17/07/2026
Etude n°4 Péché dans l’Eglise 1 Cor 6.9-20 (25 07 26)
Étude n°4 Péché dans l’Église 1 Cor 6.9-20 (25 07 26)
« Ne savez-vous pas ceci : votre corps est le temple du St Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps ! » 1 Cor 6.19-20
Observons
Le contexte :
-Qu’a recommandé Paul aux Corinthiens dans le chapitre 5.7 et 13b ?
- 6.1-8 : Quelle conduite préconise-t-il en cas de conflit entre frères ? Quel exemple de Christ doit inspirer le croyant ? (v 7)
Le texte :
- V 9-10 : Qui sont les « injustes » ?
V 11 : Quelles sont les actions de Christ et de l’Esprit en nous ?
V 12-20 : Liberté chrétienne n’est pas licence des mœurs!
-v 12 : Comment Paul modère-t-il le principe de liberté chrétienne ?
-v 13-15 : Qu’oppose Paul dans ces formules parallèles ? Quelle valeur donne-t-il au corps ? Pourquoi ?
-v 16 : Qu’est-ce que l’inconduite ou impudicité ? A quoi aboutit-elle ? (= attachement à la chair de la prostituée)
-v 17 : A quoi l’oppose Paul ? (attachement à l’Esprit de Christ)
-v 18 : Pourquoi fuir l’inconduite ? (=péché contre sa propre chair)
-v19 : Comment Paul considère-t-il le corps du croyant ? A qui appartient-il ?
V20 : Pourquoi une telle valeur donnée au corps ? Dans quel but ?
Comprenons
Le contexte :
Face aux comportements immoraux (en particulier un inceste, 5.1) dans l’église de Corinthe, Paul ne mâche pas ses mots pour donner des directives de redressement de la situation :
5. 1 et 2 : « Votre inconduite ne se rencontre même pas chez les païens…et Vous êtes enflés d’orgueil ! », v6 : « Il n’est pas beau votre sujet de gloire ! »,
v 5 « Qu’un tel homme soit livré à Satan ! = soit exclu de l’Eglise, pour que cette épreuve le pousse à la repentance, à abandonner sa conduite de « chair » et à se tourner en « esprit » vers Dieu pour être sauvé,
v 7 : « Purifiez- vous du vieux levain… »
v13 : « Expulsez le méchant du milieu de vous ». L’Eglise, témoin de Jésus-Christ ne peut tolérer en son sein des conduites qui déshonorent Dieu aux yeux des gens du dehors. Corinthe a besoin d’une discipline ecclésiale ferme pour que son témoignage soit vrai et efficace parmi les païens idolâtres !
6.1-6 : En cas de conflit entre frères sur les affaires de cette vie, Paul recommande que ce jugement se fasse entre frères croyants et non devant la justice païenne. Il estime que la sagesse que donne l’Esprit est supérieure à celle de la justice païenne. De toute façon, en venir à devoir passer en procès pour une affaire matérielle est pour Paul une preuve que les chrétiens en sont arrivés à agir comme les païens, dans l’injustice et les querelles, alors qu’ils devraient imiter l’attitude de Jésus qui s’est laissé dépouiller sans protester (6.7 = Phil 2.7-8). Paul fait preuve dans cette recommandation, d’un idéalisme intransigeant, difficile à appliquer, qui prouve son indignation devant des situations indignes de l’Église témoin de Jésus-Christ. Au lieu de cette abnégation, les chrétiens de Corinthe se comportent comme des prédateurs, recherchant leur profit aux dépens de leurs propres frères (v8) !
Le texte
-v 9-10 : Suit une liste de ceux que Paul appelle « les injustes qui n’hériteront pas le Royaume de Dieu». Ce qui les unit, c’est la recherche de la satisfaction de leurs désirs « charnels » : ils sont tournés vers eux-mêmes, leur plaisir, leur Ego, leurs possessions matérielles sans aucun souci de l’autre. Paul appelle cette attitude « le vieux levain »(5.7), le « vieil homme » (Rom 6.6 ; Eph 4.22 ; Col 3.9) dont on doit se dépouiller pour vivre en homme nouveau, « lavé, sanctifié, justifié par Jésus-Christ » (v 11). « Lavé » fait allusion au baptême qui, symboliquement, fait mourir le péché qui souille l’homme intérieur, « sanctifié » marque la « mise à part » du croyant pardonné « pour le service de Dieu », et « justifié » révèle le regard de Dieu sur le croyant : il le voit « juste », à travers son Fils Jésus. J’aime illustrer cette dernière affirmation avec l’image du vitrail (= Jésus-Christ) traversé par la lumière (= le regard de Dieu) qui pose ses couleurs (= la justice) sur ce qui est placé devant lui, mur ou homme.
