20.03.2009

Etude n°13 Confiance dans le don de prophétie (28 03 09)

Etude n°13 : Confiance dans la prophétie Actes 10. 9-23, 44-48 (28 O3 09)

 

Pour l’étude du texte d’où le verset à mémoriser est tiré (2 Chroniques 20. 20), se reporter à l’étude n°9 du 4ème trimestre 2007 : Une vie de louanges dans le thème « Le feu de l’épreuve ».

 

Observons

Le contexte

L’Eglise s’est développée dans toute la Judée parmi les Juifs (9.31). Pierre fait la tournée des communautés établies dans les villes de la côte (9.31-43). A Césarée, un officier romain, Corneille, un « craignant Dieu », reçoit en réponse à sa prière constante l’ordre d’un ange de faire venir Pierre, résidant à Jaffa (10.1-8).

Le texte :Ac 10. 9-23, 44-48

9-10 : circonstances de la vision de Pierre

11-16 : vision de la nappe remplie d’animaux impursPierre et nappe.jpg

17-23 : accueil des messagers de Corneille

24-43 : prédication de Pierre chez Corneille

44-48 : Onction de l’Esprit sur Corneille et les siens, suivie de leur baptême.

 

 

Comprenons

 

A- Les préjugés

 

Maintenant que l'Église s'étend hors de Palestine, que l'apôtre des Gentils (non juifs) a été choisi par Dieu, que l'Église vit en paix, le Saint-Esprit entreprend de rompre les barrières mises par les Juifs entre eux et les non juifs.

 

Depuis le retour de l'exil à Babylone, les Juifs étaient devenus très chatouilleux sur la préservation de leur pureté de peuple élu, qu'ils assimilaient à leur identité, tant ils craignaient de retomber dans les erreurs idolâtres qui avaient provoqué la destruction de Jérusalem et l'exil de 70 ans. Ils avaient donc établi de nombreuses interdictions de contact avec ceux qui n'adoraient pas Dieu et qui pouvaient par là, selon eux, les entraîner à abandonner Dieu.

Ils seraient alors impurs à ses yeux, impropres à le servir, donc exclus du peuple. L'impureté physique des aliments, des morts, des malades, des hémorragiques, des fous, définie selon la loi, avait été étendue par les Pharisiens à l'impureté sociale et spirituelle, qui ne permettait pas de lier d'autres relations que professionnelles avec des non-juifs ou des étrangers, considérés comme rejetés par Dieu (Jean 18.28).

 

L' oeuvre du Saint-Esprit va être, entre autre, de libérer les disciples de leurs préjugés, à l'exemple de Jésus qui n'hésitait pas à entrer sous le toit de non-juifs, à toucher des malades et à annoncer le salut à tous. Par plusieurs signes, l’Esprit va leur apprendre à lui faire confiance, au-delà de toutes leurs réticences.

 

B- Corneille

 

Officier romain, amené à la foi, Corneille constitua avec l'Éthiopien baptisé par le diacre Philippe (ch 8), les prémices de la moisson parmi les non-juifs. Il avait eu connaissance du vrai Dieu par son séjour en Palestine. Cette connaissance avait produit des fruits de piété et de charité, de crainte et de respect pour Dieu (Actes 10.2), sans qu'il aille jusqu'à la circoncision ou la pratique de tous les rites juifs. Il restait impur pour les Juifs ,  ce qu’on appelait alors un « craignant Dieu », un prosélyte.

 

La 9e heure (15h) était une heure de prière chez les Juifs. Corneille était lui aussi en prière à ce moment-là, quand un ange de Dieu lui apparut (v. 30). Dieu n'hésite pas à envoyer un messager céleste chez un non-juif, à écouter sa prière, à répondre à ses attentes et ses désirs de connaissance du salut (v. 33). Corneille, sans hésiter, fait confiance à la parole de l’ange vu en vision, et envoie des messagers à Pierre.

Dieu ne fait pas annoncer l'Évangile à Corneille par l’ange, car nul ne peut le faire aussi bien que des pécheurs qui ont éprouvé la puissance de la grâce de Dieu et y ont trouvé la paix du coeur.

Apres avoir préparé Corneille à cette rencontre, Dieu doit aussi préparer Pierre qui à Jaffa, n'était pas loin de Césarée, où habitait Corneille.

 

C- la vision de Pierre.

 

La tâche est plus difficile avec Pierre car il est encore rempli de préjugés sur les relations avec les autres, et de désir de servir Dieu selon les coutumes juives. Alors l’Esprit de Dieu emploie les grands moyens :

- Une vision symbolique répétée trois fois pour attirer l'attention de Pierre sur son origine divine et sur l'importance de son enseignement.

- Une déclaration solennelle de Dieu de ne pas appeler impur ce qu'il déclare pur (v. 15).

- La simultanéité de la vision et de l'arrivée des envoyés de Corneille, pour que Pierre comprenne le sens symbolique de sa vision d'animaux impurs.

- Un ordre et une explication immédiate de l'Esprit, pour effacer les dernières réticences de Pierre à suivre les envoyés de Corneille.

 

Pierre comprend que la vision n'est pas à interpréter comme un ordre d'abolir une loi alimentaire, bien qu’il soit midi et qu’il attende son repas (v 10) ! Mais il saisit qu’à travers cette image, Dieu lui demande d'aller vers ceux que les Juifs considéraient comme impurs (10.28).

 

La présence des frères de Joppé (= Jaffa) auprès de Pierre était nécessaire pour qu'il ait des témoins de ce qui allait se passer, car il devra rendre compte de son action à l'Église-mère de Jérusalem.

 

D- La conversion de Corneille.

 

Corneille avait voulu partager avec sa parenté et ses amis ce moment de révélation de la Parole de Dieu. Comme les Orientaux pour rendre hommage à un haut personnage ou pour adorer un dieu, il se prosterne devant Pierre. Avec humilité, Pierre refuse d'être idolâtré. Seul Jésus accepta cet hommage (Luc 8.41,47; Marc 3.11 ; Jean 9.38).

 

En entrant sous le toit de Corneille, l'incirconcis, Pierre pour la première fois accepte, avec confiance en la révélation prophétique qu’il a reçue, la loi de liberté et de charité que Dieu lui a révélée par la vision.

 

Dans son discours, Pierre ne reconnaît pas que toutes les religions se valent (il n'y aurait plus de nécessité d'évangéliser), mais que partout Dieu sait reconnaître ceux qui le

respectent et agissent en conséquence avec justice (v. 34-35). Jésus étant le Seigneur de tous offre son salut à tous (v. 36), aux Juifs comme aux autres hommes.

 

Afin de persuader les auditeurs de la réalité des faits racontés, Pierre déclare que les apôtres et lui en ont été témoins, et ont reçu l'ordre, dans la lignée des prophètes anciens, d'annoncer le pardon des péchés pour quiconque croit en Jésus-Christ (v. 43). (Gustave Doré : Pierre chez Corneille)Pierre chez Corneille.jpg

 

Les auditeurs préparés par ce discours à recevoir l'Esprit, s'en trouvent remplis au point de louer le Seigneur en langues étrangères, comme les premiers disciples juifs à la Pentecôte. Corneille et ses proches, premiers non-juifs convertis, sont rendus capables de devenir aussi les premiers témoins de Christ parmi les peuples étrangers. Les Juifs convertis qui accompagnaient Pierre en sont vivement étonnés : leurs préjugés tenaces tombent, les barrières sont brisées. La grâce que le baptême signifiait était accordée par l'Esprit, comment les hommes pouvaient-ils refuser le signe même ? (v. 47). Pierre ne les baptise pas lui-même, mais ordonne à ses compagnons de le faire, peut-être pour éviter l'attachement à la personne de l'apôtre de la part des nouveaux convertis.

 

Dieu est absolument libre dans la dispensation de ses dons, il est indépendant des structures et des rites humains. Pourtant ces rites chargés de symboles du salut (baptême, sainte cène) restent nécessaires comme sceaux visibles de la grâce invisible et de la régénération par l'Esprit de ceux qui placent leur confiance en sa Parole, et qui prêtent attention aux signes prophétiques qu’il leur envoie.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Dieu nous envoie souvent par des concours de circonstances, des lectures, des paroles de notre entourage, ou des événements mondiaux, des signes de sa volonté ou de sa direction,  auxquels nous ne prêtons pas toujours assez d'attention : Cherchez,  à la lumière de la Parole de Dieu, quel sens donner à tel ou tel événement de votre vie, de la vie de votre Eglise, et même du monde. En quoi cette recherche fortifie-t-elle votre confiance en Dieu ?

-          Comment surmonter nos préjugés dans les relations avec les autres, pour que l’Evangile soit entendu par le plus grand nombre possible d’hommes et de femmes avides de connaître Dieu ?

-          A la fin de ce trimestre d’études sur le don de prophétie, quel est mon regard sur les prophéties bibliques ? Comment stimuler mon intérêt pour les étudier en groupe ou individuellement ?

-          Par rapport aux prophéties bibliques, quelle place est-ce que je donne au don de prophétie manifesté chez Mme White à la fin du 19ème siècle, dans ma vie de foi comme dans ma vie pratique ?

 

 

 

13.03.2009

Etude n°12 Bénédictions du don de prophétie (21 03 09)

Etude n°12 : Les bénédictions du don de prophétie (21 Mars 09)

 

Pour illustrer combien le don de prophétie, c’est-à-dire la révélation à ses prophètes du secret des actions de Dieu (Amos 3.7), combien la connaissance et la transmission fidèle des Ecritures, Parole de Dieu (Dt 6.4-7), sont une bénédiction pour ses serviteurs, notre Guide d’études hebdomadaires de la Bible nous propose cette semaine, le récit d’un épisode un peu mystérieux de la marche du peuple hébreu sorti D’Egypte :

 

Exode 17.8-16 : la victoire sur Amalek

(Evangile et Peinture : Moïse intercédant)Moïse devant Amalek.jpg

Observons

Le contexte

Le peuple hébreu conduit au désert par Moïse après la sortie d’Egypte fait l’expérience de la sollicitude de Dieu pour lui par les dons de l’eau à Mara et Rephidim, et par les miracles des cailles et de la manne, cette dernière lui révélant la valeur du sabbat (Ex 15 à 17). Apparaît alors le premier ennemi extérieur, les Amalécites.

Le texte

8-10 : situation d’attaque (combattre employé 3 fois)

11-13 : la tactique de combat des Hébreux (main(s) employé 5 fois)

14-16 : l’Eternel (4 fois), étendard d’Israël contre Amalek.

 

Comprenons

Tous les épisodes précédant notre passage enseignaient au peuple à peine sorti d’Egypte que Dieu s’occupait de tous ses besoins avec un amour inlassable. Après les difficultés de subsistance quotidienne, voici les Hébreux confrontés à la guerre contre le premier peuple étranger qui ose les attaquer. Les Amalécites, issus d’Esaü donc cousins d’Israël, devaient connaître  Dieu et avoir entendu parler des miracles accomplis par Dieu pour faire sortir les Hébreux d’Egypte. Contrairement aux autres peuples de la région, Philistins, Edomites, Moabites et Cananéens, qui tremblaient à ces récits (Ex 15.14-16), les Amalécites osèrent les premiers braver la puissance et la souveraineté de Dieu, symbolisées par son trône (v 16), en attaquant le peuple de Dieu. Par ce geste, ils signèrent eux-mêmes leur arrêt de mort.

Quiconque refuse obstinément de reconnaître la majesté sainte de Dieu et sa puissance de vie, évidentes dans ses œuvres (Rm 1.20-21) va à sa propre mort. En cela, Amalek devint le « type » de l’Adversaire de Dieu qui sera révélé plus tard sous le nom de Satan (Job 1.7,12 ; Za 3.2). Le combat contre Amalek, comme les épisodes précédents, est chargé de symbolisme pour enseigner au peuple hébreu et à tout croyant comment lutter contre les attaques spirituelles de Satan et remporter la victoire. Il est à mettre en parallèle avec Ephésiens 6.10-18, où Paul détaille les armes spirituelles du croyant (voir aussi 2 Co 10.3-4).

Dieu ne semble pas tenir rigueur ici à Moïse de ne pas l’avoir consulté avant d’envoyer Josué au combat. Il lui révèlera plus tard comment il comptait chasser les nations devant Israël (Dt 7.1,17-23). Pour l’heure, Dieu va enseigner concrètement à son peuple qu’il ne doit pas mettre sa confiance dans ses propres forces mais seulement dans les promesses de victoire de Dieu, selon ce qu’il lui avait déjà dit face aux Egyptiens (Ex 14.14).

Moïse devait brandir à la vue de toute l’armée le bâton (v 9) qui avait manifesté la puissance de la majesté divine devant Pharaon (Ex 7-8 et 14) et devant le « ramassis de gens » sortis d’Egypte (Nb 11.4). Véritable bannière de l’Eternel, ce bâton (v 15)devait rappeler aux combattants toutes les interventions de Dieu en leur faveur. En le voyant, chacun pouvait prendre conscience de la présence de Dieu, et se rappeler qu’Il avait seul la puissance de vaincre l’ennemi. Dieu seul pouvait donner à celui qui mettait sa confiance en Lui les forces nécessaires pour repousser les attaques de l’ennemi.

Prophétiquement, ce bâton annonçait, comme le fera le serpent d’airain à la seconde génération (Nb 21), le bâton de la croix où Jésus remportera la victoire définitive sur Satan. C’est cette bannière que doivent regarder les combattants pour affermir leur confiance en la victoire de Dieu sur le Malin, et pour trouver les forces de « serrer les rangs » autour de leur chef, Jésus-Christ.

