06.02.2009
Etude n°7 Le travail des prophètes (14 02 09)
Etude n° 7 : Le travail du prophète (14 02 09)
(Miniature 14è Prophètes messianiques) 
Le Guide adventiste de lectures bibliques hebdomadaires nous propose cette semaine d’examiner plusieurs passages de la Bible bien connus, pour passer en revue les divers aspects de l’activité de prophètes caractéristiques comme Abraham (Gn 22.1-14), Moïse (OS 12.14), Esaïe (53), Jean-Baptiste (Mt 3.7-10), Paul (1 Co 5.1-5), et même Jésus (Rm 3.21-26). Ces prophètes, porte-paroles de Dieu et « types » de l’œuvre de salut de Christ, ont respectivement préfiguré le sacrifice de Christ, libéré, guidé, protégé le peuple d’Israël à sa sortie d’Egypte, annoncé la mort et la résurrection du Serviteur Souffrant, exercé un ministère de répréhension auprès des chefs Juifs et de l’Eglise chrétienne, et enfin pour Jésus, manifesté la justice gratuite de Dieu. Tous ont eu pour tâche de révéler l’amour inconditionnel de Dieu et de conduire le peuple à croire au Messie pour son salut.
Il nous a semblé que Paul dans sa première lettre aux Corinthiens (ch 14), donnait une admirable synthèse du rôle du prophète dans l’Eglise. C’est pourquoi nous vous proposons d’étudier cette semaine, hors des textes du Guide d’études, ce chapitre particulièrement éclairant sur le travail du prophète.
Texte : 1 Corinthiens 14 .1-40
Observons
Le contexte
A partir du ch 12, Paul aborde la question des dons spirituels accordés par l’Esprit pour unir et édifier l’Eglise, corps du Christ. Mais (ch 13) ces divers dons n’ont aucune valeur sans l’amour (agapê).
Le texte
A- 1-25 : Rapport du don des langues avec celui de la prophétie :
1-6 : Comparaison entre l’utilité du don des langues et celle du don de prophétie
7-11 : deux illustrations : la musique instrumentale et les langages humains ont un sens pour les auditeurs
12-19 : de même, que les dons spirituels recherchés édifient et instruisent l’Eglise
20-25 : A la différence du don des langues, la prophétie fait appel à la maturité de jugement des croyants, et peut convaincre et convertir les incroyants.
B- 26-40 : Usage des dons dans l’Eglise pour l’édification de tous
26-28 : pour les langues, ordre d’intervention et interprétation sont indispensables
29-33a : pour la prophétie, même nécessité d’ordre et de soumission mutuelle à l’Esprit
33b-35 : place des femmes dans l’Eglise
36-40 : Autorité sur tous de la Parole de Dieu dispensée par l’apôtre. Le don de prophétie est préférable à celui des langues.
Comprenons
Dans ce chapitre nous nous intéresserons à tout ce que Paul nous dit de la prophétie dans l’Eglise.
A- Paul conçoit ce don de façon très générale : la prophétie, c’est le don de s’adresser aux croyants (v 22) de la part de Dieu, de façon significative (v 9), pour les édifier (V 4).
La prophétie n’est pas limitée, comme nous le faisons trop souvent aujourd’hui, à la prédiction personnelle ou à la révélation de l’avenir en général.
Ce n’est pas non plus un don accordé à un spécialiste, car tous peuvent désirer prophétiser (v 5,24,31,39), pourvu que ce soit en vue de l’édification de tous. On peut donc de façon très étendue rechercher ce don de distribuer la parole édifiante de Dieu, lorsqu’on est pasteur, prédicateur/trice, catéchète, membres de groupes bibliques à l’église ou au foyer, témoin de Jésus-Christ devant n’importe quel public. Ainsi se réaliserait le vœu de Paul, mais aussi de Moïse (Nb 11.29 : Puisse tout le peuple de l’Eternel être composé de prophètes, et veuille l’Eternel mettre son Esprit sur eux ! »
Le parler en langues (glossolalie) n’est intelligible à personne d’autre que celui qui le vit. Il ne devient intelligible que si celui-ci l’interprète (v 2,9). Il ne fait pas appel à l’intelligence, ni à la communion des auditeurs (v 14,16) ; il n’est que l’expression d’une action de grâces personnelle. Tandis que la prophétie implique la participation de tous : le prophète pour prononcer des paroles compréhensibles et significatives (v 9,19), et l’assemblée pour saisir les enseignements dispensés et les mettre en pratique par la repentance et l’adoration de Dieu (v 24-25).
