17.04.2009
Etude n°4 Vie (25 04 09)
Etude n°4 : Vie (25 04 09) : Jean 10.1-21
« Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie et qu’elles l’aient en abondance »(Jn 10.10).
Observons
Le contexte
A la suite de la guérison d’un aveugle-né, les Pharisiens s’opposent à Jésus sous les sarcasmes ironiques du miraculé (9.24-34) qui reconnaît en Jésus le Fils de l’Homme venu le sauver (9.38). Jésus reproche alors aux Pharisiens leur aveuglement, qui les fait demeurer dans le péché, c’est-à-dire séparés de Dieu (9.41).
Par la métaphore du Berger, Jésus va tenter une fois de plus de leur révéler qui il est et quel est son rôle parmi les hommes.
Le texte : Jean 10.1-21 : deux métaphores, de la porte de bergerie et du berger, s’entrelacent et provoquent de vives réactions parmi les auditeurs :
- 1-5 : le vrai berger entre par la porte de la bergerie (porte = 2x ; voix = 3x ; 4 verbes de mouvement : mener dehors, sortir, marcher devant, suivre)
- 6-10 : Jésus est la porte (2x) pour accéder aux pâturages (= le salut) et à la vie abondante (= vie éternelle).
- 11-13 : Jésus est le Bon Berger (2x) qui donne sa vie, en opposition aux mercenaires qui s’enfuient devant le loup
- 14-16 : Relations entre le berger et ses brebis (il connaît, il donne, il appelle)
- 17-18 : Amour du Père qui se donne volontairement (3x) en Jésus pour la vie des brebis.
- 19-21 : Réactions parmi les auditeurs.
Comprenons
Par son introduction solennelle (en vérité, en vérité, je vous le dis), et par ces deux paraboles, Jésus veut faire saisir aux Pharisiens qu’en tant que conducteurs religieux ils sont aussi coupables qu’en tant qu’individus, en refusant de voir en lui le Sauveur. Il développe les deux métaphores en passant d’une idée à l’autre grâce à la répétition du mot « berger » qui forme une sorte de refrain, ou de fil rouge, et en rebondissant sur des mots annexes tels que « porte », « voix », « don de la vie », qui permettent de préciser le rôle du Berger.
1-5 : La métaphore du Berger était très familière à ses auditeurs qui vivaient dans une culture rurale, et qui connaissaient aussi les paraboles d’Esaïe (40.11), de Jérémie (23.1-8), ou d’Ezéchiel (34).
Le début de la métaphore contient les deux thèmes repris ensuite : la porte, et le vrai berger. Ces deux thèmes sont opposés à celui du voleur, brigand, étranger, qui pénètre par un autre accès dans la bergerie, et dont la voix n’est pas reconnue par le troupeau. Ce troupeau de brebis désigne le peuple que Dieu appelle à entrer dans sa bergerie, à constituer son royaume.
Pour cela, il a établi un seul accès, Jésus, la porte. « Nul ne vient au Père que par moi » dira Jésus à Philippe (Jn 14.6). Toute tentative d’entrer dans l’intimité de Dieu par un autre chemin est vouée à l’échec. Elle émane de l’Adversaire, voleur et trompeur (1 Pi 5.8 ; Jn 8.44). Jésus condamne là l’attitude des Pharisiens qui prêchaient une obéissance stricte à la loi comme moyen de salut. (Evangile et peinture 21è)
Il introduit un autre personnage dans sa parabole, « le portier » qui ouvre la voie au berger. Les brebis étaient parquées pendant la nuit dans un enclos, bien gardé par un serviteur ; celui-ci empêchait toute intrusion de prédateur nocturne, et au matin, ouvrait l’enclos au berger pour mener les brebis paître aux alentours. On a vu dans ce portier que Jésus ne précise pas, soit Jean-Baptiste qui a « préparé la voie au Seigneur » pour sa venue sur terre (Jn 1.19-34), soit le Saint-Esprit qui prépare les cœurs à entendre sa voix et à le recevoir, jusqu’à son retour en gloire.
