19.06.2009

Etude n°13 Mission (27 06 09)

Etude n°13 : Mission

Apocalypse 14.6-12 //1Pi 3.15 :  « Sanctifiez dans votre cœur Christ le Seigneur, étant toujours prêts à vous défendre, avec douceur et respect, devant quiconque vous demandera raison de l’espérance qui est en vous »

 

Information préliminaire

Pour ce texte fondateur de l’Eglise adventiste (Ap 14.6-12), nous vous proposons une observation systématique, afin d’entraîner les animateurs de groupe et les membres de groupe biblique à l’examen respectueux de ce que dit le texte, avant tout commentaire subjectif ! Les réponses aux questions de base sont écrites en italiques.

A la suite de cette démarche, vous trouverez  1- un plan de la structure découverte par l’observation, 2- une copie du texte lui-même présenté selon les données de l’observation. Les animateurs pourront l’imprimer pour leur travail en groupe.

 

 Observons

Le contexte :

-          Où se situe le chapitre 14 dans l’ensemble du livre de l’Apocalypse ? C’est le troisième volet de la vision centrale (ch 12-14) qui constitue l’apogée du livre, l’axe central révélateur du grand conflit cosmique dont dépend l’histoire humaine.

-          Où se situe notre passage au sein du ch 14 ? Entre une description des rachetés « qui suivent l’Agneau partout où il va » (1-5), et le tableau de la moisson et de la vendange qui terminent l’histoire du monde (13-20)

-          Quels liens peut-on discerner entre ces trois passages ? Par quels mots, quels versets passe-t-on d’un passage à l’autre ?

              v 5 : mots : bouche, mensonge, irrépréhensibles, // v 6 : annoncer, Bonne Nouvelle, v 7 : il disait (= champ sémantique de la parole)

              V 13 : mots : Heureux les morts dans le Seigneur, // v14-15 : Fils de l’homme avec couronne d’or et faucille tranchante pour moissonner (= champ sémantique du rassemblement des élus)

Le texte

-          Comment est désigné le message des trois anges ? v 6 : l’Evangile éternelAnge annonciateur du retour.jpg

-          Où les messagers apparaissent-ils ? Au milieu du ciel

-          A qui diffusent-ils leur message ? Aux  habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple.

-          Comment le prophète Jean détaille-t-il le message proclamé ? Trois parties organisées en parallèles concentriques (= procédé littéraire hébraïque du chiasme) :   

a) = v 7 : Soulignez les verbes  qui donnent un ordre : Craignez, donnez-lui gloire, adorez. Relevez les objets de ces verbes : Dieu, Celui qui a fait…Quelle expression trouve-t-on au centre de ce verset et de ces verbes ? L’heure de son jugement est venue.

a’) = v 9-11 : Quel verbe du v 7 retrouve-t-on ici deux fois ? Adorer (9,11). Quels objets s’opposent à ceux du v 7 ? La bête et son image. Qui sont les sujets de cette adoration ? Ceux qui reçoivent la marque du nom de la bête sur le front ou sur la main. Quels autres parallèles entre le v 10 et le v 7 peut-on trouver ? l’heure du jugement // fureur de Dieu, coupe de sa colère ; Dieu créateur // les saints anges et l’Agneau.

b) au centre, quel élément nouveau apparaît ? Babylone la grande, l’impudique et l’enivrante. Examinez les temps des verbes et comparez-les avec ceux des deux parties a) et a’) qui encadrent ce verset central : Est tombée, a abreuvé // est venue = passé

adore, reçoit = présent en opposition au futur : boira, sera tourmenté

monte, ils n’ont pas de repos = présent à valeur de durée.

Le chiasme de ce passage permet de mettre en valeur au centre, le point important du message proclamé.

Se pose alors la question : En quoi l’annonce de la chute de Babylone est-elle une « bonne nouvelle », un « Evangile éternel » ?

 

Plan de la structure

V 6 : Introduction : Evangile éternel à annoncer

            V 7 : Appel à l’adoration du Créateur

                        V 8 : Annonce de la chute de Babylone

            V 9-11 : Avertissement aux adorateurs idolâtres

V 12 : Conclusion : Persévérance des saints

 

 

 

Présentation du texte structuré Ap 14.6-12

 

 

V 6 Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Evangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple.

 

V 7 Il disait d’une voix forte : Craignez Dieu et donnez-lui gloire, car l’heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, la terre et la mer et les sources d’eaux.

 

V 8 Et un autre, un second ange suivit, en disant : Elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité.

 

V 9  Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : Si quelqu’un adore la bête et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, v 10  il boira lui aussi du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’Agneau. V 11 Et la fumée de leur tourment monte aux siècles des siècles ; et ils n’ont de repos ni jour ni nuit, ceux qui adorent la bête et son image, et quiconque reçoit la marque de son nom.

 

V 12 C’est ici la persévérance des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi de Jésus

 

 

 

  

Comprenons en suivant l’ordre des observations

(Chute de Babylone, 13è)chute de Babylone 13è (Ap 18).jpg

Le contexte

Les chapitres 12-14 constituent le centre de la vision unique qui occupe le livre de l’Apocalypse selon les règles d’écriture hébraïque qu’emploie le prophète Jean. Ils servent à présenter en condensé les vérités révélées en détails dans les parties du livre qui les encadrent. Nous y trouvons donc un résumé de l’histoire humaine vue sous l’angle de la lutte spirituelle qui a animé les puissances célestes et terrestres, aussi bien que les individus.

Le chapitre12 est révélateur de ce conflit entre Satan et Dieu désigné par Michel (ce nom signifie Qui est comme Dieu ?), nom du Christ parmi les puissances angéliques du monde spirituel (voir Daniel 10.13, 21 ; Jude 9).

Le chapitre 13 révèle les effets de ce conflit parmi les puissances terrestres et l’Eglise : les pouvoirs politiques animés par Satan (le dragon) corrompent la femme-Eglise et la transforment en « bête », alliant toutes les caractéristiques des bêtes de Daniel (Ap 13.2). Cette bête symbolique (Ap 13.1-8) de l’alliance du politique et du religieux, se retourne contre ceux qui veulent rester fidèles à Dieu (12.17 ; 13.7) ; elle impose sa domination sur toute la terre, se faisant adorer à l’égale de Dieu.

Face à cette puissance religieuse et politique mondiale apparaît un autre pouvoir mondial, athée, purement politique, la bête qui monte de la terre. Elle s’allie à la première bête représentant l’Eglise corrompue, et en favorise l’adoration universelle (12).

Enfin ces puissances politico-religieuses « animent », « donnent vie », favorisent la naissance d’une troisième puissance mondiale, ressemblant à la première bête, c’est-à-dire alliant le politique et le religieux, et exerçant en plus un pouvoir économique draconien sur le monde entier (13.16-17). Cette « image de la bête » agit en présence de son modèle, soutenue par les moyens prodigieux de la seconde bête. Sa capacité à « parler » signifie selon la Bible qu’elle « parle pour Dieu », qu’elle prétend prophétiser (v 15), pour exiger l’adoration de tous, d’où son nom de « faux prophète » un peu plus loin (16.13). Elle s’impose à tous, soit de leur plein gré (marque sur le front), soit de force, sans adhésion du cœur ni de la pensée (marque sur la main, symbole de l’activité seule) (13.16).

Au milieu de ces puissances, les "saints" persévèrent dans la foi (13.10b), et remplis de sagesse grâce à l’Esprit de Dieu, ils savent comprendre ce qui se cache derrière les événements et les puissances terrestres blasphématoires puisqu’elles se prennent pour Dieu : un désir incommensurable pour l’homme d’être Dieu, désir que symbolise le « nombre d’homme » 666 (6 est le chiffre de l’imperfection humaine face au 7 chiffre de la plénitude divine ; il est répété trois fois pour copier la trinité divine que représente le chiffre 3).

Le chapitre 14 s’enchaîne logiquement par la description de ceux qui possèdent la sagesse et l’intelligence des choses de Dieu (1 Co 2.12), dans les temps troublés de l’histoire du monde et de l’Eglise. Leur caractéristique principale est de « suivre l’Agneau partout où il va » (14.4), c’est-à-dire de rester fidèles à la foi dans le sacrifice du Christ qui les a réconciliés avec Dieu en effaçant leur péché, sans être séduits par d’autres moyens humains de salut ou idoles, que symbolisent les « femmes qui souillent » et qui leur font perdre leur virginité spirituelle (=leur consécration exclusive à Dieu). Ces saints appelés symboliquement les 144 000 (carré parfait de 12, nombre symbolique du peuple de Dieu, multiplié par 1000, nombre de l’infini), déjà mentionnés au ch 7, sont des disciples « irrépréhensibles », dont on ne peut donc pas contester l’authenticité  ni la pureté de la foi ; ils parlent (= prophétisent) avec vérité, partout où l’Agneau les guide, réalisant ainsi la prophétie de Jésus concernant la fin de notre histoire (Mat 24.14) : « Cette bonne nouvelle du royaume sera prêchée dans le monde entier, pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin ».

 

Le texte

Premier message : v 6-7

V 6 : La séquence précédente vient de se terminer avec une insistance sur le vocabulaire (Champ sémantique) de la Parole proférée par les 144 000 : bouche, pas de mensonge (5). La séquence de notre texte débute avec le même vocabulaire : Evangile = Bonne Nouvelle, annoncer, il disait d’une voix forte. On est en droit de penser que ce qui va être dit constitue la vérité proclamée par les 144 000, désignés ici par les trois anges ou messagers (Le texte parle d’un autre ange, pour le différencier de ceux des trompettes), selon un procédé littéraire qui personnifie les trois parties de l’ensemble du message qu’ils annoncent. Ils sont au nombre de trois parce qu’ils s’opposent à l’action du trio satanique du ch 13. Ils le font entendre « d’une voix forte », avec conviction, clarté et insistance, par « le milieu du ciel », c’est-à-dire au sein du monde des spiritualités humaines. Leur message peut être perçu par tous ceux qui se préoccupent de spiritualité, de recherche de Dieu. La Bonne Nouvelle de la réconciliation avec Dieu, du pardon acquis par la mort et la résurrection de Christ, est éternelle, dans la mesure où elle est la même pour tous, depuis la Création jusqu'à la fin du monde.

V 7 : La Création illustre l’amour de Dieu (v 7) qui le pousse à s’extérioriser concrètement en donnant vie à des créatures, dont chacune sera, à sa mesure, un reflet de sa gloire et de son amour. (Michel Ange, Création de l’homme)Création d'Adam Michel Ange.jpg

Aux créatures humaines à l’image de Dieu, il est demandé le respect (= la crainte, différente de la peur !), et l’adoration, dans des temps où les hommes « marchent selon leurs propres convoitises » (2 Pi 3.3) et suivent « des fables habilement conçues » (2 Pi 1.16), pour éliminer Dieu de leur vie.

La fin de l’histoire humaine est annoncée dans la Bible comme un « jugement » (au centre du v 7), Bonne Nouvelle dont on peut rendre gloire à Dieu ! Comment comprendre cette expression paradoxale ?

Tout d’abord, il nous faut nous défaire du sens juridique négatif qu’a pour nous ce mot à cause de notre héritage du droit romain. Aujourd’hui, le mot évoque un tribunal où l’accusé dont on a démontré la  culpabilité reçoit une condamnation. Or la Bible, si elle n’ignore pas ce sens (nous le verrons dans la suite du texte), emploie ce mot de « jugement » pour désigner avant tout la « libération » de l’accusé de sa culpabilité, sa « réhabilitation » comme enfant considéré comme « juste » par la grâce de Dieu.

Les Juges de l’histoire du peuple hébreu étaient essentiellement des « libérateurs » (c’est le même mot en hébreu) qui délivraient le peuple de l’oppression de leurs ennemis voisins. C’est pourquoi les144000, peuple de Dieu de la fin des temps, peuvent annoncer avec joie que « l’heure de son jugement est venue » : Dieu va les délivrer définitivement de l’oppression encore vive de Satan ; comme les chapitres 4 à 11 l’ont suggéré, Il va les reconnaître comme siens, les réhabiliter devant la cour céleste, les rassembler en peuple scellé de son Esprit (7. 3, 9, 14-15) et les préparer pour la moisson (14.15).

