13.06.2008

Etude n°12 : Son ministère sacerdotal (21-06-08)

Etude n°12  : Un ministère sacerdotal efficace   (21-06-08)

Hébreux 9.11-28.

Ce texte, étant un des plus difficiles du Nouveau Testament pour les croyants du 21ème siècle, nécessite une traduction la plus fidèle possible au texte original, et quelques éléments d’exégèse, pour éviter les contresens que les traducteurs ont introduit dans le texte. Pour cette raison, nous étudions le texte dans la Bible TOB , qui est la plus respectueuse de l’original grec de cet écrit adressé aux Hébreux. Pour l’exégèse et la compréhension du texte, nous nous sommes inspirés de l’étude de Norbert Hugedé : Le sacerdoce du Fils (Ed Fischbacher-Paris-1983), et de réflexions partagées avec Philippe Augendre.

Observons

Le contextedfdd2759f3cf312dc2a76df1fe21f6a3.jpg

Le texte termine la partie centrale du livre et en même temps le second exposé sur le sacerdoce de Christ. Cette partie centrale (ch 8 et 9) constitue une critique détaillée du culte lévitique de la première alliance, pour en démontrer l’imperfection par rapport au ministère du Christ dans la seconde alliance.

Le texte est immédiatement précédé (9.1-10) de la description du « tabernacle » ou « tente » terrestre (v 8), symbole pour « un temps de relèvement ». Le verset 8 oppose cette première tente au sanctuaire ou « Saint des saints », dont elle n’ouvrait pas encore l’accès.

Le texte est suivi de la démonstration de l’efficacité du sacrifice unique et du ministère de grand-prêtre de Christ pour ôter le péché (ch 10).

Le texte

Il est fondé sur la même opposition que précédemment, entre les rites de la première alliance et le ministère sacerdotal de Christ. Vous pouvez en faire dresser le tableau comparatif au cours de l’observation en groupe.

Les mots-outils de liaison (v 11 : mais ; v 15 : voilà pourquoi ; v 16 : car ; v 18 : aussi ; v 23 : donc ; v 24 : en effet ; v 26 : car ; v 28 : ainsi) font de ce texte une argumentation logique qui est du style de la prédication ou du traité de théologie, plus que d’une lettre. Ils permettent aussi de structurer l’argumentation :

A- v 11-14 : argument principal : Christ souverain sacrificateur de la nouvelle alliance :

a) v 11-12 : le moyen d’accès au sanctuaire du grand-prêtre Jésus :  « son propre sang »

b) v 13-14 : l’efficacité spirituelle de l’offrande du sang de Christ : la purification de la conscience des croyants.

B- v 15-22 : Christ médiateur d’une nouvelle alliance

a) v 15 : la mort du Christ pour le péché garantit l’héritage promis aux appelés.

b) v 16-17 : Comparaison avec le droit coutumier : la mort du testateur ouvre l’héritage ;

c) v 18-22 : Comparaison avec l’histoire d’Israël : le sang des victimes sacrifiées scelle l’alliance avec Dieu et purifie rituellement du péché.

A’- v 23-28 : Reprise de l’argument principal en conclusion des ch 8 et 9 : Supériorité du sacerdoce du Christ pour le salut :

a) v 23 : Supériorité des réalités célestes sur les terrestres.

b) v 24-25 : supériorité du sacerdoce de Christ à cause de son entrée dans le ciel même et de sa présence devant Dieu (v 24), à cause de son sacrifice unique et de l’offrande de son propre sang, de sa propre vie (v 25).

c) v 26-28 : But du sacerdoce de Christ : abolir le péché par son sacrifice unique (v 26) apparaître une seconde fois pour le salut définitif (27-28).

Remarquer :

1- l’abondance des répétitions du mot « sang » (10 fois) fait de ce mot le thème principal de l’argumentation.

2- l’imprécision des traductions sur les mots « tente, sanctuaire, lieux saints » (employés pour les deux termes grecs « skénè » = tente ou corps, et « ta hagia » = lieux saints), rend le texte souvent difficile à comprendre.

3- l’ambivalence de signification de certains mots : skénè (déjà évoqué), diathéké (= alliance et testament v 15), est intraduisible en français. Elle était immédiatement compréhensible aux destinataires de la lettre, et elle est utilisée par l’auteur librement. Elle doit donc être présente à l’esprit par une double traduction pour comprendre l’évolution de l’argumentation.

