06.03.2009

Etude n°11 Interprétation des écrits prophétiques (14 03 09)

Etude n°11 : L’interprétation des écrits prophétiques (14 Mars 09)

 

Le verset à mémoriser de Luc 24.27 « En commençant par Moïse et par tous les prophètes, Jésus leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait », nous invite à rechercher la révélation de Christ  dans chaque livre de la Bible, même ceux qui nous paraissent bien éloignés de la Bonne Nouvelle (par exemple les livres de Josué, Juges, et même l’Apocalypse !).

Cette semaine, nous étudierons un des passages proposés par le Guide d’études Bibliques, Jacques 2.14-26, qui semble contredire le message fondamental de l’Evangile de la justification par la grâce de Dieu. Nous chercherons comment comprendre cette contradiction apparente, puisque «  aucune prophétie de l’Ecriture ne peut être l’objet d’interprétation particulière, car c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pi 1.20-21) « en accord avec la foi » (ou « selon l’analogie de la foi » = sans contradiction avec les autres prophètes, Rom 12.6).

(Exemple de foi active : Abraham sacrifiant Isaac, Mosaïque , Monreale, Sicile)Abraham et Isaac mosaïque.jpg

Observons

Le contexte

La lettre de Jacques est la plus pratique de toutes les lettres du Nouveau Testament. L’auteur, frère de Jésus, vient d’exhorter les croyants à mettre en pratique la Parole de Dieu sans se borner à l’écouter (1.22-25). Suivent ensuite des exemples de pratique : la compassion pour les affligés, la considération envers le pauvre plutôt qu’envers le  riche, l‘amour du prochain comme de soi-même (2.8), la miséricorde.

Le texte : Jac 2.14-26

C’est une argumentation qui oppose la foi sans les œuvres à la foi démontrée par des œuvres (v 18) :

v 14 : deux questions pour montrer la vanité d’une foi inactive

v 15-16 : deux exemples d’inutilité de la parole sans actes.

v 17 : Première affirmation : la foi sans les œuvres est morte

v 18-19 : la profession de foi ne se démontre que par les actes d’une foi aimante.

v 20 : Seconde affirmation : la foi sans les oeuvres reste stérile.

V 21-25 : deux exemples de foi salvatrice (v 24) parce que manifestée par les actes

V 26 : Troisième affirmation : La foi sans les œuvres est morte et ne justifie pas l’homme.

 

Comprenons

Le contexte

Jusqu’à notre passage, Jacques a combattu contre les tendances pharisaïques d’une partie de ses lecteurs d’origine juive. Leur christianisme superficiel ne se souciait pas de mettre en pratique ce qu’ils lisaient dans la Bible ; ils ignoraient la charité et les égards envers les humbles, parce qu’ils méconnaissaient l’unité de la loi royale de l’Ecriture, loi d’amour et de liberté (2.1-13).

 

Le texte

Maintenant Jacques met en lumière le défaut qui est à la base de tous les autres : le sentiment trompeur de sécurité que donne une foi purement intellectuelle, du domaine du savoir, et qui n’a aucun effet sur la vie. Cette foi ne peut sauver, c’est-à-dire qu’elle ne met pas l’homme en relation personnelle avec le Sauveur ; ainsi celui-ci ne peut le libérer  de la condamnation qui pèse sur lui à cause de sa désobéissance à la loi (2.13). Jésus l’avait dit lui-même en d’autres termes : voir Matthieu 7.21 : « Quiconque me dit « Seigneur, Seigneur !  n’entrera pas forcément dans le royaume de Dieu, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. »

Les deux exemples donnés montrent que les œuvres auxquelles Jacques pense pour exprimer la foi véritable, sont les œuvres du cœur. Devant la détresse matérielle des hommes, de bonnes paroles ne suffisent pas, il faut des actes concrets de miséricorde. Sans ces actes, la foi est sans puissance de vie, ni pour les autres ni pour celui qui prétend avoir la foi (v 17)

Jacques fait intervenir un interlocuteur fictif, d’accord avec sa pensée, pour rendre plus vivante son argumentation et la renforcer. On pourrait paraphraser ainsi le texte : « Quelqu’un dira avec raison à celui qui prétend avoir la foi : tu prétends croire, montre-moi donc cette foi qui n’a pas d’actes ! Et si tu es embarrassé, moi, je te montrerai par mes œuvres ce que signifie vraiment croire ! Les fruits que produit la vraie foi  en sont les signes certains. »

Comme pour les démons, la fausse foi n’est qu’une connaissance de l’existence de Dieu, qu’ils sont forcés d’admettre, mais elle ne produit qu’effroi et haine, et ne peut sauver. La vraie foi est la confiance d’un cœur qui se donne à Dieu, et elle transforme la vie toute entière en lui faisant produire le fruit de l’Esprit (Gal 5.22).

