21/03/2025
Étude n°13 Romains 13.8-14 et Jérémie 31.31-34 L’amour est l’accomplissement de la loi (29 03 25)
Pour terminer ce trimestre , nous vous offrons le choix entre deux textes : dans le Nouveau Testament : Romains 13.8-14 et dans l'Ancien Testament Jérémie 31.31-34
1- Premier texte
Étude n°13 Romains 13.8-14 L’amour est l’accomplissement de la loi (29 03 25)
« Ne devez rien à personne si ce n’est de vous aimer les uns les autres ; celui qui aime les autres a accompli la loi. » Romains 13.8
Observons
Le contexte :
Après la partie doctrinale de sa lettre, Paul exhorte les chrétiens à vivre selon Dieu (ch 12), en insistant sur les relations fraternelles remplies d’amour (12. 9-10, 16-17, 20-21). Le ch 13 débute avec le sujet des relations avec les autorités : (v 2, 4) Que représentent les autorités pour Paul ? Comment le chrétien doit-il se comporter vis-à-vis des autorités ?
Le texte : se compose de trois parties :
V 8-10 : Amour et Loi : Quels commandements cite Paul ? Pourquoi ? Quel rapport fait-il entre amour et loi (v 8, 10)?
V 11-12 : Sur quoi se fonde l’exigence de l’amour ? Quelle opposition contient le v12 ?
V 13-14 : Que signifie « honnêtement » ? Par quelle image Paul conclut-il le passage ? A quoi l’oppose-t-il ?
Comprenons
Le contexte
Le paragraphe sur la soumission aux autorités se situe au centre des deux développements sur l’amour fraternel. Autant dire que cet amour doit aussi concerner les relations avec les autorités ! Comme Paul avait conclu le ch 12 sur la recommandation de « vaincre le mal par le bien », il ne pouvait pas laisser de côté la relation avec les autorités, qui est comme à notre époque aussi, une question essentielle de la vie du citoyen. La raison d’être des autorités est de veiller au bien de la vie en commun dans la cité, ou l’église. Pour Paul c’est Dieu qui les a instituées pour établir l’ordre et exercer la justice. (Voir l’exemple de Moïse et Jethro Exode 18). S’opposer aux autorités, serait donc s’opposer à la volonté de Dieu. Ce précepte doit être appliqué toutefois avec discernement de la volonté de Dieu. Pierre a su en Actes 4.19 et 5.29 donner les limites de l’obéissance aux autorités : lorsqu‘elles donnent des ordres contraires à la volonté divine, « il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes » ! Paul ne pose pas ici la question de savoir à quel moment le chrétien doit se soumettre à une autorité prise par la force et qui change le régime de l’Etat. Comment se soumettre à un pouvoir fondé sur le crime, c’est pourtant ce que vivaient les Romains sous Néron à l’époque de Paul ! Pour autant le chrétien doit-il rester passif et muet devant les injustices flagrantes ou s’engager pour rétablir le droit ? Paul n’est pas un révolutionnaire ni un politique. Il se place plutôt sur le plan du principe spirituel que Jésus avait émis en Marc 12.13-17 « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu ». Peut-on comprendre le v 7 dans le contexte des Romains (et le nôtre !) : « Gardez respect, honneur et obéissance aux autorités, tant qu’elles n’empiètent pas sur votre vie avec Dieu et vos relations fraternelles avec les autres » ?
Le texte v 8-14
8-10 : L’apôtre enchaîne avec les relations fraternelles où l’on ne doit rien aux autres si ce n’est de l’amour. La Loi divine avec ses deux tables(les 4 premiers commandements concernant la relation à Dieu, et les 6 autres les relations aux autres) a été résumée par Jésus en deux commandements d’amour « Tu aimeras le Seigneur Dieu… et tu aimeras ton prochain comme toi-même ! ». L’obéissance à ces commandements est donc aimer ! Ici Paul ne s’occupe que de la seconde table de la loi qui concerne les relations humaines, et la résume en affirmant qu’aimer c’est ne pas faire de mal à autrui. On retrouve la même idée émise en 12.21 : « Sois vainqueur du mal par le bien ».
