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29/05/2020

Etude n°10 Bible et Histoire Hébreux 11. 6-16 (06 06 20)

Étude n°10 Bible et Histoire,  Hébreux 11. 6-16 (06 06 20)

« Béni soit le nom de Dieu, d’éternité en éternité ! A lui appartiennent la sagesse et la force. C’est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse les rois et qui établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l’intelligence, c’est lui qui révèle ce qui est profond et caché… » Daniel 2.20-22

 Comme les versets à mémoriser nous l’indiquent, la Bible considère Dieu comme le maître de l’histoire des hommes. Tous les textes proposés dans notre Guide d’études de la Bible pour cette semaine (1Samuel 17 : David et Goliath ; Esaïe 36 et 37 : Le roi Ezéchias et le roi d’Assyrie ; Daniel 1 et 5 : Daniel et les rois de Babylone ; Matthieu 26.57-67), révèlent comment Dieu intervient dans l’Histoire des hommes lorsqu’Il est bafoué par les impies, pour sauver ceux qui lui font confiance. Nous devons nous souvenir toutefois, que la Bible n’est pas un livre d’Histoire (comme on l’entend aujourd’hui). Elle ne retient dans les faits historiques que ce qui peut révéler Dieu, et ce qui entre dans son plan pour l’homme. Si à la base du récit il y a un fait réel et historique, celui-ci est transmis et interprété par l'auteur en fonction de son but pédagogique et spirituel.    Nous étudierons dans cette optique le début du chapitre 11 de la lettre aux Hébreux où Dieu révèle « ce qui est profond et caché » dans l’histoire de ses serviteurs

Observons

Le contexte

Les chapitres 11 à 13 sont consacrés aux leçons que donne l’histoire des hommes qui ont vécu par la foi (10.38). Après avoir précisé la nature et les effets de la foi (11.1-3), l’auteur énumère les exemples des anciens (11.4-40) jusqu’à Jésus lui-même (12.1-2).

Le texte v 6-16

Relevez dans ce passage les répétitions et oppositions de mots : Quels thèmes permettent-elles de dégager ? Qu’est-ce qui concerne Dieu, et qu’est-ce qui concerne les hommes ?

Deux thèmes se dégagent :

- les choses invisibles, vues et saluées de loin, promises par Dieu (l’héritage, la patrie céleste, cité aux solides fondements,                                                                                                                    - - le nomadisme des hommes : les tentes, étrangers et voyageurs, les hommes agissant par la foi                                                 

- Quelles sont les caractéristiques de la cité céleste ?

Construction

v 6 : introduction : Quelle est l’essence même de la foi ? :                                                               a) s’approcher de Dieu                                                                                                                        b) croire à l’existence de Dieu                                                                                                          b’) croire à une réponse de Dieu                                                                                                       a’) chercher Dieu

v 7-12 : exemples des patriarches :

v 7 : Noé : sur quoi repose sa foi ? et quel effet a-t-elle sur sa vie ?                                              Elle repose sur une révélation et a comme effet une action de salut et de condamnation, qui le fait hériter de la justice.

V 8-10 : Abraham : Comment répond-il à l’appel de Dieu ?                                                               - par un départ vers l’inconnu (v 8)                                                                                                    -  par une attente d’une cité solide (v 10)

v 11-12 : Sarah : En quoi a-t-elle eu foi ?                                                                                         a) malgré son âge,                                                                                                                           b) elle a eu foi dans la fidélité de Dieu à ses promesses,                                                                 a’) malgré aussi l’âge de son mari.

Sa foi a permis la réalisation future de la promesse de descendance innombrable. 

B’- v 13-16a : La foi des patriarches

V 13 : a) tous sont morts sans voir la réalisation des promesses                                                    b) ils ont pourtant vu et salué de loin les choses promises                                                              a’) en reconnaissant leur situation passagère sur terre, leur mortalité.

V 14-16a : leur foi a été                                                                                                                     a) la recherche d’une patrie (v 14)                                                                                                      b) pas une patrie terrestre (v 15)                                                                                                     a’) la recherche d’une patrie céleste (v 16a).

A’- Réponse de Dieu à leur foi (v 16b) :                                                                                          - il n’a pas honte d’eux, ni d’être appelé leur Dieu                                                                               - il leur a préparé une cité meilleure.