Le temps passé des verbes qui concernent le jugement (v 7-8 : est venu, est tombée) n’a pas tant de valeur chronologique qu’une valeur morale : les messagers de la Bonne Nouvelle, en tant que « prophètes » messagers de Dieu, « voient » les choses à venir et en parlent comme déjà accomplies, pour affirmer la certitude qu’ils ont de leur réalisation. Ils peuvent avec assurance, respect, joie et sérénité (1 Pi 3.15) rendre compte de l’espérance qui est en eux. Ils savent que ce qu’ils annoncent est tout proche, ou en train de s’accomplir et peuvent en rendre gloire à Dieu, par une vie conforme à sa volonté et à leur foi en Christ (voir plus loin au v 12).

V 8 : Il est évident que s’il y a « libération » et rassemblement du peuple fidèle à Dieu, cela implique une face négative du jugement en ce qui concerne les infidèles et les rebelles à Dieu, ceux « qui adorent le bête et son image ».

Second message : v 8

 L’axe central du passage (v 8) permet de passer des adorateurs de Dieu aux adorateurs idolâtres, soumis à une puissance symbolisée sous le nom de « Babylone ». Ce nom apparaît ici pour la première fois et sera explicité aux chapitres 17-18, qui en détaillent la chute. Ce nom évoque la puissance antique de l’époque du prophète Daniel, et symbolise la confusion des pouvoirs politiques, religieux et économiques dont il a été question à la fin du chapitre 13 (v 11-18). Le messager de Dieu annonce comme certaine la chute de cet agglomérat de pouvoirs hostiles à Dieu et à ses saints. Cette chute constitue l’envers de la libération du peuple de Dieu !

Babylone, se caractérise ici par sa grandeur (= son universalité et son orgueil), par sa violence (« fureur »), par l’ivresse qu’elle provoque parmi les peuples (= la confusion spirituelle par laquelle elle les drogue, elle leur fait perdre la raison et le discernement), et  par l’impudicité de sa conduite spirituelle : elle pratique et enseigne une idolâtrie qui conduit à adorer l’Homme comme un dieu, à l’exemple de Nébucadnetsar et sa statue d’or (13.18 et Dan 3).

Mais Babylone est-elle tombée physiquement ou moralement seulement, lorsque retentit le second message (14.8) ?

Il nous faut examiner le temps des verbes utilisés dans le chapitre 18 au sujet de la chute de Babylone. Au verset 2, on en parle au passé, pour désigner une action très proche, pour ainsi dire présente. Puis au verset 4, l’ange appelle à sortir de Babylone : elle est donc encore physiquement debout. Aux versets 8-10, les verbes sont au futur : la chute physique est encore à venir, alors que la chute morale est déjà là ! Cette chute physique n’est accomplie qu’avec le troisième ange, au verset 21 : Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et on ne la trouvera plus.

Ap 18.22-23 : « On n’entend plus les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte et de trompette. On n’y trouvera plus aucun artisan d’un métier quelconque, la lumière de la lampe ne brillera plus, la voix de l’époux et  de l’épouse n’y sera plus entendue » : ce verset peut -être pris littéralement pour annoncer la mort de toute activité dans ce système. Il peut aussi être interprété symboliquement : le peuple de Dieu caractérisé par ses activités prophétiques (joueurs de harpe, lumière de la lampe), ou ses activités spirituellement nourricières (le bruit de la meule), ou ses relations d’amour (époux-épouse) est sorti de Babylone, et l’a abandonnée à son sort.

 

 

Troisième message V 9-11 :

L’avertissement de la troisième partie du message que les 144 000 ont mission de propager, concerne ceux qui peuvent encore « sortir de Babylone » (18.4), avant que toute vie l’ait désertée (18.21-24). Cet avertissement a été développé dans la séquence des trompettes aux chapitres 8 à 11. Pendant le temps où il est encore possible de se repentir (9.20-21), chacune des trompettes a symbolisé un événement ou un ensemble d’événements destinés à alerter l’humanité sur la proximité de la fin du monde et du retour en gloire de Christ. Au chapitre 14, le message d’avertissement est repris de façon plus claire et insistante.

Pour désigner les adorateurs idolâtres, Jean reprend les termes utilisés au ch 13.16-17. Les conséquences de leur choix sont exprimées par des images volontairement excessives, qu’il est déplacé de prendre à la lettre, comme ce fut le cas jusqu’à nos jours par la diffusion des doctrines de l’enfer et des peines éternelles, contraires à l’amour de Dieu et à ce que la Bible révèle de l’état des morts. Comme Jésus lorsqu’il parlait du sort des réprouvés en employant l’image du feu de la géhenne (Mat 5.22, 29 ; 10.28 ; 23.33), lieu où étaient brûlés tous les déchets de Jérusalem, Jean reprend la même image pour signifier la ruine, la disparition totale et irrémédiable des idolâtres(2 The 1.9). Le feu, le soufre, les tourments, l’absence de repos peuvent évoquer l’état d’esprit des réprouvés, de ceux que Dieu n’habite pas et n’apaise pas (Mat 11. 28). « La fumée de leurs tourments qui monte au siècle des siècles », est une expression hébraÏque pour suggérer que tant que dure notre monde terrestre, les idolâtres séparés de Dieu ne trouvent aucune paix intérieure, aucun espoir de vie éternelle.

Puisqu’ils se sont détournés du Dieu de la Vie, leur choix de mort les fait tomber sous le coup de ce qu’on appelle dans la Bible « la colère de Dieu ». Là aussi cette expression anthropomorphique peut prêter à une conception erronée du caractère de Dieu. « Il est nécessaire de garder plusieurs choses à l’esprit quand on évoque la colère de Dieu. Premièrement, il ne faut pas prendre comme référence la colère humaine pour comprendre celle de Dieu. Nos colères sont souvent irrationnelles et destructrices. La colère divine n’est pas souillée par le péché » (Guide d’études de la Bible, 4ème trimestre 2008, p 23). Son objectif est de rétablir avec justice et amour les termes de son projet pour l’homme. « Deuxièmement, la colère divine à l’encontre du péché humain prouve qu’il nous prend au sérieux, que nous avons de l’importance à ses yeux », qu’il nous aime et désire nous affranchir de tout ce qui nous sépare de lui. Le fait de respecter le choix de mort des idolâtres et des réprouvés, en les laissant disparaître définitivement, est considéré par eux comme une punition d’un Dieu en colère contre eux. Mais comme dans la parabole des talents (Mat 25.14-30) Dieu se comporte envers chaque serviteur selon le regard que celui-ci a porté sur Lui. Ceux qui ont vu un maître bon et valorisant, pour qui ils ont travaillé avec joie, entrent dans le royaume, celui qui n’a vu dans son maître qu’injustice et autorité arbitraire, prendra son rejet comme un effet de la colère de Dieu, alors qu’il n’est que la conséquence de son choix et de son regard sur Dieu.

Dieu ne se venge ni ne s’irrite contre l’homme qui reste une créature aimée de lui. Il s’indigne avec tristesse de le voir se détourner de la voie de Vie qu’il lui propose. Il ne cesse de le rappeler à lui comme les trois derniers messages au monde le prouvent. Mais comme il laisse à l’homme la liberté de le refuser, lorsque l’homme ne veut pas et ne peut plus entendre ses appels, il respecte son choix et le livre à ses conséquences  mortelles. Vue du côté de l’homme rebelle, cette attitude est totalement incomprise, et apparaît au mieux comme de l’indifférence, au pire comme une colère vengeresse et punitive, qu’évoque la métaphore de la vendange (14.19-20).

 

Conclusion : v 12

Pour terminer cette séquence des trois messages de la dernière heure, Jean montre en contraste l’attitude des saints qui les propagent : ils accomplissent leur mission avec persévérance, sans se décourager dans leur foi et leur espérance (2 Pi 3.15). Ils manifestent ouvertement leur différence avec les autres adorateurs, par leur obéissance à la volonté divine exprimée dans les dix commandements de l’Ancien Testament, et résumée par Jésus dans la loi d’amour (Mat 7.12). Leur foi repose sur l’œuvre de salut accomplie en leur faveur par Jésus sur la croix, et sur l’exemple de totale confiance en son Père, que Jésus leur a laissé (foi en et de Jésus).

 

Ce triple message représente depuis les origines du Mouvement Adventiste la mission qu’il  reconnaît lui avoir été confiée par Dieu. En effet, l’Eglise Adventiste comme les autres églises chrétiennes, fonde sa foi sur la mort et la résurrection de Christ pour le salut de l’homme. Mais son message contient quatre piliers qui font sa spécificité : (voir G. Knight, En quête d’identité, Ed Vie et Santé)

-          la foi dans le retour proche de Jésus  nécessite un appel "urgent", historiquement mais aussi par rapport à la brièveté de la vie de chacun de nous, à respecter et adorer Dieu (v 7).

-          Le retour à l’adoration de Dieu comme Créateur, dans l’observation du 4ème commandement sur le sabbat (v 7b et 12).

-          La conception d’un « jugement » libérateur qui rassemble le peuple de Dieu avant le retour en gloire du Christ (v 7a).

-          La mort ou disparition totale de l’homme qui ne choisit pas la vie avec Dieu (v 9-11).

Ces derniers versets qui annoncent la destruction définitive des impies idolâtres, contredisent implicitement la croyance païenne d’origine grecque, de l’immortalité naturelle d’une hypothétique âme humaine, ou encore les croyances multiples en réincarnations possibles pour avoir d’autres chances de gagner la vie éternelle.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Comment puis-je être un messager fidèle à la mission confiée par Dieu à son peuple pour préparer sa venue en gloire ? Que représente pour moi la garde des commandements divins et l’adoration du Créateur ?

-          Comment concilier le message des trois anges avec la proclamation de l’Evangile, de la Bonne Nouvelle de l’amour de Christ, dans la vie de l’église et dans ma propre vie ?

-          Selon les dates prophétiques du livre de Daniel, nous croyons que « l’heure du jugement est venue » depuis 1844. Quels sentiments cette conception de l’histoire du monde et de l’œuvre de Jésus aujourd’hui soulève-t-elle en nous ? (Indifférence, effroi, culpabilité, confiance, espérance, joie) ? Pourquoi ?

-          Comment puis-je personnellement rendre grâces à Dieu et lui donner gloire pour cette œuvre de « jugement » libérateur ?

-          Comment ce trimestre d’études nous a-t-il permis de remettre en marche notre vie avec Christ ?

12.06.2009

Etude n°12 Communauté de foi (20 06 09)

Etude n°12 Communauté de foi  (20 06 09)

1 Corinthiens 12.12-27

 

Observons

L e contexte

A une église divisée sur la question des dons spirituels, Paul rappelle que tout dans l’église  dépend de l’Esprit qui « distribue ses dons à chacun en particulier comme il veut » (v 11). Après la métaphore du corps pour préciser ce qu’est la communauté de l’Eglise (ch 12.12-27), Paul en donne le fondement, l’amour-agapê (ch 13)

(L’Eglise, corps du Christ. Photo Romainmôtier, Suisse) Christ présent au monde Romainmôtier.jpg

Le texte

3 parties :

v 12-14 : l’Eglise, corps du Christ dont l’Esprit unit les membres

v 15-20 : Nécessité de la diversité des membres du corps

v 21-27 : Interdépendance et Solidarité entre les membres du corps.

 

1ère partie : V 12-14 : L’Eglise, corps du Christ

Les caractéristiques d’un corps relevées par Paul dans cette 1ère partie sont la multiplicité des membres et l’unité du corps (v 12a). Curieusement, Paul compare le corps à Christ, et non à l’Église (12b)! Cela montre l’identification totale de l’Église à Christ qui en est la tête.

Comme Paul vient d’insister (v 11) sur l’action unificatrice de l’Esprit dans la communauté, il reprend dans la métaphore du corps le rôle de l’Esprit sous l’image de l’eau qui lave dans le baptême puis abreuve tous les membres du corps, quelles que soient leurs conditions ethniques ou sociales. La recherche d’unité de l’Eglise ne se fait pas autour de dogmes, de doctrines, de rites ou de coutumes ecclésiales, mais grâce à la présence de l’Esprit Saint qui anime chaque membre de la communauté et le lie à Christ par la foi. C’est Dieu qui agit pour constituer et unir son corps.

 

2ème partie : V 15-20 : Nécessité de la diversité

La diversité des dons et des fonctions est une nécessité vitale pour le corps humain.

