20.03.2009

Etude n°13 Confiance dans le don de prophétie (28 03 09)

Etude n°13 : Confiance dans la prophétie Actes 10. 9-23, 44-48 (28 O3 09)

 

Pour l’étude du texte d’où le verset à mémoriser est tiré (2 Chroniques 20. 20), se reporter à l’étude n°9 du 4ème trimestre 2007 : Une vie de louanges dans le thème « Le feu de l’épreuve ».

 

Observons

Le contexte

L’Eglise s’est développée dans toute la Judée parmi les Juifs (9.31). Pierre fait la tournée des communautés établies dans les villes de la côte (9.31-43). A Césarée, un officier romain, Corneille, un « craignant Dieu », reçoit en réponse à sa prière constante l’ordre d’un ange de faire venir Pierre, résidant à Jaffa (10.1-8).

Le texte :Ac 10. 9-23, 44-48

9-10 : circonstances de la vision de Pierre

11-16 : vision de la nappe remplie d’animaux impursPierre et nappe.jpg

17-23 : accueil des messagers de Corneille

24-43 : prédication de Pierre chez Corneille

44-48 : Onction de l’Esprit sur Corneille et les siens, suivie de leur baptême.

 

 

Comprenons

 

A- Les préjugés

 

Maintenant que l'Église s'étend hors de Palestine, que l'apôtre des Gentils (non juifs) a été choisi par Dieu, que l'Église vit en paix, le Saint-Esprit entreprend de rompre les barrières mises par les Juifs entre eux et les non juifs.

 

Depuis le retour de l'exil à Babylone, les Juifs étaient devenus très chatouilleux sur la préservation de leur pureté de peuple élu, qu'ils assimilaient à leur identité, tant ils craignaient de retomber dans les erreurs idolâtres qui avaient provoqué la destruction de Jérusalem et l'exil de 70 ans. Ils avaient donc établi de nombreuses interdictions de contact avec ceux qui n'adoraient pas Dieu et qui pouvaient par là, selon eux, les entraîner à abandonner Dieu.

Ils seraient alors impurs à ses yeux, impropres à le servir, donc exclus du peuple. L'impureté physique des aliments, des morts, des malades, des hémorragiques, des fous, définie selon la loi, avait été étendue par les Pharisiens à l'impureté sociale et spirituelle, qui ne permettait pas de lier d'autres relations que professionnelles avec des non-juifs ou des étrangers, considérés comme rejetés par Dieu (Jean 18.28).

 

L' oeuvre du Saint-Esprit va être, entre autre, de libérer les disciples de leurs préjugés, à l'exemple de Jésus qui n'hésitait pas à entrer sous le toit de non-juifs, à toucher des malades et à annoncer le salut à tous. Par plusieurs signes, l’Esprit va leur apprendre à lui faire confiance, au-delà de toutes leurs réticences.

 

B- Corneille

 

Officier romain, amené à la foi, Corneille constitua avec l'Éthiopien baptisé par le diacre Philippe (ch 8), les prémices de la moisson parmi les non-juifs. Il avait eu connaissance du vrai Dieu par son séjour en Palestine. Cette connaissance avait produit des fruits de piété et de charité, de crainte et de respect pour Dieu (Actes 10.2), sans qu'il aille jusqu'à la circoncision ou la pratique de tous les rites juifs. Il restait impur pour les Juifs ,  ce qu’on appelait alors un « craignant Dieu », un prosélyte.

 

La 9e heure (15h) était une heure de prière chez les Juifs. Corneille était lui aussi en prière à ce moment-là, quand un ange de Dieu lui apparut (v. 30). Dieu n'hésite pas à envoyer un messager céleste chez un non-juif, à écouter sa prière, à répondre à ses attentes et ses désirs de connaissance du salut (v. 33). Corneille, sans hésiter, fait confiance à la parole de l’ange vu en vision, et envoie des messagers à Pierre.

Dieu ne fait pas annoncer l'Évangile à Corneille par l’ange, car nul ne peut le faire aussi bien que des pécheurs qui ont éprouvé la puissance de la grâce de Dieu et y ont trouvé la paix du coeur.

Apres avoir préparé Corneille à cette rencontre, Dieu doit aussi préparer Pierre qui à Jaffa, n'était pas loin de Césarée, où habitait Corneille.

 

C- la vision de Pierre.

 

La tâche est plus difficile avec Pierre car il est encore rempli de préjugés sur les relations avec les autres, et de désir de servir Dieu selon les coutumes juives. Alors l’Esprit de Dieu emploie les grands moyens :

- Une vision symbolique répétée trois fois pour attirer l'attention de Pierre sur son origine divine et sur l'importance de son enseignement.

