06.06.2008

Etude n°11 : Puissance de sa résurrection (14-06-08)

Etude n° 11 : La puissance de sa résurrection (14-06-08)

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OBSERVONS

(Retable d’Isenheim, Colmar, 16è s)

Texte en 6 parties:

1-v 1-11 : Christ est-il ressuscité?  Oui, selon les Ecritures et les témoins.

2-v 12-19: S’il n’y a pas de résurrection des morts? Sept conséquences

3- v 20-28 : Jésus-Christ, prémices de la résurrection des morts

4- v 29-34 : Pourquoi se faire baptiser, ou souffrir, si la résurrection n’existe pas?

5- v 35-49 : La résurrection des corps

6- v 50-58 : La vie éternelle et ses conséquences ici-bas pour le chrétien.

Répétitions

Vain : v 2, 10, 14 (2 fois), 17, 58, versets auxquels il faut ajouter l’idée de vanité contenue dans les versets 29-32 = 7 fois I

Résurrection, ressusciter: v 4, 12 (2x), 13 (2x), 14, 15 (3x), 16 (2x), 17, 20, 21, 29, 32, 35(2x), 42 (2x), 43 (2x), 44, 52 = 24 fois I

Oppositions : céleste /terrestre : v 40, 47-49 (3x); spirituel I naturel v 44 (2x), 45, 46

Corruptible  / incorruptible : v 42, 50,53, 54.

- Les 7 conséquences de la négation de la résurrection des morts:

1- Christ n’est pas ressuscité

2- La prédication des apôtres est vaine

3- La foi des chrétiens est vaine

4- Les apôtres sont des faux témoins à l’égard de Dieu

5- Les chrétiens sont encore dans leurs péchés

6- Ceux qui sont morts en Christ sont perdus

7- Sans espérance hors de cette terre, les chrétiens sont les plus malheureux des hommes.

Qu’apprenons-nous sur Christ?

v 20 : Il est ressuscité

Il  est les prémices de ceux qui sont morts.

v 21 : Par lui qui était homme, est venue la résurrection des morts

v 25 : Il règne jusqu’à ce qu’il ait mis ses ennemis sous ses pieds

v 27 : Dieu lui a soumis toutes choses

v 45 : Dernier Adam, il est devenu esprit vivifiant

v 46-48 : Il vient du ciel, il est spirituel, céleste.

v 57 : Dieu donne par lui la victoire aux croyants.

v 38-41: Dieu donne à chacun un corps selon son espèce (humaine, animale, céleste, astrale) et selon sa volonté.

Qu’apprenons-nous sur l’homme?

v 17 :      Sans la résurrection il est encore dans ses péchés

v 19 :      Sans espérance eschatologique, il est le plus malheureux

v 22 :      tous meurent en Adam   

 v 29-32 : S’il n’y a pas de résurrection, son baptême ou ses souffrances sont vains, n’ont pas de sens et aboutissent au néant.

v 33-34 : Corrompu et pécheur parce qu’il n’a pas la connaissance de Dieu.

v 36-38 : il est semblable à un grain semé qui meurt et renaît différent selon sa semence.

v 42-49: Corruptible, méprisable, faible, corps naturel ou psychique ou animal, être vivant, terrestre, porteur de l’image du terrestre

v 50-54  : Chair et sang, corruptible, ne peut hériter du Royaume, corps mortel sous la puissance du péché révélé par la loi.

v 57-58  : Mais rendu vainqueur par JC, peut rester ferme, inébranlable dans la foi, débordant de zèle pour le Seigneur, assuré que son travail pour Dieu n’est pas vain.