4- l’ajout dans certaines versions du mot « d’homme » à l’expression « fabriqué de la main », au lieu de garder l’expression originale qui a pour sens « non fabriqué, non matériel » v 11 et 24, crée une opposition qui n’existe pas dans le texte entre ce qui est fait de la main de l’homme, et ce qui est fait de la main de Dieu, qui peuvent être tous deux matériels, alors que le texte dit simplement « non fabriqué, immatériel ».

5- Il existe au v 24 une confusion entre le mot « image, copie, préfiguration, imitation » (= type) et le mot « modèle » (Littéralement = antitype). Il y a aussi équivoque sur le mot traduit par « véritable » (v 24). Ce « véritable» sanctuaire  est ici mis en opposition avec les réalités célestes ou immatérielles du v 23 ; le mot « véritable » prend alors le sens de « réel, visible, historique, qui a réellement existé sur cette terre ». La mauvaise traduction du v 24 crée un vrai non-sens, parce qu’on ne sait plus de quel sanctuaire il s’agit, le visible, matériel et terrestre (v 1) ou l’invisible, non fabriqué, céleste ou spirituel (v 11, 24).

6- la méconnaissance du sens de l’opposition « céleste et terrestre » qu’il ne faut pas entendre comme une opposition géographique ou « topographique », mais comme une opposition entre les notions de « spirituel, immatériel*, non fabriqué, abstrait », et « matériel, fabriqué, concret ».

*Lorsqu’on parle de « non matériel », il ne faut pas traduire comme beaucoup de personnes le font inconsciemment et faussement, en « irréel, inexistant, imaginaire, ou même symbolique » (ce qui amène au rejet de ce qui va suivre !). Dans la Bible où Dieu Esprit est la Réalité suprême de référence (2 CO 3.17),  « immatériel » ne veut pas dire « irréel » mais « spirituel ». Il s’ensuit que « spirituel » ou « qui  n’est pas de cette création »  loin d’être une déficience d’être et de réalité est,  au contraire l’affirmation d’une réalité, invisible et difficile à cerner peut-être, mais incontestablement  supérieure.   

Comprendre

Le contexte

Le rôle d’un sacrificateur était essentiellement de permettre le rétablissement de la relation rompue entre Dieu et l’homme à cause du péché. Pour cela, Dieu avait donné le culte lévitique et en particulier le jour des Expiations, comme une image rudimentaire d’une autre réalité spirituelle meilleure (8.4-6).

Une fois par an seulement, le jour des Expiations, le grand-prêtre entrait dans la seconde partie du temple terrestre avec le sang pur (= sans l’imposition des mains qui identifie le pécheur à la victime) des victimes expiatoires (celles-ci préfiguraient ce jour-là le Christ, victime innocente) ; il le répandait* sur le couvercle de l’arche contenant la loi qui était placée au-delà du voile dans le lieu Très Saint (9.1-7).

Le verset 8.10 introduit l’idée que ce rituel n’était qu’un symbole, une image concrète, incapable de donner le pardon de la conscience et de rétablir la relation véritable avec Dieu, de donner l’accès direct au « sanctuaire céleste, aux Lieux Saints » (ta hagia), à la présence de Dieu, tant que demeurait sa préfiguration par le sanctuaire terrestre, appelé ici la première tente.

De la description topographique des lieux (9.1-7), l’auteur est passé insensiblement avec le v 8, à une interprétation chronologique sur les étapes de la rencontre avec Dieu : le sanctuaire terrestre avec ses deux parties et ses deux rites (quotidien dans le lieu Saint, annuel dans le lieu Très Saint), est devenu le symbole de l’histoire du salut avec ses deux alliances.

* Selon les spécialistes** le mot moment crucial du pardon n’est pas dans l’immolation  (qui ne serait qu’une nécessité  préparatoire)  mais dans le fait de « répandre » et d’« asperger » (cf le geste avec l’hysope). Les deux expressions sont souvent synonymes ou employées parallèlement.

**E. Jacob (1955), fait remarquer la parenté sémantique de pardonner (salah) et d’asperger. Plus récent  Jean-Yves Thériault in Nouv Voc Bibliq (Bayard 2004)  écrit : « Précisons le rôle du sang. Dans la tradition biblique, ce n’est pas l’immolation de la victime mais l’effusion de sang qui est le point culminant des rites qui l’utilisent », p. 286, art. apolutrôsis.

