29.05.2009
Etude n°10 Art d'être disciple (06 06 09)
Etude n°10 L’art d’être disciple (06 06 09)
Jean 15.1-17
"Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruits et vous serez mes disciples" v 8
Observons
Contexte
Au chapitre 14, avant de se rendre au jardin de Gethsémané, Jésus a parlé de son départ vers le Père et a rassuré ses disciples par la promesse de leur envoyer le Saint-Esprit comme Consolateur jusqu’à son retour (v 28).
Texte
1-3 : Métaphore du cep et des sarments
4-6 : Applications de la métaphore aux devoirs des disciples
9-10 : Comment demeurer en Christ
11-17 : Comment porter du fruit
«porter du fruit» est répété 7 fois, et « demeurer » 10 fois !
Comprenons
1- Jean 15.1-6 : Le cep et les sarments = Jésus et ses disciples
Jean réunit dans un long discours, au moment de la dernière Pâque de Jésus avec ses disciples, les instructions et enseignements que Jésus veut leur transmettre avant de mourir. Il cherche à les encourager pour l’épreuve qu’ils vont devoir affronter, leur rappelant son union avec eux, qui leur permettra de trouver l’aide du Saint-Esprit (14.12-21).
Pour illustrer ses paroles, Jésus va tirer de l’image de la vigne que l’Ancien Testament avait déjà utilisée dans Esaïe 5 pour montrer les soins de Dieu envers son peuple, une métaphore qui illustre la relation qu’il désire avoir avec ses disciples.
Par la métaphore du cep et des sarments, Jésus, contrairement à d’autres paraboles de Luc, transpose directement les éléments naturels dans la sphère du spirituel. Pour une compréhension plus précise, nous reprenons d’abord la métaphore naturelle, et étudierons ensuite la transposition spirituelle.
La métaphore :
Un vigneron plante un cep dans sa vigne ou son champ. Pour que le cep porte du fruit, il le débarrasse des sarments stériles, et il effeuille et émonde les sarments féconds, de façon que la sève serve uniquement à la fructification, et que le soleil fasse mûrir les grains.
Les sarments coupés ne peuvent absolument pas porter de fruit, ils sèchent, puis sont ramassés hors de la vigne et sont brûlés.
La transposition spirituelle :
Le vigneron, c’est Dieu (v 1). Il a envoyé dans l’humanité (= le champ) sa Parole ou Jésus (= le cep nourricier). Comme un cep, Jésus est venu sans grande apparence ni beauté (Esaïe 53.2). Sa Parole a nourri des hommes et des femmes (= les sarments) qui ont constitué son peuple, le peuple Juif, puis l’Eglise.
La parabole révèle que tous les sarments ne portent pas de fruit. Parmi ceux qui font partie du peuple de Dieu, certains ne sont pas unis au cep (v 4), c’est-à-dire que la Parole ne demeure pas en eux (v 7), qu’ils ne peuvent donc pas être remplis de l’amour de Christ pour eux (v 9), ni de l’obéissance qui en découle (v 10). Ils ont l’apparence d’appartenir au Christ, mais la sève de l’Esprit n’arrive pas à faire son œuvre de sanctification en eux, de sorte qu’ils sont stériles. Un jour, dès ce monde, Dieu les coupe du cep, pour qu’ils n’absorbent pas inutilement la sève au détriment des autres sarments. Ils sont spirituellement déjà morts, mais cela n’apparaîtra au grand jour qu’à la fin des temps, où ils seront exclus du Royaume. En effet, l’œuvre de séparation est celle du vigneron qui reconnaît les sarments inutiles. Nul ne peut agir à sa place, gardons-nous de vouloir faire le tri nous-mêmes !
Les sarments utiles sont l’objet des soins attentifs du Père. Il les émonde, les purifie de tout ce qui empêcherait le fruit de mûrir : défauts de caractère, habitudes néfastes au développement de l’être, orgueil, égoïsme. Dieu poursuit son œuvre de sanctification de façon continue en eux, comme la sève nourrit de façon continue les sarments. Il fait cette œuvre par sa Parole (v 3), par son Esprit, tous les moyens de sa grâce, tant que le sarment (le croyant) reste attaché à sa Parole dans un esprit d’ouverture et de soumission ; mais Dieu est obligé de rappeler le croyant négligent ou paresseux par les épreuves et les renoncements à la volonté propre que la vie quotidienne nécessite. Son objectif est que le croyant attaché à lui, porte plus de fruit.
Jésus a purifié ses disciples par sa Parole, en leur enseignant le plan du salut tel que Dieu le réalisait en lui et par lui, donc en émondant leur foi des préjugés, des fausses attentes sur le Messie et son Royaume, et de leurs fausses conceptions sur le salut qu’ils croyaient obtenir par leurs œuvres (v 5b). Il a déposé dans leur cœur le principe impérissable de la vie nouvelle, l’amour de Dieu et des autres, qui se développe peu à peu jusqu’à leur faire atteindre « la stature parfaite de Christ » (Ephésiens 4.13b).