Qu’apprenons-nous sur l’avenir?

v 22-23  : Tous revivront en Christ, chacun en son rang, d’abord Christ, puis les siens, à son avènement

v 24-28  : Viendra alors la fin de notre monde : soumission des ennemis à Christ, disparition de toutes puissances, destruction de la mort, remise à Dieu du Royaume par le Fils, soumission du Fils au Père, Dieu tout en tous.

v 42-49  : Résurrection avec un corps incorruptible, glorieux, plein de force, spirituel, céleste, à l’image du céleste = animé par l’Esprit.

v 50-56: Transformation immédiate des vivants à la résurrection des morts, au son de la dernière trompette avec un corps incorruptible et immortel. Victoire sur la mort et le péché qui la provoque et que révèle la loi,

COMPRENONS

La composition: f639bcf5fee058a44fb7a2cd7fe2ef48.jpg

La répétition (7 fois) du mot vain du début à la fin du chapitre donne la clé du raisonnement.

A) La pensée de Paul procède par associations d’idées beaucoup plus souvent que dans notre logique de pensée, Nous en avons plusieurs exemples dans ce chapitre:

1- v 10 : Paul fait une digression sur sa propre personne, pour montrer que «la grâce n’a pas été vaine » envers lui,

2- v 29-34 : ces versets seraient logiquement placés après le verset 19, car ils poursuivent la démonstration de la vanité de la foi et de la vie du chrétien si la résurrection des morts n’existe pas. Le v 29 peut être traduit autrement pour comprendre le raisonnement de l’auteur : Que feraient ceux qui se font baptiser au-dessus ou à cause des morts (litt.= des cadavres) si les morts ne ressuscitent absolument pas ! Pourquoi se font-ils baptiser pour eux ?

Paul fait allusion sans doute à une coutume des Corinthiens, inconnue ailleurs, qui se rapproche des sacrifices pour le péché et des prières que Judas Maccabée offrit pour  ses soldats morts, dans l’espoir de leur résurrection (2 Macc 12.43 ; Note de la NBS ) Si les morts ne ressuscitent pas, ces sacrifices, ces prières, ces baptêmes sont vains !

Sur ce seul verset, l’Eglise des saints des derniers jours (les Mormons) a fondé sa doctrine du baptême pour les morts, pour les retrouver à la résurrection. Rien dans la Bible ne peut autoriser une telle doctrine de substitution d’hommes pour le salut d’autres hommes, à fortiori de vivants pour des morts ; voir les textes d’Ez 18.19-20, 30).

Paul continue (v 30-34): Pourquoi souffrons-nous chaque jour pour notre foi ? S’il n’y a pas de résurrection, c’est pour rien, c’est en vain ! Autant vivre comme ceux qui n’ont pas d’espérance.  Paul appelle les croyants à s’écarter de telles conceptions de la vie  et d’une telle méconnaissance  de la pensée de Dieu (v 34).

3 - v 35-49 : après la parenthèse des deux derniers arguments contre la négation de la résurrection, Paul reprend le raisonnement. Mais là encore une digression vient l’interrompre :

Au lieu de poursuivre la comparaison avec le grain semé qui meurt et renaît sous une autre forme, Paul, à partir de l’idée de la différence d’aspect entre le grain et l’épi, développe l’idée de la diversité des corps créés par Dieu, que l’on peut constater dans la nature et  même dans l’univers! Sans doute veut-il démontrer que Dieu a la puissance de donner au mort un corps différent de celui qu’il avait sur terre, lorsqu’il le ressuscitera, comme il a eu la puissance de donner à chaque espèce un corps différent. Nous avons ici un argument qui contredit l’idée de l’évolution des espèces

- v 56 : autre association d’idées : la puissance du péché, c’est la loi ! Que vient faire cette allusion à la loi ? Il faut se reporter à Rm 7.7 « La loi est-elle péché ? Certes non, mais je n’ai connu le péché que par la loi. » La loi révèle la puissance du péché qui conduit à la mort.

B- v 20-28 Paul n’a pas voulu rester sur le verset tragique (19) du malheur du chrétien si la résurrection n’existe pas, et il a aussitôt affirmé la résurrection du Christ comme modèle et prémices de celles des morts, comme espérance pour tous d’une vie éternelle.

