13.02.2009
Etude n°8 L'autorité du prophète (21 02 09)
Etude n°8 : L’autorité du prophète Actes 16.16-40 (21 02 09)
Observons
Le contexte 
Paul dans son second voyage missionnaire est passé en Europe, poussé par l’Esprit. Dans la ville macédonienne de Philippes, Lydie, une femme grecque « craignant Dieu », a accepté Christ et a accueilli chez elle les missionnaires.
Le texte
16-18 : Confrontation de Paul avec la servante possédée d’un esprit de divination
19-21 : vengeance des maîtres de la servante
22-25 : Emprisonnement de Paul et Silas
26-27 : tremblement de terre libérateur
28- 34 : Paul sauve la vie de son geôlier qui se convertit
35-40 : Confrontation de Paul avec les autorités romaines qui le libèrent officiellement.
Paul, messager de Dieu, apparaît dans ce récit maître de la situation malgré les circonstances adverses.
Comprendre
La servante « pythonisse »
La Grèce possédait à Delphes un sanctuaire célèbre dédié à Apollon, où on se rendait pour connaître son avenir. La légende racontait qu’Apollon s’était rendu maître du serpent monstrueux Python, qui rendait des oracles en ce lieu par l’intermédiaire d’une prêtresse, la « Pythie ». Apollon aurait remplacé le serpent et continué les oracles en utilisant la Pythie. Celle-ci, sorte de « médium » entre le dieu et les hommes, droguée par les vapeurs sulfureuses qui s’échappaient d’une faille du rocher, prononçait des paroles inintelligibles, qui étaient interprétées par des prêtres, en fonction des demandes des consultants. Tout devin de l’avenir était considéré comme inspiré par le même serpent Python, que la Bible nous apprend être un esprit malin. (Voir au sujet de la possession démoniaque le nouvel ouvrage de Philippe Augendre : « De la peur…à la paix et la joie » aux éditions Vie et Santé).
La servante de Philippes était à une moindre échelle une pythie, exploitée par ses maîtres pour s’enrichir. Elle était doublement esclave : socialement elle travaillait pour des maîtres qui utilisaient son don de divination à leur seul profit ; spirituellement elle était possédée, étouffée par l’esprit démoniaque Python, dont l’objectif satanique est de tromper les hommes par des prédictions pour les enchaîner loin de Dieu.
Cet esprit reconnaît les serviteurs de Dieu, comme il reconnaissait en Jésus le fils de Dieu (Luc 4.34-35, 41), sans doute poussé par la crainte que Jésus lui inspirait (Jacques 2.19). On pourrait penser que la publicité véridique que le démon fait aux apôtres était acceptable. Pourtant, comme Jésus, Paul la refuse catégoriquement, afin qu’il n’y ait aucune confusion possible, aucune apparence de solidarité ou de connivence entre eux et le démon.
Paul aura le même problème dans l’Eglise de Corinthe, où les prophètes et les glossolales (doués du don de langue extatique) étaient nombreux. Ils étaient exposés à devenir la proie des esprits mauvais. Paul invite l’Eglise à cultiver le don de discernement des esprits à leur sujet. Le culte chrétien ne doit pas ressembler aux cultes païens, plus ou moins médiumniques (1 Co 12.10 ; 14.29, 32).
L’esclave est libérée instantanément par la puissance de Jésus-Christ dont le nom est invoqué par Paul avec une autorité (v 18) fondée sur sa foi sans faille en la Parole de Dieu (Rm 1.16). Le témoignage rendu à Jésus est puissant dans cette ville idolâtre.
Il est important d’insister sur cette libération spirituelle totale : Jésus est plus fort que toutes les puissances des ténèbres. Dans un monde où le spiritisme, la drogue, le monde parapsychologique attirent et en même temps font trembler et enchaînent beaucoup de personnes, il est bon de rappeler la puissance libératrice du Seigneur. Ici, il délivre cette femme, même si elle n’a rien demandé ! On ne sait pas ce qu’elle est devenue, ni si elle a cru au Seigneur, le texte ne le dit pas. En tous cas, elle avait retrouvé la liberté de le recevoir ou non dans son cœur.
La vengeance des maîtres de la servante
C’est la cupidité des maîtres de la servante qui les fait se retourner contre ceux qui les privent de leur gagne-pain. L’accusation portée contre les missionnaires de troubler l’ordre public est propre à les faire condamner par les autorités romaines. C’est un procédé toujours utilisé contre les chrétiens par des accusateurs, lorsque le motif religieux n’est pas recevable par les autorités, car hors de leur compétence.
