27.02.2009
Etude n°10 Message du prophète (07 03 09)
Etude n°10 : Le message du prophète, 1Tim 4.1-16 (O7 O3 O9)
Observons
Le contexte (Paul et Timothée, peinture 13è, Norvège)
Notre chapitre fait partie de la première des trois lettres pastorales de Paul, adressées à ses collaborateurs spirituels, responsables des Eglises d’Ephèse pour Timothée, et de Crète pour Tite. Timothée, de père grec, a été enseigné dans la foi juive par sa mère et sa grand’mère, et a entendu la prédication de l’évangile lors du premier voyage de Paul à Lycaonie en Asie Mineure. Au second voyage, Paul le fait circoncire pour qu’il soit reçu parmi les Juifs auxquels il s’adresserait, et se l’attache comme compagnon de mission. Timothée reçoit alors l’imposition des mains des anciens (1 Ti 4.14) malgré sa jeunesse, sans doute à la suite de prophéties prononcées sur sa vocation (1 Ti 1.18 ; 4.14).
Après avoir partagé la première captivité de Paul à Rome, Timothée est envoyé à Philippes par Paul (Phil 2.19-24). On pense qu’ensuite il devint pasteur de l’Eglise d’Ephèse, où Paul lui adresse ses deux dernières lettres avant son martyre. L’état des églises est bien différent de celui décrit dans les Actes, car les hérésies annoncées (Actes 20.29-30) semblent s’être bien développées. Paul fait des recommandations pressantes à Timothée sur la conduite à tenir face à ces faux enseignements (3.14-15), rappelant la profession de foi de l’Eglise (3.16).
Le texte (ch 4) :
A-1-5 : Réfutation des hérétiques prêchant l’ascétisme
B- 6-10 : Recommandation de cultiver la piété dans la foi au Sauveur
C-11-16 : Devoirs du porte-parole ou prophète de Dieu.
Comprenons
Le contexte
3.16 : la profession de foi de l’Eglise chrétienne est présentée par Paul en style poétique (elle était peut-être chantée), de façon très synthétique. La manifestation de Dieu est « le grand mystère de la piété », c’est-à-dire une révélation de ce qui était jusque-là caché. Cette manifestation de Dieu en Christ est la vérité (v 15), source de toute piété, c’est-à-dire de la foi et de la vie du croyant. Paul développe ensuite ce « grand mystère », dans une série de six propositions qui opposent deux à deux le ciel et la terre :
Première antithèse : Dieu s’est incarné en Jésus-Christ (s’est manifesté dans la chair) ; est ainsi précisée la nature humaine, terrestre, de Jésus. En opposition, est suggérée sa nature divine, spirituelle car il est «justifié par l’Esprit » lors de la résurrection (Rm 1.3-4).
Seconde antithèse : Le ciel, monde spirituel de Dieu et des anges a été témoin de cette apparition de Christ d’abord dans l’humilité de sa vie terrestre, puis dans sa gloire d’Agneau assis à la droite de Dieu (Ap 5.6, 11-12 ; Rm 8.34). La gloire de Jésus, Sauveur du monde par la croix (Col 1.20), a été pour les anges une révélation nouvelle de l’amour de Dieu pour les hommes (Ep 3.9-10 ; 1 Pi 1.12c ; Ap 5.12 ; 12.10a). Mais elle est aussi l’objet de la prédication sur terre parmi les nations.
Troisième antithèse : L’œuvre du Christ partout dans le monde où elle a été prêchée, a suscité la foi, tandis que Christ a retrouvé la gloire céleste qu’il avait quittée lors de son incarnation.
Paul n’en dit pas plus, mais dans cette profession de foi extrêmement concise il suggère toute l’œuvre de rédemption du monde par Christ : incarnation, mort et résurrection, glorification et intercession (Rm 8.34).
Le texte
A- 1-5 : Réfutation des hérésies
Ayant établi la vérité de l’Evangile que l’Eglise professe, Paul peut maintenant combattre les hérésies auxquelles doivent faire face Timothée et, à travers lui, tous les « prophètes », porte-parole de Dieu, dans tous les temps. Pour Paul, « les derniers temps » (v 1) ont commencé dès l’ascension de Jésus et s’étendent jusqu’à son retour. Il prévient les responsables de l’Eglise que les temps postérieurs à sa propre mort, verront se développer de multiples fausses doctrines, inspirées par les puissances des ténèbres, par le père du mensonge (Jn 8.44). « Les doctrines de démons » représentent dans la pensée de Paul les cultes idolâtres, les faux dieux étant assimilés aux démons qui éloignent de l’adoration du vrai Dieu (1 Co 10. 20-21). Les faux docteurs « de mensonge » sont condamnés par Paul pour leur hypocrisie, qui « marque leur conscience au fer rouge » des criminels (v 2), car elle conduit à la mort spirituelle ceux qu’elle séduit. Paul reprend les invectives de Jésus contre les Pharisiens hypocrites qui « nettoient le dehors de la coupe » pleine à l’intérieur « de rapines et d’intempérance » (Mat 23. 25-28).