 

Après avoir de nouveau affirmé la stérilité d’une foi non agissante, qui reste au niveau des idées et ne transforme pas le comportement (v 20), Jacques donne cette fois deux exemples bibliques de personnages qui ont manifesté concrètement leur attachement à Dieu : Abraham fut considéré comme juste par Dieu (Gen 15.6 ; Ga 3.6) parce qu’il crut à ses promesses au point d’accepter de quitter son pays et de lui sacrifier son fils Isaac (Hé 11.8-19). Il en reçut le nom « d’ami de Dieu ». Rahab, la prostituée de Jéricho fut sauvée de la destruction de la ville, parce qu’elle avait cru dans la puissance du Dieu d’Israël et dans la promesse des envoyés de Josué dont elle protégea la fuite (Jos 2.9-11, 15-21). (Miniature 14è Florence : fuite des espions grâce à Rahab)Rahab et évasion des espions.jpg

 Son acte de foi lui permit d’être intégrée au peuple d’Israël et de devenir « ancêtre » du Messie (Mat 1.5).

Ces deux figures célèbres des Ecritures sont devenues des « types » de l’œuvre de salut de Jésus-Christ : « Quiconque croit au Fils a la vie éternelle »( Jean 3.15), encore faut-il s’entendre sur le sens de « croire », puisque les démons aussi croient au Fils (v 19) et qu’ils tremblent ! Jacques s’applique à démontrer que la profession de foi qui n’est pas accompagnée de fruits visibles dans le comportement et les actions de miséricorde, reste une parole vaine, qui n’a aucun effet pour la vie éternelle, ou, pire, en éloigne.

Sa dernière comparaison pour le faire comprendre est très forte : la foi sans les œuvres est aussi morte que l’est un cadavre, quand le corps est privé de l’esprit !

Alors que Paul (Rom 3.21-24) devait défendre le salut par la foi en la grâce de Dieu, devant des croyants qui s’enorgueillissaient de leurs œuvres, Jacques à l’inverse devait rappeler à des croyants superficiels ou intellectuels, la vanité d’une profession de foi qu’aucune preuve visible ne confirme. Loin de se contredire, ou d’infirmer le message de l’Evangile, les deux apôtres se complètent, et nous invitent à interpréter toutes les Ecritures à la lumière de l’Esprit Saint afin d’y découvrir les mille facettes du salut par la foi en la grâce de Jésus-Christ.

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

 

     -      Quelles sont mes réactions lorsque je rencontre dans ma lecture de la Bible, des contradictions, ou des difficultés à saisir le sens du texte ? Ces obstacles sont-ils des occasions d’abandon de la lecture, ou de recherche plus approfondie à l’exemple des Béréens ? (Actes 17.11)

 

     -      Ma foi en Dieu me fait-elle trembler devant Lui ? Si oui, pourquoi ? Quelle peur m’habite,  comment et où trouver le calme ? Sinon, d’où me vient mon assurance et à quoi me conduit-elle ?

 

-          Comment ceux qui m'entourent peuvent-ils percevoir concrètement que je crois en la grâce de Dieu ?

 

-          Comment est-ce que je me situe entre le message de Paul aux Romains et  celui de Jacques : suis-je attaché à mes œuvres pour les faire valoir devant Dieu et devant les hommes, ou bien suis-je insouciant de mon comportement, puisque je crois en la grâce ? (= éternel conflit entre ceux qu’on appelle, à tort, les « radicaux » et les « libéraux » !). Quelle pourrait être la position équilibrée ?