Les maîtres y ajoutent un autre grief qui marque leur orgueil de Romains, et leur mépris pour les Juifs (v 21) : « ils sont Juifs et enseignent des doctrines et des coutumes interdites aux Romains ». Une loi romaine interdisait officiellement l’introduction de religions nouvelles sous peine de mort ou de déportation. Evidemment elles se répandaient clandestinement, et attiraient à cause de ce caractère occulte et secret qu’elles étaient obligées d’avoir. La religion juive était autorisée mais méprisée par les Romains, qui toléraient les Juifs à cause de leur service de banquiers de l’Etat et de prêteurs…donc jugés usuriers, mais indispensables ! La facilité avec laquelle les magistrats romains flagellent et emprisonnent sans jugement Paul et Silas, présentés comme des Juifs, donne la mesure de leur mépris pour eux. Le silence des missionnaires sur leur identité de romains est interpellant ! Ils ne se défendent pas alors qu’ils en ont le droit. A notre époque où on revendique ses droits à tout propos, quelle leçon d’humilité et de non violence !
En prison 
Prisonniers, les fers aux pieds, Paul et Silas restent libres spirituellement, au point de prier et chanter les louanges de Dieu en prison, de façon à faire connaître la Bonne Nouvelle aux autres prisonniers ! De quoi pouvaient-ils rendre grâces ? D’être en vie, de pouvoir encore annoncer la Parole du salut, de savoir que Dieu était présent auprès d’eux, des promesses de délivrance qu’Il leur avait laissées. En toutes circonstances, même les plus pénibles, ils s’oublient eux-mêmes pour se tourner vers leur Seigneur et manifester la joie de lui appartenir et de le servir.
Le Seigneur répond avec puissance à leur confiance en lui, en les délivrant de leurs chaînes par un tremblement de terre, non seulement eux, mais aussi les autres prisonniers. Les serviteurs de Dieu sont en bénédiction à leur entourage. Cette délivrance physique semble s’accompagner pour les autres prisonniers d’un changement de comportement : ils ne pensent même pas à profiter de l’occasion pour s’évader, tant l’attitude des deux missionnaires et la réponse divine à leurs prières les ont impressionnés. De prisonniers qu’ils étaient Paul et Silas deviennent les maîtres de la situation.
Le geôlier
Cette attitude incompréhensible, et l’appel de Paul qui veut lui préserver la vie, bouleversent le geôlier. Comment est-ce possible de rester en prison alors que les portes sont ouvertes, comment est-ce possible de sauver la vie de celui qui est l’instrument de ses persécuteurs ? Il voit là une intervention surnaturelle d’une divinité qui protège ses serviteurs injustement traités, et il craint de faire les frais de la colère soit de la divinité qui vengerait l’injustice, soit des autorités romaines qui le puniraient de n’avoir pas fait son travail. Son cri « Que faut-il que je fasse pour être sauvé » est d’abord pragmatique : il est entre deux puissances qui ont droit de vie ou de mort sur lui, et il désire évidemment rester en vie ! C’est Paul qui donne à ce cri toute sa portée spirituelle en l’invitant à croire au Seigneur Jésus, et en lui annonçant la Parole du salut, à lui et à sa maisonnée.
Croire au Seigneur Jésus, c’est lui faire confiance du fond du cœur, et c’est être déjà sauvé de la mort éternelle ! Paul n’a pas d’autre message dans toutes ses lettres; C’est le message que l’Eglise a à proclamer à tous.
La conversion du geôlier se manifeste aussitôt par des actes de charité peu ordinaires pour un geôlier : laver les plaies des prisonniers, les accueillir chez lui, les nourrir ! Le Saint-Esprit a vraiment changé son état d’esprit et sa façon d’agir ! La vie de celui qui donne son cœur au Christ est bouleversée et emplie d’amour et de joie.
L’autorité de Paul que le geôlier lui reconnaît sur sa vie en se mettant à son service (v 33), a pour origines l’enchaînement des circonstances qui ont fait du prisonnier juif un maître, le comportement exceptionnel de Paul et des autres prisonniers, la puissance de la présence de Dieu qui s’est manifestée concrètement et la promesse de salut prononcée avec foi par Paul.
