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25/08/2017

Étude n°10 : Allégorie des deux alliances, Gal 4.21-31 (02 09 17)

Étude n°10 : Allégorie des deux alliances, Gal 4.21-31 (02 09 17)

« La Jérusalem d’en haut est libre, c’est notre mère » (Gal 4.26)

Observons

Le contexte : Après avoir établi la justification par la foi seule par des arguments solides fondés sur l’expérience des croyants, sur l’exemple d’Abraham, sur le témoignage des Écritures, Paul a exprimé dans une parenthèse son émotion et son amour inquiet pour les Galates. Il reprend maintenant sa démonstration théologique dans une allégorie, genre littéraire très prisé à son époque.

Abraham chasse Agar G Doré 19è.jpgAbraham et Sara entendent la promesse divine, 13è.jpg1.(G.Doré : Abraham renvoie Agar) ; 2( Enluminure du 13è s : Abraham et Sara reçoivent la promesse d'un fils)

Le texte :

V 21-24 : Histoire d’Agar et de Sara

V 25-26 : Allégorie des deux alliances, des deux Jérusalem (relever tous les points de comparaison et d’opposition)

V 27 : Parole prophétique sur la postérité de Sara

V 28-30 : Inimitié entre les postérités d’Agar et de Sara

V 31 : Conclusion : le chrétien est enfant de la femme libre

 

Comprenons

Le genre allégorique consiste à personnifier ou représenter sous une image une idée abstraite, pour la rendre plus accessible. Il faut la distinguer de la typologie biblique qui établit la correspondance précise entre l'A.T. qui annonce l’œuvre de Christ, par des objets, des personnes ou des actions (appelés « types »), représentant symboliquement une réalité spirituelle, et le N.T. qui accomplit et exprime clairement cette réalité grâce à « l'antitype » (exemples : le sacrifice d’Isaac est le type du sacrifice de Christ, Joseph et David sont considérés comme des types de Christ, etc). Les auteurs bibliques ont largement utilisé la typologie, un peu moins l’allégorie qui court le risque de s’écarter de la réalité historique et de la plier à son imagination. Ainsi, Paul en prenant Agar et Sara comme personnages allégoriques symbolisant les deux alliances, pour étayer son idée de l’infériorité de la loi par rapport à la grâce de Dieu dans l’obtention du salut, n’évite pas complètement ce risque de tordre les événements du passé pour les faire servir à la cause qu'il défend (v 24-25). 

Aux Galates qui sous l’influence d’enseignants judaïsants, veulent adopter les prescriptions de la loi juive, Paul rappelle l’enseignement profond que l’on peut tirer des Écritures (le mot « loi » est ici employé dans son sens large et général de l’ensemble de l’Ancien Testament). L’apôtre se sert de l’histoire conjugale d’Abraham pour démontrer aux Galates l’absurdité de leur régression spirituelle.

Agar est l’esclave égyptienne, qui est venue du Sinaï et qui y est retournée avec Ismaël, son fils né de la volonté de l’homme et non de Dieu. C’est pourquoi Paul par un raccourci audacieux, jouant sur le mot Sinaï, en fait la figure allégorique du Juif « esclave » de la loi (promulguée au Sinaï). Elle représente pour lui l’ancienne alliance, la Jérusalem terrestre, symbole du peuple juif qui cherche à obtenir le salut par la « chair », par l’obéissance à des prescriptions, en un mot par ses œuvres, alors que ce salut ne s’achète pas mais se reçoit par la foi en la grâce de Dieu.

On attendrait au verset 26 que Paul cite « l’autre femme » Sara, en opposition à « l’une du mont Sinaï » du v 25. Mais dans la vivacité de son style, Paul passe directement à la seconde comparaison entre les deux Jérusalem. Il oppose la Jérusalem terrestre, matérielle, historique et « charnelle », attachée à l’ancienne alliance et à ses prescriptions, à la Jérusalem d’en-haut, céleste et spirituelle, libre des ordonnances rituelles de la loi comme moyens de salut, et symbolisant pour lui la nouvelle alliance en Jésus-Christ. Fondée sur la promesse du salut par la foi, elle fait naître comme Sara avec Isaac, un peuple libre, héritier du royaume par la grâce de Dieu, dont Esaïe (54.1) avait vu la prospérité et le bonheur (v 27).

Par ce rappel de la prophétie d’Esaïe, Paul veut peut-être aussi montrer que la grâce de Dieu est puissante et bienfaisante, car elle brise la stérilité et la solitude d’une vie soumise aux contingences naturelles et charnelles. Celui qui se tourne vers Dieu et lui fait confiance malgré toute son indignité, retrouve sa joie et sa valeur dans une vie bénie et éclairée par Dieu.

Les allusions à la raillerie persécutrice d’Ismaël et d’Agar et à leur mise à l’écart de l’héritage promis  à cause de leur état d’esclaves, servent à revenir à la situation de Paul et des Galates. L’Église et Paul sont persécutés par les Juifs et les docteurs judaïsants, esclaves de leur observation de la loi. Paul demande aux Galates de les écarter, comme Abraham a écarté Ismaël et Agar, car le salut, véritable héritage promis, n’est pas pour ceux qui comptent sur leurs œuvres et leurs mérites, mais pour ceux qui comme Sara et Isaac acceptent par la foi en Jésus-Christ la grâce de Dieu.

Il ne convient pas ici de lire le récit du renvoi d’Agar et d’Ismaël avec nos yeux, notre sensibilité et nos idées du 21ème siècle sur la justice humaine. A l’époque Abraham avait tout pouvoir sur ses serviteurs esclaves. Aujourd’hui il nous paraît injuste de les renvoyer, alors qu’il a accepté lui-même de s’unir à Agar. Humainement cela paraît une injustice profonde qui justifie les guerres ancestrales jusqu’à notre époque entre les deux peuples issus d'Abraham, devenus frères ennemis. Paul utilise cet exemple non pour juger les faits et les personnages, mais pour tirer des situations concrètes un enseignement spirituel.

Si l’on demeure dans l’esclavage spirituel et psychique de l’attachement à ses mérites et à sa propre justice, aux pulsions de jalousie et de violence de sa nature charnelle, on se disqualifie du salut. Dieu a promis le salut par pure grâce à ceux qui lui font confiance et vivent libres des dépendances « charnelles » de leur nature non régénérée par l’Esprit.

 Questions pour une application dans la vie chrétienne

 -    De quoi fais-je dépendre mon salut éternel ?

 -       Dans quel état d’esprit ma foi en Dieu se vit-elle ?(confiance, crainte, zèle fébrile et inquiet, soumission aveugle, dilettantisme...)

 -       Dans mes relations avec les autres chrétiens, à qui ressemblé-je le plus : Agar et Ismaël, pleins de mépris et de critiques, ou Sara et Isaac, sûrs de leur bon droit et de leur salut, ou Christ rempli de l’amour de Dieu pour tous, et le manifestant dans la compassion, le dialogue et le partage ? Comment ressembler à ce dernier modèle ?

 -   Dans la pratique de ma foi, quelles tentations de légalisme ai-je à écarter de ma vie avec Dieu ?

 

 

 

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