu ne nous est perceptible que par son rayonnement sur et en Christ. Celui-ci nous fait percevoir la gloire de Dieu, c’est-à-dire, à la fois sa grandeur, sa majesté et son amour (Jn 1.14 ; Ex 33.18-19).
Comme l’empreinte d’un sceau permet de voir tous les détails du sceau, de même Christ permet de distinguer toutes les caractéristiques de l’Être divin. Il en est la « forme » visible, l’image parfaite (Ph 2.6 ; Col 1.15) de sorte que celui qui a vu le Christ, a vu le Père (Jn 14.9).
4 - v 3b : Après avoir créé, la Parole porte, « soutient » l’existence de tout ce qu’elle a créé. Cette œuvre de Christ s’entend aussi bien matériellement que spirituellement. Par sa Parole, il soutient tous ceux qu’il a fait naître à une nouvelle vie, celle de l’Esprit.
5 - Ce soutien spirituel s’exerce grâce à la « purification des péchés » que Christ a accomplie sur la croix lors de son ministère terrestre, et qu’il accomplit toujours dans le cœur de ceux qui le reconnaissent comme leur seul Sauveur et se nourrissent de sa Parole. Cette vérité de la purification des péchés sera longuement développée dans la suite du texte.
6 - Enfin, le Fils, Parole de Dieu, est « assis à la droite de Dieu» : il a été élevé dans le monde spirituel divin à son ascension, il y a retrouvé la gloire divine et toute sa puissance pour diriger et juger les affaires humaines, pour intercéder (= défendre contre les accusations et les embûches de Satan) en faveur de ses frères les hommes, et plus particulièrement en faveur de ses enfants spirituels. Ainsi, il les protège, leur envoie son Esprit, les délivre du mal intérieur et extérieur, et leur donne la puissance de témoigner de son amour en toute circonstance (Ac 1.8).
7 - v 4 : pour clore ce tableau, l’auteur affirme que toute cette œuvre accomplie par la Parole-Fils de Dieu, la met au-dessus de tous les êtres célestes : ils sont des créatures, elle est Dieu (JN 1.1), portant le nom de Yahve = Je Suis (Jn 8.24, 58). Dans les versets suivants, l’auteur établira par des citations tirées des Ecritures (Parole de Dieu !) la supériorité du Fils sur les anges qui l’adorent et le servent (v 6,14).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment Dieu me parle-t-il ? Comment reconnaître que c’est sa voix que j’entends, et pas celle de mes désirs ou de mon inconscient « charnel » ?
- Ai-je expérimenté personnellement la puissance et le soutien de la Parole de Dieu ? Puis-je préciser combien de fois et en quelles circonstances ?
- Ma relation avec Christ est-elle un monologue ou un dialogue ? Comment rendre ce dialogue vivant et fructueux en moi et autour de moi ?
- Comment faire de mes paroles et de mes actes un reflet de la « gloire » de la Parole de Dieu, selon l’exemple des prophètes bibliques ?
- Comment ce texte de la lettre aux Hébreux peut-il nous aider à discerner le prophète de Dieu du faux prophète ? (Mat 7.15 ; 24.11)
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19.12.2008
Etude n°13 Expiation et Harmonie universelle (27 Déc 08)
Etude n°13 : Réconciliation et Harmonie Universelle (27 Déc 08)
Nous réunissons dans cette étude de conclusion tous les textes de l’Apocalypse abordés cette semaine dans le Guide d’étude de la Bible.
Texte : Apocalypse 20.1 à 21.8
Observons
Le contexte
La première partie de l’exécution des jugements se situe sur terre (ch 19) : Au retour de Christ, les élus participent au festin des noces de l’Agneau, tandis que les impies et le duo des puissances terrestres responsables des maux terrestres (bête et faux prophète v 20) disparaissent dans le festin des oiseaux et l’étang de feu.
Reste à régler le sort définitif de l’Adversaire de Dieu, et à mettre fin au grand conflit pour la gloire de Dieu..
Le texte (20.1 à 21.8)
Assez long, il est constitué de 3 parties :
1- les mille ans : a) l’emprisonnement de Satan (20.1-3)
b) le jury des élus (20.4-6)
a’) le dernier combat et l’anéantissement de Satan (20.7-10)
2- le jugement dernier des impies (20.11-15)
3- la nouvelle Jérusalem ou la consommation de l’union de Christ et de son épouse (21.1-8)
Les deux premiers tableaux sont liés par les mots : mille ans (6 fois) trône (3 fois : v 4, 11,12), juger (2 fois : v 4, 13). Ce lien permet de penser qu’il n’y a pas d’ordre chronologique dans la présentation de ces deux tableaux : l
e jugement dernier des impies par les élus est annoncé dans la partie centrale du tableau des mille ans (v 4a), et développé ensuite, en parallèle du sort de Satan. Dans notre logique nous aurions placé ces tableaux ainsi : 1-a), 1-b), 2-, 1-a’, 3-.
Le troisième tableau est lié aux précédents par les expressions : seconde mort (20.6, 14, 21.8) étang de feu (20.10, 14, 15, 21.8), trône (21. 3,5 ).
