12.12.2008
Etude n°12 Unis au Christ
Romains 6.1-14
Observons
Le contexte
Le ch 6 fait partie du traité doctrinal sur le salut par la foi en Jésus-Christ, qui occupe les ch 1-11. Paul vient de comparer l’œuvre d’Adam et celle de Christ (5.12-21), montrant combien la grâce de Christ a surpassé la faute d’Adam : Christ a introduit la justice et la vie éternelle au lieu du péché et de la mort (5.21).
Le ch développe les conséquences de cette œuvre de salut de Christ en faveur de l’homme pécheur.
Le texte
On distingue trois parties :
1- v 1-4 : par le baptême nous sommes morts au péché pour vivre en nouveauté de vie avec Christ.
2- v 5-11 : Crucifixion en Christ de notre nature pécheresse pour vivre avec Dieu.
3- V 12-14 : Laissons Christ régner dans nos vies pour pratiquer la justice.
Les mots péché et mort reviennent 11 et 13 fois, avec leur cortège de mots : ensevelis, crucifiés, impuissance, esclavage, dominer, régner, corps mortel, convoitise, armes pour l‘injustice, être sous la loi.
En opposition, les mots vie, résurrection, nouveauté de vie, vivre avec Christ, vivants revenus de la mort, s’entrelacent avec les précédents.
Comprenons
(Dessin de Zabou : Dis, maman, explique-moi…le baptême) 
Affirmer que « là où le péché abonde, la grâce surabonde », pourrait soulever l’objection souvent entendue : « continuons à pécher, à vivre selon nos pulsions égoïstes et orgueilleuses, Dieu qui est très bon, nous pardonnera toujours ! » Paul réfute cet argument fallacieux par l’affirmation que le chrétien, en passant par le baptême, a changé de Maître, de Seigneur. Par le baptême il s’est identifié à la mort et à la résurrection de Christ-Jésus. Il a reconnu que sur la croix, Jésus a fait mourir la nature pécheresse de l’homme, afin de lui donner par la résurrection, la possibilité de vivre une vie nouvelle.
« Christ a affronté une mort réelle et physique. La mort du croyant est réelle aussi, mais psychologique et spirituelle, non biologique » (Ph. Augendre, De la peur à la paix et la joie, Essai sur la possession démoniaque et la vie chrétienne, p 129, Ed V&S),
Le symbolisme du baptême par immersion est extrêmement parlant : le plongeon dans l’eau représente l’ensevelissement et la purification de tout ce qui éloigne de Dieu, de tout ce qui, dans notre être, est dominé par le désir d’indépendance de Dieu, par l’égoïsme et l’orgueil, par les aspirations à la gloire, au pouvoir, au profit. Ce qui meurt symboliquement et spirituellement, ce n’est pas la personnalité du baptisé, c’est son vieil homme sans Dieu (Rm 6.6), son naturel non régénéré par l’Esprit.
La sortie de l’eau est une image de la résurrection de Christ qui a vaincu la mort définitivement, et s’est rendu maître de tout ce qui y conduisait. C’est aussi une image de la nouvelle naissance du baptisé, qui uni à Christ, se retrouve libéré de la domination du péché. Christ devient le Seigneur de son être intérieur, pardonné et purifié, et lui permet de marcher (= progresser) dans une vie sanctifiée par sa présence. Le baptisé devient alors un instrument de « justice » ; s’il reste dans la communion de Christ, il reçoit la grâce de vivre pour et par Dieu, en témoin des lois et des bienfaits de son royaume.
Dans la faiblesse de notre foi, nous oublions trop souvent la promesse de Dieu au moment de l’engagement du baptême, de nous « ressusciter » réellement dès à présent. Accrochés à notre « vieil homme », nous le laissons surnager, manifestant par là notre difficulté à nous livrer au Seigneur ! Rappelons-nous que ce que Dieu promet, il l’accomplit, et que unis au Christ, nous sommes vivants pour Dieu ! Comment le manifesterons-nous dans notre vie personnelle et dans notre vie d’église ?
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quel regard est-ce que je porte sur moi ? (v 11). Suis-je un pécheur invétéré, un pardonné affranchi de la loi (= pouvant vivre sans me soucier de la volonté de Dieu), un libéré de la domination et de la condamnation du péché, désireux de vivre avec Dieu à tout instant ? Quelles attitudes entraîne chacune de ces visions ?
- Qui domine mes désirs, mes souhaits, ma volonté ? Si c’est Jésus le Seigneur, comment cela se manifeste-t-il concrètement dans ma vie (relations, affections, loisirs, usage du temps et de l’argent).
- Comment être aujourd’hui une arme de justice (= justesse, droiture) dans la main de Dieu, une bénédiction pour les autres, un appel à une vie nouvelle avec Dieu ?
- L’union au Christ vécue dans le baptême est-elle acquise une fois pour toutes à ce moment ? Comment l’entretenir pour qu’elle demeure et transforme nos vies personnelles et notre vie d’église ?
- Quels éléments de mon vieil homme surnagent encore et freinent ma croissance en Christ ?
Annexe
Pour ceux qui voudraient reprendre, à l’occasion de cette étude sur le sens du baptême, le texte de 1 Co 15.29 sur la question du baptême pour les morts, nous vous renvoyons à l’étude n° 11 du 2è trimestre 08 : "la puissance de sa résurrection", en y ajoutant ces quelques réflexions : la tentative traditionnelle d’expliquer ce verset en s’appuyant sur une coutume spécifique de l’Eglise de Corinthe de baptiser « au-dessus » des (tombes des) morts , ne se justifie pas bibliquement : comment baptiser par immersion au-dessus d’une tombe ? Et pourquoi baptiser pour des morts dont la bible dit qu’ils sont dans un sommeil sans conscience ?
Il s’agit pour Paul de démontrer la vanité d’un acte de baptême qui mime la mort et la résurrection de Christ, si on ne croit pas à sa résurrection ni à celle des morts. C’est stupide de se faire baptiser, de « faire mourir son vieil homme», s’il n’y a pas de résurrection ! Si les morts restent à l’état de cadavres, pourquoi se faire baptiser ? Le rite perd son sens, et la nouvelle naissance et la résurrection finale n’existent pas. Alors autant profiter des jouissances matérielles de ce monde et sombrer ensuite dans le néant !
Cette interprétation s’appuie sur le contexte, sur la logique du raisonnement, et sur une autre ponctuation du texte. Rappelons que le texte grec d’origine en langue populaire (la koïnê), n’est pas ponctué et élide le verbe être, et que les éditeurs de la Bible ont rajouté la ponctuation beaucoup plus tard, selon leur interprétation des textes. Voici un essai de ponctuation qui donne à l’argumentation un ton beaucoup plus parlé : « Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser ? Pour (rester) des cadavres, si les morts ne ressuscitent absolument pas ! Pourquoi se faire baptiser pour (être) des cadavres ? ».
08:03 Publié dans Expiation | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note








Commentaires
Chers amis,
Merci pour vos compléments d'études de l'EDS, je les trouve très intéressants. Parfois un peu à côté de l'argument en question! C'est peut-être intentionnel?
J'aimerais savoir pourquoi je n'arrive pas à avoir le texte par votre site. Alors je fais copier/coller sur Aol et le texte apparaît! Mystère.
Un grand merci pour votre esprit de recherche et votre assiduité.
Je vous embrasse fort.
Gérard
Ecrit par : Gérard Fratianni | 19.12.2008
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