05.12.2008

Etude n°11 les bienfaits du sacrifice expiatoire de Christ (13 Déc 08)

Etude n° 11 : Bienfaits du sacrifice de Christ (13 12 08)

Hébreux 7.20-28

Observons

Le contexte

Le chapitre 7 de l’épître aux Hébreux est consacré à la démonstration de la supériorité du sacerdoce de Jésus « selon l’ordre de Melchisédek » (Ps 110.4). Dans les versets 1 à 10,  l’auteur comparant Jésus à Melchisédek, établit sa supériorité par rapport à Abraham et aux Lévites.

Le texte

V 20-22 : Christ institué sacrificateur par un serment divin

V 23-25 : Christ seul sacrificateur éternel, sauveur parfait et intercesseur

V 26-28 : le Fils par sa sainteté est un sacrificateur parfait.

Toute l’argumentation tourne autour du rôle du souverain sacrificateur.Christ intercesseur.jpg

Comprenons

Le contexte

En tant que sacrificateur du Très-Haut, et roi de Salem (= paix),  Melchisédek (= roi de justice) est considéré très tôt, par David lui-même, comme un « type » du Messie à venir. Jésus le confirme en rappelant le Psaume 110, composé par David « animé par l’Esprit », et en s’appropriant la prophétie de ce psaume (Mat 22.43-44).

Melchisédek, apparu sans généalogie ni descendance, pour recevoir la dîme des mains d’Abraham, lui fut donc supérieur, ainsi qu’aux Lévites qui, issus d’Abraham, furent consacrés au sacerdoce (Hé 7.4-11). Tous furent mortels et faillibles, alors que Christ fut institué sacrificateur, par la puissance d’une vie impérissable (v 16) et sans péché, sans être issu d’une tribu sacerdotale ; il a donc supprimé le sacerdoce lévitique, devenu inutile (v 18) et a introduit une meilleure espérance « par laquelle nous nous approchons de Dieu » (v 19).

Dès cette introduction à notre texte, apparaît un des bienfaits du sacrifice expiatoire et rédempteur de Christ : sa médiation comme sacrificateur, pour nous permettre l’accès à Dieu.

Le texte

Pour comprendre l’intercession de Jésus, il faut se souvenir que le sacrificateur de l’ancienne alliance était consacré au service du temple comme représentant du peuple auprès de Dieu, en présentant les prières du peuple sur l’autel des parfums et en en aspergeant les cornes du sang des victimes sacrifiées ; outre cette représentation, il était aussi représentant de Dieu auprès du peuple, surtout le Jour des Expiations, où, après avoir purifié le sanctuaire, il en ressortait pour éliminer symboliquement le mal, en le transférant sur le bouc émissaire.

Le sacrificateur œuvrait donc pour transmettre aux fidèles de la part de Dieu l’assurance du pardon. L’auteur de l’épître aux Hébreux compare Jésus-Christ à ces sacrificateurs humains pour montrer combien le sacerdoce de Jésus dépasse celui des nombreux hommes mortels qui l’ont précédé.

Alors qu’il n’est pas de la tribu de Lévi d’où sortaient les sacrificateurs, Jésus a été institué sacrificateur, non selon une loi humaine, mais selon un serment de Dieu (v 6.17 ; Ps 110.4). Le serment n’a de valeur que s’il est garanti par une autorité, une personne supérieure à celui qui le prononce. On prête serment sur son père, sa mère, le roi, le temple, un objet ou une personne sacrée, pour attester de la vérité de ses mots. Dieu rend sa parole sûre en jurant par lui-même, car il n’y a personne de plus grand que lui ! Il y a peu de serments de Dieu dans la Bible. Notre texte fait allusion au premier serment  de bénédiction par l’ange de l’Éternel à Abraham après le sacrifice d’Isaac (Genèse 22.16).

Esaïe 45.22b-23 rapporte le serment de Dieu appelant les hommes à se tourner vers lui : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, car je suis Dieu, et il n’y en a pas d’autre. Je le jure par moi-même, la vérité sort de ma bouche, et ma parole ne sera pas révoquée… ».

 Dans Apocalypse 10.5-7, l’ange debout sur la mer et sur la terre (= image du Christ intercesseur)  jure  par l’Éternel et le Créateur qu’il « n’y aura plus de délai » pour l’accomplissement du mystère de Dieu.  

Dans notre texte aux Hébreux, Dieu s’engage solennellement à accomplir par Jésus une œuvre de salut et de médiation en faveur de son peuple. Parce que Christ ressuscité et saint, vit éternellement, son rôle de sacrificateur médiateur entre les hommes et Dieu, est unique (il ne peut avoir de successeurs) et parfait : il sauve vraiment et intercède (v  24-25).

On peut se demander en quoi consiste l’intercession de Christ auprès de Dieu. Comment imaginer un Dieu séparé en deux, le Père, juge qui a besoin d’être supplié par son Fils qui lui présente son sacrifice pour le rendre favorable aux pauvres humains ? C’est une dichotomie absolument contraire aux Evangiles et aux paroles de Christ (Jean 17.21-22), disant ne faire qu’un avec son Père.