Si elle n’existait pas, on aboutirait à une monstruosité invivable, car l’uniformité empêche le fonctionnement et le développement harmonieux du corps.

De même, Dieu a voulu la diversité des membres  dans l’unité, pour le bon fonctionnement du corps. Là encore, c’est une décision de Dieu pour son Église.

Jésus en a donné l’exemple dans le choix de ses apôtres, issus de milieux sociaux, politiques, religieux différents, dotés de caractères et de dons très divers. Tous l’ont suivi dans leur diversité, unis par l’amour qu’ils recevaient de leur Maître et qu’ils lui portaient. Cette union dans l’amour de Jésus leur a permis d’être ensemble pour recevoir son Esprit (Actes2) et pour témoigner de l’Evangile autour d’eux, chacun dans sa langue (Ac 2.8-11). L’objectif de la diversité dans l’unité est de donner à l’Eglise la possibilité de porter l’Evangile à tous, et de toucher tous les cœurs par un témoignage d’amour inconditionnel, qui tranche dans les habitudes du monde.

Vouloir une Eglise uniforme, par souci d’unité, c’est méconnaître la volonté divine (v 18) qui respecte les personnalités, ne s’impose jamais et a choisi de s’adresser différemment à chacun (Hé 1.1).

 

Quel est le sens biblique symbolique des organes du corps cités dans le texte ?

Pied = Es 52.7 ; Rm 10.15 ; Ep 6.15 : le don d’évangélisation.

Main = Hb 12-12-13 : l’action au service de Dieu, le don de gouvernement, d’organisation.

Oreille = Es 50.4 : le don d’écoute de la Parole ou des autres.

Œil = Gn 3.5, 7 : le don de discernement des esprits, du monde spirituel, des choses de Dieu (1 Co 2.10-16)

A partir de ces sens symboliques, appliquons la métaphore à la vie de l’église :

Que serait une église ne possédant qu’un de ces dons, ou pas du tout, ou tous ?

 

3ème partie : V 21-27 : Interdépendance et solidarité

Pour conserver l’unité du corps,  la diversité exige solidarité et complémentarité entre les membres. Chacun a sa place, indispensable à l’harmonie et au bon fonctionnement du corps tout entier. Nul ne peut se prévaloir de son rôle indispensable de « responsable » pour  se mettre en vue, pour s’imposer à l’autre ou le mépriser, ou de même nul ne peut,  par une fausse humilité, se dissimuler, s’effacer, se dispenser d’agir,  ou se croire lésé par l’autre et le jalouser (22-24). Dans le corps de Christ qu’est l’Eglise il n’y a pas de place pour la rivalité ou la prétention au pouvoir et à l’honneur, ou le mépris des humbles tâches. Si à cause de ces déviances de comportement et de sentiments, quelqu’un souffre dans l’Eglise, c’est tout le corps, toute la communauté qui se trouve en état de souffrance.

Pour le bien de toute la communauté, chacun a reçu de Dieu un rôle à tenir, une fonction à exercer, à sa mesure et selon sa capacité (voir la parabole des talents, Mat 25.15), dans le souci des autres. Lire Ph 2.2-4.

Qu’est-ce qui compte le plus pour chaque chrétien : être un membre attaché à Christ individuellement pour vivre sa foi comme il le désire, ou participer collectivement à la vie et à la croissance du corps de Christ ?

 

Questions pour une actualisation dans la vie chrétienne

 

Première partie :

- Faire partie du corps de Christ, être chrétien, est-ce appartenir à une dénomination, à l’Église universelle, à Christ ? Comment ma réponse à cette question  influence-t-elle mon regard sur les autres chrétiens ?

 

- Comment sont accueillies et vécues les différences sociales, ethniques, culturelles dans mon église ? Quelle est l’action sensible de l’Esprit, à ce niveau ? Comment puis-je y contribuer personnellement ?

 

Seconde partie :

- Mon église reconnaît-elle et respecte-t-elle la diversité des dons spirituels et des talents ?

 

- Que puis-je faire ou être personnellement pour que le corps de mon église croisse harmonieusement ?

 

- Comment mes dons spécifiques servent-ils ma communauté ?

 

Troisième partie

- Quand et Comment ai-je cherché à me faire-valoir, à revendiquer une responsabilité honorifique, à exercer un pouvoir sur mes frères et sœurs, à critiquer les dirigeants ou les autres membres ? Comment éviter de faire souffrir toute ma communauté, par de telles attitudes ?

 

- Comment vais-je chercher à me mettre au service de la communauté dans l’amour fraternel, l’humilité, la solidarité et la complémentarité des dons ?

 

- Ai-je le souci du bien-être du corps tout entier de l’Eglise, ou de moi-même comme membre de ma communauté ? Comment vais-je manifester ma solidarité dans la joie et la peine de mes frères et sœurs ?

05.06.2009

Etude n°11 Gestion de la vie (13 06 09)

Etude n°11 Gestion de la vie  Matthieu 25.14-30 (13 06 09)

 

Observons

Le contexte

La parabole des talents de Matthieu est placée dans le dernier discours de Jésus concernant l’attente par l’Eglise du Royaume de gloire à la fin des temps. Quatre paraboles servent à Jésus pour enseigner la vigilance et la fidélité dans le service d’amour que doivent remplir les disciples :

-          le serviteur fidèle et infidèle (Mt 24.45-50),

-          les 10 vierges,

-          les talents (25.1-30) concernent les disciples de Jésus ;

-          la parabole des brebis et des boucs (ou chèvres) (25.31-46) décrit plus précisément le critère du jugement des nations, au  retour de Christ : leur fidélité à la loi d’amour et de service du prochain prouvera leur ouverture à l’inspiration de l’Esprit divin.

La parabole des talents met l’accent sur le critère du jugement des croyants : la mise en œuvre de leurs talents révèlera comment ils ont été serviteurs de Jésusavare.jpg

 

Le texte

V 14-15 : Le Maître confie ses biens à trois serviteurs avant de partir en voyage

V 16-18 : Actions des trois serviteurs

V 19-23 : Au retour du Maître, félicitations pour deux serviteurs

V 24-30 : Jugement du troisième serviteur

 

Comprenons

 

Lecture littérale

Examinons comment apparaît  le maître des serviteurs :

- dès le début il fait confiance à ses serviteurs au point de leur distribuer ses biens ;

- il connaît les capacités individuelles de ses serviteurs à qui il confie une responsabilité appropriée et proportionnée à leurs forces ;

- il annonce que son retour n’est pas tout proche, donc que les serviteurs auront le temps d’accomplir leur tâche ;

- il sait reconnaître le travail de chacun avec justice : il ne demande pas plus que ce qu’il pouvait espérer de chacun. Il tient compte non de la quantité du bien, mais de la fidélité des serviteurs ;

- il valorise ses serviteurs en leur confiant la gestion de biens plus précieux ;

- il associe ses serviteurs à sa joie ;

- il agit envers ses serviteurs selon leurs propres sentiments envers lui : avec ceux qui l’ont bien servi par amour, il noue une relation d’affection, mais, aux yeux du serviteur peureux, qui dépeint un maître dur, il apparaît tel que le serviteur le craignait.

Son jugement n’est qu’une mise en lumière des mobiles et sentiments profonds des serviteurs, grâce aux fruits produits. Son attitude n’a rien d’arbitraire, elle est fondée sur les sentiments dont chacun a fait preuve à son égard.

 

Examinons à présent l’attitude des serviteurs :

Les deux premiers serviteurs l’ont servi avec ardeur (aussitôt), répondant ainsi à la confiance de leur maître. Ils ont été reconnaissants des dons reçus (leurs premiers mots à la remise des comptes le mettent en avant : « Tu m’avais remis », et ils ont pris plaisir à les faire fructifier et à les présenter au maître.

 

Le dernier serviteur se permet de juger son maître négativement, car son cœur est rempli de crainte du châtiment (v 24-25). Du coup, il stérilise le don reçu, son ensevelissement dans la terre équivalant à une mort.

Ce serviteur se place vis-à-vis de son maître sur le terrain de la propre-justice : « ce qui est à toi ne me concerne pas. Je te le rends intact, je ne l’ai pas perdu ni abîmé, c’est l’essentiel, le reste ne me regarde pas ». Le reproche d’injustice qu’il lui adresse à propos de ses exigences de récolte des fruits du travail d’autrui, ne contient pas le reproche de lui avoir trop peu confié. Le serviteur a regardé d’abord à lui-même (ses premiers mots sont : Je savais que... J’ai eu peur), il ne s’est pas comparé aux autres, mais a nourri des sentiments de peur, de rancune vis-à-vis de son maître. Il s’est révélé incapable de participer au projet du maître, donc d’entrer dans la joie à son retour. Il s’est écarté de la communion avec son maître, et s’est dépouillé lui-même des dons reçus ou promis en ne s’en servant pas  ni à son profit, ni au profit des autres.

 

Lecture symbolique et spirituelle

Le Maître est une image de Dieu dans son œuvre auprès des hommes. Dieu fait confiance à ceux qui désirent le servir et leur confie des dons ou des talents selon les capacités de chacun à les gérer. Ces dons sont doubles, à la fois talents naturels, aptitudes innées ou acquises, mais aussi dons spirituels accordés.

La mission des serviteurs est ainsi double : développer leurs aptitudes personnelles pour glorifier Dieu, et mettre en œuvre les dons spirituels reçus pour le bien de la "maison du Maître" qu'est l’Eglise.(Mt 24.45)

Un regard positif de confiance et d’amour sur leur Maître permet à ces serviteurs de remplir leur mission avec zèle et joie. Les fruits de leur travail ne sont pas présentés comme des mérites, mais comme des actes de reconnaissance, envers un Dieu qui a été le moteur et le seigneur de leur cœur et de leurs activités.

Le mauvais serviteur, habité par la peur, et portant un  regard négatif sur Dieu, ne peut pas remplir sa mission avec joie. Elle est pour lui un fardeau dont il a hâte de se débarrasser. Il ne comprend rien au projet du Maître car il ne s’intéresse qu’à sa propre personne. Son attitude de repli sur soi et de condamnation du Maître l’empêche de participer à sa joie et à sa communion.

 

La parabole nous est précieuse pour comprendre ce qu’est le jugement des croyants : une mise en pleine lumière de leurs sentiments envers Dieu, qui ont permis le développement ou la stérilisation de leurs dons. Les fruits de leur foi sont des révélateurs de leur confiance en Dieu qu’ils ont accueilli comme le Seigneur de leur vie, et non des mérites accumulés pour entrer dans le Royaume. S’ils n’ont pas su vivre le Royaume spirituel durant l’attente du retour de Jésus, ils ne sont pas capables d’apprécier le Royaume de gloire et s’en excluent d’eux-mêmes.

 

 

 

 Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Réfléchissons au regard que nous portons sur Dieu, afin de prendre conscience de nos sentiments vis-à-vis de Lui, et de notre ressemblance à l’un ou l’autre des serviteurs de la parabole.

- Comme on ne peut partager que ce que l’on possède, l’amour ou la crainte, qu’avez-vous à partager avec les autres au sujet de Dieu ?

 

-  Comment accueillir avec respect ceux qui éprouvent de la crainte envers Dieu ? Comment les aider à découvrir dans leur vie la présence pleine de bonté de Dieu ?

 

- Comment dire ce que nous apprécions en nos voisins, nos frères dans la foi, les membres de notre famille, et comment mettre en valeur leurs talents.

 

- Mettre en valeur les talents reçus s’applique à tous les domaines de notre vie : personnalité, activités, pensées, affections, biens matériels. Dans quel(s) domaine(s) ai-je des progrès à faire pour que Jésus soit pleinement le Maître que je sers ?

 

- Par quel(s) geste(s) concret(s) puis-je manifester ma joie de le servir ?

 

 

 

                       Mise en œuvre des talents reçus par chacun pour créer un chef-d’œuvre à la gloire de Dieu

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29.05.2009

Etude n°10 Art d'être disciple (06 06 09)

Etude n°10 L’art d’être disciple (06 06 09)

 

Jean 15.1-17 

"Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruits et vous serez mes disciples" v 8

Observons

Contexte

Au chapitre 14, avant de se rendre au jardin de Gethsémané, Jésus a parlé de son départ vers le Père et a rassuré ses disciples par la promesse de leur envoyer le Saint-Esprit comme Consolateur jusqu’à son retour (v 28).