(Miniature du 15è : la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste)
Comprenons 1- Les mille ans
a) l’emprisonnement de Satan (20.1-3)
Après l’élimination des impies, hommes de toutes catégories, et de leurs puissants (Bête et faux prophète), l’ange « qui avait la clé de l’abîme » s’en prend au grand responsable du mal, Satan lui-même, identifié comme le dragon, le serpent ancien, le diable (v 2).
L’abîme est considéré dans la Bible comme le lieu profond et insondable où se trouvent les démons, et dans lequel ils ne veulent pas retourner, car en y étant jetés, ils n’auraient plus d’occasion de nuire sur terre. C’est ainsi que les démons du Gérasénien guéri par Jésus préfèrent aller dans un troupeau de pourceaux plutôt que de retourner dans l’abîme où ils n’auraient plus de pouvoir (Lc 8.31-32). L’abîme est devenu ainsi synonyme du « séjour des morts », puisque les morts n’y ont plus aucun pouvoir (Ecc 9.5-6,10).
Enchaîner Satan, le jeter dans l’abîme, et l’y sceller, c’est donc lui ôter toute faculté de nuire, tout pouvoir sur la terre. C’est d’autant plus compréhensible, que toute vie a été détruite sur terre (v 5), de sorte qu’il ne peut plus agir sur les nations et les personnes.
Celui qui a la clé de l’abîme est le Christ lui-même qui « a les clés de la mort et du séjour des morts » (Ap 1.18). Toutes ces images contribuent à la révélation de la toute puissance de Christ, qui s’est rendu maître de l’Adversaire à la croix, et qui maintenant exerce les pleins pouvoirs sur lui. Il limite toutefois son emprisonnement et son isolement à la durée de mille ans, période qu’on a coutume d’appeler le millenium. Ce terme n’est pas biblique, étant donné ses mauvaises interprétations dues à la méconnaissance du texte, il faut éviter de l’employer.
Les mille ans sont-ils littéraux ou pas ? Peu importe ! L'expression répétée 6 fois dans le passage, suggère que c'est un temps nécessaire pour régler le sort de Satan (6 = chiffre de l'imparfait, de l'impie par rapport au 7, chiffre de la perfection ou plénitude divine); et pour juger les mécréants, c’est-à-dire faire constater aux élus la justice et l'amour de Dieu à leur égard. Les élus peuvent reconnaître que les impies n'auraient pas supporté l’éternité avec Celui qu'ils ont rejeté toute leur vie. Dieu ne s'impose à personne.
Ainsi s’achève la partie terrestre des jugements. Ce qui suit sera situé "au ciel", pendant les mille ans de purification de la terre par le feu, dont parlait Pierre (2 Pi 3.10) : « La terre avec les oeuvres qu’elle contient sera consumée ».
b) le jury des élus (20.4-6)
Au centre du passage concernant Satan, se situe la scène montrant les ressuscités de la première résurrection (v 5-6), sacrificateurs de Dieu, rois et juges avec Christ (v 4,6). Cette situation au centre veut mettre l’accent sur eux et sur ce qui se passe dans cette période de mille ans.
Toutefois, les deux scènes avec les élus (20.4-6 et 21.1-7) encadrent une scène touchant aux impies. En effet leur sort intéresse en premier chef les élus :
Pourquoi n’ont-ils pas participé à la première résurrection ? Leur condamnation est-elle justifiée ? Disparaîtront-ils définitivement, ou y aura-t-il encore des risques de rebellion et de mal dans le royaume de Dieu ? Telles sont les questions que peuvent se poser les élus, et qui trouvent une réponse dans ces passages.
Tandis que sur terre règnent la solitude et la désolation qui condamnent Satan à l’inaction, dans le ciel fonctionne encore le tribunal de Dieu. Cette fois, ce sont les élus qui siègent sur les « trônes et reçoivent le pouvoir de juger » (v 4). En outre, « ils règnent avec Christ pendant mille ans ».
Qui sont ces élus ? Le texte précise que ce sont d’un côté « les martyrs pour leur foi et leur témoignage », et de l’autre (il n’y a pas le même pronom en grec pour les désigner) « ceux qui n’ont pas adoré la bête et son image », « ceux qui n’ont pas reçu la marque de la bête sur leur front et sur leur main ».
Ces mentions indiqueraient qu’il y a deux catégories parmi les élus, qui règnent avec Christ, la catégorie de ceux qui ont traversé victorieusement la grande tribulation finale (7.14) et qui ont été transformés au retour de Jésus (1 Th 4.17), et la catégorie de tous ceux qui, dans tous les temps, sont restés fidèles et ont donné leur vie à Dieu dans leurs persécutions et tribulations ?
Les deux expressions sont mises en parallèles autour d’un centre qui donne la raison du martyre et de la fidélité des deux catégories d’élus : le témoignage de Jésus et la parole de Dieu.
