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20/10/2017

Étude n°4 : Justifiés par la foi, Romains 3.19-31 (28 10 17)

Étude n°4 : Justifiés par la foi,  Romains 3.19-31 (28 10 17)

« Nous comptons que l’homme est justifié par la foi, sans les œuvres de la loi » (Rom 3.28)

Observons

Le contexte

Après avoir démontré dans les ch 1 et 2 de sa lettre aux Romains, l’universalité du péché (non-Juifs et Juifs sont à égalité, même si les Juifs ont l’avantage primordial d’être les dépositaires de la Parole de Dieu (3.1-9), Paul appuie sa démonstration sur les textes des Écritures qui affirment que tous les hommes sont coupables parce que « la crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux » (3.10-18).

 Crucifixion Le Tintoret.jpg

Le texte

Structure : première partie

V 19-20 : La loi fait connaître le péché

V 21-22 : La justice de Dieu s’obtient par la foi en JC

V 23-26 : La mort de JC, moyen de rédemption et d’expiation pour tous.(Le Tintoret Crucifixion, détail)

Seconde partie

v 27-28 : nul pécheur ne peut tirer des mérites de ses œuvres, car il est justifié par la foi.

V 29-30 : Dieu justifie également circoncis et incirconcis par leur foi.

V 31 : la justification par la foi est confirmée par la Thora.

 

Répétitions dans la première partie :

Justifié = v 19, 20, 24

Justice de Dieu = v 21,22,25,26

Dieu reconnu juste : v 26

Dieu justifiant : v 26

6 fois Dieu justifie ou accorde sa justice, 2 fois l’homme est l’objet de la justice de Dieu. Le vocabulaire est essentiellement juridique.

3 fois les destinataires de l’œuvre de salut de JC sont désignés comme « ceux qui croient » (22), « ceux qui ont la foi en son sang » (25), celui qui a la foi en Jésus » (26)

Opposition entre l’œuvre de justification de Dieu et l’état de péché de l’homme (v 19,20,23,25).

Au centre de la première partie (v 24-25) on trouve les notions de « rédemption » en Christ, et « d’expiation » opérée par Christ pour « ceux qui ont la foi en son sang ». Ces deux termes sortent du vocabulaire juridique : ils sont du domaine social (relation entre les hommes) et religieux (relation avec Dieu).

La seconde partie est construite sur le procédé littéraire et oratoire des questions-réponses.

 

Comprenons

Le contexte

Paul vient de citer quelques passages des Ecritures qui justifient son affirmation de l’universalité du péché : Ps 14.1-3 pour les versets 10-12 ; Ps 5.10 ; 140.4 ; 10.7 pour les v 13-14 ; Es 59.7-8 pour les v 15-17. Paul cite ces textes selon la version des Septante en grec qu’il connaissait. Ces passages dénoncent l’injustice générale et l’égarement de l’humanité qui « ne cherche pas Dieu ». Cet égarement se manifeste dans la parole  mortelle et l’activité  meurtrière et destructrice, dans l’absence de paix et de crainte ou respect de Dieu, qui règnent parmi les hommes.

 

Le texte : Première partie

V 19-20 : Paul conclut que ces révélations de l’Ancienne Alliance s’adressent aux Juifs « qui sont sous la loi », c’est-à-dire qui en sont les dépositaires. Elles les avertissent que eux aussi sont concernés puisque « tous sont coupables  devant Dieu» (ch 1-2), car la source du péché se trouve dans le cœur humain. L’observation de la loi morale ou rituelle ne peut donc constituer un mérite pour obtenir la justice de Dieu, ou en d’autres termes pour être considéré comme juste par Dieu. Les efforts faits pour observer la loi sont vains et imparfaits, s’ils ont pour but de gagner le salut ; ils émanent ainsi d’un cœur orgueilleux et suffisant, et non d’un amour véritable pour Dieu. L’Éternel n’a pas donné la loi à l’homme comme moyen d’acquérir la vraie justice ou la sainteté, mais comme révélateur de son état profond de péché, pour le conduire à Dieu dans la repentance (Ga 3.24). Il ne peut reconnaître sa culpabilité que s’il se place face à la révélation de la Loi, c’est-à-dire des paroles de l’Ancien Testament que Paul vient de citer. Les Juifs pouvaient croire qu’elles ne s’appliquaient qu’aux impies. En les étendant à tous, Paul signifie que si les Juifs (= ceux qui sont dans le système de la Thora, « sous la loi ») ont la même conduite que les non-Juifs, ils tombent eux aussi sous les mêmes sentences. Puisque l’Ancien Testament enseigne aux Juifs que tout homme est coupable devant Dieu, ils ne peuvent que se reconnaître coupables, sans contestation possible.