La libération de prison
Le sort officiel de Paul et Silas n’était pas réglé pour autant. Sans doute, le tremblement de terre avait-il amené les autorités à réfléchir sur leur absence de jugement, dont la divinité se vengeait par ce cataclysme, ou bien ils avaient appris en partie ce qui s’était passé à la prison pendant la nuit, et ils ne voulaient pas aller contre la volonté du Dieu de ces Juifs qui les délivrait, de peur d’encourir sa colère. C’est pourquoi ils donnèrent l’ordre de les relâcher sans autre procédure.
Le geôlier en est doublement heureux, pour eux et pour lui, qui n’aura pas à subir de conséquences de sa générosité. Mais Paul refuse catégoriquement une libération secrète, et révèle sa romanité, qui le rendait intouchable par les autorités, sinon avec procès.
Pourquoi la veille n’avait-il pas fait valoir sa condition de Romain, et maintenant s’en réclame-t-il ? La veille, ce n’aurait été que pour éviter un supplice et une injure personnels ; cela Paul et Silas étaient capables de le supporter. Mais maintenant, l’honneur et l’influence de leur ministère, la cause et l’autorité de l’Evangile étaient en jeu. Libérés en cachette, ils risquaient d’être considérés comme des évadés, des repris de justice vagabonds, et leur message ne serait pas écouté.
Paul aurait pu invoquer des peines sévères contre ceux qui les avaient traités injustement, il se contente de demander des excuses et une libération officielle. Cela explique la peur des fonctionnaires et leur mansuétude soudaine envers Paul et Silas. S’ils les prient de partir, c’est pour éviter de nouveaux troubles ou pour éloigner ceux qui les avaient gravement compromis.
Paul se servira à nouveau de sa qualité de Romain, non pour éviter personnellement un supplice, mais pour échapper à la mort par assassinat qui aurait mis fin à son ministère : il voulait pouvoir faire entendre le message du salut le plus loin et le plus longtemps possible (Actes 22.24-25). Ce n’est pas son sort personnel qui le préoccupe, mais l’accomplissement de sa mission !
Ici l’autorité de Paul sur les Romains vient de leur système juridique et de leur superstition. Paul est totalement dans son droit, ils risquent gros si leurs supérieurs apprenaient leur bévue ; de plus Paul semble, à leurs yeux, protégé de son Dieu assez puissant pour provoquer un tremblement de terre libérateur. Mieux vaut éviter de le défier encore !
Finalement dans sa double confrontation avec le démon de la servante, et avec les autorités romaines, Paul garde son sang-froid, la maîtrise de ses émotions et la conscience de sa mission de porte-parole de Dieu ; il impose son autorité de représentant de Dieu, confiant dans ses promesses. Il suit l’exemple du prophète Jérémie (36.22-31) qui ne se laissa pas détourner de sa mission par la fureur et les menaces du roi. Le chrétien d’aujourd’hui a-t-il la même assurance et la même autorité devant l’injustice commise à son égard et à l’égard des opprimés ?
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Sur quoi fondons-nous l’autorité de nos pasteurs, de nos prédicateurs, et de nos enseignants dans l’Eglise ? Sur leur facilité de parole, sur leur prestance ou leur aisance sociale, sur leur autorité personnelle ou fonctionnelle, ou sur l’autorité de la Parole de Dieu qu’ils proclament ? Qu’est-ce que cela change dans notre attitude à leur égard, et à l’égard de leur message ?
- A quels changement de comportement vis-à-vis des autorités civiles l’attitude de Paul nous invite-t-elle ?
- Comment mes attitudes de chrétien dans l’adversité comme dans le bonheur peuvent-elles être en bénédiction pour mon entourage ?
- Comment ne pas abuser de l’autorité de la Parole divine et éviter de l’utiliser pour imposer notre volonté humaine, dans l’église comme à l’extérieur ?
