21.11.2008

Etude n°9 métaphores du salut (29 Nov 08)

Etude n° 9 : Métaphores du salut (Rédemption/réconciliation) 28 Nov 08

Romains 3.19-26

Observons

Le contexte

Après avoir démontré dans les ch 1 et 2 de sa lettre aux Romains, l’universalité du péché (non-Juifs et Juifs sont à égalité, même si les Juifs ont l’avantage primordial d’être les dépositaires de la Parole de Dieu (3.1-9), Paul appuie sa démonstration sur les textes des Écritures qui affirment que tous les hommes sont coupables parce que « la crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux » (v 10-18).

  Le texte Crucifixion Le Tintoret.jpg

Structure

V 19-20 : La loi fait connaître le péché

V 21-22 : La justice de Dieu s’obtient par la foi en JC

V 23-26 : La mort de JC, moyen de rédemption et d’expiation pour tous.

(Le Tintoret Crucifixion, détail)

Répétitions :

Justifié = v 19, 20, 24

Justice de Dieu = v 21,22,25,26

Dieu reconnu juste : v 26

Dieu justifiant : v 26

6 fois Dieu justifie ou accorde sa justice, 2 fois l’homme est l’objet de la justice de Dieu. Le vocabulaire est essentiellement juridique.

3 fois les destinataires de l’œuvre de salut de JC sont désignés comme « ceux qui croient » (22), « ceux qui ont la foi en son sang » (25), celui qui a la foi en Jésus » (26)

Opposition entre l’œuvre de justification de Dieu et l’état de péché de l’homme (v 19,20,23,25)

Au centre du texte (v 24-25) on trouve les notions de « rédemption » en Christ, et « d’expiation » opérée par Christ pour « ceux qui ont la foi en son sang ». Ces deux termes sortent du vocabulaire juridique : ils sont du domaine social (relation entre les hommes) et religieux (relation avec Dieu).

Comprenons

liberté.jpg

Le contexte

Paul vient de citer quelques passages des Ecritures qui justifient son affirmation de l’universalité du péché :  Ps 14.1-3 pour les versets 10-12 ; Ps 5.10 ; 140.4 ; 10.7 pour les v 13-14 ; Es 59.7-8 pour les v 15-17. Paul cite ces textes selon la version des Septante en grec qu’il connaissait. Ces passages dénoncent l’injustice générale et l’égarement de l’humanité qui « ne cherche pas Dieu ». Cet égarement se manifeste dans la parole  mortelle et l’activité  meurtrière et destructrice, dans l’absence de paix et de crainte ou respect de Dieu, qui règnent parmi les hommes.

Le texte

V 19-20 : Paul conclut que ces révélations de l’Ancienne Alliance s’adressent aux Juifs « qui sont sous la loi », c’est-à-dire qui en sont les dépositaires, pour les avertir que eux aussi sont concernés puisque « tous sont coupables  devant Dieu» (ch 1-2), car la source du péché se trouve dans le cœur humain. L’observation de la loi morale ou rituelle ne peut donc constituer un mérite pour obtenir la justice de Dieu, ou en d’autres termes pour être considéré comme juste par Dieu. Les efforts faits pour observer la loi sont vains et imparfaits, s’ils ont pour but de gagner le salut, émanant ainsi d’un cœur orgueilleux et suffisant, et non d’un amour véritable pour Dieu. L’Éternel n’a pas donné la loi à l’homme comme moyen d’acquérir la vraie justice ou la sainteté, mais comme révélateur de son état profond de péché, pour le conduire à Dieu dans la repentance (Ga 3.24).

V 21-22 : En opposition, (« Mais maintenant » = sous la Nouvelle Alliance ) à cette prétention d’obtenir le salut par l’obéissance à la loi, Paul va développer avec joie (ce « mais maintenant » manifeste un soulagement, une libération !), la vraie source de justice que révèle tout l’Ancien Testament (= Loi et Prophètes) : Dieu accorde sa justice à tous ceux qui croient en Jésus (v 22 // 1.16-17), sans que l’obéissance à la loi joue un rôle pour l’obtenir.

