09.05.2008
Etude n°7 Un comportement qui intrigue (17-05-08)
Mt 8.28-34
Observons
Le contexte
Le ch 8 de Matthieu fait suite au Sermon sur la montagne, et rapporte divers miracles de Jésus qui manifestent sa puissance divine sur la maladie, sur les éléments naturels et sur les puissances démoniaques. Au centre de ces miracles (v 18-22), Jésus répond à ceux qui veulent le suivre en affirmant la précarité de sa vie terrestre (v20) et son désir de choix exclusif de la part de ses disciples (v 22). (Enluminure du 11è s, guérison d'un démoniaque) 
V 28 : Situation des personnages
V 29 : cri des démoniaques
V 30-32 : guérison des démoniaques
V 33-34 : réactions des habitants du pays
Comprenons
Le texte parallèle de Luc 8.26-39 donne plus de détails sur ce miracle insolite de Jésus, en territoire païen, à l’est de la mer de Galilée. Nous vous invitons à vous y reporter pour compléter le texte de Matthieu qui met en scène deux démoniaques au lieu d’un chez Luc.
Jésus a traversé le lac avec ses disciples, en apaisant la tempête qui s’y était élevée. Il ose aborder un territoire de la Décapole , occupé par les Romains, et s’approcher de deux hommes considérés comme si dangereux à cause de leur folie qu’ils en sont réduits à survivre dans les grottes isolées qui servaient de cimetière.
Les Géranésiens étaient prisonniers du plus profond des cachots : possédés de mille démons (nommés « Légion » chez Luc), exclus de la société, ils étaient des morts-vivants, liés de chaînes (Luc 8.29) que les hommes lui mettaient pour se protéger de leur folie furieuse. Ils n’étaient plus maîtres d’eux-mêmes et personne ne pouvait les délivrer, les hommes renforçant la domination sur eux des puissances surnaturelles mauvaises par leurs mesures de protection sociale.
Ces hommes prisonniers de leurs semblables, des démons, d’eux-mêmes, de leur folie, de leur violence, de la solitude, et de leur ignorance de Dieu, dans un moment de lucidité se sont approchés de Jésus ; ce premier pas est essentiel ! La puissance démoniaque à l’œuvre dans leurs corps, reconnaît alors le Seigneur, le Fils de Dieu en la personne de Jésus et prend peur, car les démons connaissent sa puissance sur eux (Ja 2.19). Tant qu’à être chassés hors de ces possédés, ils préfèrent continuer à nuire dans les corps des pourceaux, animaux impurs par excellence pour les Juifs, mais source de grand profit dans le monde non-juif ! Jésus curieusement acquiesce à leur demande. Le résultat ne se fait pas attendre, tout le troupeau, rendu fou, se précipite dans les eaux : les démons sont quand même allés à l’abîme, mais ont eu la satisfaction de ruiner leurs propriétaires !
Pourquoi Jésus l’a-t-il accepté ? Voulait-il donner une leçon aux démons ? Rappeler aux Juifs l’impureté de ces animaux ? Manifester de façon éclatante aux habitants du pays et à ses disciples sa puissance sur le monde démoniaque ? Interpeller avec force tous les assistants en touchant à leurs intérêts financiers ?
Un tel cas de folie furieuse était considéré comme l’œuvre du Démon, qui par les anges déchus qui le servent, prend possession d’hommes ou de femmes. C’est-à-dire que ces personnes ne maîtrisent plus ni leurs pensées, ni leur volonté, ni leur comportement : elles sont complètement aliénées, esclaves de ces esprits mauvais, qui n’ont d’autre but que d’arracher à Dieu ces créatures humaines.
La relation de ces esprits avec Satan est suggérée par
- le lieu où sont relégués les possédés : parmi les sépulcres ; ils vivent dans l’impureté de la mort, ils sont des déjà-morts, des morts-vivants.