Comprenons               

Le texte

Il fait ressortir ce qu’est la foi dont la définition a été donnée au v 1 : « une assurance des choses qu’on espère, une démonstration des choses qu’on ne voit pas ».

C’est une prise au sérieux d’une révélation (v 7), d’un appel (v 8), d’une promesse (v 11) ; c’est une réponse active dans la confiance et l’obéissance (v 7, 8) à la parole de Dieu ; c’est une acceptation de la précarité et de l’insatisfaction de la vie terrestre (v 9, 13) ; c’est une espérance de l’accomplissement à venir des promesses (v 13).

L’auteur insiste sur le contraste entre la fragilité de la vie terrestre et la solidité de l’objet de la foi : Dieu (v 10,16). Celui qui a la foi ne considère pas les choses terrestres comme immuables, éternelles ; il ne s’installe nulle part ; malgré les obstacles de la vieillesse, la mort, la solitude, la non-réalisation de son vivant des promesses de Dieu, il porte ses regards sur les choses invisibles (v 13) qu’il juge supérieures et meilleures parce que c’est Dieu qui les a conçues et construites (v 10, 16). Il collabore avec Dieu à son histoire terrestre, à l’Histoire des hommes, tout en sachant qu’elle est passagère et imparfaite, parce qu’il croit qu’en Dieu seul se trouvent stabilité, paix, immortalité et bonheur.

La cité de Dieu, espérée et attendue par le croyant, a comme caractéristiques :

  • d’être conçue et construite par Dieu (Jn 14.3),
  • d’avoir de solides fondations : Jésus-Christ (1 Co 3.11), les apôtres et les prophètes avec Jésus comme pierre angulaire (Ep 2.20),
  • d’offrir le salut à l’image de l’arche, l’héritage de la justice, (= justification, reconnaissance par Dieu comme ses enfants héritiers) (v 7, 16),
  • d’être éternellement en présence de Dieu.Jérusalem, évolution Miniature 15è.jpg

(Les deux Jérusalem : terrestre en bas, céleste en haut, Miniature 15ès)

Qu’est cette cité céleste ? Pour les patriarches, c’était concrètement la ville de Jérusalem, conquise plus tard par David, devenue grâce à Salomon lieu du temple et de la rencontre avec Dieu. A travers elle, l’auteur de l’épître pense à la Jérusalem céleste = spirituelle, symbole du peuple de Dieu, de l'épouse unie pour l’éternité à Christ, dont parle Jean (Ap 19).

Tout le chapitre tend à nous faire comprendre que l’histoire des hommes de foi témoigne de la fidélité de Dieu à les sauver de la précarité de leur condition humaine. Cette histoire témoigne aussi  du plan que Dieu a conçu dès l’origine pour le salut des hommes et qu’il a réalisé en Jésus-Christ, crucifié, ressuscité et monté à sa droite ( 12.2). De là Jésus dirige toutes choses jusqu’à l’accomplissement définitif de sa volonté de salut, au moment de l’établissement de la Nouvelle Cité glorieuse qui rassemblera ses enfants autour de Lui (11.10,16b).

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Nous considérons-nous individuellement et collectivement (en tant qu’Église adventiste) comme étrangers et voyageurs sur la terre, parce que déjà citoyens de la cité céleste ? Comment cela se manifeste-t-il dans la gestion de nos personnes et de nos biens ?

- Comment la réalisation passée et présente des promesses de Dieu (sa présence, son soutien, sa direction) influence-t-elle notre regard sur notre présent, sur l’avenir et sur notre action auprès des autres ?

- Sommes-nous « attentistes », passifs, considérant d’un œil critique ce qui se passe, soupirant après la délivrance en nous repliant sur nous-mêmes dans une sorte de confinement (!) pour ne pas être contaminés par le mal (par les autres ou par le Covid 19) ? ou sommes-nous « adventistes », actifs comme Noé construisant l’arche du salut pour tous ? En quoi consiste notre action personnelle en ce sens ?

- Faut-il construire la cité céleste ou bien la recevoir comme cadeau de Dieu ? Quelles attitudes implique chacune des deux options ? De quoi témoignent-elles ?

- Comment concilier l’idée de préparation et de construction de la cité par Dieu, et celle de la construction de l’arche par Noé ou de la préparation de l’épouse pour son époux le Seigneur (Ap 21.2) ?

- D’après ce chapitre des Hébreux, en quoi la foi en Dieu, maître de notre Histoire, est-elle différente du fatalisme de la prédestination, ou du pessimisme ?