08:00 Publié dans Don de prophétie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
Mes chers amis, je voulais vous faire part de ma révolte concernant ce texte. En effet, le Seigneur fait-il que les souffrances physiques de Paul et Silas soient suffisament amoindris pour qu'ils puissent chanter et prier ? j'imagine, vu votre âge, que vous avez eu des souffrances physiques très dures, c'est du moins mon cas et dans ces situations ou la souffrance traverse votre corps de manière insoutenable, ou il n'y a plus aucune place pour autre chose dans notre cerveau, je ne vois vraiment pas comment on peut sincèrement prier et chanter les louanges de Jésus. cela me parait ou sofistiquer ou un mensonge. Ou alors ce sont des surhommes et donc ils ne peuvent être des exemples pour moi. Une autre chose qui m'a parut difficile a croire et a accepter : comment en une demi-nuit c'est à dire dans le meilleurs cas 4 ou 5 h tant d'évènements ont pu avoir leur place. Un dialogue très élaboré avec le gardien, une prédication sur la bonne nouvelle de l'évangile, le bapthème de nombreuses personnes dans une prison ou on se demande bien ou ils ont trouvé autant d'eau puisqu'on pratiquait à cette époque le bapthème par imersion, et ensuite un bon repas avec toute la famille dans la maison du gardien ? ce récit prit à la lettre me parait complètement iréaliste et dans lequels je ne puis m'identifié à aucun niveau.
Quand à l'autorité des pasteurs et des enseignants pour moi nous avons dépassé cette époque ou certains savaient et d'autres pas. Pour moi nous sommes tous à la même enseigne, nous sommes tous des chercheurs de Dieu, nous avons tous les mêmes problématiques de foi et pour moi un pasteur c'est quelqu'un qui a pour rôle de rassembler, et de créer une ambiance propice à la recherche. Parce qu'il a étudié l'hébreux il peut éventuellement donner certains éléments supplémentaires pour éclaircir un texte. Ces nombreuses années d'étude peuvent parfois être un plus dans la recherche mais a part cela je ne lui accorde aucune autorité particulière et ne lui donne aucun pouvoir sur ce que je dois croire,ou penser. merci de me lire et de me répondre quand vous le pourez. bonne semaine à vous.
Ecrit par : BINI Béatrice | 16.02.2009
Je comprends la révolte de Béatrice. Mais pas tant sur le texte lui-même, qui semble effectivement ne pas devoir être lu au premier degré (trop d'apparentes invraisemblances), que sur les "Questions pour une application dans la vie chrétienne", qui sont d'une surprenante désuétude. Elles sont connotées "moraliste", et imprégnée d'une volonté d'orientation plaisamment dénoncée dans la dernière question. C'est dommage. Je serais vraiment d'avis que l'on change de niveau de réflexion, et que les questions accompagnent les lecteurs vers l'écoute de ce que texte leur dit, l'écoute de leur coeur face à ce texte, plutôt que le "voilà ce que vous devez pensez et faire" à peine sous-jacent....
Il est question de l'autorité des prophètes et non pas de la notre. Ils étaient apôtres, nous ne le sommes pas, tout juste disciples, un peu.
Quand aux pasteurs, ils feront d'eux-même la démonstration de leur véritable autorité. Point n'est besoin que nous la leur accordions gratuitement. Sans pour autant les "casser", pas question de leur faire des cadeaux béats. Aujourd'hui plus qu'hier, la relativité de la religion étant démontrée, ils ont besoin d'avoir du "coffre", pour que je travaille avec.
Ce n'est pas la fonction qui fait l'homme. Mais des hommes réinventent chaque jour l'insaisissable du vrai pastorat.
Ce que ce texte m'apprend c'est que Dieu intervient extraordinairement auprès d'êtres exceptionnels, choisis exceptionnellement, dans des circonstances hors du commun. Ce n'est pas le quotidien. "Le miracle n'est pas le langage normal de Dieu". Et donc il est un exemple extraordinaire.
J'approuve au demeurant le calme et la détermination provoqués par le juste positionnement d'hommes bien dans leur voie/foi. ça c'est un idéal, et une question en suspens: quel positionnement personnel, vis à vis de quelle foi, quel Seigneur?
Le reste viendra à la suite.
Cordialement
Olivier
Nore réponse
Nous accueillons ce commentaire comme l'expression de sentiments personnels vis-à-vis de notre note. Nous ne percevons pas trop son objectif d'intérêt commun pour les lecteurs, que nous ne désirons pas lancer dans une polémique. Nous cherchons dans nos notes à éclairer un ou deux aspects du texte biblique, sans prétendre être exhaustifs, ni plaire à tout le monde ! Chacun reste libre et responsable de l'écho qu'il donnera ou pas aux positions prises et aux questions posées.
De manière générale nous restons ouverts à un dialogue enrichissant pour tous.
Ecrit par : SOMMER Olivier | 20.02.2009
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