20.06.2008
Etude n°13 : Son retour (28-06-08)
1 Th 4.13-18
Observons
Le contexte : Dans la deuxième partie de son épître aux Thessaloniciens, Paul exhorte ses destinataires à la sanctification (4.1-12), avant de rappeler la doctrine chrétienne de la résurrection des morts au retour de Jésus (13-18). (Zabou, Dis Papa explique-moi l’avenir, FFS) 
Il termine sa lettre par des recommandations à la vigilance (5.1-6), et à l’exercice d’une vie tout entière sanctifiée par Dieu (5.23).
Le texte
V 13.14 : la résurrection des morts est l’objet de l’espérance chrétienne
V 15-17 : Processus de l’avènement du Seigneur et de la résurrection des morts
V 18 : Exhortation à la consolation par cette espérance.
Comprenons
Le contexte
La première lettre aux Thessaloniciens est le premier écrit du Nouveau Testament et de Paul. Il l’a envoyée lors de son séjour à Corinthe, au début des années 50 ap JC, pour répondre aux besoins des disciples de cette ville portuaire et commerçante, où il avait prêché quelques temps auparavant, au cours de son second voyage missionnaire. Cette église sous prétexte que le Seigneur allait revenir bientôt, négligeait le travail quotidien et minimisait l’importance d’une vie droite (4.3-12). Au point de vue de la fermeté de la foi (3.6-9) et de l’amour fraternel (4.9) elle pouvait servir de modèle aux autres croyants du pays (1.7). Seulement elle devait progresser dans la connaissance (4.1) et la pratique de la vie chrétienne (4.10-12).
En particulier, ces chrétiens de la première génération s’inquiétaient du sort de ceux qui étaient déjà morts, avant le retour de Christ. Paul veut les rassurer, fortifier leur espérance et affermir leur patience.
Le texte
(Illustration : les 7 anges aux trompettes, 11ès)
Les chrétiens de Thessalonique n’avaient pas été suffisamment enseignés sur ce que la résurrection de Christ entraînait pour les défunts, car Paul n’avait pas pu rester longtemps dans leur ville (Ac 17.1-10,13), à cause de l’incrédulité et de la violente hostilité des Juifs. Paul leur expose ici la doctrine biblique de l’état des morts : plongés dans un « sommeil » inconscient de leur être, ils attendent dans la poussière de la terre la résurrection des corps qui accompagnera le retour de Christ. Cette conception de la mort comme un sommeil, suivie de la résurrection générale, ou éveil à une nouvelle vie, au Jour du Seigneur, est fondée sur quelques textes de l’Ancien Testament (Ec 9.5-6, 10 ; Dn 12.2, 13 ; Ps 49.16), et sur des paroles de Jésus (Mt 9.24 ; Jn 11.11), qui s’opposent à la croyance d’une autre vie immédiate et éternelle après la mort. Paul développera cette doctrine un peu plus tard (1 Co 15) et Jean à la fin du siècle l’évoquera dans l’Apocalypse (14.13 ; 20.4-6).
Qui parle de sommeil, sous-entend un réveil après un temps plus ou moins long de repos dans l’inconscience de l’environnement. Le sommeil de la mort est plus complet que celui du repos nocturne, car il est sans rêve, sans réaction aux stimuli extérieurs ou intérieurs du corps. L’espérance du chrétien est que ce sommeil débouche sur un éveil pour la vie éternelle.
Les chrétiens de Thessalonique croyant que Jésus allait revenir de leur vivant s’attristaient devant les décès de leurs frères croyants, se demandant s’ils verraient comme eux ce retour tant attendu. Paul leur détaille donc le processus de la résurrection générale, dont l’espérance se fonde sur la mort et la résurrection de Christ, en prémices de celles de tous les croyants. Par elles, Christ a vaincu la condamnation à la mort éternelle qui pèse sur tout pécheur, et il lui accorde la grâce de vivre avec lui dès à présent et pour l’éternité. C’est donc bien par Jésus et avec lui que le croyant retrouve la vie (14b). Il commence spirituellement sa vie éternelle au moment où il s’unit à Lui par la foi (Jn 5.24). Il recevra la vie éternelle dans sa plénitude au retour de Jésus qui rassemblera tous ses disciples fidèles (Jn 5.25, 28-29 ; Jn 6.40).
V 15 : Paul affirme qu’il tient cette conviction de la Parole du Seigneur, celle qui est transmise dans les Ecritures, ou celle qui lui a été révélée particulièrement (1 Co 11.23a ; Ga 1. 11-12). Ce qu’il va enseigner aux Thessaloniciens vient du Seigneur, et se fonde sur « l’analogie de la foi » (Rm 12.6) : son enseignement est en correspondance ou concorde avec l’enseignement des Ecritures. En conséquence, on ne peut ajouter foi à ce que la Parole de Dieu n’aborde pas ou contredit. La croyance en la survie éternelle et naturelle d’une « âme » de l’homme n’est pas biblique, mais est issue de la philosophie grecque de Platon, introduite dès le 1er siècle av JC dans la pensée juive par les Juifs hellénistiques d’Alexandrie, comme le philosophe juif Philon.
Paul révèle un scénario de la résurrection générale des croyants qui constitue la première résurrection (Ap 20.6), mais il n’en donne évidemment pas la date (Nul ne sait le jour ni l’heure (Mt 24.36). C’est Dieu qui décide du moment (16a ; Ap 10.7) et comme Il l’a toujours fait, Il descend du ciel (= monde invisible et spirituel) (16b) vers l’homme soumis aux lois du monde terrestre et concret, pour l’élever jusqu’à Lui (17).