On peut en tirer l'application pratique que l'étude de la Parole affermit la fidélité et rend capable de témoigner de Jésus, malgré les difficultés de l’oppression qui provoque la mort physique, et de l'influence impie et idolâtre des pouvoirs politico-économico-religieux qui imposent une unité de pensée et d'action à la fin des temps (Ap 13.11-17).
Les élus font partie de la première résurrection (v 4,6) , celle qui a accompagné le retour de Jésus (1Th 4. 16) et sont sacrificateurs de Dieu : c’est la troisième fois que l’Apocalypse mentionne le peuple de sacrificateurs pour Dieu (1.6 ; 5.10 ; 20.6) en l’associant au royaume de Dieu. C’est le peuple de ceux qui « servent le Seigneur jour et nuit dans son temple » (7.15).
(résurrection des morts, Psautier de Hildesheim 13è)
c) le jugement dernier (v 11-15)
Les élus ont le pouvoir de juger, mais qui ou quoi ?
Pendant ces mille ans, ils vont pouvoir constater la justice de la sentence divine sur les impies. Ils ont accès aux livres des oeuvres (v 12) et peuvent ainsi comprendre pourquoi ces impies ne sont pas inscrits sur le livre de vie avec eux (v 15).
En même temps, ils peuvent reconnaître Dieu innocent de toutes les accusations de Satan. C’est pourquoi, pour la seule fois dans l’Apocalypse, le trône de Dieu est qualifié de « blanc » (v 11) : Dieu est justifié au yeux de tous.
Ainsi pour les élus, il n’y a plus aucune ombre sur l’amour de Dieu. Ils voient que même la décision d’élimination des impies est une décision d’amour pour eux, les élus, qui ne pourraient pas côtoyer éternellement des gens qui ne partagent pas leur amour et leur adoration de Dieu, mais aussi pour les impies eux-mêmes : ils n’auraient pas pu supporter de vivre l’éternité avec un Dieu qu’ils n’ont jamais aimé.
2- La fin des mille ans :
a) le combat final (20.7-9),
Si un doute pouvait encore subsister sur la faculté de repentance des impies à la dernière minute, ce doute est dissipé par le mouvement de révolte contre Dieu et son peuple, qui rassemble tous les impies ressuscités pour entendre la sentence divine sur leurs œuvres.
Le passage n’est pas construit chronologiquement. On peut comprendre ainsi le scénario :
Satan est libéré de son isolement par la résurrection des impies, qui entendent les raisons de leur condamnation (v 7, 13, 12, 15). Puis Satan les rassemble dans une dernière tentative de révolte qui est interrompue brusquement par Dieu (v 8-9).
Les hommes, puis leur séducteur, la mort et le séjour des morts qui l’accompagnent, sont éliminés par le feu (v 15, 9-10, 14, 21.8).
Ce combat contre le camp des saints et la ville bien-aimée (20. 9) est sans doute à considérer comme une révolte terrestre, manifestée contre les élus que les impies ressuscités aperçoivent au ciel, puisque la ville sainte n’est pas encore descendue sur la terre purifiée (21.2). Symboliquement c'est le dernier combat des humains non régénérés, restés "terrestres" dans leur pensée et tout leur être intérieur, contre l'Esprit de Dieu qui habite les élus.
b) l’anéantissement de Satan (20.10,14-15, 21.8).
L’image de l’étang de feu pour signifier la seconde mort (v 14 et 21.8)) est caractéristique de la pensée hébraïque : le feu servait à éliminer les déchets de la terre, et brûlait tant qu’il était alimenté. Une fois éteint, il ne laissait d’autres traces que sa fumée, puis des cendres. Utiliser cette image permettait de faire comprendre que la disparition du mal sera totale et irrémédiable, comme le précise la troisième partie du passage :
21.4 « la mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses auront disparu. ».
Un problème se pose à propos de 20.10 : « Ils seront tourmentés jour et nuit, aux siècles des siècles ». Si les impies disparaissent définitivement dans une seconde mort, comment peuvent-ils continuer à être tourmentés « éternellement » ? Ce verset justifierait-il l’idée d’un enfer éternel ?
Les notions de perpétuité, d’éternité ne sont pas humaines et sont transcrites en hébreu et en grec par des termes qui n’indiquent pas l’infini, dont on ne peut avoir une conception précise. En général les expressions employées signifient seulement un long temps, une durée limitée à l’existence de la terre, ou des hommes. Ainsi « aux siècles des siècles » ne signifie pas « éternellement » comme nous le pensons aujourd’hui, mais seulement « un long moment ». Il faut prendre dans ce sens aussi l’expression « jour et nuit », qui ne correspondrait à rien dans une nouvelle création « où il n’y aura plus de nuit »(22.5). Le tourment des impénitents et du diable aura une durée, longue selon le texte, (mais qu’est-ce que cela signifie dans un monde hors de notre temps ?!), en fonction de la gravité de leurs torts, et jusqu’à leur disparition définitive. On en perdra alors jusqu’au souvenir, puisque selon Esaïe « on ne se rappellera plus les événements du début, ils ne remonteront plus à la pensée » (65.17).