- Une déclaration solennelle de Dieu de ne pas appeler impur ce qu'il déclare pur (v. 15).

- La simultanéité de la vision et de l'arrivée des envoyés de Corneille, pour que Pierre comprenne le sens symbolique de sa vision d'animaux impurs.

- Un ordre et une explication immédiate de l'Esprit, pour effacer les dernières réticences de Pierre à suivre les envoyés de Corneille.

 

Pierre comprend que la vision n'est pas à interpréter comme un ordre d'abolir une loi alimentaire, bien qu’il soit midi et qu’il attende son repas (v 10) ! Mais il saisit qu’à travers cette image, Dieu lui demande d'aller vers ceux que les Juifs considéraient comme impurs (10.28).

 

La présence des frères de Joppé (= Jaffa) auprès de Pierre était nécessaire pour qu'il ait des témoins de ce qui allait se passer, car il devra rendre compte de son action à l'Église-mère de Jérusalem.

 

D- La conversion de Corneille.

 

Corneille avait voulu partager avec sa parenté et ses amis ce moment de révélation de la Parole de Dieu. Comme les Orientaux pour rendre hommage à un haut personnage ou pour adorer un dieu, il se prosterne devant Pierre. Avec humilité, Pierre refuse d'être idolâtré. Seul Jésus accepta cet hommage (Luc 8.41,47; Marc 3.11 ; Jean 9.38).

 

En entrant sous le toit de Corneille, l'incirconcis, Pierre pour la première fois accepte, avec confiance en la révélation prophétique qu’il a reçue, la loi de liberté et de charité que Dieu lui a révélée par la vision.

 

Dans son discours, Pierre ne reconnaît pas que toutes les religions se valent (il n'y aurait plus de nécessité d'évangéliser), mais que partout Dieu sait reconnaître ceux qui le

respectent et agissent en conséquence avec justice (v. 34-35). Jésus étant le Seigneur de tous offre son salut à tous (v. 36), aux Juifs comme aux autres hommes.

 

Afin de persuader les auditeurs de la réalité des faits racontés, Pierre déclare que les apôtres et lui en ont été témoins, et ont reçu l'ordre, dans la lignée des prophètes anciens, d'annoncer le pardon des péchés pour quiconque croit en Jésus-Christ (v. 43). (Gustave Doré : Pierre chez Corneille)Pierre chez Corneille.jpg

 

Les auditeurs préparés par ce discours à recevoir l'Esprit, s'en trouvent remplis au point de louer le Seigneur en langues étrangères, comme les premiers disciples juifs à la Pentecôte. Corneille et ses proches, premiers non-juifs convertis, sont rendus capables de devenir aussi les premiers témoins de Christ parmi les peuples étrangers. Les Juifs convertis qui accompagnaient Pierre en sont vivement étonnés : leurs préjugés tenaces tombent, les barrières sont brisées. La grâce que le baptême signifiait était accordée par l'Esprit, comment les hommes pouvaient-ils refuser le signe même ? (v. 47). Pierre ne les baptise pas lui-même, mais ordonne à ses compagnons de le faire, peut-être pour éviter l'attachement à la personne de l'apôtre de la part des nouveaux convertis.

 

Dieu est absolument libre dans la dispensation de ses dons, il est indépendant des structures et des rites humains. Pourtant ces rites chargés de symboles du salut (baptême, sainte cène) restent nécessaires comme sceaux visibles de la grâce invisible et de la régénération par l'Esprit de ceux qui placent leur confiance en sa Parole, et qui prêtent attention aux signes prophétiques qu’il leur envoie.

 

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Dieu nous envoie souvent par des concours de circonstances, des lectures, des paroles de notre entourage, ou des événements mondiaux, des signes de sa volonté ou de sa direction,  auxquels nous ne prêtons pas toujours assez d'attention : Cherchez,  à la lumière de la Parole de Dieu, quel sens donner à tel ou tel événement de votre vie, de la vie de votre Eglise, et même du monde. En quoi cette recherche fortifie-t-elle votre confiance en Dieu ?

-          Comment surmonter nos préjugés dans les relations avec les autres, pour que l’Evangile soit entendu par le plus grand nombre possible d’hommes et de femmes avides de connaître Dieu ?

-          A la fin de ce trimestre d’études sur le don de prophétie, quel est mon regard sur les prophéties bibliques ? Comment stimuler mon intérêt pour les étudier en groupe ou individuellement ?

-          Par rapport aux prophéties bibliques, quelle place est-ce que je donne au don de prophétie manifesté chez Mme White à la fin du 19ème siècle, dans ma vie de foi comme dans ma vie pratique ?

 

 

 

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