Texte

1-3 : Métaphore du cep et des sarmentscep de vigne.jpg

4-6 : Applications de la métaphore aux devoirs des disciples

9-10 : Comment demeurer en Christ

11-17 : Comment porter du fruit

«porter du fruit» est répété 7 fois,  et « demeurer » 10 fois !

 

Comprenons

1- Jean 15.1-6 : Le cep et les sarments = Jésus et ses disciples

Jean réunit dans un long discours, au moment de la dernière Pâque de Jésus avec ses disciples, les instructions et enseignements que Jésus veut leur transmettre avant de mourir. Il cherche à les encourager pour l’épreuve qu’ils vont devoir affronter, leur rappelant son union avec eux, qui leur permettra de trouver l’aide du Saint-Esprit (14.12-21).

Pour illustrer ses paroles, Jésus va tirer de l’image de la vigne que l’Ancien Testament avait déjà utilisée dans Esaïe 5 pour montrer les soins de Dieu envers son peuple, une métaphore qui illustre la relation qu’il désire avoir avec ses disciples.

Par la métaphore du cep et des sarments, Jésus, contrairement à d’autres paraboles de Luc, transpose directement les éléments naturels dans la sphère du spirituel. Pour une compréhension plus précise, nous reprenons d’abord la métaphore naturelle, et étudierons ensuite la transposition spirituelle.

La métaphore :

Un vigneron plante un cep dans sa vigne ou son champ. Pour que le cep porte du fruit, il le débarrasse des sarments stériles, et il effeuille et émonde les sarments féconds, de façon que la sève serve uniquement à la fructification, et que le soleil fasse mûrir les grains.

Les sarments coupés ne peuvent absolument pas porter de fruit, ils sèchent, puis sont ramassés hors de la vigne et sont brûlés.

La transposition spirituelle :

Le vigneron, c’est Dieu (v 1). Il a envoyé dans l’humanité (= le champ) sa Parole ou Jésus (= le cep nourricier). Comme un cep, Jésus est venu sans grande apparence ni beauté (Esaïe 53.2). Sa Parole a nourri des hommes et des femmes (= les sarments) qui ont constitué son peuple, le peuple Juif, puis l’Eglise.

La parabole révèle que tous les sarments ne portent pas de fruit. Parmi ceux qui font partie du peuple de Dieu, certains ne sont pas unis au cep (v 4), c’est-à-dire que la Parole ne demeure pas en eux (v 7), qu’ils ne peuvent donc pas être remplis de l’amour de Christ pour eux (v 9), ni de l’obéissance qui en découle (v 10). Ils ont l’apparence d’appartenir au Christ, mais la sève de l’Esprit n’arrive pas à faire son œuvre de sanctification en eux, de sorte qu’ils sont stériles. Un jour, dès ce monde, Dieu les coupe du cep, pour qu’ils n’absorbent pas inutilement la sève au détriment des autres sarments. Ils sont spirituellement déjà morts, mais cela n’apparaîtra au grand jour qu’à la fin des temps, où ils seront exclus du Royaume. En effet, l’œuvre de séparation est celle du vigneron qui reconnaît les sarments inutiles. Nul ne peut agir à sa place, gardons-nous de vouloir faire le tri nous-mêmes !

Les sarments utiles sont l’objet des soins attentifs du Père. Il les émonde, les purifie de tout ce qui empêcherait le fruit de mûrir : défauts de caractère, habitudes néfastes au développement de l’être, orgueil, égoïsme. Dieu poursuit son œuvre de sanctification de façon continue en eux, comme la sève nourrit de façon continue les sarments. Il fait cette œuvre  par sa Parole (v 3), par son Esprit, tous les moyens de sa grâce, tant que le sarment (le croyant) reste attaché à sa Parole dans un esprit d’ouverture et de soumission ; mais Dieu est obligé de rappeler le croyant négligent ou paresseux par les épreuves et les renoncements à la volonté propre que la vie quotidienne nécessite. Son objectif est que le croyant attaché à lui, porte plus de fruit.effeuilles vigne.jpg

Jésus a purifié ses disciples par sa Parole, en leur enseignant le plan du salut tel que Dieu le réalisait en lui et par lui, donc en émondant leur foi des préjugés, des fausses attentes sur le Messie et son Royaume, et de leurs fausses conceptions sur le salut qu’ils croyaient obtenir par leurs œuvres (v 5b). Il a déposé dans leur cœur le principe impérissable de la vie nouvelle, l’amour de Dieu et des autres, qui se développe peu à peu jusqu’à leur faire atteindre « la stature parfaite de Christ » (Ephésiens 4.13b).

 

2- Jean 15.7-10 : Comment  demeurer en Christ

La comparaison avec le cep a permis à Jésus de faire comprendre la nécessité absolue de rester attaché à lui pour porter du fruit. Dans la suite du passage, Jésus précise ce qu’il entend par « demeurer en lui » et « porter du fruit », but de cet attachement à lui.

La construction de ces versets utilise le procédé de style propre à l’hébreu : le parallélisme concentrique : entre des phrases aux idées ou expressions parallèles, se situe l’idée importante : (nous mettons en italiques ce qui est parallèle, et en gras ce qui est l’important).

            v.7 : Demeurer en Christ = paroles de Christ en soi

                        v.8 : porter du fruit = être disciple = faire paraître la gloire de Dieu

                        v.9 : demeurer en Christ = demeurer dans l’amour de Christ

            v.10 : Demeurer dans l’amour = obéir aux commandements 

La Parole de Christ en soi (demeurer en Christ) se révèle par l’obéissance à cette Parole, qui est de vivre dans l’amour pour que la gloire de Dieu soit manifestée à tous. En effet, d’après Exode 33.18-19, la gloire de Dieu c’est tout son amour, qui fut révélé en et par Jésus-Christ.

L’obéissance à la Parole n’a pas d’autre raison d’être : elle n’ouvre pas la porte du Royaume, elle manifeste simplement l’union du croyant à Christ qui est amour.

 

 

3- Jean 15.11-17 : Comment porter du fruit :

Ces versets sont construits sur le même schéma :

v.11 : Objectif de Jésus : sa joie en eux, leur joie complète

v.12-15 : moyens d’atteindre cet objectif :

(12-13) aimer à l’exemple de Christ par le don de soi

(14-15) devenir amis de Christ par l’obéissance

v.16-17 : Conséquences de l’attachement à Christ :

                        a) porter du fruit durable

                        b) prières exaucées

                        a’) amour fraternel.

L’objectif (= la joie) et les conséquences (= le fruit) encadrent ce qui est important : la révélation de ce qu’est l’attachement au Christ : l’amour de Dieu et l’obéissance à la Parole dans l’amour entre les disciples.

 

Les conséquences elles-mêmes de l’attachement à Christ sont présentées de façon à mettre au centre le moyen de porter du fruit, c’est-à-dire d’aimer comme Christ : le moyen d’avoir du fruit, c’est de le demander à Dieu dans la prière, en se réclamant de Christ, modèle de cet amour qui donne sa vie pour les autres (v.13).

 

La parabole propose donc un projet de vie épanouie, un sens à la vie exaltant et propre à éveiller l’enthousiasme de tous les disciples, jeunes et moins jeunes. Manifester la gloire de l’amour de Dieu peut se faire dans de multiples voies, adaptées aux goûts et aux tempéraments différents (1 Co 10.31 ; Col 3.17). Le Seigneur ne propose pas une vie étriquée, pliée sous les contraintes et les interdits. Il propose de vivre dans la joie qui vient de l’union avec lui qui est amour parfait, don total de soi, afin que Dieu soit manifesté à tous.

Ce n’est pas non plus un programme égoïste de recherche exclusive de l’épanouissement individuel. L’amour de Christ rend celui qui prend Jésus comme modèle, solidaire des autres, et laisse Dieu émonder de son cœur tout ce qui pourrait faire obstacle à l’amour pour les autres et à l’obéissance à la Parole.

Dieu promet d’exaucer la prière de celui qui désire être l’ami de Christ (v.15-16), tel que Jésus le définit ici : le cœur plein d’amour et obéissant.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Examinons avec sincérité les sentiments qui nous unissent à Jésus : peur, indifférence, affection, reconnaissance, confiance, désir de le connaître mieux, etc...

 

- Qu’est-ce qui me sépare de lui ? Qu’est-ce qui m’empêche de recevoir les bienfaits qu’il a promis de donner dans cette parabole de la sève qui vient du cep ? Comment rester attaché à lui ?

 

- Comment montrer aujourd’hui à une ou deux de mes connaissances, que je les aime comme Dieu les aime ? (cadeau, mot gentil, sourire, aide, pardon, écoute, conseil, invitation, entretien, etc.)

 

- Ma vie avec Christ est-elle joyeuse et paisible ? Comment la rendre exaltante pour moi et pour mon entourage ?

 

- Comment ma communauté vit-elle son attachement au cep ? Comment puis-je contribuer à rendre la vie de l’Eglise plus enthousiasmante et plus utile à la manifestation de la gloire de Dieu ?

 

22.05.2009

Etude n°9 Ciel (30 05 09)

Etude n° 9 : Le ciel (30 05 09)

 

Jean 14.1-3

 

Observons

Le contexte

Dans son dernier entretien avec ses disciples, Jésus leur donne le commandement d’amour fraternel qu’il nomme « nouveau », parce que c’est Jésus seul qui en est la source et le but (13.34-35). Cet amour sera l’antidote des souffrances qu’ils vont éprouver. En effet, Jésus vient d’annoncer à la fois son départ, la trahison de Judas et le reniement de Pierre (13.33,21,38). Il y a de quoi les plonger dans le trouble et l’angoisse !

Le texte

Ces quelques versets sont construits en parallélismes concentriques

a) que votre coeur ne se trouble pas       // a’) vous savez

Croyez en moi                                    //       le cheminChemin Evangile et peinture.jpg

b) demeures dans la Maison du Pére    //  b’) là où je suis

c) je vais vous préparer une place (2x) Il c’) je reviendrai et vous prendrai avec moi.

(Evangile et peinture. Chemin vers le ciel, 21è s)

 

Comprenons

Pour les consoler et les réconforter, Jésus leur fait trois révélations importantes:

v 1 La confiance en lui, à l’égal de celle qu’ils mettent en Dieu, leur permettra de surmonter leur trouble. Ils savent que le Dieu de leurs pères a accompli ses promesses en donnant au monde le Sauveur (Jn 3.16), sur qui repose l’avenir du Royaume, et l’accès au Père pour tous. Jésus se place ici à l’égal de Dieu, ce qui dut surprendre, sinon choquer, les disciples!

 

v 2 La promesse d’une place préparée par lui dans la maison du Père les remplira de paix et d’espoir. Ce ne sont pas des « tentes » provisoires et fragiles, mais des «demeures » permanentes, ce qui signifie paix et sécurité dans l’intimité de la communion avec Dieu. Le fait qu’il y ait « beaucoup » ou « plusieurs » demeures ne signifie pas la diversité de positions ou de degrés dans le bonheur, mais l’immensité de l’amour miséricordieux qui accueille chacun sans compter ni limiter les places.

Ne tombons pas dans la tentation de vouloir « localiser » topographiquement ces places ou la Maison du Père : le texte ne mentionne pas le ciel ! Dieu promet sa présence dans l’éternité. Par 1Th 4.17 et Ap 20, il nous a révélé que dans un premier temps, nous serons avec lui hors de notre terre, pour juger les morts impies pendant mille ans, mais par Ap 21, il nous annonce que son peuple régénéré vivra en sa présence sur une nouvelle terre. Dieu nous a créés terriens, avec des facultés spirituelles, psychiques et physiques que nous avons atrophiées ou perdues par le péché, et il nous recréera terriens, avec toutes nos facultés rendues parfaites par sa grâce.