2- Jean 15.7-10 : Comment demeurer en Christ
La comparaison avec le cep a permis à Jésus de faire comprendre la nécessité absolue de rester attaché à lui pour porter du fruit. Dans la suite du passage, Jésus précise ce qu’il entend par « demeurer en lui » et « porter du fruit », but de cet attachement à lui.
La construction de ces versets utilise le procédé de style propre à l’hébreu : le parallélisme concentrique : entre des phrases aux idées ou expressions parallèles, se situe l’idée importante : (nous mettons en italiques ce qui est parallèle, et en gras ce qui est l’important).
v.7 : Demeurer en Christ = paroles de Christ en soi
v.8 : porter du fruit = être disciple = faire paraître la gloire de Dieu
v.9 : demeurer en Christ = demeurer dans l’amour de Christ
v.10 : Demeurer dans l’amour = obéir aux commandements
La Parole de Christ en soi (demeurer en Christ) se révèle par l’obéissance à cette Parole, qui est de vivre dans l’amour pour que la gloire de Dieu soit manifestée à tous. En effet, d’après Exode 33.18-19, la gloire de Dieu c’est tout son amour, qui fut révélé en et par Jésus-Christ.
L’obéissance à la Parole n’a pas d’autre raison d’être : elle n’ouvre pas la porte du Royaume, elle manifeste simplement l’union du croyant à Christ qui est amour.
3- Jean 15.11-17 : Comment porter du fruit :
Ces versets sont construits sur le même schéma :
v.11 : Objectif de Jésus : sa joie en eux, leur joie complète
v.12-15 : moyens d’atteindre cet objectif :
(12-13) aimer à l’exemple de Christ par le don de soi
(14-15) devenir amis de Christ par l’obéissance
v.16-17 : Conséquences de l’attachement à Christ :
a) porter du fruit durable
b) prières exaucées
a’) amour fraternel.
L’objectif (= la joie) et les conséquences (= le fruit) encadrent ce qui est important : la révélation de ce qu’est l’attachement au Christ : l’amour de Dieu et l’obéissance à la Parole dans l’amour entre les disciples.
Les conséquences elles-mêmes de l’attachement à Christ sont présentées de façon à mettre au centre le moyen de porter du fruit, c’est-à-dire d’aimer comme Christ : le moyen d’avoir du fruit, c’est de le demander à Dieu dans la prière, en se réclamant de Christ, modèle de cet amour qui donne sa vie pour les autres (v.13).
La parabole propose donc un projet de vie épanouie, un sens à la vie exaltant et propre à éveiller l’enthousiasme de tous les disciples, jeunes et moins jeunes. Manifester la gloire de l’amour de Dieu peut se faire dans de multiples voies, adaptées aux goûts et aux tempéraments différents (1 Co 10.31 ; Col 3.17). Le Seigneur ne propose pas une vie étriquée, pliée sous les contraintes et les interdits. Il propose de vivre dans la joie qui vient de l’union avec lui qui est amour parfait, don total de soi, afin que Dieu soit manifesté à tous.
Ce n’est pas non plus un programme égoïste de recherche exclusive de l’épanouissement individuel. L’amour de Christ rend celui qui prend Jésus comme modèle, solidaire des autres, et laisse Dieu émonder de son cœur tout ce qui pourrait faire obstacle à l’amour pour les autres et à l’obéissance à la Parole.
Dieu promet d’exaucer la prière de celui qui désire être l’ami de Christ (v.15-16), tel que Jésus le définit ici : le cœur plein d’amour et obéissant.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Examinons avec sincérité les sentiments qui nous unissent à Jésus : peur, indifférence, affection, reconnaissance, confiance, désir de le connaître mieux, etc...
- Qu’est-ce qui me sépare de lui ? Qu’est-ce qui m’empêche de recevoir les bienfaits qu’il a promis de donner dans cette parabole de la sève qui vient du cep ? Comment rester attaché à lui ?
- Comment montrer aujourd’hui à une ou deux de mes connaissances, que je les aime comme Dieu les aime ? (cadeau, mot gentil, sourire, aide, pardon, écoute, conseil, invitation, entretien, etc.)
- Ma vie avec Christ est-elle joyeuse et paisible ? Comment la rendre exaltante pour moi et pour mon entourage ?
- Comment ma communauté vit-elle son attachement au cep ? Comment puis-je contribuer à rendre la vie de l’Eglise plus enthousiasmante et plus utile à la manifestation de la gloire de Dieu ?
08:04 Publié dans En marche la vie chrétienne ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
Je vous dit merci pour la réponse à ma question et je vais vous poser quelques questions si vous ne me trouvez pas un peu ennuyant.
Ma question set la suivante: Dans la lecon 10, la partie du lundi, Jésus a déclaré, plus précisemment dans Jean 6 V 65: Que nul ne peut venir à lui, si cela ne vient dee son père?