2- La nouvelle Jérusalem (21.1-8) (Tableau moderne de la Jérusalem céleste)
Tandis qu’est fixé le sort éternel des impies, on pourrait se demander ce que sera celui des élus. Le début du chapitre 21 répond à cette question.
Ce passage est inclus dans la section des jugements, car il précise le sort éternel des élus et des impénitents. En effet, il se termine par l’identification de ces impénitents et par la précision de leur sort : la seconde mort (v 8). Cette 3ème répétition certifie la vérité divine énoncée auparavant (20. 6, 14).
v 1 : Après le millénium, il y aura « un nouveau ciel et une nouvelle terre... où la mer ne sera plus ». Inutile de s’imaginer ce monde ! Il appartiendra à une toute autre économie, où l’agitation des peuples, symbolisée par la mer, n’aura plus lieu d’être.
v 2 : Le peuple de Dieu, enlevé au ciel pour la durée des mille ans, descendra vivre sur la terre. Son union avec le Christ sera complète, c’est à ce moment là que sera consommé le mariage de l’Agneau avec son Epouse, comme le précise le verset 3 : « Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes ! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux ». Le tabernacle, c’est la tente de la rencontre, la maison où Dieu vit avec les siens, sans aucun obstacle désormais à leur communion (v 4).
v 5 : Dieu lui-même, la voix sortie du trône (v 3) certifie la véracité de cette promesse de nouveauté de vie avec lui.
v 6 : Enfin retentit le « C’est fait ! » qui marque la fin des jugements. Dieu signe sa révélation en reprenant les termes de Ap 1.8 : « Je suis l’Alpha et l’Omega » expliqués par « le commencement et la fin ». Il renouvelle son appel au lecteur, en insistant sur la gratuité de son offre de l’eau de la vie. Cet appel sera repris une dernière fois dans la conclusion du livre (22.17). Il exprime tout le message d’amour qui se fait entendre de la première à la dernière page de la Bible. Dieu met tout son amour dans la promesse d’appeler « son fils » celui qui l’entendra et « qui vaincra » (v 7).
Texte : Apocalypse 21.22-22.5
Observons
Le contexte : La séquence de l’exécution des derniers jugements de l’humanité, commencée au chapitre 15 s’est terminée au chapitre 21.8, avec une dernière mention de ceux qui se seront exclus du Royaume de Dieu. A ce moment (v 9), l’ange montre à Jean l’épouse, la femme de l’Agneau, sous la forme de la ville sainte, la Jérusalem céleste qui descend du ciel, d’auprès de Dieu (v 10). Son aspect glorieux est décrit par des symboles qui insistent sur son ouverture à tout le peuple de Dieu, sur la solidité et la richesse de ses fondements, et sur sa pureté (v 11-21).
Le texte
21.22-23 : Présence de la Gloire de Dieu et de l’Agneau dans la Ville
24-27 : Population de la Ville : la gloire et l’honneur des nations
22.1-2 : Le fleuve d’eau de la vie et l’arbre de vie
3-5 : les serviteurs de l’Agneau seront dans la lumière du Dieu Éternel.
Dans ce court passage, l’Agneau est mentionné cinq fois, toujours associé au Seigneur Dieu, à sa gloire ou son trône, et au livre de vie.
Comprenons
Dès le début de cette septième et dernière section de l’Apocalypse, décrivant la nouvelle Jérusalem, le personnage qui en est la tête et le centre est désigné sous le nom de l’Agneau. Nous avons vu tout ce trimestre, à quoi faisait allusion ce nom donné à Jésus-Christ. « Il est l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1.29) », celui dont le sacrifice permet l’élimination du péché. On aurait pu penser que dans la nouvelle Jérusalem, le Fils de Dieu ayant retrouvé la gloire du Père, serait désigné par son nom de Jésus-Christ, le Sauveur et l’Oint de Dieu. Or voilà qu’il garde pour l’éternité son nom d’Agneau, parce que ce nom rappelle sa relation à son peuple : Il a donné sa vie pour lui accorder la vie éternelle.
Le texte prend bien soin de lier Dieu et l’Agneau : ils sont tous deux le temple (21.22), la lumière (21.23) ; ils occupent tous deux le même trône (22.1, 3). C’est le Dieu Tout-Puissant qui s’est donné pour le salut de son peuple, et qui se rend visible sous la forme de l’Agneau pour un face à face avec son peuple.
La dernière section tente de faire comprendre par des images symboliques quels seront les liens entre Dieu et son peuple dans la vie éternelle, lorsqu’il n’y aura plus d’obstacle à la relation avec Dieu.
21.9 : le premier lien évoqué est celui du couple, tels que Paul les a évoqués en Eph 5.21-27, unis dans l’amour, le partage et l’humilité.
21.22-23 : Le second lien est la lumière de Dieu, le Saint-Esprit ( ?) qui permet mutuellement de se voir, de se comprendre, de s’accepter, sans zones d’ombre, ni mensonge, en toute transparence (v 25, 27).