Pour Paul, la qualité principale du prophète, c’est qu’il parle à tous les hommes de la part de Dieu : comme le son d’un instrument de musique permet de reconnaître l’instrument qui l’émet, la parole prophétique permet de reconnaître le Seigneur comme libérateur du péché (v 24 ; Osée 12.14), et comme Consolateur des souffrances (v3). Prenant sens pour l’auditeur, elle l’avertit comme une trompette (// Ap 8-11) ; elle le conduit, comme Jean-Baptiste ou Paul, à examiner l’état de son cœur (v 25a), et à se tourner vers Dieu pour l’adorer et jouir de sa présence dans l’assemblée (v 25b).
Ainsi le prophète (v 3B) en révélant les mystères de Dieu de façon intelligible, exhorte, c’est-à-dire encourage et pousse les auditeurs à prendre des décisions pour leur salut, à se repentir de leur état de pécheurs et à se tourner vers leur Sauveur. Le prophète instruit les autres (v 19) en révélant le plan et l’œuvre de salut de Dieu en Jésus-Christ, comme Abraham ou Esaïe y ont contribué par leurs actes ou leur prédication.
Le fruit de l’exhortation, de la révélation et de l’enseignement est double : la consolation personnelle et la « consolidation » ou édification de l’Eglise toute entière. Cette édification au sens de croissance spirituelle, morale et numérique (Ep 4.11-13) est en effet le but suprême des dons de l’Esprit. Le prophète œuvre dans ce sens par sa parole et ses gestes, et par le témoignage de sa vie entière.
Nous croyons que dans les derniers temps Dieu suscite un peuple de prophètes (« joueurs de harpe jouant de la harpe » Ap 14.2) pour appeler au salut le plus grand nombre possible d’hommes. Ils ont pour mission de proclamer la vérité du Dieu Créateur, Juge et Sauveur (Ap 14.6-12 ; 19.10). Il nous semble important de comprendre le rôle de chacun dans cette œuvre de prophétie, dans un monde qui, sans le savoir, a faim et soif d’entendre la Parole de Dieu (Amos 8.11).
C’est pourquoi pour terminer le chapitre 14 de sa lettre aux Corinthiens Paul s’attache à donner des instructions très pratiques sur l’usage du don de prophétie ou simplement de la parole, au sein des assemblées chrétiennes.
B- Comme l’ordre et la bienséance doivent régner dans les assemblées, Paul établit des règles universelles de communication et de comportement dans un groupe : si l’on veut édifier paisiblement et donner une image de Dieu la plus fidèle possible, chacun doit parler et écouter à son tour, sans cacophonie ni multiplication d’intervenants (v 29-33), ni orgueil personnel. En effet, les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes : c’est-à-dire qu’aucun prophète ne peut prétendre être le seul inspiré, ou avoir une révélation particulière plus importante ou complètement différente des autres prophètes inspirés de Dieu (2 Pi 1.20-21). Cela signifie aussi que celui qui est inspiré de Dieu ne perd pas le contrôle de lui-même, de sa raison, (comme le don des langues semble l’avoir provoqué à Corinthes). Il garde conscience de sa responsabilité vis-à-vis du message à dispenser et vis-à-vis de ses auditeurs. Sa parole est en harmonie avec celle des autres prophètes de la Bible (« selon l’analogie de la foi » Rm 12.6), car Dieu ne peut pas se contredire. Comme porte-parole, le prophète reste humble et soumis à l’Esprit qui l’envoie.