Commentaires

Très bien votre commentaire mais vous laissez de côté le sujet abordé dans le "Questionnaire" c'est à dire les écrits d'Ellen White ! (Appelé à tort Esprit de Prophétie comme si les autres écrits bibliques n'émanaient pas de l'Esprit de Prophétie !)
J'ai eu l'occasion en son temps (1948 à 1955) quand j'étais le titulaire de l'école d'église de Bruxelles d'en discuter longuement avec Maurice Tièche : lui était tout à fait d'accord avec moi car si Ellen White avait reçu ce don,les autres écrivains bibliques AUSSI et c'est bien dommage qu'on lui attribue trop souvent le monopole de ce don. Car quand on écrit (comme dans le questionnaire de cette semaine encore): "l'Esprit de Prophétie a dit ceci ou a écrit cela" nos frères américains en particulier, pensent immédiatement à Ellen White et nous reprenons cela et l'imprimons en plus!
Ellen White fut une femme remarquable mais elle est restée très humble et ne s'est jamais imposée. N'en faisons pas une "sainte" et ne la "canonisons"pas.
Raymond Liénard
Bruxelles

Notre réponse

Merci pour ce commentaire à propos de Mme White, que nous partageons pleinement. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi délibérément de nous en tenir à l'étude d'un des textes bibliques proposés par le Questionnaire, comme nous l'avons annoncé dans l'introduction de la première semaine. Nous préférons nous laisser interpeller par le texte biblique avec tout ce qu'il contient, plutôt que de lui faire dire ce que nous voulons justifier. Cela paraît, je l'avoue, quelquefois hors de propos, puisque le questionnaire est orienté sur l'apologie du don de prophétie qu'a reçu Mme White. Il nous semble ainsi maintenir les membres de l'Eglise dans une admiration du passé, pour le moins stérilisante pour le présent et l'avenir.
Nous avons étudié en église quelques aspects de ce don dans la Bible et dans l'histoire de notre Mouvement, pour arriver à ces conclusions :
- selon une définition officielle adventiste ("Servir" Networking-Equipping Those Who Are Willing To Serve, de Bruce L. Bugbee, 1989, distribué par The Charles E.Fuller Institute, Box 91990 Pasadena CA, USA, traduit et adapté par Gabriel Monet en Sept 2003, pour un séminaire de formation aux ministères de l'Eglise), le don de prophétie est :"le don de proclamer la Parole de Dieu avec clarté, puissance, d'une manière adaptée et culturellement accessible aux contemporains, offrant la possibilité d'expérimenter repentance, changement de vie et encouragement". C'est ce qu'ont reçu tous les écrivains et prophètes de la Bible, que nous croyons inspirée de Dieu. On peut regretter qu'il n'y ait pas de coordination entre ces déclarations et les rédacteurs du Questionnaire !
- L'Esprit étant libre de souffler où il veut et quand il veut, le don de prophétie est accordé pour répondre aux besoins de la communauté, pour son édification (maturité spirituelle et croissance numérique).
- Mme White a reçu ce don pour répondre aux besoins de connaissance et d'éclaircissement de croyants en recherche ardente de compréhension des prophéties de Daniel et Apocalypse. Chaque fois qu'ils se heurtaient à une difficulté doctrinale (sabbat, sanctuaire, ...) Mme White a reçu des visions qui confirmaient ce qu'ils avaient saisi, ou les poussaient à approfondir leur recherche.
- Dieu répond toujours à ceux qui lui demandent son Esprit pour mieux le connaître. La prophétie de Joël prévoit que dans les derniers temps "vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards auront des songes...." Dieu est donc disposé à accorder encore le don de prophétie, mais d'une manière adaptée à l'époque, et accessible aux contemporains, et selon les besoins de l'Eglise !
- La question est entre nos mains : 1- Cherchons-nous avec la même ardeur que nos pionniers à connaître le Seigneur, à comprendre sa Parole et à la vivre ? Le demandons-nous sincèrement ?
2- Bloqués sur le don accordé à Mme White, ne sommes nous pas aveugles sur les messages divins qui nous sont envoyés de façon différente dans l'Eglise (partages bibliques à l'EDS, prédications, groupes bibliques dans les foyers, recherches bibliques...), ou hors de l'Eglise (par exemple, comme Cyrus fut prophète serviteur de Dieu en son temps, les écologistes aujourd'hui peuvent nous avertir de la part de Dieu, sans le savoir eux-mêmes, voir les 4 premières trompettes et les 4 premiers fléaux de l'Apocalypse) ? Si nous le demandons, nous recevrons le discernement de comprendre et la capacité de proclamer la Parole de Dieu pour notre temps, selon Ap 14.6-8. Prenons-nous au sérieux la recommandation de Paul : "1 Co 14.1 : Recherchez l'amour. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie." ?
Nous vous souhaitons bonne lecture...de la Bible avant tout ! Que le Seigneur vous bénisse !

Ecrit par : Raymond Liénard | 14.03.2009

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