V 24-26 : le troisième lien entre Dieu et les hommes sera l’obéissance de tous les élus devenus rois par leur foi en l’Agneau et leur service de Dieu (1 Pi 2.9 ; Ap 5.10 ; 22.5b). Ils représenteront la gloire et l’honneur des peuples de la terre. Cette gloire et cet honneur ne consistent pas dans la grandeur sociale terrestre, mais dans une vie dirigée par l’Esprit de Dieu, menée selon sa volonté, dans la communion avec Lui et avec les frères.
L’image de l’inscription dans le livre de vie de l’Agneau renvoie au chapitre 5, où l’Agneau a reçu le livre scellé de 7 sceaux, parce qu’il est le seul digne de l’ouvrir, ayant donné sa vie pour que se réalise le salut de ceux qui croient en Lui.(5.9) Ainsi se referme la prise de connaissance de ce livre de vie, ou en d’autres termes le plan du salut établi par Dieu dès la fondation du monde.
Le quatrième lien entre Dieu et son peuple est suggéré dans les images symboliques du fleuve
de l’eau vive
et de l’arbre de vie éternellement productif, qui nous renvoient aux origines (Gen 2.9-10). La présence de Dieu, sans obstacle (v 5), donnera à tous sans interruption une vie harmonieuse (symbolisée par l’eau vive, limpide comme le cristal, et la nourriture abondante offerte par l’arbre), riche de fruit, exempte de maladies de toute nature (21.4), où domineront la justice (=trône) et l’amour de Dieu (= l’Agneau). Le projet de vie d’origine est enfin totalement réalisé grâce au don de soi de l’Agneau, pour éliminer le péché du monde (= faire l’expiation).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- L’étude précise de ces textes me permet-elle d’envisager la fin des temps avec la sérénité demandée par Jésus dans Jean 14.1-3 ? Puis-je être reconnaissant(e) envers Dieu pour cette révélation ? Quelles sont encore mes angoisses ou mes interrogations ?
- A quoi m’incite la connaissance de la fin du grand conflit entre Dieu et Satan ? A redouter de ne pas faire partie de la première résurrection ? A attendre passivement et impatiemment la réalisation de la prophétie ? A affermir ma foi par la Parole de Dieu pour être parmi les élus ? A témoigner de l’amour de Dieu pour attirer à lui le plus grand nombre ?
- Quels aspects de Dieu révélés dans ces textes m’aident à vivre dans sa présence dès aujourd’hui ?
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12.12.2008
Etude n°12 Unis au Christ
Romains 6.1-14
Observons
Le contexte
Le ch 6 fait partie du traité doctrinal sur le salut par la foi en Jésus-Christ, qui occupe les ch 1-11. Paul vient de comparer l’œuvre d’Adam et celle de Christ (5.12-21), montrant combien la grâce de Christ a surpassé la faute d’Adam : Christ a introduit la justice et la vie éternelle au lieu du péché et de la mort (5.21).
Le ch développe les conséquences de cette œuvre de salut de Christ en faveur de l’homme pécheur.
Le texte
On distingue trois parties :
1- v 1-4 : par le baptême nous sommes morts au péché pour vivre en nouveauté de vie avec Christ.
2- v 5-11 : Crucifixion en Christ de notre nature pécheresse pour vivre avec Dieu.
3- V 12-14 : Laissons Christ régner dans nos vies pour pratiquer la justice.
Les mots péché et mort reviennent 11 et 13 fois, avec leur cortège de mots : ensevelis, crucifiés, impuissance, esclavage, dominer, régner, corps mortel, convoitise, armes pour l‘injustice, être sous la loi.
En opposition, les mots vie, résurrection, nouveauté de vie, vivre avec Christ, vivants revenus de la mort, s’entrelacent avec les précédents.
Comprenons
(Dessin de Zabou : Dis, maman, explique-moi…le baptême) 
Affirmer que « là où le péché abonde, la grâce surabonde », pourrait soulever l’objection souvent entendue : « continuons à pécher, à vivre selon nos pulsions égoïstes et orgueilleuses, Dieu qui est très bon, nous pardonnera toujours ! » Paul réfute cet argument fallacieux par l’affirmation que le chrétien, en passant par le baptême, a changé de Maître, de Seigneur. Par le baptême il s’est identifié à la mort et à la résurrection de Christ-Jésus. Il a reconnu que sur la croix, Jésus a fait mourir la nature pécheresse de l’homme, afin de lui donner par la résurrection, la possibilité de vivre une vie nouvelle.
« Christ a affronté une mort réelle et physique. La mort du croyant est réelle aussi, mais psychologique et spirituelle, non biologique » (Ph. Augendre, De la peur à la paix et la joie, Essai sur la possession démoniaque et la vie chrétienne, p 129, Ed V&S),
Le symbolisme du baptême par immersion est extrêmement parlant : le plongeon dans l’eau représente l’ensevelissement et la purification de tout ce qui éloigne de Dieu, de tout ce qui, dans notre être, est dominé par le désir d’indépendance de Dieu, par l’égoïsme et l’orgueil, par les aspirations à la gloire, au pouvoir, au profit. Ce qui meurt symboliquement et spirituellement, ce n’est pas la personnalité du baptisé, c’est son vieil homme sans Dieu (Rm 6.6), son naturel non régénéré par l’Esprit.
