14.11.2008
Etude n°8 Expiation et Incarnation (22 Nov 08)
Etude n°8 Réconciliation et Incarnation
Mat 1.18-25
(Nativité, icône moderne)
Observons
Le contexte : v 1-17 : Généalogie De Jésus, fils de David, depuis Abraham jusqu’à Joseph, époux de Marie.
Le texte
V 18-19 : Projets de Joseph et Marie
V 20-23 : Intervention de l’ange : Jésus, Dieu avec nous, Sauveur
V 24-25 : Obéissance de Joseph.
Comprenons
Le but de l’Evangile de Matthieu est de mettre en évidence le rapport intime et vivant entre les deux alliances et de montrer ainsi en Jésus-Christ l’aboutissement de toute l’histoire de son peuple et le Libérateur de ses péchés (v21). C’est pourquoi l’évangile commence par une généalogie marquée par les deux grands noms de cette histoire, Abraham et David (v 1).
Dans la postérité d’Abraham devaient être bénies toutes les familles de la terre (Gn 12.3). Cela n’a de sens et d’accomplissement qu’en Jésus-Christ qui offre le salut à tous. De la famille de David devait naître celui dont la royauté serait éternelle, le Messie (Ps 132.11 ; Es 11.1-5)
Christ est venu s’inscrire dans l’humanité à travers une lignée précise, dont Matthieu ne cache pas les imperfections :
1- Non seulement Dieu s’incarne , abandonnant sa gloire et sa puissance pour devenir homme comme nous, mais encore il endosse l’humanité déchue et pécheresse de sa famille terrestre. Matthieu ne se contente pas de nommer les hommes, glorieux ou humbles, comme le demande le genre littéraire de la généalogie, mais il y introduit le nom de cinq femmes qui toutes ont dérogé à la morale sociale du peuple.
Tamar, la cananéenne dut commettre l’inceste avec son beau-père Juda pour donner une descendance à la famille. Rahab la prostituée de Jéricho intégra le peuple d’Israël et devint la mère de Booz, Ruth la Moabite choisit de suivre sa belle-mère en Israël, épousa Booz et devint l’arrière-grand-mère de David, Betsabé femme adultère d’Urie, le Héthien, fut épousée par David après le meurtre d’Urie, et devint mère de Salomon. Enfin Marie, vierge et fiancée à Joseph devint enceinte du Saint-Esprit.
Toutes ces femmes sont entrées dans l’alliance avec Dieu à leurs risques et périls, parce qu’elles désiraient avant tout la présence de ce Dieu qui pardonnait leurs faiblesses et leurs erreurs. Jésus, homme de cette lignée ose assumer cette ascendance pour la libérer du péché.
En mentionnant Joseph, l’époux de Marie, tout en sachant qu’il n’était pas le père naturel de Jésus, Matthieu suggère que Marie faisait partie de la même famille descendant d’Abraham et de David. La généalogie de Luc différente de celle de Matthieu, semble le confirmer (3.23): Luc présente la généalogie de Héli, mentionné comme père de Joseph, mais qui serait en fait père de Marie. Ainsi, en épousant Marie, seule héritière du nom, Joseph entrait légalement, par adoption, dans la lignée d'Héli. Celle-ci d’ailleurs était cousine de celle de Joseph par Nathan (Luc 3.31) fils de David (2.Sa 5.14) frère de Salomon (Mt 1.6). Zacharie (12.12) avait prophétisé que les deux clans porteraient le deuil « du fils unique » divin qu’ils auront transpercé !
Dieu dans cette naissance de Jésus risquait de voir son plan détruit par le refus de Marie, et par l’opposition que sa situation de mère célibataire ou de fiancée adultère pouvait soulever contre elle. Elle était en effet menacée de lapidation pour avoir rompu l’engagement de ses fiançailles. Joseph se trouvait devant un grave dilemne : étant qualifié de « juste », il ne pouvait pas épouser Marie qu’il croyait infidèle, mais l’aimant, il ne pouvait pas non plus la livrer à la honte et à la mort (Dt 22.23). En rompant secrètement avec elle par une lettre de divorce, il la libérait de ses engagements et lui permettait éventuellement d’épouser le père de l’enfant, pour lui éviter la honte et la mort.