Le passage concernant la parole des femmes dans les assemblées est dicté par un souci culturel de bienséance chrétienne : dans le monde grec d’alors, les femmes honnêtes restaient à la maison, recluses dans le gynécée ; celles qui apparaissaient en public et y prenaient la parole étaient soit des courtisanes, soit des prêtresses du dieu Apollon, qui délivraient, sous l’emprise de drogues, des messages divinatoires comme la Pythie à Delphes (voir la servante possédée d’Actes 16.16). L’Eglise devait éviter soigneusement d’être assimilée à ces pratiques divinatoires et extatiques, pour témoigner d’un Dieu qui inspire ses fidèles dans la paix, l’harmonie et la conscience de soi et de sa place. Paul fait-il allusion au texte de Gn 3.16, en parlant de la « loi » de soumission de la femme à son mari, pour donner autorité à son conseil en en faisant un « commandement du Seigneur » (v 37b), alors que cette parole n’était qu’une prévision divine de l’état des relations entre les époux après la chute !? Combien cette lecture littérale nous semble avoir été néfaste à l’édification de l’Eglise que recherchait ardemment Paul, car l’Eglise s’est privée ainsi des dons accordés par l’Esprit aux femmes comme aux hommes (Ga 3.28) pour l’utilité de l’Eglise ! Ce que Paul nous semble recommander pour le bien et le témoignage de l’Eglise, c’est que la prise de parole au nom de Dieu, la prophétie, ne soit pas l’occasion de bavardage et de désordre dans l’assemblée, de confusion spirituelle sur l’origine de l’inspiration, et de scandale au niveau culturel et social. En cela, il peut dire que son conseil est un commandement, une volonté du Seigneur, applicable et utile à toute époque et dans toute culture.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Comment rendre toute parole prononcée au nom de Dieu dans l’Eglise et hors de l’Eglise, parole d’encouragement, d’enseignement et de consolation ?
- Suis-je conscient d’être porte-parole de Dieu autour de moi par ma vie et par mes propos ? A quelles réformes cette conscience me conduit-elle au niveau spirituel (= dans ma relation avec Dieu), au niveau relationnel et moral (= dans ma relation avec les autres et avec moi-même), au niveau pratique (dans mon langage et mon vécu) ?
- Comment mon église remplit-elle son rôle de prophète dans et hors de la communauté ? Quel message porte-t-elle au monde et aux fidèles ?
- Quelle est ma participation personnelle à cette œuvre de proclamation de la Parole, et plus particulièrement quels sont mon intérêt et mon attention pour la prophétie biblique (Ap 1.3 ; 22.7).
- Comment mon Eglise utilise-t-elle les dons de la Parole accordés par l’Esprit à des femmes pour l’édification de tous (prédicatrice, pasteure, enseignante, théologienne) ? Par quels préjugés socioculturels à ce sujet est-elle encore freinée dans son développement ?
- Comment personnellement accepter et respecter la liberté de l’Esprit d’accorder ce don à une femme, quand la vie et la croissance d’une communauté en dépendent ?