Les versets 20-28 constituent le résumé de la vision eschatologique de Paul. Il détaille cette vision dans les deux dernières parties du chapitre. On peut mettre cette vision en parallèle entre autres avec 1Th 4.13-17, Phi 3.20-21, Rm 5.12, 17, Ap 11,17 ; 19.6 ; 21.3.

1- Christ prémices des ressuscités3db46cc84142afd943abb83fe01f6f75.jpg

Paul a établi la réalité de la résurrection de Christ, en la fondant sur les Ecritures et sur le témoignage de ceux qui l’ont vue. Il a aussi démontré l’absurdité de la négation de la résurrection des morts. Il pose alors comme admise la résurrection de Christ et démontre que Christ, étant homme, a donné sa vie pour délivrer les hommes du péché, pour qu’ils soient pardonnés. Dieu en le ressuscitant l’établit comme Seigneur et principe de résurrection pour ceux qui lui appartiennent. Tout ce que Christ est devenu par sa résurrection sert de modèle à ce que deviendront les siens ressuscités ou transformés.

Si l’homme actuel, comme Adam, est un être vivant, de nature terrestre, soumis à son psychisme (chair et sang = sens, émotions, sentiments et passions), voué à la corruption et à la mort, l’homme ressuscité, à l’image de Jésus Christ, sera un être de nature spirituelle, c’est-à-dire soumis entièrement à l’Esprit, avec un corps vivifié par l’Esprit, incorruptible, immortel. Le contraste entre Adam, êre vivant ou âme vivante et Jésus, second Adam, esprit vivifiant, met en valeur la différence de nature entre les deux. L’un reçoit la vie, reste dominé par son psychisme, est soumis à la mort tant qu’il est sur terre, l’autre est dominé par l’Esprit, a la vie en lui-même et peut la transmettre à tous ceux qui la désirent.

2- L’opposition terrestre / céleste n’est pas à considérer sur le plan de la localisation topographique, mais sur le plan de la différenciation de nature. L’économie de la vie éternelle sera totalement différente de l’économie terrestre. Paul n’en révèle pas tous les détails et s’en réfère à ce que le Christ a lui-même révélé par Sa propre résurrection.

3- Toute la 5ème partie (v 35-49) répond à l’interrogation sur la résurrection que se posaient les Grecs, et nous à leur suite: leur philosophie dualiste considérait l’homme comme composé de deux entités, un esprit immortel et un corps mortel. Paul insiste sur l’unité fondamentale de l’homme, qui est entièrement mortel. Lorsqu’il parle ici de corps, il ne distingue pas ses différents éléments (matérialité, psychisme, spiritualité), mais il entend son être tout entier. De même pour le corps spirituel, il s’agit de tout l’être nouveau, capable de vivre dans une économie éternelle, sans vieillissement, sans souffrance et sans mort, parce qu’il est entièrement soumis à la volonté de l’Esprit, ce que suggèrent les images de l’arbre de vie et du fleuve de vie de la Nouvelle Jérusalem (Ap 22.1-2).

La chronologie des événements de la fin n’est apparemment pas respectée, lorsqu’on compare les v 22-28 aux textes parallèles de Paul et de Jean.

Paul insiste ici sur le pouvoir du Christ : il règne actuellement (25,27) dans le but de mettre ses ennemis sous ses pieds, c’est-à-dire de les amener à le reconnaître comme Roi, soit par la conversion de leur cœur et leur obéissance volontaire tant que dure le temps de grâce, soit par l’évidence de ses jugements et leur soumission forcée au moment de son retour (v 24b-26 ; Ap15-22).

A son retour, les morts en Christ ressuscités et les élus vivants transformés constituent le royaume de Dieu que Christ peut remettre à Dieu (v 24). Le ministère de Christ se termine alors, puisque Dieu est tout en tous, il n’y a plus de raison de différencier les trois personnes de la divinité, leurs rôles respectifs n’ayant plus lieu d’être.