- En quoi les hommes de foi peuvent-ils modifier le cours de l’Histoire ?

 

22/05/2020

Étude n°9 Fondements 2 Genèse 2.4-25 (30 05 20)

Étude n°9 Fondements 2 Genèse 2.4-25 (30 05 20)

« Les cieux racontent la gloire de Dieu et l’étendue céleste annonce l’œuvre de ses mains » Psaume 19.1

Observons la construction du Second récit de la Création

V 1 à 3 : conclusion du ch 1 ou transition avec le second récit de la création : le septième jour

a) V 4 à 6: État de la terre à l’origine : à quels versets du ch 1 correspond cette introduction ?

b) V 7 à 15: Création de l’homme et de son environnement dans le jardin d’Eden :

v 7 : Comparez ce verset avec 1.27 et détaillez les nouveautés.

V 8-9 : Quel environnement végétal est donné à l’homme ? Quelle portée a le nom des deux arbres : sont-ils du domaine physique, symbolique, spirituel ? Que signifie la « connaissance du bien et du mal » : Que représentent le  « bien » et le « mal » dans ce contexte de la Genèse ?

V 10-14 : Quel environnement fluvial et minéral est créé autour de l’humain ? Dans quel but ?

V 15 : Quelle mission est confiée à l’homme ? Que sous-entend-elle ?

c) V 16 à 17: les commandements de Dieu à l’homme : Quelles sont les premières paroles de Dieu à l’Homme v 16 ? Puis les secondes ? Que nous apprennent-elles sur Dieu et sur l’homme ?

b’) V 18 à 20 : l’homme et les animaux : Que désire Dieu pour l’homme ? Que lui demande-t-il ? quels versets du ch 1 sont développés ici ?

a’) v 21 à 25 : l’homme et la femme : Comment Dieu créé-t-il la femme (voir les répétitions) ? Pourquoi endort-il l’homme puis amène-t-il la femme vers l’homme ?

v 23 : que signifient les premiers mots de l’homme devant sa femme (prise de pouvoir sur elle, conscience de la ressemblance avec lui, émerveillement, amour)?

V 24 : Qui prononce ces mots ?  (voir Matthieu 19.4-5). Qu’instituent-ils ? Quelles directives donnent-ils pour la formation du couple ?

 V 25 : Dans quel état physique et moral vivait le couple en Eden ?

Au centre du second récit de la création, nous trouvons les premières paroles de Dieu adressées à l’homme, une autorisation (une liberté épanouissante) et un interdit (une limite structurante) ; à la fin du chapitre nous découvrons les  premières paroles de l’homme pour sa compagne : un chant d’amour. 

Comprenons 

Nous avons choisi la version Segond révisée, dite à la Colombe, pour ce texte aux interprétations multiples et controversées, car elle est l'une des plus proches du texte hébreu.

Contrairement à beaucoup de critiques de la Bible, nous considérons le second récit de la Création comme un développement de la partie essentielle du premier récit, la création de l’humain. Nous avons vu dans le premier récit comment tout était prévu et réalisé par Dieu Elohim (nom général) pour permettre la vie de l’être humain sur la terre.

Dans le second récit certains détails sont précisés sur son environnement, ses conditions de vie, sa mission de représentant sur terre du Dieu Yahvé (nom personnel).

La compréhension de ce texte est primordiale pour saisir la volonté de Dieu et les réflexions de Jésus et des apôtres sur la mission de l’homme et de la femme. Sans cesse la Bible se réfère à ce texte, que nous étudions avec précision, toujours dans une optique spirituelle (= considérant la relation entre Dieu et l’homme), et non scientifique. En effet si l’on s’engage à chercher les réalités géographiques (quels sont exactement les 4 fleuves ?), chronologiques (combien de temps Adam fut-il seul ?), morphologiques (Adam eut-il une côte en moins ?), ou autres, on se trouve vite dans des impasses. Le texte a pour seul but d’éclairer l’homme sur ce que Dieu a voulu pour son bonheur terrestre et ses relations avec les autres créatures et sur sa propre nature de créature.

A la différence des croyances païennes qui conçoivent des dieux indifférents ou hostiles à l’homme, le récit biblique montre un Dieu Créateur, soucieux jusqu’au bout de la créature qui porte son image. Il ne se contente pas de lui offrir de quoi satisfaire ses besoins physiques, air, eau, nourriture, abri. Il se préoccupe de ses besoins psychiques, affectifs, moraux, relationnels et spirituels.

