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01/02/2013

Etude n°6 : Création et Chute, Gen 3.1-15 (09 02 13)


« Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon » Gen 3.15

Illustration de Zabou : Adam et Eve séduits par le serpentZabou Chute.jpg

 Voir en complément l'étude de ce chapitre dans le livre d'Evelyne Zuber : "l'Arbre de Vie". dont les coordonnées vous sont indiquées dans la rubrique Bibliographie à gauche de cette page.

Observons Gen 3.1-15

La structure du passage se présente ainsi :

A. 3.1a :    Dieu et le serpent

          a. 3.1a :          le serpent créé par Dieu

          b. 3.1a :          le plus rusé des animaux

          c. 3.1a :          le serpent parle à la femme

              B. 3.1b-6 :     Dieu accusé

              a. 3.1b :     vous ne devez manger aucun fruit ?

              b. 3.2,3 :    vous ne devez pas en manger de peur d’en mourir

              c. 3.4,5a :  vous verrez les choses telles qu’elles sont

              d. 3.5b :     vous serez comme Dieu

              e. 3.6 :       elle en prit et en mangea, puis en donna à son mari.

                   C. 3.7,8 :       l’attitude de l’homme

                   a. 3.7 :       ils se rendirent compte qu’ils étaient nus

                   b. 3.8a :          ils entendirent le Seigneur se promener

                   c. 3.8b :          ils se cachèrent

 

                        D . 3.9 :     Le Seigneur appelle l’homme : Où es-tu ?

 

                   C’. 3.10 :   l’attitude de l’homme

                   b’. 3.10a : je t’ai entendu

                   a’. 3.10b : j’ai eu peur car je suis nu

                   c’. 310c :   et je me suis caché

              B’. 3.11-13 : l’homme responsable

              a’. 3.11 :         avez-vous mangé du fruit défendu ?

              b’. 3.12 :         c’est la femme

              c’. 3.13a :       pourquoi as-tu fait cela ?

              d’. 3.13b :      le serpent m’a séduite

              e’. 3.13c :       j’ai mangé

          A’. 3.14,15 : Dieu maudit le serpent

          a’. 3.14 :         Dieu maudit

          b’. 3.14 :         le plus méprisé des animaux

          c’. 3.15 :         le serpent sera vaincu par la postérité de la femme

 

 

 

Comprenons  

 

1. Cette structure fait apparaître que l’axe autour duquel tout le récit est construit est l’intervention de Dieu auprès de l’homme.

Cette intervention n’est pas agressive : Dieu appelle, et il est présenté non seulement avec son titre Dieu, mais avec son nom propre : L’Éternel (le tétragramme YHVH).

Les paroles qu’il prononce ne sont ni des accusations, ni des reproches, ni une condamnation, mais une question. Pédagogiquement c’est à l’homme de se situer, de dire à Dieu où il est, et où il en est dans sa relation avec lui-même, avec la femme, avec la nature que Dieu a faite pour lui, et avec Dieu, son créateur.

 

     2. Tout ce qui est avant l’axe décrit la situation initiale jusqu’à l’acte commis et à ses premières conséquences indépendantes de toute intervention de Dieu.

La situation initiale comporte des risques indiqués par l’ordre de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, et par la présence du serpent, qui va se révéler instrument de séduction.

 

     3. Tout ce qui est après l’axe montre la situation finale compte tenu de l’intervention de Dieu. Cette situation est marquée par un certain nombre de conséquences liées à la désobéissance de l’homme, conséquences considérées le plus souvent à tort comme des punitions de Dieu.

      

1- La séduction Gen 3.1-7 

La séduction faisant appel essentiellement aux sens et à la sensibilité, le séducteur va s’attaquer à celui des deux êtres humains où ils sont les plus développés, la femme,  par rapport aux facultés de raisonnement logique, et de maîtrise de soi que l’on attribue plutôt à l’homme.

V 1 : Le serpent (médium et symbole de Satan, Ap 12.9), avant de séduire, cherche à semer le doute dans l’esprit d’Eve sur la parole de Dieu.

V 2-3 : Les ajouts ou transformations de la parole de Dieu apportés par  Eve (le fruit, ne pas toucher), montrent combien l’interprétation de la Parole de Dieu dépend de l’esprit auquel on se soumet pour interpréter : cherche-t-on à être guidé et éclairé par Dieu, ou par sa propre intelligence ou par ses sentiments, ou par un esprit de critique ?

Si on n’y cherche pas une relation intime avec Dieu, la lecture et l’étude de la Bible seront vaines, ou influencées par d’autres esprits que l’Esprit Saint. Eve en écoutant le serpent s’est déjà mise sous son influence et le montre tout de suite par son ajout à la parole divine.