On peut s’interroger sur le sens spirituel de la sortie du bercail des brebis conduites par le berger (3-4). Jésus veut-il faire entendre que dans le peuple juif (= bercail d’origine) conduit par les faux bergers Pharisiens, des hommes et des femmes, qu’il connaît par leur nom, donc intimement, reconnaissent sa voix, comprennent ses paroles, l’acceptent comme leur Berger, leur Maître et Sauveur, et le suivent sur le chemin de la Vie qu’il leur propose (v 4), en rejetant les faux enseignements
« étrangers » (v 5) ? Son appel opère un tri dans le troupeau entre les brebis qui ont une vraie relation avec lui, qui lui appartiennent et l’écoutent, qui discernent le vrai du faux dans les enseignements spirituels qu’ils reçoivent, et les autres brebis qui n’ont que l’apparence de chrétiens, mais sont spirituellement aveugles et sans discernement de la vérité.
6-10 : Toujours est-il que ses auditeurs ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre le sens de la parabole (v 6). Cela pousse Jésus à la développer et l’étoffer en deux temps : il s’identifie à la porte (8-10) puis au berger (11-13).
Pour se désigner ainsi, Jésus emploie chaque fois l’expression « Moi, je suis », avec le verbe « être » exprimé, alors que le grec peut s’en passer d’ordinaire. Jésus avait déjà utilisé cette formule insistante, sans attribut, pour affirmer sa préexistence (Jn 8.58) par rapport à Abraham. Cette expression est la traduction grecque du nom de Dieu, le Tétragramme יהוה , Yahvé, « Je Suis », que notre version Segond traditionnelle traduit avec bonheur par «l’Éternel ». Cette fois, Jésus tout en s’identifiant à Dieu, précise une particularité de sa personne et de son rôle dans sa relation avec les hommes considérés comme ses brebis.
La porte est le seul moyen normal d’accès d’une maison, d’un enclos. Pour entrer dans la maison de Dieu, que signifie d’avoir à passer par Christ seul ? Les Pharisiens croyaient que pour avoir le salut, il fallait appartenir au peuple d’Israël, obéir scrupuleusement à la loi, multiplier les efforts de sainteté, suivre les rites, offrir le sacrifice de dons conséquents, dans l’espoir d’apaiser un Dieu considéré païennement comme « en colère » contre le pécheur. Paul dira que c’est faire « son salut par les œuvres ». Jésus est venu apporter le salut « gratuitement » à celui qui croit au don de sa vie pour ses brebis (v 11). Par son incarnation, sa vie d’amour jusqu’à la mort, Jésus a inauguré une nouvelle humanité, affranchie de la condamnation à mort que sa séparation d’avec Dieu entraîne. Jésus y conduit tous ceux qui placent en lui leur confiance et leur espérance. Entrer dans le Royaume par la porte qu’est Jésus, c’est aussi vivre à son exemple, dans le renoncement à son moi égoïste et orgueilleux, pour se donner aux autres par amour.
Cette démarche de renoncement à une vie dominée par son Moi est marquée par le baptême, symbole de la mort de sa nature charnelle, pour déboucher sur une nouvelle vie guidée par l’Esprit, la vie éternelle, qui commence dès aujourd’hui pour celui qui croit à Jésus. Cette vie de liberté par rapport à l’emprise du péché est symbolisée par Jésus dans l’expression hébraïque « il entrera et il sortira » qui insiste sur la liberté de mouvement et d’activité sans entrave. Dans cette vie, la faim de justice et de paix (Mt 5.6) est rassasiée, car Dieu la nourrit de sa Parole (Mt 4.4 ; Jn 6.50-51). La vie que Jésus propose n’est pas étriquée, réduite à une « survie ». Elle est « abondante » à la mesure de sa générosité infinie, elle déborde d’énergie, de paix et de joie, jusque dans le royaume éternel (Jn 4.14).
Le but du vrai berger n’est pas de satisfaire ses désirs personnels de possession, ni ses ambitions de pouvoir, comme le voleur, mais de chercher le bien de ses brebis, de préserver et d’entretenir leur vie, à ses risques et périls, sans compter. Le portrait du vrai berger est si parfait et si exigeant qu’il ne peut désigner que le Bon Berger, modèle exemplaire de tous les bergers, pasteurs du troupeau de l’Eglise.
11-13 : Au centre du passage, Jésus s’identifie au Bon Berger dont il vient de révéler les intentions.
C’était audacieux de reprendre à son compte cette parabole de l’Ancien Testament représentant l’Éternel (Ps 23 ; 80.1 ; Es 40.11 ; Ez 34.11-23). Il anticipe les paroles qu’il prononcera devant Philippe qui lui demandait de voir le Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi (Jn 14.9-10), ou encore dans sa prière pour l’unité de ses disciples : « Que tous soient un comme toi, Père tu es en moi et moi en toi » (Jn 17.21).