Nous nous attachons ici à découvrir comment Dieu pourvoit aux besoins essentiels de l’homme.

- L’environnement

Les versets 4-6 décrivent l’état de la terre mentionné en 1.2 : une terre inculte et vide.

La pluie et la vapeur d’eau apparaissent ici comme signes de l’intervention de Dieu pour rendre la terre propre à la vie végétale, animale et humaine. Même le monde physique a besoin de l’intervention divine pour faire germer la vie.

Cette eau restera dans toute la Bible le symbole de la faveur divine pour un peuple vivant en Orient et craignant par-dessus tout la sécheresse. Spirituellement, la pluie est devenue le symbole de l’intervention puissante de l’Esprit (Joël 2.23-3.2 ; Actes 2.17-21). Sans cette pluie de l’Esprit, rien ne peut vivre éternellement.

 Les versets 8-14 montrent l’organisation de la matière terrestre par Dieu pour permettre le développement de la vie humaine. Jardin avec arbres et fruits, fleuve à 4 bras, pierres précieuses, or, parfums, tout doit satisfaire les besoins physiques ou esthétiques de l’homme. Rien n’est trop beau pour lui !

Les noms du Tigre et de l’Euphrate localisent ce jardin à l’Est du Moyen Orient, le pays de Kouch désigne la région de la Haute Egypte, Nubie et Ethiopie, le Guihon pourrait être le Nil. Ces localisations ont comme intérêt de donner un cadre aux Hébreux sortis d’Egypte et à la recherche de la Terre Promise en Canaan. Celle-ci leur est présentée ici comme le jardin d’Eden, le Paradis où il fait bon vivre.

Pour nous, ce jardin est aussi le symbole de la Terre Promise de la Nouvelle Création, héritage des élus dont parle Apocalypse 22.1-2. On y retrouve le fleuve et l’arbre de vie, symboles de la présence de Dieu dont dépend la vie éternelle de l’homme.

 2- Les conditions de vie

a) la nature de l’homme

v 7 : les traductions de ce verset varient selon les versions et les conceptions des traducteurs ! Il est important de faire remarquer que                                                                                                      -    l’homme est fait de la matière « Adama » créée par Dieu                                                            -    cette matière a besoin du souffle donné par Dieu pour devenir vivante, animée.                         -   Ce souffle est accordé aux animaux, pour en faire aussi des « êtres vivants » (1.20,21,24 //2.7) C’est la respiration (voir Ezéchiel 37.5 ; Daniel 5.23 ; Actes 17.25). Il n’est pas question ici ni d’une parcelle d’Esprit Saint introduite dans le corps matériel de l’homme, ni d’une âme indépendante et immortelle qui viendrait habiter momentanément le corps mortel et lui donner ainsi un peu de son immortalité ! Lorsque Jésus sur la croix dit : Père, je remets mon esprit entre tes mains, il ne dit rien d’autre que Je te rends le souffle que tu m’as donné.                                    Le texte dit en Genèse 2.7 : l’homme devint un être vivant (ou une personne, une âme vivante) comme les animaux. Il ne dit pas qu’il eut une âme !

Ce n’est pas le verset 7 qui explique l’image de Dieu du ch 1.27. Ce sont les versets suivants qui explicitent la responsabilité et la mission de l’homme à la ressemblance de Dieu.

À remarquer que le mot souffle de vie «  ruah » de Genèse 1.2. n’est pas employé ici pour la création de l’humain ! Il a été traduit en grec et en latin par le mot  esprit, sous l’influence des idées dualistes du philosophe grec Platon (5è s av JC). Comme il est précisé que c’est Dieu qui donna à l’être humain un souffle (nichamah, mot synonyme de ruah, « vent, souffle), on en déduisit, dans une lecture spirituelle et non plus littérale, mise à tort[1] en parallèle avec 1 Thes 5.23 ( que votre être tout entier, l’esprit, l’âme et le corps…) que Dieu donnait son Esprit à l’homme, ou bien lui accordait une faculté étrangère aux animaux, l’esprit, par laquelle Dieu pourrait communiquer avec lui. Il ne nous semble pas que ce texte nous permette d’aller jusque-là. Par cette formulation, le texte de Gen 2.7, dans une lecture littérale, nous enseigne que la vie de l’homme dépend de Dieu, qu’elle est de la même nature que le règne animal (matière + souffle), que son être est un, comme le confirmera le v 17. Quand il perdra le souffle, sa vie s’arrêtera, son être tout entier retournera à la poussière !

 b) La responsabilité de l’être humain, (versets 9, 16-17).