2- Dieu n’abandonne pas son humble servante et révèle à Joseph la vérité de la situation, au risque de ne pas être cru par lui ! Matthieu insiste (v 18, 25) sur la virginité de Marie, mais aussi sur son humanité : elle ne deviendra effectivement l’épouse de Joseph qu’après la naissance de Jésus. Il est vraisemblable que les frères de Jésus mentionnés dans plusieurs textes (Mt 12.49, Mc 3.32, Jn 7.5, Ac 1.14) aient été vraiment ses frères et non ses cousins.
Matthieu a construit son récit en encadrant par les données humaines de la naissance de Jésus ce qui est le plus important, les données divines. (Nativité,Georges de La Tour 17è)
3- Par l’intervention d’un ange dans un songe, Joseph a la révélation que cet enfant à naître :
- est conçu du Saint-Esprit (v 20), il est donc Dieu lui-même incarné
- portera le nom de Jésus ce qui signifie Sauveur, Libérateur (21)
- réalisera la prophétie messianique d’Esaïe (7.14) sur Emmanuel, Dieu avec nous,
Il faut remarquer là encore la construction de ces versets de la révélation : ils placent au centre la mission de délivrer des péchés, en l’encadrant par les deux noms significatifs de l’enfant : Jésus = Sauveur, et Emmanuel = Dieu avec nous.
Matthieu multiplie donc les détails qui permettent d’établir la double nature divine et humaine de l’enfant à naître.
En venant dans une chair d’homme (Jean 1.14) Dieu prenait le risque que Jésus se laisse, comme Adam, séduire par Satan et qu’il utilise sa puissance divine à son seul profit. Il n’aurait pas pu ainsi accomplir le salut de l’homme. Mais en toutes circonstances en toutes tentations (Mat 4.1-11, Jésus laissera l’Esprit Saint le guider, et, comme second Adam, être spirituel vivifiant né de l’Esprit (1 Co 15.45), il inaugurera ainsi une nouvelle création dans laquelle il invite chacun à le suivre (Romains 5.12, 18-19).
Dès cette annonce, Jésus est présenté non comme un libérateur politique ou religieux, mais comme un libérateur spirituel qui « ôtera les péchés» (1Jn 3.5 ; Hé 1.3) C’est cela que veut exprimer le mot « expiation », si mal compris aujourd’hui ! Il sera le Réparateur des brèches (Es 58.12 ; Amos 9.11) spirituelles de la maison de Dieu, c’est-à-dire de tous ceux qui croiront en Lui, et il la « dirigera dans le chemin de la paix » (Luc 1.77 et 79).
Joseph le premier après Marie accepte d’obéir, et de collaborer à cette œuvre de salut en devenant le père humain de cet enfant-Dieu, pour lui assurer la protection d’un cadre social, l’amour d’une famille et l’ enseignement des Ecritures, nécessaires à sa croissance, et à la découverte de sa mission. (Sainte famille de Raphaël, 16è)
Il devient avec Marie, l’image du croyant de tous les siècles, appelé à accepter le Christ dans sa vie, à lui permettre de faire sa demeure dans son cœur (Jn 14.23 ; Ap 3.20) et de croître en lui, pour témoigner de l’amour de Dieu et du salut offert à tous.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle importance prend la foi en l’incarnation de Dieu en Jésus dans notre vie spirituelle ? En quoi cela nous aide-t-il à marcher avec Dieu ?
- Comment l’incarnation nous éclaire-t-elle sur le sens de la croix, du salut, du pardon ?
- Comme Joseph et Marie, ai-je accepté de faire naître Christ en mon cœur pour me purifier et restaurer son image en moi ? Comment son action de purification et de libération du péché (= expiation) se manifeste-t-elle dans mon comportement et mes relations ? et dans l’Eglise ?
08:00 Publié dans Expiation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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