- le lieu où les démons redoutent d’aller : l’abîme est dans la Bible , le lieu symbolique de la résidence et de l’emprisonnement de Satan (Apocalypse 9.1, 2, 11 ; 20.3). Les démons redoutent d’y être envoyés car alors ils n’auraient plus aucun pouvoir sur personne !
- la force surnaturelle de ces hommes qui brisent les chaînes qu’on leur met pour tenter de les maîtriser (Luc 8.29)
- le lieu (chez Luc) où étaient poussés les possédés : le désert n’est pas un lieu de vie mais de mort pour les hommes.
- la connaissance surnaturelle qu’ils ont de Jésus, leur peur et leur haine à son égard (Mt 8. 29 ; Lc 8.28). Aussitôt ils l’identifient comme le Fils de Dieu qui a pouvoir sur eux, malgré leur résistance.
- le choix qu’ils font d’aller dans les pourceaux, considérés comme animaux impurs par les Juifs.
On peut voir l’humour de Jésus qui accède à leur demande : la folie démoniaque va s’emparer de ces bêtes impures et les conduire à l’abîme, la mer où elles vont trouver la mort. Les démons iront bien en fin de compte à l’abîme, n’ayant plus rien à posséder !
La relation de Jésus avec ces esprits démoniaques est intéressante à remarquer :
il n’a pas crainte de les approcher : il savait où il allait en abordant à cet endroit désolé de la côte. Il décèle tout de suite leur présence, mais aussi la lueur de lucidité du possédé qui s’est avancé à sa rencontre. Pour s’en rendre maître, Jésus oblige les démons à se nommer. Donner son nom c’était s’en remettre à celui qui le recevait, se soumettre à sa domination. Tous les efforts des esprits mauvais pour échapper à la puissance divine sont alors vains. (Polyptique de Montbéliard, 16è s)
Cette libération a suffi pour que les deux démoniaques deviennent des hommes sensés, calmés, rétablis parmi les leurs et témoins des oeuvres de Dieu en leur faveur (Luc 8.38-39). Jésus en les guérissant, les rétablit dans leur intégrité physique, sociale, affective et spirituelle. Aucun lien ne résiste à l’intervention libératrice de Christ.
C’est important pour tous ceux qui peuvent avoir mis le doigt dans l’engrenage du tabagisme, de l’alcoolisme ou de la drogue, de savoir que Jésus est plus puissant que ces esclavages, et peut les libérer s’ils le lui demandent de tout leur coeur.
A contrario, les villageois, ruinés dans leurs intérêts économiques, refusent de se réjouir de la guérison de leurs concitoyens, et chassent Jésus. Ils ne supportent pas ses actes extraordinaires qui les dérangent trop !
Psychologiquement ce récit peut nous enseigner l’importance de prendre conscience, grâce à la Parole de Dieu, de ce qui nous anime (sentiments négatifs, peurs, colère, violence, culpabilité…). En prendre conscience permet de reconnaître notre faiblesse et de nous tourner vers le Seigneur, qui saisit le moindre mouvement vers lui pour guérir, apaiser, régénérer, comme il l’a fait pour les Guéranésiens.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
- Avons-nous été délivrés par Jésus de notre esclavage du mal, de nos haines, de nos peurs, de notre violence ? Si oui, comment cela se manifeste-t-il concrètement ? Si non, comment bénéficier de l’intervention libératrice de Jésus ?
- Quels comportements individuels et collectifs de notre part Christ peut-il utiliser pour intriguer nos voisins, et leur faire prendre conscience de sa présence bienfaisante dans notre vie ? (Jean 13.35 ; 8.31 ; Mt 18.21-22 ; Mt 23.23 ; Mc 2.27 ; etc.)
- Comment imiter Jésus et oser aller vers ceux qui ne sont pas conformes à nos critères de foi et de vie ?
- Comment réagissons-nous nous-mêmes devant des actes de libération par Christ (conversion, guérison, changement de comportement, réconciliation...) qui nous dérangent dans nos intérêts et nos convictions ?
08:00 Publié dans Miracle nommé Jésus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note








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