Chaque fois que par fatigue, les mains de Moïse faiblissaient pour élever ce bâton à la vue de tous, le peuple était livré à ses propres forces et était vaincu par les forces adverses. Chaque fois que nous oublions les interventions et les promesses de Dieu, et que nous comptons sur nos propres capacités, l’Adversaire prend le dessus sur nous. Chaque fois que nos dirigeants et nous-mêmes oublions ce que représente le sacrifice de Christ  et chaque fois que nous négligeons de le faire connaître à tous, par lassitude, indifférence, ou peur de choquer, nous laissons l’Adversaire marquer des points ! Que cela toutefois ne nous incite pas à brandir notre drapeau avec provocation et agressivité comme lors des croisades ou de l’Inquisition ! Les mains levées de Moïse, aidé d’Aaron et d’Hur, indiquent aussi l’esprit de prière et d’intercession, qui caractérise ceux qui se confient en Dieu (voir la fin du tableau des armes du chrétien en Ep 6.18). Le combat sous la bannière de Christ est victorieux parce que le croyant est en communion avec Dieu et avec la communauté des frères dans la foi, par une prière fervente et persévérante (fin du v 12), qui lui permet de recevoir le discernement de la volonté de salut de Dieu.

Le verset 13 qui mentionne que Josué « soumit Amalek en le frappant du tranchant de l’épée » peut être lu symboliquement  à la lumière de Hé 4.12, Ep 6.17, Ap 1.16, et  2.16. Seule la Parole de Dieu peut nous révéler les moyens de vaincre les tentations et les attaques spirituelles de Satan. Nous sommes invités, à l’instar de Moïse et Josué, à nous en souvenir (v 14). Comme Dieu sait que notre mémoire est courte et vacillante, il a pris soin de nous transmettre par écrit ces récits pour notre instruction, notre consolation et l’affermissement de notre foi et de notre espérance (Rm 15.4).

Le texte se termine par la promesse de la disparition définitive d’Amalek, comme la Parole de Dieu se termine dans l’Apocalypse (ch 20-21) par la promesse de l’anéantissement de Satan, qui le premier, a osé s’élever contre la souveraineté de Dieu (Es 14.13-14).

On le voit, un simple récit de combat, transmis par écrit par le prophète Moïse, nous fait pénétrer par des images concrètes dans le monde spirituel de Dieu et lève le voile sur une partie du plan de salut, pour nous aider à vivre dès aujourd’hui dans la présence de Dieu en toutes circonstances ! Ces bénédictions sont à notre portée, pour peu que nous les recherchions avec persévérance ! Que serions-nous et que ferions-nous, si nous n’avions pas ce trésor de la Parole de Dieu, fidèlement transmis par « ses serviteurs les prophètes » ?

 

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

1-     A quoi est-ce que je regarde quand je suis assailli par le doute, la tentation ou les difficultés de la vie :

        à mes seules capacités personnelles de résolution des problèmes ?

·        à ma faiblesse désespérante et paralysante devant un destin inéluctable ?

·        à l’importance des problèmes, que je juge démesurés, ou à la séduction des tentations  que je juge insurmontables ?

·        aux promesses de victoire données par Dieu dans sa Parole à celui qui se confie en lui ?

·        au souvenir des interventions et des bénédictions de Dieu dans ma vie et celle de ma communauté ?

 

2- Quelle « bannière » est-ce que je porte comme chrétien et comme adventiste aux yeux de ceux qui m’entourent ?

 

3- Quel temps est-ce que je consacre à la prière et à la méditation de la Parole de Dieu, pour rester en communion avec Dieu et avec ma communauté de foi ? Comment cela se traduit-il concrètement et quotidiennement ?

 

4- Comment être un soutien pour la vie spirituelle de mon pasteur et des anciens de mon église, comme Aaron et Hur le furent pour Moïse ?

 

La connaissance des prophéties eschatologiques (concernant le retour de Christ et la fin du monde) fait-elle l’objet de mon attention pour vivre mon présent avec confiance et espérance ? Pour quelles raisons suis-je réticent ou négligent dans ce domaine ? Comment y remédier ?

06.03.2009

Etude n°11 Interprétation des écrits prophétiques (14 03 09)

Etude n°11 : L’interprétation des écrits prophétiques (14 Mars 09)

 

Le verset à mémoriser de Luc 24.27 « En commençant par Moïse et par tous les prophètes, Jésus leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait », nous invite à rechercher la révélation de Christ  dans chaque livre de la Bible, même ceux qui nous paraissent bien éloignés de la Bonne Nouvelle (par exemple les livres de Josué, Juges, et même l’Apocalypse !).

Cette semaine, nous étudierons un des passages proposés par le Guide d’études Bibliques, Jacques 2.14-26, qui semble contredire le message fondamental de l’Evangile de la justification par la grâce de Dieu. Nous chercherons comment comprendre cette contradiction apparente, puisque «  aucune prophétie de l’Ecriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière, car c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 1.20-21) « en accord avec la foi » (ou « selon l’analogie de la foi » = sans contradiction avec les autres prophètes, Rom 12.6).

(Exemple de foi active : Abraham sacrifiant Isaac, Mosaïque , Monreale, Sicile)Abraham et Isaac mosaïque.jpg

Observons

Le contexte

La lettre de Jacques est la plus pratique de toutes les lettres du Nouveau Testament. L’auteur, frère de Jésus, vient d’exhorter les croyants à mettre en pratique la Parole de Dieu sans se borner à l’écouter (1.22-25). Suivent ensuite des exemples de pratique : la compassion pour les affligés, la considération envers le pauvre plutôt qu’envers le  riche, l‘amour du prochain comme de soi-même (2.8), la miséricorde.

Le texte : Jac 2.14-26

C’est une argumentation qui oppose la foi sans les œuvres à la foi démontrée par des œuvres (v 18) :

v 14 : deux questions pour montrer la vanité d’une foi inactive

v 15-16 : deux exemples d’inutilité de la parole sans actes.

v 17 : Première affirmation : la foi sans les œuvres est morte

v 18-19 : la profession de foi ne se démontre que par les actes d’une foi aimante.

v 20 : Seconde affirmation : la foi sans les oeuvres reste stérile.

V 21-25 : deux exemples de foi salvatrice (v 24) parce que manifestée par les actes

V 26 : Troisième affirmation : La foi sans les œuvres est morte et ne justifie pas l’homme.

 

Comprenons

Le contexte

Jusqu’à notre passage, Jacques a combattu contre les tendances pharisaïques d’une partie de ses lecteurs d’origine juive. Leur christianisme superficiel ne se souciait pas de mettre en pratique ce qu’ils lisaient dans la Bible ; ils ignoraient la charité et les égards envers les humbles, parce qu’ils méconnaissaient l’unité de la loi royale de l’Ecriture, loi d’amour et de liberté (2.1-13).

 

Le texte

Maintenant Jacques met en lumière le défaut qui est à la base de tous les autres : le sentiment trompeur de sécurité que donne une foi purement intellectuelle, du domaine du savoir, et qui n’a aucun effet sur la vie. Cette foi ne peut sauver, c’est-à-dire qu’elle ne met pas l’homme en relation personnelle avec le Sauveur ; ainsi celui-ci ne peut le libérer  de la condamnation qui pèse sur lui à cause de sa désobéissance à la loi (2.13). Jésus l’avait dit lui-même en d’autres termes : voir Matthieu 7.21 : « Quiconque me dit « Seigneur, Seigneur !  n’entrera pas forcément dans le royaume de Dieu, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. »

Les deux exemples donnés montrent que les œuvres auxquelles Jacques pense pour exprimer la foi véritable, sont les œuvres du cœur. Devant la détresse matérielle des hommes, de bonnes paroles ne suffisent pas, il faut des actes concrets de miséricorde. Sans ces actes, la foi est sans puissance de vie, ni pour les autres ni pour celui qui prétend avoir la foi (v 17)

Jacques fait intervenir un interlocuteur fictif, d’accord avec sa pensée, pour rendre plus vivante son argumentation et la renforcer. On pourrait paraphraser ainsi le texte : « Quelqu’un dira avec raison à celui qui prétend avoir la foi : tu prétends croire, montre-moi donc cette foi qui n’a pas d’actes ! Et si tu es embarrassé, moi, je te montrerai par mes œuvres ce que signifie vraiment croire ! Les fruits que produit la vraie foi  en sont les signes certains. »

Comme pour les démons, la fausse foi n’est qu’une connaissance de l’existence de Dieu, qu’ils sont forcés d’admettre, mais elle ne produit qu’effroi et haine, et ne peut sauver. La vraie foi est la confiance d’un cœur qui se donne à Dieu, et elle transforme la vie toute entière en lui faisant produire le fruit de l’Esprit (Gal 5.22).

 

Après avoir de nouveau affirmé la stérilité d’une foi non agissante, qui reste au niveau des idées et ne transforme pas le comportement (v 20), Jacques donne cette fois deux exemples bibliques de personnages qui ont manifesté concrètement leur attachement à Dieu : Abraham fut considéré comme juste par Dieu (Gen 15.6 ; Ga 3.6) parce qu’il crut à ses promesses au point d’accepter de quitter son pays et de lui sacrifier son fils Isaac (Hé 11.8-19). Il en reçut le nom « d’ami de Dieu ». Rahab, la prostituée de Jéricho fut sauvée de la destruction de la ville, parce qu’elle avait cru dans la puissance du Dieu d’Israël et dans la promesse des envoyés de Josué dont elle protégea la fuite (Jos 2.9-11, 15-21). (Miniature 14è Florence : fuite des espions grâce à Rahab)Rahab et évasion des espions.jpg

 Son acte de foi lui permit d’être intégrée au peuple d’Israël et de devenir « ancêtre » du Messie (Mat 1.5).

Ces deux figures célèbres des Ecritures sont devenues des « types » de l’œuvre de salut de Jésus-Christ : « Quiconque croit au Fils a la vie éternelle »( Jean 3.15), encore faut-il s’entendre sur le sens de « croire », puisque les démons aussi croient au Fils (v 19) et qu’ils tremblent ! Jacques s’applique à démontrer que la profession de foi qui n’est pas accompagnée de fruits visibles dans le comportement et les actions de miséricorde, reste une parole vaine, qui n’a aucun effet pour la vie éternelle, ou, pire, en éloigne.

Sa dernière comparaison pour le faire comprendre est très forte : la foi sans les œuvres est aussi morte que l’est un cadavre, quand le corps est privé de l’esprit !

Alors que Paul (Rom 3.21-24) devait défendre le salut par la foi en la grâce de Dieu, devant des croyants qui s’enorgueillissaient de leurs œuvres, Jacques à l’inverse devait rappeler à des croyants superficiels ou intellectuels, la vanité d’une profession de foi qu’aucune preuve visible ne confirme. Loin de se contredire, ou d’infirmer le message de l’Evangile, les deux apôtres se complètent, et nous invitent à interpréter toutes les Ecritures à la lumière de l’Esprit Saint afin d’y découvrir les mille facettes du salut par la foi en la grâce de Jésus-Christ.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

     -      Quelles sont mes réactions lorsque je rencontre dans ma lecture de la Bible, des contradictions, ou des difficultés à saisir le sens du texte ? Ces obstacles sont-ils des occasions d’abandon de la lecture, ou de recherche plus approfondie à l’exemple des Béréens ? (Actes 17.11)

 

     -      Ma foi en Dieu me fait-elle trembler devant Lui ? Si oui, pourquoi ? Quelle peur m’habite,  comment et où trouver le calme ? Sinon, d’où me vient mon assurance et à quoi me conduit-elle ?

 

-          Comment ceux qui m'entourent peuvent-ils percevoir concrètement que je crois en la grâce de Dieu ?

 

-          Comment est-ce que je me situe entre le message de Paul aux Romains et  celui de Jacques : suis-je attaché à mes œuvres pour les faire valoir devant Dieu et devant les hommes, ou bien suis-je insouciant de mon comportement, puisque je crois en la grâce ? (= éternel conflit entre ceux qu’on appelle, à tort, les « radicaux » et les « libéraux » !). Quelle pourrait être la position équilibrée ?

27.02.2009

Etude n°10 Message du prophète (07 03 09)

Etude n°10 : Le message du prophète, 1Tim 4.1-16 (O7 O3 O9)

 

Observons

Le contexte  (Paul et Timothée, peinture 13è, Norvège)Paul et Timothée, peinture 13è Norvège.jpg

Notre chapitre fait partie de la première des trois lettres pastorales de Paul, adressées à ses collaborateurs spirituels, responsables des Eglises d’Ephèse pour Timothée, et de Crète pour Tite. Timothée, de père grec, a été enseigné dans la foi juive par sa mère et sa grand’mère, et a entendu la prédication de l’évangile lors du premier voyage de Paul à Lycaonie en Asie Mineure. Au second voyage, Paul le fait circoncire pour qu’il soit reçu parmi les Juifs auxquels il s’adresserait, et se l’attache comme compagnon de mission. Timothée reçoit alors l’imposition des mains des anciens (1 Ti 4.14) malgré sa jeunesse, sans doute à la suite de prophéties prononcées sur sa vocation (1 Ti 1.18 ; 4.14).