Christ n’a rien caché à ses disciples sur cet amour immense, ouvert à tous (Luc 15 parabole du père et des deux fils). De plus son départ n’est pas un abandon, mais une poursuite de son œuvre il préparera la place de chacun, en lui offrant son pardon, son Esprit pour le sanctifier, et sa protection pour résister aux attaques et accusations de Satan (14.15-16,18,26 ; 16.7-11,13-15 ; Hé 7.25). Son œuvre terrestre de salut accomplie, il pourra accomplir son œuvre « céleste » ou « spirituelle » (1 Co 15.44-49) de grand-prêtre intercesseur, comme le symbolisait le sacerdoce du souverain sacrificateur, intermédiaire entre Dieu et l’homme pour représenter chacun devant l’autre. Christ intercesseur.jpg   

 

v 3 La promesse de son retour et du rassemblement des disciples autour de lui a une triple perspective:

a) ce retour sera d’abord celui de la résurrection après la mort horrible dont les disciples vont être les témoins consternés et terrifiés. Elle les rassemblera autour du Vivant et sera le fondement de leur foi et de leur témoignage (1 Co 15).

b) ce retour se fera aussi en l’Esprit accordé aux disciples à Pentecôte, pour les unir en l’Eglise (Jn 16.7,13 ; Ac 1.8).

c) Ce sera enfin le retour glorieux du Christ à la fin des temps pour prendre possession de son Royaume constitué par son peuple réuni (1Th 4.16-17; Ap 11.17 :19.6-7).

 

Au v 4, Jésus conclut ses révélations par le rappel de ce qu’il avait déjà dit: sa destination (14.2; 6.62; 7.33) et le chemin à prendre ; constamment il s’est présenté lui-même comme celui qui donne accès au Père, qui est un avec lui (Jn 5.19,21-24 ; 10.30 ; 11.25).

Par cette dernière parole, Jésus voulait simplement inviter les disciples à réfléchir à ses paroles en faisant appel à leurs souvenirs des trois ans passés avec lui. L’interruption de Pierre (13.36) et la question de Thomas (14.5) prouvent qu’ils ne comprenaient pas la portée spirituelle des propos de Jésus.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-    En quoi la confiance en Dieu et l’espérance du retour de Jésus transforment-elles ma vision dans les épreuves de la vie ?

 

-    La certitude que Jésus agit en ce moment en ma faveur soutient-elle ma confiance et mon espérance ? Ai-je fait l’expérience concrète de cette œuvre de pardon et de préparation de mon être à son royaume ? Comment cette expérience a-t-elle transformé ma vie ?

 

-         -   Suis-je en marche sur le chemin du Royaume, ou assis au bord du chemin dans l’attente de sa venue ?


 

15.05.2009

Etude n°8 Repos (23 05 09)

 

 

 

Etude n°8 Repos (23 05 09)

 

Marc 2.23-3.6 

 

 

Observons

 Deux grandes parties                               

A1 : 23-28 : premier conflit à propos du sabbat : les épis arrachés :

a)     23-24 : Les Pharisiens scandalisés

b)     25-26 : Réponse de Jésus : David a enfreint la loi

c)      27-28 : Le Fils de l’homme est maître du sabbat

A2 : 3.1-6 : second conflit à propos du sabbat : la guérison de l’homme à la main sècheépis mangés sabbat.jpg

a)     1-2 : malade dans la synagogue, les pharisiens épient Jésus

b)     3-5 : Question de Jésus sur le sabbat et guérison

c)         6 : Alliance contre Jésus

Comprenons 

a) Les épis arrachés (Polyptique de Montbéliard 16è s)

Les pharisiens sont scandalisés par ce geste, non pas qu’il soit un vol du bien d’autrui (Dt 23.26), mais parce qu’ils l’assimilaient à un travail, une moisson interdite par la loi mosaïque (Dt 34.21 ; Ex 16.26-28).Jésus et ses disciples leur semblaient non seulement enfreindre la loi, mais surtout se mettre au-dessus de la loi de Moïse.

C’est pourquoi Jésus va se référer à l’exemple de  David, futur roi au moment où il se permit d’utiliser les pains consacrés, destinés aux seuls sacrificateurs, pour satisfaire un besoin vital pour lui et sa troupe.

En prenant cet exemple, Jésus ne veut pas en faire un cas de jurisprudence, pour justifier un acte répréhensible selon la loi, mais faire comprendre qu’il est  le Fils de David, donc le fils de l’homme ( allusion à Daniel 7.13 : l’homme par lequel se fera le jugement = le Messie) qui a autorité sur les lois que Dieu a établies pour le bien-être de l’homme. Jésus nous place devant le choix entre l’observation d’un rite cérémoniel qui asservit et la préservation  du bien-être vital de l’homme (Mt 12.7 : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice ») Jésus interprète la loi selon l’esprit de cette loi, et non la lettre. Le sabbat est fait pour le bien, le repos, le développement intérieur, la guérison de chacun, l’harmonie des relations avec Dieu et avec les autres.

Les épis seraient-ils aussi le symbole d’une nourriture spirituelle que les disciples n’ont pas reçue dans l’enseignement et la pratique des pharisiens de la synagogue, et qu’ils trouvent dans l’œuvre du Créateur et la Parole de Christ ?

 

 

 b) La guérison de l’homme à la main sèche (Mosaïque 12è s Monreale, Sicile)homme à la Main sèche.jpg

Cet épisode illustre le même principe que celui des épis : le sabbat est un jour de guérison, de libération de ce qui nous dessèche (par manque d’amour ou culpabilisation) et nous empêche d’agir ou simplement de vivre selon le plan de Dieu, libéré de l’emprise du péché.

Normalement un malade n’avait pas à pénétrer dans le temple, ou même la synagogue. Celui-ci vient y chercher du réconfort malgré tout, et ne trouve de la part des pharisiens que le rejet et l’indifférence à ses besoins, par désir de coincer Jésus sur son respect ou non de la loi du Sabbat. Jésus en répondant à ses attentes, donne une leçon de miséricorde aux pharisiens endurcis.

Cette liberté d’action de Jésus est insupportable aux responsables de tous bords, dérangés dans l’exercice de leur pouvoir religieux et politique sur les autres.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Qu’est-ce qui fait autorité dans ma vie et dans celle de l’Église ? Mes désirs ou mes opinions personnelles, les principes, les règlements, la Parole de miséricorde et de liberté ? Comment cela se traduit-il dans mes relations à l’Église, à la maison, et au-dehors ?

 

-          Comment faire du sabbat  un jour de libération pour moi et pour les autres, un jour de repos en Dieu (Hé 4.9-11), une occasion de ressourcement de l’être intérieur, et de relations harmonieuses avec l’autre ?

 

-          De quoi ai-je besoin d’être libéré ou guéri aujourd’hui ? De quelle libération mon voisin a-t-il besoin de ma part aujourd’hui ?

 

08.05.2009

Etude n°7 Grâce (16 05 09)

Etude n° 7 Grâce (16 05 09)

 

Texte étudié : Romains 5.6-11

 

Observons

Le contexte (v 1-5)

« Rétablis au moyen de la justification par la foi dans une relation normale avec Dieu par Christ »(BAN = Bible  Annotée de Neuchatel), nous sommes remplis d’espérance même dans les afflictions, car le Saint-Esprit a répandu en nous l’amour de Dieu.

Le texte (6-11)

Mots-clés et répétitions : Car (v 6,10), à plus forte raison (9,10), encore sans force, impies, pécheurs, ennemis, opposés à maintenant justifiés, sauvés (au centre du texte), et réconciliés (3 fois) ; réconciliés par la mort en parallèle avec sauvés par la vie ; mourir pour un juste opposé à Christ est mort pour nous pécheurs.croix2.jpg

Composition du texte :

a) 6-8 : la mort de Christ pour des impies prouve l’amour de Dieu

b)     9 : le sacrifice de Christ nous assure justification et salut

a’) 10-11 : notre réconciliation avec Dieu nous assure le salut.

 

Comprenons

a)     L’argumentation commencée au début du ch 5 se poursuit par le premier « car » (6) pour prouver le droit que nous avons de nous « glorifier de l’espérance qui ne trompe pas » (2,5). Tout le passage oppose l’état de péché des hommes à l‘amour de Dieu qui s’est donné avant même que les hommes l’aient mérité. Notre espérance du salut ne s’appuie pas sur une justice et une bonté humaines tout à fait impossibles puisque l’homme est par nature « pécheur, impie, sans force, et ennemi », incapable de se sauver lui-même, c’est-à-dire de renouer la relation rompue avec Dieu. Notre espérance et notre assurance s’appuient sur l’amour inconditionnel de Dieu, qui se donne en Christ, selon son plan (au temps marqué), en faveur, pour le bien, pour la vie des hommes séparés de lui par le péché. L’amour divin dépasse de loin l’amour humain qui se justifie par les mérites du bénéficiaire : on aime l’autre quand et parce qu’il est aimable ! Dieu n’attend pas l’amabilité ou la perfection de sa créature pour l’aimer !

 

b)     Si Dieu a fait le plus par la mort de Christ en faveur d’ennemis, à plus forte raison fera-t-il le moins pour achever son œuvre d’amour à l’égard d’hommes qui sont maintenant justifiés (= considérés comme justes), et réconciliés (= dont la relation est renouée avec lui), en leur accordant d’être sauvés de sa colère (= d’échapper à la mort éternelle encourue par la désobéissance à la loi divine, par la séparation d’avec le Dieu de la Vie). C’est ce salut final qui est l’objet de l’espérance et de l’assurance des élus, même dans les tribulations de la vie terrestre, car il leur permet de vivre dès maintenant dans la présence éternelle de Dieu en attendant sa présence glorieuse (v 2).

 

a’) Autrefois ennemis par nature, car rebelles à Dieu, nous sommes maintenant réconciliés, rétablis dans une relation de paix et d’amour avec Dieu. Plus rien ne l’empêche de laisser libre cours à sa miséricorde envers nous, sans que sa sainteté porte atteinte à notre condition de pécheurs. Le pécheur qui par la repentance accepte sa délivrance du péché comme une grâce offerte par Jésus, et non comme une récompense de sa propre « perfection », est pénétré d’amour et de reconnaissance pour Dieu. Il est transformé par la vie de Christ en lui, à son image, de façon à participer à sa gloire.

La répétition de « nous nous glorifions en Dieu par Jésus-Christ » (v 2,3,11) marque une gradation : de la possession du salut on s’élève jusqu'à être possédé par Dieu lui-même, par son Esprit-Saint, de l’espérance du salut futur on passe à la réalité actuelle de ce salut grâce à la réconciliation obtenue dès à présent. Porter dans le cœur dès maintenant la paix, la confiance et la joie, preuves de notre réconciliation avec Dieu grâce à Jésus-Christ, c’est l'oeuvre de  l’amour de Dieu en nous  par la communion du Saint-Esprit. Paul appelle cela « se glorifier en Dieu par Jésus-Christ ».

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-         Quel lien faire entre la mort de Christ et la réconciliation avec Dieu : pourquoi, « sans effusion de sang » n’y a-t-il pas de pardon ?(He 9.22). Comment cela peut-il être transposé dans la démarche de pardon les uns envers les autres : l’abandon de sa fierté, de son orgueil, et le don de soi à l’autre, ne sont-ils pas des « morts à soi-même » indispensables pour pardonner et être pardonné ?)

 

-         Avons-nous l’assurance du pardon de Dieu ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il dans la vie quotidienne ? Si non, qu’est-ce qui nous inquiète encore, ou nous empêche de recevoir la grâce de Dieu ?

 

-         L’espérance du salut futur transforme-t-elle dès aujourd’hui ma relation à Dieu et aux autres ? Comment ?

 

-         Puis-je m’engager à pardonner cette semaine à quelqu’un que je ne trouve pas particulièrement « aimable » ?

01.05.2009

Etude n°6 Péché (09 05 09)

Etude n°6 : le péché, Esaïe 14.12-15 (09 05 09)

 

Verset à mémoriser : Romains 5.18  « Ainsi comme par une seule faute, la condamnation s’étend à tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. »

 

Observons Esaïe 14.12-15

Le contexte v 1-11 : Chant funèbre sur le roi de Babylone :

1-3 : Annonce du rétablissement d’Israël après l’exil à Babylone

4-11 : Annonce de la mort du roi de Babylone, réduit à la pourriture (v 11), pour la joie des opprimés (v 7-8) et sous les sarcasmes du séjour des morts (9-10).

 

Le texte : 12-15 : Chant funèbre sur « l’astre brillant »spirale céleste.jpg

12 : tombé du ciel

13 : à cause de son ambition orgueilleuse

14 : et sa prétention à être « semblable à Dieu ».