La sortie de l’eau est une image de la résurrection de Christ qui a vaincu la mort définitivement, et s’est rendu maître de tout ce qui y conduisait. C’est aussi une image de la nouvelle naissance du baptisé, qui uni à Christ, se retrouve libéré de la domination du péché. Christ devient le Seigneur de son être intérieur, pardonné et purifié, et lui permet de marcher (= progresser) dans une vie sanctifiée par sa présence. Le baptisé devient alors un instrument de « justice » ; s’il reste dans la communion de Christ, il reçoit la grâce de vivre pour et par Dieu, en témoin des lois et des bienfaits de son royaume.
Dans la faiblesse de notre foi, nous oublions trop souvent la promesse de Dieu au moment de l’engagement du baptême, de nous « ressusciter » réellement dès à présent. Accrochés à notre « vieil homme », nous le laissons surnager, manifestant par là notre difficulté à nous livrer au Seigneur ! Rappelons-nous que ce que Dieu promet, il l’accomplit, et que unis au Christ, nous sommes vivants pour Dieu ! Comment le manifesterons-nous dans notre vie personnelle et dans notre vie d’église ?
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quel regard est-ce que je porte sur moi ? (v 11). Suis-je un pécheur invétéré, un pardonné affranchi de la loi (= pouvant vivre sans me soucier de la volonté de Dieu), un libéré de la domination et de la condamnation du péché, désireux de vivre avec Dieu à tout instant ? Quelles attitudes entraîne chacune de ces visions ?
- Qui domine mes désirs, mes souhaits, ma volonté ? Si c’est Jésus le Seigneur, comment cela se manifeste-t-il concrètement dans ma vie (relations, affections, loisirs, usage du temps et de l’argent).
- Comment être aujourd’hui une arme de justice (= justesse, droiture) dans la main de Dieu, une bénédiction pour les autres, un appel à une vie nouvelle avec Dieu ?
- L’union au Christ vécue dans le baptême est-elle acquise une fois pour toutes à ce moment ? Comment l’entretenir pour qu’elle demeure et transforme nos vies personnelles et notre vie d’église ?
- Quels éléments de mon vieil homme surnagent encore et freinent ma croissance en Christ ?
Annexe
Pour ceux qui voudraient reprendre, à l’occasion de cette étude sur le sens du baptême, le texte de 1 Co 15.29 sur la question du baptême pour les morts, nous vous renvoyons à l’étude n° 11 du 2è trimestre 08 : "la puissance de sa résurrection", en y ajoutant ces quelques réflexions : la tentative traditionnelle d’expliquer ce verset en s’appuyant sur une coutume spécifique de l’Eglise de Corinthe de baptiser « au-dessus » des (tombes des) morts , ne se justifie pas bibliquement : comment baptiser par immersion au-dessus d’une tombe ? Et pourquoi baptiser pour des morts dont la bible dit qu’ils sont dans un sommeil sans conscience ?
Il s’agit pour Paul de démontrer la vanité d’un acte de baptême qui mime la mort et la résurrection de Christ, si on ne croit pas à sa résurrection ni à celle des morts. C’est stupide de se faire baptiser, de « faire mourir son vieil homme», s’il n’y a pas de résurrection ! Si les morts restent à l’état de cadavres, pourquoi se faire baptiser ? Le rite perd son sens, et la nouvelle naissance et la résurrection finale n’existent pas. Alors autant profiter des jouissances matérielles de ce monde et sombrer ensuite dans le néant !
Cette interprétation s’appuie sur le contexte, sur la logique du raisonnement, et sur une autre ponctuation du texte. Rappelons que le texte grec d’origine en langue populaire (la koïnê), n’est pas ponctué et élide le verbe être, et que les éditeurs de la Bible ont rajouté la ponctuation beaucoup plus tard, selon leur interprétation des textes. Voici un essai de ponctuation qui donne à l’argumentation un ton beaucoup plus parlé : « Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser ? Pour (rester) des cadavres, si les morts ne ressuscitent absolument pas ! Pourquoi se faire baptiser pour (être) des cadavres ? ».
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05.12.2008
Etude n°11 les bienfaits du sacrifice expiatoire de Christ (13 Déc 08)
Etude n° 11 : Bienfaits du sacrifice de Christ (13 12 08)
Hébreux 7.20-28
Observons
Le contexte
Le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux est consacré à la démonstration de la supériorité du sacerdoce de Jésus « selon l’ordre de Melchisédek » (Ps 110.4). Dans les versets 1 à 10, l’auteur comparant Jésus à Melchisédek, établit sa supériorité par rapport à Abraham et aux Lévites.
Le texte
V 20-22 : Christ institué sacrificateur par un serment divin
V 23-25 : Christ seul sacrificateur éternel, sauveur parfait et intercesseur
V 26-28 : le Fils par sa sainteté est un sacrificateur parfait.
Toute l’argumentation tourne autour du rôle du souverain sacrificateur.