V 23-24 : Pour comprendre en quoi consiste cette justice ou sainteté accordée par Dieu « gratuitement et par grâce » (la redondance insiste sur l’idée du don inconditionnel de Dieu), à celui sans distinction d’origine, et sans mérite, qui croit dans le « sang » de Christ, Paul use de deux métaphores, la rédemption et l’expiation, qui même si elles sont fort employées dans le Nouveau Testament, demandent à chaque fois d’être expliquées. (Nous nous attacherons dans cette étude à la rédemption, et dans l’étude de la semaine prochaine à l’expiation).

La rédemption

Privé de la gloire de Dieu, c’est à dire coupé de l’image de Dieu qu’il était destiné à être (Ge 1.27 // 1 Co 11.7), parce qu’il s’est soumis à Satan, l’homme est devenu esclave du péché dont il ne peut s’affranchir lui-même (Rm 6.16 ; 7.23-24 ; 2 Ti 2.26 ; 2 Pi 2.19).

Le mot « rédemption » est de la même racine (ou gā’al en hébreu, lutroô ou agorazô en grec) que le mot « rachat » et signifie dans la Bible « racheter, libérer » d’un asservissement des humains ou des biens, au moyen d’une aide extérieure ou « rançon ». Il a pris dans le langage actuel une extension de sens pour désigner « le plan du salut de Dieu en Jésus-Christ ».  Dans l’Ancien Testament (Lév 25.25 ; Ruth 3 et 4 ; Jér 32.6-9), le rachat d’une personne, d’un bien, d’une propriété aliénée ou hypothéquée, est opéré par le «go’ēl » le « racheteur » qui est le plus proche parent, pour préserver l’intégrité familiale. La racine « pādā » est utilisée pour la libération des Israélites esclaves en Egypte (Ex 6.6 ; 15.3) et pour le rachat des premiers-nés normalement consacrés à l’Éternel (Ex 13.13)

L’idée de rançon et de rachat de liberté nous est bien connu aujourd’hui lors de la libération des otages retenus prisonniers par leur ravisseur.libération.jpg

Ici Paul fait « du sang du Christ » ou en d’autres mots de la mort de Christ sur la croix, la rançon, le prix payé par Dieu pour libérer sa créature du péché qui l’éloigne de Lui.

Cette idée de prix ou de rançon payée est en contradiction avec celle de la gratuité de la justice de Dieu, de la grâce offerte à tous ! Il ne faut donc pas  pousser la métaphore trop loin, sinon on introduit une notion mercantile dans le processus du salut. A qui en outre Dieu  (ou Jésus) payerait-il de sa vie ce salut ?*

* Voir la note du Nouveau Vocabulaire Biblique, déjà citée dans l’étude n°10 du 2ème trimestre 2008 : le sens de la mort de Jésus »)

Retenons ici simplement l’idée de libération de l’esclavage du péché et de la mort.

Comment le sang de Jésus (= sa vie, que Jésus a donnée sur la croix) permet-il à celui qui croit d’être libéré de la mort, de la culpabilité et du péché, et d’être considéré comme « juste » devant Dieu ?

Dans chacun des cas de rachat ou de libération mentionnés précédemment, il y a une notion de substitution : Au premier-né consacré à l’Éternel, est substitué un agneau offert à Dieu (Ex 13.13).Plus tard la consécration de toute la tribu de Lévi remplaça la consécration des premiers-nés des autres tribus (Nb 3.41). A la sortie d’Egypte, à la dixième plaie, le sang d’un agneau prend la place des premiers-nés de la maison où il a été aspergé, pour les libérer de la mort. Dans le récit de Ruth, Booz est le « go’el » de la famille de Naomi, et en rachetant la propriété de Naomi, il se substitue au mari défunt de Ruth pour lui donner une descendance et lui conserver son héritage.

