20.02.2009
Etude n°9 L'intégrité du prophète (28 02 09)
Etude N°9 l’intégrité du don de prophétie 2 Chr 18.4-27 (28 O2 O9)
Observons
Le contexte : Josaphat, roi de Juda, s’est allié à Achab,roi d’Israël, par le mariage de leurs enfants. Lors d’une visite, les deux rois nouent une alliance militaire contre Ramoth en Galaad, occupée par les Syriens.
(Vitrail 14è Notre-Dame Paris : un prophète anonyme)
Le texte
4-8 : demande de Josaphat de consulter l’Eternel auprès du prophète Michée
9-11 : Prophéties mensongères favorables à Achab
12-13 : Refus de Michée de prophétiser autre chose que la Parole de Dieu
14-17 : Ironie et prophétie de Michée sur l’issue fatale du combat
18-22 : vision de Michée sur les faux prophètes d’Achab
23-27 : Prophéties contre Sédécias et le roi, qui emprisonne Michée.
Comprenons
Josaphat : Le roi Josaphat est décrit comme un roi pieux et actif pour enseigner le peuple de Juda à revenir à Dieu (17.3, 6-9). Par ses réformes administratives, judiciaires et religieuses (ch 19), son règne fut prospère et glorieux (18.1). Il commit toutefois l’erreur de s’allier familialement et militairement avec Achab le roi d’Israël (= royaume du Nord). Josaphat sut pourtant garder la foi et la recherche de la présence de Dieu (18.6,31), et reconnut son erreur après le blâme du prophète Jéhu (19.1-3).
La piété et la fidélité à Dieu de Josaphat l’opposent du tout au tout à Achab.
Achab : Ce roi est dénoncé dans la Bible comme cupide et soumis à sa femme païenne Jézabel. Achab, en effet, agit selon ses intérêts personnels (1 Rois 21), écoute sa femme pour bannir ou persécuter les prophètes de l’Eternel (1 Rois 18.4,13), s’entoure de 400 « prophètes » courtisans (2 Chr 18.5), qui imitent les gestes et les formules prophétiques des hommes de Dieu. Achab consulte ces « faux-prophètes » sans doute par superstition et par goût de la flatterie, car ils ne parlent qu’en fonction des désirs du roi, et non de révélations ou d’ordres de Dieu (2 Chr 18.5, 10-12). Malgré un repentir éphémère sous les remontrances d’Elie (1 Rois 21.27-29), les choix de vie d’Achab, systématiquement contraires à la volonté de Dieu, le conduisirent à une mort honteuse au combat, déguisé en simple soldat et frappé par une flèche « perdue » (2Chr 18.28-34).
Michée : ce prophète qui s’oppose à Achab n’est pas l’auteur du livre biblique du même nom. Il le précède d’environ 150 ans. Son nom hébreu est le même que Michaël, et signifie « Qui est comme Dieu ? ». Cet homme de Dieu, face à la foule des faux prophètes, a donc pour mission auprès du roi d’Israël Achab, de démontrer qui est l’Eternel. Eloigné de la cour où ses paroles irritaient Achab, il est réclamé par Josaphat, le roi de Juda, qui ne se satisfait pas des flatteries des prophètes courtisans, et ne supporte pas le mépris d’Achab pour le prophète qui s’oppose à lui (v 7-8). Il subodore qu’il y a plus d’intégrité et de vérité en Michée qu’en Sédécias et ses acolytes.
Michée en effet refuse tout net (v 13) d’écouter la suggestion prudente du messager du roi de ne pas contredire les prophètes de la cour. Sous serment, il affirme sa fidélité à la seule inspiration de Dieu. C’est un choix personnel, volontaire et courageux, car il sait qu’Achab le persécutera (v 25-26). Sa fermeté se manifeste dans l’ironie avec laquelle il aborde Achab, reprenant mot pour mot les conseils des faux prophètes qu’il n’avait pas entendus ! Achab ne s’y trompe pas : irrité, il en vient à adjurer Michée de dire la vérité au nom de l’Éternel, mais quand il l’entend, sa fureur éclate sans frein devant Josaphat (v 17) et devant la cour (v 25-26).
Michée à la différence des faux prophètes, révèle les visions que l’Éternel lui a données de la situation : d’abord dans un poème (v 16), il annonce la mort d’Achab qui laissera Israël sans berger ; puis dans une sorte de parabole, Michée fait comprendre à Achab que les faux prophètes dont il s’est entouré ne sont que des instruments de mensonge et de tromperie qui l’entraînent dans le malheur et la mort (v 18-22).
Le ton et les images sont solennels pour avertir Achab non pas tant de la volonté de malheur de Dieu à son égard* que pour lui faire saisir la vérité de la révélation divine sur sa situation catastrophique.
V 23-24 : le faux-prophète Sédécias se sentant découvert et injurié, contre-attaque par la violence physique et le sarcasme blasphématoire : il ose parler de l’Esprit Saint comme d’un vulgaire esprit inspirateur de la gifle. Il trahit par là même le mensonge de sa prétention à être prophète de Dieu, car « les esprits des prophètes de Dieu sont soumis aux prophètes » (1 Co 14.32), Dieu ne pouvant pas se contredire ni inspirer violence et mépris des autres**.