(Illustration les 7 trompettes de l’Apocalypse, Miniature médiévale)
Le son de la trompette annonce et accompagne sa venue : la trompette était l’instrument utilisé pour appeler les hommes à se rassembler pour un combat ou pour une assemblée religieuse. Elle accompagne toutes les théophanies (= apparitions divines) dans l’Ancien Testament et l’Apocalypse, pour symboliser la puissance de la voix de Dieu. Dans l’Apocalypse (ch 8-11) comme à la prise de Jéricho, les trompettes annoncent l’événement important qui va suivre (destruction de la ville ou arrivée du Roi-Juge), pour préparer les cœurs et les esprits à le vivre dans l’humilité et la repentance. Elles symbolisent dans l’Apocalypse (ch 8-9 et 11.15) les événements terrestres qui avertissent l’humanité et interpellent les croyants, juste avant le retour de Christ, comme Jésus les avait annoncés (Mt 24 et Luc 21).
La dernière trompette de Dieu sera sa voix puissante pour réveiller les morts en Christ (16) accompagnée des acclamations des êtres célestes (Ap 11.15-19) . Les croyants, vivant à la dernière génération (Paul croyait en faire partie, et tout croyant doit le croire pour stimuler sa vigilance, sa patience et son esprit de prière), seront régénérés dans leur être tout entier, revêtiront l’immortalité (1 Co 15.52-54), et pourront alors accompagner les ressuscités dans une sorte d’ascension dans les airs : cette image reprend le récit de l’ascension de Jésus (Ac 1.9), pour symboliser le passage de notre économie terrestre imparfaite et pécheresse à l’économie supérieure du monde invisible et parfait de Dieu, où nous serons éternellement unis au Seigneur (17c). (Illustration : Les 7 trompettes de l’Apocalypse, 20è)
Paul ne localise pas physiquement cette vie éternelle. Il insiste seulement sur le fait qu’elle est comblée par la présence du Seigneur qui élimine toute souffrance et toute faiblesse (Ph 3.21 ; Ap 21.3-4).
Paul veut consoler les chrétiens de Thessalonique (18) avec cette pensée que nul ne sera défavorisé, ni par une mort prématurée, ni par un prolongement de vie. Dieu accueillera dans son royaume éternel les uns et les autres également et au même moment.
Paul ne parle pas ici de la résurrection des impies pour connaître leur jugement (= le sort éternel qu’ils se sont choisi de leur vivant : Jn 3.18-21) et la seconde mort (Dn 12.2 ; Ap 20.5 ; Jn 5.29), car ce n’était point la préoccupation des Thessaloniciens. L’apôtre Jean en rapporte la vision dans Apocalypse 20.11-15, et la situe à la fin des mille ans (Ap 20.5).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- La Parole de Dieu concernant l’état des morts et leur résurrection est-elle suffisamment connue de moi pour m’apporter, à moi et aux autres, consolation et espérance au moment d’un deuil ?
- Comment attendons-nous le retour du Christ : avec indifférence, incrédulité, crainte, espérance et impatience, joie, activité ou paresse ? Comment ma vie en est-elle influencée, socialement, familialement et ecclésialement ?
- Pourquoi ce message d’espérance n’est-il pas plus d’actualité dans nos églises, alors que les scientifiques et les penseurs avertissent le monde d’une catastrophe imminente pour la terre ? Qu’est-ce qui l’occulte dans nos esprits et nos pratiques ? Comment le remettre à l’honneur dans nos liturgies et nos prédications pour le bien de tous, sans tomber dans le catastrophisme ambiant, ni l’enseignement de la peur ?
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13.06.2008
Etude n°12 : Son ministère sacerdotal (21-06-08)
Hébreux 9.11-28.
Ce texte, étant un des plus difficiles du Nouveau Testament pour les croyants du 21ème siècle, nécessite une traduction la plus fidèle possible au texte original, et quelques éléments d’exégèse, pour éviter les contresens que les traducteurs ont introduit dans le texte. Pour cette raison, nous étudions le texte dans la Bible TOB , qui est la plus respectueuse de l’original grec de cet écrit adressé aux Hébreux. Pour l’exégèse et la compréhension du texte, nous nous sommes inspirés de l’étude de Norbert Hugedé : Le sacerdoce du Fils (Ed Fischbacher-Paris-1983), et de réflexions partagées avec Philippe Augendre.
Observons
Le contexte
Le texte termine la partie centrale du livre et en même temps le second exposé sur le sacerdoce de Christ. Cette partie centrale (ch 8 et 9) constitue une critique détaillée du culte lévitique de la première alliance, pour en démontrer l’imperfection par rapport au ministère du Christ dans la seconde alliance.
Le texte est immédiatement précédé (9.1-10) de la description du « tabernacle » ou « tente » terrestre (v 8), symbole pour « un temps de relèvement ». Le verset 8 oppose cette première tente au sanctuaire ou « Saint des saints », dont elle n’ouvrait pas encore l’accès.
Le texte est suivi de la démonstration de l’efficacité du sacrifice unique et du ministère de grand-prêtre de Christ pour ôter le péché (ch 10).
Le texte
Il est fondé sur la même opposition que précédemment, entre les rites de la première alliance et le ministère sacerdotal de Christ. Vous pouvez en faire dresser le tableau comparatif au cours de l’observation en groupe.