Après avoir partagé la première captivité de Paul à Rome, Timothée est envoyé à Philippes par Paul (Phil 2.19-24). On pense qu’ensuite il devint pasteur de l’Eglise d’Ephèse, où Paul lui adresse ses deux dernières lettres avant son martyre. L’état des églises est bien différent de celui décrit dans les Actes, car les hérésies annoncées (Actes 20.29-30) semblent s’être bien développées. Paul fait des recommandations pressantes à Timothée sur la conduite à tenir face à ces faux enseignements (3.14-15), rappelant la profession de foi de l’Eglise (3.16).

Le texte (ch 4) :

A-1-5 : Réfutation des hérétiques prêchant l’ascétisme

B- 6-10 : Recommandation de cultiver la piété dans la foi au Sauveur

C-11-16 : Devoirs du porte-parole ou prophète de Dieu.

 

Comprenons

Le contexte

3.16 : la profession de foi de l’Eglise chrétienne est présentée par Paul en style poétique (elle était peut-être chantée), de façon très synthétique. La manifestation de Dieu est « le grand mystère de la piété », c’est-à-dire une révélation de ce qui était jusque-là caché. Cette manifestation de Dieu en Christ est la vérité (v 15), source de toute piété, c’est-à-dire de la foi et de la vie du croyant. Paul développe ensuite ce « grand mystère », dans une série de six propositions qui opposent deux à deux le ciel et la terre :

Première antithèse : Dieu s’est incarné en Jésus-Christ (s’est manifesté dans la chair) ; est ainsi précisée la nature humaine, terrestre, de Jésus. En opposition, est suggérée sa nature divine, spirituelle car il est «justifié par l’Esprit » lors de la résurrection (Rm 1.3-4).

Seconde antithèse : Le ciel, monde spirituel de Dieu et des anges a été témoin de cette apparition de Christ d’abord dans l’humilité de sa vie terrestre, puis dans sa gloire d’Agneau assis à la droite de Dieu (Ap 5.6, 11-12 ; Rm 8.34). La gloire de Jésus, Sauveur du monde par la croix (Col 1.20), a été pour les anges une révélation nouvelle de l’amour de Dieu pour les hommes (Ep 3.9-10 ; 1 Pi 1.12c ; Ap 5.12 ; 12.10a). Mais elle est aussi l’objet de la prédication sur terre parmi les nations.

Troisième antithèse : L’œuvre du Christ partout dans le monde où elle a été prêchée, a suscité la foi, tandis que Christ a retrouvé la gloire céleste qu’il avait quittée lors de son incarnation.

Paul n’en dit pas plus, mais dans cette profession de foi extrêmement concise il suggère toute l’œuvre de rédemption du monde par Christ : incarnation, mort et résurrection, glorification et intercession (Rm 8.34).

 

Le texte

A- 1-5 : Réfutation des hérésies

Ayant établi la vérité de l’Evangile que l’Eglise professe, Paul peut maintenant combattre les hérésies auxquelles doivent faire face Timothée et,  à travers lui, tous les « prophètes », porte-parole de Dieu, dans tous les temps. Pour Paul, « les derniers temps » (v 1) ont commencé dès l’ascension de Jésus et s’étendent jusqu’à son retour. Il prévient les responsables de l’Eglise que les temps postérieurs à sa propre mort, verront se développer de multiples fausses doctrines, inspirées par les puissances des ténèbres, par le père du mensonge (Jn 8.44). « Les doctrines de démons » représentent dans la pensée de Paul les cultes idolâtres, les faux dieux étant assimilés aux démons qui éloignent de l’adoration du vrai Dieu (1 Co 10. 20-21). Les faux docteurs « de mensonge » sont condamnés par Paul pour leur hypocrisie, qui « marque leur conscience au fer rouge » des criminels (v 2), car elle conduit à la mort spirituelle ceux qu’elle séduit. Paul reprend les invectives de Jésus contre les Pharisiens hypocrites qui « nettoient le dehors de la coupe » pleine à l’intérieur « de rapines et d’intempérance » (Mat 23. 25-28).

En effet, sous prétexte d’œuvrer au salut des membres de l’Eglise, ces faux prophètes les entraînent dans la voie de l’ascétisme (célibat et abstention d’aliments) qui n’est qu’un culte de la « pureté », soit une recherche du salut par ses propres efforts de sainteté. Séduits par l’idée fausse que le péché réside dans « la chair », dans les désirs et les besoins du corps, certains chrétiens, dans tous les temps, cherchent à gagner leur salut par des mortifications physiques, des jeûnes, des abstentions d’aliments, ou par l’abstinence sexuelle. Ils attachent une importance si grande pour leur salut à toutes ces pratiques extérieures, qu’ils en oublient la grâce de Dieu et l’œuvre de l’Esprit , nécessaires pour transformer le cœur et purifier la conscience de tout ce qui sépare de Dieu.

v 4 : Paul libère les scrupules excessifs au sujet des aliments, en demandant aux fidèles d’accepter avec reconnaissance tout ce que Dieu a créé de bon. Ce serait faire preuve d’ingratitude de se le refuser, mais ce libre usage n’est légitime que lorsqu’il est sanctifié « par la Parole de Dieu et la prière ». Seules la Parole et la prière apprennent à user de ces dons avec générosité, tempérance et humilité (Mat 6.17-18 ; 1 Co 7.8-9,35) selon le fruit de l’Esprit (Gal 5.22), et avec reconnaissance et adoration pour le Créateur qui les accorde. Oublier que tout est grâce du Seigneur, c’est annihiler son œuvre de salut pour nous et rejeter la vérité du « mystère de la piété » (3.16).

 

B- v 6-10 : Recommandations sur la piété et la foi

Face aux fables doctrinales qualifiées de « profanes et contes de vieille femme », le bon serviteur de Jésus-Christ restera attaché à la Parole de Dieu qui lui enseigne la foi (Rm 10.17 ; 14.17, 20) et la vraie piété, c’est-à-dire la vie en communion avec Dieu dans l’amour et la joie. Cela est possible, non par des pratiques extérieures (« l’exercice corporel » n’est pas l’équivalent de notre gymnastique, c’est un terme général pour désigner les pratiques ascétiques prônées par les faux docteurs), mais par une recherche de la présence de Dieu dans son cœur et ses pensées, pour inspirer et diriger les actes. Au lieu de s’attacher aux réalités physiques et passagères qui nourrissent la propre-justice et l’égocentrisme, le bon serviteur en s’exerçant à la vraie piété, a l’assurance d’être béni et en paix intérieure dès sa vie terrestre jusque dans l’éternité (v 8).

Pour terminer ce point central du chapitre sur la vraie piété, Paul affirme (9) la vérité de ce qu’il vient d’exposer (8), en opposition aux fausses doctrines (7). Il confirme cette vérité par la proclamation de sa foi : la confiance et l’espérance mises dans le Sauveur permettent de supporter les tribulations (travaux = peines, tortures) et les combats de la vie terrestre. Par cette mention du « Sauveur de tous les hommes », Paul s’oppose à l’hérésie mentionnée plus haut qui n’accorde le salut qu’aux « purs », adeptes du célibat et de l’ascétisme alimentaire. Jésus-Christ sauve tout homme qui croit en lui et en son amour inconditionnel (1 Ti 2.4-6).

 

C- 11-16 : Devoirs du « prophète »

La fin des recommandations de Paul à Timothée aborde la pratique de l’enseignement de la vérité divine. Il semblerait que Timothée ait reçu très jeune le don de l’enseignement de la Parole, par des prophéties que l’imposition des mains des anciens ont confirmées, en particulier au moment de la vocation de ce disciple et « fils spirituel » de Paul. Pour remplir cette tâche importante de guide spirituel dans l’Eglise d’Ephèse, dont Timothée est le responsable, tout dans sa vie doit concourir à l’édification, à l’enseignement et à la croissance spirituelle de chacun : ses paroles, ses actes, ses activités intellectuelles, sa conduite morale, son amour pour les autres sont autant de moyens à utiliser dans ce ministère de porte-parole de Dieu. La lecture des Ecritures est primordiale, car elles sont la source des encouragements et des enseignements à prodiguer. Paul demande donc de s’y appliquer avec concentration et persévérance (v 15-16), car c’est par cet exercice constant que la connaissance de Dieu progresse et que les dons de la grâce portent des fruits pour la croissance spirituelle et le salut de tous, porte-parole de Dieu (= prophète) et auditeurs.

« Comment prétendre établir le royaume de Dieu dans le cœur des autres, si on néglige de l’établir en soi-même » (BAN, note de Quesnel).

 

L’Eglise adventiste se reconnaît la mission prophétique d’annoncer « l’Evangile Eternel » aux nations dans les derniers temps du monde (Ap 14.6). Les textes bibliques sélectionnés par notre Guide d’études de la Bible pendant cette semaine plus particulièrement consacrée au « message du prophète », précisent ce que l’Eglise adventiste entend par l’Evangile Eternel. Son fondement, comme pour tous les chrétiens, reste la justification par la foi en la grâce de Jésus-Christ (Rm 3.21-28).

L’Eglise adventiste rappelle l’importance de la Loi divine, dont l’observation du sabbat en hommage au Créateur (Ex 20.1-17), et de la doctrine du sanctuaire comprenant deux étapes :

1-     le plan du salut en Christ, symbolisé par le sanctuaire terrestre, et le Jour des Expiations image ou « type » du jugement dernier (Lév 16),

2-     le ministère actuel d’intercession de Christ (Héb 8.1-2 et 9.23), et de purification de son peuple (Héb 9.14), afin de présenter à Dieu, à son retour en gloire sur terre (Mat 24.24-31), une Eglise-Epouse pure et sans tache (Phi 2.15 ; Ap 19.7-8).

Ce dernier message destiné au monde est tiré de la Parole de Dieu et constitue un tout homogène, mais il ne met pas notre Eglise adventiste à l’abri de déviations semblables à celles que Paul réfute dans sa lettre à Timothée.

Il est facile d’oublier le fondement du salut par la grâce de Jésus-Christ, et de donner une valeur absolue à tel ou tel autre point de doctrine ou de pratique pour en faire une condition « sine qua non » de salut. Ni l’observation du sabbat, ni la « réforme alimentaire », ni la rigueur morale, ni les rites religieux, ne donnent la « pureté » et l’accès à la vie éternelle. Ils ne remplacent jamais le travail de l’Esprit Saint dans les cœurs et les consciences, ouverts à son action et humblement réceptifs au pardon offert gratuitement par Dieu grâce à l’œuvre de Jésus-Christ.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Quelle place ont dans ma vie la Parole et la grâce de Dieu ? Comment m’aident-elles à discerner, selon Dieu, le vrai du faux, le Bien du Mal, dans les coutumes, les idéologies, les pensées et les actions de moi-même et de mon entourage ?

 

-          Quelle importance prend dans mon temps, mes pensées et mes intérêts, la recherche de la « pureté » extérieure ? Par exemples : la façon d’observer le sabbat, les aliments dans mon assiette et dans l’assiette de mon voisin, la tenue vestimentaire des femmes…Comment garder une juste place à ces pratiques ? Quelle pureté rechercher et comment ? (voir le Ps 51 et Rom 7.18-25).

 

-          Comment se manifeste concrètement ma foi dans la grâce au sein de mes relations de couple, de famille, d’amis, de travail et d’Eglise ?

 

-          Ai-je eu l’occasion de partager une partie du « message de l’Evangile Eternel » autour de moi ? Serais-je prêt à apporter cette semaine un message biblique à ceux que je connais dans l’angoisse, la peine, les difficultés ou même la joie ? En quoi mon ouverture à de telles questions peut être un aliment pour ma foi plutôt qu'une "culpabilisation" ?

20.02.2009

Etude n°9 L'intégrité du prophète (28 02 09)

Etude N°9 l’intégrité du don de prophétie 2 Chr 18.4-27 (28 O2 O9)

Observons

Le contexte : Josaphat, roi de Juda, s’est allié à Achab,roi d’Israël, par le mariage de leurs enfants. Lors d’une visite, les deux rois nouent une alliance militaire contre Ramoth en Galaad, occupée par les Syriens.

(Vitrail 14è Notre-Dame Paris : un prophète anonyme)prophète anonyme vitrail Notre Dame Paris13è.jpg

Le texte

4-8 : demande de Josaphat de consulter l’Eternel auprès du prophète Michée

9-11 : Prophéties mensongères favorables à Achab

12-13 : Refus de Michée de prophétiser autre chose que la Parole de Dieu

14-17 : Ironie et prophétie de Michée sur l’issue fatale du combat

18-22 : vision de Michée sur les faux prophètes d’Achab

23-27 : Prophéties contre Sédécias et le roi, qui emprisonne Michée.

Comprenons

Josaphat : Le roi Josaphat est décrit comme un roi pieux et actif pour enseigner le peuple de Juda à revenir à Dieu (17.3, 6-9). Par ses réformes administratives, judiciaires et religieuses (ch 19), son règne fut prospère et glorieux (18.1). Il commit toutefois l’erreur de s’allier familialement et militairement avec Achab le roi d’Israël (= royaume du Nord). Josaphat sut pourtant garder la foi et la recherche de la présence de Dieu (18.6,31), et reconnut son erreur après le blâme du prophète Jéhu (19.1-3).

La piété et la fidélité à Dieu de Josaphat l’opposent du tout au tout à Achab.

