19.11.2006
Etude n°8b : Foi et fragilité : Gn 18-19
Suite de l'étude n°8b
Genèse 18
(Mosaïques de Monreale, Sicile)
Observons
A- v 1-15 : La visite des trois messagers de Dieu :
a) 1-8 : l’accueil d’Abraham
b) 9-10 : la promesse d’un fils
c) 11-15 : Rire de Sara
B- v 16-33 : Prière d’intercession d’Abraham![]()
a) 16-22 : révélation du projet de Dieu
b) 23-33 : Dialogue entre Abraham et Dieu.
Comprenons
A- La visite des messagers de Dieu
a) Dieu descend lui-même visiter Abraham, peu de temps après l’engagement par la circoncision d’Abraham dans l’alliance. L’hospitalité d’Abraham est immense : il ne connaît pas ces serviteurs, mais court à leur rencontre (v 2), les salue avec respect en se prosternant, les invite chez lui, court de nouveau prévenir Sara de choisir un animal, de le faire apprêter en vitesse par un serviteur, et enfin il les sert lui-même. Avons-nous le même zèle pour accueillir chez nous et honorer nos hôtes qui sont peut-être des messagers de Dieu envoyés vers nous comme ils le furent vers Abraham ?
b) Abraham ne reconnaît le Seigneur qu’au verset 13, lorsque la promesse d’un enfant de Sara lui est confirmée, c’est pourquoi le nom de l’Éternel n’apparaît pas avant. Il se rappelle alors ce que Dieu lui a déjà dit la dernière fois. C’étaient les mêmes termes (17.21), et le visiteur connaissait le nom de Sara !
D’où la nécessité pour nous de mémoriser la parole de Dieu. Souvent nous n’avons pas conscience que Dieu nous parle, et nous ne le reconnaissons que lorsque se confirme une parole, une promesse de Dieu déjà entendue ou lue. Les disciples d’Emmaüs en firent l’expérience le jour de la résurrection de Jésus (Luc 24.13-35).
c) Les rires de Sara (18.11-15 et 21.1-7) Agée de 89 ans, il y avait de quoi rire à l’annonce qu’elle allait enfanter ! Le Seigneur entend ce rire et comprend la pensée d’incrédulité qu’il traduit. Il en fait la remarque, en affirmant à nouveau sa toute puissance, comme il l’avait fait à Abraham (17.1 et 19), et en relevant le mensonge craintif de Sara.
Réponse de Dieu (v 19-21) :
1- C’est ta femme Sara qui te donnera un fils.
2- Il s’appellera Isaac
3- Je maintiendrai mon alliance avec lui et avec ses descendants
4- Je bénirai Ismaël, il sera le père de douze princes et l’ancêtre d’un grand peuple.
5- Mais l’alliance sera avec Isaac qui naîtra l’an prochain.
Dieu passera outre à cette faute de Sara, et changera son rire de doute en rire de joie à la naissance d’Isaac. Abraham et Sara rient tous les deux, mais pas du même rire. Abraham marque sa surprise, vu son âge, et s’en remet à Dieu, en pensant à son fils Ismaël, pour lequel il demande la vie et la protection de Dieu (v 18). Dieu se contente de reformuler sa promesse. Sara est plus incrédule, elle insiste plus sur l’impossibilité physique d’avoir un enfant, et le Seigneur le lui reproche, en dénonçant son mensonge, et en affirmant sa toute puissance.
Le texte du ch 21 est difficile et controversé. La version en français courant le simplifie et lui donne un sens tout à fait plausible : Quelle joie pour cette femme stérile et très âgée, d’avoir un enfant bien à elle ! La malédiction que l’on attachait à la stérilité, et la honte qu’elle entraînait disparaissent complètement aux yeux de son entourage. Elle devient la preuve vivante de la bonté de Dieu à qui rien n’est impossible !
Les grâces que Dieu nous fait, servent à témoigner de la bonté de Dieu qui cherche à nous rendre heureux pour en attirer plusieurs à lui. Notre vie donne-t-elle ce témoignage ? Savons-nous être heureux de ce que Dieu nous donne et en montrer de la reconnaissance ?
B- La prière d’intercession d’Abraham
a) La révélation de Dieu (16-22) : Abraham semble avoir du mal à laisser s’éloigner ses visiteurs. Il les raccompagne un bout de chemin, pendant lequel L’Éternel, l’un des trois visiteurs lui révèle la cause de sa venue : Abraham, en tant que père des croyants est appelé à leur enseigner les voies de la justice et de la droiture de Dieu (v 19), il lui faut donc en être tenu informé pour être un prophète fidèle.