L’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal sont placés au centre du jardin : ils en sont donc les éléments essentiels, selon le processus de pensée hébraïque, qui met au milieu du développement l’argument important.                                                                                       Dieu se sert des réalités physiques, matérielles, pour faire comprendre des vérités spirituelles.   On ne doit pas exclure la matérialité de ces deux arbres, mais ils avaient surtout une fonction pédagogique pour l’homme.                                                                                                                Ils peuvent être interprétés comme les  symboles de deux façons de vivre[2] :                              L’arbre de vie représente la vie dans la dépendance de Dieu, et sous-entend le développement harmonieux de toutes les capacités spirituelles, intellectuelles, morales et physiques de l’être humain dans la lumière de la présence de Dieu.                                                                              *  L’arbre de la connaissance du bien et du mal est le symbole inverse d’une vie sans Dieu, dans l’indépendance de sa volonté, et même en opposition à Dieu, puisque l’être humain  désire prendre sa place, en devenant comme Dieu (Voir le ch 3).

Les symboles dont s’est servi l’artiste Zabou dans sa représentation des arbres du jardZabou Arbres en Eden.jpgin d’Eden  essaient de rendre l’enseignement de ces arbres. Ils permettaient à l’être humain de prendre conscience de sa liberté de choisir sa vie : soit une vie avec Dieu, dépendante de Lui et éternelle (= arbre de vie, portant des grappes, symbole du vin de la Cène, donc du Christ et du sang versé pour nous, Luc 22.20), soit une vie d’expériences personnelles sans Dieu, qui conduit à la mort (= arbre de la connaissance du bien et du mal portant les « yeux » de la connaissance).Illustration de Zabou : Au centre du Jardin d’Eden

Il ne s’agit pas ici de la connaissance intellectuelle, du savoir, de la science. La langue hébraïque a l’habitude de désigner une notion abstraite par son nom en y associant son contraire. Le bien ou bon, c’est la présence de Dieu. L’arbre de vie donnait à l’homme la possibilité de rester en contact avec Dieu, ce qui est le bien pour l’homme. L’autre arbre lui faisait connaître le contraire : le mal, c’est-à-dire la privation, l’absence de Dieu. On le voit, la connaissance dont il s’agit, est spirituelle, et ne s’oppose en rien à la science. Dieu ne voulait pas maintenir l’homme dans une ignorance scientifique et intellectuelle, indigne de sa condition d’image de Dieu !

La liberté de choisir sa vie confère à l’être humain sa dignité d’image de Dieu. Seule créature animale à pouvoir échapper au déterminisme de ses instincts et de ses besoins, l’être humain est responsable de sa vie présente et future (v 16-17). Qui dit choix sous-entend raisonnement et volonté. En cela l’homme est image de Dieu comme nous avons vu que Dieu a pensé la Création et l’a réalisée selon sa volonté,.

