26.09.2008

Etude n°1 Origine de l'expiation, Nature divine (4 10 08)

Réconciliation et croix du Christ

Etude n°1 : La nature de Dieu, origine de la réconciliation (3 Oct 08)

Esaïe 46.9-13

Observons

Le contexte

Dans les chapitres précédents, l’Eternel appelle son peuple exilé à Babylone, à se souvenir qu’Il est son Créateur, le seul vrai Dieu qui connaît son passé et son avenir (44.6-7), alors que les idoles fabriquées par l’homme n’ont « ni connaissance ni intelligence »(44.18). L’Eternel a racheté Israël et lui a pardonné (44.22-24), et suscitera Cyrus pour rebâtir Jérusalem et son temple (44.28-45.25). L’Eternel veut porter son peuple et le libérer, tandis que les idoles sont portées par l’homme et pèsent sur ses épaules (46.1-8).liberté.jpg

Le texte

a)     9-10a : Dieu est seul vrai Dieu, omniscient

b)     10b : La réalisation de sa promesse est sûre

c)      11a : Projet divin de libération du peuple

b’)  11b : La réalisation du projet est sûre

a’)  12-13 : Justice et salut ne tardent pas pour Israël Deux appels au souvenir et à l’écoute (9 et 12) ponctuent les paroles de Dieu se présentant et annonçant son projet en faveur du peuple. Deux affirmations de réalisation sûre encadrent ce projet, mis en valeur au centre des parallèles concentriques.

Comprenons

a)  Après la visite des Chaldéens chez le roi Ezéchias qui, guéri miraculeusement, n’avait pas rendu gloire à Dieu devant eux et s’était contenté de leur montrer toutes ses richesses, Esaïe a prophétisé la ruine de Jérusalem et la déportation en exil à Babylone (39.6-7). Le livre du prophète se poursuit à partir de là avec les encouragements au peuple à mettre sa confiance en Dieu (Ch 41). Celui-ci annonce la venue de son Serviteur (42) qui révèlera le droit et la vérité (42.3) et libèrera son peuple (V 6-7), parce qu’il « a du prix à ses yeux » (43.4). Dieu veut pardonner les fautes (43.25) et mettre tout en œuvre pour redonner à son peuple la possibilité d’être son témoin (43.10). Peu à peu Dieu révèle son projet de vie qui s’accomplira sûrement.

Pour quChaine brisée bleu.jpgelles raisons croire en la vérité de cette promesse de libération ?

Notre texte nous en donne quelques-unes.

1-     les premiers événements, dont le peuple est appelé à se souvenir, Création et libération de l’Egypte, prouvent la puissante action de l’Eternel (v 9a)

2-     L’Eternel est le seul vrai Dieu, indépendant de la pensée et de la créativité humaines. Tous les autres objets d’adoration ne sont que les produits de l’imagination et de la fabrication de l’homme, ils n’ont aucun pouvoir (9b ; 45.20), ni aucune volonté de salut (46.2).

3-     L’Eternel a la prescience de l’avenir qu’il annonce longtemps à l’avance (v 10), dès la création (Gen 3.15), afin que lorsque les choses arrivent le peuple croie (Jean 13 ;19 ; 14.29).

b) et b’) : Ce que dit l’Eternel se réalise, car c’est lui qui exécute sa volonté (v 10b). La parole de Dieu est sûre parce qu’il ne varie pas dans son projet de sauver l’homme de la mort éternelle qu’entraîne sa séparation d’avec Lui. L’histoire de l’exil à Babylone est une illustration du sort qui attend ceux qui n’écoutent pas Dieu et ne veulent pas entrer dans son projet d’avenir (Jérémie 29.11)

c) Le projet se dévoile mais reste encore flou pour Esaïe, comme pour le peuple :aigle en vol.jpg