15 : Conséquence : sa chute dans le séjour des morts.

Le chapitre se poursuit (v 16-23) par le tableau de la ruine désastreuse et définitive de « Babylone », ville réelle et ville symbolique.

 

Comprenons

Dieu soulève dans ce texte prophétique un coin du voile sur la question de l’origine du mal sur la terre. Il est nécessaire pour une compréhension plus claire de ce mystère, de joindre à cette prophétie celles d’Ezéchiel 28, (dont vous pouvez trouver une étude en annexe de cette note), et la prophétie de Jean dans l’Apocalypse (12.3-10).

A- Dans un premier temps, décryptons les personnages de cette prophétie d’Esaïe.

Sous la figure de rois ennemis d’Israël, ceux de Babylone et de Tyr, les deux prophètes de l’Ancien Testament dévoilent la personnalité et le sort de la puissance adversaire de Dieu, qui a manipulé ces rois. Ainsi, dans les deux textes le chant funèbre des deux rois terrestres se poursuit par la prophétie de la chute du « roi » spirituel qu’est Satan.

A quoi reconnaît-on dans notre texte le glissement du roi terrestre au céleste ?

Esaïe nomme  le roi de Babylone, « l’oppresseur, le tyran », juste après l’exclamation « Quoi donc » (ou « Comment »), traditionnellement employée pour débuter une lamentation (Lam 1.1 ; Ez 26.17 ; 2 Sam 1.19, 25, 27). Il décrit l’état d’humiliation et de pourriture de ce roi terrestre dans deux images contrastée : les sarcasmes qui l’accueillent dans un séjour des morts virtuel, et la décomposition physique réelle de son corps dans la terre (v 9-11). Puis Esaïe reprend tout à coup l’exclamation « Quoi donc », pour parler d’un autre personnage de dimension céleste, »nommé « astre brillant » (porteur de lumière, Lucifer en latin) dont le roi terrestre serait un « type », une allégorie. Cet être tombe du ciel (Jésus le nommera Satan dans Luc 10.18), où il a un trône parmi les étoiles de Dieu (Ap 1.20 = les anges). SonMichel et le dragon.jpg ambition n’est pas terrestre mais spirituelle : ressembler au Très-Haut. Tous ces détails, comme ceux du texte parallèle d’Ezéchiel 28, nous avertissent qu’il s’agit d’un être qui dépasse nos limites humaines. L’apôtre Jean dans Ap 12.9 apporte un complément à ces tableaux : Il fut précipité le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre habitée, il fut précipité sur la terre (= Es 14.12) et ses anges furent précipités avec lui. » (Michel terrassant le dragon 15è s)

Jean encore (Ap 12.7), nous permet de comprendre l’objectif de Satan d’être semblable au Dieu Très-Haut : « Il y eut guerre dans le ciel, Michel et ses anges combattirent le dragon. » On vient de voir que ce dragon est une image qui désigne Satan. Contre qui s’élève-t-il ?  Contre Michel dont le nom signifie justement « Qui est semblable à Dieu ? » Ce nom est employé quatre autres fois, toujours dans un contexte de combat dans le monde céleste, dans Daniel 10.13, 21, et 12.1, dans Jude 9. Il désigne un être angélique, chef protecteur et libérateur du peuple de Dieu, vainqueur du diable à propos de Moïse (Ju 9). Paul nous donne la réponse à la question que pose son nom :

Phi 2.6 : « Jésus-Christ dont la condition était celle de Dieu, n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal à Dieu, au contraire de notre Astre Brillant  qui incitera les hommes à l’adorer sous la forme de la Bête, dont ils chanteront les louanges en disant « Qui est semblable à la Bête ?» (Ap 13.4)!

Col 1.15 : Christ est l’image du Dieu invisible.

Ainsi l’ambition de Satan a été de prendre la place de Christ, sur « la montagne de la Rencontre » (v 13, symbole du sanctuaire divin (le sanctuaire terrestre à son image, fut appelé « Tente de la Rencontre » entre Dieu et son peuple). La prétention de Satan a été de supplanter le Christ dans son œuvre auprès des hommes et de l’empêcher ainsi de sauver l’humanité en la soumettant à sa tyrannie, comme les rois de Babylone et de Tyr l’ont fait pour Israël.

Les trois prophètes annoncent en chœur la conséquence de cette prétention d’usurpation : la chute sur la terre, puis la destruction définitive. Satan n’a plus le pouvoir de séduire les êtres célestes (Ap 12.8), depuis que par le don de sa  vie (Ap 12.10) Christ leur a prouvé son amour pour les hommes, et par-là même les mensonges de Lucifer. N’ayant plus accès au monde des anges, Satan se rabat sur les hommes qu’il tente de séduire et tourmente, mais les prophètes ont vu sa disparition définitive, dont la chute de Babylone et de Tyr sont les symboles (Es 14.15-23 ; Ez 28.19).

Ce mouvement d’ascension jusqu’à Dieu, par orgueil et amour de soi, puis de chute dans la mort éternelle, est exactement à l’opposé du mouvement de Christ (Phi 2.6-8) : en effet, du même point de départ, le ciel et la présence de Dieu, Christ descend vers les hommes, s’incarne et meurt volontairement pour leur donner la vie éternelle, par amour des autres et non de lui-même. Et cet abaissement volontaire est suivi d’une glorification éternelle, dont il ouvre la perspective à ceux qui le suivent.

 

B- Quels sont les effets pour nous de cette lutte de Satan contre Christ ?

Comme Paul le dit en Rm 5.18, cité en introduction de cette note, l’être humain en général, l’Adam que je suis au naturel, en écoutant la voix séductrice de Satan : « Vous serez comme des dieux ! » (Gen 3.5), se rend esclave de sa tyrannie et nourrit dans son cœur des désirs égoïstes et orgueilleux de puissance, de domination et de gloire. Il cherche à avoir la vie éternelle par ses propres efforts et ses mérites, selon la parole du Serpent (Gn 3.4) : Vous ne mourrez pas du tout !. Par là, sans en prendre conscience il se sépare de Dieu, du Dieu de la Vie, et il court vers la mort (Rm 5.18a). On peut le comparer au nomade du désert qui néglige l’humble source d’eau à ses pieds, pensant trouver une eau plus abondante plus loin, et qui s’enfonce dans l’aridité mortelle du désert.

La Bonne Nouvelle de Jésus, déjà prophétisée par Esaïe et Ezéchiel, c’est que Christ est la Vie. Pour permettre à l’humain, l’Adam que je suis, d’avoir la vie éternelle, il a donné sa propre vie d’homme innocent, il a pris sur lui notre nature pécheresse et l’a fait disparaître sur la croix dans sa mort (Col 2.14), l’affranchissant ainsi de l’emprise de Satan (Ap 12.10). Alors que Satan nous entraîne avec lui vers la mort, Christ en ressuscitant dans un corps humain régénéré par l’Esprit, nous entraîne avec Lui vers la Vie éternelle (Rm 5.18b).

Ce texte d’Esaïe 14.12-15 nous dévoile à la fois l’origine du mal qui existe hors de nous et en nous (Ja 1.14-15) et sa fin définitive (v 15). Jésus et les prophéties du Nouveau Testament révèlent comment cette fin se réalise en nous et hors de nous. C’est un message d’espérance qui soutient la foi et la marche terrestre de ceux qui s’appuient sur le Christ. La grâce de Dieu leur permet de s’approprier ces promesses et de se tenir debout devant Lui, dans l’assurance que les épreuves actuelles auront une fin définitive au retour de Christ (1 Pi 4.13 ; Ap 20.10, 15).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Comment est-ce que je participe au péché de Satan de vouloir être semblable à Dieu, de chercher à prendre la place de Christ pour avoir la vie éternelle ? Quelles sont mes ambitions profondes, et quels moyens utilisé-je pour les satisfaire ? Quelle espérance à ce sujet me donne cette prophétie d’Esaïe ?

 

-          Ai-je fait mienne la bonne nouvelle du salut par le don de la vie de Jésus ? Qu’est-ce que cela change en moi et dans mon comportement, dans ma relation avec Dieu, avec moi-même et avec les autres ?

 

-          Comment se manifeste concrètement la libération du péché et de la mort que Christ m’offre ?

 

 

Annexe : Etude du texte d’Ezéchiel 28.11-19

 

Observons

Le contexte : Au ch 28, le prophète prononce deux oracles sur le roi de Tyr. A cause de son autodéification, le roi mourra vaincu par des étrangers(v 1-10), envoyés par Dieu pour lui rappeler sa condition de créature humaine. Le second oracle constitue notre texte, et porte le regard au-delà du roi terrestre de Tyr.

Le texte

Trois parties : A-  v 12b-14 : Situation privilégiée du « roi de Tyr »

                          B-  v 15-18a : Péché du « roi » et ses premières conséquences

                          A’- v 18b-19 : Déchéance totale et définitive du « roi ».

A- La situation du « roi » est privilégiée à cause

            - des lieux : Eden, jardin de Dieu (13), montagne sainte de Dieu, parmi les pierres ardentes (14,16),

            - de la nature du « roi » : créature magnifique (13, 14b, 15), chérubin protecteur (14, 16), rempli de sagesse, de beauté (12), et d’intégrité (15).

            - de sa fonction : mettre le sceau à la perfection (12).

B- Son péché, l’injustice trouvée en lui (15), vient de l’importance de son commerce qui l’a rempli de violence (16), de sa beauté qui lui a donné de l’arrogance (17a) et de sa splendeur qui a corrompu sa sagesse (17b). La multitude de ses fautes et sa conduite injuste ont fini par profaner sa sainteté (18a).

Les deux premières conséquences de ce péché sont l’exclusion de la montagne de Dieu et des pierres ardentes, et le rejet sur la terre en spectacle aux rois(16b, 17b).

C- La prophétie prédit au « roi » une autodestruction totale par le feu (18b) et un anéantissement définitif (19).

 

Comprenons

Le contexte : la première prophétie sur le roi de Tyr introduit la seconde sur le chérubin céleste dont le roi terrestre est le « type »: par son autodéification, il reproduit  le péché de celui qui est devenu l’Adversaire du Seigneur.

Le texte : Le vocabulaire de cette prophétie fait du roi un personnage céleste :

- La sainte montagne de Dieu désigne dans la Bible la sphère spirituelle divine par opposition à la sphère matérielle terrestre. Dans ce domaine spirituel, conventionnellement appelé « ciel », splendeur, éclat, magnificence et gloire sont exprimés par l’abondance des pierres précieuses.

- Les pierres ardentes font allusion aux charbons ardents, au feu de l’autel devant Dieu (Ez 1.13 ; 10.2), pour désigner l’éclat de la sainteté divine et des créatures angéliques qui l’entourent.

- Les chérubins désignent chez Ezéchiel et Jean, les êtres en contact direct avec Dieu, bases de son trône (Ez 1.5-14,26 ; 10.2, 14-15 ; Ap 4.6-8). Ils seraient des créatures représentant concrètement des qualités que Dieu met en œuvre dans son action de gouvernement et de jugement, symbolisée par le trône. (Ls 4 chérubins autour du trône, Apocalypse de Beatus 11è s)Christ et chérubins.jpg

Le chérubin, garde des sceaux de Dieu, participait à ses décisions. Comment en vint-il à ambitionner de prendre la place de Dieu (Ez 28.2 ; Es 14.13-14 ) ? Le texte suggère qu’au lieu d’accepter sa condition de créature et de serviteur, il s’est enorgueilli de ses responsabilités et de sa beauté (16,17); il s’est révolté contre celui dont il briguait la place, Michel (Ap 12.7), nom qui signifie « Qui est comme Dieu ? » et que porte Christ comme chef des armées angéliques (Dn 10.13,21) en lutte contre l’Adversaire (Ap 12.7) qui prétendit « être comme Dieu » (Es 14.14).

- La défaite annoncée par Ezéchiel (v 16) et reprise par Jean (Ap 12.9) eut lieu lorsque Christ prouva aux anges, par sa vie terrestre, sa mort et sa résurrection, l’amour inconditionnel de Dieu, contesté par Satan. Celui-ci, n’ayant plus le pouvoir de convaincre les anges, fut cantonné à la terre (Ez 28.17) où, depuis lors, il cherche à entraîner les hommes dans sa révolte (2Pi 5.8).