Les mots-outils de liaison (v 11 : mais ; v 15 : voilà pourquoi ; v 16 : car ; v 18 : aussi ; v 23 : donc ; v 24 : en effet ; v 26 : car ; v 28 : ainsi) font de ce texte une argumentation logique qui est du style de la prédication ou du traité de théologie, plus que d’une lettre. Ils permettent aussi de structurer l’argumentation :
A- v 11-14 : argument principal : Christ souverain sacrificateur de la nouvelle alliance :
a) v 11-12 : le moyen d’accès au sanctuaire du grand-prêtre Jésus : « son propre sang »
b) v 13-14 : l’efficacité spirituelle de l’offrande du sang de Christ : la purification de la conscience des croyants.
B- v 15-22 : Christ médiateur d’une nouvelle alliance
a) v 15 : la mort du Christ pour le péché garantit l’héritage promis aux appelés.
b) v 16-17 : Comparaison avec le droit coutumier : la mort du testateur ouvre l’héritage ;
c) v 18-22 : Comparaison avec l’histoire d’Israël : le sang des victimes sacrifiées scelle l’alliance avec Dieu et purifie rituellement du péché.
A’- v 23-28 : Reprise de l’argument principal en conclusion des ch 8 et 9 : Supériorité du sacerdoce du Christ pour le salut :
a) v 23 : Supériorité des réalités célestes sur les terrestres.
b) v 24-25 : supériorité du sacerdoce de Christ à cause de son entrée dans le ciel même et de sa présence devant Dieu (v 24), à cause de son sacrifice unique et de l’offrande de son propre sang, de sa propre vie (v 25).
c) v 26-28 : But du sacerdoce de Christ : abolir le péché par son sacrifice unique (v 26) apparaître une seconde fois pour le salut définitif (27-28).
Remarquer :
1- l’abondance des répétitions du mot « sang » (10 fois) fait de ce mot le thème principal de l’argumentation.
2- l’imprécision des traductions sur les mots « tente, sanctuaire, lieux saints » (employés pour les deux termes grecs « skénè » = tente ou corps, et « ta hagia » = lieux saints), rend le texte souvent difficile à comprendre.
3- l’ambivalence de signification de certains mots : skénè (déjà évoqué), diathéké (= alliance et testament v 15), est intraduisible en français. Elle était immédiatement compréhensible aux destinataires de la lettre, et elle est utilisée par l’auteur librement. Elle doit donc être présente à l’esprit par une double traduction pour comprendre l’évolution de l’argumentation.
4- l’ajout dans certaines versions du mot « d’homme » à l’expression « fabriqué de la main », au lieu de garder l’expression originale qui a pour sens « non fabriqué, non matériel » v 11 et 24, crée une opposition qui n’existe pas dans le texte entre ce qui est fait de la main de l’homme, et ce qui est fait de la main de Dieu, qui peuvent être tous deux matériels, alors que le texte dit simplement « non fabriqué, immatériel ».
5- Il existe au v 24 une confusion entre le mot « image, copie, préfiguration, imitation » (= type) et le mot « modèle » (Littéralement = antitype). Il y a aussi équivoque sur le mot traduit par « véritable » (v 24). Ce « véritable» sanctuaire est ici mis en opposition avec les réalités célestes ou immatérielles du v 23 ; le mot « véritable » prend alors le sens de « réel, visible, historique, qui a réellement existé sur cette terre ». La mauvaise traduction du v 24 crée un vrai non-sens, parce qu’on ne sait plus de quel sanctuaire il s’agit, le visible, matériel et terrestre (v 1) ou l’invisible, non fabriqué, céleste ou spirituel (v 11, 24).
6- la méconnaissance du sens de l’opposition « céleste et terrestre » qu’il ne faut pas entendre comme une opposition géographique ou « topographique », mais comme une opposition entre les notions de « spirituel, immatériel*, non fabriqué, abstrait », et « matériel, fabriqué, concret ».
*Lorsqu’on parle de « non matériel », il ne faut pas traduire comme beaucoup de personnes le font inconsciemment et faussement, en « irréel, inexistant, imaginaire, ou même symbolique » (ce qui amène au rejet de ce qui va suivre !). Dans la Bible où Dieu Esprit est la Réalité suprême de référence (2 CO 3.17), « immatériel » ne veut pas dire « irréel » mais « spirituel ». Il s’ensuit que « spirituel » ou « qui n’est pas de cette création » loin d’être une déficience d’être et de réalité est, au contraire l’affirmation d’une réalité, invisible et difficile à cerner peut-être, mais incontestablement supérieure.
Comprendre
Le contexte
Le rôle d’un sacrificateur était essentiellement de permettre le rétablissement de la relation rompue entre Dieu et l’homme à cause du péché. Pour cela, Dieu avait donné le culte lévitique et en particulier le jour des Expiations, comme une image rudimentaire d’une autre réalité spirituelle meilleure (8.4-6).
Une fois par an seulement, le jour des Expiations, le grand-prêtre entrait dans la seconde partie du temple terrestre avec le sang pur (= sans l’imposition des mains qui identifie le pécheur à la victime) des victimes expiatoires (celles-ci préfiguraient ce jour-là le Christ, victime innocente) ; il le répandait* sur le couvercle de l’arche contenant la loi qui était placée au-delà du voile dans le lieu Très Saint (9.1-7).
Le verset 8.10 introduit l’idée que ce rituel n’était qu’un symbole, une image concrète, incapable de donner le pardon de la conscience et de rétablir la relation véritable avec Dieu, de donner l’accès direct au « sanctuaire céleste, aux Lieux Saints » (ta hagia), à la présence de Dieu, tant que demeurait sa préfiguration par le sanctuaire terrestre, appelé ici la première tente.