08:00 Publié dans Don de prophétie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note








Commentaires
Ce matin j'ai eu l'occasion d'étudier avec notre groupe le texte de 1co 14 et la problématique du don des langues. Bouteille à encre depuis des années j'ai préféré orienter le groupe sur la notion de communication. Paul insiste sur l'importance de parler de façon a être compris de l'autre, du groupe. Il y a des parler en langue qui sont fait de paroles inaccésibles aux personnes à qui on s'adresse. En parlant le "patois de canaan" nous sommes inaccésibles aux non-initié et souvent même aux jeunes ou à ceux qui pleinement encrés dans leur époque qui n'arrivent pas à mettre du sens aux mots prononcés. Je crois que bien souvent nous nous fourvoyons quand nous croyons comprendre le patois de canaan, quand nous disons des phrases toutes faites sans véritables contenues. la preuve c'est que lorsque nous essayons de traduire ce langage religieux en langage moderne, avec des concepts modernes très souvent nous avons beaucoup de difficultés à nous faire comprendre de l'étranger. Pour moi c'est une sorte de parler en langue. En fait le fond du problème c'est d'avoir assez d'amour pour l'autre pour utiliser des termes qui soient accésibles pour qu'il puisse être édifié (enrichi)et avoir les moyens de murir et grandir dans la foi et la connaissance du notre Dieu. Il y a différants dons dans ce domaine et nous aurions intérêts à combiner tous ces dons pour communiquer la bonne nouvelle de l'amour inconditionnel de notre Seigneur. Il y a des personnes qui ont le don de décortiquer les textes mais qui sont incapable d'en faire part à la communauté. En prenant conscience de cela elles pourraient avoir l'umilité de l'accepter et de laisser quelqu'un qui a le don de communiquer avec des mots accéssibles délivrer son message. comme un traducteur ou un interprète. Ainsi un, élabore le message et un autre le transmet. Pratiquement nous devons toujours nous assurer que l'autre à compris ce que nous voulions lui dire et si malgrè de plus amples explications je n'arrive pas à me faire comprendre je peux faire appel à un tiers qui expliquera les choses différaments avec d'autres mots plus à la porté de la personne. Ceci est vrai pour les particuliers mais aussi pour les communautés. C'est une grande preuve d'amour que de s'attacher à être compris. La communication est une des choses les plus difficiles et pourtant essentielle dans les familles. Dieu est un dieu qui communique de diverses manières justement pour être sur d'être entendu et compris par tous. Quel amour de sa part d'avoir utilisé un nombres incalcultables de prophètes et encore aujourd'hui pour se faire connaitre et créer un lien d'amour avec nous. J'apprécie beaucoup de pourvoir partager avec vous mes réflexions et j'apprécie aussi le fait que vous m'avez toujours répondu. Je ne comprends pas toujours ce que vous dites dans vos études car le langage est encore trop conventionnel et bien souvent les mots ne me disent rien, c'est trop abtrait, il me semble que vous auriez à gagnier pour vous faire comprendre d'illustrer avec des images du xxI siècle les propos que vous avez compris dans les textes bibliques. Je ressents chez vous une grande richesse, beaucoup de profondeur mais elle m'est inaccésible, je capte rarement ce que vous voulez vraiment dire pourtant je lis régulièrement vos études. j'espère que je ne vous blesse pas avec ma franchise le but étant simplement de trouver les moyens de mieux communiquer. bien fraternellement. Béatrice
Ecrit par : BINI Béatrice | 14.02.2009
Chers frères et sœurs en Jésus-Christ,
Je suis un croyant qui vit au Québec (Canada)...
J’offre des partages bibliques inédits, écrits dans les 15 dernières années...
Ce sont essentiellement des écrits quelque peu prophétiques, dans un sens, que le Seigneur m'avait accordés d'avance pour l'Église des temps de la fin, où nous sommes entrés de plein fouet...
Une Église qui reprend la forme de groupes petits et moyens, d'églises-maison, de groupes de maison, d’églises cellulaires, d'églises "famille élargie", enfin peu importe le nom, sur une base interactive…
Ce sont aussi des écrits "d'ajustement fraternel", pour les croyants qui persévèreront jusqu'à la fin, et qui feront partie de ces groupes…
Ils sont produits sur Microsoft Word, et je les envoie gratuitement, par courriel, à tous ceux qui en font la demande...
Si vous me donnez votre adresse email, je vous enverrai ma liste de partages, ainsi qu’un mini témoignage de mon cheminement dans le Seigneur.
Puis, vous n'avez qu'à m'envoyer un email, avec la liste des titres qui vous intéressent et vous interpellent. Vous pouvez les imprimer à volonté, sans aucune réserve...
Le temps est arrivé, le temps est compté; nous devons nous préparer, et nous organiser selon le Seigneur, et les circonstances actuelles...
Déjà au Québec, certains paliers de gouvernement, à certains endroits, ont passé des règlements interdisant l'achat de terrain, la construction ou la location de bâtiments pour tout groupe évangélique...
Les évènements vont maintenant se bousculer, en Occident, et partout dans le monde.
Salutations et bénédictions, en Jésus,
Michel Cournoyer
Ecrit par : michel cournoyer | 24.02.2009
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