 

Le texte

A- Première partie (v 11-14) C’est le Saint-Esprit, donc la révélation chrétienne qui explique ce qu’est le « sanctuaire ». Avant Jésus, personne n’avait pu avoir réellement accès aux véritables Lieux Saints, que le verset 24 précise être « le ciel même », lieu de la présence de Dieu. Ces Lieux Saints ou « biens à venir » pour tous les croyants de l’ancienne comme de la nouvelle alliance, sont le but de tous les rites de l’ancien sacerdoce. f549098bd0a6b48d96cb0cc9aa392204.jpg

Seul Christ a été qualifié comme vrai prêtre de ces biens, comme médiateur entre l’homme et Dieu (v 15 ; 1 Tim 2.5), comme chemin d’accès du pécheur à la présence de Dieu, pour deux causes :

v 11-12 : la version de la TOB colle au texte original et indique ces deux causes du libre accès de Christ aux Lieux Saints, sanctuaire (v 12) ou ciel (v 24) : il est entré

1- « grâce à, en fonction de » (= dia + génitif) la tente (skénè) plus grande et plus parfaite, qui n’est pas œuvre des mains, qui n’est pas de cette création, non matérielle »,

2- « grâce à l’offrande de son propre sang »

Qu’est cette « tente plus grande et plus parfaite » non matérielle ? L’auteur joue sur le double sens du mot : « tente » pour faire allusion au sanctuaire de Moïse, et « corps » pour faire allusion à la Passion du Christ et à la Cène (Luc 22.19-20). Désormais, pour accéder à la présence de Dieu, on ne passe plus par une tente matérielle comme autrefois, mais au travers du corps de Christ incarné et ressuscité (Marc 14.58), « voie nouvelle et vivante » (Hé.10.20). En offrant spontanément son corps et son sang, le Christ, à la fois souverain sacrificateur et sacrifice pour l’absolution du péché, offre à tous les croyants l’accès au pardon et à la grâce de Dieu. Il réalise ainsi spirituellement ce que l’ancienne alliance préfigurait matériellement dans le rituel lévitique de la « purification du sanctuaire ».

En poussant la métaphore plus loin, le « corps (skénè) qui n’est pas fabriqué, qui n’est pas matériel, qui n’est pas de cette création » (v 11) est représenté par l’ensemble des croyants nés de nouveau spirituellement, qui participent à la communion au corps et au sang de Christ, qui s’identifient à sa mort et à sa résurrection (1 Co 10.16-17 ; 12.12-27 ; Ep 2.6, 15, 18).  Au sanctuaire visible et matériel de l’ancienne alliance qui n’avait pas permis une véritable approche de Dieu et même l’avait empêchée par sa seule présence (9.8), s’oppose dans la nouvelle alliance, le corps de Christ, qu’est l’Eglise (Ep 4.12), « le sanctuaire » spirituel, « la tente plus grande et plus parfaite », car elle n’est pas réservée aux seuls prêtres mais à tous les hommes, et qu’elle fait de chaque homme un homme transformé à l’image de Christ, entièrement consacré à Dieu et purifié dans sa conscience des oeuvres du péché privées de vie et mortelles (v 14).

B- La partie centrale de notre texte (v 15-22), un peu plus accessible, centre l’argumentation sur le pardon et la vie (appelés aussi « héritage promis » v 15) obtenus par l’offrande du sang. L’auteur joue sur les deux sens du mot « diathéké » : « alliance » ou « testament », dont il faut conserver la double traduction pour suivre le raisonnement. Comme la mort seule du testateur permet l’héritage, la mort de Christ donne accès à la vie éternelle, et scelle « l’alliance » de Dieu avec le croyant.

Le rappel de l’inauguration de la première alliance par Moïse avec le sang des victimes, permet à l’auteur de rappeler les paroles de Christ, inaugurant la seconde alliance à la Cène « Ceci est mon corps...ceci est le sang de la nouvelle alliance ».

Comme le corps et le sang des victimes portaient virtuellement, symboliquement la nature pécheresse du croyant, et comme la mort de la victime faisait mourir cette nature pour permettre au croyant une vie nouvelle, consacrée à Dieu (le sang, = la vie, était porté dans le lieu saint), le corps et le sang de Christ, offerts et sacrifiés pour le pardon du péché, libèrent le croyant de ce péché et le purifient pour une vie nouvelle au service de Dieu.