De la description topographique des lieux (9.1-7), l’auteur est passé insensiblement avec le v 8, à une interprétation chronologique sur les étapes de la rencontre avec Dieu : le sanctuaire terrestre avec ses deux parties et ses deux rites (quotidien dans le lieu Saint, annuel dans le lieu Très Saint), est devenu le symbole de l’histoire du salut avec ses deux alliances.
* Selon les spécialistes** le mot moment crucial du pardon n’est pas dans l’immolation (qui ne serait qu’une nécessité préparatoire) mais dans le fait de « répandre » et d’« asperger » (cf le geste avec l’hysope). Les deux expressions sont souvent synonymes ou employées parallèlement.
**E. Jacob (1955), fait remarquer la parenté sémantique de pardonner (salah) et d’asperger. Plus récent Jean-Yves Thériault in Nouv Voc Bibliq (Bayard 2004) écrit : « Précisons le rôle du sang. Dans la tradition biblique, ce n’est pas l’immolation de la victime mais l’effusion de sang qui est le point culminant des rites qui l’utilisent », p. 286, art. apolutrôsis.
Le texte
A- Première partie (v 11-14) C’est le Saint-Esprit, donc la révélation chrétienne qui explique ce qu’est le « sanctuaire ». Avant Jésus, personne n’avait pu avoir réellement accès aux véritables Lieux Saints, que le verset 24 précise être « le ciel même », lieu de la présence de Dieu. Ces Lieux Saints ou « biens à venir » pour tous les croyants de l’ancienne comme de la nouvelle alliance, sont le but de tous les rites de l’ancien sacerdoce. 
Seul Christ a été qualifié comme vrai prêtre de ces biens, comme médiateur entre l’homme et Dieu (v 15 ; 1 Tim 2.5), comme chemin d’accès du pécheur à la présence de Dieu, pour deux causes :
v 11-12 : la version de la TOB colle au texte original et indique ces deux causes du libre accès de Christ aux Lieux Saints, sanctuaire (v 12) ou ciel (v 24) : il est entré
1- « grâce à, en fonction de » (= dia + génitif) la tente (skénè) plus grande et plus parfaite, qui n’est pas œuvre des mains, qui n’est pas de cette création, non matérielle »,
2- « grâce à l’offrande de son propre sang »
Qu’est cette « tente plus grande et plus parfaite » non matérielle ? L’auteur joue sur le double sens du mot : « tente » pour faire allusion au sanctuaire de Moïse, et « corps » pour faire allusion à la Passion du Christ et à la Cène (Luc 22.19-20). Désormais, pour accéder à la présence de Dieu, on ne passe plus par une tente matérielle comme autrefois, mais au travers du corps de Christ incarné et ressuscité (Marc 14.58), « voie nouvelle et vivante » (Hé.10.20). En offrant spontanément son corps et son sang, le Christ, à la fois souverain sacrificateur et sacrifice pour l’absolution du péché, offre à tous les croyants l’accès au pardon et à la grâce de Dieu. Il réalise ainsi spirituellement ce que l’ancienne alliance préfigurait matériellement dans le rituel lévitique de la « purification du sanctuaire ».
En poussant la métaphore plus loin, le « corps (skénè) qui n’est pas fabriqué, qui n’est pas matériel, qui n’est pas de cette création » (v 11) est représenté par l’ensemble des croyants nés de nouveau spirituellement, qui participent à la communion au corps et au sang de Christ, qui s’identifient à sa mort et à sa résurrection (1 Co 10.16-17 ; 12.12-27 ; Ep 2.6, 15, 18). Au sanctuaire visible et matériel de l’ancienne alliance qui n’avait pas permis une véritable approche de Dieu et même l’avait empêchée par sa seule présence (9.8), s’oppose dans la nouvelle alliance, le corps de Christ, qu’est l’Eglise (Ep 4.12), « le sanctuaire » spirituel, « la tente plus grande et plus parfaite », car elle n’est pas réservée aux seuls prêtres mais à tous les hommes, et qu’elle fait de chaque homme un homme transformé à l’image de Christ, entièrement consacré à Dieu et purifié dans sa conscience des oeuvres du péché privées de vie et mortelles (v 14).
B- La partie centrale de notre texte (v 15-22), un peu plus accessible, centre l’argumentation sur le pardon et la vie (appelés aussi « héritage promis » v 15) obtenus par l’offrande du sang. L’auteur joue sur les deux sens du mot « diathéké » : « alliance » ou « testament », dont il faut conserver la double traduction pour suivre le raisonnement. Comme la mort seule du testateur permet l’héritage, la mort de Christ donne accès à la vie éternelle, et scelle « l’alliance » de Dieu avec le croyant.
Le rappel de l’inauguration de la première alliance par Moïse avec le sang des victimes, permet à l’auteur de rappeler les paroles de Christ, inaugurant la seconde alliance à la Cène « Ceci est mon corps...ceci est le sang de la nouvelle alliance ».
Comme le corps et le sang des victimes portaient virtuellement, symboliquement la nature pécheresse du croyant, et comme la mort de la victime faisait mourir cette nature pour permettre au croyant une vie nouvelle, consacrée à Dieu (le sang, = la vie, était porté dans le lieu saint), le corps et le sang de Christ, offerts et sacrifiés pour le pardon du péché, libèrent le croyant de ce péché et le purifient pour une vie nouvelle au service de Dieu.