Cette dénonciation de la corruption naturelle du cœur humain va à l’encontre aujourd’hui, de la conviction héritée de Rousseau, que tout homme nait bon, et que seule la société le corrompt. Rousseau jugeait l’homme selon d’autres critères que la Bible. La Parole de Dieu enseigne la nature pécheresse de « la chair » (= tout homme au naturel) et que le seul remède possible est en Jésus-Christ (Act 4.12).

Aux chrétiens « Juifs » qui prétendaient que par l’obéissance, morale et rituelle, à la Loi (= les œuvres de la loi), on peut acquérir des mérites et être sauvé, Paul rétorque que la Loi révèle l’impossibilité de l’obéissance naturelle. La loi est le thermomètre qui révèle la culpabilité de chacun, et non l’échelle qui lui permet d’atteindre la perfection du ciel. Paul dira ailleurs, qu’elle est un « pédagogue qui mène au Christ » (Gal 3.24).

 echelle vers le ciel.jpg

V 21-22 : En opposition, (« Mais maintenant » = sous la Nouvelle Alliance) à cette prétention d’obtenir le salut par l’obéissance à la loi, Paul va développer avec joie (ce « mais maintenant » manifeste un soulagement, une libération !), la vraie source de justice que révèle tout l’Ancien Testament (= Loi et Prophètes) : Dieu accorde sa justice à tous ceux qui croient en Jésus (v 22 // 1.16-17), sans que l’obéissance à la loi joue un rôle pour l’obtenir.

 

V 23-25a : Pour comprendre en quoi consiste cette justice ou sainteté accordée par Dieu « gratuitement et par grâce » (la redondance insiste sur l’idée du don inconditionnel de Dieu), à celui sans distinction d’origine, et sans mérite, qui croit dans le « sang » de Christ, Paul use de deux métaphores, la rédemption et l’expiation, qui même si elles sont fort employées dans le Nouveau Testament, demandent à chaque fois d’être expliquées.

La rédemption

Privé de la gloire de Dieu, c'est-à-dire coupé de « l’image de Dieu » qu’il était destiné à être (Ge 1.27 // 1 Co 11.7), parce qu’il s’est soumis à Satan, l’homme est devenu esclave du péché dont il ne peut s’affranchir lui-même (Rm 6.16 ; 7.23-24 ; 2 Ti 2.26 ; 2 Pi 2.19). liberté.jpg

Le mot « rédemption » est de la même racine (gā’al en hébreu, lutroô ou agorazô en grec) que le mot « rachat » et signifie dans la Bible « racheter, libérer » d’un asservissement, des humains ou des biens, au moyen d’une aide extérieure ou « rançon ». Il a pris dans le langage actuel une extension de sens pour désigner « le plan du salut de Dieu en Jésus-Christ ».  Dans l’Ancien Testament (Lév 25.25 ; Ruth 3 et 4 ; Jér 32.6-9), le rachat d’une personne, d’un bien, d’une propriété aliénée ou hypothéquée, est opéré par le «go’ēl » le « racheteur » qui est le plus proche parent, pour préserver l’intégrité du patrimoine familial. Une autre racine « pādā » est utilisée pour la libération des Israélites esclaves en Égypte (Ex 6.6 ; 15.3) et pour le rachat des premiers-nés normalement consacrés à l’Éternel (Ex 13.13). L’idée de rançon et de rachat de liberté nous est bien connue aujourd’hui lors de la libération des otages retenus prisonniers par leur ravisseur.

Ici Paul fait « du sang du Christ » ou en d’autres mots de la mort de Christ sur la croix, la rançon, le « prix payé par Dieu » pour libérer sa créature du péché qui l’éloigne de Lui. Cette idée de prix ou de rançon payée est en contradiction avec celle de la gratuité de la justice de Dieu, de la grâce offerte à tous ! Il ne faut donc pas  pousser la métaphore trop loin, sinon on introduit une notion mercantile dans le processus du salut. A qui en outre Dieu  (ou Jésus) paierait-il de sa vie ce salut ? Retenons ici simplement l’idée de libération de l’esclavage du péché et de la mort.