Achab : Ce roi est dénoncé dans la Bible comme cupide et soumis à sa femme païenne Jézabel. Achab, en effet, agit selon ses intérêts personnels (1 Rois 21), écoute sa femme pour bannir ou persécuter les prophètes de l’Eternel (1 Rois 18.4,13), s’entoure de 400 « prophètes » courtisans (2 Chr 18.5), qui imitent les gestes et les formules prophétiques des hommes de Dieu. Achab consulte ces « faux-prophètes » sans doute par superstition et par goût de la flatterie, car ils ne parlent qu’en fonction des désirs du roi, et non de révélations ou d’ordres de Dieu (2 Chr 18.5, 10-12). Malgré un repentir éphémère sous les remontrances d’Elie (1 Rois 21.27-29), les choix de vie d’Achab, systématiquement contraires à la volonté de Dieu, le conduisirent à une mort honteuse au combat, déguisé en simple soldat et frappé par une flèche « perdue » (2Chr 18.28-34).

Michée : ce prophète qui s’oppose à Achab n’est pas l’auteur du livre biblique du même nom. Il le précède d’environ 150 ans. Son nom hébreu est le même que Michaël, et signifie « Qui est comme Dieu ? ». Cet homme de Dieu, face à la foule des faux prophètes, a donc pour mission auprès du roi d’Israël Achab, de démontrer qui est l’Eternel. Eloigné de la cour où ses paroles irritaient Achab, il est réclamé par Josaphat, le roi de Juda, qui ne se satisfait pas des flatteries des prophètes courtisans, et ne supporte pas le mépris d’Achab pour le prophète qui s’oppose à lui (v 7-8). Il subodore qu’il y a plus d’intégrité et de vérité en Michée qu’en Sédécias et ses acolytes.

Michée en effet refuse tout net (v 13) d’écouter la suggestion prudente du messager du roi de ne pas contredire les prophètes de la cour. Sous serment, il affirme sa fidélité à la seule inspiration de Dieu. C’est un choix personnel, volontaire et courageux, car il sait qu’Achab le persécutera (v 25-26). Sa fermeté se manifeste dans l’ironie avec laquelle il aborde Achab, reprenant mot pour mot les conseils des faux prophètes qu’il n’avait pas entendus ! Achab ne s’y trompe pas : irrité, il en vient à adjurer Michée de dire la vérité au nom de l’Éternel, mais quand il l’entend, sa fureur éclate sans frein devant Josaphat (v 17) et devant la cour (v 25-26).

Michée à la différence des faux prophètes, révèle les visions que l’Éternel lui a données de la situation : d’abord dans un poème (v 16), il annonce la mort d’Achab qui laissera Israël sans berger ; puis dans une sorte de parabole, Michée fait comprendre à Achab que les faux prophètes dont il s’est entouré ne sont que des instruments de mensonge et de tromperie qui l’entraînent dans le malheur et la mort (v 18-22).

Le ton et les images sont solennels pour avertir Achab non pas tant de la volonté de malheur de Dieu à son égard* que pour lui faire saisir la vérité de la révélation divine sur sa situation catastrophique.

V 23-24 : le faux-prophète Sédécias se sentant découvert et injurié, contre-attaque par la violence physique et le sarcasme blasphématoire : il ose parler de l’Esprit Saint comme d’un vulgaire esprit inspirateur de la gifle. Il trahit par là même le mensonge de sa prétention à être  prophète de Dieu, car « les esprits des prophètes de Dieu sont soumis aux prophètes » (1 Co 14.32), Dieu ne pouvant pas se contredire ni inspirer violence et mépris des autres**. 

Face à cette violence, Michée ne réagit que par la fermeté et le calme (Es 30.15), prédisant la mort du faux prophète au moment de la défaite d’Achab qui dispersera tout Israël. Michée agit exactement comme Jésus le fera en annonçant sa passion à ses disciples (Jean 14.29) : « Je vous ai dit ces choses avant qu’elles n’arrivent, afin que lorsqu‘elles arriveront vous croyiez ». Sédécias comprendra de quel esprit il est animé, lorsque se réalisera la prophétie de Michée !

L’intégrité et l’assurance de Michée se révèlent encore lorsqu’il ne cède pas à la menace d’Achab d’être emprisonné et maintenu au régime sec. Au lieu de chercher à se protéger, il renchérit sur ses prédictions et en appelle à tout le peuple. La réalisation de sa prophétie lui prouvera la vérité de la Parole de Dieu.

En résumé, l’intégrité du prophète de Dieu consiste dans la fidélité et la fermeté de sa confiance en Dieu ; il reste indifférent aux conseils de prudence, aux menaces, aux persécutions, aux tentatives d’intimidation comme Jérémie (43.2-4) ou Daniel à Babylone (6.11), et aux tentations de compromissions, auxquelles ne résista pas Balaam (Ap 2.14), faux prophète chaldéen, (momentanément inspiré par Dieu contre son gré).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-         Comment ne pas me laisser impressionner ou désorienter lorsque ma foi rencontre l’opposition, l’ironie ou même la malveillance ?

-         Quelle assurance m’apporte la réalisation des prophéties messianiques de l’Ancien Testament ? Ma foi dans les prophéties du retour de Jésus en est-elle renforcée ?

-         Comment ce récit des Chroniques m’enseigne-t-il à discerner le vrai prophète de Dieu ? A quelle attitude spirituelle m’invite-t-il ? (Actes 17.11)

-         Quelles conséquences la confiance dans la vérité de la Parole de Dieu a-t-elle sur ma façon de l’étudier, de la comprendre, de la mettre en pratique et de la partager avec d’autres ?

-         Quelle est la limite entre la confiance inébranlable en la vérité de la Parole de Dieu et l’intransigeance intolérante et « intégriste » dans sa proclamation en public et en privé ?

                                                        

*(Ne nous étonnons pas de la formulation, il est naturel dans l’Ancien Testament de tout faire dépendre de Dieu, le bien comme le mal, puisqu’il est Dieu Unique et Créateur, la conscience d’une puissance maléfique opposée à Dieu n’apparaît que peu à peu, et assez tardivement dans Job 2 ; 1 Chr 21.1 ; Dan 10. 13).

** Voir l’histoire de Balaam qui sous l’inspiration divine ne pouvait pas maudire Israël, malgré les adjurations et les menaces du roi de Moab Balak, Nb 23.16-24.13).

13.02.2009

Etude n°8 L'autorité du prophète (21 02 09)

Etude n°8 : L’autorité du prophète Actes 16.16-40 (21 02 09)

 

Observons

Le contexte Paul.jpg

Paul dans son second voyage missionnaire est passé en Europe, poussé par l’Esprit. Dans la ville macédonienne de Philippes, Lydie, une femme grecque « craignant Dieu », a accepté Christ et a accueilli chez elle les missionnaires.

Le texte

16-18 : Confrontation de Paul avec la servante possédée d’un esprit de divination

19-21 : vengeance des maîtres de la servante

22-25 : Emprisonnement de Paul et Silas

26-27 : tremblement de terre libérateur

28- 34 : Paul sauve la vie de son geôlier qui se convertit

35-40 : Confrontation de Paul avec les autorités romaines qui le libèrent officiellement.

 

Paul, messager de Dieu, apparaît dans ce récit maître de la situation malgré les circonstances adverses.

 

Comprendre

La servante « pythonisse »

La Grèce possédait à Delphes un sanctuaire célèbre dédié à Apollon, où on se rendait pour connaître son avenir. La légende racontait qu’Apollon s’était rendu maître du serpent monstrueux Python, qui rendait des oracles en ce lieu par l’intermédiaire d’une prêtresse, la « Pythie ». Apollon aurait remplacé le serpent et continué les oracles en utilisant la Pythie. Celle-ci, sorte de « médium » entre le dieu et les hommes, droguée par les vapeurs sulfureuses qui s’échappaient d’une faille du rocher, prononçait des paroles inintelligibles, qui étaient interprétées par des prêtres, en fonction des demandes des consultants. Tout devin de l’avenir était considéré comme inspiré par le même serpent Python, que la Bible nous apprend être un esprit malin. (Voir au sujet de la possession démoniaque le nouvel ouvrage de Philippe Augendre : « De la peur…à la paix et la joie » aux éditions Vie et Santé).

La servante de Philippes était à une moindre échelle une pythie, exploitée par ses maîtres pour s’enrichir. Elle était doublement esclave : socialement elle travaillait pour des maîtres qui utilisaient son don de divination à leur seul profit ; spirituellement elle était possédée, étouffée par l’esprit démoniaque Python, dont l’objectif satanique est de tromper les hommes par des prédictions pour les enchaîner loin de Dieu.

Cet esprit reconnaît les serviteurs de Dieu, comme il reconnaissait en Jésus le fils de Dieu (Luc 4.34-35, 41), sans doute poussé par la crainte que Jésus lui inspirait (Jacques 2.19). On pourrait penser que la publicité véridique que le démon fait aux apôtres était acceptable. Pourtant, comme Jésus, Paul la refuse catégoriquement, afin qu’il n’y ait aucune confusion possible, aucune apparence de solidarité ou de connivence entre eux et le démon.

Paul aura le même problème dans l’Eglise de Corinthe, où les prophètes et les glossolales (doués du don de langue extatique) étaient nombreux. Ils étaient exposés à devenir la proie des esprits mauvais. Paul invite l’Eglise à cultiver le don de discernement des esprits à leur sujet. Le culte chrétien ne doit pas ressembler aux cultes païens, plus ou moins médiumniques (1 Co 12.10 ; 14.29, 32).

L’esclave est libérée instantanément par la puissance de Jésus-Christ dont le nom est invoqué par Paul avec une autorité (v 18) fondée sur sa foi sans faille en la Parole de Dieu (Rm 1.16). Le témoignage rendu à Jésus est puissant dans cette ville idolâtre.
Il est important d’insister sur cette libération spirituelle totale : Jésus est plus fort que toutes les puissances des ténèbres. Dans un monde où le spiritisme, la drogue, le monde parapsychologique attirent et en même temps font trembler et enchaînent beaucoup de personnes, il est bon de rappeler la puissance libératrice du Seigneur. Ici, il délivre cette femme, même si elle n’a rien demandé ! On ne sait pas ce qu’elle est devenue, ni si elle a cru au Seigneur, le texte ne le dit pas. En tous cas, elle avait retrouvé la liberté de le recevoir ou non dans son cœur.

La vengeance des maîtres de la servante

C’est la cupidité des maîtres de la servante qui les fait se retourner contre ceux qui les privent de leur gagne-pain. L’accusation portée contre les missionnaires de troubler l’ordre public est propre à les faire condamner par les autorités romaines. C’est un procédé toujours utilisé contre les chrétiens par des accusateurs, lorsque le motif religieux n’est pas recevable par les autorités, car hors de leur compétence.

Les maîtres y ajoutent un autre grief qui marque leur orgueil de Romains, et leur mépris pour les Juifs (v 21) : « ils sont Juifs et enseignent des doctrines et des coutumes interdites aux Romains ». Une loi romaine interdisait officiellement l’introduction de religions nouvelles sous peine de mort ou de déportation. Evidemment elles se répandaient clandestinement, et attiraient à cause de ce caractère occulte et secret qu’elles étaient obligées d’avoir. La religion juive était autorisée mais méprisée par les Romains, qui toléraient les Juifs à cause de leur service de banquiers de l’Etat et de prêteurs…donc jugés usuriers, mais indispensables ! La facilité avec laquelle les magistrats romains flagellent et emprisonnent sans jugement Paul et Silas, présentés comme des Juifs, donne la mesure de leur mépris pour eux. Le silence des missionnaires sur leur identité de romains est interpellant ! Ils ne se défendent pas alors qu’ils en ont le droit. A notre époque où on revendique ses droits à tout propos, quelle leçon d’humilité et de non violence !

En prison Paul et Silas.jpg

Prisonniers, les fers aux pieds, Paul et Silas restent libres spirituellement, au point de prier et chanter les louanges de Dieu en prison, de façon à faire connaître la Bonne Nouvelle aux autres prisonniers ! De quoi pouvaient-ils rendre grâces ? D’être en vie, de pouvoir encore annoncer la Parole du salut, de savoir que Dieu était présent auprès d’eux, des promesses de délivrance qu’Il leur avait laissées. En toutes circonstances, même les plus pénibles, ils s’oublient eux-mêmes pour se tourner vers leur Seigneur et manifester la joie de lui appartenir et de le servir.

Le Seigneur répond avec puissance à leur confiance en lui, en les délivrant de leurs chaînes par un tremblement de terre, non seulement eux, mais aussi les autres prisonniers. Les serviteurs de Dieu sont en bénédiction à leur entourage. Cette délivrance physique semble s’accompagner pour les autres prisonniers d’un changement de comportement : ils ne pensent même pas à profiter de l’occasion pour s’évader, tant l’attitude des deux missionnaires et la réponse divine à leurs prières les ont impressionnés. De prisonniers qu’ils étaient Paul et Silas deviennent les maîtres de la situation.

 

Le geôlier

Cette attitude incompréhensible, et l’appel de Paul qui veut lui préserver la vie, bouleversent le geôlier. Comment est-ce possible de rester en prison alors que les portes sont ouvertes, comment est-ce possible de sauver la vie de celui qui est l’instrument de ses persécuteurs ? Il voit là une intervention surnaturelle d’une divinité qui protège ses serviteurs injustement traités, et il craint de faire les frais de la colère soit de la divinité qui vengerait l’injustice, soit des autorités romaines qui le puniraient de n’avoir pas fait son travail. Son cri « Que faut-il que je fasse pour être sauvé » est d’abord pragmatique : il est entre deux puissances qui ont droit de vie ou de mort sur lui, et il désire évidemment rester en vie ! C’est Paul qui donne à ce cri toute sa portée spirituelle en l’invitant à croire au Seigneur Jésus, et en lui annonçant la Parole du salut, à lui et à sa maisonnée.

