16.01.2009

Etude n°4 Le don de prophétie et le "Reste"(24 01 09)

 

 

 

Etude n° 4 Le Don de Prophétie et le Reste

Apocalypse 12.17 et 14.1-5, 12

Observons

Ap 12.17

Le contexte

Les chapitres 12 à 14 de l’Apocalypse sont situés au centre du livre prophétique, et constituent l’axe autour duquel est construite la structure de la prophétie. Ils dévoilent sous forme d’images symboliques les dessous de l’Histoire du monde et en particulier du Grand Conflit qui oppose les puissances sataniques au Fils de Dieu et à son Eglise.

Après la victoire de Christ acquise sur la croix (12.10), Satan, sachant qu’il lui reste peu de temps (v 12) se tourne contre la « femme » qu’il persécute avec acharnement.

Le texte

Le verset 17 termine le tableau général du Grand Conflit spirituel et cosmique.

On y retrouve les personnages mentionnés auparavant : le dragon, la femme, Jésus (= Michaël) ; il s’y ajoute une nouvelle entité : le reste de la descendance de la femme.

D’un côté, le dragon est irrité et s’en va faire la guerre, de l’autre le Reste garde les commandements de Dieu et la foi de Jésus.

Chapitre 14.1-5 : les 144 000 (Apocalypse de Saint-Sever 12è)Apoc 7 élus devant l'Agneau 12è.jpg

Le contexte : Le chapitre 13 a décrit la lutte du dragon contre la femme, lutte résumée au ch 12.13-16, avec l’avènement et l’action de trois puissances terrestres, la bête qui monte de la mer, la bête qui monte de la terre (qui renvoie à 12 .16) et l’image de la bête. Le ch 13 se termine sur un appel à la sagesse pour avoir l’intelligence de comprendre ces symboles.

Le texte

V 1 : ce que le prophète voit : l’Agneau et les 144000.

V 2 : ce que le prophète entend 

V 3 : le cantique nouveau

V 4-5  et 12 : caractéristiques des 144000

 

 

 

Comprenons

12. 17 : le dragon irrité contre la femme (c’est ce qui a été développé au chapitre 13), alla faire la guerre aux restes de sa postérité :

Malgré la protection divine et le refuge à l’étranger, dans les terres d’accueil des persécutés pour leur foi qu’ont été les pays protestants d’Europe et les Etats-Unis d’Amérique du 16è au 18ème siècles, le peuple fidèle de Dieu, symbolisé par la femme, semble se réduire à la fin de l’Histoire :  la descendance du peuple persécuté ne sera constituée  que de restes (Le mot en grec est un pluriel neutre qui indique une entité générale, qu’on peut traduire par un singulier indéterminé : le Reste).

La femme (= l’Eglise en général, au-delà de toute dénomination) serait-elle devenue prostituée, comme on le voit dans Ap 17 ? En se développant et en cherchant à s’imposer parmi les pouvoirs terrestres, l’Eglise court le danger de ne plus s’appuyer sur ses caractéristiques spirituelles « les commandements de Dieu et le témoignage de Jésus », mais sur sa structure. L’Eglise est un corps social de solidarité, nécessaire pour véhiculer la Parole, mais elle ne peut s’en prévaloir pour prétendre définir celui qui est sauvé et celui qui ne l’est pas, ou pour s’autoproclamer « reste ». Seul Dieu connaît ceux qui constituent son « Reste » fidèle, éparpillé parmi tous les humains de ce monde (1 Rois 19.10, 18) et parmi toutes les dénominations chrétiennes (l’expression « Eglise du Reste » ne figurant nulle part dans la Bible, nous ne l’emploierons pas pour désigner quelque dénomination que ce soit).

 Ce Reste a des caractéristiques précises qui seront reprises en 13.10 et 14. 12 puis développées en 14.1-5 :

Ils gardent les commandements de Dieu et retiennent le témoignage ou la foi de Jésus : deux verbes assez proches pour indiquer la conservation dans la mémoire, le respect, la foi et l’obéissance à la volonté divine exprimée dans les Dix Paroles et dans l’enseignement de Jésus. 

Que représente le témoignage de Jésus ? C’est à la fois ce qui nous vient de la Parole de Dieu, l’œuvre de salut que Jésus a accomplie et révélée dans les Ecritures, mais aussi ce qui nous vient de notre vécu personnel, de notre relation avec Jésus  par les dons spirituels et en particulier, celui de la prophétie (Ap 19.10c), qui n’ont cessé d’être accordés au cours des siècles pour l’édification de l’Eglise (2 Pi 1.19 ; Ep 4.12).