 

Mettre en doute la parole de Dieu (1b) ouvre la porte à toutes les convoitises. Celles des yeux et de la chair (1 Jean 2.16) se manifestent (6a) dans le désir d’Eve de posséder ce que symbolise pour elle le fruit de l’arbre défendu : l’immortalité (4) et le discernement personnel du bien et du mal, qui sont les privilèges de Dieu (5). Satan a su éveiller en elle l’aspiration à sortir de sa condition dépendante de Dieu, et à conquérir le pouvoir divin de décider ce qui est bien ou mal.  Or les promesses de Satan se révèlent totalement fallacieuses : leurs yeux s’ouvrent[1]* non pas sur le monde spirituel des dieux, mais sur leur situation de dénuement total de créatures sans Dieu !

 Nous retrouvons quotidiennement les facettes de cet « orgueil de la vie », lorsque sans même nous en rendre compte, et souvent avec les meilleures intentions du monde, nous nous mettons à la place de Dieu. Déterminer qui est sauvé ou pas, décider de la vie de ses proches ou de l’Église selon sa propre volonté, chercher à briller aux yeux des hommes, ou à grimper dans les hiérarchies pour exercer un pouvoir sur les autres, toutes ces attitudes reproduisent le péché de nos premiers parents. Il les réduisit à leur condition de mortels, et les conduisit à cacher leur faiblesse devant Dieu et les autres par des moyens de fortune précaires (7). Ainsi en est-il de nos efforts pour donner le change et faire croire à une capacité personnelle de nous sortir des impasses dans lesquelles nous nous enfonçons par notre insoumission à Dieu.

 

A- Comment Dieu agit-il face à l’échec de son plan de vie pour l’homme ?

V 4-5 : Les paroles du serpent présentent les 7 dogmes de l’humanisme spirituel qu’a repris  la philosophie d’aujourd’hui, et qui s’infiltrent dans la pensée contemporaine. Ils ont comme objectif subtil et masqué de séparer l’homme de Dieu, et de faire de l’homme un rival de Dieu, en lui faisant croire à son indépendance, son pouvoir et son intelligence.

1-      Vous serez comme des dieux : c’est le refus du statut de créature dépendante de Dieu, et l’aspiration à l’auto-adoration.

2-      Vous ne mourrez pas : c’est la croyance en l’immortalité naturelle, que l’on retrouve dans toutes les religions, et qui conduit à la foi en la réincarnation, ou en l’âme immortelle prisonnière dans un corps mortel.

3-      Vos yeux s’ouvriront : dans la Bible cette expression s’emploie pour la prise de connaissance du monde occulte, donc inaccessible au profane, au non-initié. Eve va croire que Dieu la condamne à la naïveté, à avoir les yeux fermés sur ces pouvoirs de l’esprit, sur cette intelligence de l’infini et de l’au-delà.

 4-      Vous connaîtrez le bien et le mal : chacun sera capable de déterminer ce qui est son bien ou son mal : c’est le relativisme moral, où l’homme n’a de compte à rendre à personne que lui-même.

 5-      Dieu a-t-il réellement dit ...: le doute est  semé sur la révélation divine, qui prend moins d’importance que la communication de l’esprit humain avec les forces surnaturelles.

 6-      Dieu sait que ...: Dieu est présenté comme un Dieu d’obscurantisme, un Dieu qui veut garder jalousement son savoir, qui interdit à l’homme la connaissance, l’ouverture d’esprit.

 7-      Un fruit précieux pour ouvrir l’intelligence : la recherche du développement du cerveau par l’énergie cosmique (symbolisée par cet arbre) avec laquelle on entre en contact grâce à la méditation, est l’idée-clé de la philosophie humaniste spirituelle contemporaine. Elle s’introduit aussi dans l’Eglise, lorsqu’on ne perçoit pas toute la subtilité des propositions sataniques, dont le but est de séparer de Dieu.

 

V 6 : La tentation d’Eve reprend les trois convoitises dont parle l’apôtre Jean (1 Jean 2.16) : convoitise des yeux, convoitise de la chair et orgueil de la vie.

La tentation d’Adam est un peu différente : il devait choisir entre écouter Dieu et perdre sa femme, ou écouter sa femme, perdre Dieu et se perdre tous les deux. Il préféra la seconde solution, ce qui fait dire que le péché d’Adam avait une connotation sexuelle. Mais en aucun cas, nous ne pouvons prétendre que le péché de nos parents fut l’acte sexuel ! Celui-ci était voulu et béni par Dieu, pour le bonheur de l’être humain et le peuplement de la terre, et même aussi pour symboliser l’union spirituelle que Dieu voulait vivre avec la créature à son image !