A’- (v 23-28) La conclusion de notre passage et des ch 8 et 9, réaffirme les arguments précédents dans une formulation plus concise. Elle introduit aussi sur le thème de l’espérance chrétienne (v 28b) le développement suivant qui concerne les conséquences du sacerdoce de Christ pour l’Eglise.
V 23 : « ce qui est dans les cieux, les réalités célestes » doivent s’entendre par opposition aux « images », aux représentations terrestres, dans le sens de « réalités spirituelles » de l’histoire du salut.
V 24 : il est nécessaire de revenir à une traduction au plus près du texte grec pour éviter toute confusion. Voici ce que ce verset donne : « Le Christ n’est pas entré dans des Lieux Saints (ta hagia) faits de main (= matériels) qui auraient servi de modèle (antitype) aux véritables, aux visibles et réels dans ce monde, (= le sanctuaire qui a existé dans la réalité historique, celui qu’a fait construire Moïse), mais il est entré dans « le ciel même (= dans le monde spirituel du Dieu invisible), afin de paraître maintenant devant la face de Dieu pour nous ».
Puisque l’ancienne alliance a disparu comme étant «l’image provisoire », le « type » de la nouvelle alliance (qui en est « l’antitype, le modèle »), il est incongru d’imaginer que Christ officie à la manière concrète des anciens sacrificateurs, dans un sanctuaire matériel, quelque part au ciel. Notre texte est très clair à ce sujet. On ne peut imaginer le monde spirituel de Dieu sur le modèle de notre monde matériel. Ce serait inverser les choses, et se faire un Dieu à notre image.
C’est le ciel tout entier, lieu spirituel de la présence divine qui est appelé « Lieux Saints » « réalités ou sanctuaire célestes » et qui a servi de modèle au sanctuaire terrestre et à ses rites. L’ancienne économie sacerdotale, et en particulier le Jour des Expiations, préfiguraient toute l’économie chrétienne (= le « plan du salut ») : mort, résurrection, médiation de Christ, purification des péchés, et même le retour glorieux de Christ à la fin des temps, pour accorder aux croyants l’héritage de la vie éternelle (v 25-28).
Ce dernier point, objet de l’espérance chrétienne était préfiguré par la réapparition publique du souverain sacrificateur hors du temple. C’était la preuve visible que tout le peuple était pardonné. Dans notre texte, à la fois la résurrection de Christ et sa parousie sont la preuve du salut promis que les croyants attendent avec ardeur, après le jugement et l’exclusion du péché décrits dans Ap 4 à 19, et préfigurés au jour des Expiations par la comparution du souverain sacrificateur, représentant du peuple, devant l’arche de l’alliance, et par la purification du sanctuaire (Lév 16.16-20).
C- Essayons de transposer ces images pour comprendre en quoi consiste aujourd’hui le ministère sacerdotal de Christ, depuis son Ascension. 
a) Dans une première phase de ce ministère, les sacrificateurs portaient chaque jour dans le lieu saint, devant le voile du lieu très saint, le sang des victimes. Ce sang représentait la vie des croyants : pardonnés grâce au sacrifice de leur nature pécheresse symbolisé par le sacrifice de l’animal, ils se mettaient au service de Dieu et sous sa direction pour recevoir de lui la lumière du St Esprit (chandelier) et la nourriture de sa Parole (pains de proposition).
Ainsi, Jésus sacrificateur et victime à la fois, fait bénéficier le croyant qui s’en remet et s’identifie à lui, du sacrifice « offert une fois pour toutes sur la croix » (v 26-28) ; par son pardon, il le purifie intérieurement du péché (v14), le nourrit de sa Parole et l’éclaire de son Esprit, afin qu’il serve le Dieu vivant (v 14b). Comme le sacrificateur répandait le parfum sur l’autel d’or du lieu saint pour faire écran entre la sainteté de Dieu et le péché de l’homme, Christ comme « médiateur »(v 15) intercède pour le croyant, c'est-à-dire qu’il s’interpose devant Dieu (v 24) entre le croyant et l’Adversaire qui l’accuse, en présentant son sacrifice pour le justifier, et en lui accordant son Esprit pour le sanctifier.
C’est l’œuvre quotidienne de Christ en faveur de ses enfants.
b) Maintenant, il existe une seconde phase du ministère sacerdotal, c’est l’œuvre accomplie par le grand sacrificateur au Jour des Expiations une seule fois dans l’année, dans le lieu très saint et dans l’ensemble du sanctuaire. Ce jour symbolisait le jugement du peuple de Dieu à la fin des temps. Il faut entendre dans le mot « jugement » le sens biblique de « Révélation et libération des enfants de Dieu » (Rm 8.19, 21b). La détermination ou la reconnaissance des « fils de Dieu » était symbolisée par l’aspersion sur le propitiatoire et sur tout le mobilier du lieu saint du sang pur du bouc pour l’Éternel, sacrifié pour tout le peuple rassemblé devant le sanctuaire (Lév 16.15).
Ainsi Jésus, à la fois grand sacrificateur et bouc pour l’Éternel, sacrifié pour tout le peuple qui se réclame de lui, rassemble son peuple pendant ce temps que nous appelons « jugement préliminaire » à son retour, (et que nous croyons commencé depuis le milieu du 19ème siècle (1844) d’après les prophéties chronologiques de Daniel 9) ; non seulement il le rassemble, mais il le purifie et l’oint de son Esprit pour le sceller pour la rédemption éternelle, c'est-à-dire qu’il le déclare « juste », parce qu’il a cru en lui (Ep 1.13). Ap 6.11 nous révèle que cette œuvre durera jusqu’à ce que soit complet le nombre des membres de son Royaume.