Selon notre habitude, cherchons dans la Bible une explication de l’intercession divine à travers des épisodes où interviennent des sacrificateurs, « types » du Christ. grand-prêtre à l'encensoir vitrail.jpg

Le premier texte se situe en Nombres 17.6-15 : A la suite de la révolte de Koré et de son châtiment le peuple murmure contre Dieu, Moïse et Aaron. Une plaie décime les tribus. Moïse ordonne à son frère le sacrificateur Aaron de parcourir le camp en offrant le parfum de l’autel d’or pour « faire l’expiation » du peuple (= effacer son péché). « Aaron se plaça entre les morts et les vivants, et la plaie fut arrêtée (v 13). Aaron avec son encensoir brûlant les parfums symbolisant les prières de repentance du peuple, fut le médiateur qui au nom de Dieu purifia le peuple, effaça son péché et ainsi conserva la vie à ceux qui étaient pardonnés. De même Christ, dans son sacerdoce éternel, se place entre ses fidèles repentants et celui qui les accuse devant Dieu et cherche à les perdre. Il les défend, les protège, les purifie et leur accorde le feu de l’Esprit pour vivre et persévérer dans la foi, au sein d’un monde où se déchaînent les puissances des ténèbres.

Le second texte d’intercession (Zacharie 3.1-5) est encore plus précis, puisqu’il met en scène l’ange de l’Éternel, Satan, l’Éternel, devant lequel comparaît le sacrificateur Josué, en vêtement sales. Dieu récuse les accusations de Satan et sous la forme de l’ange, purifie Josué en le revêtant d’habits précieux, en signe de son pardon !

Un troisième texte biblique nous montre sous forme d’images symboliques l’intercession de Christ pour son peuple de la fin des temps. Dans Apocalypse 8.3-5, un ange à l’encensoir (rappel d’Aaron et de sa fonction sacerdotale d’intercesseur) est placé sur l’autel d’or : ce qui signifie qu’il est à la fois sacrificateur (le sacrificateur seul pénétrait dans le lieu Saint où se situait l’autel d’or des parfums, mais se tenait devant et non dessus !) et victime (dont le sang était aspergé sur les cornes  de l’autel. (Dessin de Zabou) Ange à l'encensoir Zabou.jpg

Cet ange représente Christ, qui seul est à la fois prêtre et victime, opposant le don de sa vie sur la croix en faveur des croyants en son sacrifice, aux accusations de culpabilité proférées par Satan. Son intercession les libère de son emprise maléfique et sournoise, les assure  de son pardon et de la transmission de son Esprit (Ap 8.5) en jetant le feu de l’autel sur la terre. Ils en sont fortifiés et scellés (7.3), pour persévérer dans la foi au milieu des fléaux avertisseurs qui tombent sur la terre, véritables trompettes appelant les hommes à se repentir (Ap 8.21).

Ainsi ces trois textes nous permettent d’approcher la compréhension de la rédemption et de l’intercession parfaites de Christ. Sa mort sur la croix efface le péché de notre nature humaine sans Dieu, son sang (= sa vie), donné volontairement en notre faveur (v  27), nous offre la possibilité d’une autre vie, une vie nouvelle guidée par l’Esprit qu’il répand sur ceux qui s’approchent de Dieu avec un cœur contrit, son intercession nous défend et nous protège contre les fausses culpabilisations suggérées à notre esprit par l’adversaire ; le feu de son Esprit Saint nous purifie et nous anime d’une nouvelle ardeur pour le servir auprès de nos frères les hommes, il nous éclaire dans les dédales et les embûches d’un monde déboussolé et agité de violences.

V 28 : Etabli par Dieu sous le sceau d’un serment solennel, dans ce ministère après sa résurrection et son ascension, Jésus-Christ, vivant pour l’éternité, sauve ceux qui s’approchent de Dieu par lui (v 25), le médiateur d’une alliance plus excellente que celle de l’ancien culte terrestre, qui n’était que « l’image et l’ombre des choses célestes. » (Hé 8.5)

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Comment intégrer à ma vie personnelle et à celle de mon église la révélation de ce texte sur l’intercession de Christ ? En quoi cette intercession peut-elle modifier nos prières, nos projets d’action dans le monde, nos relations avec les autres, et avec Dieu ?

-          Pourquoi ne pas demander au Seigneur de nous éclairer dans l’étude des textes difficiles de sa Parole, pour comprendre comment il agit en notre faveur  à travers les événements du monde et de notre vie ?

-          Ai-je l’assurance du pardon parfait acquis pour moi par Christ sur la croix ? Comment sa puissance de résurrection et d’intercession agit-elle en mon cœur et ma conscience ? Un sentiment de culpabilité subsiste-t-il toujours ? Pourquoi ? et Comment l’éliminer ?

Commentaires

Merci de nous faire partager la clarté et la richesse de ces études.

Votre façon d'aborder l'étude du texte biblique met en lumière toute la profondeur et la beauté sous-jacentes.

Ces études suscitent en moi le désir d'approfondir la Parole et font évoluer mon regard sur des thématiques qui ont besoin d'être "dépoussiérées".

Oui je crois en la révélation progressive. Je loue L'Esprit Saint pour le rayonnement des faisceaux de lumière qui entourent la compréhension de sa Parole.

Comme les disciples sur le chemin d'Emmaüs, je voudrais que sa Parole brûle en moi pour me transformer à l'image du Christ et me rendre toujours plus disponible à son Esprit.

Ecrit par : PERAMIN Muguette | 17.12.2008

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