La bonté de ce berger consiste à « donner sa vie » pour ses brebis. Cette expression est à comprendre d’abord au sens littéral : Jésus, comme le berger d’un troupeau, consacre sa vie aux soins de ses disciples : nourriture et protection, pansement des plaies, direction et accompagnement dans la marche de la vie.
Pendant ces trois ans et demi de ministère terrestre, il n’a cessé d’accomplir cette mission physiquement et spirituellement, d’appeler, de nourrir, de guérir, de consoler, d’avertir et de protéger contre les mensonges et les erreurs des conducteurs spirituels officiels.
Dans un second temps, cette expression annonce le don suprême de Jésus jusqu’à la mort, pour sauver les brebis de son peuple de la mort éternelle à laquelle les conduisent leurs propres péchés, les « bergers mercenaires » et le « loup », Satan (Jn 10.12 // 1 Pi 5.8). Dans ce don de vie, il n’y a aucune idée de transaction, comme le suggère au contraire le mot « mercenaire ». Ce dernier remplit son office de berger parce qu’il en tire profit personnellement, et il abandonne sa mission dès qu’elle présente un danger pour lui.
-14-15 : Cette opposition met en valeur la fidélité pleine d’attention et d’amour de Jésus pour ses disciples. On peut compter sur lui en toutes circonstances, d’autant plus qu’une relation étroite le lie à ses brebis : une communion intime et profonde existe entre elles et le berger. « Connaître », dans la Bible, n’est pas une démarche intellectuelle, du domaine du cognitif ; ce verbe désigne le lien profond qui unit deux êtres qui s’aiment et partagent leur vie, leurs goûts, leurs actions, leurs pensées, leurs désirs. C’est le verbe utilisé pour l’acte d’amour d’un couple pour donner la vie (Ge 4.1). Ici il signifie l’intimité de la relation qui unit le Père au Fils, et le Fils-Berger à ses brebis (v 15).
- 17-18 : Pour que les hommes retrouvent la relation avec Dieu que l’indépendance d’esprit et la prétention leur ont fait perdre, Jésus donne sa vie et sa mort, volontairement et librement. Jésus écarte toute idée de « destin » imposé par Dieu, toute fatalité subie par lui pour satisfaire la justice d’une divinité vengeresse outragée par sa créature rebelle, dont il lui faudrait prendre la place. Jésus, étant Emmanuel, Dieu venu parmi nous par amour, se donne entièrement pour effacer l’offense de ses créatures révoltées, et s’offre volontairement pour subir la conséquence inévitable de cette séparation d’avec Dieu, la mort éternelle. (Es 53.12 ; 1 Pi 2.24 ; Hé 9.28 ; Ga 3.13). Mais le Dieu de la vie a la puissance de redonner la vie, de « reprendre » sa vie (17). Cette parole de Jésus marque mieux que toute autre son identité divine. Le Bon Berger qui se sacrifie pour que ses brebis vivent (Jn 10.28) c’est l’Éternel lui-même !(Ez 34.11,31).
- v 16 : A ces paroles audacieuses considérées par les Juifs comme blasphématoires (10.33) et justifiant la lapidation, Jésus a ajouté une prophétie choquante pour les Pharisiens qui croyaient qu’Israël était le seul peuple à pouvoir entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus annonce que bien « d’autres brebis » viendront rejoindre le bercail du Royaume. Il ne donne pas sa vie pour les Juifs seulement, mais pour tous ceux, païens ou athées, qui entendront sa voix et voudront le suivre. Jésus sent ce rassemblement de tous ses disciples comme une nécessité (« il faut que je les amène »), due à l’infini de son amour. Celui-ci ne souffre aucune limite de race, de culture, de religion, de temps.
Gardons-nous de vouloir limiter le troupeau de Dieu à une seule dénomination, ou même à l’ensemble des dénominations chrétiennes ! Il n’y a aucun obstacle à l’amour de Dieu pour chercher et trouver ceux qui ont soif de sa présence et qui entendent sa voix, dans la nature (Rm 1.20), dans leur conscience (Rm 2.14-16), ou dans la Parole écrite, et qui acceptent de suivre fidèlement les révélations et les directives de cette voix (Jn 8.51).
- 19-21 : Les réactions parmi les Juifs (rappelons que chez Jean ce terme désigne les Pharisiens opposés à Jésus, et non le peuple tout entier), ne se font pas attendre et ne sont pas tendres : il est accusé de folie, ou de possession démoniaque, car il ose se prendre pour Dieu ! Cela justifie à leurs yeux leur refus de l’écouter. On sent dans cette estimation de folie, la peur de perdre leur propre audience auprès du peuple, la haine contre celui qui peut les supplanter dans leur rôle d’enseignants et de dirigeants.