Croire au Seigneur Jésus, c’est lui faire confiance du fond du cœur, et c’est être déjà sauvé de la mort éternelle ! Paul n’a pas d’autre message dans toutes ses lettres; C’est le message que l’Eglise a à proclamer à tous.

La conversion du geôlier se manifeste aussitôt par des actes de charité peu ordinaires pour un geôlier : laver les plaies des prisonniers, les accueillir chez lui, les nourrir ! Le Saint-Esprit a vraiment changé son état d’esprit et sa façon d’agir ! La vie de celui qui donne son cœur au Christ est bouleversée et emplie d’amour et de joie.

L’autorité de Paul que le geôlier lui reconnaît sur sa vie en se mettant à son service (v 33), a pour origines l’enchaînement des circonstances qui ont fait du prisonnier juif un maître, le comportement exceptionnel de Paul et des autres prisonniers, la puissance de la présence de Dieu qui s’est manifestée concrètement et la promesse de salut prononcée avec foi par Paul.

 

La libération de prison

Le sort officiel de Paul et Silas n’était pas réglé pour autant. Sans doute, le tremblement de terre avait-il amené les autorités à réfléchir sur leur absence de jugement, dont la divinité se vengeait par ce cataclysme, ou bien ils avaient appris en partie ce qui s’était passé à la prison pendant la nuit, et ils ne voulaient pas aller contre la volonté du Dieu de ces Juifs qui les délivrait, de peur d’encourir sa colère. C’est pourquoi ils donnèrent l’ordre de les relâcher sans autre procédure.

Le geôlier en est doublement heureux, pour eux et pour lui, qui n’aura pas à subir de conséquences de sa générosité. Mais Paul refuse catégoriquement une libération secrète, et révèle sa romanité, qui le rendait intouchable par les autorités, sinon avec procès.

 Pourquoi la veille n’avait-il pas fait valoir sa condition de Romain, et maintenant s’en réclame-t-il ? La veille, ce n’aurait été que pour éviter un supplice et une injure personnels ; cela Paul et Silas étaient capables de le supporter. Mais maintenant, l’honneur et l’influence de leur ministère, la cause et l’autorité de l’Evangile étaient en jeu. Libérés en cachette, ils risquaient d’être considérés comme des évadés, des repris de justice vagabonds, et leur message ne serait pas écouté.

Paul aurait pu invoquer des peines sévères contre ceux qui les avaient traités injustement, il se contente de demander des excuses et une libération officielle. Cela explique la peur des fonctionnaires et leur mansuétude soudaine envers Paul et Silas. S’ils les prient de partir, c’est pour éviter de nouveaux troubles ou pour éloigner ceux qui les avaient gravement compromis.

Paul se servira à nouveau de sa qualité de Romain, non pour éviter personnellement un supplice, mais pour échapper à la mort par assassinat qui aurait mis fin à son ministère : il voulait pouvoir faire entendre le message du salut le plus loin et le plus longtemps possible (Actes 22.24-25). Ce n’est pas son sort personnel qui le préoccupe, mais l’accomplissement de sa mission !

Ici l’autorité de Paul sur les Romains vient de leur système juridique et de leur superstition. Paul est totalement dans son droit, ils risquent gros si leurs supérieurs apprenaient leur bévue ; de plus Paul semble, à leurs yeux, protégé de son Dieu assez puissant pour provoquer un tremblement de terre libérateur. Mieux vaut éviter de le défier encore !

 

Finalement dans sa double confrontation avec le démon de la servante, et avec les autorités romaines, Paul garde son sang-froid, la maîtrise de ses émotions et la conscience de sa mission de porte-parole de Dieu ; il impose son autorité de représentant de Dieu, confiant dans ses promesses. Il suit l’exemple du prophète Jérémie (36.22-31) qui ne se laissa pas détourner de sa mission par la fureur et les menaces du roi. Le chrétien d’aujourd’hui a-t-il la même assurance et la même autorité devant l’injustice commise à son égard et à l’égard des opprimés ?

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Sur quoi fondons-nous l’autorité de nos pasteurs, de nos prédicateurs, et de nos enseignants dans l’Eglise ? Sur leur facilité de parole, sur leur prestance ou leur aisance sociale, sur leur autorité personnelle ou fonctionnelle, ou sur l’autorité de la Parole de Dieu qu’ils proclament ? Qu’est-ce que cela change dans notre attitude  à leur égard, et à l’égard de leur message ?

 

-          A quels changement de comportement vis-à-vis des autorités civiles l’attitude de Paul nous invite-t-elle ?

 

-          Comment mes attitudes de chrétien dans l’adversité comme dans le bonheur peuvent-elles être en bénédiction pour mon entourage ?

 

-          Comment ne pas abuser de l’autorité de la Parole divine et éviter de l’utiliser pour imposer notre volonté humaine, dans l’église comme à l’extérieur ?

06.02.2009

Etude n°7 Le travail des prophètes (14 02 09)

Etude n° 7 : Le travail du prophète (14 02 09)

(Miniature 14è Prophètes messianiques) Prophètes messianiques 14è.jpg

Le Guide adventiste de lectures bibliques hebdomadaires nous propose cette semaine d’examiner plusieurs passages de la Bible bien connus, pour passer en revue les divers aspects de l’activité de prophètes caractéristiques comme Abraham (Gn 22.1-14), Moïse (OS 12.14), Esaïe (53), Jean-Baptiste (Mt 3.7-10), Paul (1 Co 5.1-5), et même Jésus (Rm 3.21-26). Ces prophètes, porte-paroles de Dieu et « types » de l’œuvre de salut de Christ, ont respectivement préfiguré le sacrifice de Christ, libéré, guidé, protégé le peuple d’Israël à sa sortie d’Egypte, annoncé la mort et la résurrection du Serviteur Souffrant, exercé un ministère de répréhension auprès des chefs Juifs et de l’Eglise chrétienne, et enfin pour Jésus, manifesté la justice gratuite de Dieu. Tous ont eu pour tâche de révéler l’amour inconditionnel de Dieu et de conduire le peuple à croire au Messie pour son salut.

Il nous a semblé que Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (ch 14), donnait une admirable synthèse du rôle du prophète dans l’Eglise. C’est pourquoi nous vous proposons d’étudier cette semaine, hors des textes du Guide d’études, ce chapitre particulièrement éclairant sur le travail du prophète.

 

Texte : 1 Corinthiens 14 .1-40

 

Observons

Le contexte

A partir du ch 12, Paul aborde la question des dons spirituels accordés par l’Esprit pour unir et édifier l’Eglise, corps du Christ. Mais (ch 13) ces divers dons n’ont aucune valeur sans l’amour (agapê).

Le texte

A-    1-25 :   Rapport du don des langues avec celui de la prophétie :

      1-6 :     Comparaison entre l’utilité du don des langues et celle du don de prophétie

      7-11 :   deux illustrations : la musique instrumentale et les langages humains ont un sens pour les auditeurs

      12-19 : de même, que les dons spirituels recherchés édifient et instruisent l’Eglise

      20-25 : A la différence du don des langues, la prophétie fait appel à la maturité de jugement des croyants, et peut convaincre et convertir les incroyants.

B- 26-40 : Usage des dons  dans l’Eglise pour l’édification de tous

      26-28 : pour les langues, ordre d’intervention et interprétation sont indispensables

      29-33a : pour la prophétie, même nécessité d’ordre et de soumission mutuelle à l’Esprit

      33b-35 : place des femmes dans l’Eglise

      36-40 : Autorité sur tous de la Parole de Dieu dispensée par l’apôtre. Le don de prophétie est préférable à celui des langues.

 

  

Comprenons

Dans ce chapitre nous nous intéresserons à tout ce que Paul nous dit de la prophétie dans l’Eglise.

 

A- Paul conçoit ce don de façon très générale : la prophétie, c’est le don de s’adresser aux croyants (v 22) de la part de Dieu, de façon significative (v 9), pour les édifier (V 4).

La prophétie n’est pas limitée, comme nous le faisons trop souvent aujourd’hui, à la prédiction personnelle ou à la révélation de l’avenir en général.

Ce n’est pas non plus un don accordé à un spécialiste, car tous peuvent désirer prophétiser (v 5,24,31,39), pourvu que ce soit en vue de l’édification de tous. On peut donc de façon très étendue rechercher ce don de distribuer la parole édifiante de Dieu, lorsqu’on est pasteur, prédicateur/trice, catéchète, membres de groupes bibliques à l’église ou au foyer, témoin de Jésus-Christ devant n’importe quel public. Ainsi se réaliserait le vœu de Paul, mais aussi de Moïse (Nb 11.29 : Puisse tout le peuple de l’Eternel être composé de prophètes, et veuille l’Eternel mettre son Esprit sur eux ! »

Le parler en langues (glossolalie) n’est intelligible à personne d’autre que celui qui le vit. Il ne devient intelligible que si celui-ci l’interprète (v 2,9). Il ne fait pas appel à l’intelligence, ni à la communion des auditeurs (v 14,16) ; il n’est que l’expression d’une action de grâces personnelle. Tandis que la prophétie implique la participation de tous : le prophète pour prononcer des paroles compréhensibles et significatives (v 9,19), et l’assemblée pour saisir les enseignements dispensés et les mettre en pratique par la repentance et l’adoration de Dieu (v 24-25).

Pour Paul, la qualité principale du prophète, c’est qu’il parle à tous les hommes de la part de Dieu : comme le son d’un instrument de musique permet de reconnaître l’instrument qui l’émet, la parole prophétique permet de reconnaître le Seigneur comme libérateur du péché (v 24 ; Osée 12.14), et comme Consolateur des souffrances (v3). Prenant sens pour l’auditeur, elle l’avertit comme une trompette (// Ap 8-11) ; elle le conduit, comme Jean-Baptiste ou Paul, à examiner l’état de son cœur (v 25a), et à se tourner vers Dieu pour l’adorer et jouir de sa présence dans l’assemblée (v 25b). 

Ainsi le prophète (v 3B) en révélant les mystères de Dieu de façon intelligible, exhorte, c’est-à-dire encourage et pousse les auditeurs à prendre des décisions pour leur salut, à se repentir de leur état de pécheurs et à se tourner vers leur Sauveur. Le prophète instruit les autres (v 19) en révélant le plan et l’œuvre de salut de Dieu en Jésus-Christ, comme Abraham ou Esaïe y ont contribué par leurs actes ou leur prédication.

Le fruit de l’exhortation, de la révélation et de l’enseignement est double : la consolation personnelle et la « consolidation » ou édification de l’Eglise toute entière. Cette édification au sens de croissance spirituelle, morale et numérique (Ep 4.11-13) est en effet le but suprême des dons de l’Esprit. Le prophète œuvre dans ce sens par sa parole et ses gestes, et par le témoignage de sa vie entière.

 Nous croyons que dans les derniers temps Dieu suscite un peuple de prophètes (« joueurs de harpe jouant de la harpe » Ap 14.2) pour appeler au salut le plus grand nombre possible d’hommes. Ils ont pour mission de proclamer la vérité du Dieu Créateur, Juge et Sauveur (Ap 14.6-12 ; 19.10). Il nous semble important de comprendre le rôle de chacun dans cette œuvre de prophétie, dans un monde qui, sans le savoir, a faim et soif d’entendre la Parole de Dieu (Amos 8.11).

C’est pourquoi pour terminer le chapitre 14 de sa lettre aux Corinthiens Paul s’attache à donner des instructions très pratiques sur l’usage du don de prophétie ou simplement de la parole, au sein des assemblées chrétiennes.

 

B-    Comme l’ordre et la bienséance doivent régner dans les assemblées, Paul établit des règles universelles de communication et de comportement dans un groupe : si l’on veut édifier paisiblement et donner une image de Dieu la plus fidèle possible, chacun doit parler et écouter à son tour, sans cacophonie ni multiplication d’intervenants (v 29-33), ni orgueil personnel. En effet, les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes : c’est-à-dire qu’aucun prophète ne peut prétendre être le seul inspiré, ou avoir une révélation particulière plus importante ou complètement différente des autres prophètes inspirés de Dieu (2 Pi 1.20-21). Cela signifie aussi que celui qui est inspiré de Dieu ne perd pas le contrôle de lui-même, de sa raison, (comme le don des langues semble l’avoir provoqué à Corinthes). Il garde conscience de sa responsabilité vis-à-vis du message à dispenser et vis-à-vis de ses auditeurs. Sa parole est en harmonie avec celle des autres prophètes de la Bible (« selon l’analogie de la foi » Rm 12.6), car Dieu ne peut pas se contredire. Comme porte-parole, le prophète reste humble et soumis à l’Esprit qui l’envoie.

Le passage concernant la parole des femmes dans les assemblées est dicté par un souci culturel de bienséance chrétienne : dans le monde grec d’alors, les femmes honnêtes restaient à la maison, recluses dans le gynécée ; celles qui apparaissaient en public et y prenaient la parole étaient soit des courtisanes, soit des prêtresses du dieu Apollon, qui délivraient, sous l’emprise de drogues, des messages divinatoires comme la Pythie à Delphes (voir la servante possédée d’Actes 16.16). L’Eglise devait éviter soigneusement d’être assimilée à ces pratiques divinatoires et extatiques, pour témoigner d’un Dieu qui inspire ses fidèles dans la paix, l’harmonie et la conscience de soi et de sa place. Paul fait-il allusion au texte de Gn 3.16, en parlant de la « loi » de soumission de la femme à son mari, pour donner autorité à son conseil en en faisant un « commandement du Seigneur » (v 37b), alors que cette parole n’était qu’une prévision divine de l’état des relations entre les époux après la chute !? Combien cette lecture littérale nous semble avoir été néfaste à l’édification de l’Eglise que recherchait ardemment Paul, car l’Eglise s’est privée ainsi des dons accordés par l’Esprit aux femmes comme aux hommes (Ga 3.28) pour l’utilité de l’Eglise ! Ce que Paul nous semble recommander pour le bien et le témoignage de l’Eglise, c’est que la prise de parole au nom de Dieu, la prophétie, ne soit pas l’occasion de bavardage et de désordre dans l’assemblée, de confusion spirituelle sur l’origine de l’inspiration, et de scandale au niveau culturel et social. En cela, il peut dire que son conseil est un commandement, une volonté du Seigneur, applicable et utile à toute époque et dans toute culture.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-          Comment rendre toute parole prononcée au nom de Dieu dans l’Eglise et hors de l’Eglise, parole d’encouragement, d’enseignement et de consolation ?