Face à cette violence, Michée ne réagit que par la fermeté et le calme (Es 30.15), prédisant la mort du faux prophète au moment de la défaite d’Achab qui dispersera tout Israël. Michée agit exactement comme Jésus le fera en annonçant sa passion à ses disciples (Jean 14.29) : « Je vous ai dit ces choses avant qu’elles n’arrivent, afin que lorsqu‘elles arriveront vous croyiez ». Sédécias comprendra de quel esprit il est animé, lorsque se réalisera la prophétie de Michée !
L’intégrité et l’assurance de Michée se révèlent encore lorsqu’il ne cède pas à la menace d’Achab d’être emprisonné et maintenu au régime sec. Au lieu de chercher à se protéger, il renchérit sur ses prédictions et en appelle à tout le peuple. La réalisation de sa prophétie lui prouvera la vérité de la Parole de Dieu.
En résumé, l’intégrité du prophète de Dieu consiste dans la fidélité et la fermeté de sa confiance en Dieu ; il reste indifférent aux conseils de prudence, aux menaces, aux persécutions, aux tentatives d’intimidation comme Jérémie (43.2-4) ou Daniel à Babylone (6.11), et aux tentations de compromissions, auxquelles ne résista pas Balaam (Ap 2.14), faux prophète chaldéen, (momentanément inspiré par Dieu contre son gré).
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment ne pas me laisser impressionner ou désorienter lorsque ma foi rencontre l’opposition, l’ironie ou même la malveillance ?
- Quelle assurance m’apporte la réalisation des prophéties messianiques de l’Ancien Testament ? Ma foi dans les prophéties du retour de Jésus en est-elle renforcée ?
- Comment ce récit des Chroniques m’enseigne-t-il à discerner le vrai prophète de Dieu ? A quelle attitude spirituelle m’invite-t-il ? (Actes 17.11)
- Quelles conséquences la confiance dans la vérité de la Parole de Dieu a-t-elle sur ma façon de l’étudier, de la comprendre, de la mettre en pratique et de la partager avec d’autres ?
- Quelle est la limite entre la confiance inébranlable en la vérité de la Parole de Dieu et l’intransigeance intolérante et « intégriste » dans sa proclamation en public et en privé ?
*(Ne nous étonnons pas de la formulation, il est naturel dans l’Ancien Testament de tout faire dépendre de Dieu, le bien comme le mal, puisqu’il est Dieu Unique et Créateur, la conscience d’une puissance maléfique opposée à Dieu n’apparaît que peu à peu, et assez tardivement dans Job 2 ; 1 Chr 21.1 ; Dan 10. 13).
** Voir l’histoire de Balaam qui sous l’inspiration divine ne pouvait pas maudire Israël, malgré les adjurations et les menaces du roi de Moab Balak, Nb 23.16-24.13).
08:00 Publié dans Don de prophétie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
Ce qui m'étonne un peu c'est que Josapha parte tout de même à la guerre avec Achab. Visiblement il avait confiance dans Michée et malgré son conseil il part. Etonnante contradiction humaine auquelle nous sommes si souvent confronté. Bien souvent quand on fait le point sur nos choix, sur nos options nous pouvons constaté à quel point nous sommes incohérents avec nos croyance. Dieu nous aime et nous pardonne comme il l'a fait avec Josapha mais combien j'aspire pour ma vie à plus de cohérence car les incroyants eux ne s'y trompe pas et bien souvent c'est une pierre d'achoppement pour eux. Ma question est : comment mes choix de vie peuvent être plus en accord avec les conseils que Dieu me donne ?
Ecrit par : BINI Béatrice | 25.02.2009
J'ai une autre perplexité : régulièrement quand nous lisons l'ancien testament nous disons ce que vous exprimez dans la note : *(Ne nous étonnons pas de la formulation, il est naturel dans l’Ancien Testament de tout faire dépendre de Dieu, le bien comme le mal, puisqu’il est Dieu Unique et Créateur, la conscience d’une puissance maléfique opposée à Dieu n’apparaît que peu à peu, et assez tardivement dans Job 2 ; 1 Chr 21.1 ; Dan 10. 13).
et en même temps je n'ai jamais entendu quiconque remettre en question l'action de Dieu dans le déluge, dans la destruction de Sodome et Gomore, ou de Ninive ou même la destruction de la terre au retour de Jésus. Pour ma part je remets en question ce comportement de Dieu dans ces situations même extrèmes. D'ailleurs toute cette violence que l'ancien testament attribu à Dieu n'a jamais porté des fruits de repentances mais à plutôt donné une image d'un Dieu despote, qui fait ce qu'il veut de ses créatures, qui les oblige à l'adorer et à le servir sinon il les détruits. Il ne faut pas nous étonner si les chrétiens adorent un tel dieu que dans les situations extrêmes ils soient amener à faire des abus de pouvoir et à justifier certaines violences, certaines colères au nom de Dieu. L'image que nous acceptons de recevoir à une inscidence sur notre comportement. Sans le vouloir vraiment le dieu que nous adorons à une influence sur nous et sur nos comportements. J'ai envi de dire à tous ceux qui lirons ce commentaire : cherchons le vrai Dieu, cherchons à découvrir son vrai caractère afin que sa mentalité, son état d'esprit déteingne sur nous !
Ecrit par : BINI Béatrice | 25.02.2009
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