 L’expiation

Nous avons abondamment expliqué cette expression biblique dans les études du 4ème trimestre 2008, dont je tire une citation du pasteur Philippe Augendre pour préciser le sens de ce mot : « faire l’expia­tion » disent les versions habi­tu­el­les, le terme si­gni­fie  efface­r le pé­ché…En conséquence, les péchés sont « expiés », en­levés, effacés, lavés, ôtés, absous, pardonnés.  Lors­qu’il est l’ex­pres­sion d’une sin­cè­re repen­tance, le sa­cri­fice pour le péché du rite juif est une abso­lution, un effa­ce­ment réel des péchés, pro­mis et ac­com­­­pli par Dieu ; le pardon deman­dé est ac­cor­dé et la récon­ciliation rendue effective. »

Comment le sang de Jésus (= la vie de Jésus donnée sur la croix) permet-il à celui qui croit, d’être libéré de la mort, de la culpabilité et du péché, et d’être considéré comme « juste » devant Dieu ?

Pour bénéficier de ce rachat, de cet effacement du péché, Paul affirme qu’il suffit au pécheur repentant de croire que Jésus l’a accompli en sa faveur, de s’approprier personnellement ce don et d’intégrer à sa vie la libération du péché. « Il devient  enfant de Dieu, fils de Dieu, héritier de Dieu et cohéritier de Christ (Rm 8.14,17) », il est considéré comme juste devant Dieu et peut alors commencer une vie nouvelle, affranchie de l’esclavage du péché, marchant dans la sainteté et la justice que lui communique sa communion avec son Rédempteur (Jean 17.17 ; 1Jn 3.3,5-6).

V 25b-26

L’œuvre de rédemption et d’expiation du  Christ a pour but selon Paul, de « montrer la justice de Dieu » (v 25, 26). Qu’est-ce à dire ? La justice est ici l’attribut de Dieu, égale à sa sainteté. Comme les péchés du temps passé, sous l’ancienne alliance, étaient restés apparemment « impunis », on pouvait douter de la justice divine, comme le Palmiste au Ps 73, ou le prophète Jérémie (5.28 ; 12.1) scandalisés devant la prospérité des méchants. Paul qualifie ce temps avant l’incarnation en Jésus-Christ de « temps de la patience de Dieu ». Dieu a supporté les infidélités de son peuple, et les révoltes de l’humanité, qui ne reconnaissaient pas dans leurs souffrances les conséquences de leur péché ; avec amour il ne voulait pas les anéantir selon sa promesse à Noé (Gen 9.11-16), et cherchait malgré tout à les faire revenir à Lui. De plus, dans le temps présent, on peut aussi douter de la justice de Dieu en voyant qu’il considère comme juste le pécheur qui a foi en Jésus. Le pardon gratuit serait-il injustement accordé ? Par la croix et la résurrection de Jésus, Dieu montre son horreur du péché qui conduit l’Homme à la mort. Par Jésus, Il fait mourir dans son corps la nature humaine pécheresse, et lui accorde dans la  résurrection une nouvelle nature transformée et guidée par l’Esprit. Il démontre à la fois sa justice et son amour pour l’Homme. Celui-ci a désormais la possibilité par la foi de s’identifier à la mort et la résurrection de Christ, d’accepter le pardon gratuit de Dieu et de vivre une nouvelle vie dirigée par son Esprit. Ainsi « en justifiant » gratuitement le croyant, Dieu fait la preuve qu’Il est à la fois juste, saint et bon. Là où l’homme s’attendait à une justice de rétribution, faite de récompenses et de châtiments, il découvre à la croix une justice divine de grâce, libératrice, faite de don de soi par amour, et de pardon.

Seconde partie : v 27-31

Paul conclut son argumentation en revenant au procédé des questions-réponses, qu’il utilise très souvent. Dans ce paragraphe il s’efforce de montrer par un raccourci saisissant et l’opposition entre la « loi des œuvres et la loi de la foi », que :

1-puisque « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu» (v 23), et puisque l’obéissance à la loi ne donne aucun mérite, il n’y a qu’un seul moyen de salut, c’est l’acceptation par la foi de l’œuvre de rédemption gratuite de Jésus-Christ. En parlant de la loi de la foi (v 27) comme il dira « la loi de l’Esprit de vie » (8.2) ou « être sous la loi de Christ » (1 Co 9.21), Paul annonce l’affirmation du v 31 : la foi confirme la Loi.  La vie de foi en Christ est en effet soumise à une loi intérieure qui prescrit au croyant justifié de vivre  dans une attitude humble et réceptive à la grâce, au pardon de Dieu, et à la libération du péché, qui se manifeste dans les actes d’amour, que « Dieu a préparés d’avance pour lui » (Eph 2.10). De la sorte, il n’y a aucun sujet de vantardise pour aucun croyant.

