30.01.2009
Etude n°6 Eprouver les prophètes (07 02 09)
Etude n°6 : Tester les prophéties (Eprouver les prophètes ?) 07 02 09
Texte : Jonas 3 et 4 
Observons
Le contexte : Jonas, dont le prénom signifie “ colombe “, fut contemporain d’Amos et de Joël et appartenait à la tribu de Zabulon, il était originaire de Gath-Hépher, bourgade de la Galilée à une heure au nord-est de Nazareth.
Jonas prophétisa sous Jéroboam II, à une période de grande prospérité et de paix, tandis que la puissance Assyrienne vivait un déclin passager. Jonas, possédé par l’idée du particularisme juif, a du mal à comprendre que Dieu puisse se préoccuper du salut d’un peuple Assyrien très cruel, et lui confier la mission d’avertir des gens si corrompus. A quoi bon perdre son temps et risquer sa vie ? Jonas fuit donc dans la direction opposée à bord d’un bateau, puis au cours d’une tempête il est jeté à la mer sur sa demande ; après trois jours passés dans le ventre d’un grand poisson, il crie à l’Eternel et est miraculeusement rejeté sur la terre pour accomplir la mission que Dieu lui avait confiée.
Le texte : Jonas 3 (Jonas sorti du poisson, renvoyé à Ninive)
1-4 : Second appel de Dieu à Jonas pour se rendre à Ninive où il délivre son message.
5-9 : Fruit du message prophétique de Jonas : la repentance de Ninive
10 : la grâce de Dieu épargne les Ninivites.
Jonas 4
1-4 : Dialogue entre Jonas très irrité et déprimé et l’Eternel
5-8b : Jonas sous son ricin
8c-11 : second dialogue entre Dieu et son prophète
Ces deux chapitres mettent en valeur la portée du message prophétique, que le prophète lui-même a du mal à accepter.
Comprenons
Chapitre 3 : Jonas reçoit un deuxième appel de la part de Dieu et annonce à la grande ville : “encore 40 jours et Ninive sera détruite (ou bouleversée selon les traductions)”. Son message oral était inspiré par Dieu (3.2) sans qu’on sache exactement ce que Dieu lui avait demandé de dire, mais fut interprété par le prophète comme une condamnation plus que comme un appel à la repentance. Dieu avait ordonné à son prophète d’aller porter sa parole de jugement à Ninive (1.2). C’était une parole très brève :"crier contre elle car sa méchanceté est montée vers Dieu". En hébreu, le verbe que nous traduisons par "crier" signifie assi "proclamer, appeler", et la préposition traduite par "contre" a une quinzaine de sens différents et parfois contradictoires, puisqu'elle peut signifier "contre" ou "en faveur de, sur, vers" ! Jonas, plein de ses préjugés, a compris la parole de Dieu comme une condamnation de Ninive. Mais cette parole pouvait signifier aussi : "Parle-leur, appelle-les à revenir de leur méchanceté", comme c'est la mission de tous les prophètes. Ainsi le prophète Jérémie est-il envoyé pour dire au peuple pécher (18.11) : "Parle aux habitants de Jérusalem et dis : ainsi parle l'Eternel, je prépare contre vous un malheur (=jugement)..., revenez chacun de votre mauvaise voie, réformez vos voies et vos agissements" (= appel à la repentance) Voir aussi Es 1.18 ; 40.2 ; 27.4-5. Jonas ne va retenir que le sens de condamnation imminente, comme le prouve sa colère en voyant Ninive épargnée !
La parole de Jonas est aussi courte, parole d’avertissement avec un délai. Le mot traduit par « destruction » (v 4), comme Jonas espérait le voir depuis sa hutte à l’est de la ville (4.5), signifie aussi « bouleversement », comme les Ninivites semblent l’avoir aussi compris, en bouleversant leurs attitudes, leurs sentiments, et leurs pensées par un retour à Dieu (3.8). Le prophète a la connaissance de la miséricorde de Dieu (4.2) mais n’en parle pas aux Ninivites, et ce sont eux qui curieusement comptent sur la bonté de Dieu (3.10).
La participation du bétail, tout à fait irréalisable, à ces rites de repentance n’est indiquée que pour montrer l’étendue de ce mouvement vers Dieu !
Jonas, comme prophète connaissait les paroles de jugement et de condamnation de Dieu contre ceux qui vivent sans lui. Dès les dix Paroles (Ex 20.5) Dieu avait affirmé qu’il ne laisserait pas impuni l’idolâtre, synonyme de méchant dans la Bible (Dt 7.9-10). Ninive à l’époque de Jonas représentait le summum de l’idolâtrie aux yeux des Israélites. Jusqu’à Jonas ces messages de jugement étaient donnés aux peuples d’Israël et de Juda, même s’ils concernaient des nations païennes, pour encourager le peuple de Dieu opprimé par ces nations. Pour la première fois, un prophète d’Israël est envoyé délivrer son message d’avertissement directement au peuple concerné ! L’intention de Dieu pour ces nations étrangères et son enseignement à son peuple seront révélés à Jonas par ses expériences personnelles rapportées dans les chapitres 1-2 et 4.