-          Suis-je conscient d’être porte-parole de Dieu autour de moi par ma vie et par mes propos ? A quelles réformes cette conscience me conduit-elle au niveau spirituel (= dans ma relation avec Dieu), au niveau relationnel et moral (= dans ma relation avec les autres et avec moi-même), au niveau pratique (dans mon langage et mon vécu) ?

-          Comment mon église remplit-elle son rôle de prophète dans et hors de la communauté ? Quel message porte-t-elle au monde et aux fidèles ?

-          Quelle est ma participation personnelle à cette œuvre de proclamation de la Parole, et plus particulièrement quels sont mon intérêt et mon attention pour la prophétie biblique (Ap 1.3 ; 22.7).

-          Comment mon Eglise utilise-t-elle les dons de la Parole accordés par l’Esprit à des femmes pour l’édification de tous (prédicatrice, pasteure, enseignante, théologienne) ? Par quels préjugés socioculturels à ce sujet est-elle encore freinée dans son développement ?

-          Comment personnellement accepter et respecter la liberté de l’Esprit d’accorder ce don à une femme, quand la vie et la croissance d’une communauté en dépendent ?

 

 

30.01.2009

Etude n°6 Eprouver les prophètes (07 02 09)

Etude n°6 : Tester les prophéties (Eprouver les prophètes ?) 07 02 09

                                                                                             

Texte : Jonas 3 et 4 Jonas sorti du poisson.jpg

 

Observons

Le contexte : Jonas, dont le prénom signifie “ colombe “, fut contemporain d’Amos et de Joël et appartenait à la tribu de Zabulon, il était originaire de Gath-Hépher, bourgade de la Galilée à une heure au nord-est de Nazareth.

Jonas prophétisa sous Jéroboam II, à une période de grande prospérité et de paix, tandis que la puissance Assyrienne vivait un déclin passager. Jonas, possédé par l’idée du particularisme juif, a du mal à comprendre que Dieu puisse se préoccuper du salut d’un peuple Assyrien très cruel, et  lui confier la mission d’avertir des gens si corrompus. A quoi bon perdre son temps et risquer sa vie ? Jonas fuit donc dans la direction opposée à bord d’un bateau, puis au cours d’une tempête il est jeté à la mer sur sa demande ; après trois jours passés dans le ventre d’un grand poisson, il crie à l’Eternel et est miraculeusement rejeté sur la terre pour accomplir la mission que Dieu lui avait confiée.

Le texte : Jonas 3 (Jonas sorti du poisson, renvoyé à Ninive)

1-4 : Second appel de Dieu à Jonas pour se rendre à Ninive où il délivre  son message.

5-9 : Fruit du message prophétique de Jonas : la repentance de Ninive

10 :   la grâce de Dieu épargne les Ninivites.

 

Jonas 4

      1-4 : Dialogue entre Jonas très irrité et déprimé et l’Eternel

      5-8b : Jonas sous son ricin

      8c-11 : second dialogue entre Dieu et son prophète

Ces deux chapitres mettent en valeur la portée du message prophétique, que le prophète lui-même a du mal à accepter.

 

Comprenons

 

Chapitre 3 : Jonas reçoit un deuxième appel de la part de Dieu et annonce à la grande ville : “encore 40 jours et Ninive sera détruite (ou bouleversée selon les traductions)”. Son mes­sage oral était inspiré par Dieu (3.2) sans qu’on sache exactement ce que Dieu lui avait demandé de dire, mais fut interprété par le prophète comme une condamnation plus que comme un appel à la repentance. Dieu avait ordonné à son prophète d’aller porter sa parole de jugement à Ninive (1.2). C’était  une parole très brève :"crier contre elle car sa méchanceté est montée vers Dieu". En hébreu, le verbe que nous traduisons par "crier" signifie assi "proclamer, appeler", et la préposition traduite par "contre" a une quinzaine de sens différents et parfois contradictoires, puisqu'elle peut signifier "contre" ou "en faveur de, sur, vers" ! Jonas, plein de ses préjugés, a compris la parole de Dieu comme une condamnation de Ninive. Mais cette parole pouvait signifier aussi : "Parle-leur, appelle-les à revenir de leur méchanceté", comme c'est la mission de tous les prophètes. Ainsi le prophète Jérémie est-il envoyé pour dire au peuple pécher (18.11) : "Parle aux habitants de Jérusalem et dis : ainsi parle l'Eternel, je prépare contre vous un malheur (=jugement)..., revenez chacun de votre mauvaise voie, réformez vos voies et vos agissements" (= appel à la repentance) Voir aussi Es 1.18 ; 40.2 ; 27.4-5. Jonas ne va retenir que le sens de condamnation imminente, comme le prouve sa colère en voyant Ninive épargnée !

 

 La parole de Jonas est aussi courte, parole d’avertissement avec un délai. Le mot traduit par « destruction » (v 4), comme Jonas espérait le voir depuis sa hutte à l’est de la ville (4.5), signifie aussi « bouleversement », comme les Ninivites semblent l’avoir aussi compris, en bouleversant leurs attitudes, leurs sentiments, et leurs pensées par un retour à Dieu (3.8). Le prophète a  la connaissance de la miséricorde de Dieu (4.2) mais n’en parle pas aux Ninivites, et ce sont eux qui curieusement comptent sur la bonté de Dieu (3.10).

La participation du bétail, tout à fait irréalisable, à ces rites de repentance n’est indiquée que pour montrer l’étendue de ce mouvement vers Dieu !

  

Jonas, comme prophète connaissait les paroles de jugement et de condamnation de Dieu contre ceux qui vivent sans lui. Dès les dix Paroles (Ex 20.5) Dieu avait affirmé qu’il ne laisserait pas impuni l’idolâtre, synonyme de méchant dans la Bible (Dt 7.9-10). Ninive à l’époque de Jonas représentait le summum de l’idolâtrie aux yeux des Israélites. Jusqu’à Jonas ces messages de jugement étaient donnés aux peuples d’Israël et de Juda, même s’ils concernaient des nations païennes, pour encourager le peuple de Dieu opprimé par ces nations. Pour la première fois, un prophète d’Israël est envoyé délivrer son message d’avertissement directement au peuple concerné ! L’intention de Dieu pour ces nations étrangères et son enseignement à son peuple seront révélés à Jonas par ses expériences personnelles rapportées dans les chapitres 1-2 et 4.

Si Jonas connaissait les paroles de jugement, il n’ignorait pas non plus les paroles de miséricorde (4.2). Mais cette possibilité du pardon de Dieu pour Ninive, était à ses yeux très humiliante pour son personnage : il passerait pour un « faux prophète » puisque sa prédiction ne se réaliserait pas au bout des 40 jours annoncés (Il n’imaginait pas que le repentir de Ninive serait très bref, ni que 40 ans plus tard Ninive serait effectivement détruite par les Babyloniens). 

Le choix du bref message oral qu’il délivre dans Ninive, est révélateur de son état d’esprit, reflet de celui d’Israël à son époque envers les nations païennes. Il ne retient que la condamnation et l’espère même profondément puisque le pardon lui donne envie de mourir (4.3). Il n’a pas compris la raison du délai de 40 jours (à mettre en parallèle avec les 40 ans dans le désert du peuple hébreu, ou les 40 jours de jeûne de Jésus dans le désert), délai destiné à donner le temps nécessaire pour prendre conscience de son état devant Dieu et lui revenir complètement. Jonas est rempli des préjugés de sa propre-justice, du privilège de faire partie du peuple élu. Refusant de reconnaître Dieu comme un Dieu d’amour, il regarde tous les autres peuples comme idolâtres, donc destinés à la destruction. Et le plus vite serait le mieux à ses yeux, pour débarrasser le monde de cette « racaille malfaisante » ! Les fruits d’un tel état d’esprit ne sont que haine, irritation, désir de mort. Est-ce ce qu’on attend d’un prophète de Dieu ?

Sa première expérience de la miséricorde de Dieu envers les marins idolâtres et repentis (1.14-16) ou envers lui-même, prophète rebelle sauvé des abîmes par un poisson (ch 2), ne lui a pas servi à comprendre la situation de Ninive. Il faudra une autre intervention de Dieu à propos d’un ricin,qui touche de près à son confort personnel (4.6-11), pour lui ouvrir les yeux et enfin lui permettre d’offrir à Dieu sa reconnaissance (2.10).

Etonnante réaction d’un peuple cruel et sanguinaire qui se repent si facilement à l’annonce faite par un prophète hébreu. L’expérience de Jonas était certainement connue du peuple, ce qui donnait à son message une redoutable autorité, le Christ lui-même dit “ que Jonas fut un signe pour les Ninivites » ( Luc 11.30). Jonas a un message oral à délivrer, mais à son insu, son histoire parle aussi du jugement de Dieu sur Jonas en fuite, réalisé par sa mise à la mer dans la tempête, et suivi du salut de Jonas rejeté vivant hors du poisson ainsi que du salut des marins repentis. Cette expérience parlait de la puissance et du pardon de son Dieu. Les païens pouvaient constater « de visu » que celui qui revient à Dieu et lui obéit reçoit le pardon et la vie. Préparés par les catastrophes récentes de leur histoire , par le monothéisme d’un de leurs précédents rois, par le récit du vécu de Jonas, les Ninivites vont entendre les paroles de jugement du prophète comme un appel à adorer son Dieu , donc à garder la vie comme Jonas. Ils vont mieux saisir que Jonas et son peuple (Mt 12.41), l’intention qu’a Dieu en leur envoyant un prophète et en leur accordant un délai : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive (Ez 33.11) et il ne fait pas de considération de personnes (Ac 10.34-35) pour tous ceux qui croient en lui (Ac 10.43).

 Le prophète rempli de lui-même devra apprendre (ch 4) à sonder son propre cœur pour y découvrir ses idoles : égoïsme, orgueil nationaliste, ressentiment contre Dieu et haine des autres. Il devra passer par la mort de ces sentiments négatifs et destructeurs de sa personne, puisqu’ils le conduisent à désirer mourir (4.3,8-9). Cette mort à lui-même lui permettra de comprendre tout l’amour de Dieu pour lui (poisson, ricin, suscités par Dieu pour sa vie et son confort) et pour tous ceux qui se repentent et l’adorent, même si ce n’est pas dans les formes de la piété dont il a l’habitude.

Il est facile aujourd’hui aussi de prononcer des jugements de condamnation sur les autres qui ne croient pas ou ne pratiquent pas comme nous.

Nous sentons-nous concernés par les appels au repentir que contiennent implicitement  les avertissements divins ? (Ap 8 à 9.21)

Nous pouvons comme Jonas nous retirer à l’écart pour attendre le retour de Jésus qui va balayer tous ceux qui commettent le mal et dont nous estimons ne pas faire partie. Heureusement, la miséricorde de Dieu à notre égard peut parler à notre insu, au-delà de notre attitude et de nos paroles de rejet. Combien le message serait mieux perçu si nos paroles et notre vie concouraient à annoncer la bonne nouvelle du salut, c’est-à-dire  l’absence de jugement pour ceux qui se repentent et reviennent à Dieu (Jean 3.18a) ! Nous remplirions ainsi notre rôle de prophètes des derniers temps, nos fruits de repentance, de justice et d’amour permettant de nous identifier comme messagers de Dieu (Mat 7.20).

 

Dieu entendit la voix du peuple de Ninive, Il vit leur repentance et leur pardonna (Jo 3.10 ; Jér 18.6-10).

Dieu veut montrer à Jonas que Ses desseins d’amour sont destinés aussi aux païens et que s’Il s’est choisi un peuple, c’est afin que celui-ci apporte au monde environnant le message de repentance et de salut.

Par ces multiples expériences de Jonas, qui lui font découvrir l’amour inconditionnel et le pardon illimité de Dieu, Dieu nous invite à distinguer la spécificité du prophète de Dieu, qui le différencie du faux prophète selon la recommandation de Paul (1 The 5.20-21) : « Ne méprisez pas les prophéties, examinez toutes choses et retenez ce qui est bon ». Le faux prophète flatte les hommes à qui il s’adresse, pour en tirer profit, ses messages par la parole et les actes détournent de Dieu, ou donnent une fausse image de sa personne. Le vrai messager de Dieu délivre une parole souvent peu agréable à entendre, mais qui permet aux destinataires de rentrer en eux-mêmes, de prendre conscience de leur état de péché devant Dieu et de se tourner vers Dieu pour leur salut. Le témoignage de la vie du prophète de Dieu est en lui-même porteur de ce message de l’amour inconditionnel de Dieu.

 

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

 

-         Quelles sont mes réactions face à l’amour inconditionnel de Dieu ? Suis-je un « fils aîné » de la parabole de Luc 15.11-32 ?