Par son Esprit Dieu transforme tout l’être de celui qui reconnaît Jésus comme le Sauveur et le Seigneur de sa vie. Le discours de Paul ici sort du plan matériel et visible, pour inviter les croyants de Corinthe à considérer le plan spirituel de la vie du chrétien, libéré de la condamnation que son péché lui faisait encourir, libéré de l’emprise, de « l’asservissement »(v 12) du péché sur lui (= sa séparation d’avec Dieu)
-v 12 : Telle est la liberté du chrétien : ce n’est pas la possibilité de vivre comme on l’entend, selon ses passions et les aléas des circonstances. Liberté n’est pas licence des comportements, comme beaucoup le croient. Être libéré d’une condamnation ne donne pas la permission de retomber dans ce qui a causé la condamnation. Paul aussitôt après avoir affirmé cette liberté spirituelle « Tout m’est permis… », en montre la limite « tout n’est pas utile » ! On peut se demander « à quoi ? ». Paul va s’en expliquer dans le paragraphe suivant, et au ch 10.23 : « tout n’édifie pas ». La vie du chrétien a un autre but que l’assouvissement de ses passions, elle cherche à édifier, c-à-dire, à cultiver sa relation avec Christ pour grandir dans la foi et amener d’autres à reconnaître la puissance de transformation de la vie par Christ.
-v 13-15 : Par un parallélisme audacieux, Paul oppose aliments pour le ventre, qui sont périssables, au corps qui n’est pas pour l’inconduite mais pour le Seigneur qui le ressuscitera ! Toute attitude ou habitude qui a pour but de satisfaire ses appétits matérialistes, conduit finalement à la mort éternelle, mais le corps (il faut l’entendre à la fois comme la partie physique ou le comportement de l’être humain, et comme l’ensemble de son être, développé en « corps, âme et esprit » (selon 1Thes 5.23), qui appartient au Seigneur qui a la puissance de le ressusciter. La métaphore du corps est chère à Paul qui la développe dans les chapitres suivants et dans plusieurs de ses lettres (Rom 12.5 ; Eph 4.12,16 ; 5.30 ; Col 1.18). Ici il insiste sur l’appartenance à Christ de chacun des membres de l’Église, corps du Christ auquel il est attaché en et par l’Esprit (v 17). Tout attachement de notre être à quelqu’un d’autre brise le lien qui l’unit à Christ et devient idolâtre (les prostituées à l’époque de Paul étaient les prêtresses des dieux païens : en s’unissant à elles les fidèles croyaient s’unir à leur dieu ou du moins recevoir ses faveurs). On ne peut pas séparer impunément corps, âme et esprit, prétendre être uni à Christ en esprit et se comporter physiquement et moralement sans tenir compte de cette union spirituelle.
-v 18-20 : Paul condamne l’inconduite comme une atteinte à l’intégrité de l’être, puisque à partir de la « pénétration » physique, elle conduit à une « pénétration » morale et spirituelle de l’idolâtrie. C’est pourquoi il revalorise la notion de corps dans le sens de l’être tout entier, en en faisant le « temple du Saint-Esprit » reçu de Dieu. Comme on respecte le bâtiment religieux où l’on vient adorer Dieu, on doit respecter son être que Dieu honore en y demeurant ! Il ne nous appartient plus pour en faire ce que l’on veut, il appartient à Dieu qui se l’est acquis à grand prix (v 20), en se donnant lui-même par Jésus-Christ pour effacer notre séparation d’avec Lui. Paul parle de « rachat à grand prix » selon la métaphore de l’esclave dont on rachète la liberté. Esclaves du mal, nous avons été libérés par Jésus pour le servir, l’honorer et lui rendre gloire par tout notre être uni à Lui par le lien de l’Esprit !
Paul conclut ces chapitres de reproches et d’invectives aux Corinthiens par cette magnifique vision de l’identité et du rôle du chrétien, libéré de toute idolâtrie et témoin de la puissance de la grâce de Dieu !
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- De quelle « idolâtrie » physique, morale ou spirituelle suis-je encore esclave ? Comment m’en libérer ?
- Quelle valeur donnons-nous à notre respect des lois alimentaires du Lévitique (ch 11) : un mérite pour obtenir la faveur de Dieu ? un moyen de garder la santé physique ? une marque d’obéissance fidèle à la Parole de Dieu ? un moyen de mieux servir Dieu et de témoigner de son amour pour moi ?...
- Comment mon église et moi-même (!) manifestons-nous que Dieu nous habite ?
08:00 Publié dans Epitres aux Corinthiens été 26 | Lien permanent | Commentaires (0)
10/07/2026
Étude n°3 Unité en Christ 1 Corinthiens 1.10-13 et 3.1-9 (18 07 26)
Étude n°3 Unité en Christ 1 Corinthiens 1.10-13 et 3.1-9 (18 07 26)
« Je vous exhorte frères par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, tenez tous le même langage, qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez en plein accord dans la même pensée et dans la même opinion. » 1 Cor 1.10
Observons
Le contexte :
L’église de Corinthe a été fondée par Paul lors de son second voyage missionnaire. Elle a ensuite été victime de tous les maux rencontrés dans une ville corrompue. Les Grecs étaient fiers de leurs connaissances et de leur philosophie, et se passionnaient pour l’art oratoire. Mais ils étaient immoraux. Apollos, un Juif chrétien érudit et éloquent, est sans doute venu à Corinthe après Paul et a frappé l’esprit des chrétiens grecs (Ac 18.24-28). La comparaison entre Apollos ou d’autres prédicateurs, et Paul a jeté un discrédit sur l’apôtre qui n’avait pas d’apparence physique ou oratoire impressionnante (2 Co 10.10). Cela créa les divisions dans l’Église de Corinthe. Paul, comme fondateur de la communauté, désirait la corriger de son esprit de parti et de son immoralité.