1- l’oiseau de proie, venu d’Orient pour accomplir les projets de libération du peuple évoque dans un premier temps Cyrus le roi perse qui s’emparera de Babylone et permettra à Israël exilé de rentrer à Jérusalem et de reconstruire le sanctuaire (45.13 ; 44.28). Cyrus est comparé à un oiseau de proie, car il fondra sur Babylone et s’en emparera par surprise, mettant fin à la dynastie et à l’empire des Chaldéens. L’oiseau de proie, ou l’aigle, est dans la Bible , considéré comme le charognard qui débarrasse la nature des ordures et des cadavres qui la souillent. Il devient le symbole de l’exécution de la justice de Dieu, inévitable et rapide, qui en débarrassant le monde des impuretés et des rebelles à Dieu, rétablit les croyants dans leur droit, les purifie et leur donne ainsi accès à la communion avec Dieu. Cyrus sera l’instrument dans la main de Dieu pour manifester sa justice envers son peuple, en le libérant des oppresseurs chaldéens, et en le laissant rejoindre Jérusalem.

2- Dans un second temps, beaucoup plus lointain et flou pour Esaïe, l’oiseau de proie incarné par Cyrus, devient le « type », la « figure » du Messie (Es 45.1), qui délivrera "gratuitement" (Es 46.13 ; 52.3 ; Rm 3.24) du péché et de ses conséquences le peuple des croyants. Esaïe n’hésite pas à donner le titre de Messie à ce roi étranger à Israël, Agneau et chérubins.jpgannonçant par là la mission universelle de libération de Jésus-Christ, comparé au « soleil levant »(Luc 1.78) ou au « soleil de justice »(Mal 4.2) auquel fait allusion l’Orient (Es 46.11). Cette image de l’oiseau de proie se retrouve dans les textes qui dévoilent le jugement de Dieu. Les quatre animaux qui portent le trône de Dieu dans la vision d’Ezéchiel (1.10) et l’un des êtres vivants autour et au milieu du trône de Dieu dans l’Apocalypse (4.7) ont une face semblable à un aigle. Tous se situent dans un contexte de jugement du peuple, et peuvent représenter symboliquement une des qualités que Dieu met en œuvre pour juger son peuple. Nous avons là une piste pour approcher l’interprétation de ces textes mystérieux de la prophétie d’Apocalypse 4 et 6.

a’) Tout naturellement après l’évocation du jugement libérateur de Dieu, vient l’appel au peuple à reconnaître son endurcissement et son « injustice », c'est-à-dire sa séparation d’avec Dieu. Seule la reconnaissance de son état par le pécheur peut permettre à Dieu de faire « approcher sa justice » et son « salut ». Comment en effet rendre « juste », considérer comme juste, un pécheur, ou libérer un esclave, qui ne reconnaît ni son état, ni son besoin, ni la nécessité d’être libéré pour avoir la vie éternelle ? Justification et salut feront d’Israël la parure de Dieu ! Quelle image merveilleuse et pleine de tendresse ! Tous les êtres créés pourront admirer la bonté, l’amour et la justice de Dieu, en contemplant en Israël, son œuvre glorieuse de libération et de réhabilitation.

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          De quels événements de notre vie personnelle ou de la vie de notre église locale pouvons-nous  nous souvenir pour fortifier notre confiance en Dieu ? De quelles qualités de Dieu ces souvenirs nous font-ils prendre conscience ? En quoi cela change-t-il notre regard sur l’avenir ?

 -          Les prophéties divines nous sont-elles une aide pour vivre notre présent, ou sont-elles un refuge pour échapper à un présent difficile à vivre ? Sont-elles si floues que nous préférons les ignorer ? Quelle place leur étude tient-elle dans notre vie de foi ?

-          En quoi Christ est-il notre libérateur ? Comment cela se discerne-t-il dans notre relation à Dieu, à nous-même et aux autres ? De quoi avons-nous encore besoin d’être libérés par Lui ?

-          Comment laisser Christ nous donner « sa justice », réparer en nous son image abîmée par le péché ?

 -          Quel genre de « parure » sommes-nous, mon église et moi-même, pour Dieu notre libérateur et Sauveur ? Comment devenir une parure qui lui fasse honneur ?