Est-ce que ca veut dire que l'amour et la grace de Dieu manifeste d'une manière sélective parce que le sacrifice à la croix était pour l'humanité toute entière.Si oui, pourquoi, sinoon pourquoi?
Et comment m'expliquerez-vous ce verset?
C'était Denis, que Dieu vous bénisse tout.
Notre réponse
Les textes que vous citez font suite au discours de Jésus sur le pain de vie qui a scandalisé ses auditeurs (v 60). Jésus alors leur reproche leur incrédulité (v 64), parce qu’ils prennent ses propos à la lettre, matériellement, selon la chair, v 63). En interprétant ainsi ses paroles, ils ne peuvent pas comprendre les choses de Dieu (1 Co 2.14) qui sont Esprit et vie. Tant qu’ils n’ont pas ouvert leurs cœurs à l’Esprit de Dieu, ils restent dans l’incrédulité, et sont les jouets de Satan (2 Co 3.6). Quand Jésus dit que « Nul ne peut venir à lui, si cela ne lui est donné par le Père », il ne dit rien d’autre : seul le Saint Esprit, celui donné par Dieu le Père, permet à l’homme qui le reçoit en ouvrant son cœur à Jésus et en acceptant son sacrifice pour lui, d’être enfant de Dieu (Rm 8.16). Pour Dieu, il n’y a pas de différence entre les personnes, il ne fait pas de sélection (Actes 10.34-35). Tous peuvent recevoir ses dons. Mais ce sont les hommes qui se sélectionnent eux-mêmes par leur choix face à Jésus et à ses paroles. C’est ce qui se passe au verset suivant (66), plusieurs disciples de Jésus le quittent. Pierre au nom des douze affirme sa foi en Jésus, le Messie, le Saint de Dieu.
La réponse de Jésus marque son étonnement car il lit dans les cœurs et il sait à ce moment-là que Judas n’a pas les pensées de Dieu, et se laisse aller à la tentation du diable (Mt 4.5-6), de provoquer Jésus à se montrer le Messie glorieux et puissant qu’ils espéraient tous ! Judas se fait agent du diable (c’est le mot grec du texte, traduit par démon).
Lorsque Jésus a choisi ses disciples, il connaissait leur caractère et savait qu’ils seraient faibles au moment de l’épreuve. Mais il donnait à chacun, même à Judas, l’occasion de le connaître, de l’aimer et de s’ouvrir à l’Esprit du Père, et ainsi l’occasion de saisir le salut qu’il offrait à toute l’humanité.
Jusqu’au bout, Jésus a tendu la main à Judas pour qu’il revienne à lui et comprenne que sa mission de salut passait par le don de sa vie par amour pour tous. Au dernier repas, il lui lave les pieds comme aux autres, il partage le pain et le vin avec les autres, mange dans le même plat avec lui, l’invitant à comprendre ce qu’il est en train de projeter ; au moment de son arrestation, il l’appelle Mon ami ! (Mt 26.50). Il fait de même avec Pierre, le prévenant de veiller et prier, l’avertissant que l’esprit est bien disposé mais que la chair est faible, et le regardant avec amour et tristesse après son reniement (Luc 22.61). A la différence de Pierre qui se souvint de l’amour de Jésus et du pardon offert, Judas les méconnut et fut incapable de sortir de la vision « charnelle » qu’il avait de Jésus, incapable d’envisager l’aspect spirituel de sa mission et de comprendre qu’il pouvait encore être pardonné.
Les efforts de Jésus auprès de ses disciples sont un grand encouragement pour nous qui reproduisons les mêmes erreurs et trahisons. Jésus nous offre toujours et de diverses manières son pardon et sa vie, pour que nous choisissions la Vie avec lui. À nous de faire ce choix, et de l’adorer en Esprit et en Vérité (Jean 4.24), en nous confiant dans son grand amour et en agissant en conséquence, pour soi et pour les autres.
Ecrit par : DENIS Emmanuel | 02.06.2009
En prenant en compte la leçon de cette semaine, de quelle maniere et propos peut-on commencer l'ecole du sabbat
Notre réponse
Le titre de la leçon étant l’art d’être disciple, je poserais au groupe la question suivante : Comment comprenez-vous le fait d’être un « disciple » de Jésus ?
Après avoir entendu les réponses, je proposerais de voir comment Jésus l’enseignait, en lisant le texte de Jean 15. Ensuite, par des questions j’amènerais les membres du groupe à définir de plus en plus précisément les termes de la parabole, et à se les appliquer dans leur vie.
Nous avons comme principe de toujours lire le texte biblique dans le groupe. C’est à partir du texte que l’on peut discuter et échanger ce que l’Esprit donne à chacun de comprendre.
Bon partage pour ce sabbat ! Que le Seigneur vous inspire et vous guide !
Ecrit par : Eric Jean | 04.06.2009
Ecrire un commentaire