Comprenons
Le contexte
En tant que sacrificateur du Très-Haut, et roi de Salem (= paix), Melchisédek (= roi de justice) est considéré très tôt, par David lui-même, comme un « type » du Messie à venir. Jésus le confirme en rappelant le Psaume 110, composé par David « animé par l’Esprit », et en s’appropriant la prophétie de ce psaume (Mat 22.43-44).
Melchisédek, apparu sans généalogie ni descendance, pour recevoir la dîme des mains d’Abraham, lui fut donc supérieur, ainsi qu’aux Lévites qui, issus d’Abraham, furent consacrés au sacerdoce (Hé 7.4-11). Tous furent mortels et faillibles, alors que Christ fut institué sacrificateur, par la puissance d’une vie impérissable (v 16) et sans péché, sans être issu d’une tribu sacerdotale ; il a donc supprimé le sacerdoce lévitique, devenu inutile (v 18) et a introduit une meilleure espérance « par laquelle nous nous approchons de Dieu » (v 19).
Dès cette introduction à notre texte, apparaît un des bienfaits du sacrifice expiatoire et rédempteur de Christ : sa médiation comme sacrificateur, pour nous permettre l’accès à Dieu.
Le texte
Pour comprendre l’intercession de Jésus, il faut se souvenir que le sacrificateur de l’ancienne alliance était consacré au service du temple comme représentant du peuple auprès de Dieu, en présentant les prières du peuple sur l’autel des parfums et en en aspergeant les cornes du sang des victimes sacrifiées ; outre cette représentation, il était aussi représentant de Dieu auprès du peuple, surtout le Jour des Expiations, où, après avoir purifié le sanctuaire, il en ressortait pour éliminer symboliquement le mal, en le transférant sur le bouc émissaire.
Le sacrificateur œuvrait donc pour transmettre aux fidèles de la part de Dieu l’assurance du pardon. L’auteur de l’épître aux Hébreux compare Jésus-Christ à ces sacrificateurs humains pour montrer combien le sacerdoce de Jésus dépasse celui des nombreux hommes mortels qui l’ont précédé.
Alors qu’il n’est pas de la tribu de Lévi d’où sortaient les sacrificateurs, Jésus a été institué sacrificateur, non selon une loi humaine, mais selon un serment de Dieu (v 6.17 ; Ps 110.4). Le serment n’a de valeur que s’il est garanti par une autorité, une personne supérieure à celui qui le prononce. On prête serment sur son père, sa mère, le roi, le temple, un objet ou une personne sacrée, pour attester de la vérité de ses mots. Dieu rend sa parole sûre en jurant par lui-même, car il n’y a personne de plus grand que lui ! Il y a peu de serments de Dieu dans la Bible. Notre texte fait allusion au premier serment de bénédiction par l’ange de l’Éternel à Abraham après le sacrifice d’Isaac (Genèse 22.16).
Esaïe 45.22b-23 rapporte le serment de Dieu appelant les hommes à se tourner vers lui : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, car je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre. Je le jure par moi-même, la vérité sort de ma bouche, et ma parole ne sera pas révoquée… ».
Dans Apocalypse 10.5-7, l’ange debout sur la mer et sur la terre (= image du Christ intercesseur) jure par l’Éternel et le Créateur qu’il « n’y aura plus de délai » pour l’accomplissement du mystère de Dieu.
Dans notre texte aux Hébreux, Dieu s’engage solennellement à accomplir par Jésus une œuvre de salut et de médiation en faveur de son peuple. Parce que Christ ressuscité et saint, vit éternellement, son rôle de sacrificateur médiateur entre les hommes et Dieu, est unique (il ne peut avoir de successeurs) et parfait : il sauve vraiment et intercède (v 24-25).
On peut se demander en quoi consiste l’intercession de Christ auprès de Dieu. Comment imaginer un Dieu séparé en deux, le Père, juge qui a besoin d’être supplié par son Fils qui lui présente son sacrifice pour le rendre favorable aux pauvres humains ? C’est une dichotomie absolument contraire aux Evangiles et aux paroles de Christ (Jean 17.21-22), disant ne faire qu’un avec son Père.
Selon notre habitude, cherchons dans la Bible une explication de l’intercession divine à travers des épisodes où interviennent des sacrificateurs, « types » du Christ. 
Le premier texte se situe en Nombres 17.6-15 : A la suite de la révolte de Koré et de son châtiment le peuple murmure contre Dieu, Moïse et Aaron. Une plaie décime les tribus. Moïse ordonne à son frère le sacrificateur Aaron de parcourir le camp en offrant le parfum de l’autel d’or pour « faire l’expiation » du peuple (= effacer son péché). « Aaron se plaça entre les morts et les vivants, et la plaie fut arrêtée (v 13). Aaron avec son encensoir brûlant les parfums symbolisant les prières de repentance du peuple, fut le médiateur qui au nom de Dieu purifia le peuple, effaça son péché et ainsi conserva la vie à ceux qui étaient pardonnés. De même Christ, dans son sacerdoce éternel, se place entre ses fidèles repentants et celui qui les accuse devant Dieu et cherche à les perdre. Il les défend, les protège, les purifie et leur accorde le feu de l’Esprit pour vivre et persévérer dans la foi, au sein d’un monde où se déchaînent les puissances des ténèbres.