Aimer l’autre comme soi-même implique d’abord de reconnaître à l’autre la même valeur que l’on s’attribue à soi-même, ou plutôt que Dieu attribue à chacun : « Luc 12.7, 24 : Vous valez plus que les oiseaux ! » et Psaume 8. 6 : « Tu as fait l’homme de peu inférieur à Dieu ! ». Lui faire du bien c’est chercher ce qui contribue à son bien physique, moral, affectif et spirituel, en oubliant son propre égoïsme, son propre intérêt et son orgueil, à l’exemple de Christ (Phil 2.5). Aimer ne consiste pas simplement à le dire, mais à agir en faveur de l’autre.
11-14 : A l’époque de Paul (environ 60 ap JC) on croyait que le retour de Jésus était imminent. C’est pourquoi l’apôtre rappelle aux chrétiens l’urgence de se démarquer du monde ambiant, plongé dans les ténèbres spirituelles de l’ignorance de la venue de Christ en gloire, et dans les ténèbres morales de comportements néfastes à la relation entre les hommes, et à l’épanouissement de la personne (v 13). Le chrétien ne peut s’endormir comme les cinq vierges folles de la parabole (Matthieu 25) car il sait que Le Seigneur reviendra à l’heure où on ne l’attend pas. Le chrétien est appelé à sortir du sommeil, de la léthargie de ses habitudes ou traditions, de l’aveuglement sur le moment présent, de l’ignorance ou l’inattention aux signes des temps dont Jésus a dit « Quand vous verrez ces choses arriver, levez vos têtes car votre délivrance (= salut,v 11) est proche » Luc 21.28,31)
12-14 : Revêtir les armes de la lumière, ou armes du soldat de Dieu (Ephésiens 6.11-18) permet de « marcher honnêtement », c’est à dire de façon à ne rien cacher, sans hypocrisie ni mensonge, sans chercher à paraître au lieu d’être, sans rechercher la satisfaction de ses intérêts avant ceux des autres. Paul assimile ces armes de lumière au vêtement de Christ dont Dieu nous revêt : la justice et la sainteté de Christ couvrent notre être naturel pécheur (= la chair et ses convoitises, v 14) et nous permettent de progresser dans la « sainteté » (dans la sanctification) jusqu’à la stature parfaite de Christ (Ephésiens 4.13). Un programme de vie chrétienne qui nous distinguera dans le monde, et fera connaître à travers notre témoignage de vie tout l’amour de Dieu pour chacun.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- De quelle(s) infraction(s) à la Loi de Dieu, l’Esprit m’invite-t-il à prendre conscience, et à demander pardon ? Qu’est-ce que dans ma vie, je redoute d’être mis en lumière ?
- Qu’est-ce qui m’empêche d’aimer l’autre comme moi-même ?
- De quelle arme de lumière ai-je besoin pour grandir dans la sainteté ?
Second texte
Jér 31.31-34 L’Amour est l’accomplissement de la Loi (29 03 25)
« L’amour ne fait pas de mal au prochain, l’amour est l’accomplissement de la Loi » Rom 13.10
Observons
31-32 : Comment est qualifiée l’alliance que Dieu propose à son peuple ? De qui est composé ce peuple ? A quoi s’oppose cette alliance (v32) ?
33 : Que signifie la place de ce verset dans le passage ? Quelles sont les caractéristiques de l’alliance proposée par Dieu ? En quoi s’opposent-elles à l’ancienne ?
34 : Quels seront les fruits de cette alliance ? Qu’est-ce qui en est le plus important ? (voir la place au centre du verset). De quoi se compose la connaissance de l’Eternel ?