- Au v 18, Ezéchiel révèle la fin de son pouvoir : Satan sera l’auteur de sa propre destruction et entraînera dans la désolation et l’épouvante de l’anéantissement ceux qui l’auront suivi (Ap 20.10).

Les trois prophètes, Esaïe, Ezéchiel, et Jean, sous des formes diverses ont la révélation des dessous de l’histoire de la terre : elle est le théâtre du conflit qui oppose Satan à Dieu, dont la victoire est déjà acquise par Christ, mais doit être reconnue par les hommes, comme elle le fut par les anges (Ap 12. 12).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Le péché de Satan s’est répété depuis Adam et Eve, individuellement et collectivement. Le pouvoir, les capacités, les responsabilités, la beauté, la gloire, la connaissance scientifique ou technique, poussent les hommes à ignorer leurs limites et à se croire supérieurs, voire divins. A mon niveau de responsabilité, n’ai-je pas tendance à chercher à me valoriser, à cultiver l’ambition de briguer une place supérieure, hors de mes qualifications ? Comment rendre Christ vainqueur en moi de ces tentations ? (Ph 2.3-11).

 

- Toute ma vie peut être l’occasion de démontrer aux hommes que Satan est vaincu par Christ ! Pour cela je dois être conscient de ce qui guide mes choix : le service de Christ et du prochain, ou le désir de briller et de dominer ? Ai-je choisi mon camp dans le « grand conflit » (Mt 6.24)?

24.04.2009

Etude n°5 Révélation (02 05 09)

Etude n°5 Révélation (02 05 09)

Hébreux 1,1-4

 

Observons

Ce texte constitue le préambule abrupt d’un écrit qui ressemble plus à un exposé doctrinal qu’à une lettre : l’auteur ne se nomme pas, ni n’adresse son épître à un destinataire précis ; pourtant au cours de l’écrit, on s’aperçoit qu’il connaît les problèmes de la communauté judéo-chrétienne à qui il l’envoie (5.11-12 ; 6.9-10 ; 10.25, 32-34).

Dès les premiers versets, l’auteur établit la grandeur de celui qui est la « révélation » de Dieu, du Christ, grand souverain sacrificateur, Fils de Dieu, dont il fait le sujet de son écrit. (Dessin de Zabou : La Parole créatrice du monde et de l’humain)

Le texte

V 1 : Dieu a parlé de façons variées par les prophètes autrefoisCréation humain Zabou.jpg

V 2a : par le Fils aujourd’hui

2b : ce Fils est le créateur et l’héritier de toutes choses

3a : il soutient le monde par sa Parole puissante

3b : il a accompli sur terre la purification des péchés

3c : il s’est assis à la droite de Dieu

4 : il est donc supérieur aux anges

 

Au centre de ce prologue se trouve la Parole, identifiée au Fils dont les actions historiques et spirituelles sont précisées de part et d’autre.

 

Comprenons

A- Dieu parle : Dès les premiers mots de cet écrit, l’auteur rappelle la qualité de Dieu essentielle pour l’homme qui veut avoir une relation avec lui : Dieu n’est pas une idole muette, dont les hommes peuvent disposer à leur gré et inventer les volontés, mais un Dieu qui est vivant et qui parle ! Il se révèle à l’homme incapable de le concevoir par lui-même. La seule façon de se faire connaître est de sortir de sa transcendance en s’adressant à l’homme, dans son langage, pour être entendu de lui  au milieu de toutes les voix terrestres.

L’auteur distingue deux moyens de révélation divine selon les époques de l’histoire humaine : autrefois, Dieu a utilisé des porte-parole, des prophètes ; aujourd’hui il parle directement par le Fils.

Les prophètes ont reçu la parole de Dieu de plusieurs manières : de vive voix, dans des visions et des songes (Nb 12.6-8), par des messagers angéliques (Hé 2.2), par une représentation de l’Eternel (Nb12.8) appelée parfois l’Ange de l’Eternel. Cette parole s’est exprimée en différents genres : lois, prophéties, psaumes, promesses, menaces, appels, paraboles, récits d’événements historiques, etc.

Au cours des siècles les révélations de Dieu se sont répétées, apportant toujours plus de clarté sur les étapes du plan de salut et sur ses modalités d’exécution. Ainsi les Israélites ont pu, de Moïse à Daniel et Malachie, conforter leur espérance dans la venue d’un Messie Sauveur, et en pressentir l’époque et la mission.

Mais cette révélation progressive par intermédiaires humains faillibles, et par conséquent contestables pour beaucoup, est restée fragmentaire et n’a pas suffi pour faire comprendre les perfections et l’amour de Dieu. Dieu choisit alors de se révéler directement en s’incarnant en Jésus. Il est appelé Fils, parce qu’il présente les qualités de Dieu, énumérées dans les versets suivants.

« Les derniers jours » est l’expression biblique consacrée dans l’Ancien Testament au temps qui s’écoule entre les deux venues du Messie, de la venue dans l’humilité au retour en gloire : Paul (1 Cà 10.11), l’auteur de la lettre aux Hébreux, et a fortiori…nous-mêmes, faisons partie des derniers jours !

Depuis sa révélation parfaite et complète en Jésus-Christ, Parole de Dieu vivante, puis  transcrite dans la Bible (Ap 22.18-19), Dieu n’a plus tant besoin d’intermédiaires. Si les prophètes existent encore, c’est toujours pour renvoyer à la Parole et en éclairer le sens. Ce n’est plus la révélation de Dieu qui est progressive, mais sa compréhension au fil des siècles, et au fil de la vie de chaque lecteur. Christ a tout accompli et révélé sur Dieu, mais les hommes ne sont pas toujours aptes à tout saisir (Jn 16.12). C’est pourquoi Dieu leur accorde son Esprit (Jn 14.26), et parfois un prophète pour leur faire redécouvrir telle ou telle vérité biblique demeurée encore obscure jusque-là.

B- Qu’est-ce qui qualifie le Christ pour être la Révélation incarnée ?

1- v 2 : il est établi par Dieu et non par les hommes, pour être héritier de toutes choses : il dépend entièrement de son Père (Jn 10.30,38 ; 17.7-8, 11b,21b) et reçoit de lui tout ce qu’il est, ce qu’il possède et doit acquérir encore à son retour (Dn 7.14 ; Ap 19.6-7).

2- Il est l’agent de la Création (Jn 1.3,10 ; Col 1.16) : c’est par la Parole que Dieu a mis au monde la création qu’il avait conçue en son Esprit. (Hé 11.3). Il dit et la chose fut, matérialisant la pensée.

3- v 3a : Il est « rayonnement de sa gloire et empreinte de son être » : les deux images essaient de nous faire approcher le mystère de la nature divine de Christ.

Comme la lumière ne nous est perceptible que par son rayonnement sur les objets qu’elle éclaire, de même Dieu ne nous est perceptible que par son rayonnement sur et en Christ. Celui-ci nous fait percevoir la gloire de Dieu, c’est-à-dire, à la fois sa grandeur, sa majesté et son amour (Jn 1.14 ; Ex 33.18-19). (Apocalypse de Beatus, Christ en gloire, 10è s)Jésus et les Douze 12è.jpg

Comme l’empreinte d’un sceau permet de voir tous les détails du sceau, de même Christ permet de distinguer toutes les caractéristiques de l’Être divin. Il en est la « forme » visible, l’image parfaite (Ph 2.6 ; Col 1.15) de sorte que celui qui a vu le Christ, a vu le Père (Jn 14.9).

4- v 3b : Après avoir créé, la Parole porte, « soutient » l’existence de tout ce qu’elle a créé. Cette œuvre de Christ s’entend aussi bien matériellement que spirituellement. Par sa Parole, il soutient tous ceux qu’il a fait naître à une nouvelle vie, celle de l’Esprit.

5- Ce soutien spirituel s’exerce grâce à la « purification des péchés » que Christ a accompli sur la croix lors de son ministère terrestre, et qu’il accomplit toujours dans le cœur de ceux qui le reconnaissent comme leur seul Sauveur et se nourrissent de sa Parole. Cette vérité de la purification des péchés sera longuement développée dans la suite du texte.

6- Enfin, le Fils, Parole de Dieu, est « assis à la droite de Dieu» : il a été élevé dans le monde spirituel divin à son ascension, il y a retrouvé la gloire divine et toute sa puissance pour diriger et juger les affaires humaines, pour intercéder (= défendre contre les accusations et les embûches de Satan) en faveur de ses frères les hommes , et plus particulièrement en faveur de ses enfants spirituels. Ainsi, il les protège, leur envoie son Esprit, les délivre du mal intérieur et extérieur, et leur donne la puissance de témoigner de son amour en toute circonstance (Ac 1.8).

7- v 4 : pour clore ce tableau, l’auteur affirme que toute cette œuvre accomplie par la Parole-Fils de Dieu, la met au-dessus de tous les êtres célestes : ils sont des créatures, elle est Dieu (Jean 1.1), portant le nom de Yahve = Je Suis (Jn 8.24, 58). Dans les versets suivants, l’auteur établira par des citations tirées des Ecritures (Parole de Dieu !) la supériorité du Fils sur les anges qui l’adorent et le servent (v 6,14).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Comment Dieu me parle-t-il ? Comment reconnaître que c’est sa voix que j’entends, et pas celle de mes désirs ou de mon inconscient « charnel » ?

 

-          Quelle façon divine de se révéler est-ce que je privilégie ? Pourquoi ? Comment élargir mon champ de vision et d’écoute de Dieu ?

 

-          Ma relation avec Christ est-elle un monologue ou un dialogue ? Comment rendre ce dialogue vivant et fructueux en moi et autour de moi ?

 

-          Comment faire de mes paroles et de mes actes un reflet de la « gloire », une révélation de Christ, Parole de Dieu. 

17.04.2009

Etude n°4 Vie (25 04 09)

Etude n°4 : Vie (25 04 09) : Jean 10.1-21

 

« Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance »(Jn 10.10).

 

Observons

Le contexte

A la suite de la guérison d’un aveugle-né, les Pharisiens s’opposent à Jésus sous les sarcasmes ironiques du miraculé (9.24-34) qui reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme venu le sauver (9.38). Jésus reproche alors aux Pharisiens leur aveuglement, qui les fait demeurer dans le péché, c’est-à-dire séparés de Dieu (9.41).

Par la métaphore du Berger, Jésus va tenter une fois de plus de leur révéler qui il est et quel est son rôle parmi les hommes.portedesbrebis.jpg

 

Le texte : Jean 10.1-21 : deux métaphores, de la porte de bergerie et du berger, s’entrelacent et provoquent de vives réactions parmi les auditeurs :

-          1-5 : le vrai berger entre par la porte de la bergerie (porte = 2x ; voix = 3x ; 4 verbes de mouvement : mener dehors, sortir, marcher devant, suivre)

-          6-10 : Jésus est la porte (2x) pour accéder aux pâturages (= le salut) et à la vie abondante (= vie éternelle).

-          11-13 : Jésus est le Bon Berger (2x) qui donne sa vie, en opposition aux mercenaires qui s’enfuient devant le loup

-          14-16 : Relations entre le berger et ses brebis (il connaît, il donne, il appelle)

-          17-18 : Amour du Père qui se donne volontairement (3x) en Jésus pour la vie des brebis.

-          19-21 : Réactions parmi les auditeurs.

 

Comprenons

Par son introduction solennelle (en vérité, en vérité, je vous le dis), et par ces deux paraboles, Jésus veut faire saisir aux Pharisiens qu’en tant que conducteurs religieux ils sont aussi coupables qu’en tant qu’individus, en refusant de voir en lui le Sauveur. Il développe les deux métaphores en passant d’une idée à l’autre grâce à la répétition du mot « berger » qui forme une sorte de refrain, ou de fil rouge, et en rebondissant sur des mots annexes tels que « porte », « voix », « don de la vie », qui permettent de préciser le rôle du Berger.

1-5 : La métaphore du Berger était très familière à ses auditeurs qui vivaient dans une culture rurale, et qui connaissaient aussi les paraboles d’Esaïe (40.11), de Jérémie (23.1-8), ou d’Ezéchiel (34).