L’œuvre spirituelle de « purification ou de justification du sanctuaire » (Da 8.14) a de plus une autre conséquence qui touche non plus les croyants, mais Dieu lui-même : Selon Romains 3.26, en justifiant par grâce ceux qui ont foi en Jésus, Dieu peut être reconnu juste ! Il est blanchi des accusations que Satan avait portées contre lui, mettant en doute son amour inconditionnel pour sa créature humaine. Nous trouvons dans Apocalypse 20.11 l’image de la justification de Dieu à la fin du « jugement » dans la seule mention qui existe dans la Bible de son « trône blanc » ! Cette reconnaissance de Dieu comme juste par toute la création était préfigurée dans l’Ancien Testament dans la conclusion du Jugement de Salomon (1 Rois 3.28) où tout le peuple reconnaît en son roi la sagesse de Dieu. Elle était aussi annoncée dans la vision de Daniel 7.14, où le Fils de l’Homme reçoit la royauté qui ne sera jamais détruite.
Cette œuvre de « jugement » et de « justification » de sa maison (1 Pi 4.17) et par là même de son amour, constitue le ministère sacerdotal actuel de Christ notre souverain sacrificateur.
c) La dernière phase de son ministère sacerdotal, (son retour et l’élimination définitive de l’auteur du mal) était symbolisée par la sortie du sanctuaire du souverain sacrificateur pour envoyer au désert le bouc émissaire*, porteur du principe du péché et de ses conséquences universelles, par imposition des mains. Nous verrons cette œuvre plus en détail la semaine prochaine.
* Lv 16.21-22
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Que représente pour moi le sacerdoce de Christ depuis son ascension ? L’assurance que Christ ressuscité officie comme grand-prêtre devant Dieu, change-t-elle quelque chose à ma vie quotidienne ? M’aide-t-elle à mieux vivre dans la foi et l’espérance de son retour ? En quoi cela se manifeste-t-il concrètement ?
- Comment la compréhension du ministère sacerdotal de Christ en notre faveur (intercession, sceau de l’Esprit, pardon et sanctification) nous permet-elle de vivre comme membres actifs et responsables de notre vie spirituelle, dans le sanctuaire spirituel de Christ qu’est son Eglise ?
- Dans quelle mesure l’Eglise, corps et sanctuaire de Christ, m’offre-t-elle la nourriture de la Parole de Dieu , la lumière de l’Esprit-Saint et l'intercession de mes frères (= oeuvre dans le Lieu-Saint) ? Comment rend-elle sensible l'oeuvre de pardon accomplie par Christ (= Lieu Très-Saint) ? Comment y rendre plus efficace ces aspects du ministère de Christ en notre faveur ?
- Comment se traduit dans la pratique, ma foi en l’œuvre de libération du mal, accomplie pour moi actuellement par Christ et symbolisée autrefois par l’œuvre du souverain sacrificateur dans le Lieu Très Saint une fois par an ?08:00 Publié dans Miracle nommé Jésus | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06.06.2008
Etude n°11 : Puissance de sa résurrection (14-06-08)
l Corinthiens 15 
OBSERVONS
(Retable d’Isenheim, Colmar, 16è s)
Texte en 6 parties:
1-v 1-11 : Christ est-il ressuscité? Oui, selon les Ecritures et les témoins.
2-v 12-19: S’il n’y a pas de résurrection des morts? Sept conséquences
3- v 20-28 : Jésus-Christ, prémices de la résurrection des morts
4- v 29-34 : Pourquoi se faire baptiser, ou souffrir, si la résurrection n’existe pas?
5- v 35-49 : La résurrection des corps
6- v 50-58 : La vie éternelle et ses conséquences ici-bas pour le chrétien.
Répétitions
Vain : v 2, 10, 14 (2 fois), 17, 58, versets auxquels il faut ajouter l’idée de vanité contenue dans les versets 29-32 = 7 fois I
Résurrection, ressusciter: v 4, 12 (2x), 13 (2x), 14, 15 (3x), 16 (2x), 17, 20, 21, 29, 32, 35(2x), 42 (2x), 43 (2x), 44, 52 = 24 fois I
Oppositions : céleste /terrestre : v 40, 47-49 (3x); spirituel I naturel v 44 (2x), 45, 46
Corruptible / incorruptible : v 42, 50,53, 54.
- Les 7 conséquences de la négation de la résurrection des morts:
1- Christ n’est pas ressuscité
2- La prédication des apôtres est vaine
3- La foi des chrétiens est vaine
4- Les apôtres sont des faux témoins à l’égard de Dieu
5- Les chrétiens sont encore dans leurs péchés
6- Ceux qui sont morts en Christ sont perdus
7- Sans espérance hors de cette terre, les chrétiens sont les plus malheureux des hommes.
Qu’apprenons-nous sur Christ?
v 20 : Il est ressuscité
Il est les prémices de ceux qui sont morts.
v 21 : Par lui qui était homme, est venue la résurrection des morts
v 25 : Il règne jusqu’à ce qu’il ait mis ses ennemis sous ses pieds
v 27 : Dieu lui a soumis toutes choses
v 45 : Dernier Adam, il est devenu esprit vivifiant
v 46-48 : Il vient du ciel, il est spirituel, céleste.
v 57 : Dieu donne par lui la victoire aux croyants.
v 38-41: Dieu donne à chacun un corps selon son espèce (humaine, animale, céleste, astrale) et selon sa volonté.