La dernière trompette représente dans le langage biblique le cri de la victoire finale et l’appel au rassemblement du peuple. Les trompettes signalaient la victoire dans un combat, et servaient aussi à appeler l’assemblée du peuple lors des grandes fêtes religieuses. Ici la victoire sur la mort que représente la résurrection des morts permet le rassemblement de tout le peuple des élus, morts et vivants, autour du Seigneur qui revient.

L’assurance que donne l’espérance de la résurrection permet à Paul de rendre grâces à Dieu pour la victoire que Christ donne dès aujourd’hui sur toutes les forces de destruction et de mal. La vie éternelle commence dans le cœur du croyant et lui permet de rester ferme dans la foi, et d’œuvrer avec zèle pour le Seigneur (v 58, mot à mot: d’être débordant dans l’oeuvre du Seigneur).

Questions pour une application dans la vie chrétienne

- Quelle place tient la résurrection de Jésus dans ma foi et ma vie : m’aide-t-elle à remporter la victoire sur les tentations, et sur le découragement ? Me console-t-elle dans les souffrances et le deuil en m’anesthésiant par une projection dans un avenir céleste meilleur, ou bien en me permettant de vivre sur terre comme témoin de la puissance de vie de mon Sauveur?

- Suis-je un être vivant, comme Adam, naturel, soumis à mes sens et mes passions, ou ai-je commencé à être un être spirituel, comme le second Adam Christ, soumis à l’Esprit de Dieu qui le vivifie ? Comment cela se manifeste-t-il dans ma vie?

-  L’Eglise vit-elle comme le peuple des ressuscités en esprit, ou comme une assemblée d’êtres terrestres ? Quelle est ma part dans cette identité ? Comment contribuer à rendre mon église plus vivante par l’Esprit ?

- Quand et comment ai-je pu expérimenter la puissance de résurrection de Christ dans ma vie ?

Commentaires

je suis très contante d'avoir accés à votre site. je n'ai internet que depuis une semaine avec pour objectif de pouvoir échanger et discuter des textes de la bible. J'anime très souvent les études bibliques de l'église de Périgueux et j'ai bien souvent des perplexités que j'aimerais bien partager avec vous. Peut être que tous ensemble nous parviendrons à mieux connaitre notre Dieu et être délivrer de la fausse image que l'on se fait de lui.
Merci pour votre présence. bien fraternellement. Béatrice

Ecrit par : BINI Béatrice | 13.06.2008

mon impression sur la leçon est qu'il est difficile de trouver des choses nouvelles sur un tel sujet. notre culture adventiste nous a pétrie de cette notion de résurection et il n'y a pas d'autres pistes que d'y croire ou non. Je m'émerveille de l'amour de Dieu et de son plan qui va nous permettre de vivre un jour dans un monde sans souffrance et sans mort. il est vrai qu'il nous ait impossible de nous l'imaginer à partir de notre réalité puisque tout est tourné vers la mort, la putréfaction, pour rejaillir ensuite en vie tout au moins en se qui concerne les végétaux. c'est d'ailleur un des arguments de ceux qui croient à la réincarnation. Nous n'avons aucun repère qui peut alimenter notre imagination dans ce domaine. c'est une des raison par laquelle les personnes de notre époque et dans nos pays cette notion passe si mal, cela parait un vrai délire aux incroyants de notre époque.
a mon avis il serait bon qu'ils fassent l'expérience d'une "résurection psychique" pour qu'ils commencent à croire à la résurection définitive de leur être tout entier. devenir toujours plus libre dans nos têtes, avoir la paix, la joie, ne plus se faire du soucis pour l'avenir c'est une forme de résurection psychique. j'aimerais bien donné à mon entourage cette impression de sérénité pour leur donner envie de rencontrer Jésus. J'ai le sentiment d'être bien loin du compte. amitié béatrice.

Ecrit par : BINI Béatrice | 13.06.2008

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