Le début de la métaphore contient les deux thèmes repris ensuite : la porte, et le vrai berger. Ces deux thèmes sont opposés à celui du voleur, brigand, étranger, qui pénètre par un autre accès dans la bergerie, et dont la voix n’est pas reconnue par le troupeau. Ce troupeau de brebis désigne le peuple que Dieu appelle à entrer dans sa bergerie, à constituer son royaume.

Pour cela, il a établi un seul accès, Jésus, la porte. « Nul ne vient au Père que par moi » dira Jésus à Philippe (Jn 14.6). Toute tentative d’entrer dans l’intimité de Dieu par un autre chemin est vouée à l’échec. Elle émane de l’Adversaire, voleur et trompeur (1 Pi 5.8 ; Jn 8.44). Jésus condamne là l’attitude des Pharisiens qui prêchaient une obéissance stricte à la loi comme moyen de salut. (Evangile et peinture 21è)Bon Berger 2 (berna).jpg

Il introduit un autre personnage dans sa parabole, « le portier » qui ouvre la voie au berger. Les brebis étaient parquées pendant la nuit dans un enclos, bien gardé par un serviteur ;  celui-ci empêchait toute intrusion de prédateur nocturne, et au matin, ouvrait l’enclos au berger pour mener les brebis paître aux alentours. On a vu dans ce portier que Jésus ne précise pas, soit Jean-Baptiste qui a « préparé la voie au Seigneur » pour sa venue sur terre (Jn 1.19-34), soit le Saint-Esprit qui prépare les cœurs à entendre sa voix et à le recevoir, jusqu’à son retour en gloire.

On peut s’interroger sur le sens spirituel de la sortie du bercail des brebis conduites par le berger (3-4). Jésus veut-il faire entendre que dans le peuple juif (= bercail d’origine) conduit par les faux bergers Pharisiens, des hommes et des femmes, qu’il connaît par leur nom, donc intimement, reconnaissent sa voix, comprennent ses paroles, l’acceptent comme leur Berger, leur Maître et Sauveur, et le suivent sur le chemin de la Vie qu’il leur propose (v 4), en rejetant les faux enseignements 

« étrangers » (v 5) ? Son appel opère un tri dans le troupeau entre les brebis qui ont une vraie relation avec lui, qui lui appartiennent et l’écoutent, qui discernent le vrai du faux dans les enseignements spirituels qu’ils reçoivent, et les autres brebis qui n’ont que l’apparence de chrétiens, mais sont spirituellement aveugles et sans discernement de la vérité.

6-10 : Toujours est-il que ses auditeurs ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre le sens de la parabole (v 6). Cela pousse Jésus à la développer et l’étoffer en deux temps : il s’identifie à la porte (8-10) puis au berger (11-13).

Pour se désigner ainsi, Jésus emploie chaque fois l’expression « Moi, je suis », avec le verbe « être » exprimé, alors que le grec peut s’en passer d’ordinaire. Jésus avait déjà utilisé cette formule insistante, sans attribut, pour affirmer sa préexistence (Jn 8.58) par rapport à Abraham. Cette expression est la traduction grecque du nom de Dieu, le Tétragramme יהוה , Yahvé, « Je Suis », que notre version Segond traditionnelle traduit avec bonheur par «l’Éternel ». Cette fois, Jésus tout en s’identifiant à Dieu, précise une particularité de sa personne et de son rôle dans sa relation avec les hommes considérés comme ses brebis.

La porte est le seul moyen normal d’accès d’une maison, d’un enclos. Pour entrer dans la maison de Dieu, que signifie d’avoir à passer par Christ seul ? Les Pharisiens croyaient que pour avoir le salut, il fallait appartenir au peuple d’Israël, obéir scrupuleusement à la loi, multiplier les efforts de sainteté, suivre les rites, offrir le sacrifice de dons conséquents, dans l’espoir d’apaiser un Dieu considéré païennement comme « en colère » contre le pécheur. Paul dira que c’est faire « son salut par les œuvres ». Jésus est venu apporter le salut « gratuitement » à celui qui croit au don de sa vie pour ses brebis (v 11). Par son incarnation, sa vie d’amour jusqu’à la mort, Jésus a inauguré une nouvelle humanité, affranchie de la condamnation à mort que sa séparation d’avec Dieu entraîne. Jésus y conduit tous ceux qui placent en lui leur confiance et leur espérance. Entrer dans le Royaume par la porte qu’est Jésus, c’est aussi vivre à son exemple, dans le renoncement à son moi égoïste et orgueilleux, pour se donner aux autres par amour.

Cette démarche de renoncement à une vie dominée par son Moi est marquée par le baptême, symbole de la mort de sa nature charnelle, pour déboucher sur une nouvelle vie guidée par l’Esprit, la vie éternelle, qui commence dès aujourd’hui pour celui qui croit à Jésus. Cette vie de liberté par rapport à l’emprise du péché est symbolisée par Jésus dans l’expression hébraïque « il entrera et il sortira » qui insiste sur la liberté de mouvement et d’activité sans entrave. Dans cette vie, la faim de justice et de paix (Mt 5.6) est rassasiée, car Dieu la nourrit de sa Parole (Mt 4.4 ; Jn 6.50-51). La vie que Jésus propose n’est pas étriquée, réduite à une « survie ». Elle est « abondante » à la mesure de sa générosité infinie, elle déborde d’énergie, de paix et de joie, jusque dans le royaume éternel (Jn 4.14).

Le but du vrai berger n’est pas de satisfaire ses désirs personnels de possession, ni ses ambitions de pouvoir, comme le voleur, mais de chercher le bien de ses brebis, de préserver et d’entretenir leur vie, à ses risques et périls, sans compter. Le portrait du vrai berger est si parfait et si exigeant qu’il ne peut désigner que le Bon Berger, modèle exemplaire de tous les bergers, pasteurs du troupeau de l’Eglise. 

 

11-13 : Au centre du passage, Jésus s’identifie au Bon Berger dont il vient de révéler les intentions.Bon Berger (berna).jpg C’était audacieux de reprendre à son compte cette parabole de l’Ancien Testament représentant l’Éternel (Ps 23 ; 80.1 ; Es 40.11 ; Ez 34.11-23). Il anticipe les paroles qu’il prononcera devant Philippe qui lui demandait de voir le Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi (Jn 14.9-10), ou encore dans sa prière pour l’unité de ses disciples : « Que tous soient un comme toi, Père tu es en moi et moi en toi » (Jn 17.21).

La bonté de ce berger consiste à « donner sa vie » pour ses brebis. Cette expression est à comprendre d’abord au sens littéral : Jésus, comme le berger d’un troupeau, consacre sa vie aux soins de ses disciples : nourriture et protection, pansement des plaies, direction et accompagnement dans la marche de la vie.

Pendant ces trois ans et demi de ministère terrestre, il n’a cessé d’accomplir cette mission physiquement et spirituellement, d’appeler, de nourrir, de guérir, de consoler, d’avertir et de protéger contre les mensonges et les erreurs des conducteurs spirituels officiels.

Dans un second temps, cette expression annonce le don suprême de Jésus jusqu’à la mort, pour sauver les brebis de son peuple de la mort éternelle à laquelle les conduisent leurs propres péchés, les « bergers mercenaires » et le « loup », Satan (Jn 10.12 // 1 Pi 5.8). Dans ce don de vie, il n’y a aucune idée de transaction, comme le suggère au contraire le mot « mercenaire ». Ce dernier remplit son office de berger parce qu’il en tire profit personnellement, et il abandonne sa mission dès qu’elle présente un danger pour lui.

-14-15 : Cette opposition met en valeur la fidélité pleine d’attention et d’amour de Jésus pour ses disciples. On peut compter sur lui en toutes circonstances, d’autant plus qu’une relation étroite le lie à ses brebis : une communion intime et profonde existe entre elles et le berger. « Connaître », dans la Bible, n’est pas une démarche intellectuelle, du domaine du cognitif ; ce verbe désigne le lien profond qui unit deux êtres qui s’aiment et partagent leur vie, leurs goûts, leurs actions, leurs pensées, leurs désirs. C’est le verbe utilisé pour l’acte d’amour d’un couple pour donner la vie (Ge 4.1). Ici il signifie l’intimité de la relation qui unit le Père au Fils, et le Fils-Berger à ses brebis (v 15).

- 17-18 : Pour que les hommes retrouvent la relation avec Dieu que l’indépendance d’esprit et  la prétention leur ont fait perdre, Jésus donne sa vie et sa mort, volontairement et librement. Jésus écarte toute idée de « destin » imposé par Dieu, toute fatalité subie par lui pour satisfaire la justice d’une divinité vengeresse outragée par sa créature rebelle, dont il lui faudrait prendre la place. Jésus, étant Emmanuel, Dieu venu parmi nous par amour, se donne entièrement pour effacer l’offense de ses créatures révoltées, et s’offre volontairement  pour subir la conséquence inévitable de cette séparation d’avec Dieu, la mort éternelle. (Es 53.12 ; 1 Pi 2.24 ; Hé 9.28 ; Ga 3.13). Mais le Dieu de la vie a la puissance de redonner la vie, de « reprendre » sa vie (17). Cette parole de Jésus marque mieux que toute autre son identité divine. Le Bon Berger qui se sacrifie pour que ses brebis vivent (Jn 10.28) c’est l’Éternel lui-même !(Ez 34.11,31).

- v 16 : A ces paroles audacieuses considérées par les Juifs comme blasphématoires (10.33) et justifiant la lapidation, Jésus a ajouté une prophétie choquante pour les Pharisiens qui croyaient qu’Israël était le seul peuple à pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus annonce que bien « d’autres brebis » viendront rejoindre le bercail du Royaume. Il ne donne pas sa vie pour les Juifs seulement, mais pour tous ceux, païens ou athées, qui entendront sa voix et voudront le suivre. Jésus sent ce rassemblement de tous ses disciples comme une nécessité (« il faut que je les amène »), due à l’infini de son amour. Celui-ci ne souffre aucune limite de race, de culture, de religion, de temps.berger.jpg

Gardons-nous de vouloir limiter le troupeau de Dieu à une seule dénomination, ou même à l’ensemble des dénominations chrétiennes ! Il n’y a aucun obstacle à l’amour de Dieu pour chercher et trouver ceux qui ont soif de sa présence et qui entendent sa voix, dans la nature (Rm 1.20), dans leur conscience (Rm 2.14-16), ou dans la Parole écrite, et qui acceptent de suivre fidèlement les révélations et les directives de cette voix (Jn 8.51).

- 19-21 : Les réactions parmi les Juifs (rappelons que chez Jean ce terme désigne les Pharisiens opposés à Jésus, et non le peuple tout entier), ne se font pas attendre et ne sont pas tendres : il est accusé de folie, ou de possession démoniaque, car il ose se prendre pour Dieu ! Cela justifie à leurs yeux leur refus de l’écouter. On sent dans cette estimation de folie, la peur de perdre leur propre audience auprès du peuple, la haine contre celui qui peut les supplanter dans leur rôle d’enseignants et de dirigeants.

Heureusement, d’autres auditeurs émettent des doutes sur le jugement des Pharisiens, et sont impressionnés par les paroles de Jésus, après l’avoir été par son miracle de guérison d’un aveugle-né (9.16b). Ils sont en train d’être guéris eux-mêmes de leur aveuglement spirituel ! Leur interrogation montre la puissance de conviction de la Parole de Dieu (Rm 10.17). Ce n’est pas le miracle qui provoque la foi, mais l’autorité de la vérité et l’amour de Dieu, qui émanent de cette Parole de Vie  incarnée et illustrée par Jésus dans cette parabole du Bon Berger.

 

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Par quelles « portes » trompeuses essayons-nous encore d’entrer dans le royaume de Dieu (bonnes œuvres, rites, conduite impeccable, dons d’argent ou de biens, mérites de toute nature…) ?

 

-          Que signifie pour moi concrètement que Jésus soit la seule et unique porte d’entrée dans le royaume ?

 

-          Quels moyens Jésus utilise-t-il pour me faire entendre sa voix ? Comment montrer que je « reconnais » sa voix , parmi toutes les voix qui se font entendre aujourd’hui ?

 

-          Que signifie pour l’Eglise et pour moi, de suivre le Bon Berger, dans ma relation avec lui, dans nos relations mutuelles entre brebis, dans les relations avec l’extérieur ? (voir Ap 14.4)

 

-          Quels sont les effets de la Vie Abondante que j’ai trouvée en Jésus ?

 

       

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