Qu’apprenons-nous sur l’homme?
v 17 : Sans la résurrection il est encore dans ses péchés
v 19 : Sans espérance eschatologique, il est le plus malheureux
v 22 : tous meurent en Adam
v 29-32 : S’il n’y a pas de résurrection, son baptême ou ses souffrances sont vains, n’ont pas de sens et aboutissent au néant.
v 33-34 : Corrompu et pécheur parce qu’il n’a pas la connaissance de Dieu.
v 36-38 : il est semblable à un grain semé qui meurt et renaît différent selon sa semence.
v 42-49: Corruptible, méprisable, faible, corps naturel ou psychique ou animal, être vivant, terrestre, porteur de l’image du terrestre
v 50-54 : Chair et sang, corruptible, ne peut hériter du Royaume, corps mortel sous la puissance du péché révélé par la loi.
v 57-58 : Mais rendu vainqueur par JC, peut rester ferme, inébranlable dans la foi, débordant de zèle pour le Seigneur, assuré que son travail pour Dieu n’est pas vain.
Qu’apprenons-nous sur l’avenir?
v 22-23 : Tous revivront en Christ, chacun en son rang, d’abord Christ, puis les siens, à son avènement
v 24-28 : Viendra alors la fin de notre monde : soumission des ennemis à Christ, disparition de toutes puissances, destruction de la mort, remise à Dieu du Royaume par le Fils, soumission du Fils au Père, Dieu tout en tous.
v 42-49 : Résurrection avec un corps incorruptible, glorieux, plein de force, spirituel, céleste, à l’image du céleste = animé par l’Esprit.
v 50-56: Transformation immédiate des vivants à la résurrection des morts, au son de la dernière trompette avec un corps incorruptible et immortel. Victoire sur la mort et le péché qui la provoque et que révèle la loi,
COMPRENONS
La composition: 
La répétition (7 fois) du mot vain du début à la fin du chapitre donne la clé du raisonnement.
A) La pensée de Paul procède par associations d’idées beaucoup plus souvent que dans notre logique de pensée, Nous en avons plusieurs exemples dans ce chapitre:
1- v 10 : Paul fait une digression sur sa propre personne, pour montrer que «la grâce n’a pas été vaine » envers lui,
2- v 29-34 : ces versets seraient logiquement placés après le verset 19, car ils poursuivent la démonstration de la vanité de la foi et de la vie du chrétien si la résurrection des morts n’existe pas. Le v 29 peut être traduit autrement pour comprendre le raisonnement de l’auteur : Que feraient ceux qui se font baptiser au-dessus ou à cause des morts (litt.= des cadavres) si les morts ne ressuscitent absolument pas ! Pourquoi se font-ils baptiser pour eux ?
Paul fait allusion sans doute à une coutume des Corinthiens, inconnue ailleurs, qui se rapproche des sacrifices pour le péché et des prières que Judas Maccabée offrit pour ses soldats morts, dans l’espoir de leur résurrection (2 Macc 12.43 ; Note de la NBS ) Si les morts ne ressuscitent pas, ces sacrifices, ces prières, ces baptêmes sont vains !
Sur ce seul verset, l’Eglise des saints des derniers jours (les Mormons) a fondé sa doctrine du baptême pour les morts, pour les retrouver à la résurrection. Rien dans la Bible ne peut autoriser une telle doctrine de substitution d’hommes pour le salut d’autres hommes, à fortiori de vivants pour des morts ; voir les textes d’Ez 18.19-20, 30).
Paul continue (v 30-34): Pourquoi souffrons-nous chaque jour pour notre foi ? S’il n’y a pas de résurrection, c’est pour rien, c’est en vain ! Autant vivre comme ceux qui n’ont pas d’espérance. Paul appelle les croyants à s’écarter de telles conceptions de la vie et d’une telle méconnaissance de la pensée de Dieu (v 34).
3 - v 35-49 : après la parenthèse des deux derniers arguments contre la négation de la résurrection, Paul reprend le raisonnement. Mais là encore une digression vient l’interrompre :
Au lieu de poursuivre la comparaison avec le grain semé qui meurt et renaît sous une autre forme, Paul, à partir de l’idée de la différence d’aspect entre le grain et l’épi, développe l’idée de la diversité des corps créés par Dieu, que l’on peut constater dans la nature et même dans l’univers! Sans doute veut-il démontrer que Dieu a la puissance de donner au mort un corps différent de celui qu’il avait sur terre, lorsqu’il le ressuscitera, comme il a eu la puissance de donner à chaque espèce un corps différent. Nous avons ici un argument qui contredit l’idée de l’évolution des espèces
- v 56 : autre association d’idées : la puissance du péché, c’est la loi ! Que vient faire cette allusion à la loi ? Il faut se reporter à Rm 7.7 « La loi est-elle péché ? Certes non, mais je n’ai connu le péché que par la loi. » La loi révèle la puissance du péché qui conduit à la mort.
B- v 20-28 Paul n’a pas voulu rester sur le verset tragique (19) du malheur du chrétien si la résurrection n’existe pas, et il a aussitôt affirmé la résurrection du Christ comme modèle et prémices de celles des morts, comme espérance pour tous d’une vie éternelle.