En effet, sous prétexte d’œuvrer au salut des membres de l’Eglise, ces faux prophètes les entraînent dans la voie de l’ascétisme (célibat et abstention d’aliments) qui n’est qu’un culte de la « pureté », soit une recherche du salut par ses propres efforts de sainteté. Séduits par l’idée fausse que le péché réside dans « la chair », dans les désirs et les besoins du corps, certains chrétiens, dans tous les temps, cherchent à gagner leur salut par des mortifications physiques, des jeûnes, des abstentions d’aliments, ou par l’abstinence sexuelle. Ils attachent une importance si grande pour leur salut à toutes ces pratiques extérieures, qu’ils en oublient la grâce de Dieu et l’œuvre de l’Esprit , nécessaires pour transformer le cœur et purifier la conscience de tout ce qui sépare de Dieu.
v 4 : Paul libère les scrupules excessifs au sujet des aliments, en demandant aux fidèles d’accepter avec reconnaissance tout ce que Dieu a créé de bon. Ce serait faire preuve d’ingratitude de se le refuser, mais ce libre usage n’est légitime que lorsqu’il est sanctifié « par la Parole de Dieu et la prière ». Seules la Parole et la prière apprennent à user de ces dons avec générosité, tempérance et humilité (Mat 6.17-18 ; 1 Co 7.8-9,35) selon le fruit de l’Esprit (Gal 5.22), et avec reconnaissance et adoration pour le Créateur qui les accorde. Oublier que tout est grâce du Seigneur, c’est annihiler son œuvre de salut pour nous et rejeter la vérité du « mystère de la piété » (3.16).
B- v 6-10 : Recommandations sur la piété et la foi
Face aux fables doctrinales qualifiées de « profanes et contes de vieille femme », le bon serviteur de Jésus-Christ restera attaché à la Parole de Dieu qui lui enseigne la foi (Rm 10.17 ; 14.17, 20) et la vraie piété, c’est-à-dire la vie en communion avec Dieu dans l’amour et la joie. Cela est possible, non par des pratiques extérieures (« l’exercice corporel » n’est pas l’équivalent de notre gymnastique, c’est un terme général pour désigner les pratiques ascétiques prônées par les faux docteurs), mais par une recherche de la présence de Dieu dans son cœur et ses pensées, pour inspirer et diriger les actes. Au lieu de s’attacher aux réalités physiques et passagères qui nourrissent la propre-justice et l’égocentrisme, le bon serviteur en s’exerçant à la vraie piété, a l’assurance d’être béni et en paix intérieure dès sa vie terrestre jusque dans l’éternité (v 8).
Pour terminer ce point central du chapitre sur la vraie piété, Paul affirme (9) la vérité de ce qu’il vient d’exposer (8), en opposition aux fausses doctrines (7). Il confirme cette vérité par la proclamation de sa foi : la confiance et l’espérance mises dans le Sauveur permettent de supporter les tribulations (travaux = peines, tortures) et les combats de la vie terrestre. Par cette mention du « Sauveur de tous les hommes », Paul s’oppose à l’hérésie mentionnée plus haut qui n’accorde le salut qu’aux « purs », adeptes du célibat et de l’ascétisme alimentaire. Jésus-Christ sauve tout homme qui croit en lui et en son amour inconditionnel (1 Ti 2.4-6).
C- 11-16 : Devoirs du « prophète »
La fin des recommandations de Paul à Timothée aborde la pratique de l’enseignement de la vérité divine. Il semblerait que Timothée ait reçu très jeune le don de l’enseignement de la Parole, par des prophéties que l’imposition des mains des anciens ont confirmées, en particulier au moment de la vocation de ce disciple et « fils spirituel » de Paul. Pour remplir cette tâche importante de guide spirituel dans l’Eglise d’Ephèse, dont Timothée est le responsable, tout dans sa vie doit concourir à l’édification, à l’enseignement et à la croissance spirituelle de chacun : ses paroles, ses actes, ses activités intellectuelles, sa conduite morale, son amour pour les autres sont autant de moyens à utiliser dans ce ministère de porte-parole de Dieu. La lecture des Ecritures est primordiale, car elles sont la source des encouragements et des enseignements à prodiguer. Paul demande donc de s’y appliquer avec concentration et persévérance (v 15-16), car c’est par cet exercice constant que la connaissance de Dieu progresse et que les dons de la grâce portent des fruits pour la croissance spirituelle et le salut de tous, porte-parole de Dieu (= prophète) et auditeurs.