 c) La mission

Le texte nous indique les différents aspects de la mission de représentation de Sa personne confiée par Dieu à la seule créature qui soit à sa ressemblance.                                                    1) Dieu ayant créé par la Parole, est un Dieu de communication et de révélation ; l’être humain le représentera grâce à sa faculté de communiquer et de parler : c’est lui qui nommera les animaux et qui accueillera son complément féminin par le premier poème d’amour de l’humanité (v 18-20, 23).                                                                                                                                                    2) Dieu étant le maître de l’univers, l’homme sera le maître de la terre et des animaux : il en sera le gestionnaire et le responsable, gardien du jardin  (v 15). Il aura à  cultiver la nature, donc à en  maîtriser la connaissance et en contrôler les mécanismes, la nature étant aussi bien l’environnement que la nature humaine dans toutes ses dimensions. Pas de soumission à ses instincts, ses pulsions, ses besoins naturels. L’homme est appelé à les connaître et à les ordonner, les maîtriser, sans en être dominé et s’en rendre esclave.                                                 Cet aspect de la  mission confiée par Dieu dès la Création est mis en œuvre dans l’Église adventiste dans la pratique de la Gestion Chrétienne de la Vie dans ses cinq dimensions : la personne, le temps, les dons spirituels, les biens matériels, l’environnement.                                 3) Dieu étant un Dieu d’amour, attentif à chacun, l’homme partagera son amitié et son Zabou Adam nomme les animaux2.jpgrespect avec les animaux et avec ses semblables (v 19-20) : donner un nom à quelqu’un était considéré dans l’Antiquité comme une véritable adoption, une reconnaissance de paternité qui impliquait des liens d’affection, de respect et de protection.      (Illustration : Adam nomme les animaux, de Zabou)         4) La création de la femme entre aussi dans le projet de Dieu de faire de l’être humain son représentant sur la terre. Ce passage, souvent mal compris, a servi à maintenir la femme dans un rôle subalterne et inférieur sous prétexte que sa création vient en dernier, et que le mot « aide ou auxiliaire » sous-entend infériorité dans nos esprits. Ces arguments fondés sur des préjugés culturels ne tiennent pas après une étude du texte. En effet, on l’a vu, le fait que le récit de la création de la femme vienne en second dans le récit de la Création tient au procédé littéraire du récit hébraïque où on revient toujours sur les détails importants, après avoir rapporté les généralités : la création de la femme au chapitre 2 explicite le texte de 1.27 : Il les créa homme et femme.                                                De plus le mot aide, loin d’avoir une connotation péjorative, est employé dans la Bible toujours pour parler de Dieu qui vient en aide à sa créature, ou encore dans un contexte d’alliance entre deux chefs égaux qui unissent leurs forces pour lutter contre  un ennemi commun. On ne peut donc tirer de ce mot l’argument de l’infériorité de la femme. Elle est la partenaire égale et de même nature (comme le suggère le jeu de mots ich / icha, traduit par compagnon / compagne dans la BFC), qui multipliera les forces de l’être humain, et lui permettra d’échanger avec son vis-à-vis.                                                                                                                                                    Dieu a créé la femme d’une côte ou  à côté  de l’homme pour signifier qu’elle n’est ni au-dessus, ni au-dessous de son compagnon, et qu’elle est exactement de la même nature que lui, avec les mêmes capacités ou potentialités, comme le reconnaît immédiatement Adam.                             (Dessins de Zabou : Création d’Eve, et Eve reconnue par Adam)Zabou Eve reconnue par Adam.jpg

Zabou Création d'Eve.jpg

L’image de Dieu (1.27) ne pouvait être exacte et complète que dans cette dualité masculin /féminin. Cela ne condamne pas les célibataires, mais signifie à chacun, en couple ou solitaire, qu’il a à développer harmonieusement en lui les caractéristiques psychologiques et affectives des deux sexes, et non à  étouffer celles qui sont attribuées conventionnellement à l’autre sexe. Par exemple, on dit à un jeune garçon qu’il ne faut pas pleurer, parce que ce sont les filles qui pleurent. On habitue ainsi les hommes à refouler leur sensibilité, pour paraître plus virils, ou on refuse aux filles l’esprit de décision et d’entreprise, pour rester féminines !

Pour que l’homme (Adam, ish) puisse reconnaître et écouter la composante féminine de sa personnalité, Dieu l’a plongé dans le sommeil, suggérant ainsi que c’est dans le repos et le silence de sa masculinité, qu’il pourra être attentif à ce qui reste caché en lui, et qui doit s’exprimer pour lui permettre de vivre dans l’harmonie voulue par Dieu.                                         Dieu, dont l’être humain est l’image, révèle tout au long de la Bible les aspects masculins et féminins de sa personne. Ainsi Il dirige, organise, agit dans l’univers, mais aussi Il aime et est ému de compassion dans ses entrailles, en hébreu  son utérus !

5) L’union de l’homme et de la femme :Dieu éprouvant un amour privilégié pour la créature à son image et désirant s’unir à elle intimement, l’homme (= l’humain) s’attachera par un lien d’amour privilégié à son vis-à-vis, dans une communion de pensée, de projet de vie, de sentiments, de sensations et de plaisir (v 24-25). C’est ainsi que Dieu institua l’union conjugale comme signe et image de son caractère et de sa volonté de bonheur pour l’être humain.Ce qui explique qu'après la chute, l'union conjugale sera la cible privilégiée de l'Adversaire !