Le second texte d’intercession (Zacharie 3.1-5) est encore plus précis, puisqu’il met en scène l’ange de l’Éternel, Satan, l’Éternel, devant lequel comparaît le sacrificateur Josué, en vêtement sales. Dieu récuse les accusations de Satan et sous la forme de l’ange, purifie Josué en le revêtant d’habits précieux, en signe de son pardon !
Un troisième texte biblique nous montre sous forme d’images symboliques l’intercession de Christ pour son peuple de la fin des temps. Dans Apocalypse 8.3-5, un ange à l’encensoir (rappel d’Aaron et de sa fonction sacerdotale d’intercesseur) est placé sur l’autel d’or : ce qui signifie qu’il est à la fois sacrificateur (le sacrificateur seul pénétrait dans le lieu Saint où se situait l’autel d’or des parfums, mais se tenait devant et non dessus !) et victime (dont le sang était aspergé sur les cornes de l’autel. (Dessin de Zabou) 
Cet ange représente Christ, qui seul est à la fois prêtre et victime, opposant le don de sa vie sur la croix en faveur des croyants en son sacrifice, aux accusations de culpabilité proférées par Satan. Son intercession les libère de son emprise maléfique et sournoise, les assure de son pardon et de la transmission de son Esprit (Ap 8.5) en jetant le feu de l’autel sur la terre. Ils en sont fortifiés et scellés (7.3), pour persévérer dans la foi au milieu des fléaux avertisseurs qui tombent sur la terre, véritables trompettes appelant les hommes à se repentir (Ap 8.21).
Ainsi ces trois textes nous permettent d’approcher la compréhension de la rédemption et de l’intercession parfaites de Christ. Sa mort sur la croix efface le péché de notre nature humaine sans Dieu, son sang (= sa vie), donné volontairement en notre faveur (v 27), nous offre la possibilité d’une autre vie, une vie nouvelle guidée par l’Esprit qu’il répand sur ceux qui s’approchent de Dieu avec un cœur contrit, son intercession nous défend et nous protège contre les fausses culpabilisations suggérées à notre esprit par l’adversaire ; le feu de son Esprit Saint nous purifie et nous anime d’une nouvelle ardeur pour le servir auprès de nos frères les hommes, il nous éclaire dans les dédales et les embûches d’un monde déboussolé et agité de violences.
V 28 : Etabli par Dieu sous le sceau d’un serment solennel, dans ce ministère après sa résurrection et son ascension, Jésus-Christ, vivant pour l’éternité, sauve ceux qui s’approchent de Dieu par lui (v 25), le médiateur d’une alliance plus excellente que celle de l’ancien culte terrestre, qui n’était que « l’image et l’ombre des choses célestes. » (Hé 8.5)
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment intégrer à ma vie personnelle et à celle de mon église la révélation de ce texte sur l’intercession de Christ ? En quoi cette intercession peut-elle modifier nos prières, nos projets d’action dans le monde, nos relations avec les autres, et avec Dieu ?
- Pourquoi ne pas demander au Seigneur de nous éclairer dans l’étude des textes difficiles de sa Parole, pour comprendre comment il agit en notre faveur à travers les événements du monde et de notre vie ?
- Ai-je l’assurance du pardon parfait acquis pour moi par Christ sur la croix ? Comment sa puissance de résurrection et d’intercession agit-elle en mon cœur et ma conscience ? Un sentiment de culpabilité subsiste-t-il toujours ? Pourquoi ? et Comment l’éliminer ?
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Sommaire du 1er trimestre 09
Sommaire du 1er trimestre 09 : le Don de prophétie
Etude n°1(03 01 09) : Moyens célestes de communication, Héb 1.1-4
Etude n°2 (10 01 09) : Le don de prophétie, Nb 12.1-16
Etude n°3 (17 01 09) : Dons spirituels et prophétie 1 Co 12.1-11
Etude n°4 (24 01 09) : Le Don de prophétie et le Reste : Ap 12.17 et 14.1-5, 12
Etude n°5 (31 01 09) : Inspiration des prophètes 2 Tim 3.14 à 4.2
Etude n°6 (07 02 09) : Tester les prophètes Jonas 3 et 4
Etude n°7 (14 02 09) : L'oeuvre des prophètes 1 Co 14
Etude n°8 (21 02 09) : L’autorité du prophète Ac 16.25-34
Etude n°9 (28 02 09) : L’intégrité du prophète 2 Chr 18. 4-27
Etude n°10 (07 03 09) : Le message du prophète 1 Tim 4.1-16
Etude n°11 (14 03 09) : L’interprétation des prophéties Ja 2.14-26
Etude n°12 (21 03 09) : Les bénédictions du don de prophétie Ex 17.8-16
Etude n°13 (28 03 09) : Confiance dans la prophétie Actes 10
(Miniature du 14è : groupe de prophètes)

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