 

-         Quels sentiments envers les autres dominent en moi ? Quels préjugés sur moi et sur les autres me faut-il abandonner ?

 

 

-         Comme adventiste du 7ème jour, quels messages ma vie et mes paroles véhiculent-ils autour de moi ?

 

-         Que représente avant tout pour moi  la perspective du proche retour de Christ :

la destruction du mal et de ceux qui le commettent,

la délivrance de la souffrance pour les enfants de Dieu,

la fin de ce monde sans Dieu,

le début d’une nouvelle vie avec Dieu,

une occasion de craindre le jugement, ou l’assurance du salut ?

En quoi ces visions influencent-elles mes attitudes et mes paroles vis-à-vis des autres ?

 

 Jonas ch 4.Jonas furieux.jpg

 

Les Ninivites se repentent sincèrement et Dieu ne les détruit pas ce qui déplut beaucoup à Jonas qui en fut très irrité (4.1). Dieu se serait-Il moqué de lui ? Il l’envoie prêcher aux Ninivites qu’Il va les détruire et une fois que Jonas a fini de parcourir cette ville, Dieu n’accomplit pas Sa Parole et lui, Son messager, passe pour un menteur en annonçant des choses qui ne se réaliseront pas,  passant ainsi pour un faux prophète. En réalité Jonas ne pense qu’à sa petite personne et non au salut des milliers de gens que contient cette ville. Fâché, Jonas réclame la mort et sort de la ville, il se construit une cabane et, à l’ombre, regarde ce qui va arriver à la ville.

 

Plus tard, le prophète Jérémie dira que certaines prophéties sont conditionnelles ( Jr 18.7-10). Dieu se sert du prophète pour adres­ser aux hommes un message d’avertissement afin qu’ils changent de conduite et Il prouve Son amour en tenant compte des décisions que ceux-ci prennent. Les jugements de Dieu ne sont pas arbitraires. Dieu respecte les choix de ses créatures tout en les avertissant des conséquences de ceux-ci.

A l’ombre de ce ricin Jonas éprouva une grande joie. Dieu lui signifiait que l’ombre du pardon de Dieu passait aussi sur cette ville qui avait compris que le Dieu de Jonas l’avait entendue. Le messager de Dieu se doit de transmettre fidèlement les avertissements que Dieu veut faire entendre aux hommes pour leur salut avant qu’il ne soit trop tard, mais le message trop souvent interprété comme un jugement condamnateur est en réalité un message d’amour de Dieu « qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et vive” ( Ez.18.32 et 33. 11). Dieu veut conduire le pécheur « dans les sentiers de la justice » (Ps.23.3 et 25.8,9). Celui qui n ‘accepte pas le pardon de Dieu pour autrui finit par avoir le cœur sec, comme le ricin brûlé par le vent du désert où rien ne peut pousser.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne ?

    

1)    Suis-je dépositaire d’un message d’amour, vital pour mes contemporains ? Suis-je heureux de le transmettre ?

 

2)    Est-ce que je conteste à Dieu le fait qu’Il puisse offrir le salut à tous et pardonner s’ils se repentent, par exemple

-     aux dictateurs de cette terre responsables de la mort de centaines de milliers d’innocents à travers les siècles.

-    à tous les bourreaux qui avilissent et cherchent à détruire des personnes

-     aux personnes responsables de la mort d’êtres chers.

-    aux personnes qui ont gâché ou détruit ma vie terrestre ?

 

    3)    Tous ces gens étrangers à mon éducation et à ma culture sont-ils fermés à entendre le dernier message que Dieu adresse à l‘humanité ? Ou est-ce moi qui ne suis pas prêt à le transmettre?

 

   4) Mon amour pour les humains est-il celui de Dieu qui veut que « tous parviennent à la repentance »? 2P.3. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

23.01.2009

Etude n°5 l'inspiration des prophètes (31 01 09)

 

Etude n°5 : L’inspiration des prophètes (31 01 09)

(Miniature 15è : Inspiration divine des patriarches et des prophètes)

 

 2 Timothée 3.14 à 4.2 Proph don de prophétie 15è.jpg

Observons

Le contexte :

Une dernière fois, Paul exhorte personnellement son fils spirituel, Timothée, en l’avertissant que des persécutions attendent tout croyant, car les hommes avancent toujours plus dans le mal (3.12-13) et ne supportent plus la saine doctrine (4.3-4).

 

Le texte est situé entre ces deux prévisions de l’avenir, et recommande l’attachement à l’Ecriture, indispensable à la vie du croyant dans ces contextes sociaux et moraux. On distingue trois paragraphes :

A-    3.14-15a : Attachement aux Ecritures apprises depuis l’enfance

B-    3.15b-17 : Inspiration et Utilité des Ecritures pour l’homme de Dieu

C-    4.1-2 : Nécessité et urgence de la prédication de la Parole.

 

Comprendre

 

La seconde lettre à Timothée constitue un vrai testament spirituel que Paul envoie à son disciple et successeur bien-aimé, Timothée, et à travers lui à toute l’Eglise. Il l’exhorte à

-         garder ce qui lui a été confié par l’Esprit (1.14)

-         transmettre avec droiture la Parole de vérité (2.15)

-         faire face aux contradicteurs et imposteurs des derniers temps (2.14-4.5), grâce à la Parole inspirée de Dieu des Ecrits sacrés (3.16).

Conformément au mode de pensée hébraïque pour mettre en valeur une idée importante, notre passage se situe au centre des avertissements sur l’état spirituel et moral des hommes de la dernière génération (3.1-9, 13 et 4.3-4). Cet état se caractérise par l’apparence de la piété, les faux-semblants religieux (5) qui cachent la corruption du cœur (= l’être intérieur), et par les déviations de l’esprit (= l’intelligence, l’intellect) séduit par les fables humaines conformes aux désirs et aux convoitises insensées d’un cœur non régénéré (4.3-4).

A-    3.14-15a : Pour faire face à de telles tentations, Paul ne voit qu’un remède : demeurer ferme dans ce que Timothée a appris dès son enfance de sa mère et de sa grand-mère (v 14 et 1.5), dans ce que lui-même a enseigné à son disciple, et à quoi ce dernier a prêté foi (14). La suite montre que l’objet de cet enseignement se trouve dans les « écrits sacrés » (15a). On peut rapprocher ce rôle des Ecritures du texte de Romains 10.17 « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la Parole de Christ ».

Paul oppose donc avec force, aux croyances qui viennent de l’imagination et des sentiments de l’homme, la foi qui naît de l’enseignement et de l’écoute de la Parole de Dieu.

Les Ecrits sacrés dont parle Paul, étaient à son époque ceux de l’Ancien Testament, qui préparaient les cœurs (Amos 4.12) à recevoir la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ, que Paul prêchait. Paul appelle ces écrits « sacrés » non pour les sacraliser et en faire un objet de vénération ou d’adoration particulière, mais pour en montrer l’origine divine, qui doit inspirer un respect  total pour le message qu’ils contiennent.

 

B-    15b-17 : Quelles sont l’inspiration et l’utilité des Ecritures Saintes ?bible et flamme.jpg

-         Elles donnent la sagesse, c'est-à-dire le discernement du plan de Dieu conçu pour le salut de tout homme qui croit au Fils de Dieu. L’apôtre Jean, après Paul, explicitera en un seul verset ce plan divin : Jean 3.16 ! Ainsi se trouve résumé tout ce que les prophètes avaient pressenti et tenté de faire saisir au peuple d’Israël (Es 53, entre autres). Ajouter foi au sacrifice de Jésus-Christ sur la croix, pour délivrer du péché, permet d’être sauvé de la mort spirituelle, c’est-à-dire de commencer la vie éternelle dès maintenant et d’entrer dans le Royaume de Dieu au retour de Christ.

-         Toute Ecriture (ici, c’était l’Ancien Testament, plus tard on y ajoutera le Nouveau Testament), l’ensemble de la Bible, qu’on peut appeler d’une façon générale la Prophétie (2 Pi 1.19),  est pénétrée de l’Esprit Saint qui a poussé des hommes à parler de la part de Dieu (2 Pi 1.21). Paul ne discute pas sur le mode et l’étendue de l’inspiration divine (par exemple sur la question de savoir si elle concerne la lettre, comme les musulmans le croient du Coran, ou l’esprit, l’intention et le sens des paroles, comme beaucoup de croyants le croient de la Bible). Il ne distingue pas non plus la part de Dieu et la part des hommes qui ont transcrit les paroles divines. Mais il établit l’autorité et la vérité de ces Ecrits, parce qu’ils sont émanation et révélation de l’Esprit divin.

-         Parce qu’ils sont inspirés, ils ont une puissance extraordinaire de formation des esprits et de transformation des cœurs. Ils enseignent le lecteur, comme Jésus le fit durant son ministère terrestre, sur la personne de Dieu, sur son plan de salut pour l’homme et sa mise en œuvre en Jésus-Christ.

Pour Paul, l’Ancien Testament (= la Loi et les Prophètes) était la base de cet enseignement ; les apôtres avec le Nouveau Testament n’ont fait qu’expliquer les promesses divines, en révéler l’ accomplissement, et en tirer les conclusions doctrinales pour la vie de chaque croyant et de l’Eglise. Par les Ecritures, le pécheur est convaincu de son état devant Dieu (Jn 16.8). Il trouve en elles le moyen et les directives pour changer d’état d’esprit et de comportement, « être redressé, corrigé ». La Parole de Dieu devient son maître, qui guide dans la justice, c’est-à-dire qu’elle forme et "sanctifie" (Jn 17.17), renouvelle et met à part celui qui se met à son écoute, elle l’instruit et l’éduque pour une croissance dans la foi et dans la capacité à servir et honorer Dieu en toutes circonstances.

L’homme de Dieu est un serviteur, un disciple pour qui Dieu est tout, et à qui Dieu accorde la puissance de son Esprit (2 Rois 1.9-10 ; 2 Pi 1.21) pour accomplir sa volonté de jugement révélateur des cœurs, et/ou de miséricorde auprès de son entourage.

Pour Paul, l’Ecriture suffit à rendre sage à salut (15), à conduire le croyant et l’Eglise jusqu’à la maturité spirituelle, la stature parfaite de Christ (Ep 4.12-13). Jean à la fin de l’Apocalypse le confirmera quelques décennies plus tard (Ap 22.18-19). On ne peut impunément ni ajouter, ni retrancher quoi que ce soit à l’enseignement des Ecritures, ce qui confère à l’enseignant une grande responsabilité spirituelle, et au disciple le devoir d’examiner chaque jour les Ecritures pour vérifier si ce qu’on lui enseigne est exact (Ac 17.11).

 

 C- 4.1-2 : Dans son dernier message à Timothée, Paul devient pressant dans ses exhortations et son adjuration solennelle à prêcher la Parole, car il sait qu’il va mourir bientôt (4.6). Il a conscience de l’importance de cette mission, car c’est au moment de la venue de Christ que seront révélés (= par et dans le jugement préliminaire) et rassemblés ceux qui auront choisi de vivre selon cette Parole. Or, comment croiront-ils en celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Comment entendront-ils parler de lui sans prédicateurs, prophètes « porte-parole de Dieu ? (Rm 10.14)

V 2 : A travers Timothée et tous les pasteurs qui lui succèderont, Paul donne à l’Eglise tout entière la mission de prêcher sans tenir compte des impressions subjectives d’opportunité ou pas, de leurs dispositions personnelles ou même de celles de leur auditoire. La prédication n’est pas non plus liée à un lieu (Saint, consacré ?), à un jour (sabbat, dimanche ou autre jour), à un rite, une cérémonie, une forme. Elle n’est donc pas seulement orale, elle est aussi vécue ! La mission de prédication de la Parole divine sera d’autant plus fructueuse qu’elle sera accomplie non avec un zèle amer, mais avec persévérance, douceur et miséricorde pour le prochain, par l’exemple d’une vie consacrée à Dieu et fidèle à ses enseignements, une vie qui ne s’égare pas dans les convoitises et les mensonges humains (4.3).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

-         Quelle place ont les Ecritures dans ma vie quotidienne et dans la vie de mon Eglise ? Combien de temps consacré-je à l’étude et à la méditation de la Bible ? Comment lui donner concrètement la première place dans mes pensées et mes choix de vie, individuellement, et dans le culte collectivement ?

-         Suis-je à l’écoute des enseignements bibliques pour les mettre en pratique (Ja 1.22-25) ? Comment tenir compte de leurs avertissements pour la fin des temps ?

-         Quelle est ma participation active au partage biblique hebdomadaire de mon Eglise ? Comment éviter de rester « consommateur » passif dans ce moment d’échanges ?

-         En quoi la lecture de la Bible m’a-t-elle permis de modifier mon comportement en cas de conflit ou d’échec ? Ai-je conscience d’avoir grandi  dans la foi et la sanctification ? De quelles expériences récentes puis-je témoigner sur ce point ?

-         En quoi ma vie et mes paroles peuvent-elles prêcher la Bonne Nouvelle à mon entourage ?  Sur quels points ai-je besoin d’être plus particulièrement inspiré par l’Esprit ?

-     Affirmer l’inspiration des Ecritures nous dispense-t-il de tout esprit critique à leur sujet, pour discerner les styles, les époques, les objectifs de chaque auteur, et adapter les enseignements bibliques pour qu’ils soient entendus et compris par nos contemporains, aux cultures si variées et différentes de celles de la Bible ? Comment rester fidèle à l’esprit des Ecritures dans cette adaptation indispensable à notre époque ?