 

Ch 14.1-5,12 :

Troisième volet du triptyque central, ce chapitre va développer la seconde partie du verset 17 du chapitre 12 et décrire ceux qui ont la sagesse et l’intelligence pour comprendre ce qui se passe :

Nous sommes toujours dans la description de l’histoire terrestre et du combat qui y oppose Satan et Dieu par l’intermédiaire des hommes.

14. 1-5 : Les 144 000 : « Voici, l’Agneau se tenait sur la montagne de Sion et avec lui 144 000 personnes ». Présentées sur la montagne de Sion, symbole de Jérusalem, cité de l’Agneau, ces personnes sont sur la terre. Leur mention vient juste après la description du trio infernal, les deux bêtes et l’image de la bête, et le message de se prosterner devant elles. En opposition sont montrés ceux qui ont la sagesse et l’intelligence (13.18) de rester fidèles à Dieu et de proclamer à la dernière génération les trois messages divins (v 6-11).

Le texte parallèle de Ap 7 nous montre les 144000 debout devant le trône et devant l’Agneau (v 9,15), c’est-à-dire en activité, à leur poste de service, subsistant malgré les signes avertisseurs du jugement de Dieu qui angoissent le monde (6.12-17). Le chapitre 14 nous apparaît alors comme un développement grossissant des indications du chapitre 7.

Sur la montagne de Sion, se trouvent l’Agneau (14.1) et le temple dans lequel ils servent jour et nuit (7.15). Cela symbolise la communion spirituelle que ces serviteurs ont avec Dieu, dans leur service terrestre où « ils suivent l’Agneau partout où il va » (14.4), c’est-à-dire dans les souffrances, le renoncement à soi, et les joies du pardon et de l’amour des autres.

S’il est dit dans ce passage, qu’ils sont irrépréhensibles (v 5), cela n’a pas de sens s’ils sont déjà au ciel où il n'y aura  plus lieu de rien reprocher aux élus. C’est dans leur service sur terre, qu’ils restent fidèles et sans tache, au milieu des oppositions et des angoisses.

Ils sont des rachetés, car comme pécheurs, ils ont eu besoin du rachat par Christ, de la libération du péché, de la justification, symbolisées par leur robe blanche (7.14)(Voir les études du précédent trimestre sur les notions de rachat, d’expiation, de justification).

Ils sont prémices pour Dieu et pour l’Agneau (v 4), parce qu’ils ont reçu un « sceau » de leur vivant (ch 7.3), qui les garde fidèles et leur permet de vivre déjà sur cette terre la plénitude spirituelle de la communion avec Dieu, que tous les ressuscités vivront au retour du Christ. Gardés par le sceau de l’Esprit (Eph 4.30 ; 2 Co 1.22), ils sont sans mensonge (v 5), car ils ne s’écartent plus de Dieu. 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              LeurvirginitéLa Leur virginité (v 4) doit être interprétée spirituellement et non comme un célibat volontaire. Selon la symbolique biblique de la relation avec Dieu, elle représente la fidélité à toute épreuve d’êtres consacrés spirituellement à Dieu seul. La relation spirituelle à d’autres références, est synonyme d’adultère vis-à-vis de Dieu, c’est-à-dire d’infidélité et d’idolâtrie (Jérémie 3.8-10 ; Ezéchiel 16.32, 35-36 ; Jacques 4.4 : Adultères que vous êtes ! ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu.

 

v 2 : une voix comme un bruit de grosses eaux, comme le bruit d’un grand tonnerre...

Le bruit de grosses eaux se retrouve chez Ezéchiel 1.24 pour désigner les chérubins : « J’entendis le bruit de leurs ailes quand ils avançaient, pareil au bruit de grosses eaux ou à la voix du Tout-Puissant. C’était un bruit tumultueux comme celui d’une armée... »

En Apocalypse 19.6, c’est « la voix d’une foule nombreuse, comme la voix des grandes eaux, comme la voix de forts tonnerres... »  qui se réjouit de l’arrivée des noces de l’Agneau. Celui-ci apparaît au verset 11 de ce chapitre 19.

La comparaison avec les grandes eaux porte sur le volume sonore que produit une grande foule, et non sur l’identité de la source qui en Ap 17.15 est expliquée comme l’ensemble des peuples de la terre. Le Reste serait donc composé de l'ensemble des croyants fidèles sur toute la terre. L’harmonie musicale règne dans ce groupe des 144 000 du ch14, puisque se font entendre à la fois le chant puissant des grandes eaux, et le chant doux de la harpe.