La libération est liée à la substitution par le « rédempteur » au moyen d’une rançon (sang ou argent) au profit du racheté. Dans le rachat par Jésus « qui donne sa vie en rançon pour beaucoup » (Mc 10.45 ; Mt 20.28), la même idée de substitution apparaît : la mort de Jésus se substitue à la mort de tous les pécheurs, pour que ceux qui croient en lui bénéficient de sa vie. Un épisode très symbolique de la passion de Jésus peut nous aider à comprendre cette substitution (Jn 18.39-40): Condamné à mort pour ses crimes, le brigand Barrabas (= fils du père !) est délivré parce que Jésus (Fils du Père !) prend sa place : il paye de sa vie la libération de Barrabas.Jesus et Barabbas.jpg

De même Caïphe prononce une parole prophétique inconsciente en disant (Jean 11.50) : «  il est avantageux pour vous qu’un seul homme meure pour le peuple et que la nation entière ne périsse pas ! » Son choix politique pour sauver le peuple Juif de la colère des Romains s’est révélé donner le sens spirituel de la mort de Jésus. Dieu a choisi de se substituer lui-même en Jésus à l’ensemble de l’humanité, et de subir à sa place la mort qui l’attend à la suite de sa séparation d’avec Lui. Ce faisant il réintègre dans sa famille, dans sa maisonnée, celui qui accepte ce don d’amour ; Il le réconcilie avec Lui, selon l’autre image qu’emploie Paul en 2 Co 5.18-19 pour parler du sens de la croix.

Les histoires d’otages libérés contre rançon, ou de Juifs sauvés des camps de concentration par la substitution d’hommes ou de femmes qui ont accepté de prendre leur place peuvent nous faire comprendre le rachat de notre vie et de notre liberté par Jésus (Rm 5.7-8).

Pour bénéficier de ce rachat, de cette réconciliation, Paul affirme qu’il suffit au pécheur repentant de croire que Jésus l’a accompli en sa faveur, de s’approprier personnellement ce don et d’intégrer à sa vie la libération du péché. La Bible annotée de Neuchâtel commente ainsi ce processus de justification (note sur Rm 3.24) : « Devenu un avec Christ, qui s’est mis à sa place et a assumé pour lui (la conséquence de son péché), le pécheur à son tour est admis par sa foi à prendre la place de Christ lui-même. Il devient  enfant de Dieu, fils de Dieu, héritier de Dieu et cohéritier de Christ (Rm 8.14,17) », il est considéré comme juste devant Dieu et peut alors commencer une vie nouvelle, affranchie de l’esclavage du péché, marchant dans la sainteté et la justice que lui communique sa communion avec son Rédempteur (Jean 17.17 ; 1Jn 3.3,5-6).

Questions pour une application dans la vie chrétienne

-          Ai-je pris conscience de mon impossibilité à racheter moi-même la vie éternelle, à me libérer du péché par mes efforts de sainteté ? Quelles sont encore mes illusions à ce sujet : obéissance à la loi, observation du sabbat, appartenance à « l’Eglise du Reste », hygiène alimentaire, ou toute autre pratique « méritoire » ?

 -          Comment changer d’état d’esprit à l’exemple de Paul (Phi 3.8-9) et acquérir la « justice de Dieu » ?

-          Si je reconnais que Dieu en me rachetant, me réconcilie avec Lui, me fait entrer dans sa famille, comment puis-je vivre  concrètement cette réconciliation dans ma relation avec Lui et avec les autres ? Comment manifester ma reconnaissance et témoigner de ma libération du péché par la grâce de Christ ?

Commentaires

Salut,
Je vous remercie pour vos efforts pour rendre l'étude EDS plus riche et accessible.
Bon courage

Ecrit par : Nabil | 23.11.2008

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