Heureusement, d’autres auditeurs émettent des doutes sur le jugement des Pharisiens, et sont impressionnés par les paroles de Jésus, après l’avoir été par son miracle de guérison d’un aveugle-né (9.16b). Ils sont en train d’être guéris eux-mêmes de leur aveuglement spirituel ! Leur interrogation montre la puissance de conviction de la Parole de Dieu (Rm 10.17). Ce n’est pas le miracle qui provoque la foi, mais l’autorité de la vérité et l’amour de Dieu, qui émanent de cette Parole de Vie incarnée et illustrée par Jésus dans cette parabole du Bon Berger.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Par quelles « portes » trompeuses essayons-nous encore d’entrer dans le royaume de Dieu (bonnes œuvres, rites, conduite impeccable, dons d’argent ou de biens, mérites de toute nature…) ?
- Que signifie pour moi concrètement que Jésus soit la seule et unique porte d’entrée dans le royaume ?
- Quels moyens Jésus utilise-t-il pour me faire entendre sa voix ? Comment montrer que je « reconnais » sa voix , parmi toutes les voix qui se font entendre aujourd’hui ?
- Que signifie pour l’Eglise et pour moi, de suivre le Bon Berger, dans ma relation avec lui, dans nos relations mutuelles entre brebis, dans les relations avec l’extérieur ? (voir Ap 14.4)
- Quels sont les effets de la Vie Abondante que j’ai trouvée en Jésus ?
08:00 Publié dans En marche la vie chrétienne ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note








Commentaires
Jésus, étant Emmanuel, Dieu venu parmi nous par amour, se donne entièrement pour effacer l’offense de ses créatures révoltées, et s’offre volontairement pour subir la conséquence inévitable de cette séparation d’avec Dieu, la mort éternelle.
mes chers amis que voulez vous dire quand vous écrivez : Jésus se donne entièrement pour effacer l'offense de ses créatures révoltées ? en quoi le fait que Jésus soit mort ( tué par les chefs religieux de son époque parce que son message de vie était génant pour eux et pour l'impact qu'ils avaient sur le peuple) efface l'offense de ses créatures révoltées ? si le fait d'être révolté contre Dieu est écrit quelque part comment et pourquoi la mort de Jésus effacerait cette réalité. Je ne vois pas la cause à effet concrète de ce concepte. La seule chose que je comprends c'est que Jésus fut concéquent avec son message, il pronnait d'aimer ses ennemis et cela il l'a vécu jusqu'au bout. il a pardonné même à ceux qui ont voulu le détruire. Cette expérience menait jusqu'au bout nous prouve jusqu'a quel point il est capable de nous pardonner et nous donne ainsi l'occasion de repartir à zéro dans notre relation avec lui à chaque fois que nous nous éloignons de lui pour faire ce qui nous arrange. Dans ce sens Jésus nous sauve de notre enfermement loin de lui, de notre peur de lui, de notre culpabilité qui nous maintien loin de lui. La concequence de notre éloignement est la mort car vivre loin du chemin, de la vérité et de la vie engendre la mort. Pour moi il n'y a pas d'impact légal dans le choix que Jésus à fait de vivre comme un simple homme jusqu'au bout, avec tout ce que comporte le fait de vivre selon ses convictions, d'être conséquent avec elle et ainsi se mettre à dos tous ceux que cela dérange.
Une autre question sur laquelle je me heurte depuis 15 jours et auquel je n'arrive pas à répondre peut être aurez vous une piste : que veux dire concrètement cette idée que le péché tire sa force de la loi ? la semaine dernière il y avait dans le texte de l'apôtre Paul cette phrase. La seule piste que j'ai trouvé c'est que une mauvaise relation à la loi engendre un état d'esprit qui nous éloigne de Dieu et des hommes. En effet le légalisme que les pharisiens pronaient éloignait les hommes de Dieu et les uns des autres. C'est une réalité psycologique que l'on a tous pu constater. Et vous quelle est votre idée sur cette déclaration de l'apotre Paul. merci de votre réponse. amitié.