Le texte
Par la répétition des mots « discorde, divisions », « sagesse, esprit », « serviteurs, bâtir, fondement », trois thèmes principaux se dégagent, ainsi agencés :
a) 1.10-16 : les divisions partisanes
b) 1.17-31 : le culte de la sagesse humaine (v 17-25), origine des divisions, est une folie devant Dieu qui a révélé sa sagesse en Jésus-Christ (v 26-31).
c) 2.1-16 : Le ministère de Paul est fondé non sur une démonstration de sagesse humaine, mais sur la révélation par le Saint-Esprit (v10) de la sagesse divine et des réalités spirituelles incarnées en Jésus-Christ crucifié (13,2).
a’) 3.1-5a : les divisions partisanes révèlent un manque de maturité spirituelle et un esprit charnel.
c’) 3.5b-17 : le ministère pastoral fait du pasteur (5b) un serviteur transmetteur de la Parole, (6-8) un jardinier, (9) un ouvrier collaborateur de Dieu, (10-17) un bâtisseur de l’édifice de l’Église, du temple de Dieu.
b’) 3.18-23 : mettre sa gloire dans la sagesse humaine est folie devant Dieu en qui tout est à nous (21-22).
La pensée de Paul suit un cheminement hébraïque, en spirale, abordant les différents thèmes par touches successives, revenant en arrière autant de fois que nécessaire, au lieu de se dérouler linéairement comme dans la pensée cartésienne où nous aurions groupé les arguments ainsi : a) a’) ; b) b’) ; c) c’). Au centre (c) de cette argumentation apparaît la définition du ministère pastoral fondé sur Jésus-Christ.
Comprenons
La sélection du texte met surtout l’accent sur les divisions dans l’Église, nous n’étudierons que cet argument développé dans ces chapitres par les parties a) a’) et terminé en c’).
Que révèlent les divisions dans l’Église ?
- (1.12-16) un attachement à un homme au lieu du Christ, ce qui constitue une tentative de division du Christ qui est un.
- (1.29-30 et 3.21) une glorification de l’homme et de sa sagesse, qui détourne de Christ.
- (2.12-3.3) un esprit charnel, naturel, humain, spirituellement immature.
- (3.16, 22-23) une méconnaissance de la vocation de l’Église, temple de Dieu, et de son appartenance totale à Dieu.
- (2.2 et 3.11) au centre de cette argumentation se trouve l’affirmation que Christ crucifié est le fondement de la foi et de l’Église : se diviser en s’appuyant sur l’un ou l’autre des hommes serviteurs, c’est rejeter Christ comme fondement.
Pour faire cesser ces querelles de partis, Paul invite l’Église à considérer l’œuvre puissante, sage et salutaire de Dieu en la personne de Jésus-Christ crucifié (Phi 2.3-11).
Chacun est appelé à suivre le même chemin de mort et de dépouillement de son orgueil et de sa prétention à la sagesse et à la gloire humaines, afin de devenir serviteur l’un de l’autre, et afin de construire sa personne et en même temps l’Église (3.9-17), dans la dépendance et l’humilité de Christ.
Il ne s’agit pas seulement d’être « crucifié », de se « dépouiller » de rester dans cet état d’humiliation et de dénuement, mais il s’agit de « construire », « bâtir » sur Christ une vie qui, inspirée par l’Esprit, sera un témoignage de la sagesse et de la gloire de Dieu. On n’a pas à rester infantile dans la foi, à se jalouser les uns les autres en se comparant mutuellement, mais à grandir, à devenir adulte, à atteindre, grâce à la direction et à l’éducation de l’Esprit, la « stature parfaite de Christ » (Ep 4.12-13,23).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Lorsque des disputes éclatent dans la famille ou dans l’Église, ai-je conscience qu’elles affligent le Seigneur, qu’elles sont œuvre de l’adversaire pour nous écarter de Christ
- Quelles sont mes réactions devant une division ?
- Je prends parti pour l’un ou l’autre ?
- Je relève les torts de ma famille, de mon Église, des autres, sans examiner ma propre responsabilité ?
- Je me lamente dans mon coin sur l’atmosphère détestable ainsi créée, en attendant que tout s’apaise ?
- Je me retire de ma famille ou de mon Église ?
- Je me tourne vers le Seigneur pour lui demander pardon de mes torts et réclamer de lui un esprit de pardon et d’apaisement.
- J’œuvre avec les artisans de paix à ramener les cœurs à Jésus ?
-Chercher les causes d’aggravation puis d’apaisement dans des exemples de tensions ou de conflits dans la vie familiale, amicale, ou dans l’Église. Quelle responsabilité m’incombe dans ces processus ?
08:00 Publié dans Epitres aux Corinthiens été 26 | Lien permanent | Commentaires (0)