Jouer de la harpe était le moyen pour David de chasser le mauvais esprit qui était en Saül (1 S 16.23). De même les 144 000 ont pour rôle de calmer le mauvais esprit qui est dans le monde, d’être une lumière dans les ténèbres grandissantes. La harpe est associée dans de nombreux textes à la joie spirituelle profonde de la communion avec Dieu (Ps 33.1-2 ; 1 Chr 13.8). C’est pourquoi nos cantiques et louanges apparaissent si tristes à des oreilles habituées aux agressions sonores et aux rythmes stressants contemporains, qui leur font confondre sérénité et tristesse, dans leur incapacité de comprendre cette joie paisible de la rencontre avec Dieu.

De même qu’ Elisée, sous l’influence du joueur de harpe, s’est mis à prophétiser (2 R 3.15), les 144 000 sont un milieu favorable au prophétisme, c’est-à-dire à la proclamation des paroles de Dieu (Joël 2.28) que la seconde partie du chapitre va révéler.

 

v 3 : Ils chantent un cantique nouveau, car ce qu’ils vivent est quelque chose de neuf : ils sont en présence du trône, des chérubins et des 24 anciens, qui au ch 5.9 chantaient aussi un cantique nouveau en  reconnaissant à l’Agneau la dignité d’ouvrir le livre scellé. Les 144 000 sont en train de faire en peuple la même expérience que les 24 anciens avaient faite individuellement : ils reconnaissent la justice des voies de Dieu. Il n’y a pas de coupure entre ce qui se passe au ciel dans le tribunal céleste et ce qui se passe sur terre dans le peuple de Dieu de la dernière génération.

Personne ne pouvait apprendre le cantique, sinon les 144 000 : Ce nombre n’est pas à prendre à la lettre, dans un écrit prophétique où toutes les images sont symboliques. Composé du carré de 12, multiplié par 1000, il représente le nombre complet du peuple de Dieu (= 12 tribus et 12 Apôtres) dans sa multitude infinie (1000). Aucun mouvement religieux ne peut se l’attribuer ; Le problème n’est pas de désigner la dénomination que représente ce groupe, mais de se demander chacun pour soi, si et comment on peut en faire partie, en considérant ses caractéristiques. Ce nombre de 144 000 est-il fermé, ou ouvert ? Le scellement des élus a-t-il une durée qui permette un processus continu durant tout le temps de grâce ? Il a commencé (ch 7) mais il n’est pas fini, puisque les 144 000 prêchent encore les derniers messages de Dieu (14.6-13). Ils peuvent encore amener à la repentance, convertir et s’adjoindre tous ceux qui croient à leurs messages.

Les trompettes (ch 6 à 11) lancent, par des événements importants, des avertissements que le peuple des 144 000 (ch 7 et 14) décrypte et explique : la terre est en train de se détruire, ou d’être détruite, la solution est en Christ, en Dieu Créateur. Grâce à l’Esprit qui les habite, les 144 000 donnent une interprétation spirituelle à ce qui se passe concrètement sur terre, et font œuvre de prophètes de Dieu auprès des hommes que Dieu appelle au salut.

L’Apocalypse révèle ensuite (18.22-23) qu’il viendra un moment où dans la Babylone que sera devenu ce monde voué à sa perte, « On n’entendra plus les joueurs de harpe, les musiciens, les joueurs de flûte et de trompette. On n’y trouvera plus aucun artisan d’un métier quelconque, la lumière de la lampe ne brillera plus, la voix de l’époux et  de l’épouse n’y sera plus entendue » : ce verset peut être pris littéralement pour annoncer la mort de toute activité humaine dans ce système totalitaire et impie. Il peut aussi être interprété symboliquement : le peuple de Dieu caractérisé par ses activités prophétiques (joueurs de harpe, lumière de la lampe), ou ses activités spirituellement nourricières (le bruit de la meule symbolise l’activité de propagation de la Parole de Dieu, pain de vie du ciel) ou ses relations d’amour (époux-épouse) est sorti, spirituellement plus que physiquement, de Babylone. Il l’a abandonnée à son sort, et n’a plus aucune part à sa prostitution spirituelle (18.4).

 

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-    En quoi puis-je personnellement m’identifier aux 144000 ? Comment combler le fossé que je peux constater entre ce portrait idéal et ma réalité ? (Rm 7.24-25a)

 

      -   Comment mon église locale (donc moi-même) est-elle « prophète, porte-parole » de Dieu dans son environnement ? Quelle lumière porte-t-elle, quel son de harpe fait-elle entendre ? Quelle nourriture spirituelle distribue-t-elle ? Quels gestes d’amour prodigue-t-elle ? Quelle est ma contribution à cette œuvre ?

 

     -  Ai-je la persévérance et la sagesse d’étudier les prophéties de la Bible, pour comprendre en quels temps nous vivons et garder sérénité, foi et amour au milieu des bouleversements de la terre ?

 

 

 

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