Si Jonas connaissait les paroles de jugement, il n’ignorait pas non plus les paroles de miséricorde (4.2). Mais cette possibilité du pardon de Dieu pour Ninive, était à ses yeux très humiliante pour son personnage : il passerait pour un « faux prophète » puisque sa prédiction ne se réaliserait pas au bout des 40 jours annoncés (Il n’imaginait pas que le repentir de Ninive serait très bref, ni que 40 ans plus tard Ninive serait effectivement détruite par les Babyloniens).
Le choix du bref message oral qu’il délivre dans Ninive, est révélateur de son état d’esprit, reflet de celui d’Israël à son époque envers les nations païennes. Il ne retient que la condamnation et l’espère même profondément puisque le pardon lui donne envie de mourir (4.3). Il n’a pas compris la raison du délai de 40 jours (à mettre en parallèle avec les 40 ans dans le désert du peuple hébreu, ou les 40 jours de jeûne de Jésus dans le désert), délai destiné à donner le temps nécessaire pour prendre conscience de son état devant Dieu et lui revenir complètement. Jonas est rempli des préjugés de sa propre-justice, du privilège de faire partie du peuple élu. Refusant de reconnaître Dieu comme un Dieu d’amour, il regarde tous les autres peuples comme idolâtres, donc destinés à la destruction. Et le plus vite serait le mieux à ses yeux, pour débarrasser le monde de cette « racaille malfaisante » ! Les fruits d’un tel état d’esprit ne sont que haine, irritation, désir de mort. Est-ce ce qu’on attend d’un prophète de Dieu ?
Sa première expérience de la miséricorde de Dieu envers les marins idolâtres et repentis (1.14-16) ou envers lui-même, prophète rebelle sauvé des abîmes par un poisson (ch 2), ne lui a pas servi à comprendre la situation de Ninive. Il faudra une autre intervention de Dieu à propos d’un ricin,qui touche de près à son confort personnel (4.6-11), pour lui ouvrir les yeux et enfin lui permettre d’offrir à Dieu sa reconnaissance (2.10).
Etonnante réaction d’un peuple cruel et sanguinaire qui se repent si facilement à l’annonce faite par un prophète hébreu. L’expérience de Jonas était certainement connue du peuple, ce qui donnait à son message une redoutable autorité, le Christ lui-même dit “ que Jonas fut un signe pour les Ninivites » ( Luc 11.30). Jonas a un message oral à délivrer, mais à son insu, son histoire parle aussi du jugement de Dieu sur Jonas en fuite, réalisé par sa mise à la mer dans la tempête, et suivi du salut de Jonas rejeté vivant hors du poisson ainsi que du salut des marins repentis. Cette expérience parlait de la puissance et du pardon de son Dieu. Les païens pouvaient constater « de visu » que celui qui revient à Dieu et lui obéit reçoit le pardon et la vie. Préparés par les catastrophes récentes de leur histoire , par le monothéisme d’un de leurs précédents rois, par le récit du vécu de Jonas, les Ninivites vont entendre les paroles de jugement du prophète comme un appel à adorer son Dieu , donc à garder la vie comme Jonas. Ils vont mieux saisir que Jonas et son peuple (Mt 12.41), l’intention qu’a Dieu en leur envoyant un prophète et en leur accordant un délai : Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se repente et qu’il vive (Ez 33.11) et il ne fait pas de considération de personnes (Ac 10.34-35) pour tous ceux qui croient en lui (Ac 10.43).
Le prophète rempli de lui-même devra apprendre (ch 4) à sonder son propre cœur pour y découvrir ses idoles : égoïsme, orgueil nationaliste, ressentiment contre Dieu et haine des autres. Il devra passer par la mort de ces sentiments négatifs et destructeurs de sa personne, puisqu’ils le conduisent à désirer mourir (4.3,8-9). Cette mort à lui-même lui permettra de comprendre tout l’amour de Dieu pour lui (poisson, ricin, suscités par Dieu pour sa vie et son confort) et pour tous ceux qui se repentent et l’adorent, même si ce n’est pas dans les formes de la piété dont il a l’habitude.
Il est facile aujourd’hui aussi de prononcer des jugements de condamnation sur les autres qui ne croient pas ou ne pratiquent pas comme nous.
Nous sentons-nous concernés par les appels au repentir que contiennent implicitement les avertissements divins ? (Ap 8 à 9.21)
Nous pouvons comme Jonas nous retirer à l’écart pour attendre le retour de Jésus qui va balayer tous ceux qui commettent le mal et dont nous estimons ne pas faire partie. Heureusement, la miséricorde de Dieu à notre égard peut parler à notre insu, au-delà de notre attitude et de nos paroles de rejet. Combien le message serait mieux perçu si nos paroles et notre vie concouraient à annoncer la bonne nouvelle du salut, c’est-à-dire l’absence de jugement pour ceux qui se repentent et reviennent à Dieu (Jean 3.18a) ! Nous remplirions ainsi notre rôle de prophètes des derniers temps, nos fruits de repentance, de justice et d’amour permettant de nous identifier comme messagers de Dieu (Mat 7.20).
