11/11/2011

Etude n°8 : D’esclave à héritier, Gal 3.26-4.10 (19 11 11)

Etude n °8 : D’esclave à héritier, Gal 3.26-4.10 (19 11 11)

« Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils, et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu ». Gal 4.7

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Observons

Le contexte : La loi comme un pédagogue conduit à la foi en Christ pour être justifié par la grâce de Dieu.

Le texte développe cet argument théologique par une comparaison entre l’état de l’esclave et celui de fils.

Il est bon de relever les caractéristiques qu’en donne Paul :

L’esclave ressemble à l’enfant, soumis à des tuteurs ou administrateurs. Il est asservi aux « rudiments du monde », jusqu’à la « décision du Père ». Il est « sous la loi », serviteur de faux dieux, observateur des « jours, mois, années, temps ».

Il devient  « fils », par la foi en Jésus-Christ, baptisé en lui, revêtu de Christ, empli de l’Esprit, un avec Christ. Il fait partie de la postérité d’Abraham, héritier selon la promesse par la grâce de Dieu, il est racheté, adopté par Dieu, connu de Dieu.

 

Comprenons

Jusqu’alors, Paul s’adressait aux Juifs en général pour démontrer le rôle inférieur de la loi qui conduit à la foi en Christ. Celle-ci seule permet de devenir héritier du salut promis à Abraham (3.1-25). Maintenant il s’adresse directement aux Galates en leur disant qu’ils « sont tous fils » : il englobe dans ce « vous » tous les chrétiens baptisés en Christ, quelles que soient leurs origines nationales, religieuses, sociales, sexuelles (3.28). Paul ne détaille pas ici le symbolisme du baptême comme il le fera pour les Romains (6.1-11), mais il insiste sur les effets de ce symbole de la mort du vieil homme et de la résurrection en nouveauté de vie, à l’exemple du Christ (Zabou : Dis Maman, explique-moi…le baptêmeBaptême Zabou.jpg, Ed Vie&Santé) : le baptisé a revêtu Christ, il a abandonné sa condition d’esclave soumis « aux rudiments du monde » (4.3 ; Col 2 .8,20), pour devenir « fils adoptif » de Dieu, ressemblant à Christ (3.27). Empli de l’Esprit Saint il est libéré des « pédagogues, tuteurs, et administrateurs » temporaires (4.2). Unis à Christ, les baptisés ne peuvent plus se réclamer de leurs particularismes pour prétendre à l’héritage promis à tous les croyants indistinctement. Le salut ne dépend pas de leurs conditions extérieures, mais de leur foi en Jésus-Christ incarné au temps voulu par Dieu (4.4), qui seul les rachète de leur esclavage du péché (4.5) et en fait des « héritiers » par sa grâce (4.6-7).

Que sont ces « rudiments du monde » ou « éléments du monde » dont le baptisé se trouve libéré ? Tout le contexte peut nous y faire voir la loi avec ses prescriptions (=tuteurs, administrateurs) asservissantes qui réglaient la vie religieuse et profane des juifs (règles alimentaires, rituelles, jeûnes et purifications (= jours), fêtes (= mois), moissons (saisons ou temps), années (sabbatiques, jubilés). Pourtant Paul ne qualifie pas ces « rudiments » de juifs, mais « du monde ». Faut-il penser qu’il englobe dans ces « éléments » non seulement la loi juive, mais aussi les « principes » qui guidaient les coutumes et la pensée païennes. Ceux qui ne connaissent pas Dieu (4.8) sont soumis à l’adoration, dans la crainte, des forces de la Nature sous toutes leurs formes. Le mot « élément » en grec comme en français, désigne en effet les parties premières constitutives de la Nature (air, eau, terre, feu). En science, il signifie « les principes » qui fondent la connaissance. Paul les qualifie de « pauvres, faibles et asservissants » (4.9) et les oppose à la force, la vie, la liberté que donnent la foi en Jésus-Christ et l’adoption par la grâce de Dieu.

Que sont ces « principes » du monde que la loi juive finit par imiter ?  Tous les cultes dans leur ignorance de l’amour de Dieu, cherchent à conjurer la divinité adorée, (Dieu ou forces immaîtrisables de la Nature), par des rites matériels, des pratiques extérieures touchant à la vie naturelle, guidées par les saisons, les jours et les mois indiqués par les astres. Dieu a donné à son peuple « enfant » des lois qui à la base se servaient des mêmes « principes », puisqu’elles réglaient toute la vie pratique des Juifs. Mais Dieu désirait les transcender. Il cherchait à faire grandir ses enfants et leur faire comprendre la dimension spirituelle de l’adoration qu’ils lui devaient.  Ainsi, Moïse utilisa-t-il le plan des temples égyptiens connus des Hébreux sortis d’Egypte, pour transcrire le plan du salut que Dieu lui avait révélé sur la montagne, comme « modèle » spirituel de son sanctuaire. De même, Jésus essaya d’amener Nicodème et la Samaritaine à saisir la dimension spirituelle de son royaume à partir de leur préoccupation naturelle et très matérielle de naissance ou d’eau (Jean 3 et 4). La loi juive et ses prescriptions pratiques sont considérées par Paul au même rang que « les rudiments du monde », lorsqu‘elles sont observées avec la même crainte, la même recherche de la faveur de Dieu ou de sa justification.

Paul voit avec indignation et chagrin, que les Galates, anciens juifs ou païens (= Grecs), après avoir goûté à la liberté vis-à-vis des prescriptions rituelles de la loi, et être devenus fils héritiers du salut par leur foi en la grâce de Christ, reviennent à leur ancienne condition d’esclaves à la fois de la Nature extérieure  par leur observation rituelle de jours, mois, années, et  de leur naturel intérieur, soumis non à Dieu mais à ses pulsions, peurs, violences, préjugés, superstitions, qui les séparent de Dieu.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 -          Comme adventiste du 7ème jour, dans quel état d’esprit  observé-je les prescriptions de la loi divine (sabbat, alimentation, dîme, gestion chrétienne de la vie) ? De quoi suis-je encore esclave dans mon obéissance à la loi ?

 -          En quoi consiste ma liberté de fils de Dieu ?

 

 

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