Dieu révèle donc son projet qui est de vérifier la vérité « du cri qui monte de Sodome et Gomorrhe à cause du péché si grand de ces deux villes ». Au-delà de l’anthropomorphisme qui prête à Dieu des interrogations sur une situation qu’il doit connaître, il nous faut observer qu’il n’est pas question dans ces paroles de « punition », comme pourtant va le comprendre Abraham (v 24). Le cri dont il est question ici nous renvoie au cri d’Abel assassiné (Genèse 4.10), ou au cri des martyrs égorgés pour le nom de l’Éternel (Ap 6.9-10), demandant justice et réhabilitation. Cela nous suggère que Dieu ne descend pas vers la terre d’abord pour punir et détruire, mais pour sauver ceux qui peuvent l’être et rendre justice à tous ceux qui subissent injustement l’oppression du mal. Le jugement de Dieu s’exerce d’abord en faveur de ses enfants qu’il désire délivrer du mal (dans la bible, « juger » = « libérer »Juges 2.16). Cette libération entraîne par voie de conséquence la destruction de ceux qui oppriment, comme nous le voyons au ch 19.
b) l’intercession d’Abraham
Son souci ne concerne pas le sort des pécheurs invétérés, mais celui des éventuels « justes » qui demeurent dans ces deux villes. Selon la coutume orientale, il va « marchander » avec insistance mais humilité (v 27) la vie de ces hommes, de 50 à 10, estimant que ce chiffre était le minimum au-delà duquel on ne pouvait pas descendre ! Dieu ne pourra sauver que Loth et ses deux filles, les deux villes seront donc détruites (19.29).
Ce qu’on peut retenir de cette intercession, c’est l’attention patiente de Dieu aux demandes d’Abraham et sa promesse de pardon (26), le souci de la justice de Dieu (25) et du sort des autres chez Abraham.
Questions pour une application dans la vie chrétienne
A-
- Comment est-ce que j’accueille le visiteur de passage ou inconnu, chez moi ou à l’Eglise ? Ma façon d’accueillir l’impromptu dénote ma capacité à me laisser bousculer dans mes habitudes par Dieu !
- Comment est-ce que je réagis aux promesses divines ? Me faut-il en voir la réalisation pour y croire ?
B-
- Ai-je le même désir de rester dans la présence de Dieu qu’Abraham ? Comment sonder les Écritures pour nourrir ma vie spirituelle et découvrir toujours plus la beauté et la bonté de notre Dieu ?
- De quoi sont faites nos prières ? Quelle place y tient l’intercession pour le salut des autres ?
- La perspective de la proximité de la fin du monde nous stimule-t-elle pour témoigner de l’amour de Dieu autour de nous ? Comment l’envisager sans crainte, ni égoïsme ou repli sur soi ? Comment concilier l’appel à « sortir de Babylone » avec la mission de proclamer à tous la Bonne Nouvelle du salut ?
Genèse 19 : Chute de Sodome et Gomorrhe
Rubens : Fuite de Loth et sa famille
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Observons
Le récit fait suite immédiatement au dialogue d’Abraham avec Dieu, et se termine par un rappel de cette conversation au v 29, pour en marquer l’influence sur le déroulement des événements. En contraste, l’influence des dépravations de Sodome se fait sentir sur les pensées et les actes des filles de Loth, dont la relation suit le sauvetage (v 30-38).
A- Sauvetage de la famille de Loth V 1-3 : accueil empressé des anges par Loth V 4-9 : tentatives de Loth pour épargner les anges des violences des Sodomites V 10-14 : tentatives des anges pour sauver Loth et sa famille V 15-23 : Sauve-qui-peut ! V 24-26 : destruction des deux villes et de la femme de Loth V 27-2 : Abraham, dont Dieu s’est souvenu pour sauver Loth, constate les dégâts
B- Loth et ses filles V 30 : incrédulité de Loth qui se réfugie dans la montagne V 31-35 : inceste des deux filles de Loth V 36-38 : conséquences des incestes : naissances de Moab et Ammon.
Comprenons
A- Sauvetage de Loth
1- L’attitude de Loth : Autant Loth fut-il empressé à recevoir les deux visiteurs inconnus, pour les préserver des sévices de ses concitoyens, autant il fut réticent à les suivre hors de la ville et ensuite à aller dans la montagne comme ils le lui proposaient (17) ! Pourtant il avait été l’objet de leurs soins lorsque les Sodomites avaient voulu lui faire violence pour sa défense des étrangers. Ensuite il avait eu leur faveur puisqu’il avait reçu d’eux l’avertissement de la catastrophe projetée. Sans doute influencé par le refus de ses gendres de l’écouter, il s’attarde, il discute, il supplie d’épargner une petite ville où il préfère aller. Qu’il est difficile de croire à ce que Dieu annonce et réalise, quand on reste attaché à son confort, à ses craintes à ses préjugés et à ses regrets comme le fit sans doute la femme de Loth. Regarder en arrière pour regretter ce qu’on perd est une attitude stérile : on se coupe de la vie qui est mouvement, élan et dynamisme pour construire un avenir. Il faut toute la force de Dieu et la prise au mot de sa Parole pour rompre en l’homme ses vaines hésitations (16, 22). Curieusement Dieu accorde ce que Loth demande en sa faveur (v 21), et retarde la destruction pour donner à Loth le temps de se réfugier à Tsoar. Dans la seconde partie du récit on voit que malgré tous ces signes de bonté de Dieu envers lui, Loth reste incrédule et finit par accomplir la volonté initiale de Dieu (17), en fuyant dans la montagne. Cette incrédulité causera sa faiblesse et celle de ses filles.