Dieu entendit la voix du peuple de Ninive, Il vit leur repentance et leur pardonna (Jo 3.10 ; Jér 18.6-10).
Dieu veut montrer à Jonas que Ses desseins d’amour sont destinés aussi aux païens et que s’Il s’est choisi un peuple, c’est afin que celui-ci apporte au monde environnant le message de repentance et de salut.
Par ces multiples expériences de Jonas, qui lui font découvrir l’amour inconditionnel et le pardon illimité de Dieu, Dieu nous invite à distinguer la spécificité du prophète de Dieu, qui le différencie du faux prophète selon la recommandation de Paul (1 The 5.20-21) : « Ne méprisez pas les prophéties, examinez toutes choses et retenez ce qui est bon ». Le faux prophète flatte les hommes à qui il s’adresse, pour en tirer profit, ses messages par la parole et les actes détournent de Dieu, ou donnent une fausse image de sa personne. Le vrai messager de Dieu délivre une parole souvent peu agréable à entendre, mais qui permet aux destinataires de rentrer en eux-mêmes, de prendre conscience de leur état de péché devant Dieu et de se tourner vers Dieu pour leur salut. Le témoignage de la vie du prophète de Dieu est en lui-même porteur de ce message de l’amour inconditionnel de Dieu.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelles sont mes réactions face à l’amour inconditionnel de Dieu ? Suis-je un « fils aîné » de la parabole de Luc 15.11-32 ?
- Quels sentiments envers les autres dominent en moi ? Quels préjugés sur moi et sur les autres me faut-il abandonner ?
- Comme adventiste du 7ème jour, quels messages ma vie et mes paroles véhiculent-ils autour de moi ?
- Que représente avant tout pour moi la perspective du proche retour de Christ :
la destruction du mal et de ceux qui le commettent,
la délivrance de la souffrance pour les enfants de Dieu,
la fin de ce monde sans Dieu,
le début d’une nouvelle vie avec Dieu,
une occasion de craindre le jugement, ou l’assurance du salut ?
En quoi ces visions influencent-elles mes attitudes et mes paroles vis-à-vis des autres ?
Jonas ch 4.
Les Ninivites se repentent sincèrement et Dieu ne les détruit pas ce qui déplut beaucoup à Jonas qui en fut très irrité (4.1). Dieu se serait-Il moqué de lui ? Il l’envoie prêcher aux Ninivites qu’Il va les détruire et une fois que Jonas a fini de parcourir cette ville, Dieu n’accomplit pas Sa Parole et lui, Son messager, passe pour un menteur en annonçant des choses qui ne se réaliseront pas, passant ainsi pour un faux prophète. En réalité Jonas ne pense qu’à sa petite personne et non au salut des milliers de gens que contient cette ville. Fâché, Jonas réclame la mort et sort de la ville, il se construit une cabane et, à l’ombre, regarde ce qui va arriver à la ville.
Plus tard, le prophète Jérémie dira que certaines prophéties sont conditionnelles ( Jr 18.7-10). Dieu se sert du prophète pour adresser aux hommes un message d’avertissement afin qu’ils changent de conduite et Il prouve Son amour en tenant compte des décisions que ceux-ci prennent. Les jugements de Dieu ne sont pas arbitraires. Dieu respecte les choix de ses créatures tout en les avertissant des conséquences de ceux-ci.
A l’ombre de ce ricin Jonas éprouva une grande joie. Dieu lui signifiait que l’ombre du pardon de Dieu passait aussi sur cette ville qui avait compris que le Dieu de Jonas l’avait entendue. Le messager de Dieu se doit de transmettre fidèlement les avertissements que Dieu veut faire entendre aux hommes pour leur salut avant qu’il ne soit trop tard, mais le message trop souvent interprété comme un jugement condamnateur est en réalité un message d’amour de Dieu « qui ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et vive” ( Ez.18.32 et 33. 11). Dieu veut conduire le pécheur « dans les sentiers de la justice » (Ps.23.3 et 25.8,9). Celui qui n ‘accepte pas le pardon de Dieu pour autrui finit par avoir le cœur sec, comme le ricin brûlé par le vent du désert où rien ne peut pousser.
Questions pour une application dans la vie chrétienne ?
1) Suis-je dépositaire d’un message d’amour, vital pour mes contemporains ? Suis-je heureux de le transmettre ?
2) Est-ce que je conteste à Dieu le fait qu’Il puisse offrir le salut à tous et pardonner s’ils se repentent, par exemple
- aux dictateurs de cette terre responsables de la mort de centaines de milliers d’innocents à travers les siècles.
- à tous les bourreaux qui avilissent et cherchent à détruire des personnes
- aux personnes responsables de la mort d’êtres chers.
- aux personnes qui ont gâché ou détruit ma vie terrestre ?
3) Tous ces gens étrangers à mon éducation et à ma culture sont-ils fermés à entendre le dernier message que Dieu adresse à l‘humanité ? Ou est-ce moi qui ne suis pas prêt à le transmettre?
4) Mon amour pour les humains est-il celui de Dieu qui veut que « tous parviennent à la repentance »? 2P.3.
08:01 Publié dans Don de prophétie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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