    

16.01.2009

Etude n°4 Le don de prophétie et le "Reste"(24 01 09)

 

 

 

Etude n° 4 Le Don de Prophétie et le Reste

Apocalypse 12.17 et 14.1-5, 12

Observons

Ap 12.17

Le contexte

Les chapitres 12 à 14 de l’Apocalypse sont situés au centre du livre prophétique, et constituent l’axe autour duquel est construite la structure de la prophétie. Ils dévoilent sous forme d’images symboliques les dessous de l’Histoire du monde et en particulier du Grand Conflit qui oppose les puissances sataniques au Fils de Dieu et à son Eglise.

Après la victoire de Christ acquise sur la croix (12.10), Satan, sachant qu’il lui reste peu de temps (v 12) se tourne contre la « femme » qu’il persécute avec acharnement.

Le texte

Le verset 17 termine le tableau général du Grand Conflit spirituel et cosmique.

On y retrouve les personnages mentionnés auparavant : le dragon, la femme, Jésus (= Michaël) ; il s’y ajoute une nouvelle entité : le reste de la descendance de la femme.

D’un côté, le dragon est irrité et s’en va faire la guerre, de l’autre le Reste garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus.

Chapitre 14.1-5 : les 144 000 (Apocalypse de Saint-Sever 12è)Apoc 7 élus devant l'Agneau 12è.jpg

Le contexte : Le chapitre 13 a décrit la lutte du dragon contre la femme, lutte résumée au ch 12.13-16, avec l’avènement et l’action de trois puissances terrestres, la bête qui monte de la mer, la bête qui monte de la terre (qui renvoie à 12 .16) et l’image de la bête. Le ch 13 se termine sur un appel à la sagesse pour avoir l’intelligence de comprendre ces symboles.

Le texte

V 1 : ce que le prophète voit : l’Agneau et les 144000.

V 2 : ce que le prophète entend 

V 3 : le cantique nouveau

V 4-5  et 12 : caractéristiques des 144000

 

 

 

Comprenons

12. 17 : le dragon irrité contre la femme (c’est ce qui a été développé au chapitre 13), alla faire la guerre aux restes de sa postérité :

Malgré la protection divine et le refuge à l’étranger, dans les terres d’accueil des persécutés pour leur foi qu’ont été les pays protestants d’Europe et les Etats-Unis d’Amérique du 16è au 18ème siècles, le peuple fidèle de Dieu, symbolisé par la femme, semble se réduire à la fin de l’Histoire :  la descendance du peuple persécuté ne sera constituée  que de restes (Le mot en grec est un pluriel neutre qui indique une entité générale, qu’on peut traduire par un singulier indéterminé : le Reste).

La femme (= l’Eglise en général, au-delà de toute dénomination) serait-elle devenue prostituée, comme on le voit dans Ap 17 ? En se développant et en cherchant à s’imposer parmi les pouvoirs terrestres, l’Eglise court le danger de ne plus s’appuyer sur ses caractéristiques spirituelles « les commandements de Dieu et le témoignage de Jésus », mais sur sa structure. L’Eglise est un corps social de solidarité, nécessaire pour véhiculer la Parole, mais elle ne peut s’en prévaloir pour prétendre définir celui qui est sauvé et celui qui ne l’est pas, ou pour s’autoproclamer « reste ». Seul Dieu connaît ceux qui constituent son « Reste » fidèle, éparpillé parmi tous les humains de ce monde (1 Rois 19.10, 18) et parmi toutes les dénominations chrétiennes (l’expression « Eglise du Reste » ne figurant nulle part dans la Bible, nous ne l’emploierons pas pour désigner quelque dénomination que ce soit).

 Ce Reste a des caractéristiques précises qui seront reprises en 13.10 et 14. 12 puis développées en 14.1-5 :

Ils gardent les commandements de Dieu et retiennent le témoignage ou la foi de Jésus : deux verbes assez proches pour indiquer la conservation dans la mémoire, le respect, la foi et l’obéissance à la volonté divine exprimée dans les Dix Paroles et dans l’enseignement de Jésus. 

Que représente le témoignage de Jésus ? C’est à la fois ce qui nous vient de la Parole de Dieu, l’œuvre de salut que Jésus a accomplie et révélée dans les Ecritures, mais aussi ce qui nous vient de notre vécu personnel, de notre relation avec Jésus  par les dons spirituels et en particulier, celui de la prophétie (Ap 19.10c), qui n’ont cessé d’être accordés au cours des siècles pour l’édification de l’Eglise (2 Pi 1.19 ; Ep 4.12).

 

Ch 14.1-5,12 :

Troisième volet du triptyque central, ce chapitre va développer la seconde partie du verset 17 du chapitre 12 et décrire ceux qui ont la sagesse et l’intelligence pour comprendre ce qui se passe :

Nous sommes toujours dans la description de l’histoire terrestre et du combat qui y oppose Satan et Dieu par l’intermédiaire des hommes.

14. 1-5 : Les 144 000 : « Voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion et avec lui 144 000 personnes ». Présentées sur la montagne de Sion, symbole de Jérusalem, cité de l’Agneau, ces personnes sont sur la terre. Leur mention vient juste après la description du trio infernal, les deux bêtes et l’image de la bête, et le message de se prosterner devant elles. En opposition sont montrés ceux qui ont la sagesse et l’intelligence (13.18) de rester fidèles à Dieu et de proclamer à la dernière génération les trois messages divins (v 6-11).

Le texte parallèle de Ap 7 nous montre les 144000 debout devant le trône et devant l’Agneau (v 9,15), c’est-à-dire en activité, à leur poste de service, subsistant malgré les signes avertisseurs du jugement de Dieu qui angoissent le monde (6.12-17). Le chapitre 14 nous apparaît alors comme un développement grossissant des indications du chapitre 7.

Sur la montagne de Sion, se trouvent l’Agneau (14.1) et le temple dans lequel ils servent jour et nuit (7.15). Cela symbolise la communion spirituelle que ces serviteurs ont avec Dieu, dans leur service terrestre où « ils suivent l’Agneau partout où il va » (14.4), c’est-à-dire dans les souffrances, le renoncement à soi, et les joies du pardon et de l’amour des autres.

S’il est dit dans ce passage, qu’ils sont irrépréhensibles (v 5), cela n’a pas de sens s’ils sont déjà au ciel où il n'y aura  plus lieu de rien reprocher aux élus. C’est dans leur service sur terre, qu’ils restent fidèles et sans tache, au milieu des oppositions et des angoisses.

Ils sont des rachetés, car comme pécheurs, ils ont eu besoin du rachat par Christ, de la libération du péché, de la justification, symbolisées par leur robe blanche (7.14)(Voir les études du précédent trimestre sur les notions de rachat, d’expiation, de justification).

Ils sont prémices pour Dieu et pour l’Agneau (v 4), parce qu’ils ont reçu un « sceau » de leur vivant (ch 7.3), qui les garde fidèles et leur permet de vivre déjà sur cette terre la plénitude spirituelle de la communion avec Dieu, que tous les ressuscités vivront au retour du Christ. Gardés par le sceau de l’Esprit (Eph 4.30 ; 2 Co 1.22), ils sont sans mensonge (v 5), car ils ne s’écartent plus de Dieu. 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              LeurvirginitéLa Leur virginité (v 4) doit être interprétée spirituellement et non comme un célibat volontaire. Selon la symbolique biblique de la relation avec Dieu, elle représente la fidélité à toute épreuve d’êtres consacrés spirituellement à Dieu seul. La relation spirituelle à d’autres références, est synonyme d’adultère vis-à-vis de Dieu, c’est-à-dire d’infidélité et d’idolâtrie (Jérémie 3.8-10 ; Ezéchiel 16.32, 35-36 ; Jacques 4.4 : Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.

 

v 2 : une voix comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand tonnerre...

Le bruit de grosses eaux se retrouve chez Ezéchiel 1.24 pour désigner les chérubins : « J’entendis le bruit de leurs ailes quand ils avançaient, pareil au bruit de grosses eaux ou à la voix du Tout-Puissant. C’était un bruit tumultueux comme celui d’une armée... »

En Apocalypse 19.6, c’est « la voix d’une foule nombreuse, comme la voix des grandes eaux, comme la voix de forts tonnerres... »  qui se réjouit de l’arrivée des noces de l’Agneau. Celui-ci apparaît au verset 11 de ce chapitre 19.

La comparaison avec les grandes eaux porte sur le volume sonore que produit une grande foule, et non sur l’identité de la source qui en Ap 17.15 est expliquée comme l’ensemble des peuples de la terre. Le Reste serait donc composé de l'ensemble des croyants fidèles sur toute la terre. L’harmonie musicale règne dans ce groupe des 144 000 du ch14, puisque se font entendre à la fois le chant puissant des grandes eaux, et le chant doux de la harpe.

Jouer de la harpe était le moyen pour David de chasser le mauvais esprit qui était en Saül (1 S 16.23). De même les 144 000 ont pour rôle de calmer le mauvais esprit qui est dans le monde, d’être une lumière dans les ténèbres grandissantes. La harpe est associée dans de nombreux textes à la joie spirituelle profonde de la communion avec Dieu (Ps 33.1-2 ; 1 Chr 13.8). C’est pourquoi nos cantiques et louanges apparaissent si tristes à des oreilles habituées aux agressions sonores et aux rythmes stressants contemporains, qui leur font confondre sérénité et tristesse, dans leur incapacité de comprendre cette joie paisible de la rencontre avec Dieu.

De même qu’ Elisée, sous l’influence du joueur de harpe, s’est mis à prophétiser (2 R 3.15), les 144 000 sont un milieu favorable au prophétisme, c’est-à-dire à la proclamation des paroles de Dieu (Joël 2.28) que la seconde partie du chapitre va révéler.

 

v 3 : Ils chantent un cantique nouveau, car ce qu’ils vivent est quelque chose de neuf : ils sont en présence du trône, des chérubins et des 24 anciens, qui au ch 5.9 chantaient aussi un cantique nouveau en  reconnaissant à l’Agneau la dignité d’ouvrir le livre scellé. Les 144 000 sont en train de faire en peuple la même expérience que les 24 anciens avaient faite individuellement : ils reconnaissent la justice des voies de Dieu. Il n’y a pas de coupure entre ce qui se passe au ciel dans le tribunal céleste et ce qui se passe sur terre dans le peuple de Dieu de la dernière génération.

Personne ne pouvait apprendre le cantique, sinon les 144 000 : Ce nombre n’est pas à prendre à la lettre, dans un écrit prophétique où toutes les images sont symboliques. Composé du carré de 12, multiplié par 1000, il représente le nombre complet du peuple de Dieu (= 12 tribus et 12 Apôtres) dans sa multitude infinie (1000). Aucun mouvement religieux ne peut se l’attribuer ; Le problème n’est pas de désigner la dénomination que représente ce groupe, mais de se demander chacun pour soi, si et comment on peut en faire partie, en considérant ses caractéristiques. Ce nombre de 144 000 est-il fermé, ou ouvert ? Le scellement des élus a-t-il une durée qui permette un processus continu durant tout le temps de grâce ? Il a commencé (ch 7) mais il n’est pas fini, puisque les 144 000 prêchent encore les derniers messages de Dieu (14.6-13). Ils peuvent encore amener à la repentance, convertir et s’adjoindre tous ceux qui croient à leurs messages.

Les trompettes (ch 6 à 11) lancent, par des événements importants, des avertissements que le peuple des 144 000 (ch 7 et 14) décrypte et explique : la terre est en train de se détruire, ou d’être détruite, la solution est en Christ, en Dieu Créateur. Grâce à l’Esprit qui les habite, les 144 000 donnent une interprétation spirituelle à ce qui se passe concrètement sur terre, et font œuvre de prophètes de Dieu auprès des hommes que Dieu appelle au salut.

L’Apocalypse révèle ensuite (18.22-23) qu’il viendra un moment où dans la Babylone que sera devenu ce monde voué à sa perte, « On n’entendra plus les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte et de trompette. On n’y trouvera plus aucun artisan d’un métier quelconque, la lumière de la lampe ne brillera plus, la voix de l’époux et  de l’épouse n’y sera plus entendue » : ce verset peut être pris littéralement pour annoncer la mort de toute activité humaine dans ce système totalitaire et impie. Il peut aussi être interprété symboliquement : le peuple de Dieu caractérisé par ses activités prophétiques (joueurs de harpe, lumière de la lampe), ou ses activités spirituellement nourricières (le bruit de la meule symbolise l’activité de propagation de la Parole de Dieu, pain de vie du ciel) ou ses relations d’amour (époux-épouse) est sorti, spirituellement plus que physiquement, de Babylone. Il l’a abandonnée à son sort, et n’a plus aucune part à sa prostitution spirituelle (18.4).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-    En quoi puis-je personnellement m’identifier aux 144000 ? Comment combler le fossé que je peux constater entre ce portrait idéal et ma réalité ? (Rm 7.24-25a)

 

      -   Comment mon église locale (donc moi-même) est-elle « prophète, porte-parole » de Dieu dans son environnement ? Quelle lumière porte-t-elle, quel son de harpe fait-elle entendre ? Quelle nourriture spirituelle distribue-t-elle ? Quels gestes d’amour prodigue-t-elle ? Quelle est ma contribution à cette œuvre ?

 

     -  Ai-je la persévérance et la sagesse d’étudier les prophéties de la Bible, pour comprendre en quels temps nous vivons et garder sérénité, foi et amour au milieu des bouleversements de la terre ?

 

 

 

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