2- La bonté de Dieu : Les envoyés divins ne s’imposent pas à Loth, ils se font même prier pour entrer chez lui. Dieu n’agit jamais contre la volonté de celui qu’il veut sauver. Cette faiblesse apparente de Dieu préserve la liberté de l’homme qui doit se déterminer lui-même. Les anges ensuite laissent Loth aller à la limite de ses possibilités d’hôte accueillant, au péril de l’honneur de ses filles et de sa propre vie. Ils n’interviennent que lorsque chacun, Loth et les habitants de Sodome, a dévoilé le fond de son cœur. C’étaient la dernière perche tendue à ces Sodomites pour revenir sur leur inconduite et changer d’attitude. Il en est de même pour les proches directs de Loth, à qui est offerte une dernière chance de salut (12-14). Dieu ne désire pas la mort du pécheur mais qu’il vive !(Ezéchiel 33.11). Le méchant (= l’incrédule, l’impie), comme le croyant, est responsable de son sort final (Ez 33.4-5). La destruction de la ville impie est le contrepoint du salut de Loth et de ceux qui ont écouté les avertissements des anges. Pour les préserver de cette destruction, Dieu est intervenu positivement en les appelant à sortir (14), en les accompagnant au dehors (16), en leur accordant leur ultime vœu (21-22). Ce délai de grâce en leur faveur n’a pas empêché Dieu d’accomplir sa justice envers les impénitents de Sodome et Gomorrhe. La grâce ayant quitté la ville en la personne de Loth et des anges, la ville est laissée au sort qu’elle s’est choisie. L’insistance du verset 24 sur l’action destructrice de l’Éternel (le nom encadre la pluie de feu et de soufre sur les deux villes) ne doit pas nous tromper : c’est parce que Dieu qui est vie se retire, que la mort a libre champ et fait son œuvre. Le feu et le soufre sont symboles du jugement irrémédiable de Dieu, dont la bonté et l’amour ont été rejetés ostensiblement et obstinément.
3- Symbolique du récit : Jésus a repris ce récit comme « type » de l’incrédulité à son égard, et du sort que choisissent ceux qui refusent de le reconnaître comme Sauveur (Mt 10.15). Le jugement de Sodome et Gomorrhe préfigure le jugement dernier des « morts » spirituellement parlant (Ap 11.8 ; 21.11-15 ; 21.8). On trouve aussi dans ce récit une préfiguration de ce qui précède ce jugement final, et qui est prophétisé dans l’Apocalypse (7 et 14) : la révélation de la foi et de l’accueil fait à Dieu par les croyants de la dernière génération, la dernière mission qui leur est confiée d’annoncer le salut autour d’eux pour sauver le plus grand nombre possible, la protection de Dieu à leur égard malgré leurs hésitations et leur tiédeur à croire et à suivre la Parole divine.
B- Loth et ses filles
La fin du chapitre essaie de donner une explication des origines des deux peuples voisins et ennemis d’Israël, Moab et Ammon, à l’est du Jourdain. En les faisant naître de l’incrédulité et de la faiblesse de Loth, et de la dépravation de ses filles, le texte les charge d’une lourde hérédité. Bien qu’ils aient été sauvés par la miséricorde de Dieu, ces trois personnages n’ont pas mis longtemps pour perdre confiance en Dieu, et pour retrouver leurs penchants naturels.
Questions pour une application actuelle dans la vie chrétienne
A-
- La difficulté de Loth et sa femme à « quitter » leurs attaches est une interpellation pour nous :
- La manière de recevoir les paroles de Dieu (conseils, avertissements, exhortations, promesses) révèle notre degré de confiance en Dieu. Où en suis-je dans ma relation avec Dieu à ce sujet ?
- Comment est-ce que j’accueille la nécessité de « lâcher prise » sur les autres, sur mes acquis matériels, intellectuels, affectifs, moraux ou spirituels ?
- Comment surmonter mes peurs, mes regrets, mes échecs, mes souvenirs douloureux du passé, pour en faire des tremplins pour vivre pleinement mon présent et construire un avenir épanoui ? En quoi ma foi peut-elle être une aide pour ce travail sur moi ?
- Comment discerner les « perches » de Dieu dans les circonstances de ma vie et les saisir ?
B-
- Comment affermir ma confiance en Dieu, et demeurer en sa présence en toute situation favorable ou non ?
- A quels moments de ma vie ai-je eu conscience des bienfaits de Dieu à mon égard ? Comment ma reconnaissance a-t-elle pu se manifester ?Si je ne l’ai pas montrée, comment puis-je le faire aujourd’hui ?
« Statues de sel » sur les bords de la Mer Morte
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08:00 Publié dans Genèse | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note








Commentaires
merci
amicalement
Ecrit par : lovera jean.paul | 20.11.2006
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