Les versets 24 et 25 sont indissociables, malgré la typographie de certaines Bibles, qui depuis le 4e siècle de notre ère les séparent. On peut considérer ces versets comme l’expression de la volonté de Dieu pour le bonheur du couple humain et l’accomplissement de sa mission. Jésus reprend ces paroles comme venant de Dieu dans le texte de Matthieu.

Psychologiquement et affectivement chacun des partenaires du couple cherche à :                        - avoir atteint la maturité psychique qui le rend conscient de sa personnalité et responsable de lui-même et de ses choix de vie (quitter son père et sa mère)                                                             - être capable de se détourner de son égoïsme naturel pour s’attacher à l’autre du sexe opposé et l’aimer, comme Dieu aime (il s’attachera à sa femme)                                                                    - avoir un projet de vie cohérent, un objectif à atteindre en commun avec l’autre, l’union des corps devant manifester l’union des cœurs et des esprits. (= devenir un seul être, ou une seule chair). Cette expression ne s’entend pas seulement de l’union physique du couple, et de l’union entre les valeurs de vie des deux partenaires, mais aussi de l’unité intérieure entre les composantes masculines et féminines de la personnalité de chacun.                                               - enfin, être vrai et transparent dans tous les domaines   (tous deux étaient nus sans honte). La nudité sans honte est le symbole d’une sexualité acceptée et vécue avec joie parce qu’elle consacre l’union de deux êtres à l’image de Dieu. Comme le suggère la place de ce verset dans le texte, la sexualité voulue par Dieu est le point d’orgue de l’union conjugale : elle en augmente la durée et en resserre les liens déjà noués sur tous les autres plans, mais ce n’est pas elle qui débute et fonde l’union, comme veulent le faire croire les médias et les coutumes actuelles.          Elle est aussi le symbole de l’acceptation de soi et de l’autre, tels que nous sommes et tels que Dieu nous voit, dont l’expression moderne « être bien dans sa peau » est une traduction ! En hébreu il y a homophonie entre les mots : nu, peau et lumière[3].                                                      Nus de peau, vivant dans la vérité entre eux et avec Dieu, ils jouissent de la lumière et de la chaleur de l’amour divin partagé sans obstacle ni arrière-pensée. Ainsi, psychologiquement, la nudité sans honte du jardin d’Eden signifiait qu’entre les deux humains, rien ne faisait obstacle à la communication, tout était clair entre eux, ils n’avaient rien à  cacher ni à Dieu ni à eux-mêmes.

Au ch 3 le jeu de mots continue avec le serpent rusé (= nu de peau), mais d’apparence lumineuse, séduisante et trompeuse. Le péché créera la séparation avec Dieu, donc l’absence de lumière. La gêne de cette disparition et la honte de l’avoir provoquée seront transférées sur la nudité et la sexualité.  

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- L’image de Dieu que nous sommes a été oblitérée par le péché, mais par sa grâce, Jésus-Christ nous permet de la restaurer. Quelle image de Dieu puis-je donner dans ma vie familiale, professionnelle, ecclésiale, et sociale ?

- Si je suis marié, les relations au sein de mon couple sont-elles harmonieuses, dans le respect et l’amour partagés, avec le désir d’authenticité et de service mutuels ? Sur quel point dois-je veiller plus particulièrement pour atteindre cet objectif ?

- Si je suis célibataire, ou individuellement pour chacun des membres du couple, comment puis-je harmonieusement développer les aspects masculins et féminins de ma personnalité, pour être une image fidèle de Dieu  ?

- Qu’ai-je découvert par cette lecture plus symbolique qu’historique ou littérale, sur Dieu, sur l’homme et sur moi ? Comment l’intégrer à ma vie ?

- Qu'ai-je appris de nouveau sur l'interprétation de la Bible ? Comment ce regard change-t-il quelque chose à ma lecture de ces textes fondamentaux ?

 

[1] Ce ne sont ni la même époque, ni le même contexte, ni la même culture. Paul détaille les dimensions de l’être humain : le spirituel, le psychique et le physique, qui forment la personne,  un tout indissociable.

[2] Voir en parallèle le symbolisme de l’arbre  du Psaume 1.3 ; Daniel 4.17-19 ;   Jér 17.8 ; Ez 47.7 et 9 ; etc.

[3] Ces mots se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment. La langue hébraïque use souvent de ces jeux de mots pour signifier brièvement des notions éloignées plus ou moins l’une de l’autre. Seule une lettre muette les différencie à l’écriture.