B- Le dialogue entre Dieu et le couple : Gen 3.8-15 est très important pour comprendre la rupture des relations entre Dieu et la créature, et entre les êtres créés eux-mêmes. Il n’y a plus confiance, mais peur et accusations mutuelles dans le couple.

Seul Dieu continue à aimer : Il va au devant de l’homme, Il le recherche, Il lui parle, Il veut l’amener à prendre conscience de sa responsabilité et à se tourner vers Lui, Il lui fait des promesses, et concrètement lui donne les moyens de comprendre Son amour.

Notre passage  nous apprend sur Dieu qu’:

     a. il accepte de se laisser accuser indirectement sans se fâcher,

     b. il s’adresse au serpent séducteur et le maudit,

     c. il annonce la guerre qui s’ouvre entre l’humanité et le serpent et en révèle l’issue favorable à l’humanité, il est donc un Dieu d’espérance;

    Au lieu de reprocher à l’homme sa désobéissance, ou de se détourner de lui par dépit et fureur de voir son œuvre parfaite gâchée, Dieu s’approche du couple dans un désir de reprendre la relation rompue, à l’heure la plus propice pour un échange dans l’intimité, comme les sacrifices du soir dans le temple, voudront le rappeler.

Les questions posées n’ont d’autre but que de pousser l’humain à faire le point sur sa situation, à reconnaître sa responsabilité et à revenir humblement à son Créateur. Adam ne saisit pas la perche tendue, et s’enfonce dans sa culpabilité en accusant Dieu et sa femme (12), tandis qu’Eve reconnaît rapidement avoir été séduite : cette plus grande capacité de la femme à avouer sa faiblesse expliquerait-elle la présence plus nombreuse des femmes dans nos églises ?


 C- La différence des réactions à l’interrogation de Dieu entre l’homme et la femme n’est pas sans conséquence : Dieu promet à la femme que sa postérité vaincra le serpent, et à l’homme il rappelle qu’il est poussière et retournera à la poussière (Gen 3.19). Pourquoi n’est-il pas dit « leur » postérité ? Si l’on rapproche ce texte de celui qui concerne la postérité d’Abraham (Gal 3.16,29) qui reçoit l’héritage promis par la justice de la foi (Rom 4.13), la postérité d’Eve victorieuse du serpent ne concernerait que celle qui, comme elle, sait reconnaître avec humilité son péché devant Dieu (Gen 3.13), qui accepte comme Abel (Gen 4.4), puis Seth (4.26), ou comme l’Église (Rom 16.20), de dépendre de Dieu pour son salut et sa victoire, tel que Christ le vivra parfaitement en se donnant lui-même sur la croix.

La postérité d’Adam au contraire, refuse comme Caïn, d’écouter Dieu, se détourne de lui et retourne à la poussière ! Attention à ne pas désigner l’autre comme faisant partie de cette postérité : nous avons tous en nous un Adam et une Eve, l’un qui ne veut jamais reconnaître ses torts et accuse autrui pour se justifier, l’autre qui accepte sa faiblesse et revient humblement vers son Sauveur. Lequel des deux privilégions-nous ?

Nous étudierons la question de la nudité (3.7) à la leçon 9 avec le texte de Gen 2.18-25. : Le mariage, cadeau de l’Eden

 

D- « Les malédictions » (3. 14,17)

Il est indispensable d’être au clair au sujet des malédictions. Encore faut-il s’entendre sur le sens des malédictions divines : Dieu ne veut jamais le mal pour personne. Simplement il voit à l’avance ce qui va découler du mauvais choix de chacun, et il l’annonce. On pourrait transcrire le «tu seras maudit » par « tu seras malheureux, toi qui … ».

 Les malédictions n’atteignent que le serpent (14) et le sol (17), dont Dieu annonce ainsi l’impossibilité totale de sortir de leur nouvelle condition ! Le serpent est atteint dans son pouvoir de séduire. Physiquement il perd ses attraits, spirituellement son pouvoir de séduction se réduit. Lui qui était considéré comme porteur de vie dans les cultures voisines des Hébreux, devient porteur de mort, se nourrissant des morts spirituels (poussière, v 19) qu’il a séduits. A travers le sort du serpent physique, Dieu indique le sort du Satan qui l’inspire : Par son choix de rébellion et d’orgueil, l’Adversaire s’est condamné lui-même à la mort éternelle (Es 14.13-15 ; Ez 28.12-19). Il entraîne avec lui ceux qu’il séduit et pousse à l’imiter. La malédiction de Satan consiste dans l’impossibilité de changer d’attitude, que Dieu sait d’avance.