« Comment prétendre établir le royaume de Dieu dans le cœur des autres, si on néglige de l’établir en soi-même » (BAN, note de Quesnel).
L’Eglise adventiste se reconnaît la mission prophétique d’annoncer « l’Evangile Eternel » aux nations dans les derniers temps du monde (Ap 14.6). Les textes bibliques sélectionnés par notre Guide d’études de la Bible pendant cette semaine plus particulièrement consacrée au « message du prophète », précisent ce que l’Eglise adventiste entend par l’Evangile Eternel. Son fondement, comme pour tous les chrétiens, reste la justification par la foi en la grâce de Jésus-Christ (Rm 3.21-28).
L’Eglise adventiste rappelle l’importance de la Loi divine, dont l’observation du sabbat en hommage au Créateur (Ex 20.1-17), et de la doctrine du sanctuaire comprenant deux étapes :
1- le plan du salut en Christ, symbolisé par le sanctuaire terrestre, et le Jour des Expiations image ou « type » du jugement dernier (Lév 16),
2- le ministère actuel d’intercession de Christ (Héb 8.1-2 et 9.23), et de purification de son peuple (Héb 9.14), afin de présenter à Dieu, à son retour en gloire sur terre (Mat 24.24-31), une Eglise-Epouse pure et sans tache (Phi 2.15 ; Ap 19.7-8).
Ce dernier message destiné au monde est tiré de la Parole de Dieu et constitue un tout homogène, mais il ne met pas notre Eglise adventiste à l’abri de déviations semblables à celles que Paul réfute dans sa lettre à Timothée.
Il est facile d’oublier le fondement du salut par la grâce de Jésus-Christ, et de donner une valeur absolue à tel ou tel autre point de doctrine ou de pratique pour en faire une condition « sine qua non » de salut. Ni l’observation du sabbat, ni la « réforme alimentaire », ni la rigueur morale, ni les rites religieux, ne donnent la « pureté » et l’accès à la vie éternelle. Ils ne remplacent jamais le travail de l’Esprit Saint dans les cœurs et les consciences, ouverts à son action et humblement réceptifs au pardon offert gratuitement par Dieu grâce à l’œuvre de Jésus-Christ.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Quelle place ont dans ma vie la Parole et la grâce de Dieu ? Comment m’aident-elles à discerner, selon Dieu, le vrai du faux, le Bien du Mal, dans les coutumes, les idéologies, les pensées et les actions de moi-même et de mon entourage ?
- Quelle importance prend dans mon temps, mes pensées et mes intérêts, la recherche de la « pureté » extérieure ? Par exemples : la façon d’observer le sabbat, les aliments dans mon assiette et dans l’assiette de mon voisin, la tenue vestimentaire des femmes…Comment garder une juste place à ces pratiques ? Quelle pureté rechercher et comment ? (voir le Ps 51 et Rom 7.18-25).
- Comment se manifeste concrètement ma foi dans la grâce au sein de mes relations de couple, de famille, d’amis, de travail et d’Eglise ?
- Ai-je eu l’occasion de partager une partie du « message de l’Evangile Eternel » autour de moi ? Serais-je prêt à apporter cette semaine un message biblique à ceux que je connais dans l’angoisse, la peine, les difficultés ou même la joie ? En quoi mon ouverture à de telles questions peut être un aliment pour ma foi plutôt qu'une "culpabilisation" ?
08:00 Publié dans Don de prophétie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note








Commentaires
Je voudrais d'abord me présente; je suis Burundais(l'un des pays de la division de l'Afrique central ayant son siège à Nairobi-Kenya) de l'Eglise Adventiste; comme fonction; je suis Journaliste à la Radio Télévision Nationale du Burundi. J'aime le guide de l'Ecole du sabbat; un bon document qui fait exception de part l'échange, l'animation, la confrontation des idées ainsi que le dynamisme au sein des participants. j'aimerais bien travailler dans une station chrétienne pour partager les écritures saintes avec les membres fidèles de l'Eglise où qu'ils trouvent dans les différents coins de la sous-rgion.
permette-moi de vous demander le guide de l'Ecole du sabbat pour ce trimestre qui s'annonce. merci et bon travail.
Que Dieu vous garde.
Ecrit par : Ndayishimiye Jean-Rémy | 09.03.2009
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