2- Puisque Dieu est le seul Dieu de tous les hommes, il ne peut privilégier les Juifs en les justifiant à cause de leurs œuvres, au détriment des Gentils ignorants de la loi ; Il  les considère donc tous comme justes, s’ils croient en Jésus-Christ (v 29-30). En conclusion (v 31), Paul déclare que la justification par la foi est conforme aux deux principes des Écritures (= Loi) : tous les hommes sont indignes devant Dieu, et Dieu est le même pour tous, Il considère comme juste quiconque croit au Fils (Jn 3.16).


Questions pour une application dans la vie chrétienne

  • Ai-je pris conscience de mon impossibilité à racheter moi-même la vie éternelle, à me libérer du péché par mes efforts de sainteté ? Comment ne pas me faire d’illusions au sujet de mes soit-disant mérites (obéissance à la loi, observation du sabbat, appartenance à « l’Église du Reste », hygiène alimentaire, ou toute autre pratique « méritoire ») ?
  • Comment changer d’état d’esprit à l’exemple de Paul (Phi 3.8-9) et recevoir la « justice qui vient de Dieu » ?
  • Si je reconnais que Dieu en me rachetant, me réconcilie avec Lui, me considère comme juste et me fait entrer dans sa famille, comment puis-je vivre concrètement cette justice dans ma relation avec Lui et avec les autres ?
  • Comment manifester ma reconnaissance et témoigner de ma libération du péché par la grâce de Christ ?

 

 

 

08:00 Publié dans Romains | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Ces leçons sont bien développées,mais pourraient elles être plus approfondies et y ajoutant quelques commentaires de l'esprit de prophetie . Merci

Notre réponse
Si nos notes sont bien développées à vos yeux, qu'attendez-vous comme approfondissement supplémentaire ? Quant à des citations d'autres commentaires ou de Mme White, nous nous sommes donné comme conduite de ne faire référence qu'aux textes de la Bible pour comprendre le texte biblique étudié, selon le principe de la Réforme : Sola Scriptura = l'Ecriture seule ! Vous avez beaucoup d'autres commentaires à disposition sur internet ! Bien fraternellement en Christ.

Écrit par : Martin | 25/10/2017

Serait-il possible de compléter ces études par des commentaires de l'esprit de prophetie

Écrit par : Martin | 27/10/2017

J'apprécie beaucoup votre réponse à Martin.

Il serait bon de rappeler que " l'esprit de prophétie est le témoignage de Jésus." Apoc 19 : 10.

D'autre part Ellen White dit :
La foi protestante repose sur la Bible et la Bible seule. (The Great Controversy, 1911, page 486)
La Bible, et la Bible seule, est notre règle de foi. (Testimonies on Sabbath School Work, 1900, page 32)
Seules les paroles de la Bible, et exclusivement de la Bible devraient être proclamées depuis la chaire. » (Prophets and Kings, 1915, page 426)
Le Seigneur souhaite que sa Parole soit étudiée. Aucune lumière complémentaire n'a été donnée pour remplacer la Bible. (Lettre 130, 1901)
Mes témoignages ne devraient pas être placés au premier rang (…) Ils ne doivent pas prendre la place de la Parole (…) Fondez vos positions en vous appuyant sur les Ecritures et ne justifiez les points que vous affirmez être vérité qu'à partir de la Parole révélée de Dieu. (Manuscrit 12, 1890)
Affirmations et Démentis de l’Eglise adventiste (Guide de l’étude de la Bible Janvier- Février –Mars 2009 – Le don de prophétie p. 62)
Nous croyons que les écritures sont le fondement de la foi et l’autorité ultime pour toute question de doctrine et de pratique.
Nous ne croyons pas que les écrits d’Ellen White s’ajoutent au canon des saintes Ecritures.
Nous ne croyons pas que les écrits d’Ellen White sont, comme les Ecritures, le fondement et l’autorité suprême de la foi chrétienne.
Nous ne croyons pas que les écrits d’EGW puissent être utilisés pour fonder une doctrine.
Nous ne croyons pas que l’étude des écrits d’EGW puisse remplacer l’étude de la Bible.

Bonne continuation, j'apprécie beaucoup votre pédagogie.

Que Dieu vous bénisse !

Écrit par : Laurent | 28/10/2017

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