Notre réponse
Nous reconnaissons que notre expression à propos de la mort volontaire de Jésus pour effacer nos offenses, est un peu du « patois de Canaan » ! Elle condense à l’extrême une interprétation de la croix que les apôtres ont largement développée, et dont nous avions donné quelques citations (Es 53.12 ; 1 Pi 2.24 ; Hé 9.28 ; Ga 3.13). Avant de vous expliquer cette phrase, nous complétons les citations bibliques sur lesquelles je m’appuie, en vous demandant de les lire dans votre Bible. Esaïe 53.6, 12 ; Romains 5.8-11 ; 6.6,11 ; Gal 1.4 ; 3.13 ; Tite 2.14 ; 1 Pi 2.24 ; 1 Jn 3.5 ; Ap 1.5. Tous ces textes insistent sur la mort volontaire de Jésus par amour pour les hommes, et sur la délivrance du péché qu’elle opère.
Dans votre commentaire, vous regardez surtout aux aspects terrestres, humains, visibles et affectifs ou psychologiques de la mort de Christ : sa condamnation par les chefs religieux par jalousie et peur, l’harmonie entre sa vie d’amour et sa mort qui marque le comble de son amour par le pardon accordé à ses bourreaux, exemple qui nous est donné et nous déculpabilise nous-mêmes. Tout cela, nous en partageons la conviction. Cette lecture reste toutefois du domaine de la croyance, qui s’appuie sur les faits et la raison humaine.
L’apôtre Paul nous invite à voir plus loin, au-delà du littéral dans lequel Christ apparaît seulement comme un homme sublime, et un exemple parfait d’amour victime du mal et de l’injustice du monde, comme la mort des Justes pendant la 2ème guerre mondiale, à la place et en faveur de Juifs allant aux fours crématoires.
Mais en quoi cette mort nous sauve-t-elle spirituellement ?
S’appuyant sur le sens symbolique et prophétique des sacrifices du temple et des récits de l’AT, « types » de la mort de Christ (comme le sacrifice d’Isaac à qui fut substitué un bélier), Paul développe l’idée de la mort substitutive de Christ en faveur du salut éternel de l’homme. Nous allons essayer d’en donner une explication claire :
Pour nous, Christ depuis son incarnation et jusque sur la croix a représenté l’humanité, comme un second Adam (1 Co 15.45 ; Rm 5.14), passant par toutes les étapes de la vie humaine sans tomber, sans se séparer de Dieu. Au moment de sa mort, vers laquelle il savait qu’il allait, et qu’il a pleinement acceptée à Getsémané, il a endossé le péché humain, la nature pécheresse humaine avec toutes ses conséquences, c’est-à-dire la séparation spirituelle d’avec Dieu qui conduit à la séparation éternelle, appelée mort éternelle. Mais, (et c’est là le paradoxe !) en mourant, il mettait à mort cette nature pécheresse, il l’effaçait et permettait ainsi aux pécheurs qui s’identifient spirituellement à lui, de se réconcilier avec Dieu (Rm 6.6,11 ; 8.3). Cette mort de la nature pécheresse sur la croix libère le croyant de l’emprise du mal sur lui, et lui donne la force de vivre attaché à Christ ressuscité, au service de Dieu, en commençant dès maintenant sa vie éternelle.
Cette « compréhension » du mystère de la croix est du domaine de la « folie de Dieu » (1 Co 1.23, 25), du domaine de la foi « qui croit aux réalités invisibles » (Hé 11.1), hors de toute logique humaine, selon l’Esprit (1 Co 2.12-14).
2- Pour répondre à votre seconde question, nous vous invitons à relire Rm 7.7-10. Paul y exprime l’idée que si on ne connaît pas la loi, on n’a pas conscience de ce qu’est le péché, on ne sait pas distinguer le bien du mal. La loi fait connaître l’état de pécheur dans lequel on est, et cette prise de conscience écrase de culpabilité, car on ne sait pas comment s’en sortir. D’où le cri de Paul : « Qui me délivrera de ce corps de mort ? »(Rm 7.24) lorsqu’il s’aperçoit de la puissance du mal sur lui. Mais aussitôt se tournant vers Christ crucifié, il trouve en lui la libération de cette emprise (Rm 7.25a).
Comme vous le constatez, vos deux questions se rejoignent ! La loi donne force au péché, et conduit à Christ pour en être libéré (Gal 3.24), par la foi en la valeur salvatrice de sa mort !
Merci de ces précisions que vous nous permettez d’apporter. Que le Seigneur vous conduise dans la marche de votre foi !
Ecrit par : BINI Béatrice | 25.04.2009
Ecrire un commentaire