Les versets 20-28 constituent le résumé de la vision eschatologique de Paul. Il détaille cette vision dans les deux dernières parties du chapitre. On peut mettre cette vision en parallèle entre autres avec 1Th 4.13-17, Phi 3.20-21, Rm 5.12, 17, Ap 11,17 ; 19.6 ; 21.3.
1- Christ prémices des ressuscités
Paul a établi la réalité de la résurrection de Christ, en la fondant sur les Ecritures et sur le témoignage de ceux qui l’ont vue. Il a aussi démontré l’absurdité de la négation de la résurrection des morts. Il pose alors comme admise la résurrection de Christ et démontre que Christ, étant homme, a donné sa vie pour délivrer les hommes du péché, pour qu’ils soient pardonnés. Dieu en le ressuscitant l’établit comme Seigneur et principe de résurrection pour ceux qui lui appartiennent. Tout ce que Christ est devenu par sa résurrection sert de modèle à ce que deviendront les siens ressuscités ou transformés.
Si l’homme actuel, comme Adam, est un être vivant, de nature terrestre, soumis à son psychisme (chair et sang = sens, émotions, sentiments et passions), voué à la corruption et à la mort, l’homme ressuscité, à l’image de Jésus Christ, sera un être de nature spirituelle, c’est-à-dire soumis entièrement à l’Esprit, avec un corps vivifié par l’Esprit, incorruptible, immortel. Le contraste entre Adam, êre vivant ou âme vivante et Jésus, second Adam, esprit vivifiant, met en valeur la différence de nature entre les deux. L’un reçoit la vie, reste dominé par son psychisme, est soumis à la mort tant qu’il est sur terre, l’autre est dominé par l’Esprit, a la vie en lui-même et peut la transmettre à tous ceux qui la désirent.
2- L’opposition terrestre / céleste n’est pas à considérer sur le plan de la localisation topographique, mais sur le plan de la différenciation de nature. L’économie de la vie éternelle sera totalement différente de l’économie terrestre. Paul n’en révèle pas tous les détails et s’en réfère à ce que le Christ a lui-même révélé par Sa propre résurrection.
3- Toute la 5ème partie (v 35-49) répond à l’interrogation sur la résurrection que se posaient les Grecs, et nous à leur suite: leur philosophie dualiste considérait l’homme comme composé de deux entités, un esprit immortel et un corps mortel. Paul insiste sur l’unité fondamentale de l’homme, qui est entièrement mortel. Lorsqu’il parle ici de corps, il ne distingue pas ses différents éléments (matérialité, psychisme, spiritualité), mais il entend son être tout entier. De même pour le corps spirituel, il s’agit de tout l’être nouveau, capable de vivre dans une économie éternelle, sans vieillissement, sans souffrance et sans mort, parce qu’il est entièrement soumis à la volonté de l’Esprit, ce que suggèrent les images de l’arbre de vie et du fleuve de vie de la Nouvelle Jérusalem (Ap 22.1-2).
La chronologie des événements de la fin n’est apparemment pas respectée, lorsqu’on compare les v 22-28 aux textes parallèles de Paul et de Jean.
Paul insiste ici sur le pouvoir du Christ : il règne actuellement (25,27) dans le but de mettre ses ennemis sous ses pieds, c’est-à-dire de les amener à le reconnaître comme Roi, soit par la conversion de leur cœur et leur obéissance volontaire tant que dure le temps de grâce, soit par l’évidence de ses jugements et leur soumission forcée au moment de son retour (v 24b-26 ; Ap15-22).
A son retour, les morts en Christ ressuscités et les élus vivants transformés constituent le royaume de Dieu que Christ peut remettre à Dieu (v 24). Le ministère de Christ se termine alors, puisque Dieu est tout en tous, il n’y a plus de raison de différencier les trois personnes de la divinité, leurs rôles respectifs n’ayant plus lieu d’être.
La dernière trompette représente dans le langage biblique le cri de la victoire finale et l’appel au rassemblement du peuple. Les trompettes signalaient la victoire dans un combat, et servaient aussi à appeler l’assemblée du peuple lors des grandes fêtes religieuses. Ici la victoire sur la mort que représente la résurrection des morts permet le rassemblement de tout le peuple des élus, morts et vivants, autour du Seigneur qui revient.
L’assurance que donne l’espérance de la résurrection permet à Paul de rendre grâces à Dieu pour la victoire que Christ donne dès aujourd’hui sur toutes les forces de destruction et de mal. La vie éternelle commence dans le cœur du croyant et lui permet de rester ferme dans la foi, et d’œuvrer avec zèle pour le Seigneur (v 58, mot à mot: d’être débordant dans l’oeuvre du Seigneur).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle place tient la résurrection de Jésus dans ma foi et ma vie : m’aide-t-elle à remporter la victoire sur les tentations, et sur le découragement ? Me console-t-elle dans les souffrances et le deuil en m’anesthésiant par une projection dans un avenir céleste meilleur, ou bien en me permettant de vivre sur terre comme témoin de la puissance de vie de mon Sauveur?
- Suis-je un être vivant, comme Adam, naturel, soumis à mes sens et mes passions, ou ai-je commencé à être un être spirituel, comme le second Adam Christ, soumis à l’Esprit de Dieu qui le vivifie ? Comment cela se manifeste-t-il dans ma vie?
- L’Eglise vit-elle comme le peuple des ressuscités en esprit, ou comme une assemblée d’êtres terrestres ? Quelle est ma part dans cette identité ? Comment contribuer à rendre mon église plus vivante par l’Esprit ?
- Quand et comment ai-je pu expérimenter la puissance de résurrection de Christ dans ma vie ?
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