A’- (v 23-28) La conclusion de notre passage et des ch 8 et 9, réaffirme les arguments précédents dans une formulation plus concise. Elle introduit aussi sur le thème de l’espérance chrétienne (v 28b) le développement suivant qui concerne les conséquences du sacerdoce de Christ pour l’Eglise.

V 23 : « ce qui est dans les cieux, les réalités célestes » doivent s’entendre par opposition aux « images », aux représentations terrestres, dans le sens de « réalités spirituelles » de l’histoire du salut.

V 24 : il est nécessaire de revenir à une traduction au plus près du texte grec pour éviter toute confusion. Voici ce que ce verset donne : « Le Christ n’est pas entré dans des Lieux Saints (ta hagia) faits de main (= matériels) qui auraient servi de modèle (antitype) aux véritables, aux visibles et réels dans ce monde, (= le sanctuaire  qui a existé dans la réalité historique, celui qu’a fait construire Moïse), mais il est entré dans « le ciel même  (= dans le monde spirituel du Dieu invisible), afin de paraître maintenant devant la face de Dieu pour nous ».

Puisque l’ancienne alliance a disparu comme étant «l’image provisoire », le « type » de la nouvelle alliance (qui en est « l’antitype, le modèle »), il est incongru d’imaginer que Christ officie à la manière concrète des anciens sacrificateurs, dans un sanctuaire matériel, quelque part au ciel. Notre texte est très clair à ce sujet. On ne peut imaginer le monde spirituel de Dieu sur le modèle de notre monde matériel. Ce serait inverser les choses, et se faire un Dieu à notre image.

C’est le ciel tout entier, lieu spirituel de la présence divine qui est appelé « Lieux Saints » « réalités ou sanctuaire célestes » et qui a servi de modèle au sanctuaire terrestre et à ses rites. L’ancienne économie sacerdotale, et en particulier le Jour des Expiations, préfiguraient toute l’économie chrétienne (= le « plan du salut ») : mort, résurrection, médiation de Christ, purification des péchés, et même le retour glorieux de Christ à la fin des temps, pour accorder aux croyants l’héritage de la vie éternelle (v 25-28).

Ce dernier point, objet de l’espérance chrétienne était préfiguré par la réapparition publique du souverain sacrificateur hors du temple. C’était la preuve visible que tout le peuple était pardonné. Dans notre texte, à la fois la résurrection de Christ et sa parousie sont la preuve du salut promis que les croyants attendent avec ardeur, après le jugement et l’exclusion du péché décrits dans Ap 4 à 19, et préfigurés au jour des Expiations par la comparution du souverain sacrificateur, représentant du peuple, devant l’arche de l’alliance, et par la purification du sanctuaire (Lév 16.16-20).

C- Essayons de transposer ces images pour comprendre en quoi consiste aujourd’hui le ministère sacerdotal de Christ, depuis son Ascension475216bcd8f3466d5142c8ff084083c7.jpg

a) Dans une première phase de ce ministère, les sacrificateurs portaient chaque jour dans le lieu saint, devant le voile du lieu très saint, le sang des victimes. Ce sang représentait la vie des croyants : pardonnés grâce au sacrifice de leur nature pécheresse symbolisé par le sacrifice de l’animal, ils se mettaient au service de Dieu et sous sa direction pour recevoir de lui la lumière du St Esprit (chandelier) et la nourriture de sa Parole (pains de proposition).

Ainsi, Jésus sacrificateur et victime à la fois, fait bénéficier le croyant qui s’en remet et s’identifie à lui, du sacrifice « offert une fois pour toutes sur la croix » (v 26-28) ; par son pardon, il le purifie intérieurement du péché (v14), le nourrit de sa Parole et l’éclaire  de son Esprit, afin qu’il serve le Dieu vivant (v 14b). Comme le sacrificateur répandait le parfum sur l’autel d’or du lieu saint pour faire écran entre la sainteté de Dieu et le péché de l’homme, Christ comme « médiateur »(v 15) intercède pour le croyant, c'est-à-dire qu’il s’interpose devant Dieu (v 24) entre le croyant et l’Adversaire qui l’accuse, en présentant son sacrifice pour le justifier, et en lui accordant son Esprit pour le sanctifier.