Comprenons
Le contexte
Dans sa lettre aux captifs exilés à Babylone, Jérémie s’emploie à leur redonner l’espoir d’un retour à Jérusalem. L’Eternel reste au milieu du peuple même loin du temple, il guérira (30.17), il délivrera (31.7), il donnera un avenir (31.17), rafraîchira l’âme altérée, rassasiera l’âme languissante (31.25). Ils n’auront plus à subir les conséquences du péché de leurs pères, dont l’idolâtrie les a menés à l’exil (31.30) ; chacun sera devenu responsable de son sort.
Le texte :
Alors que Jérémie s’adresse à Juda seul, la proposition d’alliance nouvelle avec Dieu concerne tout le peuple, Israël exilé et dispersé depuis une centaine d’années (721, chute de Samarie) et Juda en passe de suivre le même sort. Dieu ne veut laisser personne hors de son alliance, Il n’oublie ni ne favorise personne.
L’alliance sera nouvelle car l’ancienne, scellée au Sinaï après la sortie d’Égypte, a été rompue par le peuple. L’auteur de la lettre aux Hébreux, reprend ce passage plusieurs siècles après Jérémie (Hé 8.7-13), pour montrer que la désobéissance à la loi de Moïse qui avait été écrite sur des tables de pierre de façon à être indélébile, a rendu caduque une alliance restée extérieure à chacun. La loi et ses rites cérémoniels pratiqués littéralement sans en comprendre le sens profond, n’étaient « qu’une ombre et une figure des réalités spirituelles », que Christ est venu révéler pleinement (Hé 9.5,9-10 ; 10.1).
Cette nouvelle alliance sera rendue possible par le pardon total de Dieu (v34c) acquis par l’unique sacrifice de Jésus (Héb 9.14, 26 ; 10.14). Pardonné et purifié dans son être intérieur (= cœur), le pécheur repentant et régénéré, reçoit la loi divine comme boussole de sa vie pour ne pas s’écarter de l’alliance avec Dieu. Le peuple de Dieu devient alors l’ensemble de ceux qui « connaissent » Dieu, c’est-à-dire ceux qui ont une relation intime personnelle avec Lui, rendue possible par le pardon divin. Nul ne peut s’y prévaloir d’une connaissance supérieure à l’autre (v 34a), car chacun cultive cette intimité dans son cœur.
Jérémie et ses contemporains, tout préoccupés par la perspective d’un retour à Jérusalem, n’ont sans doute pas perçu la dimension messianique et spirituelle de cette prophétie que Jésus a pleinement accomplie. Il faudra l’inspiration de l’Esprit Saint aux apôtres pour commencer à entrevoir la nature spirituelle de l’alliance nouvelle.
Il est évident aussi qu’au-delà de la nouvelle alliance scellée par Jésus-Christ, le tableau prophétique de ce verset 34, n’est pas encore réalisé. Il trouvera sa plénitude dans le Royaume éternel, lorsque le péché aura disparu, et que les hommes suivront la loi de Dieu tout naturellement dans leur être ressuscité et glorifié. En attendant, Dieu invite chacun à entrer de tout son cœur dans son alliance d’amour qu’a inaugurée Jésus-Christ ; par sa mort sur la croix, il nous assure « de son pardon et de l’effacement de nos péchés » (Jér 31.34c).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Par mon baptême j’ai fait alliance avec Dieu ; mais quelle alliance ? L’engagement à l’obéissance scrupuleuse de la loi, ou la demande d’une « conscience purifiée par Dieu » (1 Pie 3.21) ?
- Comment la loi peut-elle être écrite dans le cœur ?
- Le pardon de Dieu m’est-il acquis gratuitement, ou me faut-il obéir pour être « en règle avec Dieu » ?
- Comment approfondir ma « connaissance » de Dieu, ma relation intime avec Lui ?
- Est-il utile ou possible de partager cette connaissance avec d’autres ? Comment et pourquoi ?
08:00 Publié dans Amour et Justice de Dieu 1 tri 25 | Lien permanent | Commentaires (0)
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