     Dieu prévient l’homme des conséquences désastreuses de son mauvais choix en lui indiquant les signes de la mort introduite  dans la nature :

*   pour le serpent : malédiction (= peur, dégoût, mépris) parmi les animaux, poussière comme nourriture (symbole de la mort dont se nourrit Satan), reptation sur le ventre (le domaine d’action de Satan sera désormais essentiellement sur terre auprès des hommes et non plus dans le ciel, auprès des anges (Ap 12.7-8). Le ventre étant la partie du corps molle, sans protection,  et le siège des émotions, le Satan agira surtout à partir des faiblesses et de l'émotivité de la personne humaine.

*   pour les relations du serpent et des humains : guerre avec les humains qui se terminera par la mort du serpent après qu’il les ait blessés.

*   pour le sol : malédiction du sol qui devient difficile à cultiver et encombré de mauvaises herbes.

 

E- La promesse divine v 15

En voulant être comme Dieu, en devenant rival de Dieu, on devient rival de son vis-à-vis, qui est image de Dieu. Mais à l’homme Dieu offre une solution. Lorsqu’on accepte d’être à nouveau adopté par Dieu comme fils ou fille, les rapports avec le vis-à-vis sont transformés et retrouvent l’amour et l’égalité voulus par Dieu à l’origine.

Ce ne sont pas des fatalités, puisque, en même temps Dieu annonce le remède, par ses paroles et ses actes : ainsi Dieu annonce la victoire sur l’adversaire (v 15), et offre les moyens de cette victoire (v 16-24 que nous verrons plus tard)

 Au début des prévisions de l’avenir de l’homme, Dieu prononce la première promesse messianique, en deux volets (15) :

1-     l’homme et la femme ne mourront pas immédiatement, ils auront une postérité, donc la vie continue ! A partir de cette promesse, les Juifs penseront que la vie éternelle consiste dans la propagation du nom à travers la descendance.

2-     Dans cette descendance apparaîtra Celui qui, au prix de ses souffrances (blessure au talon) sera vainqueur du serpent mortel, symbole de Satan (Ap 12.9 ; Héb 2.14). Le grand combat entre Christ et Satan, dont nous sommes à la fois les acteurs et les enjeux, est clairement annoncé par Dieu dès la Genèse, et fera l’objet de ses révélations aux prophètes, sans être vraiment compris jusqu’à l’incarnation de Dieu en son Fils Jésus.

 Discernons-nous au milieu de nos souffrances, la lumière d’espoir que le Seigneur entretient, pour nous permettre de les surmonter ? Adam l’a si bien saisie, que de toutes les paroles de Dieu il n’a retenu que cette promesse. Il l’en remercie en donnant à sa compagne le nom de son espérance : la Vivante ! L’avenir de l’homme, c’est la Vie promise par Dieu ! (v20)

  En hébreu le verbe traduit à tort par « punir » dans Ex 20.5, signifie en réalité « visiter, s’occuper de, prendre soin de », Dieu prend soin des conséquences désastreuses sur les enfants, de la faute de leurs parents, sur au moins trois générations. Il ne les impose pas comme des punitions (ce serait totalement injuste et en contradiction avec Ez 18), mais il accompagne les enfants pour les en soulager et les en délivrer. C’est ce que la suite du texte cherche à nous faire comprendre[2].

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-       En quelles circonstances, pouvons-nous être tentés de décider par nous-mêmes de ce qui est bien ou mal ?

-       Alors que notre cantique (DLG 330) ou l’apôtre Paul nous invitent à « ressembler au Seigneur » (Eph 4.13), quand est-ce que « Vouloir être comme Dieu » devient un péché ?

-       Comment réagissons-nous quand est mise au jour  notre responsabilité dans la détérioration de la nature et des relations humaines ? Pourquoi avons-nous tant de peine à reconnaître nos torts ?

-       Comment nous montrer comme faisant partie de la postérité de la femme, en « écrasant la tête »  du tentateur, au niveau de nos relations avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes ?



[1] Cette expression dans la Bible s’applique toujours aux « voyants », prophètes de Dieu ou devins, qui ont accès au monde invisible (voir 2 Rois 6.16-17).

[2] Etude n°12

08:00 Publié dans Origines | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Bonjour cher amis (ies) en CHRIST
Toujours heureuse et reconnaissante pour vos études. MERCI et particulièrement pour votre "éclairage" d'Exode 20.5 "prendre soin de" au lieu de punir "replace" l'AMOUR de Notre PERE à sa juste dimension. De tout cœur merci, bien amicalement

Écrit par : MENVIELLE anne marie | 10/02/2013

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