C’est l’œuvre quotidienne de Christ en faveur de ses enfants.

b) Maintenant, il existe une seconde phase du ministère sacerdotal, c’est l’œuvre accomplie par le grand sacrificateur au Jour des Expiations une seule fois dans l’année, dans le lieu très saint et dans l’ensemble du sanctuaire. Ce jour symbolisait le jugement du peuple de Dieu à la fin des temps. Il faut entendre dans le mot « jugement » le sens biblique de « Révélation et libération des enfants de Dieu » (Rm  8.19, 21b). La détermination ou la reconnaissance des « fils de Dieu » était symbolisée par l’aspersion sur le propitiatoire et sur tout le mobilier du lieu saint du sang pur du bouc pour l’Éternel, sacrifié pour tout le peuple rassemblé devant le sanctuaire (Lév 16.15).

Ainsi Jésus, à la fois grand sacrificateur et bouc pour l’Éternel, sacrifié pour tout le peuple qui se réclame de lui, rassemble son peuple pendant ce temps que nous appelons « jugement préliminaire » à son retour, (et que nous croyons commencé depuis le milieu du 19ème siècle (1844) d’après les prophéties chronologiques de Daniel 9) ; non seulement il le rassemble, mais il le purifie et l’oint de son Esprit pour le sceller pour la rédemption éternelle, c'est-à-dire qu’il le déclare « juste », parce qu’il a cru en lui (Ep 1.13). Ap 6.11 nous révèle que cette œuvre durera jusqu’à ce que soit complet le nombre des membres de son Royaume.

L’œuvre spirituelle de « purification ou de justification du sanctuaire » (Da 8.14) a de plus une autre conséquence qui touche non plus les croyants, mais Dieu lui-même : Selon Romains 3.26, en justifiant par grâce ceux qui ont foi en Jésus,  Dieu peut être reconnu juste ! Il est blanchi des accusations que Satan avait portées contre lui, mettant en doute son amour inconditionnel pour sa créature humaine. Nous trouvons dans Apocalypse 20.11 l’image de la justification de Dieu à la fin du « jugement »  dans la seule mention qui existe dans la Bible de son « trône blanc » ! Cette reconnaissance de Dieu comme juste par toute la création était préfigurée dans l’Ancien Testament dans la conclusion du Jugement de Salomon (1 Rois 3.28) où tout le peuple reconnaît en son roi la sagesse de Dieu. Elle était aussi annoncée dans la vision de Daniel 7.14, où le Fils de l’Homme reçoit la royauté qui ne sera jamais détruite.

Cette œuvre de « jugement » et de « justification » de sa maison (1 Pi 4.17) et par là même de son amour, constitue le ministère sacerdotal actuel de Christ notre souverain sacrificateur.

c) La dernière phase de son ministère sacerdotal, (son retour et l’élimination définitive de l’auteur du mal) était symbolisée par la sortie du sanctuaire du souverain sacrificateur pour envoyer au désert le bouc émissaire*, porteur du principe du péché et de ses conséquences universelles, par imposition des mains. Nous verrons cette œuvre plus en détail la semaine prochaine. 

* Lv 16.21-22

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Que représente pour moi le sacerdoce de Christ depuis son ascension ? L’assurance que Christ ressuscité officie comme grand-prêtre devant Dieu, change-t-elle quelque chose à ma vie quotidienne ? M’aide-t-elle à mieux vivre dans la foi et l’espérance de son retour ? En quoi cela se manifeste-t-il concrètement ?

- Comment la compréhension du ministère sacerdotal de Christ en notre faveur (intercession, sceau de l’Esprit, pardon et sanctification) nous permet-elle de vivre comme membres actifs et responsables de notre vie spirituelle,  dans le sanctuaire spirituel de Christ qu’est son Eglise ?

- Dans quelle mesure l’Eglise, corps et sanctuaire de Christ, m’offre-t-elle la nourriture de la Parole de Dieu , la lumière de l’Esprit-Saint et l'intercession de mes frères (= oeuvre dans le Lieu-Saint) ? Comment rend-elle sensible l'oeuvre de pardon accomplie par Christ (= Lieu Très-Saint) ? Comment y rendre plus efficace ces aspects du ministère de Christ en notre faveur ?

- Comment se traduit dans la pratique, ma foi en l’œuvre de libération du mal, accomplie pour moi actuellement par Christ et symbolisée autrefois par l’œuvre du souverain sacrificateur dans le Lieu Très Saint une fois par an ? 

Commentaires

Ais-je mal compris ou est-ce que l'auteur insinue qu'il n'y aurait pas de sanctuaire céleste : un sanctuaire bien réel (physique) dans le ciel?

C'est en tout cas ce que je comprends quand je lis

"C’e st le ciel tout entier, lieu spirituel de la présence divine qui est appelé « Lieux Saints » « réalités ou sanctuaire célestes » et qui a servi de modèle au sanctuaire terrestre et à ses rites."

"il est incongru d’imaginer que Christ officie à la manière concrète des anciens sacrificateurs, dans un sanctuaire matériel, quelque part au ciel"

Si j'ai mal compris, alors pardonnez-moi. Si effectivement l'auteur insinue qu'il n'y a pas de sanctuaire céleste, c'est une pensée contraire à la doctrine adventiste, qui remet en cause beaucoup plus qu'on ne peut penser aux premiers abords :

Tout d'abord, une quantité de textes bibliques mentionnent clairement un sanctuaire céleste bien réel avec des compartiments bien réels et non pas le ciel comme figure imagée de lieu saint (Apo 1:12; 2:1; 11:19; 14:17; 15:5; 16:17; Ps11:4; Heb 9:11-12; 8:1-2)

S'il n'y a pas de sanctuaire, notre interprétation de Dan 8 et le ministère de Jesus dans le lieu très saint n'a plus lieu d'être (l'auteur semble pourtant soutenir cette idée lorsqu'il parle du jugement préliminaire). Si le ciel entier est un lieu saint, il n'y a pas de lieu très saint dans lequel entrer. Il n'y a pas de transition, ce qui ouvre la porte à l'idée que le jugement préliminaire s'est passé au moment où Jésus est retourné au ciel et non en 1844.

Cette transition, non seulement rapportée dans Daniel, l'existence d'un lieu très saint dans les cieux est une des visions d'Ellen White. Soeur White rapporte avoir vu un sanctuaire physique et bien réel dans le ciel contenant une arche similaire à celle placée dans le lieu très saint du sanctuaire céleste (EGW, To the Remnant Scattered Abroad", A Word to the "Little Flock" (Brunswick, ME, 1847), p. 16

S'il n'y a effectivement pas de sanctuaire céleste, Ellen White n'est pas une prophétesse et ses visions ne sont pas de Dieu. Attention, je ne souhaite pas passer pour un fanatique et je comprends que les prophètes ne sont pas infaillibles, les prophètes ne sont pas Dieu, mais là, il ne s'agit pas d'une interprétation, mais d'une vision claire et précise qui montre le sanctuaire céleste. Soit il existe et la vision vient de Dieu, soit il n'existe pas et c'est tout un pan de la doctrine adventiste qui tombe. La présence d'un sanctuaire bien réel et bien céleste est d'ailleurs une des doctrines fondamentales (la numéro 24 - http://www.adventist.org/beliefs/fundamental/index.html)

J'apprécie beaucoup vos commentaires que je lis chaque semaine, c'est pour cela que je réagi aussi vivement à un passage qui m'a laissé plus que perplexe.

Que Dieu bénisse votre ministère et qu'il continue de vous inspirer sa sagesse et son savoir...

Ecrit par : David Civera | 17.06.2008

Il faut respecter ce que dit le texte. Or, ce texte ne parle à aucun moment d'un sanctuaire céleste fait de métaux et de bois. Bien au contraire.
Est-ce que se sont les matériaux qui sont les plus importants ?
Le plus important n'est pas cette question de matériaux, de salles, mais CE QUE JESUS FAIT AUJOURD'HUI pour chacun d'entre nous.
Jésus a-t-il besoin de rentrer dans une salle pour intercéder pour nous ????
Le texte biblique n'est pas là pour nous RENSEIGNER mais nous ENSEIGNER.

Arrêtons de plaquer nos croyances sur le texte biblique ! Ce n'est pas le respecter !

Je vous invite à lire l'ouvrage de Knight qui vient d'être traduit : "En quête d'identité" qui montre bien que nos pionniers ont toujours refusé les dogmes.
Vous y verrez aussi de nombreuses citations où EGW dit que seuls les textes bibliques sont la référence de nos croyances, et en aucune manière ses écrits.

Ecrit par : Marc | 18.06.2008

Marc,

Merci pour votre réponse :-)

Il faut respecter ce que le texte dit : je suis d'accord, mais il faut aussi le mettre dans son contexte et le contexte parle clairement d'un sanctuaire céleste bien réel. Attention, je n'ai jamais parlé de métaux et de bois : il y a une différence entre réel et réalisation : Y a-t-il un sanctuaire réel avec un lieu saint et très saint: oui! De quoi est-il fait? Aucune idée. Le sanctuaire tel qu'il est défini par Moise est une "ombre" du sanctuaire céleste et par définition, il n'y a rien de plus imprécis qu'une ombre. Le sanctuaire terrestre nous aide à comprendre le sanctuaire céleste et ce qu'il représente. Il nous aide à comprendre le plan du salut et le ministère de Jesus.

Bien entendu que le ministère de Jesus dans nos coeur est important, mais pourquoi rentrer dans une compétition, le ministère de Jesus au ciel où il prépare notre venu est tout aussi important.

A la question Jesus a-t-il besoin de rentrer dans une salle pour intercéder pour nous? La réponse est non puisqu'il l'a fait lorsqu'il était sur terre (en demandant le père nous pardonne lorsqu'il était sur la croix, ou en priant pour ses disciples), mais a-t-il besoin de rentrer dans le lieu très saint pour que le jugement préliminaire commence ? Oui, tout simplement parce que cela fait partie du système que Dieu lui-même a établi pour que sa justice et sa bonté soient révélées au monde et que les accusations de Satan soient clairement et unilatéralement rejetées comme fallacieux.

Enfin, sur les pionniers et les dogmes, je vous invite à lire les pionniers eux-mêmes. La série de livres Daniel and Revelation Committee series (désolé je n'ai pas la traduction en francais, j'habite au Canada) est particulièrement instructive et Andrews était par exemple très clair à ce sujet, tout comme Ellen White. Le but n'est pas d'être dogmatique ou pas, le but est clairement de reconnaître qu'il s'agit d'une "doctrine fondamentale" de l'Église adventiste (ce qui est indéniable vu que c'est la doctrine fondamentale #24)

Enfin, je ne peux que soutenir l'idée que SEULS les textes bibliques sont la référence de nos croyances (c'est doctrine fondamentale #1), c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je cite une quantité de texte biblique avant de parler d'EGW que ne je mentionne qu'à la fin de mon propos pour soutenir l'idée, non pas que l'on ne peut justifier le point de vue que j'évoque qu'en aillant recours à EGW, mais qu'elle a eu une vision à ce sujet et dire qu'il n'y a pas de sanctuaire céleste du tout est une affirmation très lourde de conséquences sur le plan théologique lorsque l'on est un adventiste puisque c'est renié tout un pan de notre religion (voila pourquoi je cite aussi Daniel 8)

Ecrit par : David Civera | 19.06.2008

Merci pour cet échange.
Suite à cette réflexion, je suis allé voir l'article "The heavenly Sanctuary - Figurative or Literal Concept" dans l'ouvrage adventiste "Questions on Doctrine" (Adventist Classic Library). Ce court article me semble bien résumer les questions.

Ecrit par : Marc | 19.06.2008

Bonjour,

Une question par rapport au terme skênê : il semblerait, selon vous, que ce terme pourrait être traduit par "corps". Je n'ai pas trouvé cette donnée dans mes dictionnaires bibliques (dont le Kittel).
Dans le même sens, y'a-t-il des textes où le terme skênê est associé à l'idée de corps ?

Merci de m'éclairer.

Pierre

Ecrit par : Pierre | 19.06.2008

Cher Marc,

L'article dont vous faites référence est-il sur Internet?

Ecrit par : David Civera | 19.06.2008

Bonjour Pierre,

Vous pouvez voir ici que le mot skene est par exemple utilisé au verset 11

http://www.blueletterbible.org/cgi-bin/c.pl?book=Hbr&chapter=9&verse=11&version=KJV#11

et que selon le Lexique de Strong

L'origine de skene (http://cf.blueletterbible.org/lang/lexicon/lexicon.cfm?Strongs=G4633&t=kjv) veut dire vesseau (ce qui est une métaphore grecques pour le corps) http://cf.blueletterbible.org/lang/lexicon/Lexicon.cfm?Strongs=G4632&t=